A/N: Encore une fois, merci à tous pour vos merveilleux commentaires. J'espère que vous apprécierez ce mega chapitre!
Chapitre 25: Femme mortelle, flamme immortelle
«Maître…maître?»
Silence.
«Maître, que se passe-t-il?», s'inquiéta Riona, en fixant le youkai en face d'elle.
Dès sa première rencontre avec lui, elle avait comprit que Sesshomaru était un livre fermé et qu'il était plutôt compliqué de le déchiffrer. Un homme bourré de mystères et de secrets.
Et la pire des énigmes était selon elle, sa correspondance. Elle avait vu Sesshomaru à de multiples reprises rager silencieusement, après avoir lu des lettres livrées par le dragon. Elle l'avait aussi vu répondre de façon précipitée, comme si la vie d'une personne était en jeu. Dans tous les cas, elle se doutait que cette correspondance n'était pas particulièrement agréable. Elle ne comprenait pas du tout pourquoi Sesshomaru semblait obstiné à s'infliger la souffrance de lire toutes ces lettres et d'y répondre.
Cette fois-ci, elle ne savait plus trop quoi penser. Sesshomaru avait —de nouveau — les yeux rivés sur une lettre, mais cette fois-ci, il ne semblait pas en colère. Son stoïcisme ne s'était pas volatilisé …Cependant, ses yeux d'ambre légèrement écarquillés et son visage encore plus pâle qu'à l'habitude lui faisait deviner que quelque chose ne tournait pas rond. Elle eut presque l'impression que Sesshomaru venait d'apprendre la mort d'un être cher.
«Maître…vous m'inquiétez! Répondez!», s'impatienta-t-elle.
Mais il resta silencieux, comme s'il était plongé dans un maelstrom de sombres pensées. Riona fut prise de compassion et tendit une main vers lui.
«…Sesshomaru-sama…», murmura-t-elle. Mais avant que sa blanche main ne puisse atteindre le visage du youkai, Sesshomaru l'intercepta avec la sienne. Il lui lança un regard qui convaincu la jeune femme de faire marche arrière.
«L'exil des félins devraient prendre encore une journée ou deux, ensuite, toi et les autres pouvez retourner à l'Ouest, au castel»
«Mais…où allez-vous?»
«…J'ai une urgence»
Riona fronça les sourcils. «…Et vous ne comptez pas dire à qui que ce soit où vous allez…n'est-ce pas?»
«…Cela n'a pas d'importance»
«Puis-je au moins avoir une idée de quoi il s'agit? Vous venez d'avoir une mauvaise nouvelle?»
«…»
Sesshomaru tourna le dos à la vassale et s'éloigna d'un pas déterminé.
«Quelqu'un est mort?»
«Si c'était le cas…où serait l'urgence?», rétorqua-t-il sans même s'arrêter.
«Mais…que vais-je dire aux autres quand ils me poseront des questions?», insista-t-elle en le suivant.
«La même chose que je t'ai dit»
«Mais vous ne m'avez rien dit!»
Sesshomaru s'arrêta, et lança un regard irrité à son interlocutrice.
«Il y a une personne que je dois visiter…»
«Une personne? Quel genre de personne?», s'enquit-elle.
Riona écarquilla les yeux, comme si elle venait tout juste de comprendre.
«Une femme!»
«…»
Elle réfléchit un instant, mais soudain, tout faisait du sens.
«C'est l'humaine, n'est-ce pas? La brunette qui a quitté peu après votre retour? Celle qui semblait triste d'être revenue?»
Sesshomaru dut s'arrêter de nouveau dans sa course, il se tourna vers Riona. Elle était beaucoup trop perspicace! Comment pouvait-elle tout deviner de leur relation alors qu'elle n'avait vu Rin qu'une seule fois?
«Rin…c'est son nom n'est-ce pas?», s'enquit plus calmement Riona en s'approchant de lui. «Je vous ai souvent entendu prononcer son nom en présence de Jaken…Qu'a-t-elle de si spécial? Ce n'est pourtant qu'une humaine…»
«…»
Riona fixa le youkai et sembla lire beaucoup de chose dans son expression pourtant impassible. Elle sourit doucement.
«…Pour que vous lui accordiez toute cette attention, elle doit être…vraiment exceptionnelle…»
Sesshomaru soupira.
«…Les autres…ne doivent pas savoir…», se contenta-t-il de répondre d'une voix grave.
«…Vous pouvez compter sur moi, je serai muette!»
Sesshomaru jeta un œil à la jeune femme. Il se contenta de hocher légèrement la tête en guise de remerciement et s'envola…vers le Sud.
…
«…Rin…tu es sûre que ça te plaît ici?»
«Oh bien sûr, bien sûr!»
«Mais ce n'est qu'un…c'est un véritable…»
«Non! C'est petit… mais ça ira! J'y serai à l'aise j'en suis certaine!», insista Rin avec un sourire rassurant. Elle tourna la tête et jeta un œil incertain vers les murs chancelants et la paille clairsemée qui couvrait la hutte.
«Rin! Je suis désolé d'être aussi rude mais…c'est… c'est petit, c'est sale, c'est un véritable trou!
«Mais c'est la seule hutte vacante!»
«Nous pouvons t'en construire une! Si seulement tu étais un peu plus patiente…»
«Pas la peine. J'ai déjà signé les papiers, j'ai acheté cette hutte. Même si elle n'est pas dans un état…impeccable…au moins, je ne serai plus dans les pattes d'Inu-Yasha! Et j'aurai mon coin tranquille…»
«Ça prendra des semaines à tout réparer…», protesta Sango.
«Peut-être…mais ce serait beaucoup plus long construire une nouvelle hutte, n'est-ce pas?»
Sango soupira et posa une main sur son ventre rebondi. Même le petit semblait s'objecter à ce Rin emménage dans un tel trou à rat!
«…Ce que tu peux être têtue…Rin…Tu rivalise avec Kagome…», rétorqua-t-elle. «J'espère au moins qu'il n'y a pas de vermines…»
«Oh s'il y en a, je les exproprierai, ça c'est sûr! C'est peut-être un trou…mais c'est MON trou maintenant!», s'exclama Rin avec un sourire amusé en agrippant un balai. Sango la regarda curieusement.
«Mais qu'est-ce que tu…AAAAARHH!» Sango sortit en vitesse de la hutte, tandis que Rin s'affairait déjà à chasser une famille de mulot qui avait apparemment élu domicile dans un coin de sa nouvelle demeure.
«…Mais qu'est-ce qui se passe ici?», s'enquit Miroku en s'approchant de la hutte. Il regarda les bestioles d'un air dégoûté, et remarqua ensuite Rin, son air victorieux, et le balai à la main comme s'il s'agissait d'une hache de guerre.
«C'est dégoutant!», s'indigna Sango.
«Sango Sango…tu es l'une des plus célèbres exterminatrice de démons…comment se fait-il que tu sois à ce point terrifié par de vulgaires souris?», s'enquit-il en s'approchant de son épouse.
«…C'est drôle… si je me rappelle bien…c'est pourtant MOI qui ait chassé les vermines…la dernière qu'il y en a eu à la maison. Tu ne te souviens pas?», rétorqua-t-elle avec une mine sombre. Mais Miroku fit mine de ne rien entendre.
« Rin, je suis venu te voler Sango, car elle doit aller se faire examiner le ventre…n'est-ce pas ma chérie?»
«Ah oui, j'oubliais presque!», répondit-elle. «Cette fois-ci, nous saurons peut-être si c'est une fille ou un garçon!»
«Bon d'accord…j'espère que tout se déroulera bien!», répondit Rin poliment.
«Ne t'en fais pas…ça devrait aller! Toi en revanche…ne fais pas de bêtise!», rétorqua Sango.
«Oui si tu continues, tu vas faire accoucher ma femme d'avance!», renchérit Miroku. Il s'approcha de Rin, l'air soudainement grave. «Inu-Yasha m'a prévenu que tu as reçu ceci…du service de courrier…» Il lui tendit une lettre. Rin ravala sa salive.
«…C'est étrange…je ne croyais pas que ce genre de messager se rendait jusqu'aux terres de l'Ouest», pensa Rin tout haut.
«…Peut-être qu'il n'était pas sur ses terres quand il l'a envoyé», suggéra Sango.
Rin haussa les épaules. «Même si j'avais souhaité répondre…Ah-Un est introuvable ces temps-ci! J'espère qu'il ne lui ai rien arrivé…», s'inquiéta Rin.
Un sourire tendu se dessina sur les lèvres de la future mère, mais elle se retourna rapidement, pour cacher son visage qui menaçait de la trahir. «Oh…je ne m'en ferais pas trop! Ah-Un est sans doute parti chasser!»
«C'est fort probable», renchérit Miroku, qui comprit que c'était le moment de filer. «À plus tard Rin!»
Elle leur fit signe de la main et entra à l'intérieur, pour retourner à sa salle besogne. C'était le seul moyen qu'elle avait d'évacuer ses angoisses. Les festivités de la moisson allaient débuter dès le lendemain. Rin et Shippo était les premiers musiciens à se donner en spectacle! Elle jeta un œil rapide à la fenêtre, et constata que Sango et Miroku s'éloignait à pas hâtifs, ils étaient déjà très loin.
«…Je n'aime pas mentir…», murmura Sango dans un souffle.
«Ne t'en fais pas…c'est pour son bien!», la rassura Miroku. «Est-ce que tu crois qu'elle se doute de quelque chose?»
«Non, je ne pense pas…on dirait qu'elle a vraiment perdu espoir de revoir Sesshomaru», observa Sango, l'air pensive. «Tu crois qu'il viendra?»
«Je n'en doute pas une seconde. À la fréquence à laquelle il lui écrit, il se cherchait probablement un prétexte pour venir la voir!»
«…J'espère ne pas avoir fait une erreur…»
«Non Sango, tu avais raison», rétorqua Miroku. «Rin n'es pas tout à fait elle-même depuis son retour, surtout depuis qu'elle a cessé de répondre à Sesshomaru. Elle essaie de nous cacher des choses…»
«Elle est triste…»
«Oui, c'est évident. Inu-Yasha n'arrête pas de le dire»
«Oui je sais…il dit que le seul moment où il l'a vraiment vu heureuse…»
«C'est quand elle était avec Sesshomaru», poursuivit Miroku. «Sango, tu ne t'es pas trompée. Je ne crois pas que c'était leur destin de vivre séparés de cette façon»
«Mais alors…quel est leur destin? Quel genre d'avenir peuvent-ils avoir ensemble?», s'enquit Sango.
«Je l'ignore…mais je suis persuadé que leur réunion les aidera à trouver la réponse par eux-mêmes…»
Rin jeta un œil discret au couple à l'horizon, tandis qu'elle balayait le sol poussiéreux de sa hutte. Dès qu'ils disparurent de son champ de vision, elle déplia le papier que Miroku lui avait donné.
Rin, n'oublie pas
Les monts Hateshinai, 7 jours avant le solstice d'été
Tu dois y être si tu veux accomplir ton destin
Et obtenir le droit d'honneur
Rin écarquilla les yeux, lu de nouveau la courte lettre et l'inspecta de tout les côtés…il n'y avait pas de signature.
Ce n'était définitivement pas l'écriture de Sesshomaru. Rin plia de nouveau le papier et le cacha dans son obi. Les monts Hateshinai…elle était persuadée d'en avoir déjà entendu parler…Mais où?
…
«L'immortalité a ses bons…et ses mauvais côté…»
Sesshomaru fronça les sourcils tandis qu'il se rappelait ces mots.
«Cesse tes idioties Totosai…», menaçait alors Sesshomaru. «Ma patience a ses limites…Répond à ma question»
«Ta patience ne peut pas avoir de limites… elle est inexistante!», s'exclama le vieillard. «Tu devras apprendre à développer cette vertu, car la guérison sera longue…»
«Quelle guérison? Je ne souffre d'aucune maladie…», répliqua Sesshomaru.
«Mais n'est-ce pas la raison pour laquelle tu m'as convoqué? Cette fatigue lancinante qui te perturbe depuis ta résurrection?»
Sesshomaru resta silencieux.
«…C'estbiencequejecroyais…Enmedemandantdecréerleslamesdeguérison,Inu-Taishom'aprévenuquecelapourraitarriver!»
Sesshomaru leva un sourcil, l'air intrigué.
«Sesshomaru…tu le sais déjà…les humains sont des créatures fragiles, elles sont faciles à tuer…En revanche, elles peuvent aussi être ramenées à la vie en un clin d'œil à l'aide d'une arme de guérison…Contrairement à notre espèce…»
«Mais comment suis-je revenu à la vie si Tenseiga et Shiraha ne peuvent pas ramener un youkai?»
«Oh! Elles le peuvent! Mais à la base, les êtres immortels ne sont pas « conçus » pour mourir…et encore moins pour être ressuscités!»
«Viens-en au fait Totosai…»
«C'est simple! Plus un être est puissant, plus il est difficile à tuer…et donc… plus il est difficile de le ramener à la vie! Sesshomaru, un youkai de ta force qui est ramené à la vie par une lame de guérison prendra beaucoup plus de temps à s'en remettre qu'un simple humain! Si la mort est inévitable, voire banale pour la race humaine…c'est une autre histoire pour les nôtres!»
«…Alors, je reviendrai éventuellement à mon état normal…»
«Oui…mais après beaucoup de temps et beaucoup de repos. La guérison complète se fera…au mieux…d'ici quelques mois! Mais si tu continues à ce rythme, cela pourrait bien te prendre plusieurs années!»
Sesshomaru se concentra de nouveau sur le présent. Sur le coup, il n'avait pas écouté l'avertissement de Totosai, mais il se rendait désormais compte que le vieillard avait raison. De gaspiller autant d'énergie en aussi peu de temps ne l'aiderait pas à s'en remettre…Mais il n'avait pas le choix!
Depuis déjà plusieurs heures, il volait à une vitesse fulgurante vers le sud, et déjà, il ressentait la fatigue. Il mourrait d'envie de s'arrêter un instant pour reprendre ses forces.
Mais il savait qu'il n'avait pas le temps. Il ne devait pas s'arrêter, pas avant d'être rendu à destination.
Le croissant de lune était imminent. Il ne lui restait plus que quelques heures avant le début du festival!
…
Rin fredonnait sans cesse depuis des heures. Elle était maintenant assise devant un miroir, tandis que Sango la coiffait du mieux qu'elle le pouvait. Heureusement, Sango était très douée dans l'art du chignon. Une femme plutôt costaude s'installa devant Rin et sembla préparer des cosmétiques de toute sorte.
«…Jeune fille…si tu veux éviter d'avoir l'air d'un bouffon, il faudra que tu te taises pour quelques minutes!», s'énerva-t-elle.
Rin lança un regard glacial à la maquilleuse et se tut. Sango ne put s'empêcher de sourire…en quelques secondes, Rin était passée de diva nerveuse à réplique féminine de Sesshomaru, mais Sango comprenait cette réaction. La dite maquilleuse faisait partie des femmes qui —par jalousie sans doute— ne cessait jamais les médisances au sujet de Rin. Les cancans avaient pris des propensions énormes depuis que la pauvre jeune femme avait été sélectionnée pour ouvrir le festival. Il était désormais très difficile pour Rin de sortir de chez elle sans subir une pluie de regards assassins. Sango ne s'était jamais imaginée qu'une personne aussi innocente que Rin pouvait attirer autant de haine sur elle!
La grosse femme se pressa à terminer le maquillage et fila de la pièce. Rin inspecta son travail dans le miroir.
«…Au moins…elle n'a pas fait un mauvais travail»
«Tatame-san a une réputation à préserver. De bâcler le travail ne lui attirerait pas de clientes…», répliqua Sango.
«Oui…tu as raison…en fait, à la place de médire, elle devrait me remercier. Je fais la promotion de son travail, là…non?»
«En quelques sortes…»
«Si j'y avais pensé de cette façon avant, je ne l'aurais pas laissé toucher à mon visage», murmura Rin en fronçant les sourcils. «J'aurais envoyé Ichiro-kun à ses trousses!»
Sango ne put s'empêcher de pouffer de rire.
«Ichiro-kun…Tu veux dire la montagne de muscles, le fils du forgeron?»
«Oui…le même fils du forgeron qui chante à ma fenêtre à chaque soir depuis un mois», grommela Rin.
«…Je ne savais pas!», répondit Sango avec le sourire aux lèvres. «Alors c'est pour cette raison que tu souhaitais quitter la maison d'Inu-Yasha?»
«Je ne veux pas ébruiter l'affaire!», s'exclama Rin. «À partir du moment où il m'a adressée la parole…et que j'ai été gentille avec lui…Il ne me lâche plus d'une semelle!»
«Hmph! Tu avais tort Rin! Tu aurais répandre la nouvelle! Peut-être que les mégères t'auraient laissée tranquille…»
«Ou elles auraient inventé d'autres infâmes rumeurs…dans le genre : Rin va se marier avec le fils du forgeron mais elle continue ses relations scabreuses avec les fils d'Inu-Taisho!»
«Ohhh pauvre Rin! J'aimerais te dire que tu te trompes, mais…»
«L'amie maigrichonne de Tatame-san en serait bien capable!»
Sango se tut un instant et regarda Rin d'un air incertain dans le miroir.
«Et si on changeait de sujet? Que penses-tu de ta coiffure?»
Rin s'observa un instant, elle sourit.
«C'est très joli! Mais…c'est plutôt lourd sur ma tête…je crois que j'ai trop de cheveux!», s'exclama-t-elle en tapotant le chignon derrière sa tête. Sango poussa un long soupir.
«Non…ça ne fera pas du tout…»
«Mais non, ne t'en fais pas! Je trouve ça très bien!»
«Mais tu n'as pas l'air à ton aise…ça va t'empêcher de bien performer!», s'indigna Sango. Elle serra les lèvres et dénoua les cheveux. «Non…il faut trouver plus simple! Quelque chose qui te ressemble!»
«Sango! Maintenant, tu es plus nerveuse que moi! Ne t'en fais pas! Je ne vais pas sur une scène pour exposer mes cheveux!», s'exclama Rin avec amusement.
«…Je ne laisserai pas ces sales harpies te trouver un défaut…C'est l'occasion ou jamais de leur montrer que tu es mieux qu'elles, Rin! Il ne faut pas prendre tout cela à la légère!»
Ce fut au tour de Rin de soupirer.
«Peu importe ce que je ferai, elles trouveront toujours un prétexte pour se moquer de moi…Leur nouveau mantra, c'est de dire que je vais faire une folle de moi devant tout le monde, parce que je vais chanter au sujet de « mon démon »», grommela Rin. «Elles disent qu'elles sont impatientes de voir la folle névrosée faire son spectacle!...Aie!»
«Oh, pardonne-moi Rin…Le simple fait d'y penser me met en colère», répliqua Sango avec tristesse. «Écoute…je ne veux pas te rendre plus nerveuse, mais je crois que ce soir, c'est l'occasion ou jamais de leur prouver qu'elles ont tort…que tu mérites leur respect! Montre-leur de quel bois tu te chauffe!»
«Tu as raison! Je vais chanter comme je n'ai jamais chanté avant!», s'exclama Rin joyeusement, mais son sourire se transforma en visage inquiet. «Ou du moins…je vais…essayer!»
«Non Rin…tu vas réussir…Et tu sais comment?»
«Heu…»
«En pensant à celui qui te fais chanter aussi bien! Rin, ce soir…chante comme s'il était là! Chante comme s'il n'y avait pas de foule…comme si c'était seulement Sesshomaru qui était venu t'écouter!»
Le regard de Rin s'assombrit, elle fixa le sol. «À quoi bon…il est à des milliers de lieux d'ici…» Rin remarqua que Sango lui lançait un regard mystérieux, indéchiffrable.
«Fais seulement ce que je te dis…et tu réussiras»
…
La soirée était sur le point de débuter. Une foule s'agglutinait autour d'une scène bordée de fleurs et de décorations de toutes sortes. Ils attendaient tous le début du spectacle.
Une silhouette masculine, grande et mince, dissimulée sous une cape sombre se faufila parmi la foule. Un capuchon cachait le visage de l'homme, qui passait inaperçu avec brio.
Sesshomaru serra les dents, une telle proximité avec tous ces humains lui donnait envie de vomir. En réalité, il aurait très bien pu rester à l'écart, se percher à un arbre à l'horizon pour assister au spectacle. Mais cela ne lui suffisait pas. Il ne voulait pas seulement voir Rin et l'entendre chanter, il voulait sentir son parfum, être le plus près possible, et peut-être même, se faire voir par elle. De cette façon, elle aurait la certitude qu'il ne l'avait pas abandonnée.
Sesshomaru soupira, son cœur battait à tout rompre à la simple idée de la revoir. La lettre de l'exterminatrice de démon était tombée à point, elle lui prouvait sa pire crainte : celle que Rin souffre sans lui à ses côtés. Bien sûr, il savait que la séparation serait douloureuse, mais il avait cru que Rin pourrait s'en remettre sans trop d'ennuis. Après tout, elle savait depuis plusieurs mois que les adieux approchaient à grands pas. Malheureusement, tout n'était pas si simple… et le youkai ne supportait pas l'idée que Rin s'empêche d'être heureuse parce qu'ils étaient séparés.
Bien sûr, lui aussi avait du mal à gérer la séparation, mais son état d'esprit était —depuis plus de huit ans— parallèle à celui de Rin. Si elle était heureuse, il était satisfait. Si elle était triste, il était accablé…
Si elle avait… trouvé le bonheur parmi les humains, si elle s'était véritablement taillée une place parmi eux et trouvé un autre homme pour prendre soin d'elle, Sesshomaru aurait —certes— envié l'élu, mais il aurait été heureux pour elle, et il aurait retrouvé la paix d'esprit. Qu'il sache que Rin était tout sauf heureuse ne faisait donc qu'empirer son propre état. Il mourrait d'envie de simplement la kidnapper, l'emmener loin de toute cette racaille et la faire rester avec lui par la force!
«EH TATAME-SAN!», hurla une femme juste devant lui. Sesshomaru grinça des dents et s'empêcha de lancer un regard assassin à la propriétaire de la voix stridente. Malgré lui, il cibla rapidement la fameuse «Tatame-san».
«Sayumi, tu es là!», répondit une abomination qui prétendait sûrement appartenir au genre féminin. «Alors…prête pour le grand festival?»
«Oui, très prête!», siffla l'autre. «Est-ce que tu as massacré le visage de la traînée?»
La grosse femme lança un rire tonitruant. Sesshomaru tourna la tête, trop dégouté pour la regarder.
«Hélas, je dois protéger ma réputation! Si j'avais abimé le visage de cette sale Rin, je crois que quelques clientes auraient eu peur de moi! Parce que si j'avais eu la chance d'enlaidir cette petite garce, je me serais assurée que le résultat soit permanent!»
Sous sa cape, Sesshomaru fronça les sourcils et serra les poings, il brûlait d'envie de faire rôtir l'horreur humaine qui osait insulter Rin.
«Et bien! Je vais m'assurer de bien inspecter son maquillage pendant sa performance absurde! Ce sera sans doute ce qu'il aura de plus intéressant…»
«Mais voyons! Tu veux rire ou quoi?», lança Tatame. «Ô contraire, moi je crois que ce sera fascinant…De la voir s'humilier de cette façon!»
Le youkai ferma les yeux, il craignait que ses iris ne tournent au rouge, ce qui risquait d'attirer un lot d'attention négative…il ne voulait surtout pas gâcher le moment de Rin. Il était soudainement content d'être aussi près de ces harpies; si elles essayaient quoi que ce soit pour nuire à Rin, il serait aux premières loges pour leur trancher la gorge! Il ne put s'empêcher de frôler le manche de Bakusaiga, ses envies de destruction prenaient des proportions inquiétantes…
« Si j'étais toi, je prendrais mon mal en patience!», lui souffla une voix familière. Sesshomaru tourna la tête, Inu-Yasha se tenait à côté de lui, un sourire espiègle aux lèvres. «Tu as finalement décidé de venir!»
«J'espère que ces horreurs ne sont pas représentatives de la masse», souffla Sesshomaru, d'une voix grave et dédaigneuse.
«Et merde, je crois que tu vas être déçu!», rétorqua le hanyou. «Rin et Shippo ont été choisi uniquement parce que le comité de sélection n'est pas du village! Vu qu'ils ne connaissaient personne, ce n'était pas un vote populaire, ils se fiaient seulement sur le talent des candidats!»
«C'est une chance que ces…êtres…n'aient pas de pouvoir décisionnel…»
«Oui, heureusement! Et en plus, il y a plusieurs personnes qui viennent de l'extérieur ce soir. Leurs applaudissements risquent d'enterrer le chahut que les autres pourraient faire»
Sesshomaru observa la scène avec insistance, comme si le fait de la fixer allait faire apparaître Rin plus rapidement. Il fronça les sourcils.
«Pourquoi Rin est-elle victime de toutes ces médisances?»
«Keh! Viens-tu réellement de me poser cette question?», répliqua Inu-Yasha avec ironie.
«Je ne plaisante pas…Inu-Yasha…»
Le hanyou soupira.
«On dit de Rin qu'elle empeste le youkai, et qu'elle a amené le malheur avec elle quand elle a décidé de s'établir dans ce village…entre autre parce que des youkais félins nous ont attaqués et tués des innocents en réclamant le Shikon no tama. À cette époque, Rin venait tout juste de devenir la nouvelle porteuse, alors elle est devenue du même coup le bouc émissaire par excellence…»
«Où était Rin durant cette attaque?»
«Cachée chez moi avec Sango et Miroku…Elle savait à peine comment se battre et les félins étaient plutôt vicieux, on s'est donc assuré de la protéger adéquatement…»
«Et eux l'ont perçu comme une lâche…», continua Sesshomaru.
«Exactement…Ils ne comprennent pas que personne ne naît miko! Celles qui le deviennent doivent apprendre à se battre comme tout le monde…»
«Quelle bande de crétins…ils s'acharnent sur elle uniquement par superstition…»
«…Ouais c'est un peu ça…il la considère comme un porte-malheur…», poursuivit le hanyou. «Mais ce qui a empiré encore davantage la situation fut les rumeurs selon lesquelles Rin avait une liaison avec son « maître youkai » »
Sesshomaru écarquilla les yeux. «Mais comment peuvent-ils…»
«Oh, les rumeurs courent vite! Depuis son retour, Rin a tout les surnoms!»
«Je préfère ne pas les connaître…J'en ai déjà entendu assez…»
«Même si je ne te les dit pas, tu vas les apprendre assez vite», siffla le hanyou.
Ils se turent tous les deux, comme le reste de la foule. Un petit homme se tenait sur la scène. Il débuta un discours de bienvenu, truffés de mondanités qui ennuyaient Sesshomaru à un point tel qu'il s'imaginait lui trancher la gorge, simplement dans l'espoir de voir Rin plus rapidement.
«Je vais l'écrabouiller, cette crevette!» grommela un homme derrière le youkai, qui dut faire un effort pour camoufler son amusement.
«Ferme-la, Ichiro!», s'énerva Inu-Yasha.
«Et maintenant, je suis certain que vous êtes tous très impatients de la voir! Elle fait beaucoup parler d'elle, cette Rin. En mal ou en bien, tout le monde connaît déjà son nom!», dit l'homme sur la scène.
«Mais qu'est-ce cet idiot est en train de raconter?», pesta Sesshomaru.
«...Mais je ne suis pas ici pour alimenter les rumeurs. Les faits son incontestables, depuis que Rin et Inu-Yasha sont revenus de leur quête sur les Terres de l'Ouest, notre village n'a jamais été aussi calme. Je ne doute pas qu'ils aient eu à endurer beaucoup de souffrances pour rétablir notre quiétude !»
«…C'est mieux», grommela Inu-Yasha.
«Et maintenant, place au spectacle! Place à la miko à la voix de sirène, et son acolyte, le renard Shippo au shamisen!»
Après des applaudissements modérés, de multiples lanternes placées en forme de cercle sur la scène s'allumèrent. Shippo jouait une mélodie lente et mélancolique avec son instrument à cordes. Une femme avec un masque de porcelaine se tenait immobile au centre des lanternes, telle une statue. Des fleurs blanches et rouge agrémentaient ses cheveux qui cascadaient sur son kimono de soie blanche. Sesshomaru écarquilla les yeux. C'était elle!
Enfin!
Le masque sur lequel était peint une figure attristée cachait la moitié supérieure de son visage. Seul sa bouche fardée de rouge était visible. Le shamisen se tut un bref instant pour la laisser prendre la parole. Sa voix s'élevait à peine plus haut qu'un murmure, mais tous pouvait l'entendre.
«…Cette chanson s'adresse à tous ceux qui ont perdu un être cher. À ceux qui sont séparés par la mort ou par…l'adversité… simplement», dit-elle. «Une guerre se termine, vous êtes sans doute nombreux…»
«Les plaies de mon cœur me font souffrir…dans les ténèbres
Les souvenirs de nos moments ensembles disparaissent
Instantanément, Sesshomaru se sentit plus calme. Il ferma les yeux. Il ne savait pourquoi, la voix de Rin avait toujours eu un effet apaisant sur lui. Elle chantait souvent quand elle était petite, un peu moins quand elle prit de l'âge, et Sesshomaru en avait été déçu, car sa voix autrefois enfantine avait beaucoup changé au fil des années. Sa voix d'enfant s'était transformée en un chant clair et limpide, comme le flot tranquille d'une rivière. Il aurait aimé l'entendre plus souvent.
Cette nuit j'ai rêvée…de notre passion secrète.
Mais je n'entendais plus ta voix me dire…je t'aime…
Est-ce l'effet de l'ennui? Ou s'était-elle réellement amélioré? Jamais auparavant, il n'avait trouvé sa voix plus juste, plus agréable…
Je rêve maintenant…à ces adieux.
Tu me disais « non, ne pleures pas »
Tu me tenais si fort que j'aurai pu me rompre…
Je tremblais comme une feuille, mais
Tu m'as effleuré la joue de ta paume…jusqu'à…la…fin…»
Rin laissa sa dernière note s'éteindre telle une flamme étouffée. Elle se tut, quelques notes de shamisen brisèrent le silence et elle enleva son masque, qu'elle laissa tomber sur le sol. Sesshomaru contempla son visage fardé, mais elle dégaina rapidement un éventail et cacha ses lèvres. Elle avança de quelques pas pour s'approcher de la foule. Son kimono était si long que Rin éteignit quelques lanternes en traversant le cercle, mais son visage était maintenant illuminé par des torches de flammes vives disposées à coté d'elle.
Rin sentait sa voix trembloter. De nervosité ou de tristesse? Elle l'ignorait. Elle se contenta simplement de suivre le conseil de Sango. Étrange…elle s'attendait à ce que le souvenir de Sesshomaru ne la déconcentre et la fasse sombrer dans une tristesse nuisible, mais ironiquement, c'était plutôt l'inverse. Elle avait l'impression que sa douleur lui donnait plus de force. Lorsqu'elle remarqua une vieille dame pleurer près de la scène, elle comprit que son spectacle était pour le moins…crédible.
«Comme le sable qui s'écoule,
Mes souhaits éphémères s'évanouissent dans la lumière
Mes larmes intarissables se souviennent de toi
Mon amour disparu, inaccessible…enfoui dans les ténèbres…»
Même si elle savait que tout se déroulait relativement bien…Rin n'était pas heureuse. Elle aurait tant souhaité que le conseil de Sango s'avère prémonitoire. Elle ne put s'empêcher de scruter la foule, à la recherche d'un visage…Son visage…
Elle cibla rapidement Miroku et Sango et leur regard bienveillant, plein d'espoir. Mais elle remarqua soudainement qu'Inu-Yasha était absent. Curieux... Elle continua de scruter, à la recherche d'une tête blanche.
Une prière perce mes doigts noués…
Toujours pas de Sesshomaru à l'horizon…De toute façon…c'était complètement impossible. Elle n'avait toujours pas trouvé Inu-Yasha. Mais où était-il donc? Pourquoi n'était-il pas avec Miroku et Sango?
Combien de fois m'as-tu déjà sauvé?
De la douleur et la tristesse sans fin. Ohhh…
Elle trouva finalement Inu-Yasha, puisqu'il était un peu plus grand que le reste de la foule. Il était beaucoup plus loin que Miroku et Sango, mais comme eux, sa mine était bienveillante. Dès qu'il remarqua qu'elle le regardait, il lui lança un regard espiègle, et tourna les yeux vers la personne à côté de lui. Une figure encapuchonnée.
Caresse-moi de tes paumes encore une fois…
Je souhaite que ce soit sans fin
Tu dérives…si…loin…
Inu-Yasha sembla insister, il lança un regard de multiples fois sur la silhouette à côté de lui, une silhouette un peu plus grande que le hanyou et ...mystérieuse. C'était définitivement un homme, vu la carrure des épaules. La silhouette inclina sa tête d'un côté, Rin cru voir son cou. Une peau pâle au clair de lune.
Une interrogation frappa Rin. Pourquoi cette silhouette se cachait-elle sous un capuchon en pleine nuit d'été? Cherchait-il à se cacher? Pourquoi Inu-Yasha semblait-il lui faire des simagrées pour lui indiquer cet homme. Elle continua inconsciemment de le fixer…
Sans mes ailes de vie
J'attends le jour…ou je renaîtrai…
Malgré elle, Rin écarquilla les yeux. Se pouvait-il que…
L'homme enleva son capuchon.
Le cœur de Rin cessa de battre, l'air s'échappa de ses poumons, son visage devint blanc comme neige, ses yeux devinrent brûlants.
C'était lui! Comment se faisait-il? Comment avait-il su? Pourquoi était-il venu? Pourquoi lui montrait-il son visage maintenant? Essayait-il de la narguer? Lui en voulait-il à cause des lettres dans lesquelles elle l'avait rejeté?
Rin battit des paupières, une larme s'échappa le long de sa joue.
Elle remarqua soudain que trois ou quatre notes qu'elle ne connaissait pas s'ajoutaient à la mélodie. Shippo tentait semble-t-il, d'improviser pendant qu'elle reprenait ses esprits. Elle lui porta secours.
Non…je ne pleure pas…C'est juste que…je tremble
S'il te plaît, tiens moi encore dans tes bras si fort
Que je pourrais me rompre…oh…
Ta paume sur mon visage, une dernière fois…
Elle ne pouvait s'empêcher de fixer Sesshomaru. Son regard d'ambre était dans le même état qu'elle l'avait laissé, lors de leurs au revoir déchirant. Il la regardait paisiblement. Ses yeux brillaient. Était-il ému comme elle?
Je suis à la quête d'un nouveau miracle
Qui porte ton nom
Caresse-moi, embrasse-moi encore plus fort…
Cette fois…ce sera…sans…fin….
Rin laissa sa voix raisonner sur la foule quelques secondes de plus. Ses yeux étaient pleins d'eau, elle les leva vers le ciel dans l'espoir de ravaler ses larmes, mais les traitresses glissèrent encore le long de son visage. Elle se tut, comme le shamisen. Elle baissa la tête pour fixer le sol, tremblotante, incrédule, mais rapidement, une foule en délire se mit à applaudir frénétiquement et à lancer de multiples félicitations. Rin n'osa pas lever la tête. Était-il toujours là, où avait-il été le fruit de son imagination?
«Rin, Rin!», lança Shippo en lui secouant l'épaule. Elle leva la tête. Il fronça les yeux. «Mais qu'est-ce que tu as?»
«Je…»
«Rin, regarde-les! Profite un peu de ta gloire!», s'impatienta-t-il. Il prit la main de la jeune femme et la leva dans les airs, pour saluer la foule. La jeune femme se décida finalement à les regarder.
Aucune mégère à l'horizon. Aucun chahut désagréable. Que des sourires, des visages émus, des félicitations. Rin regarda tous ces gens, et elle vit la vieille femme, juste devant la scène, qui avait pleuré pendant la chanson.
«Ça, ma petite! C'était merveilleux!», lança la vieille dame, en s'essuyant le coin de l'œil avec un mouchoir. Le sourire de Rin s'élargit.
«Rin et Shippo, mesdames et messieurs!», lança le petit homme qui était réapparu sur scène. Ils saluèrent la foule à profusion. Rin regarda partout, mais elle ne voyait plus, ni Inu-Yasha, ni Sesshomaru. Avait-il été le fruit de son imagination? Elle et Shippo s'apprêtèrent à quitter la scène, mais un bouquet fut lancé aux pieds de Rin. Elle le regarda avec incrédulité. Shippo le prit et lui tendit.
«Ah allez! Arrête de te faire prier!», s'exclama-t-il avec amusement. «Non mais…est-ce que ça va?»
«N-non!»
Shippo la regarda d'un air inquiet. «Qu'est-ce qui se passe?»
Elle regarda la foule.
«Je…je ne vois plus Sesshomaru!»
«Quoi? Mais…comment pourrait-il être ici?»
Rin soupira et quitta la foule des yeux.
«Tu as raison…J'ai sûrement rêvé!»
Rin prit le bouquet. Sans plus de cérémonies, ils réussirent finalement à quitter la scène. Sango et Miroku les attendaient non loin de là.
«Bravo! C'était splendide!», s'exclama joyeusement Sango.
«Oui! Rin était géniale, elle s'est même fait lancer des fleurs!», renchérit Shippo.
«À ce que je vois, mon bouquet s'est rendu à bon port!», lança Miroku, tout sourire.
«…Miroku…sale flirteur…», répliqua Sango avec un sourire en coin.
«Les fleurs, c'est toi qui me les a lancé Miroku?», s'enquit Rin.
«Je dois l'avouer!»
«Tu l'avais déjà avoué…Tu n'avais même pas essayé de te cacher, je te rappelle», rétorqua Sango. Miroku la regarda d'un air embarrassé.
«Et alors? Rin les mérite bien, ces fleurs! Elle a travaillé fort!»
«D'accord, cette fois-ci, tu as raison! Mais que je ne te prenne pas à faire la même chose pour une autre femme!», rétorqua Sango en lui faisant la grimace.
Rin camoufla sa déception. Elle aurait tant aimé que les fleurs viennent de…Peu importe, elle soupira.
«Dis donc! Où est Inu-Yasha? Parti s'empiffrer ou quoi?», remarqua Shippo.
Sango et Miroku se lancèrent un regard complice.
«C'est vrai…il n'est pas venu nous rejoindre…», remarqua Sango.
«Est-ce que ça veut dire que…», débuta Miroku.
Un large sourire se dessina sur les lèvres de sa femme. Elle se tourna vers Rin et lui saisit la main.
«Rin, il y a quelque chose que je dois te montrer!», s'exclama-t-elle. Elle tourna les talons et tira Rin vers la foule qui commençait à se calmer, puisque l'autre numéro allait bientôt commencer. Rin laissa tomber son bouquet, qui se fit attraper par Shippo.
«Bon! Si elle n'en veut pas, moi je le prendrai!», lança-t-il à la blague. Il se tourna vers Miroku.
«Qu'est-ce qui se passe? Est-ce qu'il y a quelque chose que j'ignore?», s'enquit-il d'un air inquisiteur. Miroku resta silencieux et se contenta de lui lancer un sourire énigmatique.
…
«Sango! Qu-qu'est-ce que tu fais?», s'enquit Rin, qui avait du mal à la suivre.
«Tu verras, tu verras!», se contenta-t-elle de répondre. Son amusement commençait à énerver Rin!
La jeune femme regarda partout autour d'elle, dans l'espoir d'apercevoir Sesshomaru, mais il n'était nul part. Il s'était volatilisé. Rin commençait à croire qu'elle avait véritablement halluciné sa présence. Mais son cœur ne pouvait s'empêcher de battre à tout rompre. Pourquoi, au fond d'elle, était-elle certaine qu'il était quelque part, dans les parages? Elle s'imagina soudainement le retrouver dans la foule, le serrer dans ses bras, pleurer comme une folle. Elle s'imagina ensuite Sesshomaru la prendre dans ses bras, la soulever, et la faire tournoyer en l'embrassant passionnément.
Après quelques minutes, elles réussirent à quitter la foule. Sango poursuivit sa course en direction de la forêt. Rin regarda la cohue derrière elle avec déception, son dernier souhait s'évanouissant en un fantasme inaccessible.
«Sango…pourquoi ne veux-tu rien me dire? Qu'est-ce qui presse à ce point?», s'énerva Rin.
«Tu verras!»
«Sango!» Rin essaya de s'immobiliser mais l'emprise de son amie était trop forte, elle n'arrivait pas à s'arrêter. «Sango! Arrête! Tu ne comprends donc rien?»
«Comprendre quoi?»
«Je suis sûre de l'avoir vu! Il est peut-être là-bas, à me chercher! Je dois y retourner et…»
Rin trébucha sur une racine et tomba violemment sur le sol. Son corps se fracassa violemment contre plusieurs roches. Étendue de tout son long, elle n'arrivait pas à se relever. Elle était trop assommée.
«Rin! Je-je suis désolé!», paniqua Sango. «Est-ce que ça va? Rin!»
La jeune femme essaya de faire abstraction de la douleur aigue qui envahissait tout son corps…et particulièrement sa bouche, au point qu'elle préféra rester silencieuse, elle craignait de s'être brisée la mâchoire! Elle entendit vaguement Sango l'interpeler à de multiples reprises et elle entendit ensuite Inu-Yasha au loin.
Inu-Yasha…Peut-être aurait-il la réponse? Il pourrait lui confirmer la présence, ou l'absence, de Sesshomaru…
Rin ouvrit les yeux subitement et s'assit péniblement sur le sol, encore trop sonnée pour oser se relever.
«Rin!», s'inquiéta Sango. «Parle-moi!»
«Ça va, ça va…», répondit Rin. Elle mit une main sur son visage endolori et essaya de faire un sourire rassurant.
«Oohh je suis si désolé! Même si tu ne saignes pas, il faudra faire examiner cela…», observa Sango avec inquiétude. «C'est stupide, mais on avait pas le choix…Ça aurait été risqué de te laisser le voir devant tous ces gens!»
Rin entendit des bruits de pas derrière elle.
«Rin!», lança Inu-Yasha. «Tu as de la visite!»
Mais Rin ne prêta pas attention au hanyou. Elle ouvrit paresseusement ses yeux en frottant vigoureusement sa mâchoire. Dans sa vision brouillée, elle aperçut soudainement deux jambes, toutes de blanc vêtus, s'immobiliser devant elle. Elle ferma les yeux de nouveau. La douleur la faisait sombrer dans l'inconscience. Mais une main douce et chaude qui se posa sur sa joue la ramena à la réalité.
Ce ne pouvait être qu'une personne. Elle ouvrit abruptement les yeux.
Sesshomaru était accroupi devant elle, ses yeux d'ambre bourrés d'inquiétude.
«Surprise!», s'exclama Inu-Yasha.
Rin sentit son propre visage blêmir. Désormais qu'il était là — en chair et en os— devant elle, elle ne savait plus quoi faire!
«Rin, est-ce que ça va?», s'enquit Sesshomaru avec la même voix grave…la même voix stoïque qu'il avait toujours eu.
La bouche de Rin s'ouvrit, mais aucun mot n'en sortit.
«Sango…je…crois qu'il faudrait mieux les laisser seuls», suggéra Inu-Yasha, avec une mine grave.
«…Mais…»
«Allez, viens», l'interrompit Inu-Yasha. «Ils ont sûrement…beaucoup à se dire…»
Sango lut entre les lignes et hocha la tête. Les retrouvailles n'allaient peut-être pas être aussi…joyeuses que prévues…Elle lança un dernier regard inquiet à Rin tandis qu'elle s'éloignait avec le hanyou.
Rapidement, ils disparurent, laissant Rin seule…complètement seule…avec lui. Elle se sentit soudain terrifiée. Tant de paroles malheureuses…s'étaient échangées entre elle et lui. Elle baissa les yeux.
«…Rin…est-ce que tu as encore mal?», murmura Sesshomaru. Rin sentit la main sur sa joue se déplacer vers sa tempe pour ensuite caresser ses cheveux, elle ferma les yeux un instant, profitant de la marque de tendresse de ton son saoul. Mais après quelques instants, elle chassa la main du youkai.
«…Pourquoi êtes-vous ici?», réussit-elle à articuler. Sesshomaru fronça légèrement les sourcils.
«…Je croyais que tu serais heureuse de me voir», répondit-il avec une apparence de flegme.
Il tendit une main vers elle mais elle la chassa de nouveau.
«Répondez à ma question, Sesshomaru-sama», rétorqua-t-elle froidement. Elle remarqua que le visage de son interlocuteur sembla soudainement tendu, il masquait mal sa colère grandissante.
«Je m'assurais simplement que tu sois toujours en vie», rétorqua-t-il d'un ton acide, que Rin n'appréciait pas.
«Et bien…vous avez votre réponse», répliqua-t-elle d'un murmure à peine audible.
«Rin…Quel est ce petit jeu que tu essaies de jouer?», s'enquit Sesshomaru avec irritation.
La jeune femme fixa le sol et resta de marbre. Elle savait qu'il ne parlait pas seulement de sa façon plutôt froide de l'accueillir. Il n'avait jamais manifesté un tel mécontentement à son égard…elle craignait le pire.
«Pourquoi as-tu cessé de m'écrire?», poursuivit Sesshomaru.
Silence.
«…Réponds-moi!», s'énerva-t-il, sa colère désormais évidente.
«…»
Sans un mot de plus, Sesshomaru se leva lentement. Elle le suivit des yeux. Sesshomaru était complètement silencieux, mais son regard était à ce point meurtrier que Rin regretta instantanément d'avoir levé la tête vers lui. Elle fixa de nouveau le sol, elle avait l'impression que quoi qu'elle dise ou qu'elle fasse, ce ne pouvait qu'attiser sa colère.
«Rin…as-tu idée combien de milles que j'ai parcourus pour venir te voir aujourd'hui?», s'enquit-il d'une voix terriblement basse et menaçante.
La colère ne faisait qu'empirer…Rin commençait à paniquer. Elle devait absolument dire quelque chose…mais quoi? Elle avait l'impression d'avoir une boule de plomb dans l'estomac, sa gorge était sèche, sa mâchoire si serrée qu'elle avait l'impression que ses dents pouvaient se briser à tout moment.
«Ne me force pas à me répéter…», murmura-t-il avec hargne. Rin mit une main devant son visage, dans un futile effort de se cacher de lui, étant trop embarrassée pour le regarder en face.
«N-non…je n'en ai pas la moindre idée!», répondit-elle d'une voix étranglée.
«Dommage...Si tu avais su, tu ne m'aurais peut-être pas persuadé de rebrousser chemin aussi rapidement»
Il tourna les talons et s'enfonça dans la forêt. Rin écarquilla les yeux. Non, il ne pouvait pas partir, pas comme ça! Elle se releva du plus vite qu'elle le pouvait. Elle ne put s'empêcher de grimacer lorsqu'elle constata qu'elle s'était aussi blessée à la cheville.
«Attendez, Sesshomaru-sama!», s'exclama-t-elle. Elle essaya de le rattraper, mais elle boitait, elle n'y arrivait pas à s'en approchait. Désormais… c'était à son tour d'être en colère.
«Si vous venez d'aussi loin, alors pourquoi vous sauvez-vous de cette façon?», cria-elle pour qu'il puisse l'entendre.
Il s'arrêta un instant, et lui lança un regard glacial.
«…Parce que la Rin que je souhaitais revoir s'est volatilisée», rétorqua-t-il avant de poursuivre son chemin.
La jeune femme eut l'impression que son cœur venait de se briser en milles morceaux, elle se laissa choir sur le sol, incapable d'aller plus loin.
«Pourquoi ne comprenez-vous donc pas?», murmura-t-elle avec tristesse et hargne, tel un animal blessé.
«Comprendre quoi?»
«À quel point j'ai souffert lorsque je vous ai écris ces choses…À quel point c'était difficile de ne pas vous répondre…»
Il se retourna, lui lança un regard assassin… et sembla ensuite tout juste remarquer qu'elle était échouée sur le sol, souffrante.
«…Alors pourquoi as-tu agi de la sorte, si tu cela te faisais souffrir? Pourquoi m'as-tu menti?», s'enquit-il, d'une voix déjà un peu moins haineuse.
«…Parce que…je croyais qu'il le fallait…», murmura Rin en fixant le sol. Ses yeux commençaient à lui brûler, encore. «…Parce que je vous aime…Sesshomaru-sama…»
«Hmph…tes propos ne font aucun sens…»
«Non, c'est faux!», s'emporta Rin en relevant la tête. S'il voulait tout savoir, elle allait tout cracher. Elle essaya de se relever, mais la douleur aigue à sa cheville la fit trébucher de nouveau. Sesshomaru sembla soudain prit d'un élan de remords et se pressa de la rejoindre, et de s'accroupir près d'elle.
«Rin…tu es blessée…»
«Ne changer pas de sujet!», s'énerva Rin, en levant la tête vers lui. Derrière ses larmes, le youkai pouvait lire une profonde frustration. «Sesshomaru-sama…vous semblez l'oublier parfois mais…vous êtes celui que j'aime le plus au monde! Vous croyez vraiment que j'ai agi de la sorte par cruauté?»
«…Rin…»
«J'ai fais tout ça parce que tout ce qui m'importe…C'est vous! Votre bonheur, votre prospérité, c'est tout ce qui compte pour moi! Et je ne suis qu'un obstacle…qu'une barrière qui vous empêche d'atteindre votre plein potentiel…»
«Rin, pourquoi t'accroches-tu à de telles croyances? Tu sais que c'est faux.», répondit Sesshomaru, qui sembla soudainement préoccupé.
«Faux vous dites? Pourtant, il y a tant de gens qui attendent l'arrivée de votre héritier, et tant de femmes — de pures youkais— qui ne demandent qu'à le porter! Je ne peux pas être cette femme, je ne suis qu'une humaine! Je ne peux pas rester auprès de vous! Si nous continuons à nous voir, je ne ferais que vous détourner de la Dame de l'Ouest…», rétorqua Rin avec rage. «…Mais vous saviez déjà tout ça…alors pourquoi vous être offusqué de ma réaction, de mes tentatives de rompre les liens qui nous empêche de faire ce qu'on DOIT faire!»
Sesshomaru glissa une main vers le menton de la jeune femme, et releva sa tête vers lui, pour la forcer à le regarder dans les yeux.
«Rin…tu as déjà tellement souffert par ma faute. Pourquoi t'incombes-tu de telles responsabilités? Ce n'est pas à toi de te soucier de mon avenir…»
«Qui le fera, si vous continuez de vous en détourner?», répliqua Rin.
«Tu en a déjà fait trop pour moi…Rin…Beaucoup trop...», débuta Sesshomaru.
«Il y a même une femme parfaite pour vous qui vous attend là-bas, sous votre toit! Qu'est-ce que ça vous prends de plus?», s'enragea Rin.
«Tu es la seule qui compte pour moi, Rin…et tu le sais », rétorqua Sesshomaru avec aplomb. «Écoute-moi, je ne tolérerai plus que tu me mentes de la sorte…»
«Mais c'était pour votre… bien»
«Pour le bien de mon infâme mère, peut-être!», s'indigna Sesshomaru. «Rin…si tu souffres, alors je souffres aussi, cela en a toujours été ainsi et cela ne changera jamais.»
«Mais…»
«Crois-tu réellement que je serais capable de me marier avec une femme —que je n'aime pas—, sachant que tu meurs de chagrin?»
«…Je…ne meurs pas de chagrin…», essaya de se défendre Rin.
«Alors tu es heureuse, je suppose?», rétorqua Sesshomaru. «Sur la scène là-bas, je n'ai pas vu une femme heureuse… J'ai vu une femme devenue célèbre en chantant sa douleur!»
Cette dernière réplique la frappa comme une gifle. Les lèvres de Rin se mirent à trembler. Elle ne savait plus quoi répondre. Elle n'avait même plus la force de le regarder. Elle se recroquevilla sur elle-même et posa son visage sur ses genoux. Elle sentit les larmes ruisseler sur ses joues, tel un torrent sans fin. Elle se sentait défaite, ridicule.
Elle avait essayé de sacrifier son bonheur pour que Sesshomaru l'oublie et trouve son compte dans une issue socialement acceptable. Mais Sesshomaru lui rétorque qu'il ne pourra jamais être heureux si elle ne trouve pas le bonheur. Il était donc ici —principalement— parce qu'elle avait échoué. À la place de faire un effort pour trouver le bonheur qui aurait apaisé Sesshomaru… elle, la lâche, avait renoncée dès le début! Elle s'était contentée de lui mentir et d'essayer de couper les ponts, dans l'espoir qu'il gobe naïvement ses mensonges. Elle était prise dans un piège sans issue. Comment pourrait-elle espérer que Sesshomaru se détourne d'elle et remplisse ses obligations, si elle-même était incapable de se détourner de lui?
Sesshomaru la regarda longuement sangloter en silence. Il se sentait atrocement mal et avait l'impression d'avoir dépassé les bornes allègrement. Il avait l'impression d'avoir écrabouillé cruellement le peu de dignité qui gardait Rin en vie. Il se prit soudain pour le plus grand des imbéciles. Pourquoi n'avait-il pas compris plus tôt? Rin avait essayé de s'éloigner de lui pour qu'ils retournent tous les deux à une situation normale et acceptable pour leurs espèces respectives. Elle avait seulement voulu compléter ce qu'elle avait commencé quand elle l'avait quitté. Et lui… s'est contenté de bondir de nul part pour détruire les efforts qu'elle avait fait. Connaissant la nature de Rin, il aurait dû se douter des intentions derrière ses gestes! Égoïste et grossier, c'est tout ce qu'il était…
Il eut envie de la prendre dans ses bras, mais se retint. Il ne pouvait pas, car à cet instant précis, il était tout… sauf digne d'elle.
«…Rin…je suis désolé…je-je ne voulais pas te blesser…»
Rin ne répondit pas. Sesshomaru ferma les yeux un instant, espérant ne pas bégayer cette fois, et reprit la parole.
«…Je connaissais tes intentions…je les approuvais, même…Mais sans m'en rendre compte, j'ai tout gâché. …Je t'ai…empêché de vivre dignement parmi les humains. C'est vrai...comment pouvais-tu te construire un avenir, si des fantômes du passé ne cessaient de te rappeler notre situation impossible? J'aurais dû te laisser me dire adieu. Cette idée de vouloir garder contact avec toi était absurde, je t'ai conduis à ton propre échec…et au mien. J'ai été…lâche et je…m'en excuse…»
Il entendit les sanglots s'apaiser. Rin releva la tête, et balaya une partie de ses larmes.
«…J'ai été idiote aussi, Sesshomaru-sama…J'aurais dû vous dire toute la vérité…Je ne préfère même pas imaginer quelle fut votre réaction quand j'ai essayé de vous jeter dans les bras d'une autre! Je suis tellement désolée!»
«Le résultat aurait été le même. Je ne peux pas te laisser t'éloigner de moi si je sais que c'est uniquement parce que tu t'inquiètes de mon avenir. Je hais qu'on se mêle de mes affaires, c'est sûrement pour cette raison que tu as décidé de me mentir?»
«…Et bien…je savais que votre mère est plutôt casse-pied…Je ne voulais pas donner l'impression de sortir le même baratin qu'elle…»
«Mais c'est pourtant ce que tu fais, Rin», rétorqua Sesshomaru, d'un air sévère. «Tu te ranges derrière elle… une femme qui a essayé de t'assassiner.»
Rin regarda tristement le sol. «C'est une façon de voir les choses mais…vous ne croyez pas qu'il y a un peu de vrai dans ce qu'elle dit?», répondit-elle timidement.
«La seule vérité qui m'importe en ce moment, c'est que tu souffres, et que tout cela est de ma faute», rétorqua Sesshomaru. Il vint s'asseoir à côté d'elle…très près d'elle. Rin pouvait sentir son épaule frôler le bras du youkai. Il resta un long moment silencieux.
«Bon. D'accord. Disons que tu as raison. Disons que ce Sesshomaru est un sale irresponsable qui ne pense, ni à son avenir, ni au bien-être de son empire…»
Rin ne put s'empêcher de sourire.
«Cependant, Rin ne s'est pas mêlée de ses affaires et se prend pour la mère de ce Sesshomaru. Or, celui-ci dispose déjà d'une mère hautement contrôlante et sanguinaire…» Il entendit Rin qui essayait de réprimer son rire. Il ne put s'empêcher de sourire lui même.
«Parce qu'il n'a pas besoin de deux mères, mais qu'il voulait retrouver sa Rin, ce Sesshomaru a fait des bêtises et il a fait du mal à Rin…»
«Mais vous oubliez de mentionner que cette Rin a couru après les ennuis», commenta-t-elle avec amusement.
«Peu importe. En essayant d'intervenir, ce Sesshomaru a tout gâché…»
«Mais j'avais déjà bien préparé le terrain…»
«Et il ne sait plus quoi faire pour réparer ce qu'il a enlevé à Rin…»
«Il n'a rien enlevé à Rin. Rin n'avait rien dès le départ…»
«Rin…je…». Il tourna la tête vers elle. «Je ne sais plus quoi faire pour régler la situation. Désormais, j'ai l'impression que plus je suis présent à tes côtés, plus je te fais du mal…»
«…Sesshomaru-sama…»
«C'était peut-être…véritablement une mauvaise idée de venir ici»
Rin tourna la tête vers lui, l'air anxieuse. Il la regarda dans les yeux d'un air grave. Leur visage était maintenant…très près l'un de l'autre.
«Rin, si tu crois qu'il est préférable que je partes… dis-le moi…et je ne t'importunerai plus»
Rin le regarda longuement. Une brise caressa son visage endolori. Une mèche de cheveux argentés se glissa sur le visage de Sesshomaru. Elle tendit la main et balaya la mèche pour la glisser derrière son oreille, en profitant au passage pour caresser le visage qui lui avait tant manqué.
«Alors…je crois que moi-aussi…je suis lâche, Sesshomaru-sama…Et je suis une sale irresponsable…»
Il fronça légèrement les sourcils.
«Maintenant que vous êtes ici…Rien…ne me rendrait plus heureuse que si vous restiez un peu…juste…un peu…»
Elle sourit timidement. Lui hocha la tête, visiblement soulagé. C'était tout ce qu'il voulait entendre. Mais avant qu'il ne puisse répondre, elle se jeta dans ses bras et s'agrippa à lui comme si sa vie en dépendait.
«…Rin…»
«Vous m'avez tellement manqué Sesshomaru-sama! Est-ce que vous savez combien de fois j'ai rêvé à vous, depuis que je suis partie? Est-ce que vous avez seulement idée combien de fois j'ai rêvé de pouvoir vous prendre dans mes bras de cette façon?», murmura-t-elle à son oreille. Elle le sentit à son tour l'enlacer tendrement.
«Oui…je crois que je le sais…», se contenta-t-il de répondre.
Une violente rafale s'abattit sur eux, mais Sesshomaru ne serra Rin que plus fort. Il n'allait certainement pas laisser ces sales nuages de pluie ruiner l'instant présent. Rin rompit finalement l'étreinte, pour le regarder. Elle cherchait son regard.
«…Je crois qu'il va pleuvoir», observa Sesshomaru avec son indifférence habituelle.
«La pluie, je m'en balance. Nous avons traversé bien pire»
Surpris de sa réponse, il se tourna vers elle. Rin en profita pour le darder de son plus beau sourire… sa joie de vivre revenait peu à peu à elle. Sesshomaru la dévora du regard. L'envie de goûter ses lèvres devenait soudainement très forte! Il approcha son visage du sien et tendit la main pour caresser sa joue, mais la jeune femme sursauta et recula abruptement.
«Aie!»
«Que se passe-t-il? Je t'ai à peine effleurée…», murmura-t-il
«Qu'est-ce qui se passe? Il se passe que j'aurai une mine affreuse pour les jours à venir!», bougonna-t-elle.
Inquiet, il inspecta le côté de son visage, et remarqua qu'une vilaine ecchymose était en train de se former, probablement à cause de sa violente chute.
«…Ça n'a pas d'importance…», murmura-t-il en s'approchant à nouveau d'elle.
Ses lèvres frôlaient presque les siennes, mais il ne bougeait pas, comme s'il souhait entendre Rin le supplier avant de poursuivre. Au contraire, elle profita de la proximité pour inspecter son visage dans les moindres détails, ses traits à la fois fins mais taillés au couteau, sa peau pâle et lisse, ses yeux dorés, à la fois sévère et perçant. Trouver un défaut dans cette mer de perfection était mission impossible.
Étant déçu de la retenue de la jeune femme, il glissa une main d'un côté de son visage, caressant la joue toujours indemne à l'aide de son pouce. Il la regardait droit dans les yeux, elle-aussi, comme s'il s'agissait d'un duel à n'en plus finir. Rin remarqua soudain que le regard du youkai se posa un instant sur ses lèvres, trahissant ses intentions. Elle ne put s'empêcher de sourire, elle adorait cette façon qu'il avait de la regarder! Elle ferma les yeux et brisa le très faible espace qui les séparait toujours. Elle l'embrassa timidement, du bout des lèvres. Cela faisait si longtemps! Elle avait l'impression d'avoir oublié comment se comporter si près de lui…et quelle sorte de baiser elle était en droit d'échanger avec lui. Il s'empressa de tout lui rappeler. Il glissa sa main dans les cheveux de la jeune femme pour la forcer à s'approcher encore davantage de lui, en profitant au passage pour approfondir le baiser, transformant la flamme ténue de leur désir en un vif brasier, détruisant toute leur retenu respective.
Rin sentit quelques gouttes, qui devinrent rapidement très nombreuses, s'échouer sur son visage. Elle brisa presque le baiser, mais Sesshomaru la garda près de lui, refusant de voir l'instant se terminer. Rin finit par oublier la pluie.
Après quelques instants, Sesshomaru se décida finalement à rompre le baiser. Rin jura l'entendre soupirer. Il ne se donna même pas la peine de regarder vers le ciel.
«…Il faut se mettre à l'abri…», murmura-t-il, l'ennui évidente dans la voix.
Rin se tut, même si elle ne partageait pas la même opinion. Ce n'était pas une petite pluie qui l'inquiétait! Elle le suivit jusqu'à un bosquet. Mais il s'avéra que Sesshomaru avait raison…la fine pluie d'été devint rapidement torrentielle.
«À ce moment de l'année, les pluies sont parfois longues!», observa Rin.
«L'air est en effet chargé d'eau. Je ne crois pas qu'elle ne cesse avant demain », commenta le youkai.
«…Nous ne pouvons pas attendre ici jusqu'au petit matin, il faudra essayer de profiter d'une accalmie pour rentrer au village…Est-ce que vous sentez une accalmie bientôt, Sesshomaru-sama? …Sessho…maru-sama?»
Mais Sesshomaru n'écoutait plus, lorsque Rin tourna la tête vers lui, elle remarqua qu'il fixait son épaule, l'air surpris. Rin suivit son regard.
«Comment se fait-il que je n'ai pas remarqué?», s'enquit-il, plus à lui même qu'à elle.
La manche était maculée de sang!
«Oh! Mais qu'est-ce que?», s'étrangla Rin.
Il releva sa manche et vit une entaille sur l'épaule de la jeune femme.
«Ne t'en fais…Ce n'est pas aussi mal que tu le crois…»
«Mais! Toute ma manche!»
«L'entaille n'est pas très profonde…Il faut juste…arrêter le saignement…»
«Vous n'avez pas Tenseiga?»
Sesshomaru fronça les sourcils, semblant soudainement mécontent. «Hélas…Je l'ai laissée à l'ouest…»
Il inspecta sa propre manche et en déchira une partie. Rin lui lança des yeux outrés.
«Non! Votre habit!»
Sesshomaru fit de son mieux pour panser la plaie, mais Rin pouvait voir qu'il n'avait pas l'habitude des premiers soins. Après tout, en quoi cette connaissance lui aurait-elle été utile?
«…Je crois qu'il te faudra quelque chose de mieux…»
«Oh…ça fera l'affaire un petit bout de temps! Elle n'est pas si mal…dans le fond, cette coupure, mon pied me fait beaucoup plus mal…»
Sesshomaru lui lança un regard suspicieux et releva légèrement son kimono pour inspecter sa jambe. Il dut camoufler sa panique lorsqu'il constata que la cheville de Rin était enflée…très enflée.
«Est-ce que vous voyez quelque chose?», s'enquit Rin.
«…Il faut te trouver un médecin»
…
«J'espère que ça ira! Tu crois que c'est Sesshomaru qui lui a fait ça?», dit une voix masculine et claire.
«Aucune chance, Shippo! Je crois qu'il se tuerait avant de lui faire une chiquenaude!»
«N'exagère pas, Inu-Yasha…»
«Elle a fait une chute épique, quand on l'a retrouvé dans les bois», rétorqua le hanyou.
«À regarder ses blessures, l'hypothèse de la chute est plus probable…», dit une voix d'homme âgé.
Ne reconnaissant pas cette voix, Rin ouvrit les yeux. Elle reconnut le médecin du village.
«La voilà enfin réveillé!», observa-t-il. «Comment allez-vous, jeune dame?»
Rin cligna des yeux. «Je…crois que ça va!»
«Vous vous êtes gravement assommée, vous auriez dû faire attention, ce type de chute peut causer des séquelles…»
«C'est pas de sa faute, c'est Sango qui l'a jetée à terre», rétorqua le hanyou avec nonchalance.
«INU-YASHA! Ça ne s'est pas passé comme ça!», s'exclama Rin avec embarras.
«Parlant d'elle, je dois aller voir son état…J'imagine que la sage femme prendrais bien une petite pause», observa le médecin. Il se leva, mit une cape et quitta la hutte, affrontant la tempête.
«…Sage…femme?»
«Ouais…Sango aurait pas dû courir comme ça…maintenant elle est en train d'accoucher!», répondit le hanyou.
«Vraiment? Mais elle est d'avance!», s'inquiéta Rin.
«Arrête de tout déformer Inu-Yasha!», s'énerva Shippo, il se tourna vers Rin. «Sango a eu des contractions après être revenue des bois, mais les médecins ne savent pas si elle est vraiment en train de mettre son enfant au monde. Il arrive qu'en fin de grossesse que de femmes aient des contractions plusieurs semaines d'avance…»
«T'en fais pas, même si elle accouche, les médecins disent que son enfant est déjà assez vieux pour survivre», répliqua Inu-Yasha.
«…Ouf…j'espère que ça ira», murmura Rin. «Heu…je me demandais…Où est Sesshomaru?»
«…Je sais pas trop, je ne suis pas sorti pour aller voir», répondit le hanyou. «Il est venu te porter ici —tu étais inconsciente donc tu dois pas te rappeler—, il est resté quelques minutes, le temps que le médecin lui dise que tu n'étais pas à l'article de la mort, et ensuite il est parti…»
«Parti?»
«Ne t'inquiète pas! Je sens encore son odeur pas loin. J'ai l'impression qu'il est dans le village, mais je ne sais pas où…et j'ai aucune espèce d'idée ce qu'il peut bien faire seul dehors par un temps pareil!»
«J'ai l'impression qu'il est peut-être à la hutte de Rin…», ajouta Shippo.
«…Cela ferait du sens», observa Rin. «Avant qu'on arrive. Nous nous sommes arrêtés chez moi, car je savais que le toit était en mauvais état et j'étais inquiète pour les quelques trucs que j'ai déjà emmenés là-bas. Sesshomaru n'avait pas l'air d'accord, mais il a tout de même acquiescé. Quand nous sommes arrivés, il y avait déjà plein d'eau à l'intérieur…Et là…et bien, je crois que c'est à ce moment que j'ai perdue connaissance, parce que je ne rappelle plus de rien! Sesshomaru a dû m'emmener ici…»
«…Les oreilles devaient lui chauffer à force d'entendre son nom, le voilà qui arrive…», lança Inu-Yasha.
Rin jeta un œil à la porte, juste à temps pour le voir s'immiscer à l'intérieur, trempé jusqu'aux os.
«Sesshomaru-sama!», s'exclama-t-elle, joyeuse.
«Qu'est-ce que tu faisais?», questionna le hanyou.
«Ce que tu refusais de faire…idiot», rétorqua froidement Sesshomaru, qui resta près de l'entrée pour tordre ses vêtements et ses cheveux.
«Quoi? Tu as vraiment réparé le toit de ce trou par un temps pareil?», s'enquit le hanyou avec surprise.
«Le trou duquel tu parles est tout de même la maison de Rin», rétorqua Sesshomaru, qui abandonna finalement l'idée d'extirper l'eau de ses vêtements détrempés. Il enleva son armure et vint s'asseoir à côté de Rin. Il poussa un léger soupir, comme s'il était soulagé d'être enfin à l'abri.
«J'y crois pas! Vous êtes capables de réparer des toits?», s'enquit Rin, un large sourire aux lèvres. Sesshomaru se contenta de lui lancer un regard insulté.
«Vous avez réparé mon toit?», rectifia Rin, légèrement embarrassée.
«…J'ai seulement ajouté du feuillage pour éviter que l'eau entre. Cela devrait tenir au moins jusqu'à ce que la pluie prenne fin…», répondit Sesshomaru avec nonchalance.
«Arigato, Sesshomaru-sama!», s'exclama-t-elle, toute joyeuse.
«Et bien…on dirait que ces heureuses retrouvailles ont finalement eu lieu!»
Rin tourna de nouvea la tête vers l'entrée de la hutte. «Miroku-sama!», s'exclama-t-elle aussi joyeusement.
«…Je suis venu faire mon tour pendant que Sango dort», dit-il. Le médecin le suivait de près.
«Et alors, comment elle va?», s'enquit Rin.
«…Les nouvelles sont bonnes», débuta le docteur.
«…Pas d'enfant tout de suite on dirait», poursuivit Miroku. «Le petit n'est pas pressé de sortir!»
«…C'est pour le mieux. L'enfant ne sera que plus fort quand il sortira…Et vous, jeune Rin. Tout à l'heure…vous m'avez donné très peu de détails au sujet de votre état…» s'enquit le médecin en observant sa cheville.
«Je crois que ça ira maintenant! Mais…Aïe! Je vais peut-être éviter de marcher trop dans les prochains jours…ma cheville me fait encore mal…»
«C'est normal, vous avez une foulure… mais il n'y a rien de cassé, vous devriez donc être rétablie d'ici une semaine…D'ici là, il faut vous reposer, utiliser la canne pour vous déplacer et surtout, prendre votre médication!», l'avertit le médecin.
«D'accord, je ferai attention, je vais prendre soin de moi!», répondit Rin.
«…Ce ne sera pas suffisant»
«Heu…pourquoi pas?»
«Vous avez aussi une vilaine plaie que j'ai dû recoudre, il y a risque d'infection…il y a quelques lacérations aussi qui doivent être surveillées…Et quelqu'un doit veiller à limiter vos déplacements…»
«Alors, je dois rester ici?»
«Ce serait l'idéal…Hélas, je ne peux pas vous garder»
«Pourquoi pas?», s'indigna Inu-Yasha.
«Oh, vous êtes tombés à un mauvais moment! Il y a plusieurs personnes malades qui ont besoin d'être surveillés. Puisque votre état est stable, je dois céder votre lit à quelqu'un qui en a plus besoin que vous…»
«Je comprends…», répondit Rin. «Mais que faire si je ne puis être autonome?»
«Les soins duquel vous avez besoins sont simples, n'importe qui peut vous aider! Il faut seulement…trouver quelqu'un qui sera prêt à veiller sur vous»
«Oh…oui c'est logique…», murmura Rin en se grattant la tempe, l'air pensive.
«…Normalement…c'est le genre de chose pour lequel Sango se serait portée volontaire…mais elle n'est pas en état en ce moment. Elle sera sûrement alitée quelques jours», pensa Miroku tout haut.
«Bien sûr…et tu dois aussi veiller sur elle!», répondit Rin. Elle se tourna timidement vers les trois autres hommes dans la pièce.
«Hum…des volontaires?»
…
«Vous êtes sûrs Sesshomaru-sama? Shippo était prêt à le faire, lui-aussi!», s'exclama Rin avec gêne.
Ils avaient de la chance. La nuit était tombée depuis plusieurs heures, mais une éclaircie leur permettait de retourner à la hutte de Rin sans se faire mouiller de nouveau. La pauvre, incapable de marcher sur sa cheville endolorie, sautillait sur un pied et s'aidait de la canne que le docteur lui avait prêtée lorsqu'elle manquait d'équilibre.
«…Rin, je suis venu expressément pour te voir et je me suis occupé de toi pendant près d'une décennie. Il est seulement naturel que ce soit moi qui s'acquitte de cette tâche…»
«…Mais…là… ce n'est pas pareil! Je me suis toujours débrouillée toute seule pour les tracas quotidiens! Là vous allez devoir…nettoyer mes coupures, me faire des infusions médicinales...»
«Te porter», continua le youkai. Il profita de l'instant pour se tourner subitement vers elle et l'attraper au vol.
«…Ce…n'était pas nécessaire», répondit-elle avec timidité.
«…Je souhaite arriver avant l'aube», se justifia-t-il.
«Mais…on risque de nous voir», murmura Rin.
Sesshomaru regarda autour de lui.
«Tu vois quelqu'un? Moi je ne vois personne…»
«Mais…de l'intérieur de leur hutte…peut-être…»
«Qu'importe…Y-a-t-il une loi humaine qui interdit à un youkai de porter une jeune femme dans le besoin?»
«Heuuu…pas exactement…mais ça alimentera les…»
«Si tu parles des abominations humaines qui disent du mauvais de toi, je ne m'en ferais pas trop. Si je les reprends encore, je les saignerai comme des porcs»
«…Bon…vous avez gagné», souffla Rin avec un sourire amusé. Ils arrivèrent finalement à sa hutte. Sesshomaru la posa sur le sol. Rin eut soudain le souffle coupé.
Sesshomaru n'avait pas seulement réparé sa maison. Il avait aussi tout raccommodé le désordre occasionné par la pluie. Bon…c'est vrai, elle n'avait pas beaucoup d'effet personnel mais…même son futon semblait plus confortable parce que c'était Sesshomaru qui l'avait remis en place…surtout avec la petite lanterne qu'il avait allumée pour que Rin puisse se retrouver dans la pénombre. Rin en fut presque émue.
«…C'est…vous qui avez fait tout ça?», s'enquit-elle.
« Je n'ai presque rien fait, je me suis simplement assuré que…»
«Y-a-t-il une seule chose que vous n'êtes pas capable de faire, Sesshomaru-sama?», lança-t-elle, n'en croyant toujours pas ses yeux.
«Rin, tu es blessée. Je voulais simplement m'assurer que tu disposes des meilleures conditions pour te rétablir», rétorqua-t-il, apparemment incapable d'assumer tout ce qu'il avait fait pour elle. «…Tu dois te reposer maintenant…»
«…Oui, je sais…» Rin se dirigea vers son futon, Sesshomaru l'aida à s'asseoir. Installée confortablement au lit, elle le fixa curieusement.
«Dites…vous devriez vraiment mettre les vêtements que Miroku vous a prêtés…»
«Ce n'est pas nécessaire. Les miens sècheront», rétorqua-t-il en s'essayant sur le sol à côté d'elle.
«Avec une humidité pareille, ça risque d'être long! Vous êtes encore tout détrempé, vous allez prendre froid!»
«Je ne suis pas humain, je ne peux pas être malade à cause du froid…»
«Mais ce doit être inconfortable, non?»
Sesshomaru lui lança un regard ennuyé. «J'imagine que tu ne me laisseras pas tranquille tant que je n'acquiescerai pas à ta demande?» Rin lui sourit.
«Vous avez tout compris!»
«Hmph»
«Je ne regarderai pas, promis!» Elle souffla la flamme de la lanterne pour qu'ils se retrouvent dans l'ombre.
«En quoi le fait que tu me regardes est supposé me déranger? Tu m'as déjà vu nu à quelques reprises», rétorqua-t-il.
«Je sais! En fait, je crois que ça me gêne plus que vous! Vous avez cette façon si impudique de vous déshabiller devant moi!»
«À voir la façon dont tu me fixais à chaque fois, je croyais que c'était un signe que tu appréciais…», répondit-il. Rin ne voyait presque rien, mais elle réussit tout de même à apercevoir sa silhouette à moitié nue dans l'ombre…La carrure de ses épaules…sa taille mince. Elle détourna la tête.
«Oh, Sesshomaru-sama, arrêtez de me mettre dans des situations impossibles!»
«Tu t'es plongée toi-même dans cette situation, en me persuader de me changer…»
Rin bouda silencieusement. Elle était désormais certaine que Sesshomaru devait avoir un sourire d'amusement aux lèvres.
«Trêves de bavardage. Allez! Au dodo!», lança t-elle en se tournant sur le côté.
Après quelques minutes, elle ne put s'empêcher de tourner la tête pour voir ce que Sesshomaru faisait. Évidemment, il ne dormait pas. Il était assis, le dos contre le mur à l'observer.
«Dites...vous avez dit que vous avez fait beaucoup de route aujourd'hui…Vous n'avez pas envie de dormir un peu?»
«Je peux le faire d'ici»
«Mais…ce serait plus confortable sur le futon, non?»
«…Rin…»
«Oui?»
«…Tu laisse finalement tomber cette fausse pudeur?», murmura-t-il en se levant. «…J'assume que derrière cette suggestion se cache une demande…»
Rin sentit son visage bouillir dans l'ombre. Elle le sentit s'allonger près d'elle. Timidement, elle se retourna pour lui faire face et se blottit contre lui.
«…Tu dois dormir maintenant…Il est tard», chuchota-t-il.
«Oui…bonne nuit, Sesshomaru-sama…», souffla–t-elle. Elle posa un chaste baiser sur sa joue et s'endormit, la joue blottie contre son épaule.
Sesshomaru fut soulagé que Rin s'endorme aussi rapidement. S'il avait été allongé aux côtés d'une jeune femme insomniaque, il savait qu'il aurait eu beaucoup de difficultés à repousser les idées indécentes qui lui torturaient l'esprit…et qui lui torturaient toujours l'esprit…rarement son parfum avait été aussi…enivrant. Il tourna la tête vers elle. Sa peau lisse brillait au clair de lune…ses lèvres étaient légèrement entrouvertes. Il avait été loin d'elle si longtemps, désormais il était si près. Il se demanda comment elle réagirait si elle se réveillait au contact de baisers sur sa peau. Elle ne portait plus qu'un mince yukata de coton. Il lui serait très facile de…
Il ferma les yeux et cala sa tête profondément dans l'oreiller, ce n'était le moment pour de pareilles distractions! Il dirigea son esprit vers ses pensées plus convenables…
La relation plutôt conflictuelle qu'entretient Rin avec certains villageois l'intriguait au plus haut point. L'exterminatrice de démon semblait dire vrai. Rin était malheureuse parmi les humains. C'était plutôt compréhensible, vu le traitement de paria qu'elle subissait. Il trouvait étrange qu'elle n'était pas —au contraire— traitée en héro par l'ensemble de la population locale. Ces humains…quels imbéciles…
Il ne savait pas combien de temps il allait rester dans ce village fétide, mais il savait qu'il devait rester au moins jusqu'à ce que Rin prenne du mieux…peut-être même quelques jours supplémentaires suite à son rétablissement, il n'en avait pas la moindre idée…Pour le moment, la durée de son séjour avait peu d'importance.
Ce qui lui importait beaucoup plus…c'était cet objectif qui s'incrustait de plus en plus profondément dans son esprit, même s'il ignorait par quel moyen il pourrait l'atteindre…
Il avait déjà hâte de quitter ce village, pour une raison bien simple.
Parce qu'il n'avait plus l'intention de le quitter seul.
…Fin de chapitre…
Bon…je crois que j'ai été plutôt correcte avec ce chapitre, n'est-ce pas ;)
En passant, la chanson de Rin est une version traduite et légèrement modifiée de la chanson thème de l'anime D Gray-Man…série que je n'ai en passant, jamais écouté! Je trouvais simplement que les paroles collaient bien à la situation de Rin et Seshomaru, à condition d'avoir quelques vers remasteurisés (bon…c'est pas la chanson la plus géniale…mais franchement, si je m'étais donné la peine de composer des paroles de chansons…j'aurais sans doute pris 1 semaine de plus à poster le nouveau chapitre!
Bah voilà, rien d'autre à déclarer, sinon que le prochain chapitre va inclure beaucoup de contenant « mature », donc yeux innocents, s'abstenir!
Merci d'avance aux généreuses personnes qui me laisseront des commentaires ^^
À bientôt!
Serleena : Oui, en effet, ça devait arriver…raison pour laquelle Rin provoque les choses aux précédents chapitres. Heureusement, Sesshomaru a tout fait fouarer ^^ À présent, quel sera leur choix? La réponse pour très bientôt :D
Anae : Oh la voilà, j'espère que le précédent chapitre ne t'as pas trop fait souffrir! J'ai fait ce chapitre le plus vite que j'ai pu…mais c'est qu'il est vachement long, ce chapitre! Moi et mes satanés détails! Heureusement, celui-ci est un certain soulagement par rapport à l'autre je crois ^^ Et l'autre aussi sera plutôt bien je crois :D
Fleur-fane : Génial, contente de voir que tu puisses remarquer les quelques efforts de recherche que j'avais fait :D En effet, je crois que Rin chante à quelques reprises dans la série quoique je ne me rappelle plus à quel moment exactement, ça m'a servi de carburant pour chapitre! J'aurais bien aimé vérifier ta fic, mais hélas, quand j'ai essayé d'aller sur le site, ça me disait qu'il fallait que je me fasse un compte et un blog (ou truc machin) pour y avoir accès et ça me semblait un peu complexe ^^' J'aurais vraiment aimé y jeter un œil! Est-ce que tu crois que tu pourrais la mettre en ligne sur un site grand public comme ? Ou tu pourrais même me l'envoyer par courriel?
Kagome78 : Beau et long…est-ce que celui-ci répond à ces critères ;) Malheureusement, il m'est un peu difficile d'aller plus vite que ce que je fais maintenant, à moins de faire des chapitres plus petits…mais je crois que de me forcer à écrire plus long me force à faire plus vite, parce que sinon les mise à jour ne viendrait jamais! Quoi qu'il en soit, les coups de pied occasionnels viennent habituellement à bout de la procrastination ;)
Cynthia : Contente que tu aies aimé le concept des lettres :D Quoique je l'ai vraiment utilisé à mauvais escient, avec Rin qui essaie de repousser Sesshomaru! Heureusement, en se cassant la marmoulette en allant le rejoindre, ce dernier n'aura pas le choix de la traiter aux petits oignons ;) Sale engueulade…en effet, il y en a eu une…mais moins « sale » que je l'avais prévu au début…j'ai l'ai un peu dilué, car les persos étaient un peu OOC (Sesshomaru qui crie après Rin, ça lui fait pas du tout XD)
Vendy : Heu…salut, ça fait une petit bail, n'est-ce pas? ^^
