A/N : Ohhh je sais…c'était long…je m'excuse! Cette fois-ci…j'ai pas vraiment de bonne raison…J'ai eu un rare syndrome de la page blanche, je dois l'admettre. Vous m'en excuserez!
En revanche…j'ai encore battu mon record de longueur. Tellement…que le simple fait de tout corriger risquait de me prendre encore quelques jours…
Pour éviter de vous faire attendre plus longtemps (vu que le nombre de plaintes à ce sujet était assez élevé :/), et parce que j'ai envie de me faire pardonner…J'ai scindé ce chapitre en deux chapitres (parce que 15 000 mots…ça ne peut tout simplement PAS être un seul chapitre!). Voici donc la première partie…
La deuxième est déjà toute écrite…ne me reste plus qu'à la réviser et y apporter quelques changements mineurs…elle arrivera donc subito presto.
Bon…c'est dans la deuxième que se retrouve les bouts les plus croustillants je pense…mais au moins, cette première partie pourra vous servir d'amuse-gueule!
Merci encore pour votre fidèle support. Je ne le dirai jamais assez, je suis gâtée!
Bonne lecture!
Chapitre 26 : L'horloge, partie 1
Après une longue nuit sans rêve, Rin ouvrit enfin les yeux. La lumière était diffuse et grise, comme si la matinée était encore jeune. Rin pouvait entendre la pluie drue marteler le toit et le sol détrempé. Les fenêtres étaient sans doute ouvertes. Elle essaya de se redresser pour jeter un œil à l'extérieur mais une douleur aigue à son épaule la cloua au lit. Ses points de suture lui faisaient atrocement mal… La douleur était telle qu'elle n'avait plus le courage de se lever. Mais ses tracas s'évaporèrent subitement lorsqu'elle entendit le sifflement d'une théière, comme si une personne avait voulu, inconsciemment, lui rappeler sa présence. Elle tourna la tête vers la source de bruit et aperçut Sesshomaru de dos, apparemment absorbé par la conception d'une infusion quelconque, d'un parfum que Rin n'arrivait pas à déchiffrer.
Elle regarda avec fascination le youkai manipuler la théière comme s'il avait fait le thé chaque jour de sa vie. Sesshomaru était comme ça, Rin n'avait jamais trouvé d'explications logiques satisfaisantes. Quoiqu'il fasse, il maîtrisait toujours son art à la perfection, adroit comme personne d'autre.
Elle remarqua que ses habits de soie étaient accrochés dans un coin de la pièce, toujours aussi détrempés que la veille. Rin prit note de remercier Miroku plus tard, pour son hospitalité…et son sens du bon goût. Décidément, il n'avait pas prêté une tenue qu'il portait souvent. Une espèce de tenue de combat en lin noir qui n'était pas aussi ample que la tenue habituelle du youkai, des vêtements qui accentuait à la fois la minceur de sa taille et la carrure de ses épaules. Elle l'admira silencieusement. Il tourna la tête vers elle et sembla tout juste remarquer qu'elle était éveillée.
Il versa la boisson chaude dans un verre à thé et vint s'asseoir près d'elle.
«…Qu'est-ce que c'est? Un remède youkai?», s'enquit Rin avec un sourire.
«…Le guérisseur humain m'a signifié que cette boisson permet de réduire les douleurs occasionnées par tes blessures», répondit Sesshomaru, d'une voix à peine plus haute qu'un murmure. «…il semblait insister sur le fait que tu allais le regretter si tu ne prenais pas ces boissons à intervalles réguliers…»
«Je n'en doute pas…J'ai déjà mal à l'épaule…»
Sesshomaru sembla soudainement concerné et lui tendit le verre. Tandis que Rin ingurgitait l'infusion, il fixa avec scepticisme l'épaule blessée, un peu de sang séché avait traversé le tissu de son yukata.
«…C'est l'endroit où il t'a cousu, n'est-ce pas?»
Rin le regarda d'un air inquisiteur et fixa ensuite son épaule. «Heu…je crois que oui! C'est la seule blessure qui me fait encore mal…»
Sesshomaru fronça les sourcils. Il releva la manche de la jeune femme pour regarder le bandage. Rin jeta un coup de d'œil furtif, et…apercevant beaucoup de rouge, décida de simplement de tourner la tête.
«Il faut changer ce pansement…», observa Sesshomaru.
«…Oui…Je m'en doutais…», siffla la jeune femme, qui n'avait franchement pas envie d'en savoir plus.
Sesshomaru laissa tomber la manche, puisque son ouverture était trop étroite pour qu'il puisse enlever le bandage souillé. Il posa une main sur le col du yukata de Rin et le fit glisser doucement contre son épaule et son bras, exposant ainsi l'épaule meurtrie. Rin essaya de rester nonchalante, mais elle savait que ses joues brûlantes la trahissaient. Heureusement, Sesshomaru ne faisait pas attention à la tête qu'elle faisait, étant déjà occupé à dénouer son bandage.
«…En effet, il t'a cousu l'épaule», constata Sesshomaru avec une moue qu'il n'essayait même pas de cacher.
«C'est terrible à ce point?», s'inquiéta Rin.
«Non. Je ne comprends tout simplement pas comment les humains peuvent coudre des plaies de la sorte…», rétorqua-t-il avec dédain en essayant de nettoyer la zone autour de la plaie du mieux qu'il le pouvait avec un linge humide. «…C'était stupide de ne pas avoir Tenseiga…et d'avoir écouté Inu-Yasha…»
«Inu-Yasha?»
«Il a insisté pour que nous nous retrouvions dans les bois, parce qu'il craignait que des…démonstrations d'affection sèment l'émoi dans le village…»
«Ce n'était pas une mauvaise idée…J'ai simplement été maladroite…», souffla Rin avec gêne.
«Hmph…si j'avais su, j'aurais choisi l'émoi.», répliqua le youkai. «De toute façon, je ne resterai pas caché éternellement dans cette hutte. Ils devront constater ma présence un jour ou l'autre…»
«…Je ne préfère même pas imaginer quelles idioties ils vont inventer…», murmura Rin, qui grinça soudainement des dents.
«AIE!»
«Ce ne sera pas long…il faut désinfecter la plaie», expliqua Sesshomaru, en posant un linge imbibé d'eau chaude sur la blessure.
Il remarqua que Rin était désormais crispée de la tête au pied et qu'elle retenait son souffle. Il se dépêcha de terminer sa salle besogne et de poser un nouveau bandage. Mais Rin était toujours aussi tendue.
«…C'est fini maintenant», murmura-t-il.
Rin hocha la tête frénétiquement et essaya de se lever, mais elle se rappela trop tard que sa cheville était foulée.
«Ahhh!»
«Qu'est-ce que tu fais?», s'indigna Sesshomaru en la prenant par la taille et en la posant de nouveau sur son futon.
«…Je croyais que ma cheville allait mieux!», siffla Rin, en se tenant la cheville à deux mains. «Je voulais juste…boire un peu d'eau!»
Le regard du youkai s'adoucit. Il avait de la difficulté à la comprendre. La douleur ne l'avait personnellement…jamais impressionné…un simple inconfort, c'est tout. Les humains sont-ils plus sensibles à la douleur? Probablement. Il alla remplir une coupe d'eau et la lui tendit. Rin la vida d'un trait et la posa sur le sol à côté d'elle, l'air grincheuse.
«Quelque chose ne va pas?», s'enquit le youkai.
«…Je viens tout juste de me rappeler qu'il y a ….d'autres….coupures... À désinfecter», murmura-t-elle avec appréhension. «Mais…je peux le faire moi-même», poursuivit-elle, avec son visage qui prenait quelques couleurs.
Sesshomaru haussa un sourcil, l'air curieux.
«J'ai une ou deux coupures sur mes côtes, du côté gauche…le côté sur lequel je suis tombée», expliqua Rin. «Mais… je peux me débrouiller seule»
«Pourquoi t'en soucier alors que je suis là pour le faire à ta place?»
Rin serra les dents. Sesshomaru ne facilitait pas les choses! «Et bien…je…dois me déshabiller pour le faire, vous comprenez?»
« Non », lut Rin sur son visage de marbre. Pourtant…ils n'avait été « intimes » que très peu de fois…pourquoi se comportait-il comme si le fait de voir sa protégée à moitié nue était la chose la plus banale du monde? Rin retint un soupir.
Comme si c'était réellement le genre de Sesshomaru d'être gêné par quoi que ce soit!, pensa Rin.
«Tu es certaine que tu y arriveras?», s'enquit-il.
«Oui, oui, ça ira», répondit-elle avec un sourire qu'elle voulait rassurant.
«D'accord, j'attendrai à l'extérieur», répondit-il, comprenant que Rin signifiait clairement son besoin d'intimité. Il se leva et quitta la pièce. Rin jeta un œil par la fenêtre et constata qu'il s'était assis sous la corniche de la hutte, elle fut rassurée qu'il reste aussi près.
Rin essaya de vérifier si ses coupures sur les côtes avaient aussi tachées son yukata, mais elle du se rendre à l'évidence que la tâche serait plus ardue que prévue, puisque les blessures étaient du même côté que son épaule endolorie, elle n'arriverait pas à jeter un œil sans s'infliger un minimum de douleur. Elle se leva lentement et sautilla jusqu'à son miroir, mais constata seulement à son arrivée qu'il était un peu compliqué de s'asseoir en se tenant sur un seul pied. Elle se pencha lentement, mais le muscle de sa jambe la trahit et elle tomba sur les fesses, ce qui fit vibrer le plancher chancelant.
«Rin, est-ce que ça va?», s'enquit calmement Sesshomaru, de l'extérieur. «Je peux t'aider», suggéra-t-il.
«Non, merci! Ça va maintenant!», lança-t-elle avec embarras. Rin soupira. Pourquoi insistait-il à ce point?
Elle essaya de dénouer son obi en portant ses mains à son dos, mais la douleur vive qui émana de son épaule lui rappela qu'il valait mieux éviter de malmener ses points de sutures. Et à une main, l'opération devenait franchement compliquée. Elle poussa un long soupir…de résignation.
«Hum…Sesshomaru-sama? Est-ce que…vous pouvez entrer une minute? Je suis en…difficulté en ce moment…», admit Rin.
Sesshomaru ne se fit guère prier et trouva Rin assise dans une position peu élogieuse devant un miroir accrochée à son mur, l'air honteuse. Il fit mine de camoufler son amusement derrière son armure de glace, choisissant de ne pas la faire sentir plus ridicule qu'elle ne l'était déjà.
«Tu as oublié d'amener l'eau et les bandages?»
Rin regarda autour d'elle et constata qu'en effet, elle n'avait pas prévu ces petits détails lors de son ascension vers le miroir.
«Heu…en effet…oui…»
Sesshomaru les lui apporta et les posa près d'elle. Pris d'un élan de pitié, il s'assit à côté d'elle et l'aida à replier ses jambes sous ses cuisses pour qu'elle puisse s'asseoir sur ses genoux. Alors qu'il s'apprêtait à se relever, il sentit une main tirer sur sa manche.
«…J'ai…besoin d'aide pour retirer mon yukata…», murmura-t-elle.
Mine de rien, il hocha la tête et se mit à genoux derrière elle. Rin profita du miroir pour le regarder dénouer délicatement son obi, comme s'il craignait qu'elle ne se brise en milles miettes s'il faisait un faux pas. Il le posa sur le sol. Ne restait plus qu'une mince ceinture qui tenait le tout en place. Il leva lui-aussi son regard vers le miroir pour regarder Rin droit dans les yeux.
«Est-ce que tu portes quelque chose en dessous?», s'enquit-il.
Rin se vit rougir à la vitesse de la lumière.
«Pourquoi cette question?»
«Tu devrais retenir ton yukata, si tu veux éviter que je te voies…»
Soulagée de voir qu'il n'avait eu que de nobles intentions, Rin hocha la tête et mit une main sur son yukata pour le retenir. Sesshomaru dénoua la dernière ceinture.
«…Tu souhaites poursuivre toute seule?», s'enquit-il.
«Ne-ne regardez pas s'il vous plaît! Je…dois vérifier», répondit Rin.
Sesshomaru se retourna et s'assit de dos à elle. Rin observa les bandages et constata que ça ne semblait pas être aussi mal qu'elle ne le croyait, mais les pansements avaient besoin d'être changés, ce qui serait —une fois de plus— une tâche plutôt complexe, avec un bras seulement à moitié fonctionnel.
«Tes pansements on besoin d'être changé, n'est-ce pas?», questionna le youkai.
«Oui…mais ça n'a pas l'air trop mal…Il faut juste que…»
«Rin», coupa Sesshomaru.
«Oui?»
«Je comprends que tu puisses faire preuve de timidité, mais de t'occuper toi-même de tes blessures sera inutilement pénible…», expliqua Sesshomaru qui faisait de son mieux pour voiler son impatience.
«…Je sais…mais…»
«Tu n'as rien à cacher que je n'aies jamais vu. Inutile d'être aussi pudique.»
Rin soupira. Elle savait qu'il avait raison. Ce n'est pas pour rien que le médecin lui avait demandé de trouver quelqu'un qui pourrait s'occuper d'elle. Elle aurait seulement préféré que ce soit quelqu'un d'autre que lui qui ait à s'incomber de cette tâche. Après ces mois d'absence, elle aurait aimé qu'il n'ait pas à la voir dans un état aussi pitoyable!
«D'accord d'accord…Vous avez raison. Si c'est vous…c'est quand même mieux que…»
«Inu-Yasha…», suggéra-il avec ce qui ressemblait à du dédain, tandis qu'il se tournait de nouveau vers elle.
«Je ne sais pas pourquoi vous êtes toujours aussi inquiet au sujet d'Inu-Yasha…il n'est pas une menace pour vous. À ce que je saches, il ne s'est même pas porté volontaire pour m'aider», rétorqua Rin, en ouvrant un côté de son yukata pour lui montrer chastement ses blessures.
Sesshomaru haussa un sourcil, l'air curieux.
«…Y-a-t-il d'autres menaces duquel je ne suis pas au courant?» s'enquit le youkai. «Le renard s'est porté volontaire… »
«Shippo? Voyons, c'est ridicule. Il est simplement le plus serviable des trois. À mon avis, il s'est proposé surtout parce que personne n'avait encore réagi…»
«…Rin…je ne pourrai pas t'aider si tu continues de te cacher de la sorte…», coupa Sesshomaru, l'air irrité par le fait que Rin retenait toujours ses vêtements. Elle baissa la tête et remarqua que tous les nœuds des bandages étaient cachés sous son yukata. Résignée, elle laissa tomber sa robe dans un faux geste de désinvolture, mais eut rapidement le réflexe de cacher sa poitrine avec ses bras. Mais Sesshomaru n'y prêta guère attention et détacha tous les bandages enroulés le long des côtes. Il fronça les sourcils lorsqu'il vit les coupures.
«C'est beaucoup de bandages pour d'aussi petites égratignures…», commenta-t-il.
«…C'était peut-être pour éviter de tacher mes vêtements…», supposa Rin, tout juste avant de se mordre la lèvre. Sesshomaru venait d'appliquer une compresse d'eau bouillante sur une des coupures. Elle jeta un œil, constata qu'une des lacérations étaient longues, mais en effet, cela semblait plutôt bénin. Rapidement, le youkai essuya la zone qu'il venait de nettoyer et commença à mettre un nouveau bandage, beaucoup plus minimaliste que l'ancien, ce qui embarrassait Rin puisqu'à ce stade-ci, il n'avait plus le choix de regarder à peu près toute la peau exposée pout terminer la tâche.
Mais le moment le plus embarrassant fut sans doute lorsque Sesshomaru termina le bandage. Une des coupures se terminant en dessous de la poitrine, Rin sentit une main lui frôler la base d'un sein. Même Sesshomaru dut serrer les dents pour s'efforcer de ne pas penser à la dernière fois qu'il avait touché cet...endroit.
«…Je constate que tu as repris du poids», commenta-t-il, ce qui lui valut des yeux courroucés de Rin. Il pesta mentalement, réalisant tout juste qu'il venait de dire une bêtise.
«Je sais!»
«Ne pense pas que c'était un reproche», dit-il dans un effort pour se rattraper. «Je compare à lorsque nous étions à Okura. Tu n'avais que la peau et les os…»
«…J'étais très malade», se rappela Rin. «Mais je ne me rappelle pas vous avoir entendu dire que vous me trouviez maigre quand nous étions là-bas…Vous aviez dit que vous me trouviez…jolie?»
«…Tu l'es beaucoup plus aujourd'hui», poursuivit-il, comme s'il s'agissait du fait le plus banal au monde.
«Vous…vous croyez?», s'enquit Rin timidement. «Mais je…je dois perdre du poids!», continua-t-elle, ce qui lui mérita un regard qui ressemblait drôlement à de l'exaspération.
«Oh…je sais que j'ai une taille à peu près dans la moyenne…», commença Rin, mais l'irritation évidente dans les yeux d'ambre la forçait à aller droit à l'essentiel, ce qui la fit rougir davantage. «C'est…là…qu'est le problème», murmura-t-elle en pointant de ses yeux …ce qui se cachait sous ses bras. Sesshomaru n'en parut pas moins exaspéré.
«Est-ce une blague?», rétorqua-t-il.
«N-non! Je…elles ont dit que je suis faite comme une fille de joie!»
«Elles?»
«Et ils…»
«Ils?»
«Elles…je veux dire… les villageoises ont dit ça!», s'impatienta Rin, tandis que ses joues s'enflammaient. «Et et ils… —les villageois— me regardent parfois comme si j'en étais une!»
Rin vit Sesshomaru fermer les yeux et se croiser les bras, comme s'il n'avait jamais trouvé une question aussi déprimante.
«…J'ai…même porté un corsage hier…pour essayer de cacher…», admit Rin avec un soupir.
«Rin…une évidence m'a frappé hier, en arrivant dans ce village…Une évidence que j'avais malencontreusement oublié…», commença-t-il.
«Ah bon?»
«Je me suis premièrement rappelé à quel point les humains moyens empestent. Deuxièmement, à quel point ils sont tous des idiots et finalement, à quel point ils ont tous une allure grotesque. Et quand je parle d'humain…j'inclus le sexe féminin», rétorqua le youkai avec mépris. «Tu ne devrais pas écouter les…abominations qui osent te dénigrer. J'espère qu'aucun homme n'a osé engrosser de telles horreurs…», poursuivit-t-il, le dégoût évident dans sa voix.
«Mais, elles ne sont pas toute comme ça!», rétorqua Rin, un sourire amusé aux lèvres, devinant qu'il avait sans doute aperçu Tatame-san et ses sbires.
«Rin…j'ignore dans quelle région tu as vu le jour, mais tu ne viens pas d'ici. Tu n'es pas de leur espèce.», poursuivit-il avec certitude. Il ouvrit finalement les yeux, son flegme habituel avait reprit le dessus. «Tu es simplement attirante, tu devras t'y faire…»
Rin sourit timidement et s'approcha de lui. Elle blottit son visage contre son torse et l'enlaça tendrement. Sesshomaru ferma les yeux, lorsqu'il sentit son corps —de femme— contre le sien…rien pour calmer les ardeurs qu'il tentait de refouler depuis la veille.
«Intéressant…Il y a à peine quelques minutes, tu n'acceptais pas d'enlever ton yukata devant moi…Et à présent…»
«…Je sais…c'est idiot…», murmura Rin en levant la tête pour le regarder. «Je crois que je tire le diable par la queue, n'est-ce pas?»
«En effet…», chuchota-t-il tandis qu'il glissait une main dans le dos de Rin, profitant à peine de la situation. Il la sentit frissonner.
«Après tous ces mois de séparation…J'avais oublié pourquoi je me sens si bien avec vous…», débuta Rin, tout sourire. Elle baissa ensuite les yeux, capitulant à sa timidité. «Je dois admettre qu'encore aujourd'hui…Vous êtes intimidant avec vos allures… de roi. Mais j'oublie rapidement que je ne suis qu'une petite va nu pied humaine quand vous me faites sentir comme une…» Rin réfléchit un instant, tentant de trouver le mot juste. «Comme…une..»
«Reine?», tenta Sesshomaru, en balayant les cheveux foncés qui cachaient le visage de la jeune femme. Elle fixait le sol, ses joues étaient roses, ses lèvres tremblaient un peu, comme si elle était soudainement nerveuse.
«…J'allais dire princesse…mais je crois que reine… ça pourrait fonctionner aussi», chuchota-t-elle. Elle se décida finalement à lever la tête. «Mais…reine…c'est peut-être un peu fort…»
«Tu crois?», répondit-il, avec un regard indéchiffrable. «Je ne partage pas cet avis. Je trouve que « princesse » te convenait mieux quand tu étais petite. Désormais, tu es une femme majestueuse…comme une reine…»
Rin sourit timidement et fixa de nouveau le sol. Pourquoi cette conversation anodine la rendait si nerveuse? Pourquoi avait-elle l'impression que les mots du youkai étaient tous… sauf innocents? Essayait-il de lui dire quelque chose? Elle sentit sa main se poser sous son menton pour la forcer à le regarder.
«Rin…», souffla Sesshomaru, d'un murmure grave, à peine audible. Un murmure qui la faisait fondre. «Tu trembles…»
Rin poussa un rire timide et s'emmitoufla dans son yukata. «J'avais peut-être un peu froid…», murmura-t-elle. Ses yeux d'ambre étaient dans les siens, si perçants. Elle était intimidée et émerveillée, comme à chaque fois qu'il la regardait de cette façon. Elle était heureuse d'être assise. L'inverse fut vrai, elle aurait plongé tête première dans un précipice sans fin.
Sesshomaru était incapable de détacher ses yeux d'elles. Malgré les ecchymoses et les coupures, Rin était belle, terriblement, atrocement belle. Jour après jour, elle embellissait, il en était désormais persuadé. Pour lui, elle n'appartenait même plus à l'espèce humaine, sa beauté n'était tout simplement pas…humainement possible. Elle était autre chose…quelque chose de beaucoup plus grand et plus fort qu'un humain, beaucoup plus attirant que l'espèce youkai. Désormais…rien, ne pouvait plus l'égaler. Il la voulait, pour lui seul…à un point tel…que c'était devenu une obsession. Chaque minute passée près d'elle réussissait à le convaincre davantage qu'elle devait garder une place de choix auprès de lui, mais laquelle? Quelle place pouvait-il lui faire? Qu'était-il prêt à sacrifier?
Il ravala ses pensées démentes à l'aida à se relever. Il était maintenant temps pour Rin de s'habiller. Elle choisit un kimono de soie aux teintes d'or. Elle n'essaya même pas de chasser Sesshomaru. Ce dernier l'aida machinalement à s'habiller, s'abstenant du mieux qu'il le pouvait de la regarder… à un point tel qu'il n'avait même pas remarqué le sourire qui s'était dessiné sur les lèvres de la jeune femme. N'étant pas une idiote, elle avait compris qu'il n'était peut-être pas aussi nonchalant qu'il le laissait paraître. Elle se sentait désormais…beaucoup plus puissante.
Lorsqu'elle fut convenablement habillée, elle lui lança un regard de la tête au pied, un comportement plutôt inhabituel. Elle osait rarement le regarder de la sorte: les seules exceptions étant… ces fameuses nuits à son château et à Ôkura. Elle posa ses mains sur le col de Sesshomaru, afin de replacer ses habits, sans jamais mettre de côté le sourire qui avait prit forme sur ses lèvres.
«Qu'est-ce qui t'amuses, Rin?», s'enquit-il finalement avec un brin d'impatience.
«Le noir vous sied bien», répondit-elle mystérieusement.
Sesshomaru leva un sourcil, persuadé qu'il y avait autre chose.
Le sourire de la jeune femme s'élargit. Elle baissa les yeux, un peu gênée. Un pâle sourire se dessina ensuite sur les lèvres du youkai. Il savait quel effet il faisait à la gent féminine. Nombre de démonesses s'étaient comportées en femme fatale…sulfureuse, pour attirer son attention. Ce genre d'attitude n'avait plus d'effet sur lui.
C'était le sourire à la fois radieux et timide de Rin qui l'intéressait. Ses prunelles brillantes, sa beauté innocente, ses émotions toujours évidentes. Rin était ce qu'il n'avait jamais vu auparavant. Elle n'était pas — et ne serait sans doute jamais — ce genre de femmes fatales qui essaieraient de le dominer, de le posséder par des manigances quelconque, tout en cachant sa nature profonde. Un comportement typiquement youkai, quoi.
Non, Rin ne calcule pas la longueur de ses pas ni la pâleur de sa peau. Rin porte, certes, les plus beaux kimono, mais elle se promène nu pied comme une pauvresse, pour courir parmi les fleurs ou pour pêcher avec ses mains nues dans la rivière. Rin est à l'image de la nature qui l'a vu grandir. Sauvage, indomptable, époustouflante…Vraie. Sesshomaru savait qu'il ne trouverait jamais pareille femme parmi la monarchie youkai. Il ne trouverait jamais une femme qui exprime ce qu'elle ressent de la même façon que Rin…qui ose lui révéler, de temps à autre, son jardin secret sans crainte qu'il ne soit détruit par sa froideur et son indifférence.
Non, malgré les apparences, Rin sait qu'il n'est pas indifférent. Elle le connaît mieux que quiconque…lui aussi la connaît parfaitement. Le lien de confiance qui les unit est sans doute la chose que Sesshomaru chérit le plus au monde. C'est ce même lien de confiance, forgé par plusieurs années de camaraderies, qui l'a fait succomber pour elle. Il n'arrivait toujours pas à croire que lui…un homme…daiyoukai de surcroit, avait permis à cette petite pickpocket sans famille de devenir la femme qu'elle était aujourd'hui, celle qui pouvait transpercer son âme, sans doute la seule qui oserait préférer une vulgaire tenue de lin noir à ses habits de soie princier...Une preuve qu'elle se contrefichait de son statut ou de son espèce. Rin, la seule capable de percer le mystère de son indifférence, ne regarde et n'aime…que lui.
«Sesshomaru-sama?»
«Hm?»
«On dirait qu'il fait beau à l'extérieur maintenant», dit-elle en sautillant vers la sortie. Sesshomaru la rattrapa et la força à placer son bras sur son épaule, afin qu'elle garde l'équilibre.
«Est-ce que vous allez m'aider à cueillir les fruits?»
…
Le vent flottait allègrement dans la chevelure sombre de Rin…chaque brise lui remémorant qu'elle était aujourd'hui libre et heureuse. Bien sûr, elle se doutait que Sesshomaru ne pourrait lui tenir compagnie éternellement. Mais aujourd'hui, il était là, et c'est tout ce qui lui importait.
Le youkai la soulevait par la taille pour l'aider à attraper les fruits d'un néflier derrière sa hutte. Mais…même avec son bras étiré au maximum, elle n'arrivait pas à attraper les fruits les plus hauts perchés.
«…Je crois qu'il faudra laisser tomber ceux-là…», observa Rin, qui sentit Sesshomaru la poser sur le sol. Il regarda un instant vers la cime de l'arbre, qui n'était pourtant pas très grand.
«Normalement, j'aurais pu grimper, mais je ne crois pas que ce soit une bonne idée aujourd'hui!», s'exclama-t-elle.
Sesshomaru ne put s'empêcher de remarquer la mine déçue de Rin. Il fixa un instant l'horizon, et remarqua qu'un groupe de femmes le fixait. Ça y est…sa présence attirait déjà l'attention. Grâce au vent, il entendait une partie de leur conversation, et il n'aimait pas ce qu'il entendait. Il aurait souhaité pouvoir mettre fin à la vie de tous ces idiots qui parlaient de Rin, mais il savait que cette dernière n'approuverait pas. Il devait être plus malin…s'il souhaitait la ramener avec lui.
«…Il y a un autre moyen…», débuta-t-il, en se tournant de nouveau vers Rin. La jeune femme le vit poser un genou sur le sol.
«Vous…ne voulez quand même pas que je grimpe sur vos épaules?», s'enquit Rin, l'air amusé.
«Pourquoi pas?»
Rin jeta quelques regards furtifs autour d'elle.
«Oublie-les, Rin»
Suite à un haussement d'épaule, elle se résigna finalement à s'asseoir sur ses épaules. Elle sentit les mains du youkai se poser sur ses cuisses pour la retenir et il se releva d'un coup, comme si elle n'était qu'une plume.
«Ah voilà!», s'exclama-t-elle, constatant qu'aucune petite nèfle ne serait épargnée aujourd'hui. Elle entendit soudain des femmes parler à l'horizon. Elle tourna la tête et vit qu'un groupe s'était arrêté pour les regarder. Elle se contenta de les ignorer et de simplement cueillir les fruits. Rin soupira…elle en avait marre de ces sales mégères! Pas question qu'elle les laisse gâcher ses moments de quiétudes avec Sesshomaru.
Elle devait prendre le taureau par les cornes…
Lorsqu'elle eut terminé de cueillir les dernières nèfles, elle tourna de nouveau la tête vers le groupe. Elle les attaqua avec son plus beau sourire et leur envoya la main.
«Konnichi wa mesdames! Vous souhaitez vous joindre à nous?», cria-t-elle avec entrain.
Elle vit quelques-unes d'entre elles écarquiller les yeux et elles se décidèrent enfin à décamper en vitesse. Seul le bruit du vent rompait désormais le silence.
«…Bien joué, Rin…», souffla Sesshomaru en se penchant de nouveau pour que Rin se pose sur le sol. Elle se posa sur un pied, déposa son panier sur le sol et sautilla sur place pour se tourner vers Sesshomaru. Manquant un peu d'équilibre, elle posa ses mains sur ses épaules pour ne pas tomber par terre. Il eut le réflexe de mettre ses mains sur sa taille pour l'aider à se stabiliser.
«Ça va, je n'allais pas tomber…», souffla-t-elle.
«Je sais», rétorqua-t-il avec son éternelle indifférence.
«Alors…vous profitez de la situation?»
«Un peu»
Rin lui lança un sourire radieux en le regardant droit dans les yeux. Son regard d'ambre se balada sur son visage, comme s'il l'inspectait dans les moindres détails. Il glissa une main sur sa joue endolorie et la caressa doucement avec sa paume.
«Est-ce que cela fait mal?», s'enquit-il dans un murmure. Rin dut retenir un frisson d'extase…ses mains lui avait tellement manqué.
«N-non…presque pas», chuchota-t-elle. Elle sentit la chaleur envahir son visage quand elle le vit se pencher vers elle. Il lui infligea quelques doux baisers sur sa joue souffrante. La main qui était auparavant sur sa joue caressait dorénavant ses cheveux. Un soupir de volupté s'échappa des lèvres de Rin. Il la touchait à peine, mais elle ne voyait que des étoiles, la poussant à vouloir aller plus loin, malgré les regards indiscrets qui risquaient de la prendre en flagrant délit.
L'idée que Sesshomaru soit suffisamment vile pour provoquer volontairement les passants avec ses démonstrations d'affection traversa l'esprit de Rin…qui…malgré les envies de faire de même, se résigna à reprendre ses esprits.
«Sesshomaru-sama…c'est…une mauvaise idée…ici», réussit-elle à murmurer. Il stoppa ses baisers et se recula un peu, pour la regarder.
«Pour eux, tu es déjà coupable de tous les vices, pourquoi te soucies-tu de leur opinion?», rétorqua-t-il dans un murmure. Ses yeux étaient graves. Rin se sentit soudainement déçue. Il venait à peine d'arriver et il savait déjà tout ce qui se disait sur elle…
Rin entendit des bruits de pas, elle tourna la tête et vit quelques jeunes filles — probablement un ou deux ans plus jeunes qu'elle— passer par là. Elle remarqua quelques murmures surexcités, quelques regards ébahis vers Sesshomaru et quelques regards haineux vers elle. Elles accélérèrent subitement le pas lorsqu'elles se firent fusiller du regard par le youkai. Un sourire espiègle se dessina sur les lèvres de Rin.
«Celles-là étaient clairement jalouses», observa la jeune femme en les regardant s'éloigner. Soudainement, elle se sentait pleine de fierté. Était-ce là la réelle source de leur mépris?
«Elles ne valent pas mieux que le crétin qui chantait à ta fenêtre», rétorqua le youkai. Rin lui lança un regard surpris.
«Comment avez-vous su pour Ichiro?»
«Hm? Tu sembles préoccupée Rin…est-ce qu'il représente quelque chose pour toi?»
«Quoi? Bien sûr que non!», s'interloqua Rin, presque insultée. «Sa voix est encore plus horrible que celle de Jaken-sama!»
«…Hmmm …c'est ce que je pensais. Rin a des goûts plus raffinés», répliqua-t-il avec amusement. «Ne t'en fais…il devrait cesser de t'importuner»
«Qu'allez-vous lui faire?», s'inquiéta Rin.
«…Oh…rien du tout…s'il n'essaie pas de me provoquer…», lança-t-il d'un murmure grave en approchant de nouveau son visage de celui de Rin. Elle constata que son propre dos était désormais plaqué contre le néflier. Ils étaient à l'ombre de l'arbre…et Rin ne se souvenait pas à quel moment elle avait atterrie à cet endroit. Elle regarda les yeux d'ambre chargés d'envies obscurs contempler ses lèvres, pour ensuite monter vers ses yeux, mais soudainement, son attention quitta le visage de Rin et son expression devint glaciale. Comprenant qu'un intrus venait de briser leur intimité, Rin tourna la tête et reconnu le chef du village qui s'approchait d'eux, le même qui l'avait présentée devant la foule, la veille.
«Gomen no sai…Rin-chan et…», l'homme hésita.
«Maître Sesshomaru, seigneur de l'Ouest», rétorqua Sesshomaru sur un ton glacial. Rin dut se retenir un sourire, lorsqu'elle vit le pauvre homme rétrécir de quelques centimètres.
«…Go-gomen no sai…maître de l'Ouest», balbutia-t-il. «Je ne veux surtout pas vous déranger…»
Avant que Rin ne puisse répondre par une forme de politesse quelconque, Sesshomaru l'interrompit.
«C'est pourtant ce que vous venez de faire.», rétorqua-t-il sèchement.
«Go-me…»
«Arrêtez de vous excuser et dites ce que vous voulez», répliqua-t-il.
«…Je…». L'homme soupira. «Nous sommes honoré de votre présence…Sesshomaru-sama…Cependant, les villageois ne sont pas habitués à la présence de youkais dans le village…»
«Il y en a pourtant déjà quelques-uns»
«O-oui…Inu-Yasha et Shippo-sama…» Sesshomaru s'empêcha de grincer des dents lorsqu'il constata qu'Inu-Yasha se faisait prendre pour un pur sang. «Mais…nous n'avons pas accueilli de youkais de votre trempe depuis Inu-Taisho…»
«Mon père…oui…j'ai entendu parler du chaleureux accueil… », rétorqua Sesshomaru avec ironie.
«C'était…dans un village voisin…à ma connaissance», répondit le chef du village, mal à l'aise. «Peu importe…je voulais simplement vous aviser que l'attitude de certains pourraient être peu courtoise…Vous comprenez…les mêmes félins qui ont attaqué vos terres ont tué quelques villageois…quelques enfants. Certains pourraient vous en attribuer la responsabilité»
«…Je vois…», répliqua simplement le youkai, avec une voix dangereusement grave.
«Je vous demande simplement de les épargner, maître Sesshomaru…Certains d'entre eux sont persuadés que c'est Rin qui a attirés les félins ici…alors que c'est le Shikon no tama…et non elle…Certains sont intraitables…Veuillez les excuser…», continua l'homme en s'inclina honteusement, n'osant même plus regarder le regard mortel de Sesshomaru.
«…Je vais faire un marché avec vous…», débuta Sesshomaru avec mépris. «Je ne tuerai personne de ce village…»
Le chef leva la tête pour regarder son interlocuteur.
«…Mais je m'attends à ce que ces imbéciles laissent Rin tranquille. Si un seul d'entre eux ose la persécuter en ma présence… »
Le chef du village hocha la tête. «D'accord…d'accord! Je sais que certains sont malicieux envers Rin-chan…je vais essayer de les retenir!»
«Monsieur le maire?», s'enquit une voix féminine.
Rin fut soulagée de voir Sango et Miroku s'approcher d'eux.
«Quelque chose ne va pas?», s'enquit la femme, en posant une main sur son ventre rebondi.
«B…bien sûr que ça va! Allez, je vous laisse maintenant!», s'exclama-t-il, en prenant la poudre d'escampette. Sesshomaru le regardant s'éloigner comme s'il s'agissait d'une proie, ce que ne manqua pas de remarquer les deux nouveaux venus.
«…Il se comporte bizarrement, non?», s'enquit Miroku, en fixant le chef du village. «Qu'est-ce qui s'est passé?»
«Oh…la routine», débuta Rin qui essayait de minimiser la situation. «Le maire qui ne s'est pas mêlé de ses affaires…»
«Je ne crois pas qu'il recommence», dit Sesshomaru d'une voix dangereusement basse.
Sango et Miroku se lancèrent un regard complice. Comprenant que Sesshomaru était …légèrement colérique, il était préférable de ne pas parler de la dernière rumeur qui court…La rumeur selon laquelle il serait l'auteur des égratignures et des ecchymoses qui couvrent le corps de sa protégée!
Sango jeta un regard inquiet à Rin.
«Sango…je suis heureuse de voir que tu vas déjà mieux!», s'exclama Rin. «Je suis désolée de ne pas t'avoir visitée…»
«Oh ne t'en fais pas, Rin! Je n'ai eu que quelques contractions! Les hommes ont beaucoup plus paniqué que moi!», s'exclama-t-elle d'un ton réconfortant. «C'est à moi de m'inquiéter pour toi! Regarde ce vilain bleu sur ton visage…je vais t'aider à le cacher…Et ta jambe, est-ce qu'elle va mieux?»
«Et bien…elle n'est plus enflée, mais elle me fait encore un peu mal…Je crois que ça devrait aller dans un jour ou deux!»
«Ah…je me sens si responsable!», s'exclama Sango, l'air penaude. «Allez viens! Je connais une façon de soulager ta cheville!»
…
Sesshomaru regarda les deux femmes discuter du coin de l'œil. Il savait que Rin était heureuse de parler à l'exterminatrice, il souhaitait donc leur laisser un moment de quiétude. Il feignait d'être occupé par l'écriture d'une lettre destinée à ses vassaux, afin de leur dicter les étapes à suivre pour la préparation des célébrations qui arrivaient à grands pas. C'était en réalité, un prétexte pour observer la façon dont Rin se comportait au quotidien.
Ce qui s'avérait être une technique hautement biaisée…
L'exterminatrice lui avait rapporté que Rin était fort malheureuse en son absence, ce qui était complètement l'inverse aujourd'hui. À vrai dire, il n'avait pas vu une telle joie en elle depuis leurs entrainements quotidiens, avant de partir pour le Nord. Connaissant Rin, il savait que cela était probablement attribuable à sa présence.
«Il y a quelques années, moi-aussi, j'aimais observer Sango sans qu'elle ne le sache…».
Sesshomaru tourna la tête et sembla remarquer pour la première fois la présence de Miroku, à la même table que lui, qui se désennuyait en sirotant un thé. Le youkai baissa nonchalamment les yeux vers sa lettre.
«Rin sait que je la regarde», répondit Sesshomaru, d'une voix assez basse pour passer inaperçu auprès des deux dames. Miroku tourna la tête subtilement, et vit Rin jeter un coup d'œil furtif à Sesshomaru. Un léger sourire de satisfaction sembla se dessiner sur ses lèvres quand elle remarqua que Sesshomaru l'épiait secrètement, mais elle poursuivit sa conversation avec Sango, comme si de rien n'était.
«Intéressant…Sango n'était pas aussi enthousiaste quand elle me remarquait…»
«Rin a toujours aimé avoir mon attention», rétorqua le youkai en retournant à ses paperasses, armé de sa monotonie habituelle. La présence du moine ne l'énervait pas. Il n'était pas un imbécile, comme le hanyou, et il était beaucoup moins bruyant. Il essaya une question.
«...Était-elle aussi joyeuse avant mon arrivée?»
Miroku jeta un autre regard de biais à Rin.
«Non…Son regard était vide et distant. Sa bonne humeur était polie uniquement.»
«Hmph…» Une réponse claire, Sesshomaru était satisfait. «…C'est ce que je croyais…»
Miroku posa sa tasse de thé un instant. Une question lui brûlait les lèvres, et le youkai semblait de meilleur humeur qu'à l'accoutumée. Peut-être est-ce simplement attribuable à l'absence d'Inu-Yasha?
Peu importe, même s'il craignait hautement la réaction de son interlocuteur, Miroku se lança.
«À votre avis, quelle était la cause de sa tristesse?»
Sesshomaru s'arrêta d'écrire. La question l'avait pris par surprise.
Il n'avait aucune idée comment il pouvait répondre à cette question. Il ne voyait pas l'intérêt d'y répondre non plus.
Miroku sembla lire ses pensées et n'attendit plus la réponse.
«Aussi ironique que cela puisse paraître, Rin se préoccupe grandement de mon sort…À un point tel qu'elle se fiche du sien», débuta Sesshomaru. Miroku le vit tourner la tête vers la fenêtre. Il était assez clairvoyant pour remarquer la lassitude qui envahissait le visage du youkai. «Un sacrifice futile et malheureux, je dois l'admettre…»
Miroku se retint d'écarquiller les yeux. Que Rin soit prête à sacrifier son bonheur pour Sesshomaru ne le surprenait pas, c'était la deuxième partie de sa phrase qu'il n'arrivait pas à assimiler.
Un sacrifice futile et malheureux, je dois l'admettre…
C'était plus qu'une simple désapprobation, c'était un aveu.
Si Sesshomaru n'était pas d'accord avec le choix de Rin, c'est nécessairement parce qu'il la voulait près de lui.
Jusqu'où irait-il pour servir ce désir?
…
« Dès que ton pied ira un peu mieux, nous allons célébrer ta merveilleuse performance du festival des moissons!», s'exclama joyeusement Sango, qui s'apprêtait à quitter la hutte de Rin.
«Oh, ne t'en met pas trop sur les épaules Sango! Tu dois te reposer!»
«Non, j'insiste. Je vous invite cordialement à dîner! Disons…dans trois jours?»
«Tu ne me laisseras pas refuser, n'est-ce pas ?», s'enquit Rin avec un sourire en coin.
«Non!»
«Très bien alors, nous viendrons chez toi dans trois jours. Mais je me ferai un devoir de t'aider!», rétorqua Rin.
«C'est un marché! À bientôt!»
Sesshomaru regarda le couple s'éloigner, non sans ressentir un certain inconfort. Rin avait fait l'usage du « nous », ce qui incluait nécessairement « lui »…ce qui le forcerait à supporter un dîner, probablement avec la présence du hanyou, de surcroit.
Il aurait aimé se défiler, mais ce n'était pas le moment, pas maintenant.
Non, il devait mettre les bouchés doubles pour arriver à ses fins.
…Fin de chapitre…
…Et le dîner au prochain chapitre! Ce ne sera pas aussi long que la dernière fois…ça prendra au plus quelques jours pour la suite!
Les commentaires persos suivront au prochain chapitre, promis!
