A/N : Bon…ce chapitre-là était comme une patate chaude. Fallait que je vous le lance, au plus vite…je n'aime pas vous faire attendre…48 heures après ma dernière mise à jour, je bats un records :P (bon bon, c'est vrai que j'ai triché un peu, il était déjà écrit après tout :P)

Attention, même si j'ai réussi à éviter tous les mots tabous lors de la fameuse scène…il y a un lemon plutôt explicite à la fin…Âmes sensibles, vous êtes officiellement prévenues.

Réponse au reviews!

Lyade Kanda : Merci beaucoup! :) J'espère que tu apprécieras autant la suite!

Serleena : Haha…j'aime bien ton bashing d'humains XD En effet, Sesshy fera de son mieux pour convaincre Rin…d'ailleurs cette petite sera de bonne humeur dans ce chapitre aussi ;) Merci pour tes reviews!

Cynthia : En effet, j'ai eu envie de faire cette scène là aussi (genre, dans le chap. 25 : Rin abandonne sa chanson et court vers Sesshy) mais je suis sadique, j'aime pas ça quand mes persos l'ont trop facile ;P En effet, l'engueulade était pas si mal en fin de compte, j'avoue l'avoir un peu dilué car Sesshy devenait trop OOC (et la première version était vachement pas marrante 0_o) J'étais pas d'humeur à ça, j'aime mieux exploiter Sesshy en tant que séducteur, c'est beaucoup plus amusant XD Je crois que cette version là, on voudrait toutes l'avoir pour Noël :P Allez, merci pour tes comm ;)

Kagome78 : Haha, contente de voir que tu as aimé le 25…mais sincèrement désolé d'avoir pris autant de temps pour le 26 :( J'ai vu tous tes comm et je me sentais un peu mal de pas pouvoir updater (l'inspiration venait pas!) Mais là au moins je me rattrape pour cette partie, tu as même pas eu le temps de protester à cause de ma lenteur :P J'espère que tu apprécieras autant cette suite! Merci pour tes (multiples) comm :) Je vais tâcher de m'autodiscipliner un peu plus pour le prochain chapitre.

Claa : Heureuse de voir que tu es toujours là :) Ça me touche beaucoup de savoir que ma fic est une de tes préférées, j'y verse beaucoup de temps, vois-tu :P C'est pas grave si tu ne commente pas souvent…je dois avouer que moi-même je suis une revieweuse un peu lâche avec les fics que je suis (je commente genre une fois à tous les 10 chapitres X)) Bref, saches que j'apprécie le fais que tu lises toujours cette fic, que tu l'aimes toujours autant, et que tu laisses un comm quand tu as le temps :)

Fleur-fane : Contente de voir que tu apprécies toujours :) Malheureusement…j'imagine qu'il doit rester plusieurs coquilles, même après mes corrections, sans logiciel pour m'aider, c'est plutôt difficile de toutes les intercepter (je suis trop pauvre pour m'acheter Antidote X)) Mais bon, on fait ce qu'on peut avec ce qu'on a… Ah et si tu as toujours besoin d'aide pour tes propres histoires, mon offre tient toujours :)

Anae : Haha, je suis flattée de savoir que la première chose que tu aies faites était de vérifier si j'avais fait la suite après ton retour sur la grande toile :P Je sais qu'une fois de plus, j'ai été plutôt cruelle avec la pauvre Rin dans le chapitre 25. Je suis désolé que ça te rappelle de mauvais souvenirs ^^' C'est triste qu'il n'y ait pas eu un mec canon pour te réconforter pendant ta convalescence….dommage qu'il n'y ait pas de Sesshy qui se commande par Internet, je crois qu'on s'en achèterait toute un XD Bon bon, retour aux choses sérieuses, disons que si Rin et Sesshy ont fait preuve de self control lors du dernier chapitre, ce ne sera peut-être pas le cas cette fois-ci 0_o

L'horloge, partie 2

Les trois derniers jours se sont écoulés comme un long fleuve tranquille. Rin prenant constamment du mieux, Sesshomaru faisant son possible pour refouler ses…instincts.

Il n'était pas idiot. Il avait lu entre les lignes, Rin avait eu de nombreuses occasions de lui signifier qu'elle voulait être près de lui. Sa façon de lui sourire, de se mettre belle, son parfum plus ensorcelant que jamais…

Mais il ne voulait surtout pas…et n'ALLAIT surtout pas, céder à ses besoins les plus primaires. Pas ici, du moins.

Même s'il n'osait pas l'admettre à sa protégée, il était profondément dégoûté par toute cette proximité humaine, qui était littéralement en train de le rendre fou. Le fait de se savoir observé lui donnait envie de provoquer ces satanés villageois, mais il s'était rapidement tanné de ce jeu, réalisant que cela ne faisait qu'empirer les cancans duquel Rin était victime.

Après plusieurs jours de neutralité et de chaste retenue, il dû réaliser que malheureusement…la situation ne s'améliorait pas.

Rien…ne pouvait mettre à bout les sales mégères qui ont décidé de pourrir la vie de sa protégée.

Maintenant, il était plus que persuadé qu'il devait sortir Rin de ce village. Même Izayoi n'avait pas été victime d'un tel mépris lorsqu'elle fréquentait Inu-Taisho…du moins…jusqu'à ce qu'elle tombe enceinte. Sesshomaru ne préféra même pas penser ce qui arriverait à Rin si elle devait porter son enfant.

Le youkai avait l'impression d'être dans une impasse. Il n'avait même pas eu l'occasion de discuter avec Rin de la suite des choses…

Ou plutôt, il n'en avait pas eu le courage.

Peut-être était-il préférable qu'il s'assure simplement de mettre Rin enceinte? Si sa sécurité était compromise à cause d'un hanyou, elle accepterait sûrement de revenir avec lui sur les Terres de l'Ouest?

Cette issue serait peut-être…plus facile que ce qu'il s'apprêtait à faire.

«Hey! Sesshomaru!», s'exclama un voix rauque. Le youkai grinça des dents. Il leva les yeux vers son demi-frère. Génial, cela faisait à peine une heure que Rin et lui étaient arrivés dans la maison de l'exterminatrice et du prêtre, et Inu-Yasha était déjà à moitié bourré.

«Pourquoi tu fais cette tête? C'est une fête! Pas un enterrement!», s'indigna Inu-Yasha, en lui tendant un verre de saké.

«Oh, laisse-le tranquille, Inu-Yasha», répondit Rin, de la cuisine.

«Cesse de suivre leur conversation de loin et va les rejoindre!», l'interrompit Sango, dans la même pièce qu'elle.

«Mais…»

«Tu m'as assez aidé, n'oublies pas que tu es une invitée! Allez va!»

Sesshomaru se résigna à prendre le verre que le hanyou lui tendait avec insistance, fixant le liquide avec une mine exaspéré. Il ne se rappelait même plus de la dernière fois qu'il avait ingurgité ce type de boisson. Cela devait faire au moins un siècle!

De tous les alcools, le saké était celui qu'il haïssait le plus. Pour une raison qu'il ignorait, cet alcool avait toujours eu un effet vicieux sur lui, plus que n'importe quelle autre boisson…Décidant de camoufler ses appréhensions (et pour satisfaire son orgueil), il cala le verre d'un trait. Qui sait, peut-être était-ce la recette magique qui lui permettrait d'amorcer son opération de séduction? Il lança un regard méprisant au verre vide.

«Qu'est-ce que c'est, de l'eau peut-être?», s'enquit-il. Inu-Yasha le fusilla du regard.

«Je ne savais pas que vous buviez de l'alcool, Sesshomaru-sama…», s'enquit Rin avec une mine médusée, tandis qu'elle s'assoyait à côté de lui.

«Je bois seulement de l'alcool à toute fin pratique. Le shochu par exemple, endort la douleur rapidement après un combat difficile, ou réchauffe par temps froids...Contrairement au saké, souvent utilisé abusivement par des alcooliques notoires…»

«Le shochu, c'est pas achetable!», grommela Inu-Yasha, qui cala un autre verre de saké.

«C'est curieux, je ne vous ai jamais vu en boire…», poursuivit Rin. «Je ne sais même pas ce que sait, le…shochu…»

«Tu crois?», s'enquit Sesshomaru avec une étincelle d'amusement dans les yeux. «Tu en a bu toi-même…»

«Quoi? Rin? Celle à qui il faut tordre le bras pour qu'elle avale une goûte de saké?», s'enquit Inu-Yasha en lui tendant un verre. Rin le prit et le posa sur la table, prenant note de ne pas faire comme la dernière fois qu'elle avait bu.

«…Je ne me rappelle pas avoir bu du shochu», répondit Rin.

«Je parle de cette nuit froide au château, tu t'étais égarée dehors…», expliqua Sesshomaru.

Un sourire en coin se dessina sur les lèvres de la jeune femme. «Égarée par une nuit froide…», Sesshomaru avait utilisé des termes politiquement corrects pour lui rappeler cette fameuse fois où elle s'était jetée dehors en pleine tempête automnale, complètement saoule et essayant de fuir le château parce qu'elle croyait être un fardeau pour lui. Elle se rappela son premier baiser, leur moment devant le foyer…et un verre rempli d'une boisson qui s'apparentait à de l'acide…

«Ah oui…je me souviens maintenant», répliqua Rin, en lançant un regard complice à son interlocuteur.

«On veut savoir!», s'exclama Shippo.

«Ce qui s'est passé à l'Ouest…reste à l'Ouest», répondit Rin mystérieusement, en trempant ses lèvres dans son propre verre.

«…Tu m'as reproché de faire boire Rin…mais t'es pas mieux que moi, on dirait!», s'exclama Inu-Yasha.

«Ne m'abaisse pas à ton niveau, hanyou. Mes intentions étaient bonnes…»

«Keh! Ouais…bonnes intentions…je me rappelle surtout du résultat»

Rin vira à l'écarlate et fixa son verre, tandis que Sesshomaru fusilla Inu-Yasha du regard, préférant garder le silence. Il ne voulait surtout pas donner l'occasion au bâtard de rappeler d'autres événements de cette mémorable soirée. Après tout, il ignorait ce que les amis de Rin savaient réellement de leur relation…

«Et bien!», s'exclama Shippo «À voir la tête de Rin, je dirais qu'Inu-Yasha vient de dire une connerie! Je crois que si Kagome avait été là…elle aurait profité de l'occasion pour dire…»

«OSUWARI!», cria Rin. Comme prévu, Inu-Yasha s'écrasa sur le sol.

«Quoi? T'es capable de faire ça toi-aussi?», s'interloqua Shippo. «C'est génial!»

«L'esprit de Kagome me protège!», s'exclama Rin, victorieuse.

«Alors, je crois que le temps est opportun!», s'exclama Miroku. «Je lève mon verre…à Kagome!»

«À Kagome!», s'exclamèrent tous les autres à l'unisson, faisant cogner leur verres les uns contre les autres.

Rin fut heureuse de voir que même Sesshomaru avait participé à cette tradition qu'elle croyait typiquement humaine. Il cogna le verre de Rin en dernier, la laissant entrevoir son sourire discret.

Bon…c'était sans doute parce qu'Inu-Yasha venait de subir une raclée…

«À Kagomééé!», s'exclama une petite voix. Rin tourna la tête et aperçut Yuki, que Miroku venait tout juste de prendre dans ses bras.

«Oh! Je l'ai laissé s'échapper de la cuisine!», s'exclama Sango.

«T'en fais pas, je m'en occupe! Tu es déjà assez occupée comme ça!», s'exclama son mari.

«Non! Laisse! C'est ma fille!», s'exclama Inu-Yasha.

«Yasha-papa-sama!», gazouilla la fillette quand elle entendit la voix de son père.

«Ohhhh…elle mélange ses mots…c'est si mignon!», s'exclama Rin. «Je veux la prendre!»

«Bon…Rin ça va… Mais toi Miroku, lâche ma fille!»

«Pourquoi?», s'enquit le moine en levant un sourcil.

«T'es pas une autorité parentale acceptable pour Yuki!»

«À ce que je saches, je me suis occupée d'elle avec Sango pendant plusieurs mois…»

«Bah…c'était surtout Sango et moi!», rétorqua Shippo. «Toi, tu purifiais les maisons du village d'à côté et tu laissais les dames flirter…»

«Pfff, balivernes», rétorqua Miroku en donnant la fillette à Rin. «Je m'assurais simplement d'accumuler assez d'argent pour faire vivre ma future famille! Je suis votre cible favorite, avouez-le!», se plaint-t-il avec une mine faussement penaude.

«Nan…le favori, c'est Inu-Yasha!»

«Oh ta gueule Shippo!», s'énerva le hanyou.

Le cafouillage se poursuivit encore, mais Sesshomaru n'y prêta plus attention. Il fixait désormais Rin qui dorlotait l'enfant du hanyou et de la miko.

«Oh…elle si belle cette petite fille…Et comment s'appelle-t-elle, la petite fille?», s'enquit Rin, tout sourire.

«Yuuuu…yuki!»

«C'est ça, bravo!», s'exclama Rin, toute joyeuse.

Pour un être aussi impur, elle était plutôt mignonne, Sesshomaru devait le concéder. Elle avait de grands yeux marron —un héritage de sa mère— et des cheveux argentés frôlaient ses petites épaules. Ses cheveux étaient un peu plus foncés que ceux d'Inu-Yasha, comme si les cheveux noirs d'ébène de Kagome avaient un petit rôle à jouer dans l'adéquation. La petite fille ne cessait de rire, tandis que Rin jouait avec elle.

Sesshomaru dû en conclure que Rin avait l'instinct maternel profondément ancré en elle.

Le youkai ressentit soudain une vague de jalousie. Avec ses cheveux argentés, il avait presque l'impression que Rin ne tenait pas l'enfant d'Inu-Yasha, mais bien le sien…Le leur? Pendant une fraction de seconde, il avait souhaité que ce soit le leur. Rin tourna la tête vers lui, elle venait tout juste de remarquer la façon dont il la regardait.

«Elle est belle, n'est-ce pas?», s'enquit Rin.

«Visiblement chanceuse, considérant qui est son père…»

«Vous voulez la prendre?», demanda Rin, avec un sourire en coin. Elle crut lire de l'appréhension dans les yeux du youkai, mais elle n'y prêta guère attention et tendit l'enfant vers lui, pour le forcer à la prendre.

Il se résigna donc à prendre le poupon — un peu maladroitement, c'était quand même une première— Rin rectifia légèrement sa posture pour que la petite soit solidement blottie contre lui. Elle regarda Sesshomaru avec amusement, constatant que les youkais les plus féroces ne le faisait pas broncher, mais qu'une petite enfant semblait le mettre dans tous ses états. Il était clairement tendu, l'anxiété presque visible dans ses yeux.

Sesshomaru s'attendait évidemment à un drame…ou bien il échapperait l'enfant, ou bien elle allait nécessairement éclater en sanglot dans ses bras…Mais le pire n'arriva jamais.

Yuki fixa Sesshomaru droit dans les yeux avec une dévorante curiosité. La petite tendit une main grassouillette vers une mèche de cheveux du youkai qui resplendissait dans la lumière, et la caressa comme si elle n'avait rien vu d'aussi merveilleux de sa courte vie.

Même avec un sang youkai hautement dilué, la petite était adorable. Sesshomaru grommela intérieurement. Il ne s'était jamais imaginé que de tenir un enfant dans ses bras pouvait être une chose agréable. L'envie d'un héritier devenait soudainement de plus en plus pressante.

Inu-Yasha ne put s'empêcher de les regarder d'un air confus. Il ne trouva même pas de réplique acerbe à lancer à son demi-frère. Sesshomaru remarqua toutefois que le hanyou le fixait.

«Je ne vais pas la tuer», rétorqua-t-il.

«J'ai cru remarquer…D'ailleurs, à voir la tête que tu fais, on jurerait que tu rêves d'avoir le tien!»

Sesshomaru lui lança des yeux ennuyés et redonna l'enfant à Rin, la petite sembla légèrement déçue de ne plus pouvoir toucher à la merveilleuse chevelure. Le youkai resta silencieux.

«Avoue-le…l'horloge biologique te rattrape!», continua Inu-Yasha.

«Horloge biologique?», s'enquit Rin.

«Le moment où un individu ressent le besoin d'avoir une descendance», expliqua Miroku. «L'âge varie d'une personne à l'autre. Pour moi…c'est arrivé très tôt. Pour Sango, ce fut beaucoup plus long!», lança Miroku la rigolade.

Rin sembla songeuse un instant. «Vous…vous avez hâte d'avoir votre héritier, Sesshomaru-sama?»

«…Disons simplement que les multiples dangers que nous avons rencontré au Nord m'ont fait comprendre la nécessité d'avoir une descendance…»

«…tu parlais de la fois où tu es mort pour vrai?», lança Inu-Yasha

«Ferme-la, hanyou», rétorqua Sesshomaru abruptement, en calant un autre verre de saké. Rin sursauta légèrement, toujours surprise de voir à quel point Sesshomaru perd patience aussi facilement avec son frère.

«Mais Sesshomaru-sama…Pour avoir un héritier, il faut un homme…et une femme», murmura Rin avec un sourire en coin. Sesshomaru lui lança un regard de biais, essayait-elle de lui tendre un piège? De le lancer dans les bras d'une autre encore une fois?

«Ouais! Trouve-toi donc une gonzzzesse démonesssse, si c'est ce que tu veux», rétorqua Inu-Yasha, qui commençait à être dans un état d'intoxication avancé.

«Pourquoi une gonzesse démonesse? Il y a Rin!», s'exclama Miroku, un large sourire aux lèvres.

Sesshomaru sembla pris par surprise et lança un regard perçant à Miroku. Tout d'un coup, le moine craignait de se faire trancher la gorge…

«Miroku, t'es malade? Lui…avoir un hanyou?», rétorqua Inu-Yasha, vulgarisant du même coup les pensées silencieuses de Rin.

Soudainement, le youkai leva sa coupe d'une main plus ou moins stable, en direction du moine.

«Je lève mon verre à lui là-bas…C'est le seul qui a compris»

Sur ce, Miroku, Sesshomaru et Shippo éclatèrent de rire. Rin écarquilla les yeux tandis qu'elle fixait l'homme à côté d'elle. C'était la première qu'elle l'entendait rire sans aucune note d'ironie. Sa voix claironnait avec celle des autres, sincère, chaleureuse? Décidément, il y avait encore beaucoup de choses qu'elle ne savait pas de lui…et de ses facultés émotionnelles. Rin se contenta de sourire poliment et porta de nouveau son verre à ses lèvres. Troublée à la fois par ce qu'elle venait d'entendre et par le fais que Sesshomaru venait de rire…Quelque chose clochait…

Inu-Yasha eut un sourire espiègle tandis qu'il remplissait de nouveau la coupe du youkai. Il fit un clin d'œil à Rin.

«Et alors…suis-je le seul à être bourré?»

«Tu es diabolique, Inu-Yasha…»

«Et voilà le travail!», s'exclama Sango qui commençait à apporter les multiples plats à la table. Rin se leva d'un bond pour l'aider, se dirigeant à pas hâtifs vers la cuisine.

«Ton « ami » s'amuse on dirait?», murmura Sango en lançant un sourire amusé à Rin.

«Je ne savais pas que les youkais pouvait être ivres!», rétorqua Rin avec agacement.

«Moi ce que je vois surtout, c'est qu'il fait beaucoup d'effort pour toi», répliqua Sango. «Il n'est peut-être pas si ivre, tu sais? Il profite peut-être simplement de l'ambiance festive pour t'envoyer des petits messages?», dit-elle en lançant un clin d'œil à Rin.

«Mais…»

«Ne commence pas. Allez, va t'asseoir», la coupa Sango, qui se doutait que Rin allait débuter un long argumentaire concernant le fait que les youkais ne pouvaient pas mêler leur sang à celui des humains, et que de ce fait même, les blagues de Sesshomaru n'avait nécessairement aucune incidence sur la réalité.

Rin soupira et retourna à sa place. Elle vit Sesshomaru jeter un œil furtif à l'assiette devant lui. Elle ne put s'empêcher de sourire, se demandant comment il allait réagir.

«Hum, Rin?», s'enquit Inu-Yasha.

«Oui?»

«Pourquoi tu lui a donné une assiette? Tu sais qu'il bien trop snobinard pour ça…»

«Cesse tes idioties Inu-Yasha. Je ne mange pas de nourriture humaine uniquement parce que les youkais doivent manger des viandes immortelles pour assurer leur longévité…»

«N'importe quoi ce baratin! Je bouffe la même chose que les humais depuis ma naissance, et j'ai au-dessus de soixante ans! Est-ce que tu trouves que j'ai l'air vieux?», pouffa Inu-Yasha. «T'es qu'un snobinard difficile, voilà tout»

«Imbécile…», murmura Sesshomaru. «Tu ne comprends rien à la culture youkai»

«Ah tiens, on est rendu dans le culturel? Je croyais que tes raisons étaient strictement biologiques?», le relança Inu-Yasha, avec un mélange d'amusement et de cynisme.

Rin regarda les deux frères Inu avec embarras. Tout le monde était désormais assis et prêt à débuter le repas. Même si Shippo, Miroku et Sango avaient l'air amusés, la situation devenait franchement embarrassante…

«Vous n'êtes pas obligé de manger, Sesshomaru-sama…»

Il lança un regard indigné à Rin.

«Non Rin, je sais que tu as participé activement à ce festin, et tu serais maussade si je faisais preuve d'un tel enfantillage. De plus, refuser un tel repas serait insultant pour les hôtes»

«Il est poli!», murmura Sango à Miroku. Rin en fut irritée.

Depuis quand se soucie-t-il des…hôtes? Sesshomaru…où es-il passé?, s'inquiéta Rin.

«Mais vous n'êtes pas obligé…»

«J'insiste.» Le ton du youkai ne laissait plus de place à la contestation.

«Mais c'est quoi ce protocole, tu te crois en mission diplomatique?», rétorqua Inu-Yasha, résumant tout haut une fois de plus ce que Rin pensait tout bas.

«Non. Je fais simplement preuve de bienséance…», débuta Sesshomaru en prenant ses baguettes. Il saisit une imposante bouchée. «Tu vois cette nourriture, Inu-Yasha? Cette nourriture d'humains?», s'enquit-il.

«Tu n'en seras pas capable…»

Sesshomaru fourra tout ce qu'il y avait entre ses baguettes dans sa bouche. Rin le regarda nerveusement, et Inu-Yasha avec intérêt. Les premières mastications du youkais semblèrent un peu hésitantes, — Rin crut pendant une seconde qu'il allait tout cracher — mais il fronça ensuite les sourcils et regarda son assiette. Avec moins d'hésitation, il prit une autre bouchée et y goûta de nouveau.

«Ça alors…j'y crois pas…», murmura Inu-Yasha.

La viande était inconnue, mais…Sesshomaru avait cette drôle d'impression…

«…C'est drôle…Le goût m'est plutôt familier», observa-t-il.

«Ah bon?», s'enquit Rin, tout sourire.

«Tu t'es inspirée d'une recette de Gladys, n'est-ce pas?»

Le sourire de Rin s'élargit. «Elle m'a dit que c'était une de vos préférés…Le mélange de mandarine, de poivre et de gingembre…»

«Oh…alors c'est de là que vient la recette…», pensa Sango tout haut.

«Moi-aussi j'aime bien!», observa Shippo.

Inu-Yasha était silencieux et s'empiffrait déjà.

«Ah cette sacrée Rin! Elle est bonne à marier!», s'exclama Miroku, donnant un coup de coude à son épouse.

«Miroku! Pense à Sango! C'est elle qui a fait la plus grosse partie du repas!», s'exclama Rin.

«Levons nos verres aux instigatrices de ce festin», commenta Sesshomaru, de nouveau en mode diplomatie.

Le sourire de Rin était désormais radieux. Elle commençait réellement à croire à la théorie d'Inu-Yasha. Si Sesshomaru se comporte réellement de la sorte lorsqu'il est en visite dans d'autres contrées, cela expliquerait pourquoi il est aussi rarement en conflit avec les autres seigneurs youkais.

«À Sango et à Rin, alors!», s'exclama Miroku, lui aussi de plus en plus joyeux à cause de l'abus de saké. Ils trinquèrent à l'unisson, Sango étant la seule épargnée du supplice. Même Rin, malgré toutes les précautions, commençait à en ressentir les effets.

«Un bisou pour toi, ma chérie!», s'exclama Miroku, en embrassant sa bien-aimée. Sango rompit le baiser après quelques secondes.

«Tu empeste l'alcool», rétorquant-elle avec dégoût. Inu-Yasha et Shippo rirent bruyamment, mais Miroku les ignora.

«Allez, l'autre instigatrice mérite aussi sa part, n'est-ce pas?»

«Sa part?», répéta Rin timidement.

«Un baiser, bien sûr!», rétorqua Miroku.

«Tu compte l'embrasser?», s'enquit Sango, en haussant un sourcil.

«Bien sûr que non! Je laisse le privilège à l'invité d'honneur!»

Rin tourna la tête vers Sesshomaru avec embarras, et remarqua qu'il était…du moins…semblait complètement absorbé par son assiette. Il resta silencieux. Rin eut cette drôle d'impression qu'il avait pourtant très bien entendu.

Miroku se racla la gorge. Sesshomaru resta silencieux.

«Hum…Sesshomaru-sama?»

Il leva la tête, feignant d'être surpris. Rin dut retenir un rire. Sesshomaru…surpris? Elle était désormais persuadée qu'il jouait la comédie. Mais elle ne comprenait pas pourquoi…depuis quand se souciait-il de l'image qu'il projette?

Elle aurait pu comprendre s'il avait été froid comme à son habitude, et même belliqueux, il s'était déjà battu à de nombreuses reprises contre eux après tout, et elle savait très bien que Sesshomaru a la mémoire longue. Peut-être essayait-il simplement d'éviter qu'elle soit plongée dans l'embarras?

Faisait-il tous ces efforts uniquement pour lui faire plaisir? Pour qu'elle puisse profiter pleinement de cette soirée?

Rin ressentit soudain une vague très forte de reconnaissance et d'affection pour lui. Jamais elle ne s'était imaginée qu'il était capable de marcher aussi allègrement sur son orgueil pour elle.

«Je viens de vous interpeller…afin que vous remerciez Rin pour sa contribution à ce repas», reprit Miroku, avec un doute dans sa voix.

«N'est-ce pas ce que nous venons de faire?», rétorqua le youkai. Rin camoufla son sourire dans sa coupe de saké. Maintenant…il jouait les imbéciles…en plus…

«Oui, mais les remerciements ne seraient pas complets sans un baiser en bonne et due forme aux principales intéressées», expliqua Miroku. Sesshomaru battit des paupières, feignant un peu plus d'imbécillité. «Je vous laisse l'honneur pour Rin», termina Miroku avec espièglerie, se doutant désormais de quelque chose.

«…C'est une espèce de coutume humaine?», s'enquit Sesshomaru.

«C'est exact», rétorqua Miroku.

Rin jura qu'elle vit un éclair de colère traverser le regard du youkai, probablement parce que Miroku venait littéralement de le mettre au pied du mur, il n'avait pu le choix. Et Dieu sait que Sesshomaru déteste être témoin d'une démonstration publique d'affection, et encore plus d'en être l'instigateur…Rin en était persuadée, suite à ces trois longs jours d'abstinence complète. Sesshomaru avait essayé d'ignorer le regard des autres au début, mais elle le savait désormais incapable. Le mystère qui entourait son personnage et sa relation avec Rin était une chasse gardée qu'il souhaitait préserver.

Il se décida finalement à se tourner vers Rin, l'air (faussement) grave.

«Cette dame me le permet-elle?», s'enquit-il solennellement.

«…C'est un peu gênant…devant tout le monde», lança Rin, qui prenait quelques couleurs.

«Tu n'es pas obligée, Rin», rassura Sango.

«Oh allez! On se doute que c'est pas votre première fois!», s'exclama joyeusement Shippo.

«Vraiment pas…la première fois», rectifia Inu-Yasha.

«Bon…d'accord», balbutia Rin. «Mais vous allez nous laisser tranquilles après?»

«C'est une promesse», dit Miroku avec un sourire victorieux.

Rin se tourna alors vers Sesshomaru, et eut cette drôle d'impression qu'il mourrait d'envie de trancher la gorge de Miroku, mais il se ressaisit en quelques fractions de seconde et tourna la tête vers elle.

Rin n'osa pas s'approcher, Sesshomaru non plus. Son air songeur laissant supposer qu'il réfléchissait à la meilleure façon de gérer la situation.

«Allez, c'est trop loooonngg!», débuta Shippo. « On veut un baiser, un baiser, un baiser…»

Et les autres poursuivirent à l'unisson. Rin rougit, tandis que Sesshomaru sembla agacé. Rin trouvait presque mignon qu'il soit aussi réservé alors que c'était habituellement tout l'inverse quand elle était seule avec lui. Résigné, il glissa une main vers sa joue et plongea, son regard d'ambre acquérant une chaleur qu'il réservait habituellement uniquement pour elle, quand ils étaient seuls.

Il posa finalement ses lèvres sur les siennes. Une drogue qui avait grandement manqué à Rin. Son contact était timide, presque prude. Ses lèvres tièdes et douce…pimentées par le saké avaient quelque chose de profondément intoxicant. Au diable les bonnes manières. Rin eut envie de le provoquer et approfondit le baiser, ignorant complètement les quelques exclamations que cela semblait soulever. Brisant le peu de résistance qu'il lui restait, il répliqua vivement à l'attaque de sa protégée. Rin le sentit la prendre par la taille et la tirer vivement vers lui, leurs corps désormais plaqués l'un contre l'autre. Son baiser agressif, brûlant.

Soudain, aussi rapidement que tout cela avait commencé, Sesshomaru rompit l'étreinte et s'éloigna d'elle, comme si de rien n'était. Sous le choc, elle l'observa, mais Sesshomaru voulait —visiblement— ignorer Rin, comme tous les autres individus dans la pièce. Il sembla de nouveau absorbé par son assiette.

Rin prit graduellement conscience qu'en effet, elle était toujours dans la résidence de Sango et Miroku, et non sur un nuage quelconque. Gênée, elle se concentra elle-aussi sur son assiette, ignorant les multiples paires d'yeux écarquillés.

«Ce n'était…définitivement pas leur première fois!», s'exclama Shippo.

«Ouah…et bien…Sesshomaru, j'te croyais plus pudique que ça», rétorqua Inu-Yasha.

«Tais-toi, hanyou», rétorqua Sesshomaru.

«Ouais et bien moi, ça m'a donné un peu chaud!», renchérit Miroku.

«Tu l'as cherché, moine», fustigea Sesshomaru, apparemment mécontent d'avoir perdu le contrôle devant eux.

L'attitude soudainement glaciale de Sesshomaru rassura Rin. Le bon vieux Sesshomaru qu'elle connaissait si bien. Elle savait désormais que si quiconque leur demandait quoi que ce soit d'autre, il se mériterait certainement un coup de poing en pleine figure.

«Hum…quelqu'un veut du dessert?», s'enquit Sango.

«Merci encore d'être venu Rin…et Sesshomaru-sama!», s'exclama Sango, qui tenait Yuki toute endormie dans ses bras.

«Oh, merci de l'invitation!», rétorqua Rin.

«Vous revenez quand vous voulez mais heu…», Sango hésita. «Vous êtes certains que ça ira, avec Inu-Yasha?»

Inu-Yasha était saoul à un point tel qu'il n'arrivait même plus à se tenir debout seul. Sesshomaru avait passé un de ses bras autour de son épaule pour le traîner. À son grand désespoir, les deux autres hommes étaient aussi trop bourrés pour ramener le hanyou chez lui.

Constatant que Sango s'attendait à une réponse, il se contenta d'hocher la tête.

«Ce n'est pas très loin, de toute façon», renchérit Rin. «Allez, allons-y! Bonne chance avec les deux autres!», lança-t-elle, en s'éloignant de la demeure.

Elle jeta un œil à Sesshomaru, qui semblait agacé à un point tel qu'il était peut-être même sur le point de prendre sa forme bestiale. Elle ne savait trop que dire.

«Hum…courage, Sesshomaru-sama», murmura-t-elle.

«…Sale hanyou», se contenta de maugréer Sesshomaru.

«Hanyou…toooiii mêmeeee», grommela Inu-Yasha, toujours dans un état semi-comateux.

La soirée était déjà tardive, mais les célébrations des Moissons avaient toujours lieu. Des fêtards dansaient et chantaient un peu partout dans le village, c'était la dernière soirée de célébration. Sesshomaru en accrocha quelques-uns par accident, au passage. Ceux qui assistaient à la scène semblaient s'en divertir, au plus grand malheur du youkai. Il pesta intérieurement. Pourquoi devait-il toujours devenir le centre de leur attention à chaque fois qu'il mettait le nez dehors? C'était d'autant plus insupportable qu'il ne pouvait pas les exterminer!

Ces humains…il n'en pouvait plus! Après tout ce qu'il avait supporté ce soir, sa seule envie était désormais de se cacher dans une grotte et faire l'ermite pour les cinquante prochaines années…question que la plupart des humains qui l'ont vu se comporter en imbécile soient déjà morts à sa sortie.

«Ah, finalement nous y sommes!», s'exclama Rin.

Ils entrèrent en vitesse dans la hutte d'Inu-Yasha. Sesshomaru lança brusquement le corps inerte sur son lit.

Le corps inerte ronfla bruyamment.

«…Bon…et bien…il dort…», observa Rin.

«Il me cassait déjà les oreilles avec ses ronflements avant qu'on entre», rétorqua Sesshomaru. «Allons nous-en»

«Est-ce sécuritaire de le laisser seul?»

«Il pourrait bien crever dans ses vomissures, ça m'est égal», rétorqua brusquement Sesshomaru en se retournant. Rin le suivit, soudainement consciente du fait que Sesshomaru était peut-être —lui aussi— légèrement intoxiqué.

Lorsqu'il se dirigea vers la sortie et qu'il trébucha violemment dans l'embrasure de la porte…Rin eut la certitude qu'il était…effectivement…un peu ivre. Il dut s'accrocher à un tronc d'arbre pour éviter de tomber sur le sol. Rin camoufla un sourire d'amusement.

«Sesshomaru-sama…est-ce que vous allez bien?», s'enquit-t-elle. Il se remit solidement sur ses deux pieds et tourna la tête paresseusement vers elle.

«Mieux…maintenant que le hanyou a été largué», articula-t-il. Il regarda autour de lui et observa les fêtards avec dégoût.

«Rin…»

«Oui?»

«Sortons de ce village. L'odeur fétide des ivrognes m'horripile»

«Mais…où voulez-vous allez?», s'enquit Rin.

Sesshomaru la quitta soudainement des yeux et fixa quelqu'un derrière elle.

«Rin, ma belle Rin! Tu es là!»

«Loin d'ici», rétorqua Sesshomaru.

Rin grinça des dents et se retourna.

«Ichiro…kun…»

Le jeune homme…très grand et costaud pour un humain, selon la perception de Sesshomaru, fusilla du regard le youkai quelques instants, et fit ensuite le choix de l'ignorer.

«Rin…vis-tu toujours chez Inu-Yasha? Cela fait plusieurs jours que je ne t'ai pas vu!», s'exclama le gaillard.

«Heu…oui», mentit Rin.

«Vraiment? Mais…»

«J'ai…oublié quelque chose à l'intérieur…je reviens tout de suite!», s'exclama Rin.

«D'accord, je t'attendrai!», répondit-t-il naïvement

Rin prit Sesshomaru par le manche et le tira pour qu'il la suive, ce qu'il fit avec une maladresse inhabituelle. Ils entrèrent de nouveau à l'intérieur.

«Vite! Il y a une autre sortie par derrière!», s'exclama la jeune femme. Alors qu'elle traversait la hutte à la hâte, elle vit une lettre traîner sur la table…Son nom était écrit dessus…Inu-Yasha l'avait sans doute reçue par erreur.

«Doit-on réellement fuir cet abruti?», s'enquit le youkai.

«Je vous évite des hostilités inutiles. Ichiro est un bagarreur…», répondit Rin en cachant la lettre dans son obi.

«Tu doute de mes capacités face à un vulgaire mortel?», rétorqua Sesshomaru en haussant un sourcil. Rin n'osa pas répondre par la positive.

«Vous ne voulez pas perdre votre temps avec lui…Vous ne souhaitiez pas quitter le village?»

«Oui…je connais un endroit pas trop loin qui va te plaire…», répliqua-t-il, venant tout juste d'oublier Ichiro. Rin remercia son état d'ivresse.

«D'accord…allons-y!», s'exclama Rin en prenant l'autre porte de sortie.

«L'ennui, c'est que c'est dans la direction opposé», observa Sesshomaru.

«Oh non!»

«Tant pis…sortons de ce village au plus vite, on fera un détour par la forêt», décida le youkai.

«Mais ça va être beaucoup plus long, non?»

«Peu importe, la nuit est jeune.»

Sesshomaru avait malencontreusement oublié que Rin se remettait toujours d'une foulure à la cheville. Qu'importe, à mi-chemin, quand la jambe de Rin commença à lui faire défaut, il décida de la prendre dans sa bras, tout contre lui, et de la porter jusqu'à destination.

Il était heureux de ne plus être au cœur du village. Il respirait de nouveau l'odeur des arbres matures, et non celle des humains puants. Il entendait le son d'une chute…sa destination.

Il prit une profonde respiration. L'air pur l'aidait à dégriser. Ce foutu saké…il se promit de ne plus en boire avant une autre centaine d'années.

«Sesshomaru-sama…C'était très gentil de votre part…ce que vous avez fait», murmura Rin.

Il haussa un sourcil.

«La façon dont vous vous êtes comporté pendant le dîner. Je sais que vous n'aviez pas envie d'être là, ni de m'embrasser devant tout le monde…»

«…J'ai fait ce qu'il fallait pour que tu sois heureuse», répondit-il de façon impassible.

«Et je vous en remercie», répliqua-t-elle en plaquant un baiser sur sa joue.

Le principal intéressé était satisfait, il marquait des points, l'heure était proche…

Rin contempla un instant le panorama devant elle. Une timide chute ruisselait le long d'une colline. La lumière pâle de la lune se reflétait doucement sur l'eau translucide, les clapotis la plongeant dans une situation de bien-être qu'elle avait depuis longtemps oublié.

Ils étaient au creux de la forêt, les arbres étaient immensément hauts et touffus. Le bruit des grillons se mêlait à la mélodie du cours d'eau. C'était hors de tout doute, un milieu agréable et apaisant…et ils étaient seuls. Rin n'avait aucune difficulté à comprendre pourquoi Sesshomaru voulait être ici.

Elle s'approcha lentement de la rivière. Elle frissonna, la chute émettait un nuage de bruine froide qui contrastait avec la nuit chaude et humide qui s'amorçait. Elle tourna la tête vers Sesshomaru, il avait élu domicile au pied d'un saule

Elle sourit, elle avait depuis longtemps remarqué que le youkai aimait bien s'installer sous ces arbres, peut-être était-ce à cause des branches pleureuses? Elle alla s'asseoir à côté de lui.

«Et maintenant…que se passera-t-il?», souffla-t-elle. Il lui jeta un œil curieux.

«Les célébrations sur vos terres…c'est pour bientôt, n'est-ce pas?»

«Oui, nous pourrons y aller ensemble…»

«Et après?», dit-elle avec une pointe de tristesse.

«…Incapable de profiter de l'instant présent, n'est-ce pas?»

«Il faudra se dire adieu?»

«Non.»

«Non?», s'enquit Rin, en tournant la tête vers son interlocuteur.

«Ni toi, ni moi n'avons envie de nous dire adieux. Pourquoi devrait-on se l'imposer?»

«…Vous le savez autant que moi…»

Sesshomaru resta silencieux, son agacement était évident aux yeux de Rin.

«Vous souhaitez vraiment suivre les traces d'Inu Taisho?»

Sesshomaru n'en fut que plus agacé, il oubliait parfois que Rin pouvait le lire comme un livre ouvert.

«Mon père était marié quand il a rencontré Izayoi. Notre situation n'est pas la même»

«Oui mais, comme lui, vous êtes au sommet de votre gloire…En vous associant à moi, vous avez tout à perdre…»

Sesshomaru soupira. Il attrapa tout de même Rin par la taille pour l'approcher de lui. Rin en fut légèrement surprise mais ne le rejeta point. Il pencha légèrement la tête de son côté, comme s'il souhaitait lui murmurer quelque chose à l'oreille.

«Nous avons eu cette discussion des milliers de fois, Rin. De confronter une fois de plus nos opinions ne nous mènera nul part…», dit-il, d'un murmure grave.

«Je sais…», répondit-t-elle, en posant la tête sur son épaule. Elle se tut. Mais malgré son rapprochement, il la sentait tendue.

«Rin…il y a tant de choses que je sais de toi, mais il y a aussi tant de mystères…»

Elle fronça les sourcils, ses mots l'intriguaient.

«Y a-t-il vraiment encore des choses que vous ne savez pas à mon sujet?»

«Oh, il y en a beaucoup, j'en suis certain», répondit-il calmement. «Dis-moi Rin…Si tout tes désirs pouvaient devenir réalité…Quels seraient tes plus grands souhaits? Avec qui et de quelle façon souhaiterais-tu vivre?»

Rin haussa les sourcils, ce n'était pas du genre de Sesshomaru de poser des questions aussi hypothétiques…mais il est vrai que ce n'était pas la première fois que la curiosité du youkai la surprenait.

«Je ne pense plus beaucoup à ces choses Sesshomaru-sama…J'essaie de me concentrer sur la vie réelle…»

«Tu dis que tu ne penses plus à ces choses…cela implique que tu y as déjà réfléchi…»

«Quand j'étais petite…surtout», admit Rin avec un sourire rêveur. «Comme toute les petites filles…je rêvais à des contes de fées…Je voulais être une princesse, avoir mon château et mon preux chevalier… j'imagine»

«C'est tout? N'y-t-il pas eu autre chose?»

Rin lui révéla un sourire en coin «…Et bien…vous savez déjà le reste…». Ses joues prirent quelques couleurs.

«Hm…non, il faudra que tu sois plus précise…»

«…Et bien…» Elle détourna le regard. «Après les preux chevaliers…il y a eu…vous»

«Moi?»

«Oui…», murmura Rin, elle rougit, et se décida finalement à le regarder. «Les chevaliers ne m'intéressaient plus beaucoup…Sesshomaru-sama…vous étiez si beau, si grand et fort…vous m'avez sauvé tellement de fois…je rêvais de…». Elle se tut et regarda Sesshomaru la regarder.

«Continue Rin», dit-il avec un sourire en coin.

«Je voulais devenir votre épouse, voilà», dit-elle avec un soupir. Elle se trouvait un peu idiote d'avoir autant de difficulté à le dire, mais au moins, c'était fait. Elle ne le regarda même pas mais, elle savait qu'il avait levé un sourcil.

«Tu avais ce genre d'intérêt pour moi…même quand tu étais petite?»

«Depuis le premier où je vous ai vu…pour être exacte»

«…Alors tu as eu le coup de foudre?», s'enquit-il.

«…Je crois que c'est ça…oui…Je me suis dit qu'un jour, je serais grande et que…je pourrais peut-être devenir votre petite femme», murmura-t-elle, avec une passion qui ne passa pas inaperçue auprès du youkai.

Elle lui lança un regard furtif et remarqua qu'il ressemblait drôlement à quelqu'un qui essayait de cacher son amusement. Elle ne dit plus rien, elle regrettait soudainement de lui avoir dit tout ça, il devait la prendre pour une folle!

«C'est intéressant, je ne savais pas que tes sentiments pour moi étaient…si anciens…», observa Sesshomaru, songeur.

Rin lui tourna le dos et se recroquevilla sur elle-même. Elle laissa choir son front sur ses genoux, afin de camoufler son visage brûlant.

«Qu'est-ce qui se passe, Rin?»

«Vous devez penser que c'est idiot!»

«Pas du tout, Rin. Je suis simplement surpris», répondit-il. «Je crois aussi que c'est plutôt mignon.»

Mignon…elle ne savait même pas que ce mot faisait partie de son vocabulaire. Elle tourna la tête et remarqua qu'il était plus près qu'elle ne le croyait. Elle se contenta de sourire, sa seule arme de défense contre lui.

«Rin…Tu y rêvais quand tu étais plus jeune…mais est-ce encore ton souhait aujourd'hui?», s'enquit-t-il. C'était à son tour désormais d'essayer de camoufler son embarras…quoiqu'il avait un peu plus de talent qu'elle en la matière.

Elle se sentit pâlir. Elle ne pouvait quand même pas lui mentir à ce sujet…

«…Je sais…que c'est impossible…»

«Tu n'as pas répondu à ma question…»

«…Alors oui…j'y rêve toujours… », avoua Rin, elle le fixa avec une étincelle de tristesse. «Je crois que j'y pense à tous les jours…à ce rêve…À cette vie qu'on aurait pu avoir ensemble si les circonstances avaient été différentes… à toutes ces ballades que nous ne ferrons plus, à ses enfants que nous n'aurons jamais…»

«Des enfants?»

Rin rougit et se contenta de fixer ses propres mains.

«…Je sais que c'est ridicule. Mais, je me suis dit que vous comprendriez peut-être? Vous avez quand même fait une blague à ce sujet pendant le dîner…» Elle leva les yeux et constata que son interlocuteur avait l'air grave. Elle retourna à la contemplation de ses propres mains.

«Ce n'était pas une blague Rin…», souffla-t-il à son oreille.

Rin battit des paupières, à la fois estomaquée et pleine d'anticipation. Elle avait soudainement l'impression que cette conversation anodine prenait un tournant de plus en plus sérieux.

«Je croyais que vous disiez cela parce que vous aviez…un peu trop bu…»

«J'étais très sérieux. Je crois que tu ferais une splendide mère…», dit-il d'une voix grave.

Rin ferma les yeux lorsqu'elle sentit son souffle chaud…et des baisers papillonner dans son cou.

«Est-ce que c'est ce que vous voudriez?», s'enquit-elle.

«Ce rêve duquel tu viens de me parler…Je le partage pleinement», murmura-t-il.

Rin se tourna pour être face à Sesshomaru et se blottit contre lui. Il l'enlaça et la serra fort dans ses bras. Désormais, l'univers était devenu muet. Il n'y avait ni vent, ni grillons, ni clapotis de la rivière. Rin sourit. Il n'y avait plus que lui, et son étreinte si désespérée qu'elle en avait du mal à respirer. Si loin du village et si près de Sesshomaru, son malheur quotidien s'était évaporé pour laisser place à l'euphorie.

Seulement dans ces moments de pure tendresse, elle comprenait à quel point elle était misérable sans lui…à quel point il était irremplaçable. Rin sentit ses yeux lui brûler. À son grand malheur, l'étreinte se rompit. Les yeux d'or se posèrent sur son visage. Rin laissa les larmes couler et sourit.

«Ne vous en faites pas, Sesshomaru-sama…Je ne pleurs pas de tristesse…»

«Tu pleurs de joie?», chuchota-t-il en caressant sa joue. Rin ferma les yeux, elle aimait tellement quand il la caressait de cette façon.

«Oui…»

«Pleurer de joie…j'avoue ne pas comprendre cette réaction», murmura-t-il en chassant les larmes avec son pouce.

«Je suis sûre que vous comprendrez un jour…Peut-être quand vous aurez votre héritier, qui sait?», répliqua-t-elle, tout sourire. Le regard d'ambre s'adoucit davantage.

«Seulement s'il vient de toi…Rin…»

Rin sentit d'autres larmes couler. En d'autres circonstances, elle lui aurait sans doute rappelé la dure réalité, mais ce n'était ni l'endroit, ni le moment. Ce soir, c'était le moment de rêver.

Ce soir, elle osa croire à cet avenir avec lui…à cette maison qu'elle avait imaginé quand elle était petite. C'était une grande maison, dans le fin fond des bois, loin des humains et des Terres de l'Ouest.

Cette maison était la leur.

Un petit enfant aux cheveux argenté courait dans tous les sens, Rin le surveillait du coin de l'œil. Soudain, la trajectoire du petit devenait rectiligne. Rin constatait soudain qu'il se dirigeait vers son père, de retour de la chasse. Sesshomaru jetait nonchalamment sa proie dans la cours et prenait le petit dans ses bras…et Rin les regardait, heureuse. Dans ce petit rêve, Rin n'avait pas à se soucier des herbes pour éviter d'être féconde, des dualités entre humains et youkais ou des obligations de son maître. Il n'y avait qu'une petite fille sans famille devenue une femme épanouie.

«Rin…», murmura Sesshomaru, extirpant la jeune femme de ses rêveries.

«Heu…oui, Sesshomaru-sama?»

«…J'ai…à te parler…», dit-il en brisant leur étreinte.

«Oui?»

Rin remarqua qu'il détournait le regard, comme s'il était tracassé. Contrairement à son habitude, il le camouflait mal. Elle ressentit une bouffée de compassion pour lui et s'approcha lentement.

«…Je vous écoute», chuchota-t-elle en se blottissant contre lui.

Il ne dit plus un traître mot. Rin leva la tête pour le fixer.

«…Je…j'essaie de trouver la meilleure façon d'aborder le sujet…», balbutia-t-il. Il se gifla mentalement, pour avoir perdu aussi peu gracieusement son flegme.

Rin sourit timidement et plaqua un doux baiser sur ses lèvres…elle voulait faire son possible pour l'apaiser, pour calmer ses craintes, peu importe leur nature. Un de ses mains se glissa dans ses cheveux argentés et l'autre sur son torse. Sesshomaru répondit à ses demandes avec enthousiasme. Il chérissait ces rares moments où Rin faisait preuve de telles initiatives.

Après quelques instants de pur délice, elle mit fin au supplice qu'elle lui imposait.

«Est-ce important à un point tel qu'il faille absolument en parler ce soir?», s'enquit-elle, en dessinant des motifs circulaires avec son doigt sur le torse du youkai.

Soudain, les priorités de Sesshomaru devinrent toute autre. Si belle…si près…et ils étaient maintenant si loin du village de vermine. Il n'y avait plus rien pour l'empêcher de réclamer ce qui lui appartenait. Il prit le visage de Rin dans ses mains et lui infligea un baiser brûlant de désir. Un baiser qui devenait rapidement de plus en plus indécent...Il la voulait…ici…maintenant, il ne pouvait plus attendre. Ses mains commencèrent leur balade sur le corps de Rin. Il fut toutefois surpris lorsqu'il constata qu'elle était déjà en train de dénouer son propre obi.

«Pressée?», murmura-t-il avec un sourire malicieux.

Rin resta de marbre et continua de dénouer son obi. Il la regarda avec curiosité, n'osant pas croire que c'était Rin…cette même Rin qui rougissait à chaque fois qu'il la regardait…qui osait défaire ses vêtements devant lui.

Elle ouvrit son kimono et le laissa glisser sur le sol humide. Elle sentit la brise de la nuit sur sa peau. Elle fixa Sesshomaru, comme si elle était hypnotisée par ses yeux d'ambre, n'essayant même pas de se cacher. Elle voulait lui révéler…lui donner tout, sans honte, ni pudeur. Son cœur se mit à battre très vite. Elle vit les yeux de l'homme devant elle briller.

«Vous en mourriez d'envie…n'est-ce pas?», murmura-t-elle.

«Cela dépend de quoi on parle. Par exemple…je mourrais d'envie de défaire ce kimono, mais cette humaine m'a malicieusement devancé…»

Rin lui lança un sourire à la fois espiègle et timide. Il essaya de camoufler l'effet que ce sourire avait sur lui. Son armure pouvait encore tenir.

«Je suis sûre que vous mourriez d'envie de me regarder…avec plus que ces demi-regards que vous glissiez pendant que vous me soigniez…»

«Il aurait été malhonnête de profiter d'une femme blessée…»

«Sesshomaru…vous avez été si patient avec moi au cours des derniers jours. Laissez-moi vous remercier…», murmura Rin en s'approchant de lui. Sesshomaru fut surpris de se sentir comme une proie.

Il haussa un sourcil. «Rin…quand as-tu acquis une telle confiance? Es-tu devenue comme cette jeune femme dépravée duquel on entend si souvent parler chez toi?», s'enquit-il avec sarcasme.

Elle le fusilla du regard. Il refoula un sourire.

«Tu peux me gifler, si tu veux», dit-il en tendant la joue.

Mais à la place de recevoir la gifle tant attendue, Rin profita de l'occasion pour l'embrasser sur la joue. Elle rejoignit rapidement ses lèvres, pour le couvrir de baiser frénétiques, électriques, comme si elle souhaitait le punir pour ces trois jours où il avait été irréprochable en sa présence. Il sentit ensuite une paire de main s'attaquer à son obi.

C'est à ce moment qu'il comprit que Rin était réellement sérieuse quand elle disait vouloir le… remercier. Il sentit ses vêtements glisser de ses épaules. Rin grimpa sur les cuisses de Sesshomaru et blottit son corps nu contre le sien, ce que éveilla définitivement les désirs charnels qu'il refoulait cruellement depuis plusieurs longs — et interminables— mois.

Même à travers son pantalon, il pouvait sentir la chaleur qui émanait du corps de Rin…Il n'allait pas pouvoir tenir longtemps.

Rin ouvrit les yeux pour le regarder. Elle glissa brièvement le dos de sa main contre son visage pâle, parfait…Elle en avait presque oublié à quel point sa beauté était irréelle… Ses yeux d'ambre étaient enflammés comme ceux d'un prédateur qui venait de capturer sa proie. Elle se sentit tout à coup atrocement folle de s'être attaqué aussi directement à lui. Il la fixa avec une intense fascination.

«Si tu souhaite tant me satisfaire…j'imagine qu'il serait sage de ma part de te guider, n'est-ce pas?», s'enquit-il dans un murmure.

Elle lui sourit timidement, ce qu'il interpréta comme une réponse affirmative. Il prit une de ses douces mains et lui plaqua quelques baisers. Il la glissa ensuite sur sa propre joue. Il ferma les yeux tandis que Rin caressait son visage du bout de ses doigts. Elle sourit, touchée par le fait qu'une caresse aussi simple semblait lui apporter un tel bonheur. Elle s'approcha de son autre joue et embrassa doucement ses marques pourpres. Elle sentit une main chaude envelopper un de ses seins, la prenant par surprise. Une décharge de plaisir parcourra son corps tout entier. Ce n'était que le début.

Une brise mesquine souffla sur la peau d'ivoire de Rin, qui en eut la chair de poule. Elle crut voir Sesshomaru sourire tandis qu'une de ses mains caressait son dos, provoquant des frissons électrisant. La jeune femme sentit soudain son autre main glisser le long de sa cuisse. Son cœur battait de plus en plus vite, sa tête commençait à lui tourner…Ivre à cause du saké, de l'amour ou du désir, elle ne pouvait plus savoir.

«Sess…ho…maru…», souffla-t-elle, tandis qu'elle sentait la main s'approcher dangereusement d'un lieu de folie. Elle sentit ses joues s'enflammer. «J'ai arrêté de prendre les herbes…quand je suis arrivée ici…J'ai commencé à les reprendre il y a seulement deux jours…Je ne sais pas si…»

«Ton parfum Rin…n'a jamais été aussi envoutant. Il est en train de me rendre fou», chuchota-t-il, tandis qu'il embrassait son cou et qu'il se dirigeait ensuite vers son épaule, et plus bas encore. Rin se sentit fondre. Il s'arrêta un instant. «Ta seule erreur fut d'en reprendre…»

«Mais…qu'arrivera-t-il si…»

«Ce qui doit arriver arrivera…», rétorqua-t-il en poursuivant ses baisers. Il la déposa doucement dans l'herbe, afin de faciliter son emprise sur elle.

«Mais…»

«Ce sera une bonne nouvelle, car j'aurai enfin une bonne raison de te sortir d'ici»

Il leva la tête vers elle, elle le regarda sans trop y croire. La détermination dans ses yeux et sa voix ne laissait plus de place à la contestation. Et elle en était heureuse.

«Et où allez-vous m'emmener…lorsque cela arrivera?», réussit-elle à murmurer tandis que la main bouillante se rendait finalement à destination. Elle cessa de respirer.

« Où crois-tu?», s'enquit-il, tandis qu'il sentait Rin capituler sous ses caresses indécentes. «…À la maison.»

«…votre maison?», balbutia-t-elle.

«La nôtre Rin…ce sera la nôtre»

Rin laissa échapper un long soupir d'extase. Les lèvres chaudes du youkai s'étaient posées sur un de ses seins, libérant une décharge de plaisir incontrôlable. La forçant à en vouloir plus…

Soudain, elle le sentit entrer en elle avec son…ses…elle ne savait plus. Il provoquait dans son corps un mélange de douleur et de plaisir indécent. Elle n'avait même pas réussi à interpréter ce qu'il venait de lui dire…il ne lui en avait pas donné la chance. Elle sentit ses lèvres chaudes embrasser son ventre…et remonter ensuite de nouveau jusqu'à l'autre sein. Mais la pire des tortures était ce qu'il continuait de faire subir à ses parties intimes. Désormais, elle ne pouvait plus se contrôler…elle était impuissante face à son emprise…elle poussa un gémissement désespéré, et elle se vit écarter les jambes, même si ce n'était pas ce qu'elle avait souhaité faire…comme si elle était possédée à un point tel qu'elle ne contrôlait même plus son corps. Elle savait que le responsable en était grandement satisfait.

Elle réussit à ouvrir les yeux. Non…cette fois-ci, ce devait être différent, lui aussi devait perdre la tête.

Elle remarqua qu'elle était allongée dans l'herbe, elle ne se rappelait même plus comment elle s'était retrouvée dans cette position…peu importe. Elle tenta d'ignorer les décharges de plaisirs de plus en plus agressives qui envahissaient son corps…À cet instant précis, elle en voulait profondément à Sesshomaru de la torturer aussi habilement. Son cœur battait la chamade et des pulsions de plaisir incontrôlables envahissaient ses zones habituellement interdites. Elle glissa tout de même les mains dans ses cheveux argenté qui brillaient sous la lune, tandis qu'il était toujours en train de la couvrir de baiser et de la torturer, dans les sens les plus pervers du terme. Comme prévu, il leva la tête pour lui jeter un œil curieux. Les mains de Rin glissèrent sur ses épaules et elle le tira délicatement vers elle. Il ne bougea pas.

«Sessho…maru…arrêtez ce que vous faites avec votre main…J'en peux plus!», murmura-t-elle dans un élan de désespoir.

Les lèvres du youkai se retroussèrent en un sourire satisfait, il la savait sur le point de succomber. Il cessa ses tortures et grimpa sur elle. Elle l'enlaça et l'embrassa tendrement. Il répondit avec douceur, se rappelant soudainement de la fragilité de son amour.

Un piège habile elle lui avait tendu.

Elle profita de l'instant de tendresse pour le pousser d'un coup de hanche et le forcer à rouler dans l'herbe. Il se retrouva le dos au sol, et elle, assise sur lui. Elle lui lança un sourire victorieux.

«Vous n'avez quand même pas oublié ma promesse?», lui souffla-t-elle à l'oreille.

«Tu ne me donne pas le choix, on dirait…», se résigna-t-il, même si la situation stimulait ses sens.

Elle se recula pour lui enlever ses pantalons —il se fit un plaisir de l'aider — et elle s'assit ensuite sur les cuisses de Sesshomaru, tentant d'ignorer son propre corps qui lui hurlait de se jeter sur lui. Elle refusait de s'abandonner aussi facilement. Elle lui jeta un regard plein de curiosité qui se transforma rapidement en fascination. Elle avait eu si peu d'occasion de le regarder de la sorte…Ses mains se posèrent sur son torse. Elle se sentait de nouveau intimidée, mais elle combattit sa gêne et caressa du bout des doigts les muscles chauds, disciplinés par elle ne savait trop combien d'années d'entraînements intensifs.

Peu de femmes avaient osé lui faire ce que Rin était en train de lui infliger. Évidemment, elle ne pouvait pas savoir à quel point le concept de dominance avait de l'importance pour les youkais de sa sorte. Il la regarda avec amusement, tandis qu'elle l'effleurait. Ses caresses étaient agréables…comme si c'était les mains d'un ange qui essayait de l'apprivoiser. Quoique…il commença à douter de sa capacité à résister, tandis que les mains de Rin devenait de plus en plus pesantes sur lui et que les caresses…devenaient de plus en plus basses.

Rin sentit la sueur perler sur son front. Il…ne l'avait jamais laissé aller jusque…là auparavant. Elle caressa son bas ventre d'une main et lui jeta un œil furtif. Il regardait vers le ciel…elle le vit ravaler sa salive, trahissant une apparente appréhension.

Elle prit une grande inspiration et posa timidement une main sur son membre. Sesshomaru était complètement immobile…ce qu'elle interpréta comme une forme de consentement. Sans trop savoir ce qu'elle faisait, elle débuta ses caresses. Elle osa à peine le frôler, soudainement inquiète de sa réaction. Elle leva de nouveau la tête vers lui, incertaine. Il la regardait avec ce qui ressemblait à de l'amusement. Rin jura mentalement.

«Ne sois pas si timide Rin», lui murmura-t-il.

Elle se contenta de rougir, ce qui le força à se rappeler qu'elle était encore jeune, et certainement encore un peu innocente…vu son peu d'expérience.

«Est-ce réellement ce que tu veux faire?»

«Oui», souffla-t-elle.

Il posa sa main sur la sienne, la forçant à le tenir avec un peu plus de conviction, mais avant qu'il ne puisse poursuivre sa démonstration…Il comprit qu'elle savait le reste. Il ferma les yeux tandis qu'il essayait de ne pas perdre la tête…de ne pas simplement la prendre par les épaules, la jeter violemment sur le sol et lui faire ce qu'il mourait d'envie de faire depuis longtemps.

Rin regarda la mâchoire de Sesshomaru se serrer et sa tête basculer légèrement vers l'arrière. Elle fut surprise d'aimer à ce point le regarder… de voir ce qu'elle réussissait à lui faire. Un soupir s'échappa de ses lèvres, sa respiration devenait haletante. Il perdait le contrôle.

«Rin…c'est assez», dit-il dans un souffle rauque. «Rin…».

Il saisit brusquement sa main…et l'autre…juste au cas. Il la tira vers lui et elle tomba sur son corps brulant. Il la prit par les hanches pour la rapprocher davantage.

Elle se releva timidement sur ses coudes.

«Sesshomaru…?»

«Ne t'inquiète pas…je vais t'aider…», lui murmura-t-il à l'oreille, d'un ton rassurant. Rin aimait la chaleur dans sa voix. Rassurée, elle se releva légèrement et s'appuya sur ses solides épaules. Les mains de Sesshomaru sur ses hanches, il la guida avec précaution. Elle le regarda droit dans les yeux. Elle était prête. Il la poussa doucement vers lui.

Rin ne savait pas ce qui était le plus jouissif entre la volupté qui l'envahissait tandis qu'il pénétrait lentement en elle…ou bien le fait de voir son visage tandis qu'il soupirait de soulagement... comme si elle venait de le délivrer d'un maléfice insupportable. Il la caressa doucement tandis qu'elle poursuivait instinctivement les mouvement de va et viens. Rin avait le vertige, tout se faisait si facilement, la sensation était si agréable…Sesshomaru se releva ensuite sur ses coudes pour l'embrasser dans le cou et pour l'envelopper dans ses bras. Elle se laissa choir sur lui pour profiter de sa chaleur, tout en continuant l'incontrôlable…comme si elle était incapable de combattre son magnétisme. Elle sentit ensuite ses mains se poser sur sa taille et la tirer vers lui, pour qu'elle ne puisse plus s'échapper. Elle sentit de solides hanches sous elle lui prêter mains fortes. Il la pénétra profondément…agressivement. Désormais, c'était terminé, elle n'avait plus le contrôle sur rien. Elle sentait son propre corps s'emballer, elle avait de plus en plus de difficulté à poursuivre sa course…elle était en train de faiblir, de succomber à son propre plaisir.

Il la sentait de plus en plus serrée contre lui, des sueurs perlaient sur son visage. Il profita de sa faiblesse pour la faire chuter sur la pelouse humide, sans jamais lâcher son emprise sur elle. Elle l'enlaça et le serra avec ses jambes, ne voulait plus ni le combattre, ni lui échapper. À chaque seconde, il s'enfonçait plus profondément en elle. Elle se sentait chavirer… elle se noyait dans un océan secoué par des vagues de plaisir malsain.

Il pesta intérieurement quand il remarqua qu'il tremblait comme une feuille, tout comme elle. De voir Rin s'extasier de la sorte le rendait complètement fou. Ses cheveux, sa peau…elle était si irrésistible qu'il ignorait combien de temps il allait résister. Il balaya les cheveux de Rin d'un côté, et prit une profonde inspiration pour humer son parfum tandis qu'il l'embrassait dans le cou. Elle soupira…il savait que c'était un de ses plus grands points faibles. Désormais, lui aussi avait de plus en plus de difficulté à poursuivre, l'extase était trop forte. Il prit possession des lèvres de Rin…et de sa bouche au complet. Il l'embrassa langoureusement et profondément, ce qui fut assez pour qu'elle succombe enfin. Il la sentit se crisper sous lui, tous ses muscles, tous ses sens sollicités par l'indéfinissable jouissance qui s'emparait d'elle. Elle termina brusquement le baiser pour hurler son exaltation aux étoiles. Il sentit sa propre frénésie l'emporter au son de ses cris. Il entra le plus profondément qu'il le pouvait en elle et s'autorisa finalement à libérer tous son plaisir, son bonheur et… ses espoirs. Rin trouva la force de serrer de nouveau ses jambes contre lui…Il se demanda si elle avait comprit ses intentions.

Ils restèrent ainsi, quelques minutes ou quelques heures, c'était difficile de savoir. Rin laissa finalement tomber ses jambes et le regarda reprendre son souffle.

«Tu trembles…», chuchota-t-elle avec un sourire.

Il fut très heureux et soulagé d'être finalement tutoyé, comme s'il venait de gagner une guerre sans merci.

«Toi-aussi» répliqua-t-il, sa respiration toujours haletante, ses lèvres frôlant son cou de porcelaine. Il ouvrit paresseusement les yeux. Il fixa son épaule. «Et tu as la chair de poule…»

Rin appuya son front sur le sien et fit un effort pour rester sérieuse. «Dites-moi…qu'est-ce qui est le plus épuisant. Un duel contre Tsukiyama, Naraku ou…moi?»

Sesshomaru se laissa choir à côté d'elle.

«Rin…regarde-moi…as-tu réellement besoin d'une réponse?»

Elle rit doucement et se blottit contre lui. Elle sentit son bras lui enlacer les épaules. Elle était bien…

Mais elle était plus confuse que jamais face à l'avenir. Comme si cette nuit incroyable avait réussi à la persuader que tout était possible. Elle regarda Sesshomaru et sourit tendrement quand elle remarqua qu'il dormait déjà profondément. Elle ne l'avait jamais vu s'endormir aussi rapidement. Elle se demanda si elle l'avait même déjà vu s'endormir auparavant…

Elle repensa soudain à l'air troublé qu'il avait eu quand il avait voulu lui poser une question.

Lui…habituellement si stoïque…qu'est-ce qui peut bien le rendre nerveux à ce point?

Rin ravala sa salive, tandis qu'elle songeait à toutes les possibilités. Elle posa instinctivement sa main sur son ventre.

Elle sentit soudain quelque chose de piquant au milieu de son dos. Elle se releva légèrement et y vit un bout de papier. Sur son obi tout fripé, il y a avait la lettre qu'elle n'avait pas encore ouverte. Prise d'un élan de curiosité, elle l'ouvrit. Elle n'eut aucune difficulté à la lire au clair de lune.

Rin, es-tu prête?

Hateshinai, ton destin.

3 jours seulement.

…Fin de chapitre…