Et voilà ! La toute fraîche relation entre Aline et Cooper va pouvoir débuter pour de bon… Première étape ? Arrivée à Prince Rupert, ville la plus pluvieuse du Canada…
Petite question à ceux qui me laissent des reviews : voulez-vous que je vous envoie un teaser à chaque fois que je vous réponds ? Si vous ne voulez pas, n'hésitez pas à me le dire, je le noterai quelque part au coin de ma mémoire. Et sans demande contraire de votre part, je vous enverrai un teaser…
Melo.c.42 : ah, contente que t'aies aimé l'action du chapitre précédent :p… Désormais, Aline et Cooper se retrouvent seuls. C'est le début de leur histoire…
Bonne lecture à vous tous ^^ !
Aline POV
La première chose dont je pris conscience en me réveillant, c'est les arbres. Les arbres, qui défilaient.
Je me rendis compte que j'étais appuyée contre la fenêtre d'une voiture -la voiture de Cooper-, emmitouflée dans une couverture par-dessous ma ceinture de sécurité.
Et je me souvins que je filais vers le Canada.
Je n'avais qu'un souvenir flou de notre séparation d'avec les Cullen. Je savais que Cooper avait voulu me réveiller, qu'il y avait eu les dernières embrassades, et…
- Ils vont te manquer, fis-je de but en blanc à l'attention de Cooper.
Je ne voyais que sa silhouette du coin de l'œil ; j'étais toujours tournée vers la vitre. Il n'avait pas sursauté. Visiblement, il n'était pas surpris de me voir réveillée.
- Oui, répondit-il simplement. Mais je les reverrai.
- Oui. Dans un an.
- Exact, lâcha-t-il assez sèchement.
Je réfléchis un instant aux raisons possibles de son ton devenu d'un coup moins agréable. M'en voulait-il de le séparer de ses amis ? Non, peut-être pas. Après tout, ce n'est pas moi qui avait voulu cette histoire.
Ma capacité à ne pas me sentir coupable des choix des autres m'épatait moi-même.
Je me redressai, et me tournai vers lui.
- Combien de temps ça fait qu'on roule ?
- Quelques heures, fit-il en me regardant.
Je maintins son regard quelques secondes ; et fronçai les sourcils.
- Tu ne regardes plus la route.
Un sourire naquît et s'épanouit sur ses lèvres. Il se retourna vers le pare-brise.
- J'ai une bonne vision périphérique.
Je secouai la tête, en même temps qu'un sourire amer naissait sur mes lèvres.
- Et tu n'es pas fatigué naturellement ?
Il éclata d'un rire franc.
- J'ai bien peu besoin de repos.
Mon regard glissa, vide, sur le paysage à travers la vitre. Et je sentis à nouveau le sommeil me gagner. Je me laissais à nouveau couler contre la fenêtre.
- Bonne route, alors.
- Bonne nuit, Aline.
.
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Cooper POV
Aline semblait s'être à nouveau glissée dans le monde du sommeil.
Quelques heures auparavant, elle s'était à peine assise qu'elle dormait déjà. Tout le long du trajet, j'avais surveillé sa respiration ; je l'avais regardée, des fois. Et je m'étais souvenu de la conversation que j'avais eu avec Edward avant de quitter Forks.
Je voulais lui demander ce qu'il savait d'Aline ; mais les mots n'arrivaient pas à franchir mes lèvres. C'est lui qui parla en premier, répondant à mes interrogations muettes.
- Je ne sais pas grand-chose. Bella m'a bloqué assez rapidement ; et Aline pensait principalement à ce qui s'était passé… chez elle. Juste après qu'elle ait tiré. C'était très embrouillé.
Il ferma les yeux, visiblement chamboulé. Je supposais qu'il revivait ce qu'il avait vu dans la tête d'Aline ; le meurtre. Et ça ne devait pas être beau.
Évidemment, andouille…
- Je ne vois que l'après meurtre, ajouta-t-il enfin en me regardant à nouveau.. Sa fuite. Et toi.
Je ne dis rien ; je fulminai intérieurement. Je n'arrivais pas à ne pas en vouloir à Aline. D'avoir essayé de se tuer.
- Elle n'a pas réalisé. Pas réfléchi, tu sais.
Et lui qui lisait dans mes pensées… Je le fusillai du regard. Mais toute la haine que j'y mis ne lui était pas destinée ; j'espérais qu'il l'avait compris.
- Elle semble y tenir à la mort, pour quelqu'un qui n'y a pas réfléchi, dis-je.
Edward se rapprocha de moi. Il semblait tenir à calmer ma colère envers Aline. Pourquoi ?
- Je ne peux pas jurer que je n'aurais pas voulu mettre fin à mes jours, si les images qui traversaient son esprit avaient traversé le mien en permanence. Parce que ces images, elles vont lui rester un moment, et ça, tu le sais.
Je serrai les lèvres.
Cela n'excuse rien, pensai-je.
Je savais qu'il m'avait entendu.
Il commença à regagner la villa. Puis s'arrêta, et me dit sans se retourner.
- Autre chose, Cooper. Je n'ai vu que l'après meurtre ; mais je ne sais pas quels souvenirs empoisonnent sa mémoire, pour qu'elle ait collé une balle dans le bide de son beau-père.
Je le regardai ; il se retourna, et je pus plongé mon regard dans le sien, sombre.
- Je parierai que ces souvenirs n'ont rien à envier à ceux de cette nuit, côté violence.
Je revins au temps présent, et regardai à nouveau Aline, pensif.
Notre très courte conversation me revint en mémoire, et je souris.
Elle m'avait demandé si je n'allais pas être fatigué. Il y avait tant de choses qu'elle avait encore à apprendre sur nous.
Voulais-je qu'elle les apprenne ? Pensai-je en me renfrognant.
Après tout, quelle importance ? Pourquoi devrai-je tout lui raconter, puisqu'elle comptait mourir ?
C'est ça qui m'avait énervé, tout à l'heure, et m'avait fait lui répondre sèchement.
Je détestais qu'elle me rappelle le délai qu'elle nous accordait.
Enfin, après tout, c'était mon idée.
Elle ne se réveilla plus de tout le trajet ; même quand le jour se leva. Le cœur serré, je la contemplais en songeant qu'à l'heure qu'il était, un avis de recherche national devait avoir été lancé. Mais nous avions déjà franchi la frontière du Canada. L'avis de recherche ne serait pas exposé chez chaque commerçant du coin, dans ce pays.
Et puis nous atteignîmes Prince Rupert. Il n'était pas encore 11 heures ; j'avais roulé très vite.
Je souris en remarquant que, pour ne pas changer, il pleuvait. Cette ville avait sans doute un climat encore plus pourri que celui de Forks.
Maintenant, il allait falloir nous trouver un logement.
Je jetai un regard à Aline. J'allais lui trouver un hôtel, en attendant d'avoir accompli toutes les démarches. Je ne pouvais décemment pas la laisser dormir dans la voiture.
Je me garai devant un petit motel ; il n'y avait qu'une seule voiture sur le parking. Je réveillai Aline. Elle me lança un regard embrumé, puis remarqua qu'on était arrêtés.
- On est arrivés ?
- Bienvenue à Prince Rupert, fis-je, théâtral.
Elle jeta un coup d'œil dénué d'intérêt au motel.
- C'est notre future demeure ?
- Du moins pour la nuit à venir, souris-je.
- Bien.
Bien ? C'est tout ? Bien ?
Je soupirai.
- Allez, dehors. Allons réserver une chambre.
Elle sortit de la voiture sans broncher, et me suivit.
Qu'est-ce qui me prit par la suite ? Qu'est-ce qui me passa par la tête ?
Pourquoi ne réclamai-je au gérant qu'UNE seule chambre ?
Le gérant me regarda avec un regard soupçonneux, puis dévisagea Aline.
- Quel âge a votre amie ? Fit-il, bougon.
Je me renfrognai.
- C'est ma sœur.
Le gérant tiqua.
- Ouais, c'est ça. J'veux pas d'emmerdes avec la police, compris ? Fit-il, me jetant une carte magnétique.
Je le fusillai du regard, le réglai, et guidai Aline jusqu'à sa chambre.
C'était plutôt miteux, mais le grand lit avait l'air propre, et les draps frais. Il y avait une petite salle de bains avec toilettes attenante. Ça ferait bien l'affaire.
- Pourquoi tu n'as réservé qu'une chambre ? Me questionna Aline.
- Parce que je ne reste pas. J'ai quelques courses à faire.
- Et cette nuit ?
Je souris ; heureusement, je lui tournai le dos, et elle ne le vit pas.
Je l'entendis se poser sur le lit. Je me tournai vers elle ; elle me faisait face, assise en tailleur, me dévisageant de ses grands yeux calmes.
- Je ne vais pas passer la nuit avec toi.
Elle continua de me dévisager.
- Pourquoi ? Lâcha-t-elle enfin.
J'en aurais eu dans mes veines, j'aurais dit que mon sang n'avait fait qu'un tour. À vitesse humaine, je me dirigeai vers elle, et, posant mes mains sur le lit de chaque côté de sa taille, je me penchai vers elle. Elle s'inclina légèrement en arrière, mais je suivis son mouvement, et amenai ma bouche à son oreille.
- Parce que j'ai soif, lui murmurai-je.
Je me reculai très légèrement, plongeant mon regard dans le sien, qui se révélait être troublé. Je la sentis frissonner.
Puis je m'enfuis de la pièce à vitesse vampirique.
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Aline POV
Ce vampire commençait à sérieusement me faire tourner la tête.
Je m'étais raidie en l'entendant ne demander qu'une chambre ; c'était idiot, je sais. Mais instinctif. Et puis, il m'avait annoncé qu'il ne passait pas la journée avec moi. Et j'avais été déçue.
Pourquoi ? Pourquoi avais-je de l'appréhension à l'idée de partager quelques heures avec lui, pour ensuite regretter son absence ?
Pourquoi je n'avais pas eu envie de le repousser, à ce moment où on avait été si proches ?
Maintenant, j'étais assise, sur le grand lit tendu de draps blancs. Et je ne savais pas quoi faire.
Soudain, la porte se rouvrit.
- Je t'ai rapporté ta valise, fit Cooper sans me regarder. Et la mienne ; tu y trouveras de quoi te rafraîchir si tu veux. Je n'ai pas pensé à prendre tes affaires de toilette.
- Pas grave, murmurai-je.
Pourquoi ne me regardait-il pas ?
- Tu veux que je te rapporte quoi à manger ?
- Rien, fis-je, étrangement triste.
Son regard se posa enfin sur moi ; je pus y lire de la réprobation, mais malgré tout, il me réchauffa. Je préférais ça à l'ignorance.
- Aline, commença-t-il d'une voix menaçante.
- Je veux dire, rien de spécial. Prends ce que tu veux. Je ne suis pas difficile.
Il haussa un sourcil amusé.
- C'est plutôt dangereux de dire ça à quelqu'un qui ne partage pas ton régime alimentaire.
Je lui lançai un regard blasé.
- Eh bien, prends-moi un sandwich. Jambon-fromage. Et une pomme.
Il fronça les sourcils.
- C'est suffisant ça ?
- Oui ! Lui répondis-je, excédée. J'aurais pu être une cinglée de pom-pom girl anorexique se contentant d'un quartier d'orange, aussi. Alors te plains pas.
Il sourit, visiblement amusé par ma réponse.
- Ok, Aline. Y a pas de malaise.
Il disparut à nouveau. Cette fois, pour un petit moment, je le sentais bien.
Je soupirai, et regardai autour de moi.
Mon regard se posa sur ma valise ; les larmes gagnèrent mes yeux. Il avait pris celle que j'avais rangé soigneusement sous mon lit ; la vieille valise de mon père.
Je le bénis intérieurement.
Je m'en approchai, et l'ouvris. Il y avait enfourné mes trois pulls. Deux noirs, un crème. Mon écharpe rouge, mon bonnet assorti, ma grosse veste d'hiver. Quelques débardeurs, et trois jeans. Et des sous-vêtements, constatai-je en rougissant.
Bon, il en avait peut-être été aussi gêné que moi. Autant essayer d'oublier ce détail rapidement.
J'avais bien envie d'une douche.
Je regardai sa valise ; j'hésitais à aller l'ouvrir. J'avais l'impression de fouiller dans son intimité.
Mais après tout, c'est lui qui me l'avait proposé.
J'allais ouvrir sa valise. Et sourit. On voyait nettement que ça n'était pas la même personne qui avait fait ma valise et la sienne. Là où mes affaires avaient été empilées certes pliées mais sans logique, les affaires de Cooper étaient réparties en tas bien rangés. Avec d'un côté les serviettes, gants, trousse de toilette, et de l'autre, les vêtements. Le tout dans un ordre propre et net.
Une femme avait fait cette valise, je n'en doutais pas. Ou une vampire.
Sans plus tergiverser, je me saisis de sa trousse de toilette, d'une petite serviette et d'un drap de bain.
Je me dirigeai vers la petite salle de bain ; je posai les affaires à côté du lavabo, et sortit gel douche et shampooing.
Je me regardai dans la glace ; et sursautai.
Je ne m'étais même pas rendu compte que je portais encore la robe tachée de sang.
Fort heureusement, avec ma veste fermée par-dessus, le gérant du motel ne pouvait pas avoir aperçu les preuves de mon crime.
Mon crime. Quelle blague. Je me déshabillai, jetant mes affaires en boule dans un coin.
Énervée, je rentrai dans la douche.
L'eau chaude glissant sur mon corps me fit du bien ; je la laissais couler quelques minutes, me lavant de la lassitude du voyage, et aussi des évènements de la soirée passée.
Utiliser le gel douche de Cooper, puis son shampooing, éveilla d'étranges sensations en moi ; mais j'aimais bien.
Je retrouvais une partie de son odeur, et ça me donnait l'impression qu'il était là, avec moi. Réconfortant.
Je sortis de la douche peut-être vingt minutes plus tard, extrêmement fatiguée ; je me dirigeai vers ma valise, et passai des sous vêtements.
Mais j'eus beau chercher, je dus me rendre à l'évidence ; Cooper avait oublié de me prendre un pyjama.
Super.
J'avais une option assez simple, qui était de dormir toute habillée. Pas question. Je ne savais pas dans combien de temps j'allais avoir accès à une machine à laver, je n'allais pas commencer à salir mes vêtements. Je pouvais aussi ne porter qu'un débardeur ; mais si Cooper revenait et me voyait comme ça…
Je me mordis la lèvre.
Je retournai à sa valise, et saisis un sweet-shirt qui avait visiblement connu plusieurs guerres.
Je le portai à mon nez, presque inconsciemment.
Il avait l'odeur de Cooper. Ça me fit monter les larmes aux yeux ; pourquoi ? Qu'avais-je, à être aussi émotive en ce qui le concernait ?
Je passai le sweet sur mes épaules, et le laissai glisser contre ma peau.
Puis j'allai me coucher dans les draps frais. Je m'endormis comme une masse.
Quelques heures plus tard -je crois-, je me réveillai totalement reposée.
Je m'assis dans le grand lit ; mon regard balaya la pièce.
Et tomba sur le sandwich, le sachet de pommes, et le paquet de barres céréalières posés sur la table.
Cooper était revenu, et visiblement reparti. L'idée de l'avoir loupé me fit un léger pincement au cœur.
Mais mon estomac se rappela à moi ; je me levai, et allai manger.
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Cooper POV
J'avais trouvé rapidement un petit supermarché pour Aline ; mais j'avais bien passé une demi-heure à chercher sa bouffe, et une demi-heure de plus à payer et retourner à l'hôtel.
Quand j'étais arrivé dans la chambre, Aline dormait.
Je l'avais observé quelques instants ; puis, curieux, j'avais remarqué qu'elle portait un de mes sweet-shirt.
Ça m'avait rendu heureux. Certes, maintenant que j'y repensais, il est vrai que je n'avais pas eu l'idée de lui prendre un pyjama en faisant sa valise ; mais le simple fait qu'elle ait choisi de porter un de mes vêtements pour dormir suffisait à réchauffer mon cœur mort.
J'avais déposé ses victuailles sur la petite table de la chambre, et était redescendu sous le regard blasé du gérant du motel, mon sourire heureux toujours accroché aux lèvres.
Je m'étais rendu ainsi chez l'agent immobilier ; il avait d'ailleurs fait une drôle de tête en voyant un jeune homme d'une vingtaine d'années débarquer et lui balancer qu'il cherchait une petite maison ou un appartement à acheter dans les environs.
- Vous plaisantez ?
- Absolument pas. Écoutez… Mon beau-père, Alain Mac Pherson, ne peut pas être là pour l'instant. J'ai procuration pour acheter la maison en son nom. Et il m'a viré l'argent, aussi, fis-je en lui montrant ma carte bancaire.
Il fronça les sourcils, peu convaincu.
Mais il n'avait aucune raison de refuser de me montrer les propriétés en vente ; et en réalité, ça ne prit pas longtemps.
Sur Prince Rupert même, il n'y avait que trois maisons et deux appartements en vente.
Les maisons étaient trop grandes, ou en mauvais état.
Je demandai à visiter les appartements.
Et le deuxième que nous visitâmes me plut.
Certes, il n'avait qu'une chambre. Mais était doté d'une grande cuisine équipée, d'une belle salle de bains, et d'un salon spacieux et lumineux. Le sol était recouvert de parquet, sauf dans la salle de bain et les toilettes, où le parquet était remplacé par un carrelage blanc, net.
- Je prends celui-ci, annonçai-je.
L'agent immobilier eut un sourire un peu narquois.
- Ah vraiment ?
Je le fixai, blasé, et nous repartîmes à son agence.
Je lui tendis ma carte bancaire.
- Vous pouvez effectuer la transaction. Je paie en une fois.
Soupçonneux, l'agent voulut vérifier mes dires ; il afficha une mine surprise, puis réjouie, en voyant que je n'avais pas menti.
L'appartement m'appartenait. Enfin, il appartenait à Alain Mac Pherson sur le papier.
- Ce fut un plaisir de faire affaire avec vous, Monsieur…
- Spence. Cooper Spence.
Ça me fit penser que je n'avais pas encore révélé à Aline sa nouvelle identité.
Il faisait presque nuit -déjà- quand je regagnai le motel où j'avais laissé
Aline, ceci après avoir été acheté un pizza à emporter dans un petit restaurant. J'avais fait une sale tête en voyant tous les choix qui s'offraient à moi ; puis j'avais pris la plus simple, jambon, champignons, fromage.
Elle était assise devant la fenêtre et regardait le lumières au dehors. Elle se tourna vers moi ; un peu déçu, je constatai qu'elle avait revêtu des vêtements à elle. Mon sweet avait réintégré ma valise.
- Bien dormi ? Fis-je en lui tendant le sachet de nourriture.
Elle me sourit.
- Très bien. Et ta journée ?
Pourquoi avais-je l'impression d'être un mari rentrant le soir du travail pour retrouver son épouse ?
- Je nous ai trouvé un appart, annonçai-je avec un petit sourire.
- Oh. Il sera libre quand ?
- Demain matin, première heure.
- C'est super.
- Tu aurais préféré faire les visites avec moi ? Demandai-je, amusé.
- Non, je fais confiance à tes goûts, répliqua-t-elle.
Je souris.
- C'est bon, ce que je t'ai ramené ?
- Ouais. J'aime bien. Mais je ne finirai pas.
- Moi non plus.
Elle secoua la tête, souriant toujours.
- Je ne m'attendais pas à te revoir de la soirée.
- Il fallait bien que je t'apporte à manger.
- Il me restait des pommes, fit-elle avec un sourire malicieux ; troublé, je la regardai en fronçant légèrement les sourcils ; puis je lui souris en retour.
- Tu n'es pas une pom-pom girl anorexique. Quelques pommes ne constituent pas pour toi un repas.
Hélas, pendant les quelques secondes où je l'avais dévisagée, surpris par son changement d'humeur par rapport à ce que je lui connaissais, elle s'était à nouveau refermée sur elle-même.
Je soupirai, et me levai.
- Bon. Je vais te laisser dormir. Je ne sais pas à quelle heure tu penses te lever demain…
Elle se leva précipitamment, et se mordit la lèvre, soudain inexplicablement triste.
- Déjà ? Murmura-t-elle.
Elle avait beau l'avoir murmuré très bas, je l'avais entendu ; je la dévisageai, surpris. Elle rougit sous mon regard.
- Tu veux que je reste un peu ?
Je pouvais le comprendre. Après tout, elle se retrouvait presque seule, perdue dans une ville qu'elle ne connaissait pas, dans un pays qu'elle ne connaissait pas, après avoir perdu sa famille.
- Oh, non, tu as des choses à faire… J'allais me coucher, de toutes manières.
Je sentis tout de même poindre de la déception dans ses paroles.
Juste parce qu'elle est seule, et que tu es son point d'attache, me répétai-je silencieusement.
- Je peux rester jusqu'à ce que tu t'endormes.
Elle me regarda, une lueur d'espoir et de gratitude dans les yeux.
- Vraiment ? Ça ne te dérange pas ?
Bien sûr que non, si c'est pour faire naître ce genre de sentiments en toi.
Gratitude, et surtout l'espoir.
- Absolument pas. Faut que je me repose, aussi, fis-je avec un petit sourire en coin.
Elle me dévisagea, puis haussa les épaules, et se dirigea vers la salle de bain.
Elle en ressortit quelques minutes plus tard, portant mon sweet-shirt, et se mordillant les lèvres.
Je souris.
- Euh… ça te dérange pas si je le porte pour dormir ?
- Absolument pas.
Elle hocha la tête ; ses longs cheveux détachés couvrirent ses joues rouges. Elle se glissa sous les couvertures, à un bout du lit.
Je ne sais pas si je devais prendre ça comme une invitation, mais j'allai éteindre la lumière, puis me couchai par-dessus les couvertures, à l'autre bout du lit.
Au début, elle ne bougea pas. Puis je la sentis se détendre légèrement.
- Cooper ?
- Mmh ?
- Merci. D'être resté.
Elle me tournait le dos ; je contemplai ce que je pouvais voir d'elle quelques instants.
Au bruit de sa respiration, je sus quand elle finit par s'endormir.
Comme hypnotisé, j'avançai ma main vers ses cheveux, et les effleurai d'une caresse légère. Je laissai glisser ma main sur sa mâchoire, puis sur son épaule ; dans son sommeil, elle frissonna.
Je me levai en faisant bouger le lit le moins possible.
Je dus me retenir de toutes mes forces de déposer un baiser près de ses lèvres avant de quitter la chambre du motel.
Idiot.
