Et voilà la suite ! Réponse à ma revieweuse non inscrite ^^ :

Melo.c.42 : Merci pour ta review ! Ouais, Cooper et Aline iront loin sans doute…Mais à quel rythme ? Et surtout… iront-ils ensemble ? ;)


LOUP OU TOURTERELLE

Cooper POV

Une heure. J'avais chassé une heure entière. Pas que j'en ai eu besoin, ou que je me sois plus nourri que nécessaire. J'avais traîné.

J'étais à l'ouest. Mais carrément.

Aline m'attirait. Pourquoi ? Était-ce son humanité ? Sa fragilité ? Son caractère ? Sa chaleur ? Je n'avais jamais été attiré par une humaine. Mais ceci dit, je n'en avais jamais réellement fréquenté. Était-ce un truc de vampire de pouvoir ressentir ce genre de chose pour un être humain -cet être que nous n'étions plus ?

Rageur, je repartis en courant le plus vite possible. Vite, jusqu'à comprendre où mes pas me menaient.

L'hôtel où Aline dormait.

Je fermai les yeux ; et m'approchai du pan de mur sous lequel sa fenêtre se situait.

Je collai mon dos contre ; et me laissai aller, perdu.

Jusqu'à ce que je l'entende.

Je n'entendais pas grand-chose, entre la distance, l'épaisseur de sa fenêtre, et le chuchotement qui quittait ses lèvres ; mais je reconnus sa voix.

- Maman… gémissait-elle… Me laisse pas. Pourquoi ?

Mon cœur mort frémit ; je me dirigeai vers l'entrée, et montai. Le veilleur de nuit me regarda passer, surpris. Pourtant, je n'avais pas de sang sur mon pull. Je gravis les marches quatre à quatre ; et j'atteignis la porte de la chambre d'Aline.

Je rentrai sans faire de bruit.

Aline était au bord du lit, et se débattait dans ses draps, sourcils froncés.

- Le laisse pas nous faire ça ! Le laisse pas te détruire !

Merde. Devais-je la réveiller ? Je n'avais jamais regardé une humaine dormir. Ni quand j'étais humain, ni vampire.

Je m'accroupis à côté du lit, tout prêt d'elle.

- Aline, commençai-je à chuchoter. Aline, réveille-toi.

- Non !

Elle gigota de plus belle ; désemparé, je lui saisis les poignets.

Erreur.

Elle mit toute sa force à se débattre ; avec hargne, elle chercha à échapper à mon emprise. Et sembla se réveiller.

- Va te faire foutre ! Hurla-t-elle.

Elle ouvrit les yeux ; et se figea en me voyant. Elle était maintenant sur le dos, et j'étais penché au dessus d'elle, lui maintenant les poignets sous sa taille. J'avais posé un genou sur le lit pour garder l'équilibre.

Son cœur battait la chamade. Je la laissai reprendre son souffle quelques instants ; puis desserrai mon emprise sans la lâcher pour autant.

- Si tu veux, répondis-je, stoïque.

Stoïque… en apparence.

Elle ferma les yeux et frémit.

- Lâche-moi.

Sa voix était étranglée. Je m'exécutai, et me reculai loin, contre le mur. Elle s'assit les genoux repliés, et passa ses bras autour, le front contre.

- Tu devais chasser.

- Je suis revenu.

- Tu ne devais pas passer la nuit ici.

- J'étais resté dehors.

- Pourquoi es-tu monté ?

- Je t'ai entendu, Aline. Tu n'avais pas l'air bien.

- Comment veux-tu que j'aille bien ! Il a détruit ma famille.

Je frémis ; elle avait mis tant de douleur sans le vouloir dans ses mots. Elle tremblait. Je m'approchai à nouveau du lit, désemparé.

- Que t'a-t-il fait.

Je ne pris même pas la peine de demander qui ; je supposais qu'elle parlait de l'homme qu'elle avait refroidi. Son beau-père.

- Ça ne te regarde pas, fit-elle d'un ton qui interdisait toute objection.

- Il t'a fait du mal.

- Non ! Fit-elle d'une voix bien trop véhémente pour être honnête.

Elle se mentait à elle-même.

- C'est à ma mère qu'il a fait du mal.

- Tu crains le contact, assenai-je tout en m'asseyant en tailleur en face d'elle

- Je ne crains pas le contact, fit-elle, plongeant son regard dans le mien avec hargne.

- À d'autres.

D'un mouvement souple et plutôt rapide -pour une humaine-, elle passa ses jambes sous son corps, se mettant à genoux, et s'approcha de moi, posant ses mains sur le lit de chaque côté de mon corps, puis se pencha jusqu'à ce que nos nez se frôlent.

- J'ai l'air d'avoir peur ?

Je la saisis par la taille, et nous couchai sur le lit ; elle était maintenant sur le dos, et j'étais sur le flanc, à côté d'elle, appuyé sur un avant-bras et mon autre main toujours sur sa taille.

- Tu es crispée, fis-je en commençant à caresser doucement ses côtes du pouce.

Elle ne me quittait pas des yeux, visiblement furieuse. Elle frémit ; de rage, à en croire le regard meurtrier qu'elle me lança.

- Qui ne le serait pas ?

Je lui fis un sourire en coin.

- Tu commences à craindre les vampires ?

- Pourquoi veux-tu absolument que j'aie peur de toi ?

- Je ne le veux pas, Aline. Je suis égoïste. Ne l'oublie pas.

Elle ricana.

- À d'autres, fit-elle, reprenant les mots que j'avais déballé plus tôt.

J'haussai un sourcil, figeant ma main dans le creux de sa taille.

Elle se plaça sur le flanc, me tournant le dos.

- Je suis fatiguée.

J'aurais dû me lever, et partir.

Mais j'avais soif ; pas de son sang -enfin, pas trop, grâce à ma récente chasse. J'avais soif de sa chaleur. De son odeur. Des battements de son cœur.

J'avais soif de sa présence.

Je me collai contre elle, et passai un bras sous sa tête et l'autre autour de sa taille, la plaquant contre mon torse ; au début, elle se raidit. Puis se détendit. Se laissa aller contre moi ; et force m'était de l'admettre, nos corps semblaient avoir été créés pour s'emboîter ainsi.

Ok, peut-être n'avait-elle pas en permanence peur du contact.

Mais moi, je commençai à craindre ce qu'elle me faisait ressentir. Sans pour autant pouvoir m'éloigner d'elle.

Sa respiration finit par devenir régulière ; je glissai mon nez dans ses cheveux.

Je sentais la chaleur de sa nuque contre mes lèvres ; et j'avais envie de la mordre.

Mais j'avais encore plus envie de l'embrasser.

« Elle… C'est un loup une tourterelle… C'est un animal étonnant… »*

.

.

Aline POV

Je me réveillai entourée de quelque chose de plutôt froid ; mais j'étais sous la couverture, ça allait.

- Bonjour, fit une voix.

Je sursautai. Et soupirai. Cooper, bien sûr.

- Bonjour.

- N'aie pas l'air ravi surtout.

Je levai les yeux au ciel.

- Tu as de la chance que je sois plutôt facile à vivre dès le matin, Cooper.

Je le sentis sourire derrière moi.

- Ah ouais ? Sinon quoi ?

- J'ai mes limites quand même, fis-je en m'extirpant de ses bras pour me lever.

Je me rendis compte que je portais encore son sweet ; il m'arrivait à mi-cuisses. Je rougis, et attrapai mes vêtements. J'allai m'enfermer dans la salle de bains.

Quand je ressortis, un quart d'heure plus tard, il était habillé. Il m'attendait, appuyé contre le mur, bras croisés.

- Je t'aurais bien pris quelque chose à manger mais je ne sais pas ce que tu aimes.

- Pas grave. Ils ont, en bas.

- On descend alors ?

- Oui, fis-je en mettant mon manteau.

- Je vais descendre nos bagages. On doit rendre la chambre.

Mon ventre se contracta à cette pensée.

J'allais habiter avec Cooper.

La douleur qui hantait mon estomac tous les jours de ma vie depuis des années réapparut ; Cooper avait réussi à la faire disparaître, la nuit dernière. Mais pas définitivement, visiblement.

- Ok, fis-je d'une voix étranglée.

Je passai devant lui pour descendre ; je vis bien qu'il me lançait un regard interrogateur. Mais je ne voulais pas m'attarder, et qu'il me pose des questions.

Quand je passai devant le gars à l'accueil, le même que celui qui nous avait reçus hier, il nous lança un regard désapprobateur ; je me crispai, et lui en renvoyai un meurtrier. Je savais très bien ce qu'il imaginait ; que Cooper et moi… et je suppose que je devais lui paraître trop jeune pour ça.

Un rictus ironique et glacial déforma mes lèvres. S'il savait. Je me dirigeai vers le buffet de petit déjeuner.

Le fait est que Cooper jusque là se comportait en parfait gentleman. Il était bien souvent semblable par son comportement aux jeunes de notre âge ; mais derrière cette façade il me semblait bien au contraire plus mature. Très différent. J'avais l'impression qu'il jouait un rôle en présence d'êtres humains ; un rôle qui quelque part, ressemblait à une insulte. Comme s'il se moquait de nous. Et je regrettais qu'il joue ce rôle avec moi.

J'aurais voulu le connaître vraiment ; savoir qui il était au fond de lui, le découvrir.

Je n'avais jamais ressenti ça pour un être humain. Mais après tout, lui n'était pas humain. Était-ce ça qui m'intriguait chez lui ?

Une fois que j'eus posé sur un plateau deux tranches de pain, une espèce de marmelade qui se voulait « confiture de fraise », et une tasse de café tirée à la machine, j'allai m'asseoir à une table. Cooper, après avoir déposé nos bagages dans la voiture, était resté tout le temps appuyé contre un mur, me regardant faire ; j'avais essayé de l'ignorer, mais son regard fixement posé sur chacun de mes mouvements me rappelait à sa présence.

À peine fus-je assise, qu'il vint nonchalamment prendre place en face de moi. Allez comprendre pourquoi, je me renfrognai. Peut-être parce qu'il semblait si à l'aise, si dans son élément, que je me sentais étouffer ; ou peut-être parce que quand il avait traversé la salle, les femmes présentes l'avaient regardé avec une envie plus qu'évidente. Elles ignoraient sa vraie nature.

Et alors ? Toi, cette nature ne te gêne pas…

Je chassai mes pensées d'un claquement de langue agacé. Cooper me lança un regard interrogateur ; je haussai les épaules et commençai à manger.

- Tu bois du café ? Commença-t-il.

- Oui.

- Ce n'est pas meilleur pour votre santé, le lait ?

Je levai les yeux vers lui.

- Je déteste le lait.

Nous nous affrontâmes du regard ; et il eut un petit sourire. Comme s'il pensait… quelque chose du genre « ça ne m'étonne pas ». Il garda le silence quelques instants, alors que je continuai à déjeuner, puis reprit la parole.

- Tu n'es pas très prolixe.

- Je t'ennuie peut-être ?

- Absolument pas. Je suis simplement surpris.

- Bien, soupirai-je. Il est normal que tu sois surpris ; après tout, sur ce point nos comportements diffèrent.

Je savais qu'il n'avait pas compris ce que je voulais dire par ces mots ; j'attendais que sa curiosité l'emporte.

Gagné ; il haussa un sourcil.

- Je ne te suis pas.

Je souris, et me penchai par-dessus la table ; j'ancrai mon regard au sien, et murmurai.

- Tu n'es pas humain ; et tu te sens obligé de jouer un rôle en société. Je suis humaine ; mais moi, peu m'importe de rentrer dans le moule. N'attends pas de moi que je me mette à babiller sur tout et rien pour te paraître « dans la norme ».

Au début, il resta droit dans sa chaise, semblant méditer ce que je venais de dire ; ou plutôt chercher une réponse. Puis il se pencha vers moi, jusqu'à ce que nos yeux ne soient plus qu'à quelques centimètres les uns des autres. Il aurait respiré, j'aurais pu ajouter que nos souffles se mélangeaient.

- Pendant des siècles, j'ai fait comme toi, tu sais. J'ai refusé de m'intégrer. Puis Bella a fait son entrée fracassante dans ma petite existence égocentrique ; et j'ai appris à être heureux.

Je tressaillis, et me reculai.

- Des siècles ?

Il soupira.

- Ouais.

- Combien ?

Il ne me répondit d'abord pas. Je penchai la tête sur le côté.

- Quel âge as-tu, Cooper ?

Il me regarda, ennuyé ; puis détourna les yeux.

- Je suis né en 1784. Et mort en 1805.

Je pris quelques secondes pour digérer l'information ; il ne me vint même pas à l'idée de le reprendre sur le fait qu'il disait être « mort ».

- Tu as 324 ans ? Murmurai-je

Il haussa un sourcil.

- Beau calcul.

- Je te remercie, raillai-je.

- Bien conservé, pour un petit vieux, essaya-t-il de plaisanter.

Mais quelque chose d'amer avait terni ses paroles.

- Tu… ne vieillis pas ?

- Non. J'aurais toujours 21 ans.

- Ce n'est pas le pire âge pour avoir été… transformé.

Il haussa les épaules.

- Alain ne se porte pas mal, du haut de ses 52 ans.

- Alain ?

- Il te sera présenté, éluda-t-il.

- Oh.

J'avais fini mon déjeuner ; je me mordis la lèvre, me retenant de continuer mes questions ; puis me levai brusquement, et attrapai mes affaires.

Cooper suivit mon mouvement, et me passa devant pour aller régler la note d'hôtel. Je fronçai les sourcils, mal à l'aise ; je savais qu'il était plein aux as ; en plus de 3 siècles, ça s'expliquait. Mais ça me gênait.

C'était décidé, j'allais me trouver un petit travail ; je n'avais que 17 ans, et alors ? Je ne voulais pas qu'il prenne tout en charge.

En revanche, je gardai cette décision pour moi. Quelque chose me disait qu'il ne serait pas d'accord ; il allait devoir faire avec.

Une fois qu'il eut réglé, il vint me tenir la porte ; sa galanterie m'étonnait moins, maintenant que je savais à quel époque il avait grandi…

J'allai jusqu'à sa voiture et y montai.

- Au fait, fit-il en s'installant au volant. Tu t'appelles Aline Wingley.

Je tressaillis ; puis fis un effort pour retenir ce nouveau nom de famille.

- Très bien. Et toi ?

- Cooper Spence, fit-il avec un sourire en coin. Enchanté.

Je souris ; il démarra.

- Direction l'agence immobilière. Des clés à récupérer.

.

.

Cooper POV

Cette humaine m'énervait.

Elle m'intriguait. J'avais envie de tout savoir d'elle ; mais vraiment tout. Jusqu'à ses moindres pensées, ses moindres sentiments. J'avais envie de savoir s'il y avait d'autres choses que le lait qu'elle n'aimait pas. Et ce qu'elle aimait. Ce qui l'intéressait.

D'où lui venait ce sang froid dont elle faisait preuve quand elle me parlait, se rapprochait de moi, s'éloignait. De savoir pourquoi quand elle disait qu'elle ne voulait plus vivre, son cœur et tout son corps se rebellaient et la tiraient vers le haut.

Car elle n'en avais pas conscience, mais je réussissais à voir les fibres de son être s'exprimer. Quand la colère, la peur, la tristesse, mais encore et surtout cette rage qui la caractérisait enflammaient ses yeux. Quand ses muscles se raidissaient parce que j'étais trop proche, ou parce que d'autres le regardaient et la jugeaient. Quand elle frissonnait, me défiait mais s'arrêtait à temps -avant que je ne perde le contrôle, d'une manière ou d'une autre.

On ne pouvait décemment pas dire que je connaissais cette fille. Pas dut tout. Elle était bien trop renfermée, bien trop indépendante ; du moins la plupart du temps. Mais j'étais pourtant la personne la plus proche d'elle ; les deux seules qui avaient eu l'occasion d'en savoir plus sur sa vie étaient mortes.

Je nous garai devant l'agence immobilière où j'avais acheté « notre » nouvel appart, hier.

Quand je descendis de voiture, le guignol en costard nous accueillit avec un grand sourire.

- Monsieur Spence ! C'est un plaisir de vous revoir, fit-il en regardant avec surprise en direction d'Aline, restée dans la voiture.

Je me plaçai dans son champ de vision, mû par une impulsion que je ne comprenais pas moi-même.

- Je n'en doute pas, répondis-je.

- Bien… Je suppose que vous venez récupérer les clés de votre nouveau chez-vous ?

- C'est la raison de ma visite, souris-je.

- Très bien, euh… Je vous en prie, suive-moi à l'intérieur. J'ai un papier à vous faire signer, et elles seront à vous.

J'apposai ma signature en bas d'un contrat que l'agent scanna immédiatement ; puis il me tendit deux jeux de clés.

- Eh bien voilà. Je n'ai pas besoin de vous raccompagner à votre nouveau chez-vous ?

- Non, merci. Je me souviens du chemin.

- Je vous souhaite une bonne journée.

- De même, fis-je en tournant les talons.

Je sortis, et remontai en voiture, énervé ; et le pire, c'est que je ne savais même pas pourquoi.

Derrière la vitre de l'agence, je surpris le regard de l'homme. Je démarrai en trombe, et nous éloignai de ce type.

J'arrivai rapidement au petit appartement ; je me tournai vers Aline après avoir coupé le moteur.

- Et voici les clés, fis-je en lui tendant le trousseau.

Elle le prit, ne me lâchant pas des yeux. Puis fit un petit sourire.

- C'est super ça. Mais… c'est quelle porte ?

Je ris, et sortis. Je fis le tour de la voiture, mais Aline sortait déjà ; je n'aurais pas l'occasion de lui ouvrir la portière. Comment faisait Edward, avec Bella ?

Penser à eux me serra le cœur ; je ne sus pas pourquoi. Mais je me détournai, et précédai Aline jusqu'à l'entrée de l'immeuble dans lequel se trouvait… son appartement.

- C'est au huitième étage, fis-je en la guidant jusqu'à l'ascenseur.

Elle hocha la tête.

Nous arrivâmes enfin devant sa porte.

- Quatre-vingt huit ? Fit-elle, surprise.

Je la regardai, me demandant ce qui venait de lui traverser l'esprit.

- Le huit est mon chiffre préféré, dit-elle simplement en ouvrant la porte.

- Pourquoi ?

Elle se tourna vers moi, et haussa un sourcil.

- Faut-il qu'il y ait vraiment une raison ?

Je réfléchis quelques instants, puis lui souris.

- Avec toi, rien n'est dû au hasard. C'est du moins l'impression que tu donnes.

Elle laissa échapper un rire sec, et poussa la porte ouverte.

Ses yeux s'écarquillèrent, et elle resta bouche bée quelques secondes.

- Mais c'est immense !

- C'est un appart deux personnes, répondis-je simplement.

Il était pas si immense ! Dans les soixante mètres carrés, me semblait-il.

Elle rentra ; et avant de la suivre, j'eus le temps de voir un tout petit rai de lumière au niveau du judas de la porte d'en face. Je souris. Un voisin curieux ? Il allait falloir aller se présenter.

Je refermai derrière nous. Aline était déjà arrivée dans le salon, et regardait par la grande fenêtre.

- Tu aimes ? Demandai-je.

- Oui. C'est joli, vraiment.

Elle continua son tour ; et fronça les sourcils en arrivant devant la chambre.

- Il n'y en a qu'une, constata-t-elle.

- J'avais cru remarquer, répondis-je calmement.

Elle se tourna vers moi.

- Tu as un autre appart ? Me questionna-t-elle, sincèrement surprise.

- Non, souris-je. Je prendrais le canapé ne t'en fais pas.

Elle s'empourpra. Mon cœur fit un bond dans ma poitrine.

- Non, je ne voulais pas dire… Enfin, je me doute bien que tu ne pensais pas à… Mais, tu ne peux pas dormir sur le canapé toute l'année !

C'était ça son problème ? Mon confort ? J'éclatai de rire.

- Ok, Aline, je ne t'ai pas tout dit.

Je me rapprochai d'elle ; elle se recula, mais buta contre le mur.

- Les vampires ne dorment pas.

- Jamais ? Déglutit-elle.

- Jamais. Je n'aurai même pas besoin d'un toit pour la nuit, tu sais, fis-je en me reculant brusquement. Tu n'auras qu'un mot à dire, si tu veux que je te laisse seule, je te laisserai.

Elle sembla y réfléchir ; puis secoua la tête, chassant ses pensées.

- Ok, répondit-elle simplement.

Elle refit un rapide tour, puis se tourna vers moi.

- On va chercher les valises ?


* Extrait de la chanson Elle, de Didier Barbelivien. Ne me demandez pas comment je connais, question de culture… lol. Et cherchez pas, c'est bien le seul passage de cette chanson qui peut correspondre à Aline… mdr