Bon ben euh… je tiens à m'excuser de vous avoir fait patienter deux petites semaines pour ce chapitre ^^' (et encore plus pour Retrouvailles…). Petit ennui, ça ne risque pas de s'arranger dans l'immédiat, à cause de mes partiels imminents et que je n'ai pas encore révisés (OUUUUUH vilaine), mais je trouverai toujours du temps pour vous, ne vous en faites pas !
Alors merci de vos reviews, sans lesquelles je ne posterai sans doute plus à l'heure qu'il est ^^ ! Et merci de votre fidélité à tous mes lecteurs !!!
Réponses aux reviews anonymes :
Alors je commence par la moins anonymes des deux, mon Revieweur très très masqué. Mais qui peut-il bien être ? Si jamais je n'avais pas reconnu le style littéraire, le fait que tu aies fait l'amalgame entre Darcy et Cooper (et oui ! Tu as enfin fait une erreur ! Faut que jcorrige le titre de mon OS au fait -_-) m'aurait éclairée sur ton identité… Bon ton analyse psychologique est tout simplement… épatante. Un conseil : ne pars pas en licence de psychologie ; tu t'ennuierais. En revanche, deviens écrivain quand tu seras grande ! Ta capacité à analyser des personnages relève du génie (ça va, les chevilles ?). Tu vas pouvoir t'en donner à cœur joie à analyser le rêve que j'ai décrit un peu plus bas ! Oh et pour le Wingley… Fichtre, je n'y avais pas réfléchi ! Je crois que c'est parti en pensant à Windsor H. Lockwood troisième du nom (petit clin d'œil à celles et ceux qui reconnaîtront !), et le -Gley est venu se greffer dessus… peut-être bien pour une obscure raison d'adoration de l'œuvre de Jane Austen, je suppose que mon ça, mon moi ou mon surmoi (ou les trois) a voulu s'exprimer… Oh, tu n'oserais pas m'analyser psychologiquement quand même ?
Melo.c.42 : « On avance, on avance on avance… » Oui, puisque visiblement nous semblons avoir quelques références communes (bien que je n'écoute pas Didier B. d'une manière générale, mais il fait partie des décennies dans lesquelles il m'arrive de me plonger ^^), je commence ma réponse à ta review par un extrait musical… Que beaucoup ont la capacité de reconnaître quand même ! Aline et Cooper avancent, c'est indéniable. À petits pas, mais quand même… oh, et P.S : ne te sens pas obligée de te faire un compte sur le site… c'est surtout utile pour poster des fics ou échanger des messages privés, mais juste pour des reviews… ^^
Voilà ! Place à l'histoire !!!! Je vous embrasse tous ^^
CAUCHEMAR
Aline POV
Cooper s'était éloigné, recevant un appel. Au début, j'étais restée à contempler la ville par la fenêtre ; puis j'avais décidé de sortir. Sans un mot. Je savais qu'il me retrouverait ; il me trouvait toujours.
J'étais partie, prenant soin de refermer doucement la porte ; puis j'avais pensé au fait qu'il devait m'avoir entendu malgré tout.
Je me dirigeai assez rapidement vers l'ascenseur ; descendis au rez-de-chaussée, et sortis de l'immeuble.
Je commençai à me diriger au hasard des rues. Je n'avais aucune idée de ce que je faisais, ni d'où j'allais.
Et je ne parlais pas que de ma promenade.
C'est uniquement quand je me retrouvai face à la mer que je compris que Cooper me suivait. Pourquoi ?
Les regards étonnés des gens en direction de mon dos. Et leurs commentaires. « T'as vu ce gars ? Il est un peu bizarre quand même. Qu'est-ce qu'il fait planté là sous la pluie ? »
Qu'est-ce qu'il fait là ? Oui, c'était une bonne question. Qu'est-ce qu'il faisait là dans ma vie ?
La pluie commença à tomber plus fort ; mais n'eut pas le temps de me mouiller. Car une ombre s'était développée au-dessus de moi. Un parapluie, que Cooper tenait ouvert. Je lui jetai un regard ; il était tourné vers la mer, comme moi. Il ne parla pas.
« Des nouvelles de Forks ? Demandai-je, faisant référence à son coup de fil.
- Oui. Ils te croient morte. Mais n'en auront la preuve que tout à l'heure.
- Bien. »
Il se tourna vers moi.
« On va faire des courses ? »
J'hochai la tête, et nous tournâmes le dos à la mer.
Cooper POV
Bella m'avait appelé tout à l'heure pour me dire que les corps avaient été découverts et me transmettre les premières conclusions du shérif ; ça s'annonçait plutôt bien pour Aline.
J'avais entendu la porte s'ouvrir et se refermer doucement. Immédiatement, je m'étais tendu, aux aguets ; Aline n'était plus là. Le temps que je finisse ma conversation sans inquiéter Bella, elle était même sortie de l'immeuble.
Ceci dit, grâce à mes sens surdéveloppés, je n'avais pas mis longtemps à la retrouver, parcourant les rues. Pas que j'aie eu peur qu'elle se perde ; les rues de Prince Rupert étaient plutôt parallèles les unes aux autres -ou perpendiculaires. Je l'avais suivie, de loin ; après tout, si elle avait tenu à s'isoler, je n'allais pas venir la coller. Mais la pluie avait commencé à tomber, un peu ; j'étais entré dans une boutique acheter un parapluie, dont je l'avais abritée quand l'averse s'était abattue sur la ville.
Je la guidai vers un petit centre commercial ; la cuisine de l'appartement étant déjà équipée, nous n'avions pas besoin de beaucoup d'appareils. Aspirateur, télévision, machine à laver, entre autres. Pour le prix que je payai, la livraison était comprise.
Nous déjeunâmes ; ok, elle déjeuna, dans une petite cafétéria. Les gens nous dévisageaient ; mais Aline était dans sa bulle, et moi, j'essayai d'y rentrer.
« On reprend le lycée lundi. Ça va aller ?
- Ouais, ça va aller, soupira-t-elle.
- Tu n'auras eu qu'une semaine de vacances au lieu de deux, souris-je.
- Pas grave, fit-elle en haussant les épaules. De toutes façons, à l'appart, je risquerais de m'ennuyer. »
Je fis la moue, et elle rougit.
« Le prends pas pour toi… Je…
- C'est bon, Aline, ris-je.
- J'ai pas l'habitude… »
J'attendis, mais elle ne finit pas sa phrase. Elle se replongea dans son assiette, mangeant sans appétit.
« Aline ?
- Oui ?
- Dans deux semaines… ce sera la rentrée à Forks.
- Je sais, fit-elle en fronçant les sourcils.
- Je vais devoir y retourner. Une semaine, ou deux. Ça serait étrange, sinon… tu comprends ? »
Nous nous fixâmes quelques secondes ; puis elle baissa les yeux, et picora à nouveau dans son assiette.
« Oui, répondit-elle d'une voix détachée.
- Je ne te laisserai pas seule.
- Tu ne veux pas me ramener à Forks, quand même ? »
Je ne décelai même pas de trace de panique dans sa voix ; cela me fit froncer des sourcils. Elle était complètement déconnectée ou quoi ?
« Non. C'est un vieil ami qui va venir avec toi.
- Un vieil ami ? Reprit-elle vaguement. Il a quel âge celui-là ? »
Je ris.
« Un certain nombre d'années. Il s'appelle Alain.
- Ah… celui que tu as évoqué ?
- Oui. Il saura être discret, ne t'en fais pas.
- Je m'en doute, soupira-t-elle. »
Je me mordis la lèvre, indécis.
« Tu… ça ira au lycée ? »
Elle planta son regard indéchiffrable dans le mien. Un silence plana quelques longues secondes ; puis elle me demanda :
« Tu aimerais que je m'intègre ? Tu as peur que je ne survive pas deux semaines sans toi ? »
Je pris un coup au cœur.
Non, je n'ai pas spécialement envie que tu t'intègres.
Quel était mon problème ? Qu'est-ce qui me rendait si possessif ?
Et si elle laissait quelqu'un rentrer à nouveau dans sa vie… Qu'est-ce que je craignais le plus ? Qu'elle me laisse tomber ? C'était la meilleure chose à souhaiter pour elle, pourtant. Car de toutes façons, si dans un an elle choisissait de vivre -et je refusais l'autre option-, je ne pourrai pas rester à ses côtés. Tant que les Volturi feraient régner la loi, ce ne serait pas envisageable. Aussi, il valait mieux pour elle qu'elle rencontre des personnes qui sauraient la relancer dans la vie.
Mais ne craignais-je pas plutôt que si elle laissait rentrer quelqu'un dans sa vie, celui-ci la fasse souffrir ?
Je ne voulais pas la voir souffrir. Jamais.
Je me rendis compte que je n'avais toujours pas répondu à sa question quand elle reprit la parole.
« J'ai passé la plupart de mes années lycée seule ; je n'en suis pas morte » railla-t-elle.
Je la fusillai du regard. Mais elle le maintint.
« Ce n'est pas mes camarades de lycée qui m'ont donné une raison de me coller une balle dans la temps, lâcha-t-elle.
- Qu'est-ce, alors » demandai-je, saisissant la perche.
Son regard se fit dur ; puis elle se cala dans sa chaise, et se fit pensive.
Avant de capturer à nouveau mes yeux.
« Bella et Edward. Alice et Jasper. Rosalie et Emmett. Le médecin et sa femme… Esmée. »
Elle s'approcha de la table, et y posa ses coudes.
« Et toi, Cooper ? Tu n'es pas accompagné ? »
Je tressaillis. Elle me regardait droit dans les yeux, l'air fermé ; aussitôt, des images d'Elizabeth me revinrent en masse, et je serrai mes poings.
« Non. Grondai-je.
- Pourquoi ? Ta réaction m'amène à penser que ce n'est pas parce que tu ne l'as pas rencontrée. Ton « âme soeur », fit-elle en mimant des guillemets. »
Je me penchai vers la table, me rapprochant d'elle.
« Ne me pose plus cette question. Ça ne te regarde absolument pas. »
Contre toute attente, elle me sourit.
« C'est là que je voulais t'amener. Tu as tes secrets, et les questions que tu ne veux pas évoquer. Moi aussi. »
Je sursautai et me reculai, ébahi… et énervé, je devais bien le reconnaître.
Celle-là, je ne l'avais pas vu venir. Elle avait réussi à m'amener sur un terrain qu'elle avait deviné glissant. Je soupirai. J'étais piégé.
« On n'a plus qu'à acheter de l'alimentaire maintenant, dis-je d'une voix froide.
- Allons-y » répondit-elle.
J'allai payer, et nous nous dirigeâmes à nouveau vers le centre commercial.
Curieux, j'observai ce qu'elle choisissait dans les rayons. Quelques fruits, des légumes en conserve, de la viande… Pain de mie, eau… Au final, j'avais l'impression qu'elle faisait simple. C'est quand nous arrivâmes au rayon hygiène que j'arrêtai de tout décortiquer, gêné.
À un moment, elle se figea, et se fit pensive.
« Un problème ? » Demandai-je.
Elle me jeta un regard.
« Je me demandais si ça n'allait pas te gêner…
- Quoi donc ? » fis-je, curieux.
Elle attrapa un petit paquet violet, et me le montra.
Des serviettes hygiéniques. Évidemment, elle me demandait si l'odeur du sang, plus forte durant… certaines périodes, n'allait pas me déranger. Je me grattai la tête. Le pire dans l'histoire, c'est qu'elle avait l'air plus à l'aise que moi de me poser ce genre de question.
« Ne t'étonne pas si tu me vois un peu moins… une semaine par mois. »
Elle sourit.
Sur le chemin de retour à l'appartement, nous ne parlâmes pas. Ce silence me dérangeait ; j'avais l'impression de sentir Aline s'éloigner de moi. Peu à peu, mais sûrement. Ça me brûlait de l'intérieur.
Il fallait qu'on parle. Qu'on essaie de rétablir cette connexion… qu'il m'était arrivé de sentir avec elle, au début où je l'avais connue.
Dès qu'elle eut passé la porte de l'appartement, je rentrai et la refermai derrière nous.
« Aline » dis-je d'une voix sombre.
Elle se retourna ; je la repoussai jusqu'au mur le plus proche et la coinçai entre mes bras.
Ne pas toucher sa peau. Ne pas se concentrer sur sa chaleur.
« Révèle-moi un truc, demandai-je d'une voix vibrante. N'importe quoi. »
Elle fronça les sourcils ; j'entendis son cœur s'accélérer. La soif monta en moi ; je bloquai ma respiration. J'avais besoin qu'elle me dise quelque chose, qu'elle me laisse apprendre à la connaître.
« N'importe quoi ! L'implorai-je.
- Le huit, fit-elle. C'est mon chiffre préféré… parce que c'est aussi le symbole de l'éternité. »
Je tressaillis, surpris. Et vins la fixer droit dans les yeux.
« Et tu aimes le symbole de l'éternité, toi qui tiens tant à abréger ta vie ? »
Elle sourit d'un air amer.
« Réfléchis, Cooper. Quelle est la seule chose éternelle ? »
Je fronçai les sourcils ; et la réponse qu'elle attendait me sauta à la figure.
La mort. Seule la mort est éternelle.
« L'amour peut l'être aussi, fis-je en la sondant du regard.
- Oh, penses-tu ? Je n'y mettrais pas ma main à couper. »
Je m'éloignai d'elle, la libérant. Elle se dégagea du mur. J'aurais pu répondre qu'il l'était, dans le monde des vampires. Je songeais à Bella et Edward, et aux autres Cullen. Mais je ne voulais pas m'engager sur ce terrain ; car il m'amenait à penser que moi aussi, j'étais amoureux. D'un amour qui ne pourrait plus jamais se concrétiser.
Du moins, tout ça, c'est ce que je pensais quelques temps auparavant. Mais plus Aline me fixait dans les yeux, plus le doute s'emparait de moi.
Et si je m'étais trompé…
Si l'amour n'avait rien d'éternel ? S'il pouvait, à la force du temps, être oublié ? Cela faisait plus de trois siècles que j'avais perdu Elizabeth. Et déjà, à mesure qu'Aline me défiait du regard, son absence me semblait moins douloureuse. Je frémis.
« C'est ton tour, fit-elle.
- Mon tour ?
- Dis-moi quelque chose sur toi. »
Je souris.
« Confidence pour confidence ?
- Un problème avec cette idée ?
- Aucun. »
Je réfléchis quelques instants.
« Les raisins » fis-je.
Elle haussa les sourcils. Je complétai :
« C'était mon fruit préféré. Quand j'étais humain. Ça fait partie… de ce qui me manque le plus. »
Je déglutis. Elle semblait songeuse.
« C'est l'odeur du shampooing que j'ai acheté tout à l'heure, constata-t-elle.
- Je sais »
C'est d'ailleurs grâce à ça que je m'en étais souvenu. Quand elle avait ouvert le flacon pour le respirer, l'odeur m'avait atteint, et touché. Parmi les odeurs des composants chimiques, celle du fruit avait éveillé en moi des souvenirs que j'avais enfouis ; le raisin que je piquais à mes voisins, dans leurs vignes vertes où j'allais jouer, à 8 ans, avec les autres enfants de mon village. Le raisin avait toujours été mon fruit préféré, car il avait un goût d'interdit et de bonheur.
Je frémis, et me détournai. Je sentais le regard d'Aline sur moi ; puis elle bougea, et se rendit dans le salon, se plaçant devant la fenêtre.
« On a des voisins, au fait, non ? » Demanda-t-elle.
Je souris, repensant au rai de lumière à travers le judas du 87, ce matin, quand Aline avait pour la première fois ouvert la porte de… notre appart.
« Au moins un curieux, oui. Tu veux aller te présenter ? »
Elle haussa les épaules.
« Il fait moche, de toutes façons. Allons-y ! »
Nous ressortîmes et allâmes sonner à la porte d'en face.
C'est une vieille dame à l'air méfiant qui nous entrouvrit.
« Bonjour ! Nous sommes vos nouveaux voisins. »
Aline POV
La dame d'en face avait l'air plutôt gentille. Mais… elle m'indifférait. Et ce vide dans mon cœur commençait à me brûler.
Quand nous revînmes dans l'appart, mon ventre se mit à gargouiller.
« Tu m'excuses ? Demandai-je en allant me préparer à manger.
- Mais bien entendu, sourit-il.
Je me fis cuire un steak et des petits pois en conserve puis mis la table -pour une personne. Cooper me regarda m'afférer.
Une fois que ce fut près, j'allai m'asseoir à la petite table de la cuisine ; il ne bougea pas.
« Tu te nourris tous les combien ? Lui demandai-je, curieuse.
- Quand la soif se fait sentir. Avant, on va dire une fois par semaine. Mais je crois qu'il va falloir que je revoie ma fréquence à la hausse » répondit-il pensivement.
Je rougis, comprenant qu'il faisait allusion à… mon sang. Il sourit.
« C'est une mauvaise idée de rougir en présence d'un vampire, tu sais. »
Je le fusillai du regard.
« C'est physiologique. »
Il rit ; puis se calma et me dévisagea bizarrement. Je finis de manger et me levai pour débarrasser, mal à l'aise.
« Pourquoi t'attaches-tu les cheveux ? » Demanda-t-il
Je me tournai vers lui.
« Pourquoi me demandes-tu ça ? »
Il s'approcha de moi lentement, ancrant son regard au mien ; mon cœur s'accéléra, alors que je me sentais comme hypnotisée. Qu'est-ce qui m'arrive… Il était désormais assez proche pour que je puisse sentir son odeur ; toute aussi attirante que sa froide beauté.
Je n'avais jamais réagi ainsi à la proximité d'un homme.
« Parce que tu es plus jolie quand tu les libères. »
Mon cœur loupa un battement ; mais je m'efforçai de reprendre contenance. C'est d'une voix rauque que je lui répondis.
« Eh bien, tu tiens ta réponse alors. Peut-être que je ne veux pas qu'on pense à moi comme « une fille jolie » »
Il fronça les sourcils, puis rit en secouant la tête. Son regard se fit intense quand il redevint sérieux. Il tendit la main vers mes cheveux, et fit glisser l'élastique qui les retenait. Ils s'abattirent en cascade sur mes épaules ; Cooper me dévisageait toujours avec intensité. Il joua quelques instants avec mon élastique, puis me le présenta du bout des doigts.
« Tu crois vraiment que grâce à ce minuscule accessoire, tu vas pouvoir passer inaperçue ? »
Je déglutis, et récupérai mon élastique.
« Je vais me coucher » annonçai-je.
Je quittai la cuisine pour la salle de bain ; et une demi-heure plus tard, douchée et lasse, j'allai me coucher dans mon nouveau lit.
.
.
D'abord ma maison qui s'écroulait. Sans bruit. Je la regardais, incapable du moindre mouvement ; les briques éparpillées commencèrent à disparaître.
En fait, je ne sais pas vraiment si c'était les briques qui disparaissaient, ou si c'était le noir qui gagnait. Une ombre noire, qui s'étendait.
Je commençai à reculer ; mais une lueur blanche attira mon regard.
Un cheval. Le blanc, c'était un cheval. L'ombre arrivait droit sur lui ; je criai « Va-t-en ! Enfuis-toi ! LE LAISSE PAS NOUS FAIRE ça ! »
Le cheval ne bougeait pas. Il ne me regardait pas. Ne m'entendait pas. Je m'approchai de lui ; mais à chacun des mes pas, le froid m'engourdissait un peu plus. Et j'avançais si lentement… Le cheval tourna sa tête vers moi, et je me figeai, horrifiée ; il n'avait plus d'yeux.
L'ombre noire le recouvrit.
Mon cœur me criait de partir ; mais mon corps refusait d'obéir. Je sentis soudain mes genoux trembler ; c'était très douloureux.
Mon corps tombait. Mais je pensais encore au cheval. Le cheval. « LE LAISSE PAS TE DETRUIRE ! » lui criai-je, espérant qu'il y avait encore quelque chose à faire. J'avais besoin de lui pour m'enfuir, je le sentais. Seul un cheval aurait été assez rapide. Mes genoux me forcèrent à m'agenouiller. L'ombre me rattrapait ; je sentais ses doigts froids partout sur moi. La peur me paralysa, alors que je hurlais mon dégoût.
« Aline », entendis-je. « Aline »
Quelque chose se produisit ; dans un dernier sursaut, mon corps se retourna. Sans ma volonté. Moi, je voulais lutter, et toujours regarder si je voyais réapparaître le cheval.
Mon corps se retourna, et je vis un mur.
Et me réveillai dans un sursaut.
Cooper POV
Aline était encore en plein cauchemar. Et je ne savais pas quoi faire. Ne pas l'attraper, j'avais cru comprendre. Ne pas la toucher. Je l'appelai par son prénom. « Aline… Aline ! »
Elle se réveilla enfin, et se redressa d'un bond. J'étais penché au-dessus d'elle ; je reculai en toute vitesse à l'autre bout de la chambre.
Elle me fixa, hagarde, essoufflée. Et fit la seule chose à laquelle je ne m'attendais pas.
Elle éclata en sanglots.
Elle cacha son visage dans ses genoux repliés, glissa les mains dans ses cheveux défaits. Et elle pleura, d'une manière qui me déchira à l'intérieur. Paniqué, je me rapprochai d'elle, et vint m'agenouillé en face d'elle sur le lit.
« Le cheval, murmurait-elle. Je n'ai pas réussi à le sauver. Il l'a englouti. »
Mon cœur mort eut un soubresaut. Elle me parlait. Elle semblait prête à me raconter son rêve.
« Qui ? Qui a englouti le cheval, Aline ?
- L'ombre. L'ombre noire. »
L'ombre noire.
« Et toi ? Où es-tu ?
- Je ne sais pas. Je ne sais plus, ma maison… s'est écroulée.
- Quand ? Quand s'est-elle écroulée ?
- Juste avant que l'ombre n'apparaisse » fit Aline en éclatant à nouveau en sanglots.
Je la serrai dans mes bras, cherchant à mettre fin à ses pleurs ; je ne me dis que trop tard que c'était peut-être une erreur. Peut-être avait-elle au contraire besoin d'espace.
Elle mit fin à mes questionnements en se collant contre moi ; je bougeai légèrement, et elle se retrouva nichée en boule au creux de mes bras.
Je la serrai un peu plus fort, faisant malgré tout attention à ne pas la broyer.
Son cœur finit par retrouver un rythme normal.
Une fois que sa respiration se refit régulière, elle chercha à s'éloigner ; je la relâchai, et elle me regarda. J'eus peur de lire sur son visage cet air renfermé qu'elle affichait d'ordinaire ; mais il en était tout autre.
C'est de la détresse qui agrandissait ses yeux.
« Tu fais toujours le même cauchemar ? » lui demandai-je.
Elle hocha la tête. Puis sembla se souvenir d'un détail.
« J'ai entendu mon prénom.
- Je t'ai appelée, lui dis-je, fronçant les sourcils.
- D'accord. Mais quelque chose a changé. »
Je penchai la tête sur le côté, grave.
« Quoi ?
- Le mur, fit-elle. Il n'y avait pas de mur avant. »
Je ne répondis pas ; ce n'était pas à moi qu'elle s'était adressée. Son visage s'était à nouveau clôt ; mais cette fois, ça ne me fit pas mal comme d'habitude. Je compris que cette fermeture n'était pas un moyen de défense contre moi ; mais contre elle-même. Contre ce cauchemar qu'elle cherchait à refouler.
Elle se recoucha sur le côté.
« Veux-tu que je reste avec toi, Aline ? Lui demandai-je.
- Non. »
Sa réponse fusa, dure, et me fit mal. Mais je l'acceptai.
« Si tu refais un cauchemar, que dois-je faire ? »
Elle ne répondit pas tout de suite. Puis se décida.
« Laisse-le se terminer. Laisse l'ombre gagner. »
Je n'étais pas d'accord avec ça ; je ne voulais pas laisser l'ombre gagner. Mais c'était ce qu'elle voulait ; et puis, après tout, significatif ou pas, ce n'était qu'un cauchemar. Il ne pouvait pas la tuer n'est-ce pas ?
Je quittai sa chambre, la laissant seule face à ses démons.
Vous vous demandez si cette histoire de cauchemar aura une importance par la suite ? Je vous répondrai que oui, bien sûr ;). Je ne suis pas une pro de l'interprétation des rêves, loin de là ; mais j'ai cherché quelques symboles, et bâti une situation et un enchaînement d'évènements à partir de mes propres ressentis ; pour la suite et la décortication, ça viendra dans les prochains chapitres…
