Bonjour tout le monde !

Me revoilà avec un nouveau chapitre, que je me suis dépêchée de terminer pour vous l'offrir en cadeau de Noël ! J'espère que dans mon empressement je n'ai pas négligé la qualité ! La rentrée d'Aline et Cooper est prévue pour le chapitre suivant…

Alors j'espère que vous avez passé un excellent réveillon, je sais que ce n'est pas le cas de tout le monde sur la planète. Je vous souhaite un très joyeux Noël, et je reviendrai vous souhaiter la bonne année ! J'espère que notre célèbre bonhomme tout de rouge vêtu aura comblé vos souhaits !

Réponse aux reviews anonymes :

Aurélie : Et oui, très très tourmentée Aline ! Et pour le premier baiser… aucune idée ^^' désolée… mais ça ne devrait pas prendre 10 chapitres ;)

Melo.c.42 : j'aime beaucoup ta review ^^ oui, Cooper, t'aurais pu choisir quelqu'un d'autre… quoique non, tout l'intérêt est dans la complexité d'Aline ^^. D'ailleurs en effet son esprit est très… sombre. Mais Cooper ne va pas lâcher l'affaire, il a bien l'intention de remplir sa mission ;-)


REAPPRENDRE LA ROUTINE

Cooper POV

Aline n'avait pas fait d'autre cauchemar cette nuit. Moi, assis dans le salon, j'y avais pensé pendant qu'elle dormait. Mais je n'avais pas les cartes en main pour déchiffrer les rêves ; je regrettais subitement de n'avoir pas fait de fac de psycho depuis que Bella m'avait obligé à fréquenter les humains. Ce serait mon prochain objectif.

Quoique, à quoi bon, si je n'avais plus Aline à mes côtés à déchiffrer ? Songeai-je avec un pincement au cœur. Elle était la seule qu'il m'intéressait de connaître.

Vers 8 heures, je l'entendis se lever. Elle était plutôt matinale, pour une fille infoutue de faire des nuits paisibles.

Elle passa dix minutes dans la salle de bains avant d'arriver à la cuisine.

« Salut » fit-elle en passant.

Je hochai la tête, et me levai pour venir la voir s'afférer.

Quand elle s'assit à la petite table de la cuisine, devant une tasse de café, je l'observai plus attentivement ; elle avait rattaché ses cheveux, et avait dû se rafraîchir le visage. Mais si on y regardait de plus près, on notait les légères cernes qui assombrissaient ses yeux.

Elle semblait ne pas oser me regarder.

Je n'eus pas le temps d'y réfléchir plus ; car soudain, une odeur désagréable atteignit mes narines.

Je me figeai, aux aguets ; Aline leva les yeux sur moi.

« Qu'est-ce qu'il y a ? » demanda-t-elle, surprise.

Je grognai, et me levai.

« Ça sent le chien », fis-je simplement avant de me diriger vers la porte de notre appart.

J'avais pensé avoir le temps de sortir de l'immeuble ; mais David était déjà là, devant ma porte, prêt à sonner.

Je refermai derrière moi ; et le détaillai du regard.

« David. Mais tu es bien loin de ton bois !

- Une visite à rendre à un vieil ami, grinça-t-il.

- Mais… tu es habillé ? Comment as-tu fait pour transporter tes vêtements ? » souris-je, moqueur.

Il me fusilla du regard.

« C'est à cause de ce détail que j'ai dû venir en voiture. »

Je ris.

« Comment m'as-tu retrouvé ? Demandai-je, une fois redevenu sérieux.

- À l'odeur, fit-il en grimaçant de dégoût.

- Et qu'est-ce qui t'amène ?

- Je veux m'assurer qu'Aline Jors est toujours en vie, et qu'aucun suceur de… »

Je l'interrompis, et fis un petit coucou derrière lui. J'avais vu le judas laisser passer un rai de lumière venant de l'appart d'en face. Le judas se referma.

« Nous ne sommes pas seuls, grognai-je.

- Parce qu'en plus ils ne sont pas insonorisés ces apparts ? »

Je haussai les épaules.

« Bref. Je viens m'assurer qu'Aline va bien. »

Je me raidis.

« Elle est en vie. Et… toujours la même.

- Bien. Mais tu m'excuses, j'aimerai m'en assurer. »

Je soupirai, très énervé. Après tout, je ne pouvais pas lui en vouloir ; il ne faisait que son devoir, en vérifiant que notre pacte n'avait pas été rompu.

Je lui ouvris la porte.

Aline POV

Je me demandai bien ce que Cooper avait bien pu vouloir dire par ses derniers mots, et ce qu'il était sorti faire si précipitamment.

J'étais en train de faire la vaisselle quand la porte se rouvrit. Je ne réagis pas tout de suite ; mais au bout de quelques secondes, étonnée de ne rien entendre, je me retournai vers l'entrée de la cuisine. Et sursautai.

Un jeune homme d'environ mon âge, et très typé indien, me regardait fixement, sourcils froncés. Derrière, Cooper le surveillait, crispé. Je me renfrognai. Je n'aimais pas qu'on m'observe ainsi, comme un… morceau de viande.

« Un ami à toi ? » Demandai-je en fixant l'indien.

Je ne pensais pas l'avoir déjà vu. Il était bronzé, ses yeux étaient du même noir que ses cheveux coupés court, et il était d'une taille et d'une masse musculaire imposantes.

« Absolument pas ! » s'exclamèrent-ils en même temps.

Je souris, moqueuse.

« On dirait pourtant que vous vous connaissez », fis-je en me retournant pour essuyer ma tasse.

Je sentis comme un déplacement derrière moi ; et me retournai, alerte. Je me figeai en remarquant que l'indien s'était rapproché. Me raidissant, je le fusillai du regard.

« Et toi, le connais-tu lui ? » Me demanda-t-il en désignant Cooper.

Je regardai l'intéressé ; il me fixait, inquisiteur.

« Je sais qui il est, en effet », dis-je sans chercher à trop en dévoiler.

Mais quelque chose me disait que l'indien en savait autant que moi sur la nature de Cooper. Comment cela se faisait-il ? Je croyais que c'était impossible, interdit, sauf quand on était vampire. Or, l'indien n'avait aucun trait commun avec les Cullen, ni avec Cooper. Et ils n'avaient pas l'air amis.

« Si tu le connais tant que ça, je te trouve bien inconsciente de lui tourner le dos comme tu viens de le faire. »

Je reportai mon regard sur le jeune homme, et lui offrit un sourire froid.

« Dos tourné ou non, je doute avoir la moindre chance de lutter contre lui s'il en venait à me vouloir du mal. »

L'indien grogna, et Cooper sourit. Je m'appuyai sur le plan de travail.

« Cooper, fis-je en continuant de fixer l'indien, c'est de lui que tu parlais quand tu as dis que ça sentait le chien ? »

Le sourire de Cooper s'agrandit, et l'autre se remit à grogner plus fort ; je ne sursautai pas, mais le son me prit aux tripes.

Ce son n'avait plus grand-chose d'humain.

Cooper redevint soudain grave, et attrapa le jeune homme par le bras pour l'entraîner vers la sortie. Je les regardai disparaître, et allai m'asseoir sur le canapé, sonnée.

Qui était ce jeune indien ?

Cooper ne revint que quelques minutes plus tard, l'air sombre ; il m'observa d'un air indéchiffrable. Par je ne sais quel miracle, je réussis à tenir son regard.

« Tu ne vas pas me dire qui il est, n'est-ce pas ? »

Il réfléchit encore un peu.

« Non, finit-il par répondre. Ça vaut mieux pour toi.

- Ah » répondis-je en haussant les épaules et en détournant mon regard vers la baie vitrée.

Je sentis encore le regard de Cooper sur moi ; je suppose qu'il était étonné de mon manque évident d'intérêt.

Je me mentais à moi-même, et je commençais à en prendre conscience. La vérité, c'est que… je ne me demandais pas tellement qui était ce jeune indien qui avait fait une si courte apparition dans notre appartement. En fait, je me demandais qui il était pour Cooper.

La curiosité était un sentiment qui ne m'avait pas effleurée depuis bien longtemps ; et ce sentiment me gênait, me brûlait. Me brûlait comme m'avait brûlée mon cœur hier, après notre rencontra avec notre voisine d'en face, quand je m'étais rendue compte de mon désintérêt évident pour les autres ; en deux jours, ça faisait beaucoup.

Je ne me reconnaissais pas dans mes réactions.

Les larmes me montèrent aux yeux ; encore. Je ne comprenais pas. Ce n'était pas moi.

Je n'avais plus pleuré depuis des années.

Je me mordis violemment la lèvre.

Cooper POV

David était passé vérifier l'état d'Aline ; quand je l'avais fait ressortir, il m'avait expliqué -entre deux grognements- que c'était Bella qui avait vendu la mèche.

Je lui avais expliqué que dans un an je quitterai Aline. Sans lui parler de l'alternative selon laquelle je devais la tuer.

Il avait l'air plutôt pressé que cette année s'achève. Moi pas.

Nous nous étions quittés sans un mot ; il était remonté dans sa voiture, et avait disparu au détour d'une rue.

Quand j'étais remonté, Aline était assise sur le canapé ; nous n'avions échangé que quelques mots, qui m'avaient à nouveau prouvé à quel point elle se désintéressait de ce qui l'entourait.

Puis dans le reflet de la vitre, je vis une larme rouler sur sa joue.

Mon cœur se déchira ; je vins m'asseoir à ses côtés et la pris dans mes bras.

Jusqu'à ce qu'une odeur que je ne connaissais que trop vint me caresser les narines.

Instantanément, tant que j'en avais encore la force, je me jetai loin d'elle ; j'atterris dans le mur, qui se fissura. Aline bondit sur ses pieds et se retourna vers moi ; ses yeux s'écarquillèrent et son cœur s'affola quand elle croisa mon regard.

Regard qui devait être noir charbon à l'heure qu'il était.

Je fermai les yeux, et bloquai ma respiration ; mais cette lutte contre moi-même n'était pas gagnée d'avance.

Elle s'était mordue la lèvre, et une goutte de sang y perlait.

Il fallait que je tienne. Je le pouvais, je savais que je le pouvais. J'avais plus de deux siècles de régime végétarien, et un siècle passé au milieu de lycées ou d'étudiants qui régulièrement se blessaient.

Et Aline n'était pas ma chanteuse. Elle ne l'était pas ; je n'étais pas plus attiré par son sang que par celui d'un autre.

Mais elle était là, seule, à ma merci.

Non, il ne fallait pas que j'y pense.

« Cooper… » murmura-t-elle.

Je tressaillis, et l'air envahit à nouveau mes poumons ; je me crispai, craignant de sentir à nouveau cette odeur caractéristique du sang frais ; mais ne sentit rien.

Soulagé, je consentis à rouvrir les yeux, et posai mes yeux sur elle ; elle me regardait avec une sorte de crainte.

Elle ne saignait plus. Elle avait dû lécher sa lèvre.

Cette pensée me fit frémir de l'intérieur ; la sensation était nouvelle. Je déglutis, la regardant toujours plus intensément. Mon regard glissa sur sa lèvre rougie.

Comme par réaction à mon regard brûlant, elle se passa la langue dessus.

Je fermai à nouveau les yeux, envahi par tout un tas de désirs contradictoires. Une toute nouvelle bataille faisait rage en moi ; je ne m'étais jamais senti aussi vivant en plus de trois siècles, et je n'étais pas sûr que la sensation me plaisait.

Je l'entendis se déplacer, faire un pas vers moi.

Était-elle folle ?

« Cooper, est-ce que ça va ? » demanda-t-elle.

Je la regardai à nouveau ; et une part de moi que je ne connaissais pas encore prit le contrôle sur mon corps.

Je franchis les derniers pas nous séparant, et pris son visage en coupe dans mes mains, glissant mes doigts dans ses cheveux d'une douceur irréelle.

Elle eut un mouvement de recul ; mais à l'instar du mien, son corps sembla se dissocier de son esprit, et quand son cœur se mit à accélérer ses battements, ça ne ressemblait pas à de la panique ; plutôt à autre chose, que je ne savais pas définir chez un être humain.

Je me penchai vers elle, mais m'arrêtai à quelques millimètres de ses lèvres ; et la fixai droit dans les yeux, déboussolé.

Il ne fallait pas que je fasse ça. Il ne fallait pas que je la goûte.

Je n'étais pas loin de la mordre. Ou de l'embrasser. Quel instinct primait chez moi en cet instant ? Le fait que je me pose la question en soi m'inquiétait déjà…

« Ne te fais plus jamais saigner, Aline. Par pitié. »

Elle eut un hoquet. Je la relâchai soudain, et sortis de l'appartement.

Il fallait que je m'éloigne d'elle, et aille me calmer.

.

.

Aline POV

Ç'aurait été mentir que de dire que je n'avais rien compris à ce qui avait failli se passer.

Cooper avait été attiré par l'odeur de mon sang. Il avait été à deux doigts de me tuer, et… ça m'avait fait peur.

Peur de mourir ? Qu'est-ce qui clochait chez moi ?

Et après… Après, que s'était-il passé ? Il était si près, tout d'un coup… mais la peur avait fait place à un autre sentiment.

Je me passai la main dans les cheveux, déboussolée. Il fallait que je m'occupe l'esprit. Je sortis à mon tour de l'appart, et allai marcher dans la ville.

Je crois que je n'aimais pas cette ville. Grise, industrialisée. Enfin, toujours y avait-il de l'eau. Normal ; nous étions sur une île… je regrettais presque d'avoir dormi quand Cooper avait emprunté en voiture le tunnel sous l'eau qui relie l'île au continent.

Et voilà, je me retrouvais encore plantée devant la mer. Déchaînée.

« Touriste ? » fit une voix dans mon dos.

Je me retournai ; me faisait face un garçon qui devait avoir à peu près mon âge. Je le fixai droit dans les yeux, sans sourire ; décontenancé, il perdit un peu de sa superbe.

« Non, finis-je par dire. Nouvelle dans la région.

- Ah, tu vois, je me disais aussi. Une si jolie fille, si t'avais été du coin, j't'aurais repérée tu vois, d'autant qu'on n'a qu'un lycée… tu vas au lycée ? Puis bon, pour une touriste, c'est space quoi. C'est pas un pays très touristique ici, et t'as pas d'appareil photo. Mais au fait, moi c'est Bill. Et tu es ? »

J'haussai un sourcil, ne sachant trop que répondre à sa diarrhée verbale. Je n'avais pas envie d'entamer la conversation ; mais après tout, il y avait des chances que je le revoie au lycée…

« Pas intéressée », lui répondit une voix derrière moi. Je n'eus pas besoin de me retourner ; en quelques secondes, Cooper était apparu à mon côté.

Bill se renfrogna en le regardant ; puis il nous observa tour à tour. Nous ne touchions pas, mais étions proches. Je savais ce qu'il imaginait. Lui, moi. Ça ne me dérangeait pas outre mesure.

« Euh, ok. Bon, ben… on se revoit au lycée je suppose ? » demanda-t-il en se tournant vers moi.

J'hochais la tête, et vit Cooper sourire.

« Mais moi aussi j'y serai ! Alors, à la prochaine ? »

Bill était loin de sourire. Qu'importe.

« Ok. À plus. »

Il tourna les talons, et partit. Cooper l'observa ; moi, j'observai Cooper.

« Je ne t'avais pas vu, commençai-je.

- Je sais. »

Bon. Je n'étais pas de nature bavarde, mais là, son silence commençait à me gaver.

« Je croyais que tu voulais que je me sociabilise. Tu l'as fait fuir.

- Parce qu'il t'intéressait peut-être ? Je le rattrape et lui propose de t'emmener au ciné si tu veux, répondit-il, un sourcil levé, moqueur.

- Merci, mais non. Je ne désire pas me sociabiliser… surtout pas avec… »

Oh, je n'étais pas très sympa. Après tout, il était peut-être intéressant à connaître, ce gars.

Même moi j'arrivais pas à me convaincre.

Un sourire victorieux passa sur les lèvres de Cooper.

« Et moi, je peux t'emmener au ciné ? » me demanda-t-il tout à trac, penchant la tête sur le côté.

Je le regardai, surprise. Et mon cœur loupa un battement.

Comment aurais-je décemment pu lui dire non ?

« Euh… voir quoi ?

- Ce que tu veux, fit-il en haussant les épaules.

- T'es pas contrariant, soupirai-je.

- Tu préfèrerais ?

- Pourquoi pas ? Ça mettrait de l'animation.

- Quoi, toi ? Tu veux de l'animation dans ta petite vie ? » Nota-t-il, amusé.

Je tressaillis.

Ça, c'était une très bonne remarque.

Je fronçai les sourcils.

« Allons voir le programme… » marmonnai-je.

.

.

Cooper POV

Aline avait froncé les sourcils en arrivant devant le cinéma. On aurait dit… qu'elle se demandait ce qu'elle faisait là. Mais vraiment. Aussi, je la saisis par la taille et l'entraînai à l'intérieur, achetant deux places du premier film dont le titre me sauta aux yeux. On fait plus romantique mais…

Oh ! Minute… Mon but n'était pas d'être romantique !

Non, je voulais juste lui changer les idées.

Les lui changer de quoi ? Du fait qu'elle se retrouvait dans une ville qu'elle ne connaissait pas, avec un vampire qui avait failli la vider de son sang ? Du fait qu'elle allait intégrer un lycée où elle ne connaissait personne -quoiqu'elle aurait pu se faire au moins une connaissance, si je n'étais pas intervenu. Mais la gueule du gars ne me revenait pas.

C'était idiot. Une séance de ciné ne lui ferait rien oublier.

J'étais au ciné avec elle parce que j'en avais envie. Et je ne savais pas pourquoi ni comment j'en étais arrivé là, mais c'était ainsi.

Je profitai de ma vision périphérique pour l'observer durant tout le temps que dura le film. Elle fixait l'écran, un peu absente ; je crois qu'aucun de nous deux ne pourrait dire de quoi parlait le film.

Nous ressortîmes près de deux heures plus tard ; elle frissonna. Je lui passai ma veste, qu'elle accepta après une hésitation.

« Je ne te demanderai pas si le film était bien, souris-je.

- Pourquoi ?

- Tu n'avais pas l'air d'y être très plongée » ris-je.

Elle s'arrêta et se tourna vers moi, un petit sourire amusé au coin de la bouche.

« Tu m'as observée ? »

Oups. Touché.

« Euh… De temps en temps. »

Elle acquiesça, me dardant de ses yeux pensifs. Et reprit sa marche.

« En effet je n'ai pas regardé le film, me fit-elle juste avant d'entrer dans notre appartement.

- Qu'as-tu fixé alors ?

- L'écran.

- Tu es au courant que tu es une énigme ? »

Elle sourit, s'asseyant sur le canapé pour me fixer.

« Je voyais l'écran, je ne le regardais pas. Et je n'écoutais pas. Désolée que tu aies payé ma place pour rien. »

Je souris, amusé.

« Ça n'a aucune espèce d'importance. À quoi tu pensais ?

- Tu me crois si je te dis que je ne sais même plus ? »

Je haussai les sourcils, et vint m'asseoir sur le canapé, à l'autre extrémité par rapport à elle. Elle se tourna entièrement vers moi, s'asseyant en un tailleur approximatif, et j'en fis de même.

« Je suppose. Si tu avais voulu me mentir, tu aurais choisi autre chose.

- En effet. J'ai plus d'imagination.

- C'est ça qui me fait peur, souris-je.

- Quoi ? Toi, le brave vampire, je te fais peur ? »

Je sentis mon regard se faire soudain plus sérieux, alors que je l'examinais. Puis je me rapprochai lentement d'elle.

« Peut-être bien. »

Elle se leva pour se préparer à manger. Il était une heure passé.

La fin de la semaine se déroula sans anicroche ; une certaine routine s'installa entre Aline et moi. Nous nous habituions peu à peu à la présence de l'autre ; du moins, elle semblait s'habituer à moi.

Parce que moi, elle ne m'avait jamais dérangée…