Bonjour tout le monde !

Je tiens à m'excuser pour ce retard… J'ai laissé un peu les fics au second plan, entrant dans la période redoutée de partiels… que j'avais fort, fort peu révisés ! Ça a été un marathon pour rattraper mon retard… Il faut croire qu'écrire pour vous me motive plus qu'apprendre mes cours de Sciences ^^'. Allez, je cesse de vous embêter avec ma vie :p. Dégustez ce chapitre ; je n'étais pas au meilleur de mon inspiration pour l'écrire, mais je pense que je m'améliorerai par la suite ! J'ajouterai que je devrais être en mesure de vous poster un nouveau chapitre de Retrouvailles d'ici à la fin du week-end ^^ .

Je remercie encore une fois mes revieweurs, qui m'encouragez à continuer, et je remercie aussi ceux qui me mettent en alerte, favoris… et vous tous qui me lisez encore ! J'vous adore !

P.S « coup de pub » : Vous pouvez découvrir mon O.S. cadeau pour ma chère revieweuse et amie de plume (mouais, enfin, de clavier) Mushroom-paradiz ! O.S qui s'est transformé en candidat au concours Bloody Valentine… Souhaitez-moi bonne chance :p ! Pour ceux qui l'ont lu, soyez rassurés ; j'ai bien l'intention d'en faire une suite… ;)

Réponse aux reviews anonymes :

Aurélie : Ah ah, désolée, j'ai été sadique… Ne t'en fais pas cependant, quand Cooper aura compris ce qui se passe en lui, il ne restera pas au second plan… Et ça ne saurait trop tarder ^^ !

Melo.c.42 : pourquoi tu sens que la routine ne va pas durer ? Euh… intuition ? Mdr. Quant au titre du film qu'ils sont allé voir… Nos deux futurs tourtereaux ne s'en souviennent pas eux-mêmes ^^.

Et… BONNE ANNEE bien sûr !!!!! Avec tous mes vœux de bonheur !!!!


Aline POV

Lundi, à 7 heures, mon réveil sonna. Je l'arrêtai, et fixai le plafond, pensive.

Intégrer un nouveau lycée, lier de nouvelles connaissances. Devais-je en avoir peur ? Ce que je sais, c'est que je n'avais pas franchement envie de ça… Cooper me suffisait. Je suis quelque chose qui se rapproche d'une asociale pathologique. Ce n'est pas pour rien que je n'avais aucun ami à Forks.

Et d'ailleurs, la pensée du vampire qui cherchait à tout prix à rectifier ce côté sombre chez moi me fit me résigner. Je pourrais toujours rester avec Cooper. Après tout, ce n'était que quelques mois.

Je me levai, et allai me préparer en vitesse. Quand j'arrivai dans la cuisine, Cooper m'avait déjà préparé mon petit déjeuner. Je le regardai d'un air étonné.

« Bonjour, fit-il avec un sourire.

- Euh, bonjour… Merci… »

Je m'assis, un peu sonnée. Il avait enregistré ce que j'avais l'habitude de prendre, visiblement. Jusqu'à la dose précise de chocolat en poudre que je mettais dans un volume précis de lait. Ça me fit sourire. Ce qui le surprit, à en croire le regard curieux qu'il me lança. Je secouai la tête, et avalai mes tartines de pain grillé.

« Je te sortirai bien un truc du style « Prête pour le lycée ? » mais ça serait trop paternel… »

Je me renfrognai.

« N'en sois pas gêné. Mon père n'aura jamais l'occasion de me le demander.

- Il est mort ? » Demanda-t-il tout à trac.

Je déglutis, et reposai ma tasse, incapable de boire une gorgée de plus.

« Oui, murmurai-je d'une voix étranglée.

- … Comment ? »

Je restai un moment silencieuse, le regard perdu dans le vide. Cooper se leva, et débarrassa, pensant visiblement que je n'allais pas répondre. Je cherchais juste à recouvrer une voix normale, et non surchargée d'émotion.

« Il s'est fait renversé. Tout connement. J'avais six ans, et quand je suis rentrée, ramenée par la fille au pair qui s'occupait de moi, ma mère était en larmes, et il n'était pas là pour la réconforter. » commençai-je alors qu'il faisait la vaisselle.

Il se figea.

« J'ai attendu qu'il revienne. Il n'est pas revenu. »

Mes yeux se remplirent de larmes, mais il fallait que je continue. Je ne savais pas pourquoi ; j'avais envie d'en parler. De parler de mon père, à Cooper.

« Si j'avais su que la nuit précédente serait la dernière où il me lirait une histoire, je l'aurais écoutée plus attentivement. Je ne me serais pas endormie » terminai-je.

Cooper se retourna, hésitant visiblement sur la manière dont il devait s'y prendre avec moi. Je me levai ; mais en un instant il fut près de moi, et m'effleura la joue, me faisant lever la tête vers lui avant de me prendre dans ses bras.

Son étreinte était froide, dure. Et pourtant, confortable. Je glissai mon visage dans son épaule ; et j'oubliai presque ce qui m'avait menée à cette position.

Son odeur effaçait mes tristes souvenirs.

Puis il finit par s'écarter légèrement ; son visage exprimait une sorte de regret.

« On va être en retard. »

Je hochai la tête, et finis d'aller me préparer ; finalement, je rejoignis Cooper, qui nous emmena en silence jusqu'à sa voiture, puis au lycée.

« Tu penses que… ça ira ? » me demanda-t-il.

Non. Bien sûr que non ça n'allait pas aller. Mais qu'est-ce que ça changerait ?

Je me détachai et ouvris la portière. Cooper en fit autant, et me rejoignit pour faire face à notre nouvel établissement. Je me crispai sous les regards curieux, et il passa un bras autour de mes épaules, nous guidant vers l'accueil de la scolarité. Indifférent aux regards des autres.

La femme à l'accueil n'avait à la base pas l'air aimable quand on arriva ; mais devint plus mielleuse en découvrant le visage de Cooper. C'eut le don de m'agacer. Imperturbable, celui-ci présenta nos papiers, et la femme valida notre inscription, avant de nous tendre un emploi du temps avec salles chacun.

Nous n'étions ensemble que dans deux classes ; sport, et biologie avancée. Ça ne me plaisait guère. Et à Cooper non plus, à en croire son air ; mais après tout, il m'était si inaccessible que je devais rêver. Il m'accompagna à ma première classe ; je me demandais comment il arrivait déjà à se repérer.

Suis-je bête. Il avait déjà effectué une scolarité ici. Bella en avait parlé, avant que nous ne quittions Forks.

Je pénétrai dans la salle de cours, et tendis ma feuille au prof ; un instant, je crus que celui-ci allait me demander de me présenter. Il n'en fit rien, et j'allai m'asseoir au fond, soulagée, sans jeter le moindre regard aux autres.

Je me plongeai dans le cours ; ce fut le seul moyen que je trouvai pour ne pas penser au regard insistant des autres.

Et quand la fin du cours sonna et que je sortis pour changer de salle, je fus soulagée de constater que Cooper m'attendait déjà.

.

.

Cooper POV

Et voilà, une rentrée de plus. Avec l'intérêt que les filles me portaient, les airs jaloux et méprisants des mecs, et l'ébahissement des profs. Ça aurait pu être routinier ; mais ça ne l'était pas.

Il n'y avait pas Bella, cette année ; personne d'autre tel que moi, personne avec qui jouer le jeu du couple pour que les autres me lâchent.

Ceci dit, je ne perdais pas au change. Il y avait Aline.

Je n'avais pas réussi à me débarrasser de l'espèce de glue blonde accompagnée de deux copines qui l'étaient tout autant, et qui jacassait en me parlant du lycée et des profs. J'avais beau ne pas lui avoir adressé la parole, elle ne me lâchait pas. Qu'importait ; j'étais parti attendre Aline à la sortie de son cours. J'avais mémorisé son emploi du temps pour la journée, et ce soir j'apprendrai son emploi du temps hebdomadaire.

Elle sortit de sa classe, et en m'apercevant, me fit un petit sourire ; le premier depuis la rentrée, à en juger par ses traits tirés. Ça me réchauffa le cœur -façon de parler.

Elle fronça les sourcils en apercevant les trois blondes, et baissa les yeux, mal à l'aise. Je me dirigeai vers elle sans un regard pour les autres et passai un bras autour de ses épaules ; elle se détendit et releva son visage vers moi, soulagée. Je lui souris, et son cœur loupa un battement ; comme le mien aurait fait s'il en avait été capable.

La lâcher devant sa prochaine classe me dévora l'estomac ; nous restâmes un moment tous les deux, sans vraiment nous regarder, et sans parler.

Nous n'en avions pas besoin. J'avais juste besoin de sa présence, et ça m'effrayait.

Je n'avais jamais eu besoin de personne.

Puis son prof sembla s'impatienter.

« Je sais bien que vous êtes nouveaux et que ça n'est pas facile, mais il serait temps d'intégrer vos classes respectives ! »

Aline fronça les sourcils ; je regardai le prof.

« Excusez-nous, monsieur. À tout à l'heure »murmurai-je.

Elle hocha la tête, et rentra dans sa classe, fermant la porte derrière elle ; je songeai un instant à sécher mon cours rien que pour rester là, à l'écouter juste respirer à travers le mur.

Mais je me résignai, et rejoignis ma classe. Ma professeur de littérature s'agaça de mon retard.

« Pardonnez-moi, fis-je d'une voix veloutée, je ne trouvais pas votre salle.

- Ah, euh, bien, ok. Mais pour la prochaine fois, faites-vous accompagner. Il n'y a pas quelqu'un qui serait d'accord pour le guider cette semaine ?

- Non, merci, déclinai-je alors que des têtes -pour la plupart féminines- se relevaient avec intérêt. Je pense en avoir vu assez, à force de tourner. »

J'allai m'asseoir ; et la prof reprit son cours. Poésie japonaise. Où avait-elle été pêcher un tel sujet ? Il y avait de bons auteurs, je voulais bien l'admettre, mais c'était assez surprenant. Enfin, au moins était-elle ouverte d'esprit. Je passai un bon moment à fixer le mur, bras croisés, quand elle claqua sèchement son livre et se tourna vers moi. Je relevai le regard vers elle.

« Monsieur Spence, puisqu'à l'évidence vous êtes si attentif, peut-être pourriez-vous me citer au moins un poète japonais ? »

Facile.

« Mmh… Kenji Miyazawa ? »

Elle fronça les sourcils.

« Je ne l'ai pas encore abordé, celui-là.

- Il fait partie de mes préférés.

- Ah vraiment ? » Là, elle avait l'air plus que sceptique. Ce qui pouvait se comprendre ; c'était un poète du début du vingtième siècle. « Et pourriez-vous nous citer quelques vers ?

- Naturellement. »

Je pris quelques secondes, faisant semblant de chercher dans ma mémoire en regardant le plafond. Puis je replongeai dans ses yeux.

« Le phénomène appelé moi

Est une lumière bleue

Issue de l'hypothétique lampe

Lampe organique que traversent flux et reflux du courant

Lampe karmique qui jamais ne s'éteint

-Un corps complexe, un composé de tous les spectres-

Qui avec les paysages et chacun des êtres clignote sans cesse

C'est une lumière bleue

La lampe disparaît et la lumière persiste. »

La prof eut le souffle coupé. Elle ne s'attendait pas à une réponse.

« Euh… Ce n'est pas réellement un poème. Ce n'est que le début de la préface du recueil Printemps et Ashura » fit-elle avec étonnement.

Je haussai les épaules, et cherchai un extrait de poème.

« -Les vrais mots ont pourtant disparus-

Le nuages de déchirent et se dispersent

Au fond resplendissant d'avril

Grinçant, crachant, je vais et je viens

Je suis un Ashura »

La prof me regarda, ne sachant visiblement trop que penser de moi. Ce que je peux comprendre ; rares sont les professeurs qui s'intéressent à cet auteur ; en fait, depuis le temps que je vais au lycée, je n'en ai jamais entendu un seul le citer. Elle devait se demander où j'ai acquis une telle culture. Si elle connaissait mon âge…

« Bien, fait-elle avec un sourire. Pourriez-vous maintenant faire une brève analyse de cet auteur à vos camarades ?

- Miyazawa est très difficile à saisir. Un thème qui revient dans ses poèmes est le côté sombre ; et la notion d'Ashura, à laquelle il s'identifie.

- Et quelle définition donneriez-vous d'un Ashura ?

- C'est un terme bouddhique qui désignent des êtres démoniaques égarés, en proie à l'orgueil et à la convoitise ; l'auteur désigne par ce terme la partie sombre en lui. Un de ses poèmes, dédié à sa sœur, fait d'ailleurs référence à ses deux cœurs ; l'un bon, qu'il montre à ladite sœur, et l'autre mauvais, qui appartient au Ashura qui sommeille en lui. »

Au fur et à mesure que je parlais, mes pensées s'égarèrent ; le terme Ashura résonna en moi, et son écho me transporta loin.

Pour la première fois, je réalisai pourquoi je ne me séparais jamais du recueil de poèmes de Kenji Miyazawa que m'avait offert Bella, quelques dizaines d'années plus tôt.

Le terme Ashura désignait avec une certaine précision la façon dont je me voyais ; et j'étais bien forcé de le reconnaître, la notion de deux cœurs me rappelait cette scission entre l'humain que j'avais été, et dont j'avais gardé les sentiments, et le vampire que j'étais aujourd'hui.

Je secouai la tête, mal à l'aise, et arrêtai de parler ; mon ton avait dû devenir sombre, car les autres me regardaient tous avec une espèce de surprise et de gravité.

Heureusement, la fin du cours retentit, et je ne restai pas à demander mon reste ; je saisis mes affaires, et quittai la classe alors que je voyais la prof hésiter à me retenir.

Je me dirigeai sans réfléchir vers l'endroit où j'avais laissé Aline ; celle-ci était en train de sortir, et je me figeai à quelques mètres d'elle, la regardant. Elle me chercha du regard, et cela me fit mal autant que ça me fit plaisir. Mû par un instinct de protection -mais protéger qui ? Elle ? Ou plutôt… n'était-ce pas moi que je cherchais à protéger ?-, je fis demi-tour et m'éloignai, le cœur déchiré. J'entendis un garçon en profiter pour l'aborder ; et je m'éloignai plus rapidement encore.

C'était la pause de dix heures et demi ; je réussis à me trouver un coin isolé dans une salle déserte, et y restai, les mains posées contre le mur, les poings serrés.

Tous mes muscles se contractaient, alors que mon esprit et mes sentiments se livraient une bataille qui faisait rage en moi ; d'un côté, mon cœur, qui me dictait d'aller la rejoindre, de l'enlever aux autres, de m'enfermer avec elle dans une bulle qui ne serait qu'à nous. Qui me dictait, égoïstement, de m'imposer dans sa vie comme elle s'imposait dans la mienne, et de l'empêcher de s'intéresser aux autres.

De l'autre, ma raison. Raison qui me suppliait de la laisser vivre une vie normale -ou le plus possible. Qui me suppliait de la laisser nouer des connaissances, voire avoir des relations… plus qu'amicales avec des garçons qu'elle aurait choisi. Qui me rappelait que dans un an, quelle que soit la décision qu'elle aurait prise, elle et moi serions séparés.

À moins que…

Je m'éloignai du mur, raide, les yeux grands ouverts, la respiration haletante.

Venais-je vraiment d'envisager cette possibilité ? Venais-je réellement d'envisager… la transformer ? Non. Il en était hors de question. Ça n'était pas dans notre marché. Je ne pouvais pas faire ça ; je ne pouvais pas prendre sa vie juste parce que j'aimais être à ses côtés, parce que j'aimais être le seul dans sa vie.

Mais n'y avait-il que ça ? Devais-je ignorer cette attirance qui parfois n'avait rien à voir avec son sang ? Devais-je ignorer ces sentiments qui me bouleversaient quand je l'observais, et quand elle n'était pas à mes côtés ?

Je fixai la porte de la salle, celle par laquelle j'étais entré. Mon cœur me dictait de sortir, d'aller la rejoindre. Mais ma raison avait le dessus ; et m'interdit de bouger. Je restai planté là.

.

.

Aline POV

Je n'avais pas compris ce qui venait de se passer ; mais j'étais… bouleversée. Inexplicablement triste, le souffle court.

Cooper m'avait tourné le dos. Pourquoi ? N'était-on pas censés rester ensemble ? Et l'autre, comment s'appelait-il ? Mark, me collait aux basques depuis que j'avais franchi la porte de notre salle de cours. Il me posait toutes sortes de questions sur moi, auxquelles je ne répondais que vaguement et avec agacement. Me parlait de lui -comme si j'avais quelque chose à carrer de sa vie.

Il m'invita au cinéma. Je me tournai vers lui, le regard assassin ; le pauvre ne pouvait pas comprendre pourquoi. Moi non plus, d'ailleurs. Mes pensées étaient tournées vers Cooper.

Vers son absence.

« La cloche va bientôt sonner, Aline, fit Mark. Tu es en quelle salle maintenant ? Je vais…

- Tu viens, Aline ? On a biologie avancée. »

C'était la voix de Cooper, derrière moi ; je me retournai, soudain plus légère. Il eut un hochement de tête à l'attention de Mark, et passa son bras autour de ma taille. Sombre, silencieux. Il ne me regardait pas.

« Où étais-tu ? » Ne pus-je m'empêcher de demander.

Même si ma vraie question était « Pourquoi m'as-tu laissée ? »

« Peu importe le lieu. Retiens juste que je suis revenu. »

Je fronçai les sourcils ; m'arrêtai, l'obligeant à me faire face. Son regard ambré était indéchiffrable.

« Qu'entends-tu par là ? »

Son regard s'enflamma ; il glissa les doigts dans mes cheveux, sur ma joue. Se pencha sur moi ; un instant, je crus qu'il allait m'embrasser, et me raidis. Mais il ne fit que glisser son nez dans mon cou, et… me respirer, en m'approchant de lui d'une main contre mes reins.

« Que je suis égoïste » murmura-t-il si bas que je crus avoir rêvé sa réponse.

Il me relâcha ; pas longtemps, juste le temps d'attraper ma main, et la cloche sonna. Nous nous dirigeâmes vers notre cours ; le prof nous salua.

« Eh bien, à moins que vous n'ayez une objection, vous allez vous mettre ensemble à cette paillasse vide au fond ; tous les autres binômes étant déjà formés… »

Nous niâmes tous deux de la tête. Je ne voulais pas faire équipe avec un autre que lui. Nous nous installâmes ; et, alors que le prof commençait le cours, je murmurai :

« Ne le fais plus jamais. Ne m'abandonne plus. »

Je ne sus dire s'il me regardait ou non, je ne le regardai pas. Mais il approcha son tabouret du mien ; était-ce sa réponse ?

Nous ne parlâmes plus du cours. Le cours était théorique, aujourd'hui ; et le prof nous annonça ce qu'on aurait à faire en manipulation au prochain ; heureusement, ainsi j'allais pouvoir me préparer. J'étais certaine que Cooper devait avoir un excellent niveau, et ma fierté m'interdisait de passer pour une élève moyenne à côté de lui.

Je ne savais même pas qu'il y avait un esprit de compétition en moi, pensai-je avec un sourire.

La cloche sonna ; et Cooper m'amena à ma prochaine salle.

« Je viens te chercher pour manger » fit-il avec un sourire que je lui rendis. Nous étions bien les seuls à savoir ce qu'il y avait d'ironique dans ces quelques mots.

Je le saluai d'un petit signe de la main, et rentrai en Mathématiques…

.

.

Cooper POV

La façon dont elle avait réagi, en me voyant réapparaître -son soulagement, son sourire- me faisait plaisir autant qu'elle m'inquiétait. Mais je n'avais pas menti en lui avouant que j'étais égoïste ; j'aimais l'idée de lui être nécessaire…

Il allait falloir que je réfléchisse à ce que ça impliquait. Peut-être que cet attachement, visiblement profond, que j'éprouvais pour elle, était dû à notre passé -le fait qu'elle ait été la première humaine à laquelle je me sois intéressé, la première que j'aie… sauvée. Peut-être n'était-ce que ça. Ou peut-être pas. Mon retour à Forks, m'éloignant d'elle, me permettrait d'y réfléchir, et éventuellement d'en parler avec Bella, Carlisle… Edward, peut-être…

Non, il valait mieux que je ne commence pas à raisonner ainsi. Comme si je pouvais être amoureux d'elle.

Ça ne me paraissait pas possible. Je ne pouvais pas avoir tiré un trait sur Elizabeth.

J'en vins presque à attendre avec impatience l'arrivée d'Alain et mon départ pour Forks…

À midi, je vins la chercher à son cours, et nous nous dirigeâmes vers le self. Presque automatiquement, je m'intéressai à ce qu'elle prenait sur son plateau ; cela m'agaça moi-même.

« Alors, tu t'es fait de nouveaux amis ? Lui demandai-je avec un sourire railleur.

- J'aurais pu, répondit-elle, imperturbable. Mais l'autre nouveau leur a fait peur. »

Je ris.

« Oh, à ce point là ? Je n'ai pourtant pas montré les crocs ! »

Elle releva la tête, regarda mes dents ; cela me fit rire.

« Je me disais bien, que tu n'en avais pas. »

Je secouai la tête.

« Et je t'arrête tout de site, ne crois pas en la plupart des superstitions.

- Oh, ne t'en fais pas, je lis très peu de légendes impliquant des créatures… imaginaires. Enfin… pas si imaginaires que ça, ajouta-t-elle dans un murmure pensif.

- Que lis-tu alors ? » Demandai-je curieusement.

Elle me regarda, pensive.

« De tout. Tant que… ça m'instruit. »

Je fronçai les sourcils. Quel genre d'être humain, notamment de son âge, lisait… pour s'instruire ?

« Ne me regarde pas ainsi, soupira-t-elle. Chacun sa manière de s'évader. »

Je me retins de lui demander de quoi elle cherchait à s'évader ; je suppose que ça faisait partie de cette part d'elle qu'elle désirait me cacher.

« Et toi, t'as réussi à te débarrasser de tes groupies ? Demanda-t-elle, moqueuse.

- Jalouse ? Souris-je en me reculant dans ma chaise.

- De quoi ? Après tout, c'est moi qui ait l'extrême chance de vivre avec toi » me sourit-elle en retour, goguenarde.

Cette fille a le don de me couper le sifflet.

Chance… je souris ironiquement. Ce qu'Aline remarqua, visiblement, puisqu'elle reposa sa fourchette pour me regarder dans les yeux.

« Je ne te considère pas comme… un monstre, tu sais. Je le pense, en parlant de chance. Du moins le penserais-je si tu n'avais pas contrarié mes plans » ajouta-t-elle avec un demi-sourire.

Mon regard s'enflamma.

« Tu t'instruis pour t'évader, et tu ne considères pas les vampires comme des monstres. Es-tu sûre de ne pas avoir été montée à l'envers ?

- Et c'est toi, qui lutte à chaque instant contre ta nature dans le seul but -illusoire, car éphémère- de me garder en vie, qui me dis ça ?

-Illusoire car éphémère ? Repris-je en haussant un sourcil.

- Quand bien même tu me convaincrais de rester en vie -et note que rien n'est moins sûr-, je finirai par décéder… dans un mois, 10 ans, 50 peut-être, mais un jour ou l'autre, la mort me rattrapera.

- J'en suis bien conscient. Mais à quoi bon la précipiter ? Tu peux rendre des gens heureux. »

Elle haussa un sourcil dubitatif.

« Je peux aussi en faire souffrir, si l'on va par là.

- Et alors ? Répondis-je en plantant mon regard dans le sien. En vérité, je ne crois pas que c'est ça qui te pose problème ; je pense que tu as plutôt peur de souffrir, toi. »

Elle soutint mon regard, fermée. Un silence plana ; puis elle reprit la parole.

« Admettons. Et en quoi est-ce un problème, au final ?

- Il te faut accepter que la souffrance fait partie de la vie ; mais tu connaîtras des moments de bonheur, qui la rendront plus supportable. Ça vaut le coup, parfois.

- Il semble que tu saches de quoi tu parles. »

Sa phrase claqua comme un fouet ; je me reculai, la fixant avec une sorte de frustration et d'agacement mélangés.

« Il y a peut-être de ça, en effet, répondis-je sèchement. »

Nous nous regardâmes encore quelques secondes ; puis elle hocha la tête, se leva avec son plateau.

« Bien. Je vais jouer ton jeu, ne t'en fais pas pour ça. Je vais même essayer de me sociabiliser, après tout ; c'est ce que font les jeunes de mon âge. On verra si je sais jouer la comédie aussi bien que tu le fais. »

Je me levai à sa suite ; mais au lieu d'aller à la sortie, elle se dirigea vers une table où déjeunait le gars qui était avec elle, à la pause de dix heures.

Elle se pencha vers lui ; et lui murmura à l'oreille -mais mon ouïe surdéveloppée capta ses mots comme si elle les avait criés- que finalement, elle serait ravie de l'accompagner au cinéma.

La semaine prochaine. C'est-à-dire, quand moi je ne serai pas là… pour voir ce qui se passait.

Une vague de mécontentement m'envahit, et je me maudis moi-même en posant sèchement mon plateau. Elle ne faisait que faire ce que je lui avais demandé. Se fabriquer une vie.

Ça n'aurait pas dû faire rugir cette fureur en moi.

« Alors, heureux ? » me glissa-t-elle en posant son plateau.

Une flamme s'alluma dans mes yeux, et je me retins de lui démontrer par des gestes que, non, je n'étais pas « heureux ».

Oui, il me tardait de repartir à Forks. Ça devenait plus qu'urgent. À la condition sine qua none qu'Alain passe son temps à veiller sur elle…


Euh j'm'excuse pour l'analyse du poème de K. Miyazawa… Je l'ai rédigée sans prendre le temps d'y réfléchir profondément, et elle n'a pas été corrigée par un spécialiste (d'ailleurs si jamais l'un d'entre vous a un jour vu en cours cet auteur, qu'il se manifeste ; ça me ferait extrêmement plaisir d'apprendre qu'il y a effectivement des profs qui s'intéressent à autre chose qu'à la littérature européenne, ou parfois américaine…).

Prochain chapitre, la fin de la semaine de rentrée d'Aline et Cooper, et, je suppose, leur séparation ^^. On verra en fonction de mon inspiration ! J'essaierai de la poster plus rapidement ; cela devrait être possible, j'aurais repris les cours mais terminé les partiels !