Eh ben dites donc ! Vous êtes gâtés aujourd'hui !

Motivée par la fin de mes partiels du semestre 5, ma muse s'est lâchée, et je peux vous présenter aujourd'hui un chapitre d'une vingtaine de pages Word, et ce, en bien moins de temps que la dernière fois !

Beaucoup moins d'action dans celui-là je dirai, mais ! Des révélations !

Je vous laisse découvrir ;)

Ne vous habituez pas à de si longs chapitres quand même hein !

Réponse aux reviews anonymes !

Melo.c.42 : Et oui, jaloux le p'tit Cooper ! Et il a de quoi hein !!! Enfin… en fait, non, mais il ne le sait pas :p. Reste à voir comment il va intégrer ce nouveau sentiment et cogiter !

Aurélie : alors, le baiser… Eh bien, je pense pouvoir vous affirmer qu'il aura lieu… sans doute pas dans le prochain chapitre, mais celui d'après ! Je ne suis pas certaine parce qu'il n'est pas écrit, mais je l'ai bien en tête et je sais comment ça va se passer ^^ ! Patience… :p

Et bien entendu… Bonne lecture !!!


PASSE, PRESENT… FUTUR ?

Aline POV

La semaine de cours s'écoula, trop rapidement. Les autres élèves commençaient s'habituer à nous, et à nous voir tout le temps ensemble, à chaque pause, chaque interclasse. Cela ne nous empêchait pas de nous mêler un peu à eux ; enfin, que je me mêle à eux, plutôt. Cooper ne faisait aucun effort de ce côté. J'aurais aimé faire comme lui, mais moi, je n'avais pas l'excuse d'être un vampire ; aussi acceptai-je les démonstrations d'intérêt que me portaient quelques rares filles et garçons, et essayai-je de ne pas rester passive quand ils me parlaient -en cours, dans la mesure où le reste du temps, j'étais avec Cooper, et que celui-ci les impressionnait.

La semaine défila très rapidement, donc ; pourquoi ?

Parce que je n'avais pas envie de voir Cooper partir. Ça me serrait le cœur, et je ne comprenais pas la raison de ce sentiment ; mais je crois bien qu'il n'y avait pas à tergiverser. Je m'attachais à lui, et cela me faisait mal parce que jusqu'à lui, personne d'autre que mes parents n'avait compté pour moi.

Notre samedi fut particulièrement silencieux. À plusieurs reprises, je surpris le regard pensif de Cooper sur moi ; mais il ne disait rien.

Le dimanche, cependant, il fronça les sourcils en me regardant prendre mon petit déjeuner.

« Aline ? Tu as l'air… »

Quoi ? Triste ? Mon cœur loupa un battement. Je ne voulais pas qu'il me demande pourquoi.

« Ailleurs » finit-il après un temps de réflexion.

Je soufflai, soulagée. Ce qu'il remarqua, me faisant rougir.

Et merde, mon corps allait arrêter de me trahir ?

« Je me posais une question… Comment t'as rencontré Bella ? » inventai-je.

Ok, c'était pas tout à fait une invention. J'avais vraiment envie de savoir ; je me demandais aussi… enfin, comment ils en étaient venus à suivre le même chemin.

Jusqu'à ce que je les sépare… pensai-je avec un pincement au cœur.

Cooper sembla se plonger dans ses pensées, sourit distraitement.

« Bella… Je l'ai connue le jour où… elle est devenue vampire. Il y a cent ans. »

Je sursautai, soudain complètement attentive.

« Devenue vampire ? … Comment ?

- Mordue par quelqu'un… qui ne lui voulait pas du bien. En fait c'est faux ; cette femme… cette vampire en voulait à Edward. Mais ce serait trop compliqué à expliquer.

- Ok » acquiesçai-je ; Cooper ne voulait pas rentrer dans les détails, je pouvais comprendre. Histoires de vampires. « Et donc, cela fait cent ans que vous êtes… amis ? »

Cooper rit franchement.

« Je ne dirais pas ça ainsi. À dire vrai, elle et moi… Qu'est-ce qu'on s'est détestés, au début ! s'amusa-t-il, les yeux brillant à ce souvenir.

- Vraiment ? M'étonnai-je. J'ai du mal à y croire » ajoutai-je pensivement.

Cooper arrêta de rire pour me dévisager étrangement.

« Pourquoi ?

- Pourquoi… quoi ?

- Qu'est-ce qui fait que… tu as du mal à y croire ?

- … Je ne vois pas comment on pourrait te détester. »

Merde. J'avais vraiment dit ça ? Je savais que je n'étais pas du genre à cacher mes pensées, me moquant de l'avis des autres ; mais là, on parlait de Cooper ; et de… mes sentiments. Je baissai les yeux et me mis à grignoter ma tartine, mal à l'aise. Je sentais le regard intense de Cooper sur moi.

« Ah vraiment, Aline ? Fit-il d'une voix étrange, plutôt doucereuse. Tu m'as pourtant détesté, au début. Du moins, tu ne m'as pas toujours apprécié. »

Je fronçai les sourcils sans relever la tête, cherchant de quoi il parlait ; et ma gorge se serra quand je me souvins de la manière dont je l'avais repoussé le jour où il m'avait invitée au bal.

Oui, à une époque, je m'étais méfiée de lui, et cela ne m'avait pas poussée à l'apprécier.

« Rien à voir. Je te croyais…

- Comme les autres ? » fit-il d'une voix dure, soudain très tendu.

Je relevai enfin les yeux vers lui, et croisai ses yeux furieux.

« Non ! Enfin… je suppose que si, d'une certaine manière » avouai-je en baissant à nouveau les yeux, honteuse.

J'entendis Cooper se lever, déplacer sa chaise pour venir se rasseoir à côté de moi.

Il me prit le menton, doucement, me releva la tête vers lui ; ses doigts glissèrent ensuite sur ma joue, dans mes cheveux. Mais son regard était peiné.

« Je suis désolée, fis-je. C'est une seconde nature de me méfier des autres, et… Toi, surtout toi ! Je ne comprenais pas pourquoi tu t'intéressais soudain à moi. »

Il acquiesça.

« Je comprends, fit-il, malgré tout un peu triste. Si les autres ne s'étaient pas comportés comme ils l'ont fait avec toi, ça aurait été différent. Ça ne fait rien. »

Je me retins de lui dire qu'il n'y avait pas que le comportement de mes anciens camarades qui avait forgé mon caractère méfiant.

« Je ne comprends toujours pas, d'ailleurs » murmurai-je d'une voix qui me parut inaudible.

Inaudible, mais pas pour lui, bien sûr, me souvins-je en me mordant la lèvre.

« Ne cherche pas de raisons, Aline.

- Dans tous les cas… ça n'était pas pareil, pour Bella. Toi et elle, je ne comprends toujours pas… » trouvai-je, déviant légèrement le sujet de conversation.

Cooper se recula un peu, lâcha mes cheveux. Surprise, je me demandai si ça me faisait une sensation de chaud ou… de froid.

« Nos caractères paraissaient incompatibles à la base. Et, surtout, point commun avec toi, elle voulait mourir. »

J'eus un air surpris.

« Et oui, Aline. Bella et moi, même combat que toi et moi. Je l'ai détestée, parce qu'elle a attenté à ses jours. »

Je détournai à nouveau le regard. Oh. Il me détestait.

Pourquoi cela me faisait-il si mal ?

« Enfin, j'ai mis moins de temps à t'apprécier toi, que j'en ai mis à ne serait-ce qu'à la supporter elle », ajouta-t-il avec un demi-sourire.

Je relevai les yeux vers lui, mon cœur loupant encore un battement, ce qu'il sembla noter avec une lueur de satisfaction dans le regard. Je me renfrognai ; je détestais qu'il puisse écouter ainsi le langage de mon corps.

« Pourquoi voulait-elle mourir ?

- La perte de son amour éternel… éluda-t-il.

- N'est-ce pas une raison suffisante ? Si l'on suppose bien sûr que l' « amour éternel » existe », fis-je avec une pointe d'ironie.

Cooper planta son regard ambré dans le mien, ferme et légèrement en colère.

« L'amour éternel existe. La preuve, elle l'a retrouvé. »

Je réfléchis quelques instants, fronçant les sourcils.

« Edward… murmurai-je.

- Oui, Edward.

- Ok. Mais… vous êtes sortis ensemble, elle et toi, non ? Tu me l'avais dit.

- Oui. Et alors ? Elle pensait qu'il ne l'aimait plus, qu'elle ne le reverrait jamais ; et moi… »

Il s'interrompit, se ferma. La curiosité me piqua ; mais je sentis que je n'avais pas le droit de lui demander de compléter sa phrase. Ça faisait partie de son jardin secret, celui que j'avais promis de ne pas pénétrer s'il ne s'intéressait pas au mien.

« D'accord. Donc vous ne vous êtes détestés… qu'un temps.

- Oui, sourit-il. Bella tenait à intégrer l'école ; d'ailleurs, elle s'est très rapidement habituée au régime végétarien et à l'odeur de sang. Elle n'a jamais touché un être humain ! Elle m'épatait, même si je me refusais à lui dire. Elle m'énervait, aussi, je ne voulais pas aller au lycée ; mais ça s'est terminé en défi… et de fil en aiguille… »

Je voyais bien que Cooper replongeait dans ses pensées, sourire aux lèvres. Bella avait profondément changé sa vie ; et la mienne, indirectement.

Devais-je l'en remercier ? Il y a quelques jours, j'aurais dit que non, que j'étais mieux morte.

Maintenant, je me posais la question.

Qui était Cooper pour avoir un tel pouvoir sur mes désirs ?

La sonnette retentit, et je sursautai. Cooper n'eut pas l'air surpris ; ce n'était pourtant que la deuxième fois qu'elle était utilisée. La première étant relative au passage de… comment déjà ? David ?

Cooper s'était levé, et avait été ouvrir ; et un homme d'une cinquantaine d'années apparut dans l'encadrement de la porte de la cuisine.

Il posa son regard sur moi, calmement.

Regard ambre.

Je hochai la tête, le dévisageant.

« Alain, je suppose ? Lâchai-je.

- Exact » répondit-il d'une voix posée.

Le silence plana quelques secondes.

« Enchantée.

- De même. »

Non. C'était faux. Je n'étais pas enchantée.

L'arrivée d'Alain signifiait que Cooper allait partir d'un instant à l'autre.

Je déglutis ; mais affichai un sourire de façade. L'homme avait des cheveux gris, lui donnant un air étrange avec ses yeux ambre ; il était assez grand, et se tenait droit. J'avais envie de l'appeler colonel. Idiot, mais c'était tout ce qui me venait. Il me paraissait d'un calme olympien ; je détournai le regard, et Cooper commença à discuter avec lui. Je les écoutai vaguement ; ça parlait d'une certaine Camélia, de Bella et les autres, de voyage, de…

Soudain, Alain posa une question qui me fit tendre l'oreille.

« Combien de temps pars-tu, finalement ? »

Cooper hésita un peu. Je me levai, débarrassai ma vaisselle, me demandant si ces bruits pouvaient couvrir ceux de mon cœur.

Ne voulant pas paraître trop curieuse.

« Deux semaines, répondit-il enfin. Si ça ne te gêne pas de rester tout ce temps.

- Naturellement pas. C'est pas plus mal. » répondit Alain.

C'est pas plus mal ? Si ! Je savais que Cooper ne savait pas, à la base, s'il resterait une semaine ou deux à Forks, mais je dus me rendre à l'évidence que je n'avais pas osé envisager qu'il parte deux semaines.

Ça me rendait triste. Pourquoi partir tant ? Ma présence lui pesait-elle donc à ce point ? Je ne pouvais pas lui en vouloir, je n'étais pas… marrante, comme fille.

Et s'il décidait de rester plus ? De ne pas revenir ? Commençai-je à paniquer.

Non, je savais qu'il reviendrait. Le contraire ne lui ressemblerait pas ; pour ce que j'avais cru comprendre de lui.

Mais quand ?

Je déglutis, faisant la vaisselle. Les deux vampires continuaient de parler ; et, soudain, je remarquai que le seul bruit qui animait l'appartement, était celui de mes mains dans l'eau.

Je me redressai, et me retournai.

Les deux hommes étaient là, m'observant.

Cooper détourna immédiatement le regard.

« Aline… j'y vais. » lâcha-t-il.

J'y vais. Ses mots étaient tombés comme un couperet, dans l'atmosphère froide de la cuisine. Je ne pus que hocher la tête, l'estomac se tordant sous l'effet de la peine.

Cooper sortit, alla récupérer une valise dans une armoire. Il l'avait déjà préparée. Je n'avais même pas remarqué.

Il marqua un temps d'arrêt en passant devant la cuisine ; me regarda.

« Eh bien… à plus. »

Il me tourna le dos, et sortit.

Le bruit de la porte claquant derrière lui me fit froid.

Je la regardai un moment ; avant de me souvenir de la présence d'Alain.

Celui-ci me fixait, comme s'il pouvait lire en moi, me déchiffrer. Je fronçai les sourcils, me renfrognant un peu.

« Oh, je sais que je vous n'êtes pas fan des questions personnelles. Je ne vous en poserai pas ; pour l'instant, dit-il.

- Ne me tutoyez pas. Je ne suis pas si vieille » lui balançai-je en retour, appuyant sur le dernier mot.

Il sourit, visiblement pas vexé par ma pique sur son âge vampirique. Vint silencieusement se poster à côté de moi, attrapant un torchon pour essuyer la vaisselle que j'avais lavée. Je lui lançai un regard sceptique.

« Ne vous forcez pas à ça. Je suppose que vous ne salirez pas plus de couverts que Cooper.

- C'est un fait. Mais je n'aime pas ne rien faire.

- Ça doit être épuisant à la longue.

- Oh, nous avons une bonne résistance à l'épuisement, croyez-moi. »

Je n'en doutais pas… Visiblement, il avait décidé de garder le vouvoiement.

« Ainsi, nous sommes ensemble pour deux semaines, fis-je.

- Déçue ?

- Pas de questions personnelles, me semblait-il.

- Touché, sourit-il.

- Un vampire contre un autre, après tout…

- Oui, bien sûr. Je ne suis pas Cooper, cependant.

- Oh, vraiment ? Raillai-je.

- Votre moquerie est-elle un moyen de défense efficace ? »

Je sursaute, lâche l'éponge que j'étais en train d'essorer.

« Jusque là, je n'ai pas eu à m'en plaindre » grognai-je.

Il sourit, et je serrai les mâchoires. Alain avait l'air… il m'énervait.

Peut-être parce que j'avais envie de l'apprécier. Cela me paraissait naturel. Je lui aurais offert ma confiance sans me poser plus de questions ; et ça ne me ressemblait pas. Il était bien le premier à me faire éprouver ça.

Je le laissai dans la cuisine, et allai me glisser sous la douche, ne cherchant pas à y penser plus avant. De toutes façons, j'allais avoir deux semaines pour réfléchir à qui il était…

.

.

Cooper POV

Cela faisait quelques heures que je roulais -trop vite- mâchoire contractée.

J'étais en colère contre moi. Mais je ne voulais pas trop réfléchir à la raison qui me faisait éprouver cette rage.

C'était en partie parce que j'avais l'impression d'être parti… comme un voleur.

Aline m'aurait été royalement indifférente, je ne l'aurais pas laissée autrement.

Mais que devais-je faire, hein ? L'embrasser, peut-être, pour lui dire au revoir ? D'une part, je ne pensais pas qu'elle ait eu besoin de ce genre de manifestation ; et puis, je n'osais même pas imaginer ce qu'en aurait pensé Alain.

Il commençait à envisager la possibilité que je retombe amoureux. Et je ne pouvais pas dire qu'il parlait sans connaître mon histoire ; il savait tout, de mon amour pour Elizabeth, puissant et dévastateur, à sa mort, accompagnée de la mort de mon cœur -qui ne battait déjà plus à l'époque…

Il savait que logiquement, ç'avait été elle. La seule, mon unique. Mon âme sœur.

Mais voilà, il y avait Aline. Et je me refusais toujours à croire qu'elle pouvait, d'une quelconque façon, remplacer Elizabeth ; je refusais de tout mon être de ressentir à nouveau les mêmes émotions ; à mon sens, cela signifierait reléguer ma défunte âme sœur aux oubliettes. Et il était hors de question que je l'oublie.

De toute façon, pouvais-je dire que j'éprouvais les mêmes choses pour Aline ? Avec Elizabeth… Il y avait eu la tendresse, l'ardeur sans limites, le bonheur fou d'y être fiancé ; mais pouvais-je comparer les sentiments que j'éprouvais alors à ceux que j'éprouvais aujourd'hui ? À l'époque où j'avais connu Elizabeth, j'étais encore humain.

Du moins, au début ; à un mois de mon mariage, j'avais été transformé. Par un vampire qui avait voulu faire de moi un soldat de son armée de nouveaux-nés, dans le but de détruire un clan adverse.

À peine m'avait-il expliqué quelle était ma nouvelle nature que, rongé par le chagrin et la rage, je l'avais décapité et démembré.

J'avais rapidement compris que pour le détruire totalement, je devais aussi le brûler. Et c'est ce que j'avais fait, hurlant ma douleur à l'idée d'avoir tout perdu -définitivement.

Puis la soif m'avait pris ; et j'avais tué.

J'avais tué le premier être humain que j'avais croisé. Comprenant par le même coup l'horreur de ma nature ; et je m'étais enfui. Loin.

Pour protéger les personnes que j'aimais de… moi. Ma famille, mes rares amis.

Elizabeth.

Pendant deux ans j'avais erré ; tuant des êtres humains, me maudissant pour ça. Et j'avais fini par m'habituer à leurs odeurs ; à pouvoir me tenir à leur proximité sans me jeter sur eux -ceci à condition que je n'aie pas soif.

Mon amour pour Elizabeth, déchirant, n'avait pas cessé ; et, alors que je m'entraînais à rester parmi les hommes, un fol espoir m'avait pris.

Et si je retournais la voir ? Et si… je lui proposais de la transformer ?

Longtemps j'avais envisagé cette possibilité ; je ne voulais pas lui imposer cette demi-vie, mais d'un autre côté… j'étais assez égoïste pour espérer qu'elle l'accepterait, et qu'on serait heureux, tous les deux, voyageant à travers les âges.

Je m'étais décidé finalement à retourner dans mon village natal, trois ans après ma transformation, et à lui proposer de me suivre dans mon existence de vampire ; le cœur brûlant d'espoir qu'elle n'ait pas épousé un autre.

Mais ce que je découvris, arrivé devant la maison où elle avait vécu, fut bien pire.

Il n'y avait plus trace d'elle. Les gens ne la mentionnaient pas. Semblaient l'avoir oubliée. Rayée de leur existence.

Avait-elle épousé un gentleman qui l'avait emmenée loin ?

Non. Un jour, après des mois d'écoute -n'osant pas me présenter devant ces gens qui m'avaient vu grandir-, j'appris qu'elle était morte.

Elizabeth s'était suicidée, deux ans jour pour jour après la date à laquelle on était censés se marier.

Apprenant ça, je m'étais figé ; et la douleur, violente, m'avait dévastée.

J'étais tombé à genoux, criant de désespoir ; et des têtes s'étaient tournées vers les bois où je m'étais caché ; j'avais dû m'enfuir, avant que l'on ne vienne chercher l'origine du cri entendu.

J'avais dû partir, courir. Longtemps. Et, finalement, je m'étais retrouvé devant le cimetière du village ; j'avais attendu la nuit, avais parcouru les tombes, cherchant celle où reposait mon aimée.

L'avait découverte, encore jeune et dégagée. Entretenue avec amour.

J'étais tombé à genoux, encore une fois, devant la stèle blanche. Avais enfoncé mes mains dans le sol que les récentes pluies avaient rendu meuble.

Elizabeth, Elizabeth était morte. Onze mois plus tôt.

Elle s'était suicidée. N'avait pas su m'attendre ; pouvais-je lui en tenir rigueur ? Elle m'avait cru mort. C'est ce que les gens au village avaient dit ; c'était le désespoir de la perte de son fiancé qui l'avait poussée à commettre l'irréparable.

Si seulement j'étais revenu plus tôt… si seulement ! Elle aurait accepté de partager mon existence, je pouvais en être sûr désormais. Elle m'aimait toujours, sans quoi elle n'aurait jamais accepté de défier son Dieu en se donnant la mort.

J'étais resté prostré des heures devant sa tombe, pleurant de secs sanglots sur mon amour perdu. Sur mon éternité dont je ne voulais pas, si elle n'était pas à mes côtés pour la partager.

J'avais fini par me relever en sentant des rayons de soleil caresser ma peau ; je connaissais leur effet sur notre épiderme, et si je ne voulais pas surprendre un œil humain par les diamants scintillant sur ma peau, je devais partir.

C'est ce que j'avais fait. J'étais parti. Loin. Vite.

J'avais songé au suicide. Un très court millième de seconde ; et me l'étais refusé.

C'état le suicide de mon aimée qui m'avait rendu si malheureux. Je m'en sentais responsable, c'est vrai ; et je décidai de prendre comme une punition cette éternité de souffrance qui m'avait été imposée.

J'avais continué à errer, seul, et à tuer sans pitié, épargnant malgré tout les femmes et les enfants ; quand finalement ma route avait croisé celle de cet étrange vampire aux yeux ambrés.

Alain. Et son calme olympien, son flegme titanesque, son esprit nomade et ses propres blessures.

Peu de mots avaient été échangés entre nous ; mais sans poser de questions, je m'étais adapté à son régime végétarien. Cela m'avait pris des années à pouvoir supporter à nouveau la présence d'humains, de ce fait ; mais j'y étais parvenu, finalement. Il m'avait aidé. Nous nous étions dévoilés l'un à l'autre au fil des décennies ; et un jour, nos pas nous avaient conduit à Forks.

Puis, un siècle plus tard, à Aline…

Le chemin de la maison de Bella apparut dans mon champ de vision ; et je frémis, me rendant compte que tout le trajet durant je n'avais cessé de revivre les violentes émotions qui m'avaient bouleversé tout au long de mon existence vampirique ; je me garai, faisant crisser les pneus sur le gravier.

La voiture de Bella n'était pas là. Elle devait être avec les Cullen.

Je n'étais pas sûr de vouloir me rendre chez eux maintenant. Aussi, restai-je doigts serrés autour du volant pendant un temps immesurable…

.

.

Aline POV

Des heures que Cooper était parti. Et moi, j'étais sortie faire un tour ; je savais que cette fois, il ne viendrait pas me trouver. Que je tombe sur un camarade, que la pluie m'assaille, ou pour quelque autre raison.

La pluie tombait à flot d'ailleurs ; il semblait que ce temps ne s'arrêtait jamais. Mais cela ne me dépaysait pas tant de Forks ; et même les rues, je commençais à m'y faire. De toute façon, je ne sortais jamais dans Forks.

Je vagabondai, protégée par mon parapluie, dans ma bulle ; j'étais l'une des rares à l'extérieur, d'ailleurs. Je croisai juste un homme sortant son chien avec un air renfrogné. Le chien, lui, avait l'air heureux.

Je passai devant divers magasins ; notai mentalement dans un coin de mon esprit d'aller visiter quelques bars demain, et des boutiques mardi pour trouver un petit job. Je ne pensais pas qu'Alain m'empêcherait d'agir ; lui et son flegme avaient des avantages. Je ne me serais pas étonnée qu'il soit né anglais.

Quand je rentrai, finalement, je le trouvai en train de préparer des œufs.

J'écarquillai les yeux ; il releva à peine la tête à mon entrée.

« Bonne promenade ?

- Temps idyllique… Que faites-vous ?

- Hum, une omelette. Cela faisait longtemps que je voulais savoir si je savais encore cuisiner.

- Oh. Et visiblement, vous avez un léger problème pour casser les oeufs. »

Il eut un sourire gêné.

« Trop de puissance dans les doigts. »

Je m'approchai, lui en cassai. Il me remercia d'un hochement de tête.

« Vous étiez donc cuisinier ?

- Exact. Dans une grande cuisine londonienne. »

Je ne pus retenir un sourire amusé, ce qu'il nota avec curiosité. Je secouai la tête.

« Et c'est ce que vous prépariez, ô grand chef ? Raillai-je. Des omelettes ?

- Non, fit-il en roulant des yeux. Je sais ce qu'on dit de la cuisine anglaise, mas il ne faut pas généraliser. Ceci dit, avec ce que contient votre frigo, mes choix étaient plutôt limités. »

Le soir venu, je mangeai prudemment l'omelette préparée par Alain. Elle n'était pas mauvaise. Je soufflai, rassurée d'avoir cassé les œufs et de ne pas avoir à trier les coquilles éventuellement tombées dedans.

Nous ne discutâmes que peu avec Alain ; il savait me mettre à l'aise. Cela m'étonnait, mais je ne me posai pas de question ; j'étais bien, et c'était tout ce qui comptait. Je lui étais reconnaissante, finalement, d'être là ; il allait m'aider à supporter l'absence de Cooper.

La nuit, j'allais me coucher malgré tout avec une certaine appréhension.

Mes cauchemars ne cessaient pas.

.

.

Alain POV

Ainsi, j'étais devant Aline, cette fameuse humaine qui bouleversait tant Cooper. Il aurait été faux de dire que je n'attendais pas cette rencontre avec impatience.

Et je n'étais pas déçu. Aline me paraissait être une fille très intelligente, quoique sans doute trop mature pour son âge ; cela lui donnait un côté renfermé qui ne donnait pas forcément envie d'aller vers elle. À quelqu'un qui ne s'intéressait pas à son cas, bien sûr, car moi, ça ne me donnait que plus envie de la déchiffrer.

Je n'arrivais pas à avoir un avis tranché sur les sentiments qu'éprouvait Cooper pour cette humaine ; je lisais en lui sa tourmente, les envies qui l'attiraient vers elle. Mais je connaissais son histoire, et notre nature complexe de vampire qui nous obligeait à n'avoir qu'un amour -et je savais de quoi je parlais.

C'était à lui de faire son choix. Je craignais simplement qu'il décide de passer à côté d'un bonheur possible avec Aline, par crainte de la blesser, ou de ne pas l'aimer toute son existence.

Ou plus simplement parce qu'il avait décidé, des siècles plus tôt, de se laver de sa culpabilité en se condamnant à une existence de peine. Peine qui s'était amoindrie depuis qu'on avait rencontré Bella, et qu'il commençait à oublier dans les yeux d'Aline. Je me doutais que c'était ce qui lui faisait le plus de mal. L'oubli.

Je secouai la tête, décidant de ne plus essayer de tergiverser sur sa situation.

C'est alors qu'elle commença à se débattre dans son lit.

Je relevai la tête, aux aguets ; puis me rendis dans sa chambre, curieux.

Cooper m'avait dit qu'elle faisait des cauchemars, sans m'en révéler la teneur ; il m'avait prévenu qu'elle ne voulait pas être réveillée. Mais j'étais intrigué.

Aline se débattait ; et se mit à crier dans son sommeil.

« Va-t-en ! Enfuis-toi ! LE LAISSE PAS NOUS FAIRE ça ! »

Elle se débattit, le cœur battant à tout rompre. « LE LAISSE PAS TE DETRUIRE ! »

Elle continua à défaire ses draps, en sueur ; puis je sentis une interruption dans son souffle, et disparus à vitesse vampirique, alors qu'elle se réveillait.

De l'autre côté de la porte, je l'entendis s'asseoir sur son lit, le souffle court ; et sangloter le plus silencieusement possible.

Intéressant. Je crois qu'il allait me falloir la questionner sur son rêve, la nuit prochaine…

Le lendemain, Aline partit au lycée assez tôt ; je soupirai, et décidai d'aller faire un tour dans cette ville -que je connaissais déjà, on y avait vécu avec Cooper et Bella.

Le soir, je l'attendis à l'appartement.

Mais elle rentra plus tard que prévu.

Je l'observai, curieux ; mais elle fit comme si de rien n'était. Bon. Je n'allais pas la forcer à la confrontation, je n'étais pas son père… tant qu'elle rentrait saine et sauve, c'était tout ce qui importait. Mais peut-être devrais-je me méfier de son attirance pour la mort, à l'avenir ; quoiqu'elle ne me paraissait pas si instable que Cooper me l'avait raconté.

Était-elle déjà en train de changer ?

La soirée se déroula presque en silence ; j'attendais avec impatience qu'elle s'endorme. Qu'elle rêve.

C'est ce qu'elle fit, à onze heures du soir.

J'allais m'asseoir à côté d'elle, au bord du lit ; et j'attendis.

J'attendis qu'elle commence à se débattre, à crier.

Elle répéta les mêmes mots ; et c'est au moment où elle cria « Le laisse pas te détruire ! » que je réagis.

Je ne savais pas de quoi, ni à qui elle parlait ; mais je tentai ma chance.

« Va-t-en, Aline, cours. Il est trop tard ! »

Elle se figea dans son sommeil, son cœur loupa un battement.

« Non,me répondit-elle sans se réveiller.

- Cours, maintenant. Cours ! Insistai-je.

- Non ! » hurla-t-elle, se réveillant dans un sursaut.

Elle lâcha un bref cri en m'apercevant du coin de l'œil ; et me dévisagea, ébahie.

« Que faites-vous là ? C'est vous qui avez parlé ?

- Tu t'en souviens ? »

Le vouvoiement n'avait plus lieu d'être. Elle fronça les sourcils. Les souvenirs semblèrent lui revenir.

« Oui. Pourquoi m'avez-vous dit de courir ?

- Je ne sais pas. C'est ce qui m'a paru, à ce que j'entendais, le plus logique à faire. »

Un léger silence plana.

« Cooper vous a parlé de mon rêve ? Fit-elle finalement.

- Non. Veux-tu le faire ? »

Aline garda le silence un moment, se refermant sur elle. J'attendis patiemment.

« Qu'est-ce que ça changerait ? Demanda-t-elle en se recouchant, me tournant le dos.

- Se laisser prendre par ses rêves n'est pas le meilleur moyen de s'en débarrasser. Je peux te donner les clefs pour déchiffrer ton cauchemar.

- Ah vraiment ? »

Elle n'avait pas l'air convaincu.

« Laisse-moi essayer. Qu'y perds-tu ? »

Elle sembla réfléchir un peu puis sa voix s'éleva.

« D'abord, ma maison s'écroule.

- Et où te trouves-tu ? »

Elle réfléchit.

« A l'extérieur. Assez loin. Je la regarde, je ne peux pas bouger.

- Impuissante. Ensuite ?

- L'ombre. Une ombre qui s'étend. Je recule, mais j'aperçois un cheval blanc aux yeux crevés.

- … D'accord. C'est à lui que tu cries de s'enfuir ? »

Elle hocha la tête.

« J'avance vers lui… bien trop lentement. Mais il ne bouge pas. L'ombre le recouvre.

- Et que fais-tu alors ?

- Je ne fais rien. Je ne bouge pas. Mon corps est immobile ; mes genoux tremblent, et… je tombe. Enfin, je sens mon corps tomber. C'est comme si… ce n'était pas moi… mais c'est moi… je pense encore au cheval.

- Que veux-tu faire pour lui ?

- Voir s'il y a un moyen de le sauver !

- Il n'y en a pas, Aline. Après ?

- Je sens… comme des doigts froids me toucher. Et c'est… après… je crie et… enfin, depuis peu, mon corps se retourne -alors que je ne veux pas me retourner. Et j'aperçois un mur.

- Un mur ? Depuis combien de temps ?

- Depuis, euh… depuis ma première nuit ici. »

Je hochai la tête.

- Ensuite ?

- Rien. Je me réveille. »

Je m'assis contre le mur en tête de lit, étendant mes jambes à côté d'elle. Elle finit par se retourner, et me jeter un regard terne.

« Verdict ? Demanda-t-elle… avec désintéressement, comme si finalement la réponse lui importait peu.

« La maison qui s'écroule, en tout début de rêve. Ça, c'est symbolique d'une perte de stabilité. Ton foyer est devenu instable à un moment, Aline ?

- A la mort de mon père… murmura-t-elle très bas.

- Le cheval. Le cheval peut représenter plusieurs choses. Dans ton cas… Le cheval porte l'homme, et souvent il est associé à la mère, qui porte l'enfant. Ce cheval, c'est ta mère. »

Je restai silencieux quelques instants, lui laissant le temps d'assimiler l'information. Mais elle ne réagit pas vraiment ; j'avais l'impression de ne faire que confirmer ce qu'elle pensait déjà…

« Admettons. Elle a les yeux crevés…

- Elle est aveugle.

- Ma mère ne l'était pas.

- Si, sans doute. Je ne connais pas ton histoire, mais tu sais, la cécité n'est pas uniquement physique ; ta mère, je suppose, était aveuglée par quelque chose. Ou… quelqu'un. »

Aline baissa le regard, soudain mal à l'aise. Ne dit rien. Je décidai de ne pas chercher à en savoir plus ; je n'étais pas là pour deviner son passé, uniquement pour l'aider à décrypter son rêve.

- Pourquoi restes-tu aux côtés du cheval ?

- Il se fait engloutir par l'ombre.

- L'ombre te fait peur ? Elle évoque quelque chose de… mauvais ? »

Aline chercha la réponse dans les souvenirs qu'elle avait de ses cauchemars ; et hocha la tête.

« Oui. Je la ressens comme telle.

- Pourtant, tu restes.

- Je ne veux pas abandonner le cheval.

- Il est trop tard.

- … Alors il est trop tard pour moi aussi. Je ne peux pas courir assez vite pour y échapper. Seul le cheval est assez rapide.

- Je ne crois pas. Tu dois reprendre le contrôle de ton corps.

- Je ne peux pas ! Le froid m'engourdit, je me… déconnecte !

- Tu n'as pas la volonté, nuance. Le cheval. Tu lui cries de ne pas le laisser vous faire ça. Tu comptes sur lui.

- … Oui. Mais il ne m'entend pas.

- A-t-il aussi les oreilles arrachées ?

- … Non.

- C'est qu'il ne veut pas t'entendre. Ce que je crois, Aline, c'est que ce cheval, quelque part, est ton véritable ennemi. Celui qui t'empêche de te sauver.

- Non ! C'est faux.

- Tourne lui le dos, et tu reprendras le contrôle de ton corps.

- Non !

- Aline. Ton corps veut vivre. Il se retourne de lui-même vers le mur. Tu sais ce que représente le mur ?

- Un obstacle ?

- Non. Pas dans ce cas. Dans ce cas, je crois que ce mur représente la protection. »

Aline tressaillit ; je compris que jamais elle n'avait envisagé les choses sous cet angle.

« La protection… » répéta-t-elle dans un murmure.

Oui, je le pensais. Ce mur était apparu la première nuit qu'elle avait passé avec Cooper. Et j'étais à peu près sûr de moi en affirmant qu'il le représentait.

« Aline, je crois que si tu cours vers ce mur, tu gagneras. »

Elle ne répondit rien. Réfléchit.

« Courir vers le mur… » murmura-t-elle enfin.

Ce fut ses derniers mots de la nuit. Je vis bien qu'elle ne se rendormit que d'un sommeil léger, agité ; mais ne refit pas de cauchemar. Je la veillai une bonne partie de la nuit, pensif.

Je ne lui avais pas parlé des autres choses qui m'avaient frappé.

L'ombre. Elle parlait d'une ombre, mais employait un masculin quand elle criait « le laisse pas nous faire ça »… Inconsciemment, elle savait ce que représentait l'ombre. Il m'aurait été facile de le lui en faire prendre conscience ; mais je la sentais fragile, et je ne voulais pas la braquer.

Et il y avait ce toucher froid, associé à du dégoût. Et, j'en étais sûr, associé à la perte de contrôle sur son corps. En partie.

Je n'avais pas trop de doutes sur sa signification ; mais ça… je ne savais pas si je devais en parler à Cooper.

Peut-être valait-il mieux que j'attende qu'Aline le fasse -si un jour elle avait l'intention de le faire.

En même temps, Cooper ne risquait-il pas de la blesser involontairement par des gestes dénués de méchanceté, mais qui rappelleraient à Aline des moments… douloureux ?

Je décidai d'y réfléchir ; et de parler succinctement à Cooper de mon interprétation du cauchemar d'Aline. Car contrairement à ce qu'elle lui avait demandé, je pensais qu'il serait mieux que Cooper reste à proximité d'elle la nuit ; pour l'aider à se diriger vers le mur…

La jeune Aline avait encore beaucoup de travail à effectuer sur elle-même avant de pouvoir mener une vie paisible…

.

.

Cooper POV

Je ne sais pas combien de temps j'étais resté là, planté, les mains sur le volant. Mais je sentis une présence -en fait, une odeur- que j'identifiai comme étant celle d'un homme de ma race ; Edward.

Je suppose qu'il me regardait, attendant que je bouge. Ce que je fis après avoir poussé un soupir.

Je sortis de la voiture et me tournai vers lui, le visage impénétrable.

« Edward.

- Cooper. Ravi de te revoir.

- … Moi aussi… même si ça ne se voit pas encore. J'étais dans mes pensées.

- J'ai… entendu. »

Enfoiré de télépathe. Je soupirai à nouveau, détournant mon regard.

« Écoute, reprit-il, si… si je peux t'aider en quoi que ce soit…

- J'en doute. Ce n'est pas qu'elle soit humaine, le problème. Mais… moi. Mon passé. Tout. »

Edward me considéra quelques instants.

« Je ne connais pas ton passé.

- Je ne… suis pas sûr de pouvoir aimer. À nouveau. J'ai déjà eu une âme sœur. »

Pourquoi lui racontais-je ça ? J'avais du mal à me comprendre. Je me refermai sur moi-même.

« Ainsi, tu serais prêt à laisser passer une chance d'être heureux juste parce que tu as… peur de ne pas aimer cette fille pour l'éternité ?

- … Ce n'est pas rien, comme risque. Ça n'est pas de moi qu'il s'agit. Si je cesse de l'aimer… ça n'est pas moi qui en souffrirait le plus.

- C'est un fait. C'est d'elle dont on parle. Et, Cooper… C'est précisément là où je voulais en venir. »

Edward s'approcha de moi, plantant son regard affirmé dans le mien.

« Laisse-la choisir. C'est à elle de voir si elle t'aime, ou pas. Si elle veut être avec toi, si elle veut prendre le risque de peut-être te perdre. Laisse-la décider… Moi, je ne l'ai pas fait avec Bella. Je lui ai imposé mon choix, et on voit ce que ça a donné.

- Aline n'est pas Bella ! Et je ne suis pas… toi.

- Je sais ! La manière que tu auras de lui prouver ton amour, si amour il y a, te sera personnelle ; votre histoire ne se déroulera pas comme la notre. D'autant que, je te le rappelle, tu ne sais pas quels sont ses sentiments à elle. »

Touché.

« Je crois sincèrement que c'est à elle d'effectuer son choix. C'est de sa vie dont on parle. Toi… toi, je doute que tu ailles te suicider quelle que soit sa réponse. Ta vie ne changera pas, en aucun cas. Alors qu'elle… elle pourra rester humaine, mourir, ou être transformée.

- Je n'ai jamais parlé de la transformer !

- La question se posera, si elle te laisse entrer dans sa vie.

- … Après tout, il y a peu de chances qu'elle le fasse.

- Il n'y a qu'elle qui peut prendre cette décision. »

Je regardai quelques instants Edward ; et hochai finalement la tête.

Je n'étais pas du genre à me laisser mener par les courants, et à me complaindre dans mon malheur. J'éprouvais des sentiments pour Aline ; amour, simple désir ? Je ne savais pas. Mais je n'allais pas faire l'autruche ; j'avais souffert assez longtemps, je méritais aujourd'hui de me battre pour mon bonheur ; et ce n'était pas forcément renier Elizabeth.

Je laisserai le choix à Aline ; mais pour cela, il allait falloir que je lui fasse comprendre qu'elle l'avait.

J'inspirai et soufflai un grand coup.

« Ok. Hum… Vous êtes à la villa ? Pars devant, je viens vous rejoindre dans quelques minutes.

- On t'attendra. »

Il s'évanouit dans les bois ; je fixai un point lointain, plongé dans mes pensées alors qu'une vieille chanson me revenait en mémoire.

Largués des hommes

Dites où va l'allée

Dans quel sombre coin les courants donnent

Y a personne qui sait

Etres de somme Alias Crusoë

Dans la ville y a un gars qui sonne

Le passeur est pressé

.

Fort lascif ou beau

Elle s'en fout

La vie pour elle n'est qu'un détail

A peine ici elle aLe temps d'un oubli

Mis de l'alarme sous mes yeux

Du fard à m'en damner…

.

Quand elle s'égare sous des traits de femme

Elle étreint trop

Peu s'en faut

Saoulé, par elle qui aime les tristes danses

.

Ouest-ou-est

Où reste-t-elle

J'la sens juste à côté

Je vis à cent lieues d'elle

Ouest-ou-est

Tout mène à elle

Quand mon corps égaré

Vogue entre terre et ciel

Elle est là qui m'appelle

.

Fauche et moissonne

Pourquoi pas l'aimer

Y a vraiment que les cons qui s'endorment

Les fenêtres fermées

Vivre et faire comme

Mais sans s'encenser

Même l'éternité se déforme

Pour qui veut l'habiller

.

D'où sont ces routes

Qui s'arrêtent où

Ma latitude est à sa taille

Plonger dans l'au-delà

De l'eau des lavis

Broyer le noir et penser bleu

Aimer s'y mélanger

Elle est polychrome et polygame

Elle dépeint tout sans pinceaux

Saoulé par elle qui aime les tristes danses

.

Ouest-ou-est

Où reste-t-elle

J'la sens juste à côté

Je vis à cent lieues d'elle

Ouest-ou-est

Tout mène à elle

Quand mon corps égaré

Vogue entre terre et ciel

Elle est là qui m'appelle…

.

Ouais… Pourquoi pas l'aimer… Pourquoi pas…

Je redressai le menton, et me dirigeai, à pied, vers la villa des Cullen.

Finalement, je crois que ces deux semaines allaient me paraître bien longues…


Et voilà pour ce long chapitre !!! Avez-vous aimé ? Que pensez-vous du passé de Cooper, du rêve d'Aline ?

La chanson, c'est Ouest-ou-Est, de Philippe Lafontaine ; je l'aime bien, celle-là, et je suis HYPER dégoûtée parce qu'il n'y a absolument aucun clip de cette chanson ! Impossible donc de vous la faire découvrir… J'espère que vous connaissez, sinon, eh bien… tant pis…

La suite ? Séparation des deux protagonistes, et éventuellement selon le nombre de pages que j'écrirai, leurs retrouvailles ! ^^

À bientôt !