Bonsoir bonsoir !
Et voilà le nouveau chapitre, 8 jours après l'autre ! Pas trop mal hein ! Celui-là, j'y tiens beaucoup, et je l'ai relu plusieurs fois (notez bien que je n'ai pas été la seule à le relire, et je sais que la personne visée se reconnaîtra… Elle se reconnaît déjà, d'ailleurs. Bref.)
Je ne vais pas me perdre en blabla… Je crois que ce chapitre, vous l'attendiez avec une certaine impatience. Même si vous n'en étiez pas conscients. Mais si, mais si… Je vous dis que si ! Lol.
J'en dis pas plus ;) !
melo.c.42 : Ah la la oui ces lycéens… Ils ne changeront jamais, toujours aussi hypocrites. Entre Aline et Alain, en effet, le courant ne pouvait que passer (de mon point de vue). Entre Cooper et Mark… Comme tu dis, ça sera plus difficile. Mais soyons francs, Mark ne soutient pas la comparaison. Tu veux de l'électricité ? Bonne lecture ;).
Et maintenant il ne me reste qu'à vous souhaiter une excellente lecture à tous !!!
Aline POV
Quand je m'éveillai, je sentis qu'il y avait quelque chose d'anormal. De… changé.
Je relevai la tête ; pour me plonger dans le regard ambré de Cooper.
« Bonjour, me fit-il calmement.
- Euh… bonjour. »
Il était là. Tous mes souvenirs de la veille me revinrent ; et je fronçai les sourcils en m'éloignant de son torse.
« Alors… tu es vraiment revenu.
- … Oui.
- Tu ne me diras pas pourquoi ? Demandai-je sur le ton de la constatation.
- Si, un jour. Sans doute.
- Juste… ce n'est pas par rapport aux autres ? Ils vont bien ? Voulus-je tout de même m'assurer.
- Non. Rien à voir avec les autres. »
Je ne cherchai pas à en savoir plus. Au ton évasif qu'il venait d'employer, j'avais compris qu'il n'avait pas l'intention de s'épancher sur le sujet.
Nous nous levâmes en silence, allâmes à la cuisine.
Je notai qu'Alain n'était plus dans l'appart ; était-il reparti ? Je posai vaguement, la question à Cooper, et il me répondit qu'il s'était seulement absenté pour chasser.
Et les mots quittèrent mes lèvres sans que je puisse les retenir. De toute façon, je ne l'aurais pas fait. Ils me paraissaient naturels.
« Tu m'as manqué » fis-je.
Il releva vivement le regard, me sonda pensivement alors que je me faisais griller des tartines, comme si de rien n'était. Une fois que j'eus fini de tout préparer, je posai mon petit déjeuner sur la table et relevai la tête pour ancrer mon regard au sien.
« Cooper ? Fis-je calmement, désireuse de briser ce silence dont il profitait pour m'observer.
- Tu es sortie, hier ? »
Je me tus quelques instants, mangeai. Réfléchissant à sa question ; pourquoi me la posait-il… et surtout pourquoi maintenant ?
« Oui, répondis-je au bout d'un moment.
- Et ?
- Film pas trop mal.
- Et le gars ? » Demanda-t-il en continuant de me regarder intensément.
Je le toisai quelques instants.
« Lourd » répondis-je simplement.
Je vis passer quelque chose dans son regard.
« Qu'appelles-tu lourd ? » Demanda-t-il calmement.
Je fronçai les sourcils.
« Je… peu importe ! C'est quoi ta prochaine question ? Quel est mon type de gars ? Quand vais-je accepter de m'ouvrir assez aux autres pour avoir un copain ? » Fis-je avec une certaine ironie.
Cela uniquement parce que je ne voyais pas pour quelle raison Cooper m'avait posé cette question. Était-il déçu que je ne m'intéresse pas à Mark ? S'était-il mis en tête de m'attacher à quelqu'un le plus tôt possible ?
« Pourquoi te braques-tu, Aline ?
- Je ne comprends pas ce que tu cherches.
- Et cela a de l'importance ? Faut-il absolument que j'aie quelque désir caché pour te poser ce genre de questions sans conséquences ?
- Je suppose que la réponse communément attendue à ce genre de question est un non ; mais une part de moi me crie que ce serait faux.
- Allons bon… De quoi peut-on parler alors ?
- … De ton début de semaine ? »
Cooper se renfrogna.
« Non. Va t'habiller, on part bientôt. »
Je le regardai quelques secondes avant de m'exécuter ; j'ignorais ce qui s'était passé à Forks, mais ça avait l'air de le fermer. Si je ne voulais pas qu'il continue ses questions personnelles sur moi, il valait mieux que je ne le pousse pas dans ses retranchements ; je me préparai rapidement, et nous partîmes en silence.
Mais il fallait que je m'assure d'une chose avant.
« Il y a un problème Cooper ? » Demandai-je avant que nous ne descendions de la voiture.
Il tressaillit.
« Pourquoi me demandes-tu ça ?
- Tu as l'air plus distant depuis que tu es revenu.
- Distant ? Alors que nous avons dormi ensemble ? Enfin… tu, as dormi. »
Je dardai sur lui un regard perçant, et il sembla se demander s'il n'avait pas exagéré avec sa pointe d'ironie.
« Cela ne fait pas tout. Nous n'en sommes pas à un niveau d'intimité tel que nos différends peuvent être réglés sur l'oreiller » répliquai-je sur le même ton.
Il sourit, visiblement soulagé que je ne me sois pas fermée -cela me vexait, je n'étais pas si coincée quand même- et amusé que je lui réponde ainsi. Il se tourna vers moi, plus détendu.
« Considères-tu que nous ayons eu un différend ?
- Moi, non. Mais toi, tu es… froid. »
Il s'esclaffa.
« Dans un sens purement littéral…
- Je ne m'intéresse pas à ta température corporelle.
- Je n'ai pas l'intention d'être distant avec toi, Aline. Si c'est ça que tu veux savoir.
- Ça devrait me suffire pour l'instant, soupirai-je.
- Bien… Viens. »
Nous sortîmes de la voiture, nous dirigeâmes vers nos classes respectives.
« Ainsi, on se voit à la pause.
- Oui. Pourquoi ?
- Tu ne me laisseras pas en plan cette fois ? » Demandai-je, railleuse.
Il leva les yeux au ciel.
« Susceptible ?
- D'ordinaire, non. Mais je peux faire un effort. »
Il sourit, se retourna vers moi.
« Nos chemins se séparent ici. À tout à l'heure, énonça-t-il en détachant chaque syllabe.
- Oui. À tout à l'heure. »
Je rentrai dans la classe, hésitant entre le sourire et l'agacement.
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Cooper POV
Elle était vraiment pas facile, cette fille, songeai-je en écoutant d'une oreille discrète ce que pouvait raconter le professeur. Ok, c'était là son principal intérêt ; elle constituait à mes yeux un véritable défi. J'ignorais totalement ce qu'elle pourrait jamais éprouver pour moi ; mais certaines de ses phrases, de ses expressions me laissaient un petit espoir qu'un jour elle en vienne à être… au moins attirée par moi.
À la pause de dix heures, j'étais devant sa salle pour l'accueillir dès sa sortie. Elle me sourit distraitement, accaparée par… Mark. Je me renfrognai légèrement.
« Aline ? » Fit celui-ci d'une voix basse, sans doute dans l'illusoire but que je ne l'entende pas. « Au fait, dis… après ce qui s'est passé hier… on en est où nos deux ? »
Aline se pinça les lèvres, ne me regarda pas ; elle savait que je les entendais, et visiblement elle aurait préféré que non. Qu'importe, je n'allais pas m'éloigner pour leur laisser de l'intimité ; de toute façon, elle en aurait conclu que je l'abandonnais.
Et puis surtout, la conversation m'intéressait.
« Et bien, Mark, euh… écoute, c'était une soirée sympa, mais… je crois qu'on devrait en rester là. »
En rester là ? Mais qu'est-ce qui s'était passé la veille ?
« Oh… je pensais que…
- Vraiment, je t'aime bien… Mais pas assez pour sortir avec toi. » trancha Aline en le regardant dans les yeux.
Je me retins d'afficher un sourire content, et me morigénai. Idiot ! Après tout, Aline serait mieux avec lui. Si je l'aimais vraiment, je ne pouvais que lui souhaiter de trouver son bonheur avec un de ses camarades.
Foutaises. Je voulais être celui avec qui elle trouverait le bonheur.
Le couloir s'était peu à peu vidé ; ne restaient que quelques élèves qui passaient par ci par là, à la recherche de leurs amis ou se dirigeant déjà vers leur prochain cours. Mark laissa Aline ; et nous nous retrouvâmes tous les deux face à la salle de classe qu'elle venait de quitter.
Je m'approchai d'elle. Un peu trop près, peut-être ; mais elle ne fit que relever la tête avec une lueur de défi dans les yeux.
« On écoute aux portes ? Demanda-t-elle.
- Puisque tu lances le sujet… Il a l'air de s'en être passé, des choses, hier soir.
- Non. Pas tant que ça.
- Juste assez pour que Mark se demande si vous êtes ensemble.
- Il m'a embrassée.
- Et c'est ça que tu appelles… pas grand-chose ? »
Une certaine forme de colère et de jalousie m'étreignit, mais je n'en laissai rien paraître. Enfin je crois… Aline leva un regard agacé au ciel.
« Oui. Rien d'exceptionnel.
- Dis-moi, tu as beaucoup été embrassée dans ta vie ? Un baiser se doit d'être exceptionnel.
- Balivernes de contes de fées. Je pense l'avoir compris, maintenant, n'essaie pas de me faire croire au prince charmant et à l'amour beau et fort » railla-t-elle.
Je plaçai sagement mes mains dans mes poches, et ancrai mon regard au sien.
« Je me demande si c'est l'amour physique qui te fait peur, ou tout simplement d'aimer.
- Peur ? Me crois-tu donc si… prude ? Quant à la peur d'aimer… l'amour ne dure qu'un temps. Pas de quoi trembler. »
Je reçus un coup au cœur. Ainsi, mon innocente Aline… ne le serait pas tant que ça ? Cela m'attristait, quelque part.
« Dois-je en conclure que tu… ne t'es toujours pas montrée aussi fermée qu'aujourd'hui ? » demandai-je en une tentative détournée de savoir… si elle était encore vierge.
Elle comprit où je voulais en venir, et garda un ton froid.
« Exact. Je n'oserais pas avancer de telles affirmations sinon.
- Et tu continues à considérer que les baisers, tout ça, c'est… dérisoire ?
- Oui.
- Es-tu frigide, ou n'as-tu connu qu'un -ou des- amants bien peu doués dans cet… art ? »
Elle fronça les sourcils, maintenant visiblement en colère.
« Qu'est-ce que cela peut bien te faire, après tout ? Peut-être bien que je suis frigide, oui. Disons cela.
- Mmh… à d'autres. Aline, un baiser, c'est l'exaltation des sens. Un état de communion entre deux êtres, le partage de quelque chose qui devrait être rare ; faire l'amour, c'est donner du plaisir à son partenaire avant de penser au sien. Or, l'être humain le reste du temps est relativement égoïste ; ainsi, faire l'amour devrait être quelque chose de précieux et ne surtout pas provoquer chez une jeune fille avertie qu'un haussement d'épaules. »
Aline fronça à nouveau les sourcils, me sondant du regard.
« Tu me sembles vraiment t'emballer pour quelque chose qui somme toute est plus devenu une banalité et un comportement basique de société ; de nous deux, je commence à me demander si je suis réellement la plus naïve. »
Sa réponse me fit l'effet d'un coup de fouet, et je me redressai, des flammes brûlant dans mon regard.
« Tu penses donc ne jamais rien avoir à ressentir dans un simple baiser, Aline ? Demandai-je d'une voix mesurée.
- Oui.
- Soit. Eh bien, je vais te prouver que tu as tort. »
Elle n'eut pas le temps de froncer les sourcils ; je la saisis par les hanches pour la plaquer contre le mur à côté de la porte de la salle de classe. Je l'entendis pousser une brève exclamation ; mais je plantai mon regard dans le sien, et elle se tut, le cœur battant soudain un peu plus vite.
Décidé à ne pas rater mon coup, je pris sur moi pour ne pas fondre sauvagement sur ses lèvres ; d'autant que cela aurait été dangereux pour elle.
Je levai doucement une main, la glissai dans ses cheveux, admirant leur douceur, mais plus encore leur chaleur ; la chaleur qui émanait de sa nuque, réchauffait ma main glacée, irradiait jusque dans mon coude. Je fis glisser un pouce le long de sa pommette, savourant la texture de sa peau, sentant mon estomac se contracter et son souffle s'accélérer. Nos nez se rapprochaient presque sans que l'on puisse rien y faire, nos souffles se mélangeaient ; et j'en profitai pour la goûter -anticiper les sensations que j'allais ressentir. Mes yeux glissaient sur son visage, la ligne de sa nuque, la fluidité de ses cheveux ; tandis que mon autre main, toujours sur sa hanche, tendait à la rapprocher de moi.
Soudain, je ne pus plus attendre.
Je descendis mon visage vers le sien pour poser mes lèvres sur les siennes, d'abord en un chaste baiser qui me fit contracter les abdos.
J'attendis qu'elle s'habitue à la sensation de ma bouche froide sur la sienne, tout autant que je m'habituais à sa chaleur et à l'odeur de son sang, si près de mes dents ; son goût était enivrant, la sensation électrisante, envoyant des décharges dans mon corps. Son cœur s'accéléra, et ma main sur sa hanche se crispa, alors que je me retenais de l'enlever, de m'enfuir avec elle.
Puis elle entrouvrit les lèvres ; et les miennes, jusque là immobiles, commencèrent à se mouvoir un peu en dehors de ma volonté, tandis que je prenais sa joue en coupe et la plaquai contre moi en passant une main sur ses reins ; elle vint poser tout doucement ses doigts sur mes tempes, et les glissa avec hésitation dans mes cheveux.
Ma langue semblait ne pas réussir à se rassasier de sa chaleur, de son goût ; j'en voulais plus, mais ma nature me l'interdisait ; et se chargea de me le rappeler d'une décharge de venin dans ma gorge. Je m'éloignai d'elle avant de ne plus réussir à me contrôler, et c'est avec désappointement qu'elle me regarda.
Je devais être son parfait reflet ; je m'étais laissé prendre à mon propre piège.
Jamais je n'avais ressenti ça en un simple baiser.
La cloche sonna, nous arrachant à notre monde ; et je découvris alors les autres élèves nous dévisageant avec surprise et sans la moindre pudeur.
Je pris sur moi de les ignorer, et saisis la taille d'Aline pour nous amener à notre prochain cours, biologie avancée, sans un mot ; je savais que je devais avoir l'air désagréable, mais le venin coulait toujours dans ma gorge, et c'était un véritable supplice de la sentir si proche de moi -et pourtant si lointaine.
Je ne voulais plus la lâcher. Jamais.
J'espérais au moins qu'elle avait ressenti ne serait-ce que moitié autant de choses que moi dans notre baiser…
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Aline POV
Plongée dans un profond mutisme, je dus paraître bien étrange aux yeux de mes camarades de classe. Cooper non plus ne parlait pas, à côté de moi.
Je me sentais minable. Ce, parce qu'il avait réussi son pari.
La sensation de ses lèvres sur les miennes… c'était inédit. J'essayais de me rassurer en me disant que c'était parce qu'il était vampire -d'une beauté époustouflante, des siècles d'expérience-, et puis lui et moi avions une relation particulière ; mais je me mentais à moi-même, je le savais, et j'en avais honte.
J'avais honte de m'être laissée ainsi aller avec lui. Avec n'importe qui, déjà… je me l'interdisais. Mais lui ! Lui qui ne pourrait jamais me porter le moindre intérêt -si ce n'est une pure curiosité quant à mon passé et ce qui pouvait bien me passer par la tête pour que je sois si différente des autres-, lui qui avait tellement mieux à voir. Qui partirait faire sa vie dans son coin, dans un an, quoiqu'il advienne.
C'était déroutant. Faire semblant, je savais faire ; je le faisais, auparavant. Ça n'avait rien de sorcier, mais rien d'intéressant non plus ; c'est quand je l'avais compris que j'avais cessé cette mascarade. J'en étais venue à décider avec certitude que je n'aurais jamais besoin des autres, que je mènerai ma vie seule.
Enfin, là… il ne s'agissait plus de subir. Maintenant, il allait falloir que je lutte contre mes émotions pour ne pas laisser Cooper prendre d'importance.
Ou alors il fallait que je le laisse prendre de l'importance…
Je verrai. Je ne voulais pas me faire une ligne de conduite ; je ne les suivais jamais. Je verrai bien.
Le midi arriva vite ; et Cooper m'accompagna au self. Il n'osait pas me regarder. Nous nous assîmes à une table, et je commençai à manger, alors qu'il me lançait des regards à la dérobée.
Je posai ma fourchette en soupirant.
« Qu'est-ce qui te gêne ? »
Il me fixa, partagé entre surprise et inquiétude, avec une dose d'hésitation.
« C'est notre « baiser » ? Demandai-je en mimant les guillemets avec les doigts.
- Parce qu'au final ce n'était rien pour toi ?
- Tu m'as prouvé que tu avais raison ; j'ai ressenti quelque chose avec toi. Je ne vais pas te mentir, d'autant que je suppose que mon corps m'a trahie…
- Super. Et tu gardes ton calme.
- Que veux-tu que je fasse ? Que je pleure ?
- Non ! Enfin… On dirait que ça t'est égal !
- Oh, parce que pour toi ça signifiait quelque chose ? »
Il se leva, les yeux me lançant des éclairs.
« Oui. »
Sur ce, il me planta là, avec mon plateau, et sortit du self.
Je restai conne quelques instants, ne sachant trop comment prendre sa réponse ; et décidai d'aller lui demander directement. Je sortis à sa suite.
Mais il avait disparu.
Déçue, j'allai dans le couloir, m'assis contre le mur ; et bientôt deux filles de ma prochaine classe me rejoignirent. Elles s'arrêtèrent de parler en m'apercevant ; semblèrent hésiter deux secondes, puis vinrent à côté de moi.
« Hey, Aline ! Il s'est passé quoi avec Cooper ? »
Je relevai la tête et les fixai, agacée. Curiosité, il n'y avait que ça.
« Que voulez-vous qu'il se soit passé ? Demandai-je avec énervement.
- Ben, euh… on sait que vous vous êtes embrassés, puis il se barre de la cantine en te plantant… C'est space quoi ! »
J'hésitai à répondre ; puis en fixai une dans les yeux, étendant mes jambes devant moi.
« Ouais, ben… le problème s'était jamais posé entre nous, tu vois, commençai-je en essayant d'adapter le même ton qu'elles. C'est un peu mon beau-frère, alors…
- Ah ouais, ok… Du coup ça fait trop bizarre que tu sortes avec lui.
- Oh non, c'est pas ça. Simplement, je pensais que… jamais il ferait ça, vous voyez. Avec… moi ! »
Pourquoi je leur disais ça ? Je voulais qu'elles me cassent ou quoi ? Je crois que… j'avais simplement envie d'en parler. Parce que j'étais énervée. Et qu'elles étaient là, et que c'était facile de passer mes nerfs en ayant une conversation « normale » avec elles.
Elles me regardèrent d'un air ébahi.
« Tu déconnes ? T'es la seule qu'il regarde ! »
Je les regardai avec un peu plus d'intérêt. Je savais ça, à vrai dire… mais ne pensais pas que ça pouvait être signe d'une quelconque attirance à mon égard. Plutôt que c'était parce que… enfin… à cause de notre histoire quoi !
« Ça ne veut rien dire, commençai-je d'une voix hésitante. On vit ensemble, c'est…
- Et alors ? Justement, du coup il aurait tout le temps de te regarder chez vous ! Mais non, il s'en fout des autres. »
C'est un vampire. Elles ne peuvent pas comprendre ça.
« Mouais, enfin… je doute. Je sais pas.
- Alors vous sortez pas ensemble ? »
Que répondre ? Non, je ne sors absolument pas avec Cooper, il m'a seulement embrassée pour me prouver que ma conception des relations charnelles était erronée ?
« Eh bien, non.
- Et tu sais même pas pourquoi vous vous êtes embrassés ? Il t'a rien dit du tout ?
- Euh… non, enfin… si… on s'est un peu disputés sur euh… ben les mecs avec qui je suis sortie, mentis-je.
- Et en plus il est jaloux » soupira l'une des filles, rêveuse.
Je fronçai les sourcils.
« Il veut sortir avec toi ! » S'extasia-t-elle. « C'est clair pourtant ! »
J'haussai les épaules, mal à l'aise. C'était une mauvaise idée de parler avec elles ; elles ne savaient pas tout de ma relation avec Cooper.
Ceci dit, ça m'avait aidé. J'étais plus décidée que jamais à avoir une discussion avec Cooper ; et il me tardait de rentrer pour pouvoir l'avoir.
Mais avant, j'allais le faire un peu chier. Essayer de le semer. Il allait falloir que je le fasse dès ma sortie de cours à ce soir, sinon il n'aurait aucun mal à me retrouver. J'espérais juste qu'il n'allait pas me flairer…
Pendant mes dernières heures de cours, je réfléchis à la manière de lui échapper ; et décidai de ruser en sortant de cours cinq minutes en avance, prétextant de me sentir mal. Le prof n'hésita pas à me laisser partir, dans la mesure où la sonnerie allait bientôt retentir.
Je quittai le lycée silencieux, et me pressai dans les rues de Prince Rupert ; atteignant le centre ville, où je flânai un moment, rentrant dans toutes les boutiques que je croisais. Histoire de mélanger l'odeur de mon sang à celle des autres passants.
Puis, dans une librairie, alors que ça faisait… facilement plus de deux heures que je me baladais, je finis par croiser une paire d'yeux ambrés ; c'était Alain qui avait passé la porte de la boutique, et me regardait avec un certain amusement.
Je le regardai s'approcher.
« Tu as de la chance que ce soit moi qui t'ai trouvée. Il est en colère, fit-il.
- Moi aussi. »
Alain éclata de rire.
« Il avait l'air un peu coupable aussi ; aurait-il fait quelque chose de mal ?
- Il m'a plantée au lycée.
- Quand ?
- A midi.
- Il est revenu. Te chercher.
- Bien sûr. Je m'en doute. Mais quand même.
- Il avait peut-être ses raisons.
- Eh bien, j'ai les miennes aussi.
- Vous êtes deux sacrées têtes de mule, hein ! »
Je souris.
« C'est lui qui a choisi de vivre avec moi. Si mon caractère de cochon ne lui convient pas, il n'a qu'à repartir. »
Alain rit.
« Il n'en fera rien. En attendant, on rentre, et je le préviens que tu es avec moi, fit-il en pianotant un message sur son portable.
- Quoi ? Vous ne l'avez pas déjà fait ?
- Non ! Il se serait pointé illico sinon. Et je voulais le laisser mariner un peu.
- D'accord.
- Il va quand même falloir que tu lui rendes des comptes. Quand il a vu qu'il ne te retrouvait pas, à la sortie du lycée, il est rentré dans tous ses états et on a décidé de quadriller l'île ; j'ai pris la ville en me disant que si je devais me cacher d'un vampire, c'est là que j'irais. Lui, il était sûr de te trouver vers la plage ou dans les bois.
- Trop facile pour me flairer.
- En effet. Enfin, Aline… il va déjà être plus qu'irrité. Évite de trop l'énerver, je ne voudrais pas… qu'il te fasse du mal sans le vouloir. »
Je pilai, me tournai vers Alain, surprise.
« Vous croyez qu'il pourrait ?
- Bien sûr. Mais je ne pense pas.
- D'accord, acquiesçai-je pensivement. Ça ne vous dérangerait pas de nous laisser seuls, quand même ? J'essaierai de calmer le jeu, promis. Mais…
- Ok, soupira-t-il. Je repars, alors. »
Alain me raccompagna jusqu'en bas de notre immeuble, et se tourna vers moi.
« Je vous souhaite bien du courage, à vous deux, me fit-il. Et surtout à toi, je sais à quel point Cooper peut se révéler insupportable des fois. Fais gaffe à toi.
- Merci, Alain. Pour tout. »
Il hocha la tête, et s'en alla.
De la ville.
Je repris une bouffée d'air pour me donner du courage, et montai à notre appartement. Il était déjà ouvert ; je poussai la porte silencieusement.
J'entrai et la refermai ; et quand je me retournai, Cooper était là. Me faisant face, le visage fermé.
Les yeux lançant des éclairs.
Ça allait être tendu…
… C'est qui la sadique de service ??? Mouarf. Je serai bien curieuse de savoir ce que vous avez pensé du premier baiser de notre futur couple !!! Soyez sympas, dîtes-le moi ! Pour ma part, je vous promets de poster bientôt la suite…
