Hello tout le monde !!!

Me revoilà avec le nouveau chapitre de C'était l'hiver… Un peu plus d'une semaine après l'autre, mais bon, pas beaucoup hein, et pis vous comprendrez… C'est le début de mes vacances (même si j'suis en zone B, mais j'ai qu'une seule petite semaine, snif. M'enfin, en fait, ça me gêne pas tant que ça…), et k'ai fait la fête pour célébrer mes résultats aux partiels.

Ici, essentiellement des pensées suite au premier baiser échangé… J'espère que vous aimerez !

Pour ceux qui suivent Retrouvailles, le prochain chapitre est quasi terminé, et j'espère pouvoir poster dans le week-end ! Avec humour en perspective… j'en dis pas plus !

Ah, et je sais que je l'ai précisé à une de mes fidèles revieweuses qui se posait la question, mais je ne sais pas si j'ai fait une mise au point générale... Le rated est encore classé T, parce que pour le moment, y a pas lieu de le monter, mais... ça pourrait bien changer dans un avenir plus ou moins proche ;). Voilà !!!

Melo.c.42 : Hello ! Merci pour ta review, et heureuse que t'aies trouvé ce baiser si beau ^^. Je l'ai relu un certain nombre de fois pour le faire au mieux :p. Ouais moi aussi pour une fois j'ai pas la haine contre les filles radio-potin comme tu dis ^^. Côté électricité… J'essaierai d'en redonner autant entre nos deux (futurs) amoureux ^^ ! Voilà la suite !!!

Sur ce, bonne lecture, et bonnes vacances à ceux qui sont concernés ! Et puis aux autres, courage, dans une semaine ! (si je ne m'abuse…)


Cooper POV

Elle était rentrée. Elle était là, me faisant face.

Cela faisait des heures que je la cherchais ; depuis la fin de son cours, en fait. Je l'avais attendue à la sortie de sa classe. Elle n'y était pas. Et c'était une de ses camarades qui avait fini par me dire qu'Aline avait été à l'infirmerie ; elle ne se sentait pas bien.

Inquiet, je m'y étais dirigé ; je supposais que ça devrait être vrai. Pourquoi aurait-elle quitté son cours, sinon ? Qu'avait-elle ? J'espérais que ce n'était rien, tout en me fustigeant mentalement.

Les humains étaient souvent malades, et presque aussi souvent ce n'était rien de grave.

Sauf que là, à l'infirmerie, elle n'y était pas. Inutile de chercher, je ne sentais pas son odeur.

J'avais fait le chemin jusqu'à ma voiture, pensant encore naïvement la trouver s'y dirigeant. Bien sûr, elle n'y était pas non plus.

J'avais fait le tour du lycée. Pas d'Aline.

Finalement, j'avais fini par rentrer, rongé d'inquiétude ; mais où avait-elle bien pu passer ? Était-ce à cause du fait que je l'avais plantée, au self ?

Bien sûr que oui, imbécile. C'était la deuxième fois en plus, que je la plantais. Mauvais plan pour faire la cour à une jeune fille, bravo. Mais merde, après tout, c'était elle et son caractère de merde, son indifférence coutumière, et la mauvaise volonté qu'elle mettait dès qu'on abordait le sujet des sentiments, qui posaient problème !

Cela ne m'empêchait pas d'être rongé de remords.

En rentrant à l'appart, j'avais tout de suite prévenu Alain que je ne savais pas où elle était, et on avait quadrillé une carte ; il allait prendre le secteur Ouest de la ville, moi, l'Est. On devait se prévenir par portable dès que l'un de nous l'avait retrouvée…

Je l'avais cherchée tout ce temps ; et finalement, c'était Alain qui m'avait envoyé un message pour me dire qu'il l'avait retrouvée et qu'ils étaient sur le chemin de l'appart.

J'étais rentré à toute vitesse, et les avais attendus.

Et elle était là, alors qu'Alain avait redémarré sa voiture, repartant, je le savais, définitivement vers sa femme Camélia.

Il aurait mieux fait de rester, peut-être. Car là, j'étais dans un état de fureur tel que je me sentais capable de la tuer.

Elle croisa les bras, me regarda calmement. Je frémis de rage.

« Je suppose que tu vas me réclamer des comptes, commença-t-elle d'une voix vibrante de colère.

- Tu dis ça comme si c'était normal que tu aies disparu des heures !

- Je ne me suis pas faite enlever ! C'est moi qui suis partie, et encore, on peut pas dire que je me sois éloignée.

- Bien sûr ! Sans prévenir !

- Prévenir de quoi ? Tu m'as prévenue, toi, peut-être, que tu allais me planter au self ? »

Elle m'énervait.

Elle m'énervait, parce qu'elle n'avait pas peur de moi, que je ne savais pas quoi lui répondre sans lui sortir crûment que j'avais envie d'elle, et surtout, surtout elle m'énervait parce que j'avais envie de l'embrasser, la plaquer contre moi… la mordre.

« Ce n'était pas pareil, crachai-je à son encontre. Je suis parti chasser.

- Eh bien moi, j'ai été me balader. Et si ça te pose un problème, je tiens à te prévenir que ça pourrait bien se reproduire !

- Te balader ! Comme ça, en quittant ta classe prétextant que tu te sentais mal !

- Oh je me doutais bien que si je te laissais la moindre chance de m'attendre à la sortie de mon cours, tu me suivrais.

- Et je suppose qu'après ce qui s'est passé ce matin, la simple idée de ma proximité te déplait !

- Eh, minute ! Ça n'est pas moi qui suis devenue un tombeau après ça ! »

Ne pas s'énerver. Ne surtout pas s'énerver.

« Non, bien entendu. Toi, tu as choisi l'indifférence.

- Mais bon Dieu, explique-moi ce qu'il fallait que je fasse ! »

Non. Ne lui explique pas ce que tu aurais aimé. Ne lui montre pas.

« Tu aurais pu avoir… un minimum d'émotions !

- Mais j'en ai eu, fit-elle, un peu railleuse et très amère. Tu l'as bien entendu, non ? Mon cœur qui battait plus fort, mon souffle qui devenait irrégulier ; ça t'était accessible, comme sons !

- Je parlais d'après, Aline. Une simple réaction physique, c'est super, mais ça ne fait pas tout.

- Après ? Mais enfin, j'étais censée faire quoi, hein ? Tu ne m'as embrassée que pour me prouver mes torts, je n'allais pas m'accrocher à tes basques ! »

Je me figeai à ses derniers mots, et nous nous dévisageâmes, en silence.

Je n'en revenais pas de ce qu'elle venait de dire. Son cœur eut plusieurs ratés, et je l'entendis déglutir ; mon visage devait exprimer une myriade d'émotions assez impressionnantes.

« Tu le crois vraiment ? » Demandai-je d'une voix mesurée.

Elle recula, buta contre la porte. Je frémis d'envie de la rejoindre ; ne le fis pas. Il fallait que je me contienne.

« Aline, tu crois vraiment ce que tu viens de dire ? La pressai-je de la voix.

- Plus trop, maintenant… » murmura-t-elle d'une voix inquiète, me regardant avec appréhension.

Ne pas la rejoindre. Ne pas la rejoindre.

« Aline… » murmurai-je, torturé.

Elle s'appuya contre le mur, le cœur battant beaucoup plus vite ; et je ne pus résister plus.

Je la rejoignis en trop peu de temps pour qu'elle puisse voir mon déplacement ; la soulevai pour l'asseoir sur une commode.

« Cooper » hoqueta-t-elle. « Qu'est-ce que tu fais ? »

Je ne sais pas. Je ne sais vraiment pas.

« Cooper ? » insista-t-elle d'une voix presque suppliante.

Je plantai mon regard dans le sien ; y cherchant des réponses à ses questions -aux miennes. Le genre de réponses que nous avions tout deux, mais que nous n'arrivions pas à formuler.

Qu'est-ce que je fais ?

Est-ce que j'étais réellement en train de… tomber pour elle ? Est-ce que j'étais réellement en train d'envoyer balader des années de souvenirs et de solitude, juste pour elle ?

Elle que je n'étais pas sensé aimer ?

Ses yeux soutenaient les miens, nos regards s'affrontaient ; elle avait compris, que je ne savais pas plus qu'elle se qui se produisait. Et ce qui allait se produire, surtout. Moi, tout ce dont j'avais conscience, c'est que ce qui me retenait de laisser libre cours à mes instincts, n'était non pas nos natures différentes, mais le fait que je ne pouvais en aucun cas lui promettre l'amour éternel.

Mais l'amour éternel… le voulait-elle ?

Elle ne voulait pas de l'éternité. Elle ne voulait même pas vivre plus d'un an. Et je le sentais, elle ne voulait pas de l'amour. Si je m'en doutais déjà depuis un moment, j'en avais été assuré aujourd'hui, à ce moment où je l'avais embrassée.

Je regardais encore dans ses yeux, comme si j'allais pouvoir lire à travers elle ; je respirais son odeur, alors que son souffle à elle, était irrégulier mais plutôt calme.

Elle prenait ça avec calme. Je ne pouvais pas ignorer le fait que son corps réagissait au mien ; elle non plus, ne le pouvait pas. Et pourtant, elle restait calme. Regardait droit dans mes yeux. Semblait attendre que je prenne une décision.

Je ne lui avais rien promis, et pourtant elle était toujours là.

Soudain, je me demandai si de nous deux, c'était elle qui pourrait souffrir le plus de notre relation. Je n'en étais plus sûr.

Soudain, je me sentis comme si c'était moi qui avait tout à perdre. Alors que quelques semaines auparavant, j'aurais juré ne plus rien avoir à emporter dans mon enfer.

Mais j'étais prêt à prendre le risque. Je savais ce qu'était la souffrance, la solitude -ma vieille amie. J'étais prêt à risquer ma perte pour tenter de la gagner, elle. Aline.

Je frémis, et me penchai sur elle, posai ma bouche dans son cou ; il ne fallait pas que je la morde. Mais je voulais la sentir. Désespérément. Avoir son goût sur mes lèvres.

Elle expira profondément, posa ses mains sur mes épaules ; et quand je m'éloignai pour la regarder dans les yeux, elle garda ses doigts crispés sur mon pull.

« Qu'est-ce qui se passe ? Demanda-t-elle d'une voix mesurée.

- Tu te poses bien trop de questions. »

Et moi aussi.

« Je n'en suis pas sûre.

- Si tu ne t'en poses pas beaucoup, c'est que tu ne te rends pas compte de ce qui se passe.

- C'est pourquoi je t'ai demandé de m'expliquer.

- Ça ne s'explique pas, ces choses-là, Aline. »

Non. Ça s'essaie. Ça se montre par des gestes. Ça demande à être tenté, sans se poser de questions sur l'avenir.

À ceci près que soit elle, soit moi, risquions d'en souffrir à l'issue.

Si issue il y avait.

Ma vie était déjà un enfer ; avais-je envie que la sienne le devienne ?

Non, naturellement. Mais étais-je prêt à le risquer ?

Peut-être bien que j'étais assez égoïste pour ça, oui.

Non.

Je la relâchai soudain, la transperçai du regard -un peu comme si je voyais le mur contre lequel elle était appuyée, à travers elle.

« Va manger, Aline. Tu commences à avoir faim. »

Je lui tournai le dos, allai m'asseoir sur le canapé.

Je ne pouvais pas lui imposer mes envies. C'était à elle de faire ce choix.

Fais le bon, Aline… Je t'attends…

.

.

Aline POV

Bon, ça ne s'était pas si mal passé. N'est-ce pas ?

Si. Ses réactions, et son regard étaient pires que tout; j'aurais préféré qu'il m'en veuille simplement d'avoir disparu. Qu'il soit indifférent à ce baiser qu'il m'avait donné, qu'il n'ait pas cette lueur de… désir dans les yeux. Car c'était bien du désir, j'en avais l'impression. Pas le même que celui, lubrique, que j'avais déjà eu l'occasion de croiser dans des prunelles humaines, mais un désir brûlant, violent. Qui éveillait en moi des émotions que je n'aurais jamais pensé ressentir.

En bref, il… m'emmerdait. Simplement. À déranger ma petite vie bien réglée et sans besoins. À m'obliger à remettre en question les valeurs que je m'étais imposées, et à me demander si finalement, il ne faudrait pas que je revoie ma conception de la vie et du bonheur.

Je me préparai rapidement à manger pendant qu'il restait, sur le canapé, à regarder la pluie tomber sur la ville. Je me demandais bien à quoi il pensait ; mais jamais je ne lui aurais posé la question directement. Tout comme jamais je ne lui demanderais ce qu'il attendait de moi.

Je n'étais pas sûre de vouloir savoir.

Je me levai, allai me laver rapidement et commençai mes devoirs. Je supposais qu'il n'avait pas bougé du canapé ; j'en étais même venue à me demander si à force d'être plongé dans ses pensées, il ne s'était pas déconnecté du monde réel.

Finalement, je me couchai et éteignis la lumière.

Je n'étais pas encore endormie quand je le sentis venir s'allonger à côté de moi.

Mon cœur loupa un battement ; j'avais peur, cette fois. Vraiment peur, et je roulai jusqu'à l'autre bout du lit ; il s'immobilisa, sembla réfléchir un moment ; puis tendit une main vers moi et m'enveloppa dans les couvertures, comme dans un cocon.

Je le laissai faire, le cœur cognant tout de même douloureusement contre mes côtes. Je ne savais pas si j'avais envie qu'il reste, ou qu'il parte.

Finalement, je soufflai et cherchai à me détendre.

Si j'avais peur de lui, maintenant, c'est parce que la donne avait changé. Je ne le croyais plus si indifférent à moi, j'avais lu le désir dans ses yeux, et j'avais peur de ce qu'il voulait.

Pourtant, c'était Cooper. Il n'était pas comme les autres -ceux que j'avais connus. Jamais Cooper ne m'imposerait quoi que ce soit -si ce n'était de rester en vie un an. Jamais il ne me ferait sciemment du mal, je le savais ; car s'il l'avait voulu, ça ferait longtemps qu'il l'aurait fait. Mais non, au contraire, à chaque instant qu'il passait avec moi, il luttait contre sa nature et ses instincts primaires ; je supposais que ça devait être réellement difficile. Mais il le faisait.

Je le sentis soudain bouger ; il allait se relever. Je sortis une main du cocon dans lequel il m'avait enveloppée, et attrapai son poignet froid ; il s'immobilisa, puis finit par se retourner vers moi.

Je ne voyais pas grand-chose dans le noir ; mais je gardai les yeux ouverts, légèrement inquiète mais prête à lui accorder ma confiance. Supposant qu'il arrivait à lire tout ça dans l'obscurité.

Sans un mot, il se recoucha, et cette fois je me rapprochai de lui, lui tournant le dos. Il passa ses bras autour de moi, par-dessus les couvertures ; je réfléchis quelques instants.

« Cooper ? J'ai un petit boulot. Je le commence Mardi. »

Je le sentis se raidir.

« Quoi ? Demanda-t-il, un peu sec.

- J'ai cherché un petit boulot. Je ne supporte pas l'idée que tu me paies tout.

- Al… » commença-t-il avant de s'interrompre, puis de soupirer. « Tu m'énerves. Mais vraiment. Enfin, ok. Je ne peux pas t'en empêcher, de toute façon. »

Je souris ; et il resserra son étreinte autour de moi. Je m'endormis. Ma confiance, désormais, il l'avait.

.

.

Cooper POV

Aline s'endormit rapidement ; après la bombe qu'elle m'avait lâché. « J'ai un petit boulot ». Ok, ce n'était rien de grave ; mais quelque part, ça m'énervait, qu'elle…

Soit si indépendante. C'était ça mon problème, je devais bien le reconnaître. Elle faisait tout pour ne pas avoir besoin de moi ; alors que pour ma part, plus le temps passait, plus elle m'était indispensable.

Elle commença à remuer dans mes bras ; je reportai mon attention sur elle.

Son cœur s'accélérait, sa respiration se hachait. C'était son cauchemar ; j'en reconnaissais les signes. Je me souvins de ce qu'avait dit Alain ; elle commença à gémir, à parler au cheval blanc ; et je l'appelai. Je l'appelai, pour que dans son rêve elle se dirige vers le mur qu'elle voyait apparaître.

Elle ne se réveilla pas. Elle continua à haleter ; son cœur se mit à battre très irrégulièrement, mais elle ne se réveilla pas. Elle arrêta de crier, mais commença à se débattre ; puis, soudain, tout cessa.

J'entendis sa respiration redevenir progressivement régulière, à l'instar des battements de son cœur ; et je la sentis se détendre contre moi.

La nuit se passa sans autre manifestation de son inconscient. Elle ne fit que dormir, apparemment paisiblement. Et je veillai sur elle, attentif à ses moindres soupirs…

.

.

Aline POV

Je m'éveillai lentement, prenant peu à peu conscience de tout ce qui m'entourait. Les couvertures comme un cocon, les bras de Cooper. Ce qui ne me choquait plus, désormais ; ça me paraissait normal.

Ce qui était moins normal, c'est que je ne me souvenais pas d'avoir aussi bien dormi depuis… très longtemps.

« Salut » fit la voix de Cooper à mon oreille.

Je me retournai vers lui.

« Salut.

- Bien dormi ? Fit-il avec un sourire en coin.

- Tu le sais mieux que moi » répondis-je en levant les yeux au ciel.

Il rit.

« Cooper ? Demandai-je soudain. Je n'ai pas rêvé, cette nuit !

- Si. Fit-il, désormais sérieux. Tu as rêvé.

- … Je ne m'en souviens pas !

- Tu ne t'es pas réveillée. Tu t'es calmée. »

Je ne dis plus rien, essayant d'intégrer cette réponse ; comment cela était -il possible ? Je ne me souvenais de rien. Et je ne m'étais pas réveillée.

C'était… merveilleux. Ça ressemblait à une libération.

Je me levais, me dégageant des bras de Cooper et des couvertures ; il me laissa faire, mais une ombre passa dans ses yeux. Mon estomac clama sa faim, et avec une grimace, je me dirigeai vers la cuisine et me préparai à manger alors que Cooper allait prendre une douche.

Un moment plus tard, nous partîmes pour le lycée, toujours en silence ; on aurait pu croire à nous voir d'un regard extérieur que les choses n'avaient pas changé entre nous. Mais c'était faux. J'étais tendue, et je sentais que Cooper aussi. Je compris avec un regret certain mais fugace que plus rien ne serait comme avant, désormais ; il allait falloir que l'on prenne une décision.

Que l'on réfléchisse à l'évolution de nos relations.

Je levai le regard vers lui ; le sien se troubla, mais il ne tourna pas la tête vers moi. Et on se sépara pour gagner nos classes respectives.

On aurait dit qu'il attendait. Que je fasse le premier pas. Ou plutôt, que je prenne la décision ; le premier pas avait déjà été fait. Quand, exactement ? C'était indéfinissable. Mais il était indéniable que les choses avaient déjà changées entre nous.

Il y avait eu le désir dans les yeux de Cooper. Et quelque part au fond de moi, je savais que ça ne serait pas que passager. Que ça couvait en lui ; peut-être pas pour réellement longtemps, mais c'était là, malgré tout.

Et il ne voulait pas me l'imposer. Il me laissait le choix.

Mon cœur s'accéléra à cette pensée ; jamais on ne m'avait laissé le choix. Pas de cette manière, du moins.

Quelques années plus tôt, j'avais décidé de ne plus laisser personne m'approcher aussi près qu'avant. Mais la donne avait changé.

C'était Cooper. Depuis qu'il était passé dans ce couloir de lycée où il avait appris mon existence, il avait été là pour moi. Sans que je le lui aie demandé. Sans rien exiger en retour. Il était là, et aujourd'hui, même s'il voulait autre chose de moi, jamais il ne me le demanderait.

Et moi, dans tout ça, que voulais-je ?

Qu'avais-je ?

C'était ça, la bonne question. Et la réponse était plutôt simple.

J'avais un an. Un an à vivre, un an pour prendre une décision. La vie, ou la mort. J'avais un an, moins deux semaines, à vivre ; simplement, sans me poser de questions.

Je pouvais essayer. Je me devais de le faire. Essayer avec Cooper. Je ne pourrais pas en souffrir ; du moins, si j'en souffrais, il me suffirait de réclamer la mort.

Essayer de toucher au bonheur. Celui qu'on décrivait dans les films, les livres. Celui dont j'avais décidé qu'il n'était pas pour moi.

Avec Cooper.

Mon cœur me semblait battre plus fort dans ma poitrine ; beaucoup trop fort. Je serrai les poings, sous la table.

Il avait eu raison, alors, sur la falaise, il y avait moins de deux semaines.

J'avais encore des choses à vivre…

.

.

Cooper POV

Quand je rejoignis Aline à la pause de dix heures, elle était en train de discuter avec Mark. Et d'autres élèves. Mais elle lui parlait, à lui ; et j'étais jaloux.

Elle tourna la tête vers moi, et soudain, plus rien n'eut d'importance. Pour elle.

Elle salua les autres d'un signe de tête, et me rejoignit.

Si mon cœur avait pu, il aurait loupé quelques battements.

Elle m'avait choisi. Et je ne savais pas si je pouvais donner la moindre importance au fait qu'elle les avait laissé pour venir vers moi, mais au fond de moi je sentais que quelque chose avait changé en elle ; dans son regard. Son attitude. Elle était plus sûre d'elle, et…

Plus sûre de moi.

Nous allâmes à l'extérieur. Il pleuvait, comme d'habitude ; tous les lycéens étaient regroupés à l'abri, comme d'habitude.

Et comme d'habitude, les autres nous regardaient. Aline et moi. Cela n'avait pas l'air de la déranger ; j'irais jusqu'à dire qu'elle s'en foutait royalement. Elle me regardait. Moi. D'un air impénétrable, certes, mais pourtant j'avais l'impression que nous étions… connectés. Que quelque chose passait entre nous, à cet instant précis. Alors que son cœur battait certes un tout petit peu plus vite que d'habitude, mais régulièrement et avec force. Alors que son souffle était profond, son regard droit et assuré. Autour de nous, la pluie tombait, l'air sentait l'humidité et la fumée -et le sang, pour moi-, que le vent sifflait sous le toit de tôle du bâtiment principal ; il y avait de la vie, autour, mais c'est avec moi qu'elle était.

La cloche sonna, et nous dûmes nous séparer sans avoir échangé un seul mot. J'en étais sûr, désormais ; elle avait pris conscience du fait que nos relations avaient changées. Que nous ne jouions pas.

Et elle n'avait pas fui. Mais restait à savoir ce qu'elle comptait en faire.

Quelque chose me disait que je le saurais bientôt.