Bonjour bonjour !
Me revoilà au bout de deux semaines (gloups). Et ouais désolée, je pensais mettre moins de temps pour ce chapitre… Mais en fait il est très délicat car amorce le changement cette fois explicite entre Cooper et Aline ; aussi l'ai-je modifié… allant jusqu'à supprimer la moitié du premier jet que j'en avais fait pour partir sur une voie différente !
Enfin, en tous cas, le voilà ! Et j'espère qu'il vous plaira…
Réponse aux reviews :
melo.c.42 : Hé oui, fini le cauchemar ! Cooper était la clé ! Enfin... le mur plutôt. Lol. Ah jsuis contente que ça t'aie plu. En effet tu as raison, ça va avancer entre eux ; enfin tu vas voir ;) à bientôt bisous !
Bonne lecture !!!
Aline POV
Quand je m'éveillai, j'étais seule dans le grand lit tiède.
J'ouvris lentement mes paupières ; Cooper était là quand je m'étais endormie. Où était-il passé ?
Je soupirai. Je me posais trop de questions inutiles. Il devait en avoir simplement eu marre de me regarder dormir ; après tout, ça devait être déjà assez ennuyeux de ne plus pouvoir sommeiller, si en plus il devait rester immobile à écouter ma respiration…
Je me levai, ouvris les volets. Et, à ma grande surprise, le sol était recouvert d'un fin manteau de neige blanche.
Je souris. Pas de pluie, aujourd'hui ; j'allais pouvoir sortir me balader.
J'arrivai dans la cuisine ; pas de Cooper. Bon. Je ne m'angoissais pas ; je supposais qu'il était parti chasser. Il avait les yeux un peu sombres, la veille.
Je mangeai très rapidement, et pris une douche toute aussi rapide. Puis je sortis dans la neige ; et décidai d'aller faire un tour vers la mer.
Il y a des gens qui n'aiment pas la mer l'hiver. C'est gris, froid, il y a beaucoup de vent ; et puis, la mer, c'est bien connu que c'est pour se baigner. Pas à Prince Rupert, en tous cas, devinais-je ; j'avais l'impression que même l'été il ne devait pas souvent faire beau temps, et l'eau devait rarement dépasser les vingt degrés.
Cela m'importait peu. Je n'aimais pas tellement me baigner ; ce qui me plaisait, dans la mer, c'était de sentir l'air marin, violent, me souffler dans le cou, et de voir les vagues s'écraser avec rage contre les rochers calmes.
L'eau était assez calme aujourd'hui ; la neige tombait en petits flocons qui s'accrochaient dans les cheveux, sur les vestes, sur l'herbe, les roches et le ciment. Je respirai un grand bol d'air ; il était froid et sec. Salé.
« Tu vas finir par me faire avoir des cheveux blancs. »
La voix de Cooper. Je souris.
« Tu ne me fais pas confiance ?
- Si, Aline ; mais ça ne m'empêche pas d'être inquiet quand j'ignore où tu es. »
Je me tournai vers lui, penchai la tête.
« Tu es trop protecteur.
- Si tu commences à faire la liste de mes défauts, t'es pas rendue ma pauvre amie. »
Je ris.
« Bonne chasse ?
- Succulente. Bonne promenade ?
- Je ne l'ai pas terminée.
- Tu permets que je te tienne compagnie ?
- Si je te dis non, tu vas me suivre, n'est-ce pas ? »
Cooper eut un sourire contrit, et je souris en secouant la tête. Je me mis en marche, me rapprochant presque inconsciemment de lui.
« Aline, si je te dérangeais d'une quelconque manière, tu me le dirais, n'est-ce pas ? » demanda-t-il après un long silence.
Il s'était stoppé ; j'en fis de même, et me retournai pour lui faire face. Il avait l'air inquiet.
« Je ne sais pas si je te le dirais. »
Il eut un air réprobateur.
« Je ne sais pas ! Tu ne me déranges pas, pour le moment, je ne sais pas ce que je ferais si c'était le cas ! Peut-être que je te le dirais, ou peut-être que je me ferais la malle tout simplement. J'en sais rien. » repris-je.
Il acquiesça.
« D'accord. »
Je me rapprochai de lui, levai la tête pour planter mon regard dans le sien.
« Et toi ? Tu me le dirais ? »
Il eut l'air surpris que je lui pose la question.
« Pourquoi me dérangerais-tu ?
- Tu n'as pas le monopole des défauts. »
Il éclata de rire.
« Je pense pouvoir te supporter facilement, ne t'inquiètes pas. J'ai bien réussi à vivre cent ans avec Bella. »
Je haussai les épaules, et nous reprîmes notre marche.
« Ils vont se marier. Avec Edward, cet été. Date à confirmer, mais on est invités, annonça Cooper.
- On ? Tressaillis-je.
- Oui, on. Tu ne veux pas venir ?
- Euh… ben… »
Cooper me lança un regard un peu peiné.
« C'est juste que je ne les connais pas bien !
- N'est-ce pas une bonne occasion de les connaître ?
- Si, enfin… »
Je pris une grande inspiration.
« Oui, ok. Ça sera super. Je veux bien y aller. »
Cooper me lança un regard suspicieux ; il doutait de ma sincérité.
Il avait raison.
Je ne savais pas si j'avais envie de connaître les Cullen ; parce qu'ils avaient l'air franchement sympas et…
Dans un an, si je vivais, il me faudrait couper tous les ponts avec eux aussi bien qu'avec Cooper. Je n'avais pas envie de me lier à des gens, de les apprécier, pour ensuite me retrouver seule au monde.
Plus j'y pensais, plus je me voyais ne pas survivre au départ de Cooper. Son absence ne faisait que me donner une raison de plus de mourir ; et c'était effrayant.
J'aurais donc pu lui dire que je ne voulais pas venir ; mais voilà, Cooper y irait à ce mariage. Forcément, avec ou sans moi. Et honnêtement…
J'avais pas envie de rester encore seule les quelques jours pendant lesquels il s'absenterait. Ça allait de paire avec mon… affection grandissante pour lui.
Donc j'irai à ce mariage. De toutes façons, si au bout du compte je mourais dans un an, cela ne changerait pas grand-chose que je me sois liée avec les Cullen ou pas. Et puis Cooper était marrant ; ils n'avaient peut-être pas envie de me connaître plus que ça, eux. Surtout Rosalie.
Peu importait. J'y serai, c'est tout. J'avais quelques mois pour m'y préparer.
.
.
Cooper POV
Je sentais bien que quelque chose… occupait les pensées d'Aline. Elle était plutôt distante, mais parce que plongée dans son monde. Je ne pense pas que ça concernait ce qui s'était passé entre nous ; pas seulement, du moins. Elle avait plutôt l'air plongée en pleine introspection. Enfin, je dis ça, mais après tout, ce n'était pas moi le psychologue. En tous cas, je sentais que je ne pouvais rien faire pour l'aider à y voir plus clair ; je pense qu'elle était dans un de ces passages obligés de remise en question.
J'aurais bien aimé avoir Edward sous la main, tiens. Même si c'était pas fair-play. Ça avait dû l'énerver, le pauvre gars, que la seule fille qu'il ait jamais désirée -Bella- soit également la seule dont il ne pouvait pénétrer les pensées. Cela me faisait rire tellement c'était « pas de chance ». À sa place, je serais devenu fou.
Nous marchâmes un bon bout de temps avec Aline. J'avais envie… de la prendre par la main. De faire ce que les amoureux font.
Je n'en avais pas le droit. Bon sang, je n'avais même pas le droit de le penser ! Alors que j'allais l'abandonner dans moins d'un an…
Quand nous fûmes rentrés, Aline se prépara à manger ; je la regardai faire. À nouveau, je mémorisai ses gestes, ce qu'elle semblait aimer. J'avais l'impression d'être un véritable obsédé.
Je voulais en savoir plus sur elle. Elle allait devoir me parler. C'était décidé. Quitte à lui parler de moi. Il était normal que ça aille dans les deux sens ; tant que nous continuerions à ne discuter que de la pluie et du beau temps, rien n'avancerait entre nous.
I know you've suffered (Je sais que tu as souffert)
But I don't want you to hide (Mais je ne veux pas que tu te caches)
It's cold and loveless (C'est froid et sans amour)
I won't let you be denied (Je ne vais pas te laisser être reniée)
Je la laissai manger en paix ; puis elle alla se caler sur le canapé.
Me regarda des questions plein les yeux. Normal, j'avais passé mon temps à la fixer.
Je vins m'asseoir à côté d'elle, plongeai mon regard déterminé dans le sien.
« Combien de garçons as-tu connu ? » demandai-je tout à trac.
Quelle entrée en matière, brillant Cooper… pensai-je en grinçant des dents.
Une lueur indéfinissable passa dans ses yeux. Un instant, je crus qu'elle allait m'envoyer chier d'une manière aussi sèche que glaciale.
Glaciale, elle l'était, ceci dit.
« Je ne te demande pas combien de filles tu as eues, toi.
- Une. Bella. C'est tout. »
Un éclat dur passa dans ses yeux.
« À quoi joues-tu ? Demanda-t-elle.
- On avance. On fait connaissance.
- Nos relations me suffisaient.
- Suffisaient. Mais aujourd'hui, qu'en est-il ? »
Elle ouvrit la bouche pour répliquer quelque chose ; mais la referma, ayant visiblement décidé qu'il était inutile de me mentir.
« Pourquoi tu veux savoir ça ?
- C'est important. Pour moi.
- Je ne sais pas. Six ou sept. »
Je tressaillis. Aline avait eu six ou sept mecs, dans sa vie ? C'était quoi, ce bordel !
« Six ou sept ! Répétai-je.
- Me juges-tu, Cooper ? » Me demanda-t-elle en plongeant son regard dans le mien.
Je la considérai quelques instants, puis secouai la tête.
« Non. Je ne peux pas, sans connaître ton histoire. »
Elle acquiesça.
« Pourquoi es-tu… sorti avec Bella ? Demanda-t-elle. Je me souviens qu'elle, c'était parce qu'elle croyait ne plus revoir Edward. Et toi ? Juste un besoin physique ?
- Il y a de l'idée. Mais surtout… je pensais ne jamais rencontrer… l'Amour.
- Pourquoi ?
- Parce que j'ai déjà été amoureux, Aline. Et, en plusieurs siècles d'existence, j'ai toujours vu qu'un vampire ne pouvait avoir qu'un seul Amour. Tu as couché avec ces gars ?
- Oui.
- Pourquoi ? »
Aline se raidit ; détourna le visage. Je voyais ses yeux briller, et son cœur s'emballait.
« Je ne peux pas te dire ça. Désolée. »
Ok. C'était trop tôt, peut-être ; mais ça allait venir. Un jour, elle me le dirait.
Soothing (en t'apaisant)
I'll make you feel pure (je te ferai sentir pure)
Trust me (fais-moi confiance)
You can be sure (tu peux être sûre)
« D'accord. Tu les as aimés, alors ?
- Non.
- Pas un ? M'étonnai-je.
- Non. Pourquoi tu pensais ne jamais rencontrer l'amour ? »
Je pris une inspiration, alors qu'elle me regardait à nouveau.
« J'ai déjà aimé.
- Ah. Alors tu ne tomberas plus amoureux, c'est ça ?
- Je ne sais pas.
- Mais tu as dit qu'un vampire ne pouvait…
- J'étais humain, quand j'ai aimé, Aline. »
Le silence tomba entre nous, suivant cette information ; je la laissai digérer la portée de mes mots.
Elle hocha la tête, visiblement réduite au silence. Pensive.
« Je devais l'épouser, consentis-je à raconter d'une voix atone. Elle était l'amour de ma vie, c'était du moins ainsi que je l'entendais. »
Aline me regarda, son visage ne trahissant aucune pensée.
« Et ? » Demanda-t-elle.
Je déglutis, la fixai droit au fond des yeux.
« Tu dois prendre conscience que cette conversation… ce n'est pas rien, Aline. Je vais te révéler des choses… que seules deux personnes connaissent. Alain, et Bella.
- Je ne t'y force pas.
- Personne ne peut m'y contraindre. Mais je veux que tu le saches. »
Elle me fixa encore quelques instants ; et je vis dans son regard qu'elle comprenait que les choses allaient changer. Radicalement.
« Je devais l'épouser, et… j'ai été transformé. »
Mon cœur se serra, comme à chaque fois que j'y repensais ; et je fermai les yeux.
« Elle est morte un peu plus tard. S'est suicidée. »
Je ne rouvris pas les yeux ; je ne voulais pas voir l'expression d'Aline. Pas encore. Je voulais écouter ce que son silence me disait.
J'entendais les battements de son cœur, réguliers. Son souffle, un peu rapide. J'entendis son poing se fermer sur son genou.
Je rouvris les yeux à ce moment là.
Elle me regardait, l'air toujours indéchiffrable.
I want to reconcile the violence in your heart (Je veux reconcilier la violence dans ton cœur)
I want to recognise your beauty's not just a mask (Je veux reconnaître que ta beauté n'est pas juste un masque)
I want to exorcise the demons from your past (Je veux exorciser les démons de ton passé)
I want to satisfy the undisclosed desires in your heart (Je veux satisfaire les désirs inavoués dans ton cœur)
« C'est pour ça que tu nous en veux. À Bella, et à moi.
- Que je vous en ai voulu. Nuance.
- Ouais. Tu en veux à… cette fille que tu aimais.
- Elizabeth. Je suis conscient d'être le seul à blâmer. Je serais revenu quelques mois plus tôt…
- Faux. Tu lui en veux à elle. »
Je m'agaçai. De quel droit se permettait-elle de juger ?
« Tu lui reproches sa mort, et tu reportes ça sur ceux qui la recherchent. Comme moi, comme Bella. »
Je réfléchis quelques secondes, ne la quittant pas des yeux.
Force m'était d'admettre qu'elle n'avait pas tort.
Je me penchai sur elle ; approchant ma bouche de ses lèvres, jusqu'à ce que nos souffles se mêlent, alors que nous nous défiions du regard.
« Est-ce que ça te fait peur, Aline ? »
Une lueur indéfinissable passa dans ses yeux. Seigneur, j'avais envie d'elle. De l'avoir pour moi, entièrement.
You trick your lovers (Tu prétends à tes amants)
That you're wicked and divine (Que tu es mauvaise et divine)
You may be a sinner (Tu es peut-être une pécheresse)
But your innocence is mine (Mais ton innocence est mienne)
« Que tu m'en veuilles ? Non.
- Tu es barrée, comme fille.
- Et toi, imprudent » murmura-t-elle avant d'approcher sa bouche de la mienne.
Je glissai une main dans ses cheveux, l'autre dans son dos, la couchai le long du canapé avant de me placer à moitié au-dessus d'elle, à moitié à côté.
« C'est vraiment toi qui me parles d'imprudence ? soufflai-je.
- Nous n'avons pas la même notion de l'imprudence » murmura-t-elle en glissant ses mains dans mes cheveux, réchauffant ma tête alors qu'une onde de chaleur se propageait dans mon être.
J'inclinai mon visage, et nos bouches se rencontrèrent pour la deuxième fois.
Je goûtai ses lèvres, frémissant de retenue alors que chaque fibre de mon être -ces fibres que je croyais mortes depuis longtemps- me criait de me lâcher.
Elle entrouvrit les lèvres, et l'une de ses mains s'enfouit plus profondément dans mes cheveux ; mais elle n'alla pas plus loin, attendant patiemment que je m'habitue à l'odeur de son sang. Je tressaillis, cette manière qu'elle avait de se soucier de moi -de nous- me touchant plus que j'aurais voulu le laisser paraître.
Avant de me rendre compte que si elle arrivait encore à penser à ma nature, c'est qu'elle était en train d'analyser ce qui se passait entre nous.
Je ne voulais pas qu'elle analyse. Mais qu'elle ressente.
Please me (Plais-moi)
Show me how it's done (Montre-moi comment ça s'est fait)
Tease me (Tourmente-moi)
You are the one (Tu es l'unique)
Je me détachai d'elle, dardant sur elle un regard brûlant.
« Déconnecte, Aline. »
I want to reconcile the violence in your heart
I want to recognise your beauty's not just a mask
I want to exorcise the demons from your past
I want to satisfy the undisclosed desires in your heart
Je replongeai sur sa bouche, y introduisant ma langue désormais, tout en glissant une main dans son dos pour la cambrer contre moi. Elle eut un gémissement de surprise, et ferma les yeux ; sa main se crispa dans mes cheveux et dans mon dos. Changeant de position, je la couchai plus sur le canapé, et relevai la tête pour l'observer quelques secondes ; le souffle court, les lèvres légèrement gonflées, les yeux reflétant son trouble intérieur, les cheveux défaits…
Elle était magnifique. Je n'avais pas d'autre mot.
Je frémis, et me rebaissai sur elle, goûtant sa peau du bout de la langue, dans son cou.
Sa main quitta mes cheveux, glissant sur mon épaule, mes côtes à travers mon pull ; passa sous l'ourlet, frôlant timidement ma peau.
Je relevai les yeux et nos regards se tinrent quelques secondes ; comme si l'on évaluait ce qui était en train de se passer.
Mais si auparavant j'avais toujours eu l'intention de lui laisser une porte de sortie, quel que soit le stade de notre relation, désormais, il n'en était plus question.
Je glissai une main dans son dos, la soulevai pour nous asseoir sur le canapé ; lui lançai un regard noir -de désir.
« Il faut que je retourne chasser », murmurai-je d'une voix rendue rauque par la soif.
Je me levai, et en quelques millisecondes, disparus de ses yeux.
Maudite nature de vampire. Jamais je crois, elle ne m'avait rendu si amer.
Sauf peut-être à la mort d'Elizabeth.
Qui était donc cette fille pour me faire éprouver ces sentiments si dévastateurs d'un simple baiser ?
.
.
Aline POV
Au départ de Cooper, je fermai les yeux, le cœur battant à une vitesse régulière, mais assez fortement pour que je le sente pulser dans ma poitrine, jusque dans mes tempes.
Nous avions franchi le point de non retour, clairement ; c'était ce que je voulais, mais ce n'était pas ce que j'avais prévu. Du moins, cela ne se passait pas comme je l'avais envisagé.
Les sensations n'étaient pas les mêmes. Rien à voir avec mes précédents « amants ». Mais Cooper pouvait-il être comparé à qui que ce soit, humain ou vampire ?
Je me couchai sur le canapé, la tête sur l'accoudoir, le regard tourné vers le plafond. Blanc, si blanc ; aucune tâche. Je me perdis dans sa contemplation ; y regardai plus attentivement.
Finis par les voir, les tâches. Celles qui prouvaient que cet appartement avait eu une vie. Elles étaient presque invisibles à un œil humain ; invisibles à un œil inattentif, et pourtant présentes et réelles. Un plafond pouvait être comparé à une vie. Une vie n'était jamais un parcours sans tâches ; chaque évènement laissait une trace ; grosse et visible par n'importe quel œil, ou plus discrète, dont seuls étaient conscients la personne en question et ceux qui s'intéressaient assez à elle pour chercher à la voir en profondeur.
Je me retournai sur le côté.
Moi aussi, je cherchais à dissimuler des traces. Et j'y parvenais, jusqu'à présent. Mais peut-on dissimuler quelque chose à un vampire ?
Cooper finirait par savoir. C'était inévitable. Et cela me faisait peur.
J'avais peur de son jugement. Pourrait-il me tourner le dos ? Me mépriser ? Se désintéresser de moi ? C'était ce que je voulais, avant, son désintérêt. Mais là, j'avais le sentiment que cela me…
Tuerait.
Je fermai les yeux.
Et quand je les rouvris, j'étais dans mon lit ; et la nuit perçait à travers les fenêtres.
Cooper était à côté de moi. Je le regardai.
« Rassasié ? » fis-je avec un petit sourire.
Un éclair passa dans ses yeux ambrés, qui me fit frémir.
« Pas vraiment. Mange », répondit-il en désignant le plateau qu'il avait apporté et posé sur la table de chevet.
Je me redressai, et contemplai l'assiette de pâtes, un peu amusée. Pris ma fourchette et commençai à grignoter en le contemplant pensivement.
Il en faisait de même, et ça me surprenait.
Une fois que j'eus fini, je me levai et allai faire la vaisselle ; puis passai dans la salle de bain pour me débarbouiller et passer un tee-shirt et un short pour la nuit.
Cooper n'avait pas bougé, quand je réintégrai le lit. Je me couchai à ses côtés, et il passa son bras sous ma nuque en rabattant la couverture sur moi. Je me calai contre lui ; sa fraîcheur ne me dérangeait vraiment plus. Alliée à son odeur, elle était rassurante.
Je passai mon bras autour de sa taille ; m'accrochai à lui. Sentis ses lèvres sur mon front.
Mais quand je relevai la tête, il ne fit que me sourire.
« Ne brûlons pas les étapes » murmura-t-il.
Je me mordis la lèvre, et me soulevai légèrement pour l'embrasser.
« D'accord, répondis-je sur le même ton avant de me recoucher contre son épaule.
- Bonne nuit… »
Ma main glissa sur son ventre de pierre, et je le sentis frémir sous mes doigts.
« Je comprendrai que tu ne veuilles pas rester toute la nuit, fis-je à voix basse. Ça doit être ennuyeux. »
J'entendis son sourire.
« Oh, non, Aline. Ça ne l'est pas… »
Je ne rajoutai rien, me sentant à nouveau sombrer dans le sommeil ; seule la lointaine voix de Cooper parvint à percer un chemin jusqu'à mon esprit embrumé. Il chantait un air que je ne connaissais pas.
« Please me
Show me how it's done
Trust me
You are the one… »
La chanson, pour ceux qui connaissent pas ou ont un doute, c'est Undisclosed Desires de Muse !
