Bonjour bonjour !

Me revoilà avec un nouveau chapitre, un peu… particulier. J'ai bloqué longtemps avant de réussir à l'écrire (enfin, longtemps… à peine plus d'une semaine), puis la suite a coulé assez facilement. Je n'ai pas l'habitude de vous proposer une playlist pour lire mes chapitres ; mais si cela peut vous aider à saisir un peu l'atmosphère un peu particulière qui va régner, je peux vous suggérer des chansons un peu sombres, telles que certaines d'Evanescence, ou encore certains titres de Linkin Park.

Je vais d'ailleurs déposer des liens vers les chansons que je cite sur mon profil !

Melo.c.42 : hihi, c'est une question récurrente, ce que cache Aline. Ne vous en faîtes surtout pas ; maintenant que les choses ont avancé entre elle et Cooper, il va bien falloir qu'elle commence à s'ouvrir. Il va commencer à y avoir des indices, puis… ;). J'espère que tu aimeras le tournant que va prendre leur relation !

Aurélie : Salut ! ^^ Pas grave pour le retard, et ravie de voir que tu continues à lire ma fic ! En espérant bien sûr que ça te plaise toujours !

J'espère que vous aimerez ! Bonne lecture…


Aline POV

Le dimanche s'écoula tranquillement. Quand je me réveillai, Cooper était toujours là, et me sourit.

Dès que j'eus déjeuné et me fus lavée, nous sortîmes. Simplement, en nous tenant par la main, mais sans être forcément proches. J'aimais bien ça ; je ne me sentais pas oppressée. Je soupçonnais Cooper de l'avoir deviné.

Nous ne fîmes rien de particulier. Juste profiter de la présence de l'autre. Du moins, je le supposais. Je n'avais jamais connu ce genre de situation.

Ce fut le lundi matin que je pus prendre réellement la mesure de ce qui était en train de se passer entre nous.

oOo

Lundi Matin.

Lever, 7 h 00.

Cooper était dans la cuisine, nonchalant ; il m'avait préparé mon déjeuner. Je lui souris.

« Tu sais que si je me lève aussi tôt c'est pour faire ce genre de choses ?

_ Eh bien lève-toi plus tard ! Rit-il.

_ Dis tout de suite que je t'emmerde moins quand je dors » souris-je.

Il roula des yeux.

« Disons ça. Bouffe. » répliqua-t-il sur le ton de la plaisanterie.

Je m'exécutai en le regardant pensivement. Il était en train de devenir un élément indispensable à mon environnement, et j'aurais cru que je détesterais ça.

En fait, j'aimais bien. C'était reposant.

Tant que ce n'était pas à moi, qu'il devenait indispensable.

Quand nous arrivâmes au lycée, Cooper passa un bras autour de mes épaules, lançant un bref regard aux autres.

Dans le couloir, il dut me lâcher et me laisser passer devant lui ; je me dirigeai automatiquement vers la salle où je devais avoir cours.

Arrivés devant, je le sentis m'attraper par le poignet, me faire faire demi-tour, et m'immobiliser par les hanches.

Il m'embrassa.

Je me figeai entre ses bras, le cœur battant un peu plus vite ; lui lançai un regard curieux quand il s'éloigna un peu.

« Désolé. Je ne supporte pas de voir les autres garçons te regarder. » fit-il avec un petit sourire en coin.

Je lui lançai une œillade qui se voulait pleine de reproches, incertaine d'avoir réussi.

Il soutint mon regard, un petit sourire en coin scotché aux lèvres. Il avait l'air plutôt fier de lui.

Son amusement fut contagieux, et me réchauffa le cœur ; je lui souris en retour.

Je me haussai sur la pointe des pieds, glissai mes mains sur ses joues, et l'embrassai.

« Maintenant, je crois qu'ils ont compris. » lui murmurai-je à l'oreille.

Je le lâchai, et rentrai dans ma salle de classe. M'assis à une table vide, le cœur battant toujours très fort. Une question trottait dans ma tête.

Qu'est-ce que je viens de faire ?

J'avais toujours entretenu cette distance entre les autres et moi. Jamais avant je n'aurais eu ce genre de geste. Pas que je pensais que ça dérangeait Cooper ; en fait ça ressemblait beaucoup à ce que faisaient les autres ados autour de nous.

Mais justement. J'avais déjà essayé de jouer ce rôle. Ça n'avait jamais été mon truc.

Ça devenait naturel, maintenant ?

Quel était ce nouveau rôle ? Je m'étais toujours contentée du minimum. Parler, sourire.

Pas mimer une relation normale.

Qu'est-ce qui clochait chez moi pour que j'en vienne à ressembler à l'adolescente lambda alors que ma seule fréquentation était un vampire ? Alors qu'avant… j'étais une marginale, ni plus ni moins ?

Je sentis quelqu'un s'asseoir à côté de moi, et tournai la tête pour reconnaître une des filles avec qui j'avais discuté après mon premier baiser avec Cooper.

« Alors… tu sors avec lui ? » demanda-t-elle.

C'était bien ça. J'avais agi comme une petite amie type. Comme pour montrer aux autres que j'étais cette fille normale, qui sortait avec le mec le plus craquant du lycée -il fallait être réaliste-, et qui était fière de le montrer.

Ce n'était qu'un rôle, et que je le joue si naturellement me décontenançait.

« Oui, finis-je par lui répondre. Je sors avec lui. »

Je me replongeai dans mes pensées -à défaut de pouvoir me plonger dans le cours.

Moi qui m'étais convaincue que l'amour, les petits copains et autres bêtises n'étaient pas faits pour moi.

Ok, on n'avait pas parlé d'amour. Surtout pas. Cooper avait été clair ; il avait déjà été amoureux. Enfin… c'est vrai qu'il avait eu l'air pensif, mais ce n'était pas pour autant qu'il devait y avoir ce genre de sentiments entre nous. De toutes manières, cela était impossible dans la mesure où l'issue de notre « couple » était forcément la séparation. Pour sa sécurité, pour celle de ses amis. J'avais bien compris ça.

Je ne voulais pas y penser. Je savais que ça changerait ma façon d'agir, d'être.

Mais je ne voulais pas m'attacher, non plus. J'avais perdu tous ceux qui avaient un jour compté pour moi, et je ne voulais pas refaire cette expérience.

Cela ne m'empêcherait pas d'avoir une relation avec Cooper.

Mais je ne craignais, à force de jouer, de devenir une adolescente lambda.

.

.

Cooper POV

Les deux heures de cours qui suivirent me parurent interminables. Je pensais avec agacement à Aline, qui se trouvait dans une salle de cours toujours différente de la mienne. Que faisait-elle, est-ce qu'elle pensait à autre chose qu'à… nous ? Cette simple idée me donnait envie de grogner, alors que moi, je n'arrivais pas à me la sortir du crâne.

Enfin, nous fûmes à la pause de dix heures.

Et il fallut que le prof nous lâche en retard.

Bien sûr.

Je la rejoignis, alors qu'elle était adossée à un mur, entourée de deux filles et d'un gars, discutant comme une jeune fille de son âge normale.

Son regard croisa le mien.

Mais elle n'était pas normale.

Elle me fit un petit sourire un peu… complice.

Les autres ne savaient pas qu'elle n'était pas comme eux. Moi, ils m'évitaient. Elle, non, ils l'intégraient. Elle était plus douée que moi au jeu des faux-semblants. Pourtant, j'avais un siècle d'entraînement.

Et elle avait l'humanité de son côté.

Admettons donc qu'on partait avec les mêmes chances au départ.

Oui, elle arrivait mieux que moi à faire semblant.

Elle se décolla du mur, me rejoignit. Ne m'embrassa pas, ne fit que me prendre par la main, pour m'entraîner à l'extérieur. Je la suivis, refroidi par l'idée qu'elle était si bonne actrice.

Et si avec moi aussi, elle jouait un rôle ?

Non, je ne pouvais pas supporter ce genre de doutes.

D'un mouvement du poignet, je la déséquilibrai alors que nous marchions le long d'un préau.

Elle poussa un petit cri de surprise, et je la rattrapai, la tenant fermement contre moi.

Je me penchai vers elle, et pris ses lèvres, plaquant son corps contre le mien, une main dans son dos et l'autre dans ses cheveux.

Puis je la repoussai contre un mur, et un quart de seconde, dardai mon regard dans le sien. Enfin, sans lui laisser le temps de réfléchir, je posai mes mains sur ses hanches, sous les pans de sa veste ouverte, et posai à nouveau mes lèvres sur les siennes.

Ma langue caressa sa lèvre inférieure pour lui demander l'accès à sa bouche, et glissa en elle alors qu'elle hoquetait de surprise. J'entendis son cœur accélérer violemment sa cadence, et sentis sa peau se réchauffer sans même la toucher, si ce n'est à travers ses épais vêtements. L'air me semblait brûlant entre nous ; et bien que le sang ne coulait plus dans mes veines depuis bien longtemps, je sentis mon corps se mettre à bouillonner.

Maudite humaine.

Maudite nature de vampire.

Je me reculai, avant de la mordre. Elle plongea son regard indéchiffrable dans mes yeux noircis par le désir et la soif.

Un instant, j'envisageai franchement de planter mes crocs dans sa gorge pour la faire mienne, la transformer, l'obliger à devenir comme moi. Elle qui ne voulait plus de la vie. Qui ne voulait plus vivre, malgré moi, malgré tout ce que je voulais lui offrir -et que je ne pourrais jamais.

Elle me regardait toujours, et je sentais son cœur ralentir sa cadence, la chaleur bouillonnante quitter ses veines. Et je haïssais, oui, je haïssais cette capacité qu'elle avait de se refermer sur elle-même, ainsi, même entre mes bras, même quand je venais de l'embrasser. Je haïssais le fait que nous nous trouvions dans un lycée, entourés de nos camarades. Qu'il ne nous restait qu'à peine quelques minutes de pause.

Je la haïssais, autant que je l'aimais, en cet instant précis.

Je fermai les yeux.

Je l'aimais.

C'était vraiment mauvais, ça.

Je rouvris les yeux.

« Pourquoi te caches-tu ainsi ? » grognai-je tout bas.

Elle comprit parfaitement de quoi je parlais. Se rapprocha de moi, glissant une main sur ma nuque, collant sa bouche près de mon oreille.

Elle était en train de prendre le contrôle sur moi, de le reprendre sur elle -je détestais ça. Elle était en train de nous mener, et ça n'allait pas dans le sens que je voulais.

« Je ne veux plus jamais perdre le contrôle. » me répondit-elle.

Elle se dégagea d'entre mes mains, et repartit à l'instant précis où la cloche sonnait, annonçant la reprise des cours de la matinée. Je restai quelques secondes figé par sa réplique, avant de me remettre en mouvement et de rejoindre mon cours, en retard.

Le prof voulut faire une remarque. Se retint après que je lui eus lancé le regard que j'aurais dû lancer à Aline. Plein de colère.

Je m'assis et me fis la promesse de briser ce contrôle excessif qu'elle voulait exercer sur elle. Même si c'était le seul moyen de défense qu'elle avait trouvé pour continuer à vivre. Même si elle en avait eu besoin pour continuer à avancer.

Maintenant, c'était fini. Et je savais que ce contrôle qu'elle exerçait sur ses sentiments, ses actes, ses sensations, était à double tranchant. Il était celui qui l'avait aidée à se relever, quoiqu'elle aie pu voir dans sa vie. Il était celui qui l'avait aidée à tenir dans ce lycée de Forks qui n'avait même pas été un lieu où elle aurait pu s'autoriser à être elle-même.

Il était aussi celui qui l'avait poussée à se coller une balle dans le crâne, sur une falaise, des dizaines de mètres au dessus d'une eau bouillonnant de l'envie de voir s'enfoncer dans ses profondeurs le corps de l'humaine qu'elle avait été.

Je haïssais tout ça. Ça devait se terminer.

Et sous peu.

.

.

Aline POV

Je retournai en cours tout en remettant mon masque d'indifférence. Mon masque d'humaine. Celui que mes autres camarades étaient rassurés de me voir porter.

Cooper m'avait percée à jour ; il avait compris que même avec lui, je ne serais plus jamais celle que j'avais été, à une époque. Je pouvais être la nouvelle moi, avec lui. Celle que j'avais construite.

Mais celle que j'avais été avant de le rencontrer était morte.

Je me demandais bien ce qu'il comptait en faire.

Quelque chose me disait qu'il n'allait pas en rester là. Il n'avait pas l'air d'apprécier cette barrière que je mettais entre lui et moi ; que je laissais tomber, quand même, parfois, malgré ma volonté.

Crawling in my skin (Rampant sous ma peau)

These wounds they will not heal (Ces blessures ne guériront pas)

Fear is how I fall (La peur me fait tomber)

Confusing what is real (Confondant ce qui est vrai)

Oh, non, je ne voulais pas. Retrouver cet état qui m'avait accompagnée, pendant un moment. Avant que je ne réussisse à forger ce masque qui m'avait sauvée.

There's something inside me that pulls beneath the surface (Il y a quelque chose en moi qui m'attire sous la surface)

Consuming, confusing (Consumant, confondant)

This lack of self-control I fear is never ending (Ce manque de self-control, je crains qu'il ne finisse jamais)

C'était ce que je ressentais, avant. Je ne voulais plus de ça. Plus jamais. Tant que je contrôlais mes sentiments, les autres ne me voyaient pas.

Controlling, I can't seem (Contrôlant, je ne peux paraître)

Je n'apparaissais pas, telle que j'étais, à leurs yeux.

To find myself again (Pour me retrouver)

My walls are closing in (Mes murs se referment)

Without a sense of confidence (Sans un sentiment de confiance)

I'm convinced that (Je suis convaincu que)

There's just too much pressure to take (Il y a juste trop de pression à supporter)

I've felt this way before (Je me suis senti ainsi avant)

So insecure (Si mal dans ma peau)

Laisser ma carapace, les murs que je construisais autour de moi, se refermer. Je me sentais mieux. Moins mal, du moins. Ne pas faire confiance, à personne ; cela m'avait sauvée. La pression des autres, était trop dure à supporter. Ce qu'ils attendaient de moi. La normalité.

Les autres autour de moi m'étouffaient. À une époque. Désormais révolue.

Discomfort, Endlessly has pulled itself upon me (L'inconfort a finalement pris le dessus sur moi)

Distracting, reacting (Distrayant, réagissant)

Against my will I stand beside my own reflection (Contre ma volonté je demeure à côté de mon propre reflet)

It's haunting how I can't seem... (C'est hantant, combien je ne peux paraître…)

J'ignorais si Cooper allait accepter cette part sombre de moi. Ma carapace.

Mais j'étais déterminée à ne pas le laisser la fissurer…

.

.

Cooper POV

J'attendais avec impatience ce moment. La fin de la journée de cours.

À chaque pause, nous nous retrouvions avec Aline ; mais nous n'avions pas échangés beaucoup de paroles.

Je lui avais plutôt assuré par le regard que nous n'allions pas en rester sur ce qui s'était passé entre nous à la pause de dix heures.

Et elle avait soutenu mon regard. Sans faille. Visiblement prête à m'affronter.

La rage grondait en moi alors que nous rentrions à l'appartement.

À peine fus-je garé qu'elle s'extrayait de la voiture. Calmement. Sans faire attention à ce que je pouvais avoir envie de dire ou faire.

Je la suivis, lui attrapai la main, et la retins alors qu'elle cherchait à la retirer. Elle se retourna vers moi, me regarda, un sourcil haussé.

Était-ce ça, d'aimer ? Cela comprenait-il de vouloir le cœur de l'autre pour soi, et uniquement soi ? Cela comprenait-il de détester cet autre quand il refusait de nous l'offrir ?

Nous montâmes à l'appartement, et avant qu'un mot ne fut échangé, je refermai la porte et me retournai vers Aline pour la plaquer contre un mur.

Nous nous défiâmes encore du regard. Il n'y avait plus de mots. Ça ne servait à rien. Les mots, on pouvait en faire ce qu'on voulait.

C'était le langage du corps d'Aline que je voulais entendre. Celui qu'elle ne pouvait cacher, ou modifier.

Je m'approchai d'elle, lentement. Je voulais lui faire perdre pied, plus que tout.

Ses yeux semblaient percer à travers les miens, tout en me maintenant à distance.

« Qu'est-ce que tu veux ? Demanda-t-elle d'une voix basse et mesurée.

_ Toi. » répliquai-je.

Une lueur s'alluma dans son regard, alors qu'elle s'approchait un peu plus de ma bouche.

« Mais pas comme ça. », grognai-je.

Je l'attrapai par la taille, la menai à vitesse vampirique sur son lit, nous couchai dessus ; et avant qu'elle ait eu le temps d'analyser où elle se trouvait, je me penchai et pris ses lèvres.

Je voulais la décontenancer. La perdre. Pour retrouver la véritable Aline, celle qu'elle cachait sous une carapace depuis si longtemps que c'était devenu naturel chez elle.

Mes doigts glissèrent sous son pull, coururent sur son débardeur, lui arrachant un hoquet alors qu'elle se cambrait contre moi. Son cœur battait à une cadence effrénée, et un instant j'eus peur qu'il ne lâche.

Mais je ne m'arrêtai pas.

Je fis glisser son pull, l'en débarrassai ; son souffle s'accéléra.

Je l'embrassai, à nouveau, plongeant ma langue en elle tout en plaquant mes mains sur son corps, épousant ses formes, cherchant presque à les modeler.

Elle était si humaine. Si fragile, et pourtant, par certains côtés, bien plus forte que moi. Je détestais tellement ça. Elle semblait bouillir de l'intérieur, assez pour réchauffer mes propres mains, mon propre corps.

Soudain, elle ouvrit les yeux ; et la lueur qui brûlait en eux comme une flamme attisa ma colère, raviva ce sentiment de défi en moi. Elle me repoussa sur le côté, se plaçant au-dessus de moi. Je me laissai faire, essayant de comprendre ce qui passait dans sa tête. Mais elle se pencha sur moi, et m'embrassa à son tour, comme je l'avais embrassée, avec ce désir violent, dénué de toute passion. Ses mains glissèrent sur mon corps, faisant frémir mes muscles, caressant mes côtes pour descendre vers mes reins ; ses pouces atteignirent la lisière de mon pantalon, et une décharge électrique faillit me faire perdre pied et tout sens de la réalité. Mais mon cerveau reprit le dessus ; et me hurla qu'elle était précisément en train de faire ce que je ne voulais pas.

Elle reprenait le contrôle.

Son cœur battait encore très fort, dans sa poitrine ; mais son souffle, quoique plus appuyé, était redevenu régulier.

Elle maîtrisait. Elle se maîtrisait.

Je lâchai un grognement, et ses yeux vinrent se fixer aux miens, dangereux.

« Aline. » grondai-je.

Elle ne me répondit rien, se contentant de me darder du regard. Elle était couchée au dessus de moi, ses cheveux emmêlés cascadant d'un côté de son visage, une faible lumière perçant à travers les stores abaissés partiellement les faisant luire d'une couleur ressemblant à un mélange d'or et de cuivre en fusion. Mes mains s'agrippaient à ses hanches, les siennes étaient désormais posées de chaque côté de ma tête. Je la recouchai, sans un mot, lui intimant d'un regard menaçant de ne rien faire de plus. Me repenchai sur ses lèvres, les embrassant jusqu'à lui faire perdre son souffle, puis les quittai pour glisser ma bouche dans son cou, le long de sa carotide.

Son souffle redevenait erratique, et je sentis ses mains s'agripper dans mes cheveux, plus pour se tenir que pour m'approcher ou me repousser. Les miennes reprirent leur lente course à la découverte de son corps, alors que je me rassasiais de son goût, de son odeur, des sons qu'elle émettait, de la vue qu'elle offrait, de la sensation de sa peau sous mes doigts. C'était comme ça que je la voulais, entière.

Mais quelque chose se mit à clocher.

Son cœur loupa plusieurs battements, cognant violemment contre ses côtes. Elle hoqueta, ses mains cherchèrent à me repousser. Je m'écartai d'elle, restant au-dessus, immobilisant ma main sur sa taille, sous son débardeur, et elle serra les paupières, fonça les sourcils, se mordit la lèvre.

Je ne bougeai pas, alors que seule, elle luttait contre ce qui venait de la paralyser.

Son souffle était encore irrégulier. Mais ce n'était plus dû à ce que nous étions en train de faire.

C'était dû à ce que je lui faisais.

« Aline », l'appelai-je, d'une voix hachée par le stress.

Aline, réponds-moi.

Elle récupéra son souffle, son cœur toujours un peu rapide, les yeux toujours clos.

« Aline, ouvre les yeux. »

Elle secoua la tête.

« Ouvre-les ! »

Elle s'exécuta, me noyant dans son regard alors que je me figeais.

Ses pupilles étaient dilatées ; rapidement, elles retrouvèrent un diamètre normal, mais c'était trop tard.

J'avais vu briller la panique dans ses yeux.

Je m'écartai un peu plus d'elle, et elle se redressa.

Nous restâmes silencieux un moment.

Puis son regard se posa à nouveau sur moi. M'évaluant, fermé. Elle avait retrouvé sa carapace.

Je ne savais pas à qui il revenait de parler en premier. Je ne savais pas ce que j'aurais pu lui dire. Je ne savais pas ce qu'elle aurait pu me dire.

Alors je m'approchai de son visage, la dardant du regard, mêlant nos souffles, et dis les premiers mots qui me passaient par l'esprit.

« Je reviendrai. »

Je m'évanouis hors de la pièce.


La chanson, c'est Crawling, de Linkin Park !

J'espère que vous avez aimé ce chapitre. J'ai conscience qu'il est un peu… bizarre. Qu'il ouvre certaines questions, une nouvelle relation entre Aline et Cooper (et oui, encore une… alors que tout aurait pu être normal…). Mais je suis assez soulagée, car c'est là que je voulais en venir, sans vraiment savoir comment m'y prendre. Alors j'espère que j'ai su vous faire sentir l'atmosphère que j'avais envie qu'il y ait entre nos deux protagonistes !