Bonjour bonjour !!!

Me revoilà avec un nouveau chapitre sur la relation entre Cooper et Aline ; entre blessures, désirs et craintes… J'espère que vous aimerez, je l'ai un peu retourné dans ma tête celui-là avant de l'écrire. Amorce d'un changement en Aline…

Je ne vous en dit pas plus ! Lisez donc ;) !

Je tiens à remercier chacune d'entre vous m'ayant laissé une review ; elles sont toujours très gentilles, et même flatteuses pour la plupart. J'espère donc pouvoir continuer d'être à la hauteur…

Réponses aux reviews :

Aurélie : merci !!! Et oui, il y a de la tension entre nos amoureux ; je me demande ce que tu vas ressentir dans ce chapitre ! Bonne lecture !

Melo.c.42 : ah, ravie que toi aussi t'aies eu des émotions ^^. Ben tu me diras également ce que te fais ressentir ce chapitre ? :p Pour les réponses aux questions, ça va en effet commencer à venir, Aline se débloquant un peu suite à l'évolution de sa relation avec son vampire…

Macha : … Je sais pas quoi dire, sinon un grand merci. Encore une fois, tu fais partie des quelques unes qui m'a dit avoir éprouvé quelque chose à la lecture du chapitre dernier, et franchement… Je veux pas reprendre une certaine pub, mais pour un auteur (même un auteur bas de gamme qui ne publie que des fanfics), ça n'a pas de prix. Attention cependant, quand tu dis que tu n'es « qu'une » lectrice : je le vois pas comme ça. Pour moi, l'avis de chacun de mes lecteurs compte, parce que vous m'aidez à voir les points forts de mon écriture… et les points faibles, aussi. C'est vraiment important pour moi, sans ça… je ne suis pas certaine que je continuerais à écrire ! Voilà, ça fait une bonne petite réponse ^^'. Honorée d'être une des rares que tu reviewes :p, j'espère être à la hauteur pour la suite !

Je vous embrasse tous bien fort et vous souhaite une bonne lecture !

Playlist : Fallen, Sarah McClachlan (pour le début surtout… Si vous devez écouter une chanson en lisant le début, essayez celle-là. Enfin si vous aimez.), et What's up, 4 non blondes (entre autres…).


« Je reviendrai. »

Je m'évanouis hors de la pièce.


Aline POV

Il était parti.

M'avait laissée seule ; pour un temps indéterminé.

Il avait compris que c'était le mieux à faire. En effet, quand j'entrais dans l'un de ces états de panique profonde, personne ne pouvait rien pour moi.

J'étais la seule à pouvoir reprendre le contrôle de mon corps. J'avais mis un moment, avant de le comprendre. De le faire. Ç'avait été douloureux. Mais j'y arrivais, maintenant. De plus en plus rapidement.

Cooper semblait comprendre beaucoup de choses concernant ma personnalité… pour le moins atypique. Bien que je lui cache tout ce qui était réellement moi. Il était plus intuitif que la moyenne.

Et surtout, il y prêtait bien plus attention.

Je fermai les yeux, m'adossai contre mon lit.

J'avais toujours cherché à me cacher aux autres. Depuis mes douze ou treize ans, du moins ; je ne savais plus précisément. Ça s'était fait peu à peu, je suppose.

À moins que j'aie toujours été plus ou moins comme ça. Je ne pourrais plus savoir, maintenant.

C'était trop tard.

J'avais toujours voulu mettre une barrière entre les autres et moi. Pensant que c'était mieux pour moi.

Moi. Je me rendais compte, maintenant, que ça avait quelque chose d'égoïste. Maintenant que Cooper était là. Maintenant qu'il voulait me faire revivre, entrer dans ma vie. Ce que, malgré tout ce qu'il avait fait pour moi, je lui refusais.

Et si je me trompais ? Et si me cacher n'était pas ce qu'il y avait de mieux, même pour moi ?

Il était peut-être temps que je change. Même si ça faisait peur. Il était peut-être temps que je m'ouvre à Cooper ; totalement, dussé-je en mourir le jour où il me quitterait.

Il le méritait. Il méritait que je lui offre plus. Que je cesse d'être égoïste avec lui.

Je m'enroulai dans les couvertures ; m'assis dans mon lit.

Je ne savais pas quand Cooper reviendrait.

J'eus soudain une idée.

Je me levai, ouvris la fenêtre.

Appelai.

« Cooper ? »

Seul le silence me répondit.

« Cooper ? » soufflai-je.

Et je fermai la fenêtre. Restai de l'autre côté, regardant la nuit -ce que j'en voyais.

Puis j'entendis le loquet de la porte.

Et, quelques secondes plus tard -comme s'il avait fait le chemin entre l'entrée et la chambre à vitesse humaine-, Cooper apparut dans l'embrasure.

Je le regardai, d'un air un peu inquiet. Il ne savait pas encore ce qui me torturait. Ne me demanda pas.

« Tout va bien ? » s'enquit-il.

J'hochai la tête.

Je me rapprochai de lui, avec un peu d'hésitation. Jusqu'à pouvoir sentir son haleine sur ma peau, le froid de son corps atteignant le mien.

Je fis un dernier geste pour m'approcher de lui ; passai une main sur sa nuque, amenai mon corps contre le sien, et passai l'autre main derrière sa taille, alors que lui m'encerclait de ses bras.

Il m'étreignit doucement, comme s'il avait peur de me briser. Peut-être était-ce le cas, quelque part.

Je glissai mon nez dans son cou, inspirant son odeur que j'associais maintenant au réconfort. Frissonnai, à la fois de froid et d'émotion.

Le sentis trembler un peu. Et quand je relevai la tête, surprise, ses yeux faisaient passer une intensité qui me cloua sur place, tout en finissant de me persuader qu'à partir de maintenant, j'allais essayer de tout lui offrir. Tout. Tout ce qui était moi -l'ancienne moi, la façon dont la nouvelle s'était formée ; tout ce que je cachais aux autres depuis des années.

Mais pas tout de suite. Pas ce soir, et pas d'un coup.

Sans un mot, Cooper me souleva, et me coucha sur le lit. Se plaça à côté de moi, alors que je m'emmitouflais dans les draps et me rapprochais de lui. Il m'encercla à nouveau de ses bras, et je pus enfin m'endormir.

Inquiète, oui. Mais en paix avec moi-même.

C'est ce soir là que je compris que la paix, par certains côtés, pouvait être bien plus inquiétante et difficile à vivre que la guerre…

.

.

Cooper POV

Elle m'avait appelé.

Sa voix avait traversé la nuit noire -oh, pas si noire pour mes sens sur développés-, alors que je m'éloignais vers les bois pour aller me perdre un peu - me perdre, ou me retrouver. Elle avait appelé mon nom ; d'une voix claire la première fois, plus faible la seconde. J'avais levé la tête et rebroussé chemin sans hésiter. Revenant vers elle. Vers sa chaleur, vers son humanité, vers son odeur. Vers toutes ces émotions qu'elle éveillait en moi, et qui me faisaient revivre.

J'étais revenu, et elle m'avait fait oublier cette culpabilité qui commençait à m'étreindre. Elle me l'avait faite oublier en me serrant dans ses bras, en pressant son corps chaud contre le mien. Comme si ce qui venait d'avoir lieu n'avait pas compté.

Pourtant, je l'avais forcée. Je l'avais poussée à bout, au point qu'elle se mette à paniquer. Je n'avais pas été capable d'éteindre cette rage et ce désir en moi, pour écouter ce dont elle aurait pu avoir envie.

Je me sentais sale. Vraiment coupable, encore plus que quand je me nourrissais de sang humain.

Et pourtant, elle m'avait appelé. Et pourtant, elle m'avait serré dans ses bras. Elle s'était endormie, là, paisiblement, contre moi. Comme si je n'étais pas un monstre ; comme si je ne représentais pas un danger.

Son souffle régulier me berçait, cherchait à apaiser la culpabilité qui revenait m'enserrer les entrailles.

« Pardon. » lui murmurai-je.

Elle ne se réveilla pas. Se retourna dans son sommeil, tout simplement. Posa sa tête sur mon épaule, une main sur mon torse, et l'autre repliée entre nous.

Je resserrai ma prise autour d'elle. M'accrochant à elle avec désespoir.

Je ne voulais pas la perdre. Et pourtant, j'avais bien failli, avec mes impulsions.

Rien ne vint troubler son sommeil, pas même de cauchemar. Cela me surprit. Avec ce qui venait de se passer…

Mais le matin, quand elle s'éveilla, un peu avant que le réveil ne sonne, elle avait l'air reposé. Vraiment.

Elle me regarda à travers ses longs cils. Me sourit, réchauffant mon cœur.

Puis son regard se voila d'inquiétude ; et elle se détourna. Se leva.

Broyant mon cœur.

Elle fit tous ces gestes routiniers que j'avais appris à aimer ; la cuisine, la douche, se préparer à partir, partir.

Arrivés au lycée, je lui saisis la main. Elle ne me la retira pas ; la referma sur la mienne.

Je l'accompagnai jusqu'à sa salle. Hésitai à l'embrasser.

Elle lut mon hésitation dans mes yeux ; et une lueur triste passa dans les siens. Lueur que je ne sus interpréter sur le moment.

Elle se haussa brièvement sur la pointe des pieds, et déposa un bref baiser au coin de mes lèvres.

Puis je la regardai s'éloigner.

.

.

Aline POV

La tristesse me rongeait le cœur. Sans arrêt, depuis ce matin.

Depuis que je m'étais éveillée, pleine de cette résolution de m'ouvrir à Cooper et de l'espoir de tout arranger ; l'optimisme de parvenir à quelque chose avec lui.

Puis j'avais croisé son regard. Grave, lourd.

Ç'avait été comme un coup de poignard au cœur.

De toute la journée, nous n'avions pas échangé un mot. Pas un.

Avait-il été vexé de ma réaction, la veille au soir ? Avait-il décidé que finalement, il ne voulait rien avoir à faire avec moi ?

Non… pas maintenant que j'ai décidé de m'ouvrir… Pas maintenant !

L'angoisse m'avait étreinte, au fil des heures. Sans rien pour la calmer.

Le soir était arrivé, et avec, la fin de la journée de cours. Cooper m'attendait, à la sortie, près de sa voiture.

J'allai vers lui ; puis m'arrêtai à distance.

« Je travaille, aujourd'hui. » lâchai-je.

Il semblait avoir oublié ; une lueur passa dans ses yeux, que je ne sus identifier, et je m'éloignai vers la boutique où j'allais passer deux heures par jour du mardi au samedi.

Il ne me suivit pas.

La patronne me vit entrer, me reconnut, me sourit.

« Ah, Aline Wingley. Je suis ravie de vous revoir. Comment allez-vous ? Vous avez l'air en petite forme.

_ Mauvaise nuit, mentis-je.

_ Oh, ma pauvre enfant… Vous savez que vous avez une demi-heure d'avance ?

_ J'avais fini les cours.

_ En effet, je comprends. Vous savez, vous pouvez venir plus tôt si ça vous arrange. Le soir, j'ai moins de clients, vous pourrez travailler tranquillement.

_ Je vous remercie.

_ Mais je vous en prie. »

Je m'attelai directement à mes tâches ; la patronne, très gentille, faisait régulièrement la conversation. D'où je venais - elle ne m'avait jamais vue auparavant, et dans Prince Rupert tout le monde se connaissait -, ce que je voulais faire plus tard, pourquoi je travaillais.

Ce que je voulais faire plus tard. C'était là une question intéressante.

Pouvais-je lui répondre « mourir » ? Cela aurait eu le mérite de la surprendre.

J'avais donc sorti le premier truc qui m'était passé par la tête. Étudier la biologie. Pourquoi la biologie ? Parce que j'adorais cette matière.

La vérité, c'était que si c'était mon cours préféré, c'était parce que j'avais Cooper pour binôme…

Mes deux heures de boulot passèrent vite, finalement, et je rentrai à l'appart.

Le ventre noué.

.

.

Cooper POV

J'entendis la clef d'Aline tourner dans la serrure ; me retournai vers elle, de ma place sur le canapé, quand elle apparut dans mon champ de vision.

Elle semblait me regarder avec hésitation.

« Ça a été, au boulot ? Demandai-je pour rompre le lourd silence qui s'était installé entre nous depuis le début de la journée.

_ Hum, oui. Merci. »

Le silence se réinstalla ; elle ne fit pas un geste vers moi. Je détournai le regard, blessé. Avait-elle peur de moi ? Elle n'en avait pas eu l'air, cette nuit. Mais elle avait eu toute la journée pour se remémorer ce qui s'était passé, et y réfléchir.

Elle s'avança soudain d'un pas ferme vers moi, et je relevai la tête, croisant son regard brillant mais déterminé.

Elle s'assit à côté de moi.

« Tu m'en veux pour hier soir, hein ? » demanda-t-elle d'une voix cassée.

Je me raidis d'un coup, ébahi.

« Quoi ?

_ Ma réaction. » fit-elle en détournant le regard.

Je n'en revenais pas. Elle croyait que je lui en voulais, alors qu'après tout j'étais le seul à blâmer. C'était quoi la prochaine étape ? Elle allait s'excuser que je l'aie presque forcée à…

« Aline. » fis-je en me rapprochant d'elle. « Aline, regarde-moi. »

Elle s'exécuta.

« Je suis le seul à blâmer. Je t'ai poussée à la panique, bon sang ! »

Elle me fixa de ses grands yeux sombres. Et toujours brillant. Je voulais effacer tout le chagrin qu'ils contenaient, Seigneur, je le voulais plus que tout.

« Non, Cooper. » fit-elle d'une voix douce. « Enfin… »

Elle sembla chercher ses mots.

« Si je n'étais pas comme je suis… ça ne serait jamais arrivé. »

Je cillai.

« Tu dois avoir des raisons. » fis-je d'une voix dans laquelle perçait tout mon regret, tout en effleurant sa joue.

Regret de ne pas en savoir plus. De ne pas savoir quoi faire, comment me comporter. De n'avoir pas connu Aline avant qu'elle ne change.

« Je ne peux pas m'ouvrir comme ça. Il me faut du temps. » reprit-elle comme si elle venait de lire dans mes pensées.

Je respirai, soudain plus alerte, plus… rempli d'espoir.

Aline voulait s'ouvrir à moi. Même si ça lui faisait mal.

« Tu n'es pas obligée, hasardai-je.

_ Si, il le faut. » répondit-elle d'une voix basse. « Pose moi une question.

_ Pardon ? M'étonnai-je.

_ Pose-moi une question. Quelque chose que tu veux savoir. »

Je réfléchis quelques instants, surpris.

Ça allait vite. Très vite. Peut-être même trop vite pour elle.

Alors je choisis de poser la question qui me permettrait, peut-être, de tirer des leçons de mes erreurs avec elle.

« Qu'est-ce qui t'a fait peur, hier soir Aline ? »

Elle ferma les yeux. Acquiesça. Prit quelques secondes pour répondre.

« Perdre le contrôle. »

Je penchai la tête.

« Perdre le contrôle ? Tu veux dire… quand je t'ai portée ? … Maintenue ?

_ Non. Ne plus contrôler mes émotions. Mon corps, c'est pas grand-chose, mais ne plus être maîtresse de moi-même… c'est ça, qui m'a fait paniquer. »

Je fronçai les sourcils, essayant de comprendre où était le problème.

Ainsi, ce n'était pas que je l'ai retenue physiquement. C'était que je lui avais fait perdre pied.

Ça s'annonçait compliqué.

« Aline… » commençai-je d'une voix hésitante. « Faire l'amour, c'est accepter de se donner à l'autre. De ne plus être soi, l'espace de quelques minutes. »

Au moment où les mots sortirent de ma bouche, je me rendis compte de leur portée.

Faire l'amour.

Aline était-elle prête à entendre ces mots entre nous ?

« J'en suis incapable. » me répondit-elle, les yeux brillants.

Incapable de quoi, déjà ? J'avais perdu le fil, chamboulé par ce que je venais de dire.

Ah, oui, de ne plus être elle-même.

« Non. Tu en as peur. Mais tu n'en es pas incapable. Il te faudra juste du temps. Et avoir confiance en la personne à qui tu te donnes. De même, n'oublie pas, Aline ; quand tu… fais l'amour avec quelqu'un, tu perds le contrôle sur tes émotions, c'est vrai ; mais garde à l'esprit que ton partenaire, lui aussi, de son côté s'en remet à toi. Entièrement. Faire ça, c'est… c'est un échange. Et pas seulement de gestes et de baisers. C'est aussi un échange de confiance. »

Aline garda le silence quelques instants, sembla méditer mes paroles.

Releva ses grands yeux sur moi.

« Je te fais confiance, à toi. »

Mon cœur aurait pu, il aurait loupé un battement.

On parlait de faire l'amour. Et Aline venait presque de m'avouer, à mots couverts, qu'elle pourrait me faire confiance pour ça.

On parlait d'amour.

Mais j'exagérais sans doute beaucoup. Je voulais aller beaucoup trop vite, beaucoup trop loin. Je voulais prendre mes désirs pour des réalités.

Mes désirs.

J'acquiesçai lentement.

Aline se leva, les joues écarlates. Se prépara rapidement à manger, puis partit à la douche.

Quand elle eut fini son rituel du soir, elle s'attaqua à relire un de ses cours ; silencieux, j'allai me coucher.

Et elle finit par me rejoindre.

J'étais couché sur le dos, bras croisés derrière ma tête. Elle s'étendit à mon côté, fixant le plafond, les mains sur le ventre, le cœur battant un peu plus vite que normalement.

Je me tournai vers elle. M'appuyai légèrement sur un coude pour la regarder. Elle rougit un peu.

« Pourquoi me regardes-tu ?

_ Parce que j'aime ça. » murmurai-je distraitement.

Elle rougit encore plus. Je continuai à la détailler, ma vue surdéveloppée me le permettant malgré l'obscurité.

Elle était belle. Tout simplement. Sans artifices.

Une peau laiteuse, qui mettait en valeur ses yeux sombres et profonds - profonds, quand son masque se fissurait. Des cheveux dont la couleur tirait entre l'or, le miel et le cuivre, resplendissants quand elle ne les attachait pas en une queue serrée. Un corps fin, que l'on devinait aisément souple. Une peau qui semblait - et qui était, mais j'étais bien heureux d'être le seul à le savoir - si douce au toucher.

J'avais l'impression que jamais je ne me lasserais de la regarder.

Elle se tortilla un peu, gênée. Je me recouchai sur le côté, toujours tourné vers elle.

« Je te gêne ? Demandai-je.

_ … Je ne sais pas. On m'a déjà regardée. J'y suis habituée. Mais… pas comme toi.

_ … Comment ? »

Elle se mordit la lèvre, secoua la tête.

« Pas avec ce respect. Ni cette intensité.

_ Tu n'as donc pas l'habitude d'être respectée ? Relevai-je tristement.

_ Non. »

Elle garda le silence quelques instants.

« Cooper ? Il faut que je te dise quelque chose… personne ne le sait… Mais je peux compter sur toi pour ne pas me juger ? »

Je ne répondis pas, me contentant de la regarder, et d'acquiescer.

Elle prit une inspiration, sans doute pour se donner du courage.

« J'ai perdu ma virginité… à douze ans. Et c'est à quatorze ans que j'ai cessé de coucher avec des mecs à tort et à travers. »

Un silence pesant suivit cette déclaration.

J'étais sous le choc.

Je retournai les mots qu'elle venait de prononcer, essayant d'y trouver un autre sens que celui, cru, qu'ils portaient.

Elle détourna la tête à l'opposé de la mienne, et je devinai qu'elle pleurait. Je posai une main sur son ventre.

« Je ne te juge pas, Aline. Mais je ne peux pas m'empêcher de me demander qui a bien pu vouloir coucher avec une enfant de douze ans. Il avait ton âge ?

_ Non. » répondit-elle dans un souffle.

Je digérai l'information, l'estomac retourné.

« Il t'a violée ? » demandai-je d'une voix brisée.

Il fallait que je sache.

« … Non. »

Elle me paraissait trop raide pour être… à l'aise.

« J'aimerais qu'on arrête d'en parler. Pour ce soir. Chuchota-t-elle.

_ D'accord, d'accord…

_ Merci. » murmura-t-elle en se retournant vers moi.

Je caressai son visage, essuyant les larmes qui avaient coulé dessus.

.

.

Aline POV

J'avais commencé à me confier. Un peu. Disons que Cooper pouvait commencer à entrevoir la dépravée que j'avais été. Même s'il ne connaissait pas franchement le pire de mon histoire.

Mais c'était un début.

Et surtout, il était encore là. Bien sûr, il ne savait pas tout… mais maintenant que j'avais commencé à lui parler, je savais que je le ferais jusqu'au bout, si tant est qu'il acceptait de tout entendre.

Ce n'était qu'une question de courage et de temps. Je savais disposer des deux. Mais pas ce soir.

Il me caressait doucement les cheveux, la bouche contre le sommet de mon crâne.

Je frissonnai ; me tournai légèrement vers lui, respirant l'odeur de sa peau ; sa main glissa dans mon dos, contre mes reins.

Une douce chaleur se répandit aux endroits où ses doigts effleuraient ma peau ; je descendis ma main sur son ventre, et m'étonnai de le sentir frémir.

Je lui lançai un regard curieux. Le sien brillait d'une intensité qui fit frémir chaque fibre de mon être.

Il me coucha sur le dos, se pencha sur moi, faisant glisser ses doigts dans mes cheveux, sa bouche à quelques millimètres de la mienne.

« Tu t'étonnes de l'effet que tu as sur moi, Aline ? » me demanda-t-il d'une voix un peu rauque.

Ses doigts glissèrent de mes cheveux à mes épaules, puis effleurèrent ma hanche.

« Tu n'as pas conscience de ton odeur. L'odeur de ta peau, et de ton sang, plus attirante et dangereuse. »

Sa bouche embrassa le coin de mes lèvres, puis descendit dans mon cou, sur ma clavicule, déposant des baisers qui, d'abord glacés, devenaient rapidement brûlants.

« Tu n'as pas conscience de la façon dont bruissent tes vêtements, me rendant simplement fou rien qu'à m'imaginer à leur place. »

Je fus secouée d'un violent frisson, alors qu'il serrait ses doits sur l'ourlet de mon tee-shirt.

« Tu n'as pas conscience de la chaleur de ta peau contre la mienne. » continua-t-il. « Mais, par-dessus tout… Tu ne sembles pas avoir conscience du fait que je ne vois que toi, parmi toutes les autres… Même si, des fois, il serait tellement plus simple de ne pas être si aveugle… Mais il n'y a que toi. » conclut-il en posant ses lèvres contre les miennes.

Sa dernière phrase me tordit les entrailles, et j'ouvris ma bouche contre la sienne, accueillant sa langue pour lui rendre son baiser avec toute la chaleur qu'il me faisait ressentir.

Ses mains glissèrent sur ma taille, sous mon tee-shirt, et je m'écartai un peu pour reprendre mon souffle, puis passai mes doigts dans ses cheveux pour l'embrasser à nouveau.

Il passa un bras dans mon dos, et me pressa contre lui ; posa son autre main sur ma hanche, et rompit notre baiser.

Je le regardai, à court de souffle, attendant qu'il refasse un geste. Mais il ne fit que prendre une lente inspiration.

« Il vaut mieux qu'on arrête là, Aline. Murmura-t-il, les yeux clos.

_ Pourquoi ? » répondis-je, surprise.

Il rouvrit les yeux, et son regard transforma mon sang en lave en fusion.

« Parce que là, je suis plus un homme qu'un vampire. Et ça, c'est tellement nouveau pour moi, que pour ta sécurité je crois qu'il vaudrait mieux que je m'habitue à cette nouvelle sensation avant d'aller plus loin avec toi. »

J'eus le souffle coupé par sa révélation.

Je me penchai timidement vers lui, effleurai ses lèvres des miennes ; mais, sage, il ne répondit pas à mon baiser.

Je me couchai contre lui, tremblant encore légèrement sous l'effet que son toucher avait eu sur moi.

Il n'était pas le seul pour qui tout ça était nouveau.

Je pris sa main dans la mienne.

Nous allions explorer de nouveaux chemins. Mais avec lui, ça me faisait moins peur…


Voilà voilà !!! Alors, que pensez-vous de cette dernière petite scène d'amour entre Cooper et Aline ? Je serais bien curieuse d'avoir votre avis…


Oh, et… J'aurais une petite question à poser à ceux d'entre vous qui sont dans les études supérieures, ou un peu renseignés. Pour la rentrée de Septembre, j'envisage de demander un Master dispensé par l'université Paris V… Y en a qui la connaissent ? J'ai l'impression qu'elle est dans le sixième arrondissement, mais je suis pas sûre… Est-ce que l'un d'entre vous peut m'indiquer si c'est le cas, et si il y a des logements étudiants à proximité ? (Paris, ça doit être un peu la galère…). Et, enfin, y en a qui sont en Licence ou Master à Paris V ?

C'était le SOS d'une étudiante en détresse :p. Rien à voir avec l'écriture, désolée…


Pour ce qui est de l'écriture, je m'attelle au prochain chapitre, ne vous en faîtes pas ! Et pour ceux qui suivent Retrouvailles (la plupart d'entre vous, j'imagine), je sais que l'attente est longue… désolée… Je suis en train d'organiser le prochain chapitre ! Faut pas que je le loupe, ce sera le dernier, avant un petit épilogue…

À bientôt !