Bonsoir tout le monde !

AVANT TOUT DÉSOLÉE POUR CEUX A QUI J'AI ENVOYÉ UN MP : JE M'ÉTAIS GOURÉE DE COMPTE. LE MESSAGE QUE VOUS AVEZ REÇU EST BIEN ENTENDU SIGNE EFFEXOR… C'est ça d'avoir la tête dans les nuage. Mais vous en faîtes pas pour moi, je m'y suis habituée et vis très bien avec -_-

Bouh je sais, j'ai mis (trop) longtemps à le poster ce chapitre là. Mais là, je vous jure que ce n'est pas par manque d'inspiration mais bel et ben par manque de temps… J'étais en vacances (j'le suis plus) mais j'avais plusieurs compte-rendus à rendre. Enfin bon, peu importe ; j'ai avancé ce chapitre petit bout par petit bout, et le voilà terminé !

Je tiens à faire, tant que j'y pense, mon petit coup de pub pour une parodie que j'ai commencé à poster avec l'aide de la brillante Claireeclair (ben ouais, lésinons pas sur les mots doux, après tout, la parodie c'est sur une de ses fics à elle… Mais compréhensible sans l'avoir lue, je tiens à préciser !)

Cette parodie donc est postée sous le pseudo Soul-And-Flash, et s'appelle Stress and Food ; n'hésitez pas à aller y faire un tour, ça nous fera plaisir ! Beaucoup d'humour de prévu !

Réponse aux anonymes :

Aurélie : Salut ! Oui je crois que j'en ai surpris pas mal avec cette histoire d'enfant perdu et de stérilité… En tous cas, je te remercie de ta review, et j'espère que la suite te plaira autant !

Melo.c.42 : Hello ! Ben ouais, t'as raison, quelle famille ! Parce que finalement le beau-père n'était pas le seul salaud… enfin, il avait la palme quoi. En tous cas, attends un peu pour ce qui est des problèmes ; il serait bien possible que le couple Aline/Cooper n'ait pas fini d'en voir… *air énigmatique*

Christèle : Alors toi ! Lol. Je tiens à te remercier pour chacune de tes reviews (car je ne parle pas que de cette fic, mais également de toutes les autres). Tu m'as fait extrêmement plaisir, et je suis ravie que tu aimes autant ma façon d'écrire et de pouvoir te compter en fan… C'est donc moi qui finalement te remercie de ta gentillesse ! En espérant que le suite ne te déçoive pas !

Et bien sûr, je vous souhaite à tous une bonne lecture ! Bisous et merci de me suivre encore.


Aline POV

Carpe diem.

Cette façon de vivre - Carpe diem, vivre au jour le jour -, je l'avais adoptée depuis des années. Avancer avec le temps, sans broncher, sans penser au futur, sans penser à rien tout court ; mais si, pendant cinq ans, elle avait été teintée de sentiments sombres et dévastateurs, ou d'une absence de sentiments tout aussi dévastatrice… Eh bien, maintenant, c'était complètement différent.

Et heureux.

Ma relation avec Cooper n'était que de plus en plus forte ; les liens qui s'étaient tissés entre nous, plus puissants chaque jour. Les jours s'additionnaient, sans que je ne voie réellement le temps passer ; et on était arrivés à la fin du mois de Juin sans que je ne remarque quoi que ce soit.

Je venais de compléter mon dernier examen terminal.

Je sortis de la salle de classe, et découvris Cooper m'attendant contre le mur en face de la porte, nonchalamment appuyé, un petit sourire au coin des lèvres.

« Tu as déjà fini ton épreuve ? Demandai-je en haussant un sourcil.

- Du gâteau ! » répliqua-t-il avec un large sourire faussement supérieur avant de me prendre dans ses bras.

Encore une fois son odeur fut comme une gifle, mais une gifle électrisante pour moi. Je pensais que je m'y habituerais avec le temps, mais visiblement, non.

J'enfouis mon visage dans son cou, et soupirai un bon coup.

« Ça s'est bien passé ? Murmura-t-il dans mes cheveux.

- Mmh.

- … Aline ?

- Hum ? »

Il éclata de rire, et m'éloigna un peu de lui pour me regarder, les yeux étrangement brillants.

Mon cœur loupa un battement, et il esquissa un tendre sourire.

Mais avant qu'il n'aie pu dire quelque chose, une de mes camarades sortit en soufflant bruyamment.

« Mais quelle merde cette dissertation ! Les méditations métaphysiques de Descartes… Mais qu'est-ce qu'on s'en fout de ce gars ! Il était même pas américain ! »

Je souris en m'éloignant - avec regret - de Cooper, qui ne put se retenir de lever les yeux au ciel.

« Moi j'ai bien aimé finir les épreuves là-dessus, souris-je.

- Oui mais toi t'es pas normale ! » conclut Natasha en me donnant quelques coups d'index sur le crâne.

Je lui fis une grimace.

Non, je n'étais pas normale. Mais mes camarades n'en savaient rien. Ils me taquinaient juste parfois à cause de ma relation avec Cooper - le mec trop bizarre - et de mon goût pour les cours.

Et en fait, depuis quelques temps, je commençais à me sentir… « normale ».

Si tant est que c'était possible… enfin… Ce qui me faisait penser ainsi était que je n'avais plus à me forcer, désormais. Tout était devenu naturel. Sourire à mes camarades, déblatérer sur des sujets la plupart du temps superficiels, aller au cinéma avec eux et mon petit copain, faire les boutiques entre filles…

Aimer Cooper.

Même si je ne le lui avais jamais dit, je l'aimais. Mais je supposais qu'il le savait, après tout… Mon cœur ne cessait de lui crier ce que ma bouche refusait de formuler. Pas que je n'avais pas envie qu'il le sache, simplement…

Lui avouer une telle chose revenait à faire des projets pour le futur. Or, je savais que mon futur avec lui était compromis.

Mais il faudrait bien qu'on en parle un jour.

Le 14 février prochain.

Mon ventre se serra, et je sentis la main de Cooper se poser sur mes reins alors qu'il se penchait vers moi d'un air inquiet.

« Tu vas bien Aline ? »

Même Natasha me regardait avec circonspection.

« Euh… Oui… J'étais juste en train de penser… que… C'était notre dernier jour au lycée. Ça fait bizarre. » mentis-je.

Natasha hocha la tête.

« Ça, c'est clair ! Mais de toutes façons vous venez au bal, hein ? Faut au moins ça. Après, on va tous être éparpillés aux quatre coins du monde ! »

Plus précisément, certains d'entre nous partiraient dans une université des USA, et d'autres dans une canadienne. Mais je n'avais pas la foi de reprendre Natasha.

Le bal. Effectivement, Cooper m'y avait invitée, en y mettant les formes. J'eus un petit sourire à cette évocation ; il m'avait invitée tout d'abord à sortir - un excellent restaurant français à une centaine de kilomètres de Prince Rupert, mais la distance était vite parcourue avec lui au volant -, puis avait pris ma main pendant le repas, alors qu'une douce musique passait, et m'avait demandé avec une moue faussement timide si j'accepterais de l'y accompagner.

Quelle question. Même si je n'en avais pas forcément envie… Même si j'avais craint, un moment, qu'aller au bal avec lui ne me rappelle ma dernière soirée passée à Forks, au moment où sa demande avait été formulée, je n'avais pu qu'acquiescer avant de me mordre la lèvre pour retenir mes larmes.

Ses yeux s'étaient soudain assombris, et la nuit qui s'en était suivie avait été magique.

Flash-back

Cooper gara la voiture dans le garage privé de notre immeuble.

Nous n'avions pas échangé un mot de tout le trajet ; en fait, j'avais contemplé le paysage pensivement tout le long. Cooper avait mis un peu moins d'une heure.

Je ne voulais même pas savoir à quelle vitesse il était monté. J'eus un petit sourire et secouai la tête en y pensant. Cooper m'envoya un regard interrogateur, mais je me fis mutine.

Il sortit de la voiture, en fit le tour en si peu de temps que j'avais à peine eu le temps d'ouvrir ma ceinture, et m'ouvrit ma portière.

Je me levai à mon tour, mon regard emprisonné dans le sien, et mon corps entre ses bras sans qu'il ne me touchât pourtant.

Mon cœur battait fort, mais régulièrement. Martelant son prénom, mon amour pour lui, ou que sais-je encore. Je ne l'écoutais plus. À cet instant précis, j'écoutais plutôt tout ce que le corps et les regards de mon amant me disaient.

Ses yeux étincelaient, me fixant avec cette intensité qui me faisait chavirer ; ses prunelles, d'un ambre assombri, témoignaient du désir qu'il éprouvait pour moi à cet instant précis, et d'un autre sentiment que j'avais appris à reconnaître en lui - qui faisait écho à ce que moi-même j'éprouvais. Peut-être pas à mon amour - de toutes façons, si jamais il venait à éprouver ce genre de sentiment envers moi, cela ne pourrait jamais être le même amour que celui qui faisait battre mon cœur. Parce que lui et moi n'avions pas la même histoire.

Non, c'était ce truc fort entre nous. Indéfinissable. Un lien, une complicité… et bien plus que ça.

Il me prit la main, l'amena à sa bouche sans lâcher mes yeux des siens, et posa ses lèvres sur mes doigts, déclenchant une série de frissons en moi. Puis il garda ma main dans la sienne, et nous entraîna à l'appart, refermant la porte derrière nous.

Il me prit dans ses bras pour me serrer contre lui, simplement, sans un mot. Et je finis par le sentir sourire contre mon épaule, qu'il caressa de ses lèvres.

Je souris à mon tour, détendue, et passai doucement les mains dans ses cheveux. Il me souleva comme si je ne pesais rien - et quelque part, si on considérait sa force monumentale, c'était le cas - et me porta jusqu'à notre chambre.

Toujours debout, il me retira lentement mon pull, embrassant mon cou puis mon épaule. Je gémis ; mordillai l'endroit où sa jugulaire avait battu des siècles auparavant, et le poussai vers le lit, où il se laissa asseoir alors que je me plaçais à califourchon sur ses genoux.

Je déboutonnai sa chemise en lui lançant un de ces regards qui n'appartenaient qu'à nous et en me mordant la lèvre inférieure. Il tressaillit, et ses mains vinrent glisser dans mon dos, toujours prudentes et légères. J'avais à chaque fois l'impression qu'il me redécouvrait, avec émerveillement - ce que je ne comprenais pas - mais surtout avec respect. J'étais une chose fragile entre ses bras, et il le savait. Me le faisait savoir.

Nous ne pouvions nous permettre d'être trop passionnés dans nos étreintes. Et parfois je me demandais si ça me suffirait toujours ; si ça aurait suffi à une autre que moi.

Mais peu importait. Pour l'instant, pour moi, il était parfait. Nos étreintes, et notre retenue, étaient parfaites. Tout était parfait. Tellement que c'en était grisant et effrayant.

Je fis glisser sa chemise de ses épaules, et la laissai tomber au sol derrière moi, dans un bruit fluide ; je me mis alors à essayer d'imaginer ce qu'il pouvait ressentir, lui, avec ses sens de vampire.

Il devait être en mesure d'entendre le moindre bruissement de nos vêtements sur nos peaux ; nos moindres souffles, soupirs, gémissements, mes moindres battements cardiaques.

Il devait sentir l'odeur de nos désirs, de nos peaux, de nos cheveux ; et goûter tout autant.

Son toucher sensible devait lui permettre de me lire aussi clairement qu'avec les yeux ; ma moindre courbe, la moindre aspérité de ma peau. Il devait être capable de sentir jusqu'à mon souffle sur lui.

Et ses yeux devaient lui permettre d'avoir une image de tout ce que ses autres sens lui détaillaient.

Cela devait être bon de faire l'amour, quand on était vampire ; mais l'était-ce autant que la sensation de bien-être que lui me procurait ?

Je posai mes lèvres contre sa peau, me concentrant sur son odeur, son goût, et sur les bruits autour de nous ; au début, je n'entendis que le silence, mais bientôt je réussis à percevoir son souffle, léger, et le bruit de mes vêtements sur ma peau.

Une vague de désir m'envahit, et je levai des yeux noirs vers lui.

Il me saisit par la taille, nous coucha sur le lit ; fit glisser ses doigts sur ma peau, finissant par s'attaquer à la fermeture de ma jupe - je m'étais mise à porter ce genre de vêtements quand je sortais avec lui, grâce à l'intervention de certaines de mes camarades de lycée je devais bien l'avouer - et la fit glisser le long de mes cuisses, alors que je me soulevais pour l'aider.

Je me mordis la lèvre avec un sourire malicieux et jouai quelques instants avec sa ceinture, lui arrachant un grognement qui me fit doucement rire, puis je le débarrassai de son pantalon.

Je remontai lentement ma main dans son dos, le long de sa colonne vertébrale, m'amusant de le sentir frissonner contre moi. Sa bouche vint se poser sur mon sein, à travers le fin tissu de mon soutien-gorge, et je me cambrai contre lui en étouffant un hoquet. Il en profita pour passer une de ses mains dans mon dos, dégrafant mon soutien-gorge avant que j'aie pu comprendre ce qui se passait. Juste après, j'eus la sensation de sa langue froide sur ma peau, et une vague de chaleur m'envahit - illogique, mais rien n'était logique avec Cooper.

Je cherchai à le repousser, mais il s'amusa à me résister au début, m'arrachant un petit rire ; puis il céda d'un coup, et, déséquilibrée, je passai à califourchon sur son bassin alors qu'il me retenait par la taille.

Je me figeai quelques instants, mon regard planté dans le sien ; je pouvais apercevoir mon reflet dans son ambre noirci de désir, et la sensation était étrange.

J'étais penchée sur lui, les cheveux emmêlés tombant dans mon dos et sur mes épaules, le souffle court, les lèvres enflées par ses baisers. Et lui, lui était si beau que j'en frissonnais. Son regard était chargé de désir, ses cheveux emmêlés, sa peau parfaite - tout était si parfait, mais ce n'était pas tant son physique que les émotions que je lisais sur son visage qui me tordaient le ventre.

Je portai une main à son visage, dans ses cheveux, sur sa joue.

« Aline… » murmura-t-il.

Il se souleva et m'embrassa, passant sa main dans ma nuque pour me rapprocher de lui.

Une vague de chaleur envahit mon bas ventre, et mon cœur s'accéléra d'un coup.

Je repris sa bouche pour un baiser passionné, caressant sa langue de la mienne alors qu'il prenait garde à ne pas me mordre. Je regrettais parfois, qu'il soit ainsi forcé de garder une certaine concentration pour ne pas me faire de mal, mais je m'y étais adaptée ; et les choses devenaient plus naturelles entre nous. Déjà j'avais moins de bleus, n'en ayant plus en général que sur les hanches - au mécontentement de Cooper. Nos corps s'adaptaient à l'autre, à tous les points de vue, et c'était magique.

Je laissai sa bouche, descendant embrasser sa mâchoire, le creux de son cou, son épaule, son thorax. Ses mains reprirent leur course dans mon dos, sur mes reins, mes fesses, l'arrière de mes cuisses, et je poussai un gémissement qui l'électrisa.

Il me saisit par la taille, et me recoucha sur le dos, faisant glisser ma culotte sur mes cuisses par le même mouvement. Son bassin se plaqua contre le mien, et à la sensation de son sexe dur contre mon entrejambe, je hoquetai et lui mordis l'épaule. Ses doigts tremblèrent sur mes côtes, puis descendirent sur mon ventre, mon pubis, et enfin son majeur se glissa entre mes lèvres gonflées.

La sensation de son doigt froid sur mon centre brûlant me fit gémir, et je dû m'accrocher à lui alors qu'il venait titiller mon clitoris, d'abord lentement, puis plus rapidement. Je me cambrai contre lui, faisant frotter ma jambe contre son membre gonflé, et il ne put retenir un grognement.

Ma main glissa entre nous ; et je finis par le débarrasser de son boxer, qu'il jeta à côté du lit. J'empoignai son sexe, et il gémit mon prénom - c'était si érotique, dans sa bouche. Je jouai avec son gland quelques secondes, le massai lentement, puis revins jouer avec son liquide pré-éjaculatoire en traçant des cercles plus rapides sur son frein. Il grogna, et finit par se libérer brusquement de moi, proche de la jouissance. Sa bouche se posa fermement sur ma poitrine ; et sa langue descendit le long de la ligne médiane de mon ventre alors que sa main droite emprisonnait ma fesse pour me cambrer vers lui.

Et soudain, je sentis son souffle sur mes lèvres trempées, et sa langue sur moi - en moi. Le plaisir m'envahit par vagues, m'arrachant des cris et de violents frissons. Je fis glisser ma main dans ses cheveux, relevant sa tête avant de perdre pied, et me replaçai au dessus de lui - dans cette position, il avait moins peur de me faire du mal en me pénétrant.

Je me plaçai au dessus de son sexe,et frottai mes lèvres intimes sur sa longueur, me laissant envahir par une nouvelle forme de spasmes, et ses mains se refermèrent sur mes hanches alors qu'il étouffait un juron. Puis je frottai lentement mon clitoris contre son gland, et le sentis se contracter alors que son souffle se faisait irrégulier.

Je l'amenai à mon entrée, et le fis glisser lentement sur moi. Puis nos mouvements de bassins s'accordèrent, et la jouissance m'emporta bientôt ; en même temps que lui.

Il me recoucha tendrement, déposant un baiser sur mon front, et je frissonnai contre lui. Il dut le prendre comme un frisson de froid, car il se releva me chercher un large tee-shirt et en passer un, ainsi qu'un boxer, avant de venir se recoucher contre moi.

Je me calai contre son épaule, et il se mit à tracer lentement des cercles dans mon dos, m'arrachant des frissons de bien-être.

Puis le son de sa voix me caressa, alors que je plongeais dans les limbes du sommeil.

« J'ai besoin de toi… »

Fin du flash-back

Je secouai la tête, chassant le trouble qui s'était emparé de moi.

À côté de moi, Cooper me déposa un baiser sur le crâne.

« J'aimerais tellement savoir ce qui te passe par la tête des fois…

- J'en suis pas sûre ! » ris-je.

Il grimaça, m'ouvrit la portière de sa voiture, et fit le tour pour venir s'asseoir au volant.

Nous arrivâmes à notre appartement en quelques minutes ; et je soupirai. Cet après-midi, je devais me préparer pour le bal ; j'avais refusé l'invitation de mes camarades qui avaient proposé que je me prépare avec elles. Cela m'aurait vraiment trop rappelé… le bal de la Saint Valentin (*), et je n'y tenais pas. Même si le bal en lui-même avait été l'une des plus belles soirées que j'avais passées. Mais pas la plus belle nuit…

J'avais déjà une robe de bal, achetée lors d'une virée shopping avec deux filles de ma promo. Elles s'étaient extasiées à me voir dedans, faisant remarquer avec des clins d'œil coquin que c'était mon petit ami qui allait être content.

Je rougissais rarement. Eh bien, j'étais devenu écarlate à cet instant.

Vers 18 heures, Cooper me laissa seule ; il voulait aller chasser, et téléphoner aux Cullen.

Cela faisait un moment que ceux-ci étaient au courant de notre histoire ; quand il m'avait annoncé qu'il allait leur en parler, j'avais d'abord eu peur de leur réaction.

Mais Alice avait simplement décrété qu'elle le savait et était heureuse, Bella avait sauté de joie en émettant tout de même une certaine retenue - même son fiancé Edward l'avait pris de façon plus décontractée -, Jasper avait plaisanté en disant que cette fois il ne risquait pas de mettre en péril ma vie (Cooper avait alors dû m'expliquer ce qui s'était passé pour que les Cullen quittent Forks, le jour de l'anniversaire de Bella, alors qu'elle était encore humaine), Carlisle et Esmée n'avaient que donné leur bénédiction - théoriquement, ils n'avaient rien à voir avec notre histoire, mais ça m'avait quand même fait plaisir -, et Rosalie n'avait simplement rien dit.

Vous croyez que j'ai oublié de citer involontairement Emmett ? Détrompez-vous. En fait, le jour où Cooper a annoncé notre couple, il a même raccroché avant d'avoir sa réaction. Histoire d'éviter les blagues vaseuses.

Alain aussi avait été mis au courant ; et avait simplement dit qu'il se demandait quand ça arriverait. En fait, je le soupçonnais d'avoir dit plus que ça ; mais Cooper avait gardé le silence sur leur longue conversation téléphonique.

Cela n'était pas bien grave, même si parfois ça m'inquiétait…

Je décidai de chasser les pensées qui m'envahissaient pour me concentrer sur la soirée qui venait.

Stressée, je décidai d'aller courir un peu avant de prendre une douche et de commencer à me préparer…

.

.

Cooper POV

Il était presque l'heure de partir ; prêt depuis longtemps déjà, j'attendais avec impatience Aline sur le canapé de notre salon. Pas qu'elle mette du temps à se préparer ; mais, pressé comme je l'étais, j'avais l'impression que les secondes défilaient comme des minutes.

Je maudissais cette impression que je donnas d'être comme un adolescent à son premier rendez-vous.

C'est pourtant pas notre premier bal, pensais-je avec un frisson glacé.

Pour moi, finalement, notre premier bal et le malheur qui s'en était suivi n'avait été que le premier pas vers une existence plus belle ; mais je ne pouvais pas négliger que cette nuit-là, Aline avait perdu tout ce qu'elle avait pour ne récolter au final qu'un vampire amoureux et un nouveau nom.

Ceci dit, sa vie n'en semble pas plus mauvaise, loin de là.

Je me sermonnai intérieurement. À écouter mes pensées, on aurait pu me prendre pour un vampire orgueilleux et arrogant. Ce que je n'étais pas… hein ?

J'émis un léger grognement.

Et comme si elle m'avait entendu, Aline sortit de notre chambre à cet instant précis.

Je me levai d'un bond du canapé ; et me figeai en face d'elle.

Elle était magnifique. D'accord, ce n'était pas nouveau, mais…

Il m'arrivait simplement d'avoir souvent cette impression de la redécouvrir entièrement. Comme si je ne connaissais pas encore son visage, la façon dont ses cheveux l'encadraient, dont ses yeux reflétaient cette légère curiosité quand je l'observais comme maintenant, comme si je ne connaissais pas encore l'éclat laiteux de sa peau, ses moindres courbes, et cette manie qu'elle avait de se tordre les mains quand elle était embarrassée - comme maintenant.

Je vérifiai mentalement que je n'étais pas resté bouche bée à la reluquer, et lui offris un sourire ravageur qui la fit rougir. Ah, parfait ; un partout pour le coup. Il n'y avait pas de raison à ce que je sois le seul de nous deux sous le charme ; sinon, j'étais certain que les autres mecs de la soirée n'hésiteraient pas à me la piquer.

Elle avait passé une robe d'une manière à la fois souple et rigide la courbe de sa poitrine et de ses hanches, et s'arrêtait à mes cuisses ; dans une de ces matières dont le bas était renforcé d'une fine barrette de plomb afin qu'il ne remonte pas sur les cuisses de celle qui portait le vêtement. Elle était d'un blanc irisé, qui révélait ses nuances à la lumière. Une robe des années 2100, à mille lieux de celle qu'elle avait porté le soir du bal de la Saint Valentin quelques mois plus tôt, mais qui lui allait tout aussi parfaitement. Je n'aurais su dire laquelle je préférais. Celle-là, peut-être, car Aline avait l'air plus à l'aise dedans.

Peut-être.

Ce fut Aline qui fut la première à esquisser un mouvement vers moi, et je la rejoignis pour lui prendre le bras. Je pouvais sentir ses longs cheveux me frôler l'épaule à travers le fin tissu de ma chemise, et j'avais plutôt envie de passer mon bras autour de sa taille pour la rapprocher de moi, mais j'avais décidé de la jouer galant.

Nous sortîmes, et je lui ouvris la portière de la voiture avant d'en faire le tour pour me glisser à l'intérieur. Elle s'était peu à peu habituée à ces marques de galanterie, marques qui n'étaient devenues qu'une légende dans le monde où elle était née.

Nous arrivâmes à la salle des fêtes ; elle avait été louée pour l'occasion, plutôt que la soirée aie lieu au lycée. Pourquoi, je n'en savais rien. Je m'en moquais. Tout comme je me moquais de tous ces regards sur moi au moment où je sortis de la voiture et en fis le tour pour aller à la portière passager - même si Aline, à mon mécontentement, n'avait pas attendu que je lui ouvre pour sortir.

En revanche, je me moquais moins des regards que je sentais peser sur elle, et j'oubliai mes bonnes idées de galanterie pour passer un bras possessif autour de ses hanches.

Jaloux, moi ? Quelle question, je n'en avais aucune raison après tout !

Mais malgré tout je l'étais.

Mon comportement fit sourire Aline, qui étouffa un rire. Peu importait. Moi aussi, j'avais bien envie de rire de moi, et un sourire s'installa sur mon visage, mais je ne pouvais m'empêcher de me sentir en compétition avec les autres mâles présents. Ça, c'était bien uniquement depuis que je la connaissais. Avant, mon côté arrogant - que je ne reniais pas, hey, chacun ses défauts ! - m'avait tenu bien loin de ce genre de sentiments.

La musique qui passait non plus n'avait rien à voir avec celle du bal de la Saint Valentin. Normal, c'était les derniers tubes ; principalement de la musique mixée sur laquelle il était presque impossible de danser à deux. Je n'aimais pas ce mouvement musical, mais cela avait le mérite de rendre ce bal si différent de celui auquel j'avais auparavant accompagné Aline, que ça pourrait lui éviter de mauvais souvenirs.

À peine fûmes-nous arrivés que les trois filles avec qui Aline avait principalement noué des liens se jetèrent sur elles. Ou plutôt sur nous, car elles ne se privèrent pas pour me lancer un regard appréciateur, auquel je répondis par mon sourire style Prince Charmant. Du coin de l'œil je vis Aline lever brièvement les yeux au ciel et elle me pinça légèrement de la main qu'elle avait passé dans mon dos. J'étouffai un petit rire.

« Elle est super ta robe ! Ah mais c'est celle qu'on a achetées ensemble suis-je bête ! » s'exclama une fille dénommée Amélia, si je me souvenais bien. Bon, quelque chose comme ça.

Aline acquiesça sans rien répondre. Ses amies partirent sur les sujets de fille - vêtements, coiffure, maquillage -, mais là, elles nous avaient perdus. Elles semblaient ne pas avoir compris que ce n'était pas le genre de conversation auxquelles aimaient participer. Soit, en réalité, Aline parlait peu dans son groupe d'amis. Tout simplement parce que les principaux sujets étaient la mode et le maquillage - pas du tout son trip -, les ragots - elle était bien placée pour les détester et n'y prenait jamais parti -, et les confessions et anecdotes personnelles - hors de question pour Aline de s'étendre sur sa vie. Elle avait simplement brodé de fausses histoires et petites anecdotes évasives sur un passé inventé ; jusque là, j'étais admiratif de voir qu'elle ne s'était jamais vendue sur sa fausse identité. Ça n'était pourtant pas forcément simple de s'inventer une nouvelle vie et de ne jamais trahir les secrets de son ancienne.

Aline me fut enlevée par ses trois amies pour aller danser sur la piste ; mais elle m'était pas franchement à l'aise, et me lança rapidement un regard d'appel à l'aide.

Je me dirigeai sur la piste, l'entoura de mes bras, et souris à ses amies.

« Vous ne m'en voulez pas si je récupère ma cavalière ? »

Elles rougirent - une fois de plus - à mon sourire et secouèrent négativement la tête. J'entraînai alors Aline vers le bar, mais elle me saisit par la main et nous guida plutôt à travers la foule vers la sortie.

Je la suivis sans un mot ; quand nous fûmes au calme, elle s'arrêta et soupira.

« Ce bal… ne m'amuse franchement pas. »

Je la pris dans mes bras, ma plaçant derrière elle, mon torse contre son dos, et plongeai mon nez dans ses cheveux.

« Quel dommage. » souris-je en inspirant.

Elle passa ses bras par-dessus les miens.

« Tu pourrais au moins essayer d'être convaincant ! Rit-elle.

- Pourquoi ? Tu voudrais que je te mente ? Répliquai-je avec un petit sourire.

- Non ! Non, en fait, c'est bien comme ça. » murmura-t-elle.

Elle écouta le silence et moi les bruits légers de la nuit quelques secondes.

Puis s'appuya un peu plus contre moi, brûlant mon cœur renaissant depuis qu'il était consumé d'amour - quelle ironie, quand on y pensait.

« Tu veux qu'on y retourne ? Demanda-t-elle d'une toute petite voix.

- Pas vraiment. » répondis-je à voix basse.

Elle ne dit rien pendant une minute.

« Ça te dirait qu'on rentre ? » Demanda-t-elle comme hésitante.

Je souris dans ses cheveux.

« Faut pas me le demander deux fois. »

Je me détachai d'elle pour la prendre par la main et la ramener à la voiture.

« Ça… ne te dérange pas au moins ?

- De rentrer ? Absolument pas.

- Tu es sûr ?

- Oui ! Pourquoi voudrais-tu que ça me gêne ?

- Tu avais l'air d'avoir envie d'aller à ce bal… »

Je la stoppai, pour la faire tourner et la prendre dans mes bras, contre moi. La tendresse me dévorait le ventre, et je devinais qu'elle se lisait jusque dans mes yeux.

« Ma douce Aline, je veux juste t'offrir la plus belle vie possible… » fis-je en passant doucement la main dans ses cheveux, alors qu'elle avait relevé le menton pour plonger ses grands yeux dans les miens.

Je vis son regard briller de larmes contenues. Des larmes de bonheur, et ça me faisait presque mal tellement c'était bon.

« En m'invitant à un bal ? » fit-elle d'une voix qu'elle voulut amusée mais qui se cassa pour étouffer un sanglot.

Je lui souris.

« C'est ce que font les lycées normaux, non ?

- … Et tu me trouves normale ? »

Cette fois, elle avait réussi à parler d'un ton amusé. Je souris et secouai la tête, baissant les armes.

« Non, c'est vrai. »

Puis une inquiétude m'envahit.

« Aline… tu ne m'en veux pas pour ça ? »

Elle fronça les sourcils.

« T'en vouloir ? Mais pour quelle raison ?!

- Pour t'avoir traînée au bal… Alors que tu n'en avais pas envie… »

Elle poussa un petit soupir qu'elle voulut agacé, et passa ses bras autour de ma taille pour se serrer plus près de moi.

« Tu ne m'y as pas traînée, j'ai accepté tout de suite ton invitation…

- Tu ne l'as pas fait par obligation ? » M'inquiétai-je encore.

Elle plongea son visage dans mon épaule et soupira.

« Non, Cooper… Je l'ai fait parce que je t… »

Elle s'arrêta, resta dans la même position, m'empêchant de lire son regard ou la couleur de ses joues.

Mon cœur mort fit un soubresaut dans ma poitrine.

Que s'apprêtait-elle à dire ?

Elle releva enfin la tête, et se détourna, un peu gênée, me prenant par la main pour nous ramener vers la voiture.

Nous rentrâmes en silence.

Le regret me dévorait.

Était-il possible qu'Aline… m'aime ? Comme moi je l'aimais ?

J'étais à la fois blessé qu'elle ne puisse se résoudre à le formuler, si c'était le cas, et tourmenté de lui faire éprouver ce genre de sentiments si forts pour moi - à cause de mon espèce.

Mais surtout, je savais que même si elle le pensait, le formuler était une toute autre histoire. De même, je ne pouvais pas lui avouer mes sentiments.

Je ne voulais pas que cela interfère avec la décision qu'elle avait apprendre le 14 février prochain.

Car il était certain que je me battrais jusqu'au bout pour la décider à rester en vie.

Mais je ne voulais pas qu'elle le fasse pour moi. Car si elle restait humaine, je ne pouvais pas continuer à vivre à ses côtés. Ce serait bien trop dangereux.

Et je doutais encore qu'elle puisse avoir envie de l'éternité que je pouvais lui offrir en tant que vampire, elle qui il y avait encore peu rêvait de ne pas voir le lendemain…


(*) Au fait, y a-t-il des gens parmi vous n'ayant pas lu Retrouvailles ? Je me propose, si c'est le cas, de vous faire un chapitre ou deux qui regrouperaient tout ce que j'ai pu écrire sur Aline et Cooper dans cette autre fic, afin que vous ne soyez pas paumés, et notamment le passage du bal de la Saint Valentin… suffit de demander !