Hello !
Merci beaucoup de suivre encore cette fic ! Et notamment de me laisser vos commentaires, vous me touchez énormément. Ça compte beaucoup pour moi.
Pour ceux qui m'ont laissé une review et qui ont un compte sur FF, vous avez eu le teaser de ce chapitre, et vous êtes donc au courant… Pour les autres, je vous l'annonce ! Ce chapitre fait revenir les Cullen au grand complet dans la fic ! Et il marque une transition avant un évènement qui inévitablement changera les relations entre les personnages… Mais je ne rajoute rien !
Réponse aux reviews anonymes :
Aleks : merci beaucoup pour ta review ! Ça me fait vraiment plaisir de recevoir de nouveaux commentaires, et de savoir que mon histoire plaît bien qu'elle concerne des personnages inventés… ton comm m'a touchée, j'espère que la suite te plaira autant !
Aurélie : hou quelle impatiente. Mais ne t'en fais pas, j'adore ça ! Pour les grandes déclarations… Je t'avoue que je ne sais moi-même pas encore comment ça va se passer. C'est un peu comme les visions d'Alice : j'arrête pas d'imaginer des variantes à ma fic en ce moment !
Cristèle : Merci !! :p qu'est-ce que vous me flattez, tous, va bientôt falloir que je m'achète des lunettes VIP. Ah, non… J'suis cachée derrière un pseudo… C'est vrai… Bon passé ce moment de délire que je suis peut-être la seule à comprendre, revenons à ta review. Je pense un peu comme toi aussi : le côté offrir son âme et son corps à la personne à qui l'ont avoue son Amour… Cela arrivera bien sûr entre nos deux amoureux. Mais quand et dans quelles conditions, cela reste à déterminer… ;). Merci beaucoup pour ton commentaire, il m'a fait vraiment plaisir !
Melo.c.42 : c'est très gentil de ta part de plaindre Emmett, à qui Cooper n'a laissé aucune chance de se moquer de lui… Et rassure-toi. Dans ce chapitre, tu verras que notre nounours préféré va trouver un moyen de taquiner Cooper pendant disons quelques siècles ;-). Tu as raison pour les fautes ! Si j'ai le courage j'irai les rectifier :p. Merci !!!
Nathyhale : ah mais t'as même pas à t'excuser ! En plus avec le temps que j'avais mis à poster le dernier chapitre… -_-. Bon, jme rattrape, là, il est posté plus tôt celui-là. Alors tu veux savoir si tout ne va pas rester rose… NON ! Sûrement pas :p. J'suis plus sadique que ça ;-). Happy end or not… Reste à voir ! Mais bon j'tiens quand même à prévenir, j'ai des limites dans mon sadisme. Et toi aussi tu plains Emmett… t'inquiètes, même s'il ne fait qu'une brève apparition dans ce chapitre, tu noteras qu'il va trouver de quoi embêter un peu Cooper. Il lui en faut pas beaucoup ;).
Allez, je vous souhaite une bonne lecture et un bon week-end à tous ! Merci pour votre fidélité !
Cooper POV
Les semaines passaient. Et, avec Aline, on ne les comptait pas.
Depuis que les vacances d'été avaient commencé, nous avions eu nos résultats - tous deux diplômés. Nous l'avions fêté comme il se devait - bien entendu… -, puis j'avais demandé à Aline de choisir la fac où elle désirait s'inscrire. Elle en avait choisi une du Canada ; afin que je puisse m'y inscrire aussi.
Le fait qu'elle ait fait ce choix sans même y réfléchir, le fait qu'il lui devenait naturel de faire avec mon état de vampire, me réchauffait le cœur à un point que je n'aurais pas imaginé possible.
J'aurais pu craindre qu'une part d'elle rejette le vampire en moi. Même inconsciemment. Cherche à l'oublier. S'attache à une humanité normale.
Il n'en était rien. Elle était toujours prudente dans ses gestes ; nos baisers, notre passion. Elle lisait dans mes yeux le niveau de ma soif, et je n'avais même plus à la prévenir de quand j'allais chasser. Elle s'habituait à tout, au fait que je ne pouvais sortir au soleil non plus.
Le soleil.
Un jour, je l'avais entraînée, en voiture, en un lieu où je savais que cet astre brillerait ce jour là.
Je voulais lui montrer. Je ne l'avais jamais fait. Je lui en laissais la surprise ; elle ne savait pas où je l'emmenais, ni pourquoi, et elle ne savait pas non plus pourquoi je ne me montrais jamais au soleil.
Pas qu'elle ne me l'aie jamais demandé, mais… je ne lui avais jamais dit. Juste : « Un jour, je te montrerai. ».
Et ce jour-là…
Flash-back
Je me garai dans une zone rocheuse, habituellement déserte, surtout à cette heure de la journée - début d'après-midi. Mais, avant de me risquer à faire un pas hors de la voiture, j'ouvris la fenêtre et respirai l'extérieur.
Pas d'odeur humaine, si ce n'était celle, bien plus que familière, d'Aline à mes côtés.
Je fermai les yeux un instant, le cœur serré. Apeuré.
J'avais décidé qu'aujourd'hui, je lui montrerai cette dernière chose qu'elle ne savait pas à propos de ma nature. Une preuve de plus que j'étais différent d'elle. Comme si elle en avait besoin…
Des fois, je me disais que oui, elle en avait besoin. Parce qu'il était étrange de voir à quel point elle s'accoutumait à ma nature. À quel point cela l'indifférait - oui lui plaisait, allez savoir. Pourtant, je savais qu'elle était tout à fait consciente de nos différences, et du danger que je représentais pour elle, à sa façon d'agir avec moi. Mais cela lui importait peu.
L'amour que j'éprouvais elle me brûlait la poitrine.
Toujours assise à côté de moi, elle me lança un regard curieux. Patient.
« Tu sais pourquoi on est là, Aline ?
- … On est seuls ? Demanda-t-elle en réponse.
- Oui.
- On est là parce qu'il… fait beau, alors ?
- … Oui. »
J'avais entendu son cœur manquer un battement, cogner un peu plus lourdement. Mais elle avait pris sur elle pour garder son calme. Cela m'avait fait sourire.
Elle patientait, simplement.
J'ouvris la portière, mais lui lançai un regard un peu craintif.
Elle haussa un sourcil amusé, et posa une main sur ma cuisse comme pour me retenir.
« Tu vas pas te désintégrer sous mes yeux ? » Rit-elle.
J'éclatai d'un rire clair.
« Non. »
Mon regard ambré fixa ses prunelles avec amusement et tendresse. Elle le savait ; elle savait que si les vampires s'atomisaient sous l'effet du soleil, j'aurais tout fait pour éviter cette source de lumière tant qu'elle serait à mes côtés. Elle le savait, mais c'était tout ce qu'elle avait trouvé pour me détendre.
Et elle avait réussi.
« Tu fermes les yeux ? » lui murmurai-je.
Elle acquiesça, et s'exécuta.
Je sortis de la voiture ; et, immédiatement, ces milliards de petits diamants que j'abhorrais se mirent à scintiller sur ma peau, sous l'effet des rayons lumineux.
Je restai un instant au soleil, m'imprégnant de sa chaleur. Laissant mon ventre se calmer à l'idée que bientôt Aline aurait une preuve de plus de ma monstruosité.
Puis je fis le tour de la voiture, à vitesse humaine - je ne l'avais jamais fait aussi lentement, même quand je jouais le jeu au lycée. Et je lui ouvris la portière.
Lui pris la main pour qu'elle sorte.
Et la lâchai, me reculant de trois pas.
Elle ouvrit les yeux.
Et rien ne se passa.
Elle me regarda, simplement. Fit glisser ses yeux sur ma peau ; la peau de mes bras, révélée par les manches courtes du tee-shirt que je portais, la peau de mes jambes, mise en évidence par mon corsaire. Elle remonta à mon torse, puis à mon visage, et enfin à mes yeux, et ancra son regard neutre au mien.
Nous n'échangeâmes aucun mot pendant un moment.
Je ne savais pas quoi dire. Mais mon cœur, lui, le savait.
Il lui criait merci.
Elle ne me jugeait pas. Ne tombait pas dans le piège de ma chimérique beauté, destinée à piéger l'œil humain ; ne s'enfuyait pas en courant, non plus. Quoique cela, ça m'aurait étonné venant d'elle.
Elle pencha la tête sur le côté. S'approcha de moi, faisant les trois pas qui nous séparaient, et posa ses mains sur les miennes ; puis les remonta lentement le long de mes avant-bras, de mes bras, jusqu'à mes épaules. Elle les fit glisser sur mon torse, suivant de ses yeux le mouvement qu'elle imprimait sur mon corps. Elle m'effleura, légère, avant de remonter à mon visage et de faire glisser ses doigts sur mes lèvres, et enfin jusqu'à mes pommettes, où ils s'immobilisèrent. Ses yeux s'ancrèrent aux miens, et elle prononça les seuls mots auxquels je n'aurais jamais pensé, mais qui me firent éprouver le plus grand bonheur.
« Tu es toujours le même. »
La passion me brûla, et mes bras encerclèrent d'eux-mêmes sa taille pour la plaquer contre moi.
Je t'aime ! Lui hurla mon cœur.
Mes yeux relayèrent le message, et elle cligna les siens.
Comme si elle me disait « moi aussi ».
Était-il possible que nous nous soyons ainsi compris, sans un mot ?
Mon cœur me brûla encore, et je me penchai pour attraper ses lèvres.
Son odeur et son goût me frappèrent comme un fouet. Mélangés à l'odeur de la forêt qui s'étendait derrière nous, de la poussière chauffée par le soleil, du sang des quelques animaux dans un rayon d'une dizaine de kilomètres, autant d'odeurs que j'aimais respirer - mais moins que j'aimais la respirer, elle.
Je raffermis ma prise dans son dos, et elle glissa une main dans mes cheveux, se cambrant jusqu'à ce que je la soulève pour aller la déposer sur un tapis de feuilles un peu plus loin.
Je restai au-dessus d'elle, la dévorant du regard - encore une fois. Et comme à chaque fois, elle se mordilla la lèvre, gênée et étonnée de ce qu'elle lisait dans mes yeux. L'étonnement. C'était un sentiment perpétuel entre nous. Cet émerveillement que nous éprouvions chaque jour ne faiblissait pas. Ce que je ne comprenais pas, d'une certaine manière, mais qui me confortait dans mon idée.
Je ne pourrais plus vivre, après Aline. Il n'y aurait jamais personne d'autre. Il y avait eu Elizabeth, il y avait Aline ; mais si elle venait à mourir, je la rejoindrais. Et tout ce que je pensais de ceux qui se suicidaient, avant, avait changé. J'en venais à l'envisager.
Mais je préférais ne pas y songer. Juste vivre l'instant qui s'offrait à moi.
Je repris ses lèvres, et elle cambra doucement son corps contre le mien. Ses mains glissèrent doucement sous mon tee-shirt, dans mon dos, sur mon torse, sur mon ventre. Je me débarrassai de son pull, goûtant sa peau de ma langue, traçant des sillons ardents sur ses courbes et ses creux ; lui arrachant des gémissements étouffés. Mais je ne voulais plus qu'elle étouffe ses sensations.
Ma bouche se fit plus exigeante contre sa peau, et elle me débarrassa de mon tee-shirt.
Lentement, nous nous débarrassâmes des vêtements de l'autre ; j'en fis un tapis pour la coucher plus confortablement, mais ce fut elle qui me retourna contre le sol réchauffé par les rayons du soleil pour m'enjamber.
Je caressai son dos, chassant doucement la poussière qui s'y était déposé, lissant sa peau qui avait pris la marque du tapis de feuilles - comme ces matins où elle se réveillait, la marque de l'oreiller sur la joue.
Elle tressaillit, et m'embrassa en frottant son sexe bouillant et humide contre le mien ; et soudain, elle fut sur moi. Je fus en elle. Je ne savais plus vraiment ; mon souffle s'accéléra, et je gémis contre sa bouche.
Elle entama une série de va-et-vient extrêmement lents et doux ; et j'ouvris les yeux pour la regarder.
Mon cœur explosa.
Le soleil faisait briller ma peau de millions de petits diamants ; scintillements qui se reflétaient sur elle. Sur son corps qui, recouvert d'un fin film de sueur, me renvoyait la lumière que reflétait ma peau.
Elle brillait comme moi, comme un vampire. Et les différences qui auraient dû nous séparer s'estompèrent.
Je le retournai soudainement, la couchant sur notre tas de vêtements, et la pénétrai à nouveau, d'un rythme un peu plus soutenu.
Je sentis son cœur s'accélérer, alors que venait la jouissance ; et bientôt, ma vue se brouilla, ainsi que tous mes autres sens.
Sauf l'odorat.
Son sang hurla mon nom, et quand je rouvris les paupières, sa carotide pulsant rageusement dans son cou apparut dans mon champ de vision.
Le venin se mit à couler dans ma gorge, inondant ma bouche, et mes lèvres se posèrent instinctivement sur son artère, mes dents à quelques millimètres de sa peau tendre.
Et elle attrapa mes cheveux pour redresser ma tête, posant sa bouche contre la mienne au moment où la jouissance nous emporta.
M'empêchant de commettre l'irréparable.
Je me raidis, et me couchai à côté d'elle une fois la vague de plaisir retombée, mais sans la toucher.
J'haletais, et la regardais, paniqué.
Son regard me renvoyait un air grave. Pourtant, elle ne savait pas vraiment ce qui venait de se passer.
Je n'étais pas sûr que j'aie été sur le point de la tuer. Je ne pensais pas.
Mais j'avais été sur le point de la transformer. De la faire mienne, de la manière la plus absolue qui soit.
J'avais failli boire une gorgée de son sang tout en lui injectant ce qui faisait l'être que j'étais… mon venin…
Je frémis, fermai les yeux.
Et je me demandai si j'aurais réellement regretté un tel geste…
Fin du Flash-back
C'était quelques semaines auparavant. Et depuis, rien n'avait changé entre nous, je crois. Mais notre relation, pourtant, me paraissait plus profonde encore.
Elle m'avait demandé pourquoi j'avais mis tant de temps à lui présenter mon apparence au soleil. Je lui avais avoué que c'était d'une certaine manière par honte. Et, après m'avoir rassuré, elle avait pris le parti de chasser mes doutes en me taquinant. Ainsi, parfois, elle m'appelait « mon bijou », m'arrachant inévitablement un grognement.
Je souris en secouant la tête, alors que par la fenêtre de la voiture défilaient des arbres. À mes côtés, Aline dormait. Plus pour longtemps. Nous arrivions à destination.
La villa Cullen.
Cela me faisait intensément plaisir des les revoir ; de revoir Bella. Ma Bella. Et Alain, qui nous rejoindrait d'ici deux jours.
Nous étions la veille de l'enterrement de vie de célibataire d'Edward et Bella ; l'avant-veille de leur mariage. Je serais bien retourné les voir plus tôt, mais c'était exposer Aline au danger d'être reconnue à Forks plus longtemps ; ce n'était pas envisageable, pour moi.
J'avais prévenu les Cullen et Bella de ma relation avec Aline. Et ils avaient eu diverses réactions qui ne m'avaient pas laissé vraiment surpris. Ça correspondait aux caractères que je leur connaissais.
Celle que je craignais le plus était Rosalie. Mais en même temps, elle n'avait pas semblé rageuse quand elle avait appris la nouvelle.
Non, elle était restée plutôt calme. Effet de Jasper, ou s'était-elle assagie avec le siècle passé ?
Je supposais que j'allais bientôt avoir la réponse.
Et justement, nous arrivions.
Et ils étaient tous là à nous attendre.
Aline POV
Cela faisait 27 heures que nous étions arrivés chez les Cullen, avec Cooper.
Et après un rapide dîner - comment pouvait-il en être autrement ? J'avais l'habitude de manger avec un vampire, mais d'être la seule à manger au milieu de neuf personnes avait quelque chose d'intimidant -, j'étais partie me coucher pour me reposer de la journée de folie qui venait d'avoir lieu - l'enterrement de vie de jeune fille de Bella.
Il était presque effrayant de voir l'imagination dont ses amies avaient fait preuve. C'était proche de l'acharnement.
Le temps parmi eux se passait bien ; Bella, le premier soir, s'était occupée de moi en priorité par rapport à Cooper ; quand j'avais rougi et lui avais fait remarquer - après tout, c'était lui son meilleur ami -, elle avait ri en me rappelant qu'elle allait avoir toute la nuit que je passerais à dormir pour discuter avec lui.
Évidemment.
Alice aussi me tournait autour comme un rapace. Mais elle, on m'avait prévenu, c'était autant pour finir de préparer ma tenue pour le mariage que pour faire à fond ma connaissance dans la mesure où j'étais avec Cooper - elle me définissait ainsi comme la copine de son beau-frère par alliance de sa meilleure-amie-qui-était-aussi-un-peu-sa-sœur avec son frère Edward. Le tout dit à vitesse peut-être humaine mais grand V, je n'avais pas vraiment tout compris, et n'avais fait qu'acquiescer. Elle avait souri et avait conclu en m'appelant belle-sœur par alliances. Oui, alliances avec un S. Mon alliance avec Cooper, et l'alliance d'Edward et Bella.
Pourquoi compliquait-elle tout ?
J'avais répondu à son monologue : « Sinon, tu peux aussi m'appeler Aline. »
Cela lui avait coupé le clapet une seconde, et avait eu le mérite de faire éclater de rire Emmett.
Emmett, qui ne lâchait plus Cooper depuis que je l'avais appelé « Bijou » alors qu'il se moquait gentiment de moi.
Je regrettais presque d'avoir fait ça. Cooper m'avait simplement taquinée, mais Emmett allait me venger pendant à peu près dix siècles en rappelant à Cooper ce surnom que je lui avais attribué.
Ceci dit, c'était assez comique.
Je revins à mes pensées concernant la journée qui allait se dérouler le lendemain ; le mariage de Bella.
Je sortis de la douche, me dirigeant vers la chambre où j'avais dormi la veille. Personne n'était là ; ils étaient tous partis chasser.
Enfin, c'était ce que je croyais.
Je sursautai en croisant deux prunelles ambrées. Les prunelles qui, parmi toutes les autres, me faisaient aussi peur qu'elles m'intriguaient.
Celles de Rosalie Hale-Cullen.
La magnifique vampire était assise sur le lit, tranquillement. Pas au milieu ; et je compris que je devais m'asseoir à ses côtés. Mais j'attendis qu'elle me le propose. Elle m'intimidait.
Et, d'un geste de la main, elle m'invita à m'asseoir.
Le cœur battant encore régulièrement, mais un peu plus fort - ce dont elle devait bien sûr avoir conscience -, je m'exécutai.
Je plongeai mon regard dans le sien.
« Aline. Commença-t-elle.
- Rosalie. Répliquai-je, absolument pas sûre de moi.
- As-tu une idée de la raison pour laquelle je suis ici ? »
Je réfléchis quelques instants. Ne trouvai pas. Alors je décidai de la jouer un peu froide.
« Tu étais censée chasser. J'espère juste que ce n'est pas ce que tu es en train de faire. »
Elle eut un très bref sourire, plus de forme que de réel amusement. Me fixa intensément.
« J'en déduis que tu ne veux plus mourir ?
- Non. Déduis-en que je ne veux pas que ma mort cause des tensions dans votre famille. » Répliquai-je du tac au tac.
Mais sincèrement, désirais-je encore mourir ?
Oui, si Cooper n'est pas là pour partager ta vie…
Rosalie émit un petit soupir. Il y avait de cela quelques mois, je ne l'aurais pas entendu. Mais vivre avec Cooper et m'efforcer à développer mes sens pour décrypter ses émotions me permettait de saisir un peu plus de choses qu'avant.
« Veux-tu être transformée, Aline ? »
Et là, je me raidis, alors que tout l'air que mes poumons contenaient me sembla expulsé.
Mon souffle se bloqua, et un sentiment de panique m'étreignit soudain.
Transformée. Vampire. Moi ?
Non !
Je ne voulais pas vivre pour l'éternité.
Je ne le voulais pas, n'est-ce pas ?
Même avec Cooper ? Me souffla une petit voix insidieuse.
Je… je ferais tout pour Cooper !
Oui… C'est exactement ça.
Mais vivre pour l'éternité… La voix de la panique me criait que je ne pourrais jamais le supporter.
Jusque là, mes souvenirs ne m'étaient pas trop difficiles à porter. Parce que jusque là, je vivais en me disant que le 14 février, je mourrais. Aussi, je m'efforçais simplement de les reléguer dans un coin de ma mémoire.
Mais il était vrai qu'à bien y repenser…
Le 14 février venu, aurais-je le courage de demander à Cooper de me tuer ?
Alors qu'il avait d'ores et déjà réussi son défi. Me prouver que ma vie pouvait valoir la peine d'être vécue, malgré - ou grâce à - tout ce que j'avais perdu.
Il devait me quitter. Alors oui, j'aurais le courage de mourir.
Mais pas de lui demander à lui de me tuer.
« Aline ? » M'appela Rose d'une voix assez fermée, me ramenant sur terre.
Je fermai les yeux.
« Je ne sais pas. »
Rosalie me dévisagea plusieurs secondes. Son regard était impénétrable.
« Tu n'aimes pas assez Cooper pour ça ? Demanda-t-elle froidement.
- Si ! » répondis-je immédiatement.
Avant de mesurer la portée de mes paroles;
Je venais de lui dire que je l'aimais. Je venais d'avouer mon amour à voix haute.
Mais pas à Cooper. À Rosalie, ce vampire étrange qui ne m'intégrait pas comme les autres le faisaient, et avec qui, pourtant, je me sentais une étrange connexion.
Je fermai les yeux, vaincue.
Et Rosalie attendit un peu avant de revenir à la charge d'une voix plus douce.
« Aline… On ne sait pas grand-chose de toi. Juste que tu es avec Cooper. Et que quelque chose a fait que tu ne peux plus tomber enceinte. »
Je tressaillis.
« Qu'est-ce que ça peut faire ? » demandai-je sèchement.
Bien sûr, qu'est-ce que ça peut faire, Aline… à part que c'est la conséquence des monstruosités que tu as commises ?
Mon cœur s'affola. Cela faisait longtemps que je n'avais plus entendu cette voix en moi. Cooper avait réussi à la faire taire ; je l'avais crue disparue. Mais visiblement, tôt ou tard mon passé devait me rattraper…
« Si ton rythme cardiaque n'avait subi aucun changement, j'aurais pu te croire. En fait, c'est Edward qui s'en est inquiété et a voulu savoir si Cooper se protégeait… Et il a répondu que tu ne pouvais physiquement plus procréer. En soi, ça n'est pas un problème tant que tu es avec Cooper, Aline… au moins, tu ne risques pas ce danger. »
Elle marqua une pause. Pas pour reprendre son souffle, plutôt pour ne pas me perdre. Un vampire n'a pas forcément besoin de reprendre son souffle lors d'un monologue n'est-ce pas ?
« Là où je voulais en venir… »
Elle sembla hésiter.
« Tu sais… Si Jasper, parmi nous, a été le plus long à s'habituer au régime végétarien, moi, j'ai été la plus longue à m'habituer au statut de vampire. Pour diverses raisons. Et aujourd'hui, je vais mieux… Mais j'ai toujours un regret. Une douleur. »
Elle planta son regard dans le mien.
« Celle de ne pas pouvoir tomber enceinte. »
Je lui rendis son regard, n'étant pas sûre du terrain où elle voulait m'amener. Elle hocha la tête, comprenant que je n'allais pas répondre à ça.
« Ce que je veux dire, Aline, c'est que je me suis faite à tout le reste. Même s'il m'a fallu près de deux siècles. J'ai réussi à passer par-dessus tous mes mauvais souvenirs, grâce à Emmett. Ce que j'ai pu vivre avant lui n'a plus la même importance, ne peut plus m'empêcher d'être heureuse. »
Je tressaillis, et plantai mon regard dans le sien.
Que savait-elle sur moi ?
Elle secoua la tête.
« Je ne sais pas ce qui fait ton passé. Mais la part que j'ai enterrée de moi reconnaît quelque chose en toi. »
Je détournai le regard, vaincue.
Je n'avais pas eu à prononcer une parole.
Elle savait.
Qu'avait-elle vécu, pour qu'elle devine la part sombre en moi alors même que Cooper n'y était pas parvenu ?
« Tu as été violée ? Soufflai-je.
- Oui.
- … Par qui ? »
Je ne voulais pas de nom. En quoi ça m'aurait avancée ? Mais je voulais savoir qui il était pour elle.
« Mon fiancé… et ses amis. »
J'hochai la tête, sans la regarder. Et je sentais qu'elle non plus, ne me regardait pas. Nous parlions à voix basse, comme si nous étions dans un lieu sacré.
Celui de nos souffrances passées.
« Tu lui faisais confiance, alors ?
- Pas vraiment. Je ne le connaissais pas réellement… à l'époque, ce n'était pas comme maintenant, les mariages. »
J'hochai la tête.
« Et toi, Aline ? Tu lui faisais confiance, à celui qui t'a fait ça ? »
Je fermai les yeux, les larmes menaçant d'affluer.
« Non. Il n'était pas grand-chose pour moi. Je le haïssais presque autant que je me haïssais moi. »
Elle ne dit rien. Et je pus rouvrir les yeux pour la regarder à nouveau.
Elle releva le regard vers moi, et nos yeux s'accrochèrent.
Elle ne chercha pas à me dire que ce n'était pas ma faute. Que je n'étais pas responsable. Que je n'étais pas sale. Parce que d'une part, elle devait savoir que Cooper l'avait déjà fait, comme, je supposais, Emmett avait dû faire avec elle. Et, d'autre part, elle savait que ce n'était pas parce qu'on nous le disait que la douleur était moins vive. Les autres pouvaient bien essayer de nous rassurer, de nous dire que nous étions les victimes. Ça n'aidait pas réellement. Ils pouvaient bien essayer de nous faire oublier, ce n'était qu'un but chimérique. On apprenait à faire avec, et c'était tout. Mais ce qui avait été fait ne pouvait être effacé.
Nous ne parlions plus depuis un moment. Nos visages étaient fermés, et un spectateur extérieur aurait pu croire que nous étions en mauvais termes. Mais en réalité, Rosalie venait de devenir la deuxième personne sur qui j'acceptais de me reposer. Et une part de moi me chantait qu'elle ressentait aussi ce lien entre nous, que nous ne pouvions avoir avec quelqu'un qui n'avait pas notre passé.
Finalement, elle finit par se lever, et se pencha sur moi, gracieuse.
« Tu as compris ce que je voulais te dire, Aline ? L'éternité n'a pas que des mauvais côtés, et on arrive à enfouir nos mauvais souvenirs. Mon seul regret est de ne pas pouvoir tomber enceinte. Mais dans ton cas, je suis désolée d'être aussi brute… même humaine, tu ne le pourras pas. Je n'aurais jamais cru dire ça un jour à une humaine, mais… réfléchis. Tu as peut-être plus à gagner qu'à perdre à devenir comme nous. Si tu aimes Cooper, s'entend bien. »
Elle se redressa, et disparut sans un bruit…
Alors ? Êtes-vous surpris de cette conversation Aline/Rosalie ? Je pense que peu d'entre vous vous attendiez à ce que ce soit Rosalie qui propose à Aline de réfléchir à devenir vampire hein… J'espère que vous avez compris pourquoi, dans le cas d'Aline, elle ne trouve pas que ce soit une erreur !
À bientôt pour la suite !
