Bonjour tout le monde !

Je vous reviens, enfin, après une longue semaine et demi de partiels (y en a ptêtre qui trouveront ça court mais là j'en pouvais plus) et un début de vacances très mouvementé (mais j'vais pas raconter ma vie, c'est pas ça que vous êtes venues lire hein !).

Je voulais faire un chapitre plus long pour me faire pardonner de mon absence ; mais les idées ne sortaient pas, et comme je ne voulais pas trop vous faire atendre, je vous livre ce nouveau chapitre tel quel.

Je vous remercie pour toutes vos reviews, et vos encouragements ; d'ailleurs…

J'ai obtenu ma licence de biologie, et avec mention !

*saute partout de joie*

Merci pour tous vos encouragements. Allez savoir, il se peut que ça y ait fait ;)

Ce que ça veut dire concrètement pour vous ? Ben, pas de rattrapages, pas de dernières révisions… Et comme je ne travaille pour le moment que le samedi (je travaillerai plus dès la fin du mois de juin), je peux vous consacrer une bonne partie de temps à l'écriture ! J'ai d'ailleurs pas mal de projets. Avancer Mon requiem, participer au concours Hot Summer (j'ai deux idées pour ça), écrire un ou deux OS, etc…

Mais avant tout, poursuivre cette fic !

Allez, je vous lâche ! Bonne lecture !

Résumé des semaines précédentes ? Aline est enceinte, et tout le monde l'accepte plus ou moins… Sauf Cooper, qui doit désormais la récupérer… C'est là que ça devient bon, hein ? On va voir comment il va s'y prendre ;-)


Aline POV

Un mois de grossesse… Moins un jour

J'avais obtenu des Cullen qu'ils me lâchent plus ou moins la grappe… Même si je ne leur avais pas demandé ainsi, bien sûr. J'avais simplement fait comme avant : je m'étais renfermée. Jasper l'avait senti de suite, Bella débridant son pouvoir en permanence pour qu'il s'assure que je ne ressentais aucune douleur ou émotion trop forte.

Des émotions trop fortes. Pour ça, je n'en avais pas.

Comme avant.

Et d'ailleurs, il y en avait un que ça étonnait, visiblement.

J'étais en train de faire de la vaisselle quand je sentis une présence derrière moi. Je savais que les Cullen me surveillaient en permanence, mais ils le faisaient discrètement, comme des ombres, comme si… Je rêvais. Comme si ils n'existaient pas, presque. Sauf Carlisle, qui mesurait régulièrement mon tour de ventre - qui n'évoluait pour le moment pas - et Rose, qui ne se sentait pas rassurée si elle ne m'observait pas deux fois par jour.

Mais là, la présence était dans mon dos, et je ne pouvais l'ignorer.

En attrapant un torchon pour m'essuyer les mains, je me retournai pour faire face à Jasper. Tiens, je me serais attendue à tout sauf lui.

Je m'attendais à Rosalie, vérifiant que je ne me coupe pas avec la vaisselle - à se demander si c'était vraiment mon enfant qu'elle maternait, ou moi - ; à Emmett, s'amusant à essayer de me dégoûter en m'apportant des trucs de différentes odeurs ; ou encore à Bella, qui tournait en rond en assurant que si elle retrouvait Cooper, c'était pour le décapiter. Quoiqu'elle évitait de prononcer son prénom devant moi. Donc elle évitait de se retrouver face à moi.

Jasper me regardait, songeur.

« Je m'attendais à ressentir de la douleur venant de toi. De la tristesse. Une déchirure, je sais pas ! Tu ne l'aimes pas, Cooper ? »

Je soupirai, d'une manière qui, je le savais, lui parut ennuyée. La vérité, c'était que c'était un masque. Mon masque.

« Tu nous la joues service psychanalyse ?

- Ouvert 24 heures sur 24, répondit-il, pince-sans-rire.

- Hey Jazzman, t'es au courant que des psys comme toi, elle en bouffe quatre au p'tit déj' ? » intervint Emmett en passant devant la porte de la cuisine.

Je levai les yeux au ciel, attendant la suite.

« Au fait, Aline, pour ton midi, je te ramène un ou deux cerfs ? »

Et la voilà, la suite. Je ne pris même pas la peine de répondre, à l'instar de Jasper.

Emmett haussa les épaules, et comprit qu'il devait nous laisser. Il sortit, et la maison redevint plus silencieuse qu'une tombe. Enfin… Pas vraiment.

Depuis une semaine, je me rendais compte que… j'entendais plus de choses. Ou j'entendais mieux, plus simplement. Je ne savais pas vraiment.

Le bruit de mon cœur. Les pas étouffés. Le vent dans les feuilles, quand je sortais. Les sons me semblaient plus accessibles…

Je me faisais peut-être des idées. Peut-être était-ce le fait de vivre au milieu d'une forêt, entourée de vampires - autant dire dans le silence.

Peut-être qu'il y avait un rapport avec le père de mon enfant.

Jasper attendait d'ailleurs toujours que je daigne lui faire part de mes sentiments. Il pouvait bien attendre.

Il avait plusieurs siècles, après tout.

Il soupira et reprit la parole.

« Je ne crois pas que tu ne l'aimes pas. J'aimerais juste comprendre pourquoi il n'y a rien à faire, je n'arrive pas à ressentir d'émotions autres que ton envie de t'éloigner.

- Euh… Parce que c'est la seule chose que je ressens, peut-être ? » Tentai-je en arquant un sourcil.

Il secoua la tête, me dardant de son regard inquisiteur, absolument pas dupe. Mais il devait bien comprendre que je n'avais pas l'intention de lui parler.

Je n'avais pas l'intention d'évoquer Cooper. Je n'avais même pas l'intention de penser à lui ! Enfin, ça, c'était ambitieux.

Il me manquait, et c'était déchirant. C'était précisément la putain de raison pour laquelle je me repliais sur moi-même. Il n'était pas capable de comprendre ça, l'empathe ? Il ne pouvait pas juste me laisser vivre ma vie ?

« De la colère, c'est un peu mieux. Tu commences à éprouver des choses. »

Je le fusillai du regard.

Rosalie intervint à ce moment et grogna sur son frère.

« Fous-lui la paix toi ! Tu crois que c'est bon d'être énervée, dans son état ?

- Ça va, je ne suis pas malade, non plus, m'énervai-je encore plus.

- Bien, Aline. Maintenant que tu n'es plus qu'un bloc de glace, ça fait quoi si je prononce le prénom de Cooper ? » reprit calmement Jasper.

La douleur me déchira, et je me retournai vivement vers la fenêtre face à l'évier pour leur cacher mes larmes.

J'entendis clairement la colère de Rosalie, et Jasper sortit de la maison - calmement, je supposais. Il avait eu ce qu'il voulait, après tout. Mais pourquoi ?

J'avais retenu trop longtemps mes larmes. Elles ne voulaient plus s'arrêter de couler de mes yeux, désormais ; et je savais que Rosalie était derrière moi. Attendant simplement que je fasse un signe annonçant que j'avais besoin d'elle.

Je ne remarquai que je serrais fortement le torchon qu'un temps indéfini plus tard, et je le jetai plus loin sur le plan de travail, en colère.

Je repris mon souffle, contrôlai ma respiration, et reprit mon activité : frotter mon verre jusqu'à ce qu'il soit plus brillant qu'un diamant.

Une main se posa sur mon épaule, légère ; et je me raidis violemment. Même si je savais que c'était Rosalie. Même si je savais qu'elle faisait ça pour me rappeler son soutien. Même si…

Elle me prit le verre des mains et le posa à côté de l'évier, me forçant à aller jusqu'au canapé où je m'assis sans la regarder. J'avais honte. J'étais minable.

Oui, j'étais minable sans lui. Et lui, il était où ? Il n'était plus là. Il ne voulait pas de notre enfant. De mon enfant.

« Tu lui en veux ? Me demanda Rosalie.

- Non. »

Je baissai le regard.

« Je suis juste triste.

- Arrête. T'es déchirée.

- Et alors ? J'ai pas le droit de l'être ? M'énervai-je soudain.

- C'est pas la meilleure réaction ! Tu es en droit de lui en vouloir à mort ! S'emporta-t-elle à son tour.

- Oh, oui, ça m'avancerait, c'est vrai.

- Aline ! Ça na te ressemble pas vraiment de te laisser abattre ainsi ! »

Je relevai pour la première fois les yeux vers elle, et lui lançai un regard froid, la coupant.

« Ah oui ? » Fis-je d'une voix mesurée. « Qu'en sais-tu ? »

Elle garda le silence, visiblement surprise. Hésitante.

Je me levai, une main protectrice sur mon ventre.

« Tu étais au lycée, toutes ces années. Et tu ne m'as pas vue. Tu n'as rien vu, comme tous les autres. Pas que je vous en veuille, à toi ou à n'importe qui ! Mais si, ça me ressemble de me laisser abattre. Je me suis laissée enliser des années. Je l'ai laissé faire - mon beau-père. Je lui ai laissé le pouvoir, j'ai même laissé ma mère se tuer pour lui ! Je… »

Mes mots se bloquèrent dans ma gorge, et des larmes me montèrent aux yeux. Mon corps était secoué de tremblements, et j'avais la nausée.

Un haut-le-cœur me souleva soudain l'estomac et je me précipitai aux toilettes, rapidement rejointe par Rosalie qui, contrairement à son habitude, ne me tint pas les cheveux pendant que je rendais mon dernier repas.

Elle attendit que j'aie fini, calmement ; puis me tendit de quoi me débarbouiller quand je me relevai.

Je me sentais vide. Si vide.

Et pourtant, il y avait cet être en moi, qui complétait ma vie.

Les larmes aux yeux, je me dirigeai vers ma chambre.

« Je n'ai pas ta force. » murmurai-je simplement à Rosalie…


Cooper POV

Un mois de grossesse plus un jour.

En quelques heures Edward et moi avions rallié Forks ; je sortis de la voiture, et voulus me diriger vers la maison des Cullen, mais Bella m'intercepta, l'air mauvais.

« Toi et Moi. Une discussion. Tout de suite ! »

Oups.

« Tu ne préfères pas plutôt que j'aille rejoindre Al… tentai-je d'une petite voix.

- TOUT DE SUITE ! »

Elle était vraiment en colère. je grimaçai, et Edward m'adressa un pauvre sourire.

Bella m'entraîna dans la forêt, et je la suivis sans rechigner. À quoi bon ?

Quand nous fûmes assez loin pour éviter les oreilles humaines - mais pas vampiriques, hélas, et j'imaginais déjà Emmett tendant l'oreille en se frottant les mains -, elle se tourna vers moi, toujours rageuse, et je me refermai, croisant les bras sur ma poitrine.

« Cooper.

- Bella.

- Ravie de te revoir dans la région !

- J'adorerais discuter nouvelles du coin avec toi, mais là, j'ai quelqu'un à revoir. Sans vouloir te froisser. »

J'y allais au culot. Mais finalement, elle m'énervait un peu ; je ne lui avais pas demandé de se mêler de ma vie.

Ok, elle non plus ne m'avait rien demandé quand je m'étais mis en tête de la recoller avec Edward. Mais ç'avait toujours été comme ça entre nous : on assurait les arrières de l'autre et on s'arrangeait pour qu'il vive le plus heureux possible.

Je savais où était mon bonheur. Je savais aussi qu'en l'occurrence, ça allait être l'enfer, à attendre de voir si sa santé faiblissait ou non. Mais je savais que, cette fois, j'étais prêt à l'assumer.

Et Bella me retardait.

« Tu te soucies d'elle, maintenant ? Avait-elle enchaîné.

- C'est parce que je me suis toujours soucié d'elle que je me suis barré !

- Oh, oui, c'est vrai qu'en vous séparant de quelques centaines de kilomètres, tu étais plus à même de la protéger !

- Rien ne peut la protéger de la décision qu'elle a prise !

- Peut-être, mais ton soutien est souhaitable, merde !

- C'est bien dommage, parce que ce n'est pas pour lui apporter mon soutien que je suis revenu, crachai-je.

- Génial ! Fit semblant de s'extasier Bella avec de grands gestes.

- C'est parce que je l'aime. Parce que je ne veux pas qu'elle pense le contraire. Parce que je en veux pas qu'elle soit seule pour ce qui… va suivre. Parce que finalement, je suis égoïste et je ne veux pas la laisser aux mains d'autres personnes, peut-être ! Mais cet enfant, cette chose qui grandit en elle… ça n'aurait jamais dû être ! »

Suite à me tirade rageuse, Bella se calma ; elle commença à me regarder vraiment, alors que je sentais la fureur la quitter.

Et, soudain, elle redevint la Bella plus fragile et compréhensive qui avait été ma confidente pour bien des choses.

Elle était même triste pour moi, je le voyais, et ça me tuait.

Elle s'approcha de moi, me serrant contre elle.

« Ok, Cooper… »

Je posai mon front contre le sien, soufflant profondément.

Puis je me mis à trembler, incapable de me contrôler. Serrant les poings pour ne pas devenir fou. M'empêchant d'aller déraciner quelques arbres pour évacuer ma colère. Grognant pour évacuer la tension qui m'habitait - mais rien ne partait. Je devenait fou, elle me manquait, je l'aimais, j'avais besoin d'elle. J'avais besoin de la rejoindre, tout de suite. Mais je savais qu'elle n'allait pas être très réceptive, et je savais aussi que j'étais trop tendu pour ne pas risquer de lui faire du mal si elle réveillait la fureur en moi.

Putain de merde.

Soudain, un violent choc me coupa le souffle, et je reculai, me tenant le ventre à deux mains.

J'avais à peine eu le temps de sentir Bella bouger.

Je ne l'avais pas vu esquisser ce geste en arrière.

Et, alors que des étoiles dansaient devant mes yeux… Bordel, elle avait beau être moins forte que moi, avec l'effet de surprise et la vitesse qu'elle y avait mis, je dû mettre quelques secondes à retrouver une posture à peu près normale et à pouvoir la regarder avec étonnement.

Reprenant un souffle plus profond quoiqu'un peu sifflant, je récupérai assez d'air pour lui demander :

« Pourquoi ? »

Elle me contemplait avec de grands yeux calmes.

« Parce que t'étais en train de partir en live. Il fallait que tu te calmes avant de repartir voir Aline. »

Elle se retourna, commençant à s'éloigner, puis s'arrêta et me regarda une dernière fois.

« Oh, et parce que j'en avais envie. Bon courage, Cooper ! »

Elle m'adressa un signe de la main, et disparut, alors que je secouais la tête, vaguement énervé, mais également plus détendu.

Elle m'avait bien eu pour le coup. À l'occasion, faudrait que je trouve à me venger.

Mais pas tout de suite. Tout de suite, j'avais quelqu'un à retrouver…


Aline POV

Assise sur le comptoir de la cuisine des Cullen, je grignotais du boudin noir crû tartiné sur du pain quand une présence se fit sentir dans mon dos.

Mais, cette fois, étrangement, la dite présence me fit me raidir et frissonner.

La colère me gagna alors qu'un grondement me semblait sortir de mes entrailles - il allait falloir que je réfléchisse à ces manifestations étranges à l'occasion -, et je sus avec certitude mais sans comprendre comment qui avait pénétré la cuisine.

Je ne me retournai pas. Je repris une bouchée de ma tartine.

Je m'attendais à pas mal de choses, encore une fois. Ressentir de la peur, de la méfiance, de la colère. Et encore une fois je fus surprise. De la colère, il y en avait ; mais ce qui l'emporta fut l'agacement.

« Salut. Oh, et bon appétit. » fit-il.

Je me retournai, lui adressant un regard froid. Derrière lui, j'aperçus Rosalie, qui, les bras croisés, lui renvoyait la même regard que moi. Il devait savoir qu'elle était là. Ça ne semblait pas le troubler. Mais, étais-je bête ? Rien n'était de nature à le troubler.

« Je lis de la colère dans tes yeux. J'm'attendais pas à ça. » commenta-t-il en penchant la tête.

Je me retournai pour me faire couler un verre d'eau.

« Ravie de te revoir. » balançai-je d'une voix froide. « Tu t'y attendais à ça ?

- A ce que tu fasses de l'humour ? Certes pas.

- Alors tu ne crois pas que je sois ravie ? Fis-je en lui faisant à nouveau face.

- C'est une question piège ?

- Parce que je suis du genre à poser des pièges dans ce que je dis ?

- Ça, c'en est une.

- Tes réponses ne sont pas constructives.

- Ton comportement non plus.

- C'est toi qui me parles de mon comportement ? » M'énervai-je.

Il sourit.

Je me renfrognai. C'était donc ça, qu'il voulait ? M'énerver ?

Je pinçai les lèvres et le retournai vers la fenêtre.

« Je ne veux plus te voir. Fis-je froidement.

- Dommage. Je crois pas que t'aies la force de me déloger. »

Je ne pris pas la peine de répondre.

Et puis, soudain, je n'en avais plus envie de cette tartine de boudin crû… Putain d'envies de femme enceinte !