Bonjour bonjour !

Me voilà aujourd'hui avec un léger retard par rapport au jour où je poste d'ordinaire… Pas par manque d'inspiration, plutôt par manque de temps et de bonne volonté de la part de mon ordi. Qui décide de planter alors que je suis en train de taper la suite des retrouvailles difficiles de nos amoureux. Quelle plaie. Mais ne vous en faites pas, je change d'ordi cet été.

Enfin bref me revoilà quand même ! Et j'espère que vous allez aimer. On n'avance pas beaucoup dans le temps ; parce que j'ai décidé (hey, il y a des privilèges à être l'auteur ;-) ) que c'était plus intéressant de s'attarder sur le retour de Cooper auprès d'Aline. Enfin, je vais pas trop en dire, hein ! Je vous laisse découvrir !

Melo.c.42 : Merci ! Ouais, y a comme un courant d'air froid entre nos deux amoureux hein… Mais quand est-ce que, et comment, ça va se réchauffer ? Haha…


Un mois et deux jours de grossesse

Cooper POV


Bon. Il faut ce qu'il faut, comme on dit, hein !

J'avais laissé à Aline la nuit pour bien se mettre dans le crâne que j'étais de retour. Salut, la compagnie, j'arrive, je dépose mes valises et je m'installe pour quelques mois. J'avais décidé de lui laisser quelques heures de tranquillité, mais pas plus ; faut pas abuser.

Il était 8 heures. Aline était réveillée. Et moi, j'étais prêt à commencer mon opération de réhabilitation. Parce qu'après tout, il s'agissait bien là de réhabilitation…

J'attendais qu'elle apparaisse dans la cuisine. Je savais qu'elle ne pourrait pas faire autrement que d'y passer. Grossesse oblige.

Je l'entendis descendre après un passage à la salle de bains et aux toilettes ; j'étais assis sur le plan de travail, à côté de l'évier. L'attendant calmement.

Ok… Calmement, en apparence. C'était le principal.

Elle apparut dans l'encadrement de la porte, et se figea en me voyant.

Elle m'observa quelques secondes, impénétrable, puis fit demi-tour.

Ce fut Rosalie qui apparut derrière elle pour venir chercher de quoi lui faire un petit déjeuner, me fusillant du regard au passage. Et merde. J'avais zappé cette alliance. Ça n'allait pas me faciliter la tâche.

Je soupirai, et me levai pour me rendre dans la salle à manger, où s'était assise Aline.

Elle se raidit légèrement quand elle me sentit arriver derrière elle, mais ne réagit pas plus.

Je m'assis en face d'elle.

Je la regardai.

Et elle leva les yeux, croisant les miens ; me surprenant violemment.

Elle soutenait mon regard. Sans ciller.

Elle n'avait pas peur.

Je pensais qu'après mon éclat, Aline me craindrait. Que je verrais la peur dans ses yeux, qu'elle aurait des mouvements de recul, que…

Il fallait que j'y réfléchisse.

Je me levai brusquement, et sortis, sonné.

Comment cela se pouvait-il ? Le problème n'était pas qu'Aline avait peur de moi, non…

Mais maintenant que j'y repensais… devais-je vraiment être étonné ?

Je me rappelai nos débuts. Avant, quand on ne se connaissait pas… Elle ne me regardait pas. Elle ne regardait personne, pas même les Cullen.

Puis je l'avais défendue. Elle ne m'avait pas accordé plus d'attention pour autant. Ni la première fois, alors que je ne lui avais même pas adressé la parole, dans le couloir. Ni la deuxième fois, où je l'avais invitée - ok, forcée -, à se joindre à nous à table, et où les Cullen avaient commencé à lui parler.

C'était moi qui était revenu vers elle. Pour l'inviter à ce foutu bal de la Saint Valentin.

C'était elle qui m'avait dit non, sèchement. Mon premier râteau. Y repenser me fit rire.

C'était moi qui avait lourdement insisté. Elle semblait craindre mon contact. Elle semblait ne vouloir qu'une chose ; disparaître. Et pourtant… Pourtant, elle n'avait pas hésité à me tenir tête.

Je me souvins de ses cheveux tirés en arrière, mais brillant quand même sous l'éclairage au néon des couloirs ; de l'odeur attirante et émouvante de son sang, que malgré moi mon corps avait appris à reconnaître. De ses yeux noirs trop souvent baissés mais qui, quand ils se relevaient vers moi pour soutenir mon regard, m'entraînaient dans un gouffre de profondeur et de tout un tas d'émotions. Je me souvenais de la sensation de sa peau sous mes doigts, de la façon qu'elle avait de se mordre les lèvres pour contenir le plaisir qui montait en elle - entre nous - quand on faisait l'amour. J'avais presque l'impression de sentir la pulpe de ses doigts, chaude et douce, parcourir mes muscles figés, les faisant revivre et trembler d'une manière que je n'aurais jamais cru possible. Je me sentais à nouveau entrer en elle, m'investir dans sa chaleur, et je me revoyais la ramener prudemment à moi - je la voulais toujours près, le plus près possible, j'aimais sentir jusqu'au moindre frisson de sa peau contre la mienne. Je sentais encore ma peau se réchauffer contre la sienne, et ma main se referma comme pour étreindre son imaginaire présence à côté de moi.

Le rêve s'enfuit et la réalité me revint ; l'odeur du bois mouillé venant remplacer celle de la peau d'Aline, le vent frais venant chasser la sensation de sa chaleur. La lumière grise me faisait mal aux yeux, remplaçant la pénombre qui faisait toute l'intimité de nos étreintes. Le vide m'envahit et je me forçai à d'autres souvenirs pour ne pas laisser la mélancolie m'infiltrer.

Je souris en repensant à notre conversation, ce jour où je m'étais assis à sa table au self.

oOo

Flash back

Je m'étais assis face à Aline, et elle avait levé la tête.

« Je peux ? Avais-je demandé.

- Question de pure forme. » avait-elle fait d'une voix sèche et un regard noir. « Tu n'as pas attendu ma permission. »

Ma bouche avait béée, et je l'avais regardée avec des yeux ronds.

Elle était bien la première à m'avoir parlé ainsi, et franchement, venant d'elle, je ne l'aurais jamais cru.

« Tu veux que je me relève et te repose la question ? » Avais-je fait, une fois le choc passé.

Elle avait serré la mâchoire.

« Non. C'est moi qui m'en vais. »

Sonné, je l'avais rattrapée sans même y réfléchir.

Déjà, à cet instant précis, j'avais pu être certain que cette fille n'était pas comme les autres.

Fin du flash-back

oOo

Mon cœur se dilata quand je songeai au moment où elle m'avait enfin dit oui.

Je fermai les yeux.

J'aimais cette fille. Plus que tout, et ce, depuis cette première vraie discussion en tête à tête - même si je ne l'avais alors pas compris.

Je souris à nouveau en repensant à ce qu'elle m'avait répondu quand je lui avais dit ne pas être quelqu'un de bien.

« Oh. Et tu me dis ça, comme ça. Après m'avoir invitée à un bal ? »

Je laissai échapper un petit rire. Elle avait gardé son calme, ne s'en était pas inquiétée et n'avait pas non plus haussé les épaules avec un rire de dinde et un commentaire du style « comme tu es drôle ».

Je secouai la tête, avec un sourire. Ça c'était certain, Aline n'était pas une dinde.

Et déjà à cette époque où son beau-père était toujours en vie et où elle ne savait rien de moi, elle n'hésitait pas à me tenir tête.

Non, elle était timide et renfermée ; mais pas peureuse, ça, jamais. Elle était combative. Et j'aurais dû m'en souvenir. Bien entendu qu'elle n'allait pas me fixer avec un regard apeuré.

Et bien entendu que j'allais patiner pour réussir à gagner à nouveau sa confiance.

Mais putain quel con. Ok, je ne regrettais pas le fait de ne pas vouloir de cet enfant. Il était nuisible pour elle, merde ! Mais je n'aurais jamais dû réagir si violemment. J'aurais dû rester calme, lui expliquer mon point de vue. Peut-être en plus qu'à ce moment-là, j'aurais eu une chance de la convaincre d'avorter. Je ne savais pas. Mais ce qu était sûr, c'était que j'aurais pu rester à côté d'elle.

Sauf que le choc m'avait aveuglé, la peur m'avait tétanisé. Hé oui. De nous deux, j'étais celui qui était immortel. Le plus fort, le moins vulnérable. Celui qui ne risquait pas sa vie.

Mais de nous deux, c'était moi qui avait peur.

Je me redressai, agacé.

Et remarquai Rosalie, les bras croisés, m'observant d'un air fermé. Elle me fit un signe de tête, et je la suivis dans les bois. Visiblement, elle avait des choses à me dire, et il ne me serait d'aucune utilité d'espérer y échapper.

Nous nous arrêtâmes quand nous fûmes assez éloignés de la maison des Cullen.

Elle me regarda avec agacement, elle aussi.

« Bon, écoute, Cooper… C'est plutôt sympa de ta part d'avoir rejoint Aline après l'avoir lamentablement laissée tomber, mais là, tu dois bien te rendre compte que ta présence l'énerve plus qu'autre chose !

- … Et alors ? » demandai-je en haussant un sourcil.

Elle poussa un profond soupir rageur.

« Fous-lui la paix ! Tu crois que c'est bon dans son état d'être en permanence sur les nerfs ?

- Sans vouloir m'immiscer dans votre conversation, Rose, Aline avait déjà des sautes d'humeur avant son retour… fit la voix d'Emmett, qui sortit la tête de derrière un gros chêne.

- EMMETT ! Qu'est-ce que tu fous là ! C'est une conversation PRIVEE ! Retourne chasser tes grizzlys ! »

J'écarquillai les yeux face à l'éclat de la belle blonde. Oh la vache. Ça devait être quelque chose, de vivre des siècles avec elle !

En ricanant, Emmett repartit. Tant pis pour son soutien.

Rosalie se retourna vers moi.

« Bon. On en était où ? Écoute, je pense que tu dois lui laisser du temps, je suis d'accord pour essayer de la calmer à ton égard, mais, finalement… Tu devrais attendre la naissance de son enfant, tiens ! »

À condition qu'il naisse…

« Sans vouloir t'offenser, je pense connaître Aline encore un petit peu mieux que toi. » commençai-je à m'agacer à mon tour. « Alors ok, je sais que je l'énerve. Ok, je sais que ça ne va pas s'arranger en deux jours. Mais j'ai fait une erreur en la quittant, et je ne pense pas que c'est en repartant quelques mois que je vais la réparer ! »

Rosalie me lança un regard noir, les bras croisés sur sa poitrine.

« Et puis merde ! C'est vrai que si elle avait accepté d'avorter, je me sentirais mieux, je ne vais pas le nier ! Mais elle a fait son choix, et tant pis, j'assume désormais ! J'ai pas envie d'être absent au cas où ça se passerait mal ! » repris-je, éprouvant le besoin de tout lâcher.

Elle soupira, et secoua la tête, le regard toujours noir.

« Tu ne veux pas admettre que ça peut bien se passer, hein ?

- Non ! Parce que, vois-tu, je n'arrive pas à me projeter dans le futur avec Aline en bonne santé et un bébé dans ses bras ! J'ai beau m'y efforcer, je n'arrive pas à le voir.

- A croire que les mecs aussi peuvent faire un déni de grossesse.

- Ahah, très drôle. Tu permets, je la note celle-là. J'essaierai de la replacer !

- C'était pas pour te faire rire !

- A ce qu'il me semble, Alice a beau se concentrer, elle non plus n'arrive pas à voir Aline vivante !

- Elle ne la voit pas non plus morte, je tiens à te signaler ! Elle ne voit rien !

- Futur incertain, génial, j'adore !

- Faut-il donc toujours que tout soit prévu dans ta petite vie, Cooper ? »

Je fronçai les sourcils. C'était quoi ces accusations ? S'il y avait bien une chose que je ne faisais jamais, c'était des plans pour l'avenir ! J'avais toujours été du style Carpe diem. Vivre au jour le jour.

« Tu dis n'importe quoi. Repris-je.

- Oui. Parce que toi, tu fais n'importe quoi. »

Félicitations à Rosalie. Elle avait réussi à m'agacer. Je lui lançai un regard noir.

Et merde. Finalement, elle n'avait pas - tout à fait - tort. Je jouais au yoyo, pensant Amour éternel avec Aline, puis me barrant, puis revenant…

« Qu'importe. Finalement, c'est pas ton problème. Maintenant, tu m'excuses, j'ai une ex à reconquérir. » lâchai-je sèchement.

Elle fit un geste évasif du poignet.

« Fais donc. Mais, Cooper… »

Elle se rapprocha de moi, plantant son regard dans le mien.

« Tu sais, ce sera plus facile pour elle de t'accepter le jour où tu accepteras votre enfant. »

Je ne pus empêcher un grognement de sortir de ma poitrine à la mention de notre enfant, et Rosalie grogna à son tour.

Nous nous défiâmes du regard ainsi pendant un long moment ; et je finis par faire demi-tour en direction de la maison - en direction d'Aline.

Je n'avais même pas envie de penser aux derniers mots de Rosalie. Il n'y avait qu'une personne qui comptait réellement. Aline. Et pas le parasite qui grandissait en elle.

Quoiqu'on veuille bien essayer de me faire accepter.

oOo


Un mois et quelques jours de grossesse

Aline POV


« Salut Aline ! » chantonna une voix que je connaissais par cœur.

Je ne pris même pas la peine de me renfrogner. Cette fois, je pouvais en être sûre. Cooper n'était pas prêt de repartir en escapade.

« Cooper. » répondis-je en prenant un bol dans le placard.

Je réfléchis deux secondes, fis la moue, regardai dans le frigo, et finalement attrapai un paquet de céréales dans le garde manger à côté.

Rosalie fit son apparition, et me sortit une brique de lait quand je m'assis.

« Elle n'aime pas le lait. » fit Cooper avant que j'aie pu dire quoi que ce soit.

Je regardai Rosalie avec un petit hochement de tête pour confirmer, et elle rangea le lait. Elle sortit de la cuisine.

Il était celui qui me connaissait le mieux. Je ne pouvais pas le nier. Ça, même ma grossesse ne l'avait pas - encore - changé. J'avais toujours détesté le lait.

Je mangeai en silence, sans le regarder. De toutes façons, il était toujours à proximité. Sauf la nuit ; je supposais donc qu'il avait chassé pendant que je dormais, cette nuit. Ses yeux étaient plus clairs que la veille.

Étrangement, Rosalie ne restait pas forcément toujours dans les parages. Elle n'hésitait visiblement pas à me laisser parfois seule avec Cooper. Je supposais donc d'une part que mon enfant ne risquait rien avec lui, malgré la haine qu'il affichait pour lui, et d'autre part qu'il y avait quelque chose qu'elle espérait. Une réconciliation, par exemple.

Mais bien sûr.

Mon cœur battait toujours pour Cooper. Sauf que mon enfant était à mes yeux le plus important. Sans discussion possible. Et le fait que Cooper le refuse…

Ça avait cassé quelque chose en moi. Entre nous.

C'était un mal pour un bien on pouvait se dire. Au moins désormais je pouvais envisager l'avenir sans Cooper. Je n'en étais plus dépendante ; et cette dépendance commençait à me faire peur.

Du moins, c'était ce que je croyais. C'était si facile de dire ça… quand il était loin de moi. Mais là, il était à côté. Et il me regardait sans ciller.

Je finis par relever la tête pour ancrer mes yeux aux siens.

J'étais juste incapable de l'ignorer. Une part de moi était incapable de ne pas l'affronter. Même si ça me brisait. Même si ça me demandait un effort pour ne pas le lui montrer. Mais… il y avait cette rancœur en moi. Cette rancœur qui faisait que je soutenais son regard, espérant peut-être… Quoi ? Y voir de la culpabilité d'avoir rejeté notre enfant ?

Ses yeux dorés me sondaient. Puis c'est d'une voix neutre qu'il me demanda :

« T'as besoin de quelque chose ? »

Je fronçai les sourcils.

« Pardon ?

- Tu as fait la tête en ouvrant le frigo. Je suppose que tu n'y as pas trouvé l'aliment que tu voulais. »

Je suppose que mon regard s'assombrit. Il me connaissait réellement mieux que personne.

« Je demanderai à Rosalie de m'acheter un ou deux trucs.

- Tu sais, je ne vais pas te manger. » ne put-il s'empêcher de lâcher.

Je relevai les yeux vers lui, et détournai mon regard aussitôt.

Très drôle.

« Aline, je vais à l'épicerie. De quoi t'as besoin ? » Demanda soudain Rosalie, qui passa la tête par l'encadrement de la porte.

Je pouvais être certaine que Cooper jubilait intérieurement.

« De foie… » grognai-je.

Les deux vampires m'entourant haussèrent les sourcils.

« J'ai envie de foies de volaille, repris-je.

- Ah… Ok, je vais te chercher ça… » répondit Rose d'une voix hésitante.

Quoi ? En quoi était-ce dégoûtant ? D'accord, j'avais déjà mangé du foie quand j'étais plus jeune ; j'avais alors eu un problème de carence en fer, et c'était mon médecin - Carlisle, je m'en souvenais désormais - qui m'avait conseillé de manger des aliments riches en fer. Mon père, alors encore en vie, m'avait nourrie de foies de volaille et d'épinards.

Je n'avais pas aimé à l'époque, mais là, j'en avais envie.

« Du foie, hein ? » commenta Cooper avec de l'amusement dans la voix.

Je relevai le regard ; je n'aurais pas dû.

Mes yeux accrochèrent les siens ; et soudain, le nouveau monde que je tenais tant à me créer se mit à tourner et celui que je partageais avec Cooper quelques semaines auparavant revint timidement pointer le bout de son nez.

Ses yeux ambre clair me fixaient avec tout un tas de lueurs différentes, que, pour une raison ou pour une autre, j'arrivais à distinguer chez lui. Il y avait du regret, de l'amusement, de la douleur, de la détermination. Toutes ces émotions que je lisais en lui, se répercutaient en moi et je savais qu'il pouvait lui aussi les lire dans mon regard. J'éprouvais les mêmes, à ceci près que chez moi il n'y avait pas d'amusement mais sans doute… de la déception.

Mon regard glissa sur son front ; ses cheveux blonds coiffés en piques désordonnées m'attirèrent soudain, et je réprimai l'envie de glisser ma main dedans - comme j'aimais le faire toutes ces nuits où nous avions dormi ensemble… Où j'avais dormi avec lui, plutôt.

Sa peau de marbre semblait immobile ; il était immobile. C'était tout à fait lui, finalement. Une valeur sûre, sur laquelle j'aurais pensé pouvoir m'appuyer non pas toute ma vie, mais un an durant… c'était ce qui hier me faisait peur, mais aujourd'hui me manquait.

Et demain… ?

Oui, de quoi demain allait-il être fait ? Serait-il encore là, une fois mon enfant né - je n'arrivais pas à imaginer une autre possibilité - ? Je doutais, je doutais tellement depuis un mois. Je regrettais ces moments où tout était évident. Où je prenais les jours comme ils venaient, sans songer à l'échéance que Cooper m'avait accordée.

Je m'en étais voulu pour ça, mais oui, j'avais besoin de lui. Même encore aujourd'hui. Et le réaliser me fit détourner le regard en même temps qu'une pointe me lacérait le cœur.

En face de moi je sentis qu'il s'affaissait légèrement, et quand je lui jetai un discret coup d'œil, je notai qu'il avait fermé les yeux, et qu'il semblait soudain fatigué.

Qu'étions-nous en train de devenir ?

Le chagrin m'assaillit et je me levai brusquement, plaçant mon bol et ma cuillère au lave-vaisselle. Mais avant que j'aie pu quitter la cuisine les bras de Cooper m'encerclaient, et je hoquetai, divisée entre la peur qui me tenaillait les entrailles et me criait de m'échapper de son étreinte, et mon corps qui refusait au contraire de bouger, qui me suppliait de me laisser aller. Son odeur m'envahit comme un cocon et je le sentis enfouir son visage dans mon cou, ses bras raffermir sa prise autour de ma taille pour coller mon dos à son torse, et ses formes épouser les miennes.

Combien de temps dura notre étreinte ? Dix secondes ? Plus ?

J'avais perdu toute notion du temps et je me mis à trembler à son contact froid et bouillant à la fois ; je me mordis la lèvre pour que les larmes qui menaçaient de s'échapper de mes yeux ne coulent pas, et je serrai les poings pour contenir les frissons qui agitaient mes muscles.

« Je t'aime. » souffla-t-il soudain contre la peau de mon cou.

Mon cœur explosa.

Mon estomac se contracta.

Mes jambes se dérobèrent.

Ma main l'effleura.

Mon esprit se connecta de nouveau au sien.

Ma peau appela son contact.

Puis mon corps se reprit, et dans un raidissement se dégagea de ses bras froids, et je sortis de la cuisine, de la maison et de l'étourdissant monde dans lequel il m'entraînait dès qu'il posait le regard sur moi…

oOo


Cooper POV

Aline était en train de m'échapper, et tout ce que je ressentais, c'était cette si désarmante détresse, cette douleur qui me déchirait, et…

Je ne pouvais juste pas la laisser s'éloigner. Seigneur, comment avais-je pu partir deux semaines loin d'elle ?

Je m'élançai à sa poursuite ; elle était déjà dehors, à l'orée du bois. J'étais donc resté figé si longtemps ? Je sentais d'ici l'odeur de ses larmes, et si j'arrêtai de courir à vitesse vampirique, néanmoins j'avançai à grandes enjambées vers elle. Je ne voulais pas la surprendre, la mettre mal à l'aise, je voulais qu'elle me voie approcher… et elle me sentait derrière elle, je le savais.

Elle se retourna violemment vers moi, et je stoppai net. Son regard m'interdisait d'approcher. Elle était bouleversée. Moi aussi. Nous l'étions tout autant l'un que l'autre, et qu'y faire ? Je voulais juste me laisser aller à nos sentiments. Et elle voulait se laisser aller au fruit de notre amour. Alors pourquoi nos chemins semblaient-ils se séparer ?

Sa bouche s'ouvrit, et je me figeai en attendant sa réponse à l'aveu de mes sentiments.


Pom pom pom pom… J'ai plus qu'à vous souhaiter bon courage en attendant la suite… Mouarf. Hésitez pas à envoyer des messages de soutien à mon ordinateur, qu'il réussisse à tenir jusqu'à ce que je lui achète un remplaçant (enfin, seulement si vous m'en voulez pas trop de vous laisser avec une fin si sadique…)