Bonsoir tout le monde !

Ou bonjour, c'est selon l'heure à laquelle vous lisez ces lignes bien sûr.

Tout d'abord je vous envoie un énorme désolé pour la durée que vous avez patienté avant la parution de ce nouveau chapitre ; je suis impardonnable. Il faut croire que pendant les vacances (enfin si on peut parler de vacances mais bref), je trouve encore moins de temps pour écrire...

Bref, je reprends bientôt mes cours. Donc, on peut l'espérer, un rythme de posts plus régulier.

En attendant, ne perdons pas les bonnes habitudes : réponse aux reviews !

Aurlie : Et oui, l'était temps que notre grand garçon ouvre les yeux ! Mais heureusement c'est fait. Reste à savoir si les amoureux et les Cullen n'auront pas quelques autres ennuis...

joliebrunette-80 : ravie que tu aies aimé la réconciliation et tout ^^. J'espère que la suite te plaira autant !


Résumé des épisodes précédents (faut bien ça après ces longues semaines de vide) : Aline est enceinte de Cooper, qui au départ a énormément de mal à accepter l'idée. Ce parce qu'il craint pour sa vie ; toutes les femmes qui jusqu'à présent étaient tombées enceintes de vampires sont décédées.

Puis Cooper sent enfin remuer l'enfant d'Aline dans son ventre, et à ce moment saisit qu'il va être père.

Un petit nid douillet pour la future famille, une réconciliation torride... Et la vie reprend son cours chez les Cullen. Mais jusqu'à quand... ?



Cooper POV

6 mois de grossesse

Cela faisait six mois qu'Aline portait notre enfant. Six mois et elle était, à mon grand soulagement, dans une forme olympique. Voire même guerrière.

Inépuisable. Surtout en ce qui concernait le sexe. Autant dire qu'au début je ne m'en étais pas plaint – au contraire – mais là... Je commençais à être surpris, voire réticent.

C'était vraiment sans danger pour l'enfant, autant de rapports par jour ? On tournait en moyenne à cinq fois par vingt-quatre heures.

Ce qui, au passage, amusait beaucoup Emmett.

Aline débarqua dans la cuisine, gonflée à bloc – et je ne parlais pas de son ventre déjà bien rond. Elle était souvent sur les nerfs ces derniers temps, et ses sautes d'humeur étaient parfois aussi surprenantes que contagieuses.

Je me souvenais de l'une des plus récentes.

Flash-back

« Cooper. J'ai faim.

_ T'as mangé il y a une demi-heure !

_ Je sais... Mais j'ai la dalle. »

J'avais soupiré.

« Bon, ok. Tu veux quoi ?

_ Du boudin. Noir. Crû.

_ Il n'y en a plus... T'as fini le reste ce matin.

_ Et tu n'en as pas racheté ?

_ Mais Aline, on doit faire les courses demain !

_ Oui mais maintenant j'en veux ! T'aurais pu y penser ! Avait-elle commencé à bouder.

_ Désolé, Alice n'a pas eu de vision sur une envie de boudin à trois heures du mat'. » M'étais-je agacé.

Ou alors cette enfoirée s'est bien gardé de me le dire, avais-je grogné intérieurement.

« Et alors ? C'est ton devoir d'anticiper les désirs de ta femme, non ?

_ Tu n'es pas ma femme. Avais-je grogné.

_ Quoi ? Alors maintenant tu vas me reprocher qu'on ne soit pas mariés ?

_ T'ai-je reproché quoi que ce soit ? Avais-je fait en levant les yeux au ciel.

_ Dans ce cas c'est que tu ne veux pas qu'on se marie. C'est ça ?

_ Mais, Aline, j'ai jamais dit ça !

_ Ta tête parle pour toi.

_ Oui ben encore faudrait-il que tu saches la lire, ma tête ! M'étais-je énervé.

_ Tu insinues que je en suis pas attentive à toi ?

_ Je n'insinue rien, Aline, en revanche, je vais t'affirmer une chose. Tu es franchement susceptible ! » Avais-je explosé.

Elle s'était un peu reculée dans le lit et son visage avait pris cette expression que j'abhorrais tant parce qu'elle me faisait inévitablement sentir coupable.

Un vrai monstre.

La tristesse imprégnait désormais ses traits, et je me détournai, agacé de ma faire avoir à chaque fois.

« C'est ok... Je vais aller t'en chercher du boudin... »

Et voilà comment en plein milieu de la nuit je m'étais retrouvé à forcer une petite épicerie locale, évitant les différents pièges anti-voleurs, et déposant la somme correspondant aux dix paquets de boudin noir que j'avais dérobé – autant en prendre un max – au niveau des caisses...

Fin du flash-back.

La première chose qui aurait dû m'alarmer – nous alarmer, tous – était le fait qu'Aline débordait d'énergie. Tout le temps, et je ne parlais pas que pour... La bagatelle. Elle aurait dû être fatiguée non ? Un minimum ! Eh bien non. Elle était toujours en mouvement, et c'était dur de la tenir enfermée dans la villa. Elle allait régulièrement se promener dans nos bois, où je l'accompagnais à chaque fois : il ne s'agissait pas qu'un humain du coin ne la croise et la reconnaisse. Cela faisait d'ailleurs plus de six mois qu'elle n'avait pas vu un seul être humain...

La deuxième ? Ç'avait été quand Jasper, un coup, à côté d'elle sur le canapé, avait froncé le nez et l'avait considérée avec réflexion quelques secondes. Il s'était ensuite retourné vers nous.

« Vous ne trouvez pas qu'elle sent moins le sang ? » Avait-il demandé.

Nous nous étions regardés sans trop savoir que dire, puis avions conclu qu'à force de vivre avec elle et qu'elle imprègne les murs de la baraque de son odeur, nous étions moins sensibles à son sang. Une réponse facile et raisonnable.

En troisième position, nous aurions dû remarquer qu'Aline mangeait relativement peu de légumes, fruits, laitages, biscuits salés ou sucrés et autre nourriture d'omnivore, pour dévorer de la viande rouge et surtout, SURTOUT ! Du boudin et du foie. Autrement dit du sang.

Mais ce qui fut le déclic, ce qui nous fit comprendre que quelque chose avait changé, fut le jour où le facteur frappa à la porte pour nous remettre un colis des Denali.

On frappa à la porte ; nous devions bien être la seule porte du coin à ne pas avoir de sonnette. Une lubie de Rosalie, qui avait eu peur que le bruit strident ne perturbe Aline pendant sa grossesse. Ne la réveille alors qu'elle était en plein repos. Conneries ; c'était presque Aline qui nous épuisait, à gigoter tout le temps, et, surtout, c'était pas comme si on avait souvent de la visite. Oh, mais bon, on ne contrarie pas Rosalie Hale Cullen.

Bref, on avait sonné, et Aline était dans le salon, juste à côté de l'entrée. Invisible au facteur ; il n'aurait plus manqué qu'il la reconnaisse tiens.

Esmée avait été ouvrir ; et là, alors qu'elle discutait brièvement avec le brave homme, nous qui étions dans le salon, à savoir Edward, Carlisle, Jasper et moi, nous avions clairement vu Aline se redresser et son regard...

S'assombrir.

Si tant est que c'était possible. Elle avait déjà les yeux noirs à la base. Mais là, c'était comme si la pupille noire se dilatait...

Jasper, empathe de son état, avait également ressenti cette sensation qui l'avait taraudé des siècles durant.

La soif.

Même si Aline, alors, n'avait pas compris quelle était cette étrange sensation de brûlure dans sa gorge.

Esmée avait refermé la porte sur le facteur, et Jasper s'était tourné vers nous, grave.

« Carlisle. Je crois qu'Aline est... Je sais pas. Peut-être en cours de transformation. »

Le silence était tombé.

« Quoi ? » Avait fait la principale intéressée. « Mais de quoi tu parles ?

_ Pourquoi tu dis ça ? S'était enquis Carlisle.

_ La soif. Pas très forte. Aline, tu as bien ressenti cette brûlure dans ta gorge ? »

Aline, surprise, était restée muette un moment, puis avait lentement acquiescé.

« Euh... Oui. Je l'ai ressentie. J'ignore ce que c'est. C'est la première fois.

_ C'est la première fois qu'un humain s'approche. » Avait ajouté Edward.

Nous nous étions concertés, surpris ; et alors, tous ces petits trucs que nous avions occultés nous étaient venus à l'esprit, et Carlisle avait réalisé un prélèvement au niveau des glande salivaires d'Aline.

Pour déceler, en plus de la salive humaine, des traces de venin.

La nouvelle était tombée avec surprise, et quand tout le monde était revenu et de la chasse, et des courses, un grand conseil avait été organisé.

Le bébé d'Aline était en train de la transformer. Et quoi de plus logique ?

Il grandissait en elle, mi vampire mi humain – nous supposions, rien n'indiquant qu'il ait pu tout prendre du père ou de la mère – et répandait son venin dans le sang de sa mère, la transformant à petit feu.

Carlisle avait d'ailleurs évoqué, en tout début de grossesse, la possibilité que le petit émette du venin pouvant changer Aline en vampire. Mais il avait oublié l'idée, considérant que la barrière placentaire était trop épaisse pour laisser passer cette molécule particulière.

À un endroit ou à un autre, il s'était fourvoyé...

Je déambulais seul, dans la forêt.

J'avais besoin de réfléchir.

D'un côté je savais que cela avait du bon qu'Aline soit en pleine transformation ; les femmes que les Volturi avaient... inséminées, je crois qu'on pouvait vraiment utiliser ce terme, n'avaient pas eu cette 'chance' et étaient toutes mortes en quelques semaines de grossesse.

Pourquoi ? Qu'est-ce qui faisait qu'elles étaient décédées là où Aline elle, semblait prendre des forces ?

C'était une question à laquelle je ne jugeais plus forcément urgent de répondre, depuis que la santé d'Aline était en train de se renforcer visiblement.

Non, les questions que je me posais, maintenant, étaient plutôt d'ordre... Moral.

Si on voulait.

Simplement, je me demandais si Aline, une fois la joie de la grossesse et de l'accouchement passée, n'allait pas tout regretter.

La perte de son humanité, notamment.

C'était un sujet que nous n'avions pas encore réellement évoqué.

Quand j'avais connu Aline, tout ce qu'elle voulait, c'était mourir. Et pas en se transformant en cet être mort que j'étais, non. La mort pure et dure, celle après laquelle il n'y a plus rien.

J'avais pu la convaincre de tenir un an de plus. Elle n'était pas très enthousiaste alors, mais avait accepté – elle n'avait pas franchement eu le choix.

Et maintenant... Maintenant, alors qu'on n'en avait jamais parlé, elle allait être transformée. Sans qu'on ait pu choisir d'éviter ceci ou non. C'était irrémédiable.

On aurait dû l'évoquer, c'est vrai. On aurait dû tant que rien n'était programmé. Je supposais qu'on aurait dû en parler dès qu'on avait commencé à entretenir une relation amoureuse – même si au fond je me demandais pas si dès nos premiers mots on ne pouvait déjà pas parler d'amour de ma part. Mais je craignais alors qu'elle soit trop fragile, je craignais de la brusquer, la buter.

Je voulais attendre qu'elle prenne sa décision seule.

Puis elle était tombée enceinte.

Et, plusieurs fois, je savais qu'elle avait voulu aborder le sujet de sa possible transformation avec moi. Mais trop souvent je l'avais détourné ; pourquoi ?

Parce qu'alors, je croyais qu'elle allait mourir.

J'en étais persuadé.

Et ça me tuait. Et je ne voulais pas croire. Je ne voulais même pas espérer qu'Aline puisse avoir son bébé sans mourir.

J'avais bien trop peur de sa mort, et pour ne pas souffrir plus encore, je refusais d'envisager l'hypothèse qu'elle soit une jour des nôtres – éternelle.

Alors j'avais refusé d'en parler. Et désormais, j'ignorais vraiment si elle était consciente de ce que sa transformation à petit feu impliquait. J'ignorais si elle avait toutes les cartes en main pour l'apprécier.

J'ignorais si elle voulait réellement d'une éternité auprès de notre enfant... Et de moi.

Pour ma part, il était évident que je voulais cette transformation. Égoïsme, peut-être. Je n'étais absolument pas capable de faire preuve de l'altruisme d'Edward – même si j'avais encore du mal à considérer le fait qu'il ait abandonné Bella humaine comme de l'altruisme – et laisser à Aline sa chance de vivre, vieillir, et mourir.

Elle n'aurait pas été enceinte, elle aurait refusé toute transformation, elle aurait voulu mourir...

Je ne garantis pas que je n'aurais pas envisagé de la mordre contre son gré.

Oh, je l'aurais peut-être regretté. Je m'en serais peut-être voulu. Elle m'en aurait voulu, ça certainement.

Et c'était un peu lâche de ma part, mais j'étais heureux que ce bébé dont je n'avais pas voulu à la base, soit en train d'accomplir cet acte égoïste que j'aurais peut-être réalisé s'il n'avait pas existé.

J'étais heureux qu'il la transforme.

Même si je craignais, quelque part, qu'un jour Aline vienne à le regretter.

Pourrait-elle en vouloir à son enfant ?

Je secouai la tête, un peu inquiet, un peu retourné.

Quel était notre avenir à Aline, notre enfant et moi ?

Déjà, ces deux premiers étaient-ils hors de danger ? Pouvait-on être certains que la suite allait aussi bien se passer, maintenant qu'on savait qu'Aline nous rejoignait dans notre demi-mort ?

Une odeur si familière maintenant envahit mes sens, de même que j'entendais les pas légers – quoiqu'un peu moins que ceux d'un vampire – dans mon dos.

Je ne me retournai pas, sachant que la détresse devait envahir mes yeux. Je ne voulais pas alerter Aline, qui visiblement s'approchait de moi.

« Cooper ? »

Elle était là.

Je me composai un masque le plus assuré possible – vraiment très dur, malgré tous les jeux de rôle grandeur nature que l'on avait pu faire avec Bella – et fis volte-face vers elle.

Elle ne fut pas dupe, et ses yeux noirs quittèrent les miens pour se fixer sur les cieux ; la nuit commençait à tomber, doucement.

« Tu as peur ? Demanda-t-elle au bout d'un temps de silence.

_ Et toi ? » Répliquai-je d'une voix serrée.

Elle eut un petit sourire étranglé.

« J'ai toujours su ce que je voulais.

_ C'est faux.

_ Ok. Tu as raison. Je n'ai pas toujours su. Mais je le sais depuis que je suis enceinte. »

J'eus un petit sourire un peu vide.

« Tu ne savais alors pas que tu allais être transformée.

_ Tu sais très bien que je voulais que tu me mordes.

_ Oui, mais quand tu en parlais, Aline... C'était pas encore inéluctable. T'aurais toujours pu me dire 'finalement je veux réfléchir' ».

T'aurais toujours pu me dire 'Finalement non'.

Un silence plana entre nous, puis elle se retourna vers moi, et d'une main sur mon poignet me força doucement à lui faire face.

« Tu crois vraiment que j'aurais pu choisir de continuer une vie humaine ? Avec un enfant vampire ? »

Non.

Je ne le crois pas.

J'avais toujours des inquiétudes, c'était vrai.

Et malgré tout un sourire naquit sur mes lèvres.

Malgré tout je sentais qu'au fur et à mesure qu'Aline allait devenir vampire, moi, j'allais redevenir le Cooper d'autrefois.

Celui qu'elle avait connu, blagueur et sans aucune crainte.

Parce que finalement, j'allais avoir – je l'espérais du moins – ce que j'avais toujours espéré sans y croire depuis des décennies.

Une âme sœur à mes côtés.

Et même un enfant.

Mon sourire s'agrandit.

« On ne parle pas que de ton bébé, tu sais, Aline. »

Elle haussa un sourcil, attenant la suite.

« Si tu deviens vampire, c'est moi que tu vas devoir supporter pour l'éternité. »

Elle fit d'abord mine de froncer les sourcils, réprobatrice, puis l'humour illumina ses traits, et en un instant, elle devint plus belle encore – était-ce seulement possible ?

Sa moue se fit mutine, et elle me lança un regard qui m'embrasa.

« En effet. Je n'avais pas envisagé les choses sous cet angle.

_ Vous autres humains n'avez aucune jugeote. »

Elle se renfrogna et son poing entra en contact avec mon ventre ; je notai que comme avant, cela ne me faisait absolument rien, mais qu'en revanche, elle, ne criait plus de douleur en se frottant le poignet.

« Je peux te quitter.

_ Je suis un traqueur Aline. Crois-moi t'iras pas loin.

_ C'est peut-être moi qui deviendra insupportable à tes yeux. Contra-t-elle.

_ Ben moi je pourrais toujours me barrer. Je suis certain que tu es nase à la chasse. »

Elle s'offusqua, et croisa les bras sur sa poitrine, me tournant ostensiblement le dos. Je ris, et en profitai pour la saisir par la taille et coller son dos contre mon ventre, savourant sa chaleur – chaleur qui, si j'avais bien compris, n'allait plus durer longtemps.

Elle se colla à moi, frémissante, et à la sensation de cette réaction de son corps le mien s'éveilla.

Je penchai la tête et titillai délicatement, du bout des lèvres, son épaule.

Elle se lova plus contre moi encore, et sa main glissa jusqu'à ma nuque, coulant dans mes cheveux, rapprochant ma bouche de sa joue.

Elle tourna légèrement sa tête, et nos lèvres entrèrent en contact.

Rapidement notre baiser devint plus passionné.

Il avait le goût d'une promesse.

La promesse d'un avenir qui ne serait pas toujours radieux, peut-être, mais qui serait le nôtre.

Une promesse d'éternité.


Et voilà. C'est un très court chapitre, c'est vrai. Mais je tenais quand même à le poster ; cela faisait trop longtemps que j'étais absente de vos écrans radar. En espérant que vous ne m'en veuillez pas trop...

Merci à tous ceux qui me lisent encore !