Petite note : Alors voilà, ma fanfiction a eu plus d'effet qu'escompté, franchement 10 reviews pour une débutante, je n'aurais jamais cru ! Merci à toutes (et à tous, on ne sait jamais) ! Pour cela je vous offre une « suite et fin ». Je vais sûrement décevoir certaines, mais je ne m'écrirais pas de lemon, parce que Ciel et Sebastian ne sont pas un couple à l'origine, et que je suis trop peu sûre de mes capacités à en écrire.

Bonne lecture ! (J'espère…)


Un après-midi d'hiver, dans le manoir Phantomhive, dans la chambre du comte.

Sebastian s'était rendu dans la chambre de son jeune maître, soupçonnant que le froid qui l'avait tiré de son lit n'étant pas dû au hasard. Cependant il était loin de se plaindre de la tournure qu'avaient prise les évènements.

Il avait profité du fait que Ciel suive en ce moment même un cours de musique, notamment de piano, avec un professeur reconnu dans tout Londres, pour s'éclipser. En tant que gentleman et aristocrate de la noblesse, le garçon se devait de maintenir une connaissance des différents arts à un niveau respectable. Sebastian y veillait toujours au grain : jamais il n'avait manqué une seule leçon qui n'ait été prévu avec trois semaines d'avance.

Bien entendu, dans les cas où son devoir de chien de garde de la Reine l'appelait, il n'avait guère d'autre choix que de les reporter. Au grand dam du majordome, à la grande réjouissance mal camouflée du comte.

"Je dois tout d'abord vérifier les fenêtres. Soit il s'agit d'une mauvaise isolation, dans ce cas il faudra que j'appelle le vitrier pour avoir quelques explications, et une compensation, soit il s'agit d'une fissure et là il faudra certainement en toucher quelques mots à Finnian ou à Bardroy." Songea-t-il, une partie de son esprit dérivant déjà vers quelques moyens de persuasion, ou de torture.

Il se dirigea vers la fenêtre du fond immédiatement après être entré dans la pièce, l'examinant en quelques coups d'œil. "Bien, passons à la suivante. Si je ne trouve rien, j'irais chasser les courants d'air qui se faufilent dans la nuit." Il se figea un instant, ricanant intérieurement de sa phrase à la note poétique. "Je crois que William Wordsworth a accompli son travail." Un sourire étira furtivement ses lèvres, disparu aussi vite qu'un morceau de pâtisserie dans la bouche de Ciel.

Il passa à la deuxième fenêtre, la troisième elle, lui criait à l'aide : il avait trouvé la vilaine bête qui avait osée déranger son maître en pleine nuit. La magnifique fissure se dessinait comme une rose sur le verre, ce qu'on aurait pu nommer le cœur de la fleur se présentait comme un trou.

"Voilà qui est réglé, je vais m'en occuper de suite. Si Monsieur tombait malade en ces jours froids, je ne pourrais en vouloir qu'à moi-même. J'aurai dû le remarquer plus tôt : quel comportement indigne du majordome de la maison Phantomhive. " Se gronda-t-il, s'infligeant une claque spirituelle.

"D'un côté, si je laissais cela en état, cet évènement se reproduirait, n'est-ce pas ? Je m'égare."

Il ne put s'empêcher de sourire en repensant à ce qui s'était passé la nuit dernière : comment leur langues s'étaient enroulées l'une avec l'autre, avec quel bonheur il avait découvert les moindres secrets de sa bouche, à quel point le goût de sa salive l'enivrait. "Avec bonheur ? Enivrer ?" Oui, le bonheur d'être proche d'une personne de chair et de sang, d'un mortel, et non d'un semblable, un immortel, sans réel but dans son existence que de subvenir à ses besoins bestiaux tel que la faim et la luxure. Oui, une boisson enivrante, sans nom ni égal, parfumée d'innocence et de douloureuse douceur.

Il estimait avoir parcouru toutes les facettes de l'humanité, testé toutes les femmes, toutes sortes d'âmes, tous les péchés. Jusqu'à ce qu'il fasse ce pacte, avec cet enfant aux yeux bleus électriques, aux cheveux d'argent à la fois brillant, et à la fois sale. Non, s'il devait qualifier la couleur de ses cheveux, il dirait sans doute gris pierre. Telle la façade qu'il affichait en public : un masque de fer qui cachait un ange souillé par les hommes. "Et par un diable."

Après avoir remplacé la vitre par une de rechange qui se trouvait dans la cave, car Sebastian prévoyait les bêtises de ses collègues avec une certaine appréhension, ce qui le poussait à prendre plus de précautions que l'on pourrait juger non nécessaires, il sortit sa montre à gousset de la poche de sa veste et constata qu'il était bientôt trois heures vingt.

"Il est temps de préparer le goûter de Monsieur. J'espère que Bardroy n'a pas utilisé son lance-flammes sur le repas de ce soir. May Linn devait faire la poussière dans les chambres d'invités, si elle n'a pas décidé de faire cela avec un chiffon mais plutôt avec le plumeau, peut-être aurons-nous une chance de ne rien voir s'effondrer. Quant à Finnian… Si les buissons de l'allée n'ont pas disparu, je pourrais rattraper les dégâts."

Il fonça tel un éclair dans les cuisines, observant imperceptiblement quelques millisecondes la soubrette qui n'avait, par miracle, encore rien cassé le jardinier dont les coups de sécateur avaient une touche indéniablement artistique, malgré les formes enfantines qu'il dessinait sur les plantes. Arrivé à destination, il poussa la porte, s'attendant à une explosion de farine, des flammes léchant de plafond de couleur étrange ou une cuisine devenue cendre : il n'en fut rien. La pièce était impeccable, le cuisinier se concentrait sur une volaille non identifiable, ou plus identifiable.

"Je suppose que nous sommes dans un jour béni." Il songea sérieusement qu'il était resté un tantinet trop longtemps dans le monde des humains pour utiliser un mot si… grotesque. "Béni. Quelle ironie."

« Bardroy, ne te dérange pas. Je ne fais que préparer le thé de quatre heures pour Monsieur. »

« Pas de prob' Sebastian ! » Répondit le blond avec le salut militaire, une cigarette non entamée au coin de la bouche, et retourna découper la chair de l'oiseau.

Sebastian s'attela à la tâche de sa nouvelle œuvre culinaire : il enleva ses gants, sa veste à queue de pie, retroussa ses manches et chercha l'ingrédient principal de son dessert. Car Ciel, comme la majorité des enfants, adorait le sucré. Il mangeait les repas sans souci majeur, mais se jetait littéralement sur la récompense sucrée qui signait la fin de son calvaire à table. Non pas qu'il n'appréciait pas d'être assis à déguster un plat de son fidèle serviteur, il n'appréciait pas de devoir finir quelque chose de 'bon pour sa santé', au goût infect pour ses papilles.

Le démon de majordome ne démentait pas sur ce genre de chose : « Monsieur vous avez besoin de manger des choses saines, ce qui implique toutes les sortes de légumes. Ne pensez même pas à essayer de les jeter derrière mon dos, vous savez que vous ne pouvez pas gagner à ce jeu. » Avec un sourire narquois. Et Ciel de grogner d'insatisfaction, accompagnant sa phrase fétiche d'une moue appuyée : « Je gagne toujours aux jeux. »

Dans le bureau du comte.

Sebastian toqua à la porte : il était l'heure du goûter. "Déjà quatre heures et quart. J'ai eu le temps de repasser après May Linn quoique."

« Monsieur ? »

« Entre. » Se fit entendre la voix autoritaire du jeune noble.

Poussant le plateau à une main, la porte de l'autre, il fit son entrée : Ciel faisait face à la fenêtre, les bras sur posés sur les accoudoirs, les jambes croisés, le regard perdu dans le grisâtre infini qui tapissait l'étendue bleue qui portait son nom. Aujourd'hui il portait un costume dans les tons clairs qui se mêlaient avec élégance sur sa fine silhouette : bleu marin, argent, blanc. Ces couleurs s'accordaient parfaitement avec la pâleur de son visage, ses yeux, ses cheveux.

À hauteur du bureau, le diable y installa une petite assiette recouverte d'une cloche en argent et versa avec adresse le thé dans une tasse dans le même thème que son propriétaire, la distance entre les deux étant au minimum d'un mètre. Il y ajouta une pointe de sucre et un soupçon de lait.

Le comte daigna enfin tourner sa chaise pour faire face à son serviteur. Il le regarda furtivement avant de reporter son attention sur la surprise du jour. Sebastian bouillonnait d'entrain : il avait vu le léger rougissement de son maître. Il se garda de lui répéter à voix haute, sachant qu'il risquerait d'être chassé de la pièce, et il voulait le voir savourer chaque bouchée de ce qu'il lui avait préparé avec… amour.

« Qu'est-ce que tu attends pour me montrer ? » Le pressa le garçon.

« Pardonnez-moi Monsieur, mais il y a quelques secondes encore, vous étiez tourné vers la fenêtre. »

« Ce n'est plus le cas, allez, dépêche-toi : soulève ce couvercle ! » Ciel semblait impassible vu de l'extérieur mais il se tortillait tout de même légèrement sur son siège, avec l'envie évidente de découvrir et de goûter ce qui était caché en dessous.

Sans plus de commentaire, Sebastian souleva la cloche, curieux de voir la réaction du gourmand gourmet.

« Il s'agit d'un gâteau de meringue, décoré de pêches au sirop, et accompagné d'une crème chantilly au thé Ceylan. La boisson choisie en conséquence pour ses saveurs fruitées, est le thé Long Jing, qui signifie littéralement en chinois « puits du dragon », il provient de la province du Zhejiang. Vous plaît-il monsieur ?»

Il n'eut pas besoin d'une réponse orale : les yeux de Ciel s'agrandirent à la vue de la pâtisserie blanche, surmontée d'une rosace orange et d'un nuage parsemé de minuscules tâches noires. L'éclat de son œil trahissait ses sentiments : il l'admirait, il ne pouvait pas attendre !

Il attrapa vivement la cuillère que venait de lui tendre son majordome et préleva une quantité de chantilly volumineuse ainsi qu'un morceau de pêche : il l'enfourna toute entière dans sa bouche. Une saveur exquise de sucre, de crème et de thé s'y propagea, provoquant un « hmm » sonore de plaisir. L'autre ne réprima pas un sourire gentiment moqueur : "Comment un dessert peut le rendre si joyeux ?"

L'adolescent s'attaqua à la meringue, sans perdre la cadence mais il lâcha un « ouah » aspiré surpris. Quand il avala finalement, il tourna la tête vers l'homme, l'air bizarre :

« Tu as mis de la glace dans la meringue ? Tu sais pourtant qu'il fait froid dehors n'est-ce pas ! Pourquoi tu- » Ronchonna-t-il avant de s'interrompre, comprenant par le sourire maintenant malicieux de celui-ci qu'il l'avait fait exprès. Et il ne savait pas pourquoi, cela le dérangeait fortement.

Soudain, Sebastian se pencha sur lui, rapprochant leurs visages dangereusement, avant de lécher les contours de sa bouche, extrêmement lentement. Il frôla les lèvres roses du bout de la langue, se délectant du sucre qui y était resté. "Faisons durer ce moment. Et voyons s'il craquera. Je sens déjà qu'il commence à ouvrir la bouche."

« Vous aviez de la crème monsieur. » Son ton amusé cachait une tendresse qu'il ne lui connaissait pas.

En réalité si, il l'avait expérimenté hier soir. C'était difficile à admettre et pourtant, c'était bien arrivé : il l'avait embrassé, et pas qu'un peu.

« Il y a, d'autres manières, de faire… » Déglutit-il, sans oser lever la tête vers lui.

Il se força à vite reprendre contenance : il était le comte de Phantomhive, propriétaire de la plus grande entreprise de jouets et de bonbons d'Angleterre ! Il n'allait pas se laisser perturber par un majordome !

« Je ne t'ai pas autorisé à te moquer de moi que je sache ! Efface donc ce sourire et cesse de m'importuner avec tes plaisanteries ! Si tu veux nettoyer mon visage, utilise une serviette ! »

Le sourire s'effaça, mais pas la satisfaction du diable d'avoir troublé à ce point son seigneur.

« Comment je mange ça maintenant ? C'est trop froid… » Murmura Ciel, la cuillère en bouche, les yeux rivés sur le gâteau. Inconsciemment il se tourna vers lui, se détourna, les joues rougies, aussitôt qu'il s'en aperçut mais le message était parfaitement passé.

« Permettez-moi monsieur. Une nouvelle fois. » Sebastian lui prit la cuillère, prit un morceau de meringue glacée, le mit en bouche, et se pencha à nouveau sur son maître.

Le premier contact ne fut pas doux : ils étaient impatients, ils avaient faim l'un de l'autre, ils se voulaient. Le comte ouvrit la bouche avant même que son majordome ne le touche. Leurs langues se palpaient encore et encore, sans s'arrêter. C'est le plus vieux qui brisa ce moment d'extase : le garçon était à bout de souffle. "Et il aurait continué. Bon, j'aurais souhaité poursuivre mais ce serait stupide de mourir d'étouffement par un baiser."

Ils recommencèrent trois fois, se collaient un peu plus, allaient plus profondément explorer l'autre : Ciel finit même par tirer Sebastian à lui en s'accrochant à son cou de ses deux bras, Sebastian l'attirait vers lui en le prenant par la taille d'une main, l'autre tenant toujours la cuillère.

À la grande surprise de l'adolescent, il n'y avait plus de glace dans la meringue. Il ne le lâchait pas pourtant, lui faisant face avec un air interrogateur.

« Je me suis dit que si c'était froid, il y aurait plus de chance que… » L'homme ne finit pas sa phrase, et attendit une réaction.

Ciel rougit comme une tomate, et laissa tomber ses bras, une bouffée de chaleur l'envahissant de la tête aux pieds. "Il est adorable. Oui, c'est un mot qui convient tout à fait. Je n'avais jamais envisagé un jour d'utiliser ce mot pour qualifier un être humain. Enfin, une personne, lui."

« Il fallait tout de même que vous mangiez le reste de votre collation par vous-même monsieur. »

Soudain, la porte s'ouvrit à la volée, découvrant les quatre domestiques du manoir, dont trois en proie à une crise de panique, "habituelle me direz-vous". Ils ne leur laissèrent pas le temps de soupirer qu'ils courraient déjà vers leur maître qui faisait les yeux ronds :

« Monsieur les oiseaux ils… »

« Sebastian-san la bibliothèque… »

« Monsieur, Sebastian, la farine… »

« Ho, ho, ho. »

« Calmez-VOUS ! » La voix presque agressive de Sebastian les fit taire tous. « Ho, ho, ho. » Enfin presque tous.

« Bien, retournez tous à vos postes, je viendrai dans cinq minutes pour vérifier ce qui ne va pas. À présent sortez d'ici, vous n'avez pas eu la permission de faire irruption ainsi dans le bureau du jeune maître. Vous avez fait preuve d'une grande impolitesse. La prochaine fois, toquez à la porte et attendez que l'on vous autorise à entrer. Tâchez de respecter cette règle à l'avenir, est-ce clair ? » L'aura noire menaçante qui se dégageait du diable de majordome suffisait à les terroriser, bien qu'il ait parlé d'une voix posée mais sévère.

Ils se confondirent en excuses avant de sortir comme ils étaient entrés, Tanaka refermant la porte. « Ho, ho, ho. »

Sebastian laissa échapper un soupir d'ennui et de mécontentement: "Ils choisissent toujours leur bon moment pour faire leur apparition. Heureusement que je m'étais redressé après avoir entendu leur vacarme."
Ciel partit également d'un long soupir de déception, puis s'affala sur sa chaise, attrapant par l'anse son thé chinois. Il en but une gorgée et le trouva délicieusement fruité.

« Peut-être serait-il meilleur en le buvant d'une autre manière, monsieur. » Ce n'était pas une question, mais une affirmation. Si le comte n'avait pas été aussi rouge, il aurait certainement encore plus rougi.

« Je croyais que tu avais des choses à faire. » Le reprit-il sèchement, avec une expression gênée qui l'empêchait presque d'être pris au sérieux.

« Sur ce, veuillez m'excuser. » Le majordome s'inclina et commença à se diriger vers la porte tout en poussant le chariot.

« Hum, Sebastian ! » Il sourit d'un air suffisant, se retournant en un quart de seconde. "Vers mon précieux Ciel."

« Oui monsieur ? »

« Hum, non, non rien. Ce n'est rien. Vaques donc à tes occupations ! » Il l'amusait tellement, à tenter de cacher son embarras derrière ses ordres et son air autoritaire.

Le démon s'autorisa une dernière chose : il délaissa le chariot, marcha d'un pas vif vers celui qu'il aimait sûrement plus qu'il ne pouvait le penser sur le coup, le plaqua contre le moelleux de son siège et l'embrassa plus passionnément que jamais.

Il lui transmettait tout : sa joie, son amusement, son admiration, son exaspération, son désir, son amour envers lui. L'autre ressentait le même besoin de lui faire comprendre ses sentiments, bien qu'ils soient confus.

Ils se quittèrent à contre cœur, haletants. Sebastian ouvrit la porte, et en franchissant son seuil, il ajouta :

« Nous pourrons recommencer ce soir, si vous le désirez, my Lord. »


Waouh que c'est long ! Je pensais que je ferais à peu près la même quantité que pour le premier mais j'ai "dépassé" le compte de loin ! Qu'il ne vous en déplaise très chères.

J'ai recherché la recette de gâteau sur le site de Larousse ! Alors si l'envie vous prend ^^

J'espère que je n'ai pas cassé avec le premier chapitre, ça n'a plus grand-chose à voir avec le "froid" mais si leurs caractères restent les mêmes, alors j'ai réussi ! Sinon, ben… voilà ! Merci encore pour vos reviews, elles m'ont vraiment fait plaisir ! Ne vous retenez pas de m'en laisser plus XD