Une idée soudaine qui m'a prise, et j'ai sauté dessus, couchant sur le papier cette petite histoire. J'espère que ça vous plaira, ce n'est rien de bien sérieux, juste un petit délire que je vous fait partager.

Disclaimer : Tous les personnages sont de Jo Rowling, tandis que l'idée de l'intrigue est classique (qu'on voit dans plein de films...), mais que je n'ai néanmoins trouvée dans aucune fic (mais je suis loin d'avoir tout parcouru, donc toute ressemblance est fortuite). Donc je l'ai appliqué à James et Lily pour mon plus grand plaisir, et le votre aussi j'espère. =)

Disclaimer bis : L'illustration appartient à charmontez que vous trouverez sur DeviantArt (charmontez . deviantart . com), et qui m'a donné son autorisation pour utiliser son fanart. Merci beaucoup à elle.

Bonne lecture !


Quand James se réveilla, ce furent d'abord ses cheveux qui l'intriguèrent. Ils étaient partout sur son visage et dans son cou, le chatouillant d'une manière extrêmement désagréable. Dans son demi-sommeil il leva la main en direction de sa tête pour se décoiffer un peu plus et ainsi dégager son visage, mais rencontra de longues mèches qui lui descendaient jusque dans le cou. Effaré, et pas certain d'être très bien réveillé, il entrouvrit les yeux et distingua cette fois des reflets roux.

Pour un peu il aurait cru que sa Lily était là, avec lui. Il écarquilla les yeux, sortant un peu plus du sommeil.

C'est en se redressant brusquement sur un coude, qu'il ressentit une brusque douleur au crâne, avec l'impression de se faire scalper, ce qui acheva de le réveiller. En baissant les yeux il remarqua de longues mèches rousses coincées sous son bras. Ses cheveux, remarqua-t-il après un certain temps d'incrédulité. Depuis quand avait-il les cheveux roux ? Et long ? Les même que ceux de Lily, d'où sa confusion, quelques secondes plus tôt. C'est Sirius qui allait bien rire en le voyant. À moins que... oui ça ne pouvait être que lui. Il n'y avait que Sirius pour faire une chose pareille : lui lancer un sort et attendre son réveil pour voir sa réaction.

Plus il y réfléchissait, plus il en était convaincu. Il dégagea ce qui lui servait maintenant de cheveux, et s'assit, avec la ferme intention d'aller donner de ses nouvelles à son prétendu ami.


Ce fut un ronflement qui réveilla Lily. Un ronflement bien trop grave pour appartenir à l'une de ses camarades de dortoir, d'autant plus qu'aucune d'entre elles ne ronflait. Son premier réflexe fut donc de se demander laquelle avait rapporté un garçon dans le dortoir, mais elle se souvint aussitôt que ceux-ci ne pouvaient pas les rejoindre jusqu'ici. Lily avait beau se creuser la tête, elle ne trouvait pas d'explication quand à ce ronflement qui commençait d'ailleurs à l'énerver sérieusement.

La seule solution était qu'elle se lève pour calmer sa curiosité, mais elle était si bien dans ce lit que tout ce qu'elle aurait aimé c'était y rester, si seulement cet horrible bruit avait pu s'arrêter. Finalement ce fut la curiosité qui l'emporta, et elle ouvrit les yeux.

Contours flous. C'était tout ce qu'elle distinguait de ce qui l'entourait. Elle reconnu les rideaux de son lit à leur couleur flamboyante rouge et or, et fut un peu rassurée. mais à part cela, elle ne voyait pas plus loin que le bout de son nez.

Elle se redressa, et aussitôt une sentation de malaise l'envahit. Quelque chose n'allait pas, sans qu'elle puisse dire ce dont il s'agissait exactement. Au delà de cette soudaine cécité, une chose en elle avait changé. Après quelques secondes de réflexion infructueuses, la réponse la frappa de plein fouet : ses cheveux. Où étaient-ils passés ? Pourquoi ne retombaient-ils pas sur sa nuque et entre ses omoplates comme ils l'avaient toujours fait, au point qu'elle n'y prêtait même plus attention ?

Paniquée, elle tourna la tête dans tous les sens, bien qu'elle ne distingua que vaguement les formes de ce qui l'entourait. Il fallait qu'elle se lève, qu'elle en ait le cœur net. D'abord ces ronflements, puis tout ce flou et enfin ses cheveux. Elle passa ses mains sur son crâne pour y rencontrer des cheveux courts, ébouriffés, dans tous les sens. Horrifiée à l'idée d'avoir perdu ses cheveux, elle se figea, incapable de réfléchir clairement à ce qui lui arrivait. Des dizaines de pensées arrivaient à son cerveau, trop vite pour qu'elle arrive à faire le tri. Entre les suppositions farfelues, les scénarios catastrophes, les conséquences qu'elle imaginait, elle était perdue. Elle ne pouvait pas sortir du dortoir ainsi : à moitié aveugle et sans ses cheveux...

Elle réfléchit à tous les sorts qu'elle connaissait et qui auraient pu la sortir de cette situation, mais quand elle voulut prendre sa baguette, sa main ne rencontra qu'une paire de lunette. Lily la saisit à tâtons et l'enfila. Elle était trop perdue pour se soucier de savoir ce que faisait ces lunettes ici alors qu'elle n'y étaient pas la veille. Aussitôt sa vision s'éclaircit et elle put contempler ce qui se trouvait autour d'elle. Comme elle l'avait deviné, elle était bien dans son lit, les rideau tirés, et cela la rassura un peu. Un peu.


Ce faisant, James remarqua alors ses mains : elles lui paraissaient soudain toutes fines, des mains de filles. Sirius ne l'aurait quand même pas transformé entièrement ? Pris d'un mauvais pressentiment, il baissa les yeux en direction de sa poitrine pour apercevoir avec stupeur deux bosses sous son pyjama. Mais ce n'était pas le pire, loin de là. Non, le pire, c'est qu'il portait un pyjama sur lequel il y avait des cerises.

Des cerises ! Il voulut pousser un grognement, mais ce n'est qu'un gémissement horriblement féminin qui sortit de sa gorge. Si l'horreur qu'il avait ressenti à ce son ne l'en avait pas empêché, il aurait hurlé. Mais il était incapable de parler ou même de bouger : chacun de ses gestes lui faisait prendre un peu plus conscience de sa carrure frêle et légère. Dans un geste machinal et nerveux, il passa la main dans ses cheveux.

…Et s'y emmêla les doigts. Énervé, et incapable de rester seul une seconde de plus, il ouvrit les rideaux. Ils pouvaient bien rire tant qu'il voudraient, tant qu'ils lui rendraient ses cheveux, ses mains, et tout le reste.

Mais si aucun rire ne se fit entendre lorsqu'il écarta les rideaux, il fut loin d'être soulagé. Tout simplement parce que les personnes qui occupaient les autres lits étaient des filles. Dans son hébétude, il remarqua malgré tout que trois d'entre elles dormaient encore et que le quatrième… La quatrième était justement en train de venir vers lui.

— Lily ! Tu es réveillée ça tombe bien, je viens de finir, je te laisse la salle de bain.

James la regarda comme si elle était possédée. Lily ? Lui ? Sa Lily ? En même temps il ne connaissait personne d'autre à Poudlard qui s'appelle Lily. Et puis la fille qui venait de lui parler, si ses souvenirs étaient bons, s'appelait Alice, dans son année et dans sa maison.

— Heu... tout va bien ?

Alice avait l'air vraiment inquiète. Sans réfléchir une seconde de plus, James se leva et marcha comme un automate jusqu'à la salle de bain où il s'enferma, avant de se laisser glisser sur le sol.


Quand, à son tour, Lily écarta ses rideaux, avant même qu'elle ait eu le temps de cligner des yeux, elle reçut quelque chose de mou dans la figure.

Un oreiller. Celle qui l'avait lancé allait connaître ses talents de préfète. Mais quand sa vue fût dégagée, les mots qu'elle s'apprêtait à sortir se bloquèrent dans sa gorge. Parce que devant elle se trouvaient Sirius Black, torse nu.

— Et ben Jamesie, qu'est-ce que t'as à me mater comme ça ? Mon charme à enfin opéré sur toi ?

En une fraction de seconde, tout devint clair dans l'esprit de Lily, et telles des pointes acérées, ses pensées se concentrèrent sur James Potter. Elle allait le lui faire payer, qu'il y soit ou non pour quelque chose dans cette affaire. C'était désormais son seul but : trouver Potter et lui demander des explications. Elle sentait la colère gonfler en elle, menaçante, prête à exploser. Et si un peu plus tôt son cerveau avait semblait la lâcher, il tournait maintenant à toute allure et ses idées étaient plus claires que jamais.

Elle devait commencer par jouer la comédie.


Que lui arrivait-il ? James était en proie au désespoir. Dans cet état, jamais il ne pourrait aller trouver ses amis pour leur demander de l'aide. Et surtout Lily : qu'était-elle devenue ? S'il avait pris son apparence, avait-elle pris la sienne ? Il ne put s'empêcher de grimacer.

Finalement, il se leva, ignorant la grâce inhabituelle de ses mouvements. Prudemment il s'approcha du miroir. Même s'il savait que ça ne rendrait les choses que plus concrète, il fallait qu'il voit, qu'il soit sûr.

Face à lui, ce fut Lily Evans qui apparut. Plusieurs minutes, il resta immobile, contemplant avec un mélange d'émerveillement et de dégoût le reflet qui s'offrait à ses yeux. Puis, peu à peu, il prit conscience de ce que cela signifiait vraiment : devoir se faire passer pour Lily Evans, vivre avec le corps de Lily Evans, vivre comme Lily Evans. Parce que même s'il n'avait aucune idée de ce qui s'était passé — Sirius était définitivement hors de cause — et s'il n'avait aucune idée non plus de comment tout arranger — sans pour autant douter de pouvoir tout arranger — James devait maintenant s'occuper du présent et de ce qu'il allait faire. Si Alice avait déjà eu des soupçons quelques minutes auparavant, il ne pouvait pas laisser les choses continuer ainsi. Il ne devait et ne pouvait pas gâcher la vie de celle qu'il aimait. Même à ses propres oreilles, ces pensées lui parurent niaises. Pourvu qu'il ne se mette pas non plus à penser comme une fille !

Quoi qu'il en soit il était résolu à se comporter comme Lily, parce que s'il y avait un jour une chance qu'elle découvre que c'était lui qui avait pris possession de son corps, elle lui en voudrait à vie; ou plutôt à mort.

C'est donc avec un visage composé qu'il retourna dans le dortoir.

— Excuse-moi Alice, ça va mieux, dit-il avec la voix de Lily qu'il appréciait tant d'habitude.

D'habitude. Alice acquiesça d'un signe de tête avant de commencer à enlever son pyjama. James commença à se tortiller mal à l'aise. Il n'avait pas pensé à ce petit détail. Certes il avait déjà vu des filles nues mais là il se sentait un peu voyeur, et là il se sentait un peu mal. Il attrapa des vêtements au hasard dans la valise de Lily et retourna dans la salle de bain, l'air de rien.


— Oh oui, Sirius, épouse-moi ! s'écria-t-elle sans se laisser décontenancer par la voix grave qui sortait de sa gorge.

James avait fait cette demande assez souvent à Lily pour qu'elle puisse l'imiter de manière convaincante. Et puis être lui, ça aidait aussi. Sirius parut convaincu car il se détourna pour aller embêter Peter Pettigrow qui dormait encore. Lily se leva, avec l'étrange impression de ne plus savoir quoi faire de son corps, tellement sa carrure était différente de la sienne. Elle tenta de ne rien laisser paraître et après avoir pris l'uniforme de James, elle se réfugia dans la salle de bain. Elle évita délibérément le miroir, pas la peine de donner une occasion à la panique de revenir. Parce que sous sa colère se cachait toujours l'angoisse, la peur de ne jamais retrouver son corps, mais elle se concentrait trop sur son but pour y penser.

Elle mourait d'envie de prendre une douche, mais quelque chose la retenait. L'appréhension, peut-être. Finalement elle se secoua et c'est le regard fixé sur le mur de la douche qu'elle se lava, sans baisser les yeux une seule fois. Puis elle s'essuya succinctement, contrôlant avec peine sa répugnance à se trouver dans ce corps. Quelques minutes plus tard, après la douche la plus courte qu'elle ait jamais prise, elle libéra la salle de bain.

Maintenant elle pouvait partir à la recherche de Potter.


Sous la douche une partie de James s'émerveilla face aux formes de son corps, tandis que l'autre grimaçait de dégoût. Il se lava fébrilement, mal à l'aise et osant à peine toucher au corps qui était celui de Lily. Ça ne lui plaisait pas. Enfin, le corps le Lily était plus beau que tout ce qu'il aurait pu imaginer, mais ce n'était pas de cette façon qu'il aurait voulu le découvrir. Non, pas comme ça. Il commença à partir dans des pensées plus ou moins osées avant de se rendre compte que son corps réagissait bizarrement, sans qu'il puisse exactement décrire ce qu'il ressentait.

C'était décidément trop bizarre et il appréciait plus que jamais de ne pas être une fille. Ou du moins de ne pas avoir été une fille. Maintenant, il ne savait plus où il en était. Il se sécha et revêtit l'uniforme. Il était incapable d'arranger le chemisier comme il fallait, sans parler du soutien-gorge qu'il avait mis de longue secondes à attacher. Puis vint la jupe. Dans quel sens devait-il la mettre ? Comment distinguer le devant de l'arrière ? Ce n'était pourtant pas faute de l'avoir observée cette jupe, sur Lily. Quand il eut trouvé le sens qui lui paraissait le plus approprié, il tenta de se coiffer. Lily allait être furieuse. Finalement il abandonna la tache — chaque coup de brosse était une torture.

Il avait l'impression qu'en changeant de corps, tout l'assurance et la malice qui d'habitude le caractérisaient l'avaient quitté. Il sentit une vague de découragement s'abattre sur lui. Que faire ? Aller voir ses amis et tout leur raconter ou chercher une solution seul ? Et Lily dans tout ça, où était-elle passée ? C'est abattu qu'il rejoignit les autres filles pour aller petit-déjeuner.


Cependant, tandis que Lily attendait les maraudeurs, un brusque doute la saisit. Comment trouver Potter ? Elle avait tellement l'habitude de le voir accompagné des autres maraudeurs, ou encore qu'il vienne l'accoster, qu'elle n'avait pas pensé à la façon dont elle pourrait le trouver. Et pourrait-elle seulement le reconnaître ? Si lui aussi avait changé de corps comme savoir qu'il était parmi la masse des autres élèves ? C'est en se demandant ce qu'était devenu son propre corps, celui de Lily Evans, qu'elle fit le lien et trouva la réponse. Oui, c'était cela : Potter devait être dans son corps. À cette pensée, son horreur fût telle qu'elle failli laisser tomber l'expression Maraudienne qu'elle avait adopté, et en oublier toute sa volonté pour se précipiter dans son dortoir afin d'étriper Potter sans attendre une seconde de plus. L'arrivé des trois autres l'en empêcha et elle garda contenance, même si l'horreur continuait de déferler dans sa tête, croissant à chaque nouvelle pensée de ce qu'il pouvait faire de son corps. Elle devait l'arrêter, et le plus tôt serait le mieux.