Shinigami's pop
Disclamers : Tous les personnages appartenant au monde de Gungam W ne m'appartiennent pas, pour ce qui est de l'histoire et des autres persos, si.
PS : Ceci est un Slash Yaoi/Yuri/Hétéro/Inceste.
Note de l'auteur : Merci vraiment aux lecteurs qui continuent de suivre cette aventure qui met du temps à se terminer. Elle verra cependant la fin car, concrètement, il ne reste pas énormément de chapitres. Ils sont justes assez longs à écrire.
J'espère cependant que vous passerez un bon moment à lire ce chapitre fort en émotions.
Chapitre 28 : Prise de conscience
- Tu le savais ! Tu le savais et tu ne m'as rien dit !
Heero faisait les cent pas dans la chambre d'hôtel. Il n'en revenait toujours pas. Le taxi l'avait déposé devant l'hôtel, il était monté directement dans sa chambre sans un mot et s'était jeté sur son lit. Il avait tapé et tapé encore dans le matelas. Il n'arrivait pas à y croire. La scène passait et repassait dans sa tête. Il essayait de se persuader que ce qu'il avait pris pour la réalité ne l'était pas. Qu'il s'était simplement fait un film.
Le regard qu'il avait croisé, la façon de réagir du chanteur, oui tout ça n'avait été que le fruit de son imagination. Et le pire dans tout ça, c'est qu'en regardant sa mère devant le taxi, il avait compris qu'elle était au courant. Depuis quand sa mère savait-elle que son petit ami était une popstar de renommée internationale ? Il avait allumé son ordinateur et fait de nouvelles recherches, malheureusement il ne put les faire bien longtemps. Dans un accès de rage, l'outil informatique avait traversé la pièce.
Sa mère était arrivée quelques heures plus tard, avait frappé et était entrée, se plaçant contre la porte, attendant que son fils souhaite lui parler. À la place, il l'avait fixée de son regard froid, regard qu'elle n'avait plus vu dans ses yeux depuis la mort de son mari. Il lui en voulait. Le silence entre eux avait duré un moment avant qu'Heero ne craque. Et depuis, il ne cessait de lui hurler dessus.
- Oui je le savais. Heero, je l'ai appris pendant qu'il était chez nous. J'ai reconnu Jack, son manageur.
- Tu le savais ! Tu le savais ! Et tu as continué de faire comme s'il n'était qu'un simple lycéen. Un américain comme les autres. Vous deviez bien vous foutre de ma gueule quand je disais que je n'aimais pas la musique de ce groupe. Combien de fois vous vous êtes fichus de moi !
- Heero ! Calme-toi !
- Non ! Quand il devait retourner aux Etats-Unis c'était juste pour des histoires de contrat et de sous. Il mentait à chaque fois. Hilde et Solo n'ont jamais été malades. J'aurais dû me douter qu'il ne retournait pas là-bas que pour ça. Un étudiant normal n'aurait pas les moyens de se payer autant d'allers-retours et de survivre aussi facilement aux décalages horaires.
Heero fit encore quelques pas avant de se laisser tomber sur le lit. Les larmes coulaient le long de ses joues, des larmes de rage de ne pas avoir compris avant. Elle était belle son intelligence et sa facilité à analyser les choses.
- Heero, je suis vraiment désolée.
Kaoru s'approcha doucement du lit, n'osant faire le moindre faux mouvement, histoire de braquer encore plus son fils. Elle savait qu'il aurait mal. Ce serait difficile. Mais ils s'aimaient tous les deux. Ils ne pouvaient pas continuer à se mentir autant. De son côté, elle savait que Duo devait être déprimé. Que c'était dur d'être une mère. Elle s'installa sur le lit et posa sa main sur le front de son fils. Heero tourna la tête mais ne se détacha pas du contact.
- Tu sais Heero, ce n'est pas par envie de te faire du mal qu'on t'a caché la vérité. Ecoute-moi s'il te plaît. Duo est arrivé chez nous par hasard, il aurait pu tomber dans n'importe quelle famille. Mais il est arrivé chez nous. Nous avons appris à le connaître en tant que personne et c'est ce qu'il désirait le plus. Je pense que c'est le fait que tu ne l'apprécies pas en tant que chanteur qui lui a le plus plu. Même si ça lui faisait du mal. Imagine, il passe ses journées à devoir éviter les journalistes, cacher sa véritable identité. Tu crois que c'est une vie facile pour un adolescent ?
Le silence lui répondit mais elle savait qu'elle avait toute l'attention de son fils.
- J'ai appris sa double vie par hasard. Nous avons discuté. Il ne voulait pas que tu sois au courant. Pas tout de suite, pas maintenant. Par peur sûrement de ta réaction. Par peur de la sienne aussi. Il essayait d'être quelqu'un d'autre en étant ici, d'être lui-même. De se retrouver. Et il a trouvé bien plus. Il t'a trouvé toi, Heero.
Elle sortit son petit appareil photo de sa poche et chercha quelques secondes dessus avant de le poser sur la table de chevet. Elle le mit en marche.
- Ecoute simplement.
Elle quitta la chambre alors que résonnaient les paroles de la dernière chanson du concert, celle que Duo avait chantée pour la personne qu'il aimait, pour Heero.
oOo
Wufei et Lei attendaient dans le hall de l'hôtel. Ni l'un ni l'autre ne savait ce qui s'était passé. Ils avaient juste vu leur ami partir comme une flèche puis plus personne. Kaoru était revenue en leur disant qu'il se sentait pas bien et qu'il était rentré. Mais les deux savaient pertinemment qu'autre chose s'était passé. Heero n'était pas le genre de personne à disparaître comme ça.
Leur hôtesse avait proposé d'aller faire un tour, de commencer la visite de Londres comme prévu. Ils avaient accepté, cependant au bout d'une heure, personne n'arrivait à vraiment se concentrer sur ce qu'elle racontait. D'un commun accord, ils avaient décidé de rentrer à l'hôtel pour voir comment allait Heero.
Ils en étaient là. Attendant que Kaoru redescende pour savoir ce qu'ils allaient faire. La mère de famille réapparut au bout de quelques minutes, fatiguée. Elle se laissa tomber dans l'un des fauteuils du hall. Les deux adolescents la rejoignirent.
- Il va mieux ?
- Je ne sais pas. Elle soupira. Mais ça va passer.
- Je peux monter le voir…
- Non. Je pense qu'il a besoin d'être un peu seul.
Lei croisa et décroisa les doigts. Elle avait vu Heero quitter la salle, elle avait vu le changement d'attitude du leader du groupe. Cependant, un méli-mélo de questions et de réponses se percutaient dans sa tête. Allant de la plus aberrante à la plus logique.
- Kaoru, pourquoi ne pas nous dire la vérité ? Heero allait très bien ce matin.
La jeune femme soupira de nouveau. Ce n'était pas à elle de le faire. Non. Il n'y avait qu'une personne qui devait se présenter, dire la vérité et expliquer. Elle n'avait pas le droit de le faire pour lui.
- Ce n'est pas à moi de vous expliquer tous les détails. Pour le moment Heero a besoin de réfléchir. Nous, nous allons profiter de l'après-midi pour faire un peu de shopping.
Lei hocha la tête, elle attrapa le bras de son frère pour le tirer vers la sortie. Kaoru avait raison. Les réponses viendraient en temps et en heure. Pour le moment, ils étaient à Londres. Oui. Londres.
oOo
Duo fixait le téléphone de l'hôtel depuis une heure. Personne n'avait osé venir le déranger. Il était dans sa chambre, seul, face au combiné. Appeler ou ne pas appeler. Heero devait être hors de lui. Et il aurait raison. Il lui avait menti. Pour son bien ? Pour leur bien ? Pour qu'il puisse vivre une vie normale d'adolescent.
Il voulait un endroit pour oublier, pour réapprendre. S'il était venu en France, de l'autre côté de l'océan, c'était pour ça. Un choix. Mûrement réfléchi depuis des mois. Il avait surfé sur le net durant des heures pour se renseigner, voir comment se passait un échange d'étudiant étranger. Il avait visité virtuellement le Canada, l'Allemagne, l'Angleterre, l'Espagne et l'Italie avant d'arriver àla France. Cenom avait raisonné dans sa tête. Il s'était souvenu que son manager aimait beaucoup ce pays. Paris, ses boutiques, sa Tour Eiffel, ses peintres… que des clichés et pourtant, il s'était dit : pourquoi pas.
Les livres de français s'étaient amoncelés dans sa loge. Il avait écouté, écouté et écouté encore des chansons françaises, des textes, enregistrant tout ce qu'il pouvait apprendre en un temps record. Jack avait fini par comprendre son petit jeu. Au début, il avait pensé que c'était juste une nouvelle passion. Il avait bien étudié l'italien pendant un mois deux ans plus tôt.
Puis il avait fait son annonce, réuni le groupe, expliqué son choix, avait pris tout le monde au dépourvu. Mais le choix était fait. Plus de retour en arrière. Il en avait déjà parlé au directeur de la maison de disque. Ils avaient un accord. Jack avait arrangé ensuite le contrat, les clauses car c'était son boulot, mais les grandes lignes avaient été approuvées.
Duo posa sa main sur le combiné, il s'apprêtait à faire le numéro, mais ses doigts tremblaient. Il n'y arrivait pas. Il avait peur. Tellement peur. Des larmes se mirent doucement à couler le long de ses joues. Il voulait s'expliquer avec Heero. Il voulait tout lui raconter. Il avait enfin rencontré une personne autre que Solo et Hilde à qui il pourrait parler de son enfance, de sa vie, de ses joies, de ses pleurs. Et il allait le perdre.
oOo
Hilde et Solo savaient qu'il ne fallait pas déranger leur leader. Ils s'étaient retrouvés tous les trois dans la chambre de la jeune femme pour discuter. Stela avait suivi le mouvement. Elle faisait à présent partie du groupe. Hilde et Solo ne voulaient pas la laisser de côté. À partir du moment où Shin l'avait acceptée, elle avait rejoint leur famille.
Assise sur le lit, elle attendait que les deux autres la brieffe. Lui explique. Elle connaissait les grandes lignes mais c'était tout. Hilde soupira avant de la regarder avec un petit sourire.
- On t'a déjà expliqué que Shin était en pause et était amoureux.
Elle hocha doucement la tête, pas un son ne passant ses lèvres de peur de couper sa nouvelle amie dans sa confession.
- La personne dont Shin est amoureux ne sait pas qu'il est un chanteur de renommée. Il pense que c'est juste un étudiant étranger comme les autres, qui a voulu faire un voyage dans une famille d'accueil pour sa culture.
Nouveau hochement de tête. Elle ne montra aucun signe de dégoût lorsqu'elle entendit le pronom masculin.
- Seulement, il était présent dans la salle aujourd'hui et sûrement au concert hier. Il nous l'a caché mais il le savait. Lors de la conférence, je crois qu'il lui a fait comprendre. Et maintenant, sa grande peur, c'est qu'il lui en veuille.
- Stela, il faut que tu saches que Shin est un chanteur fort, courageux, espiègle et taquin. Il joue un rôle sur scène, il se lâche, montre à la face du monde une personnalité qu'il n'a pas en vrai. Duo, lui est un adolescent certes joueur, avec son caractère mais il est aussi fragile. Il ne s'attache pas à beaucoup de monde, je veux dire réellement. Mais lorsqu'il le fait, il se donne tout entier.
Solo passa une main dans ses cheveux. Hilde croisa et décroisa les jambes, n'arrivant pas à trouver une position correcte.
- Personne ne le sait au niveau des médias parce que quand nous avons été embauchés par la maison de disques, Jack et le service juridique se sont débrouillés pour nous créer une identité nouvelle. Pour faire en sorte que personne ne sache d'où nous venions. Mais nous sommes tous les trois des orphelins. Jack a découvert en nous un potentiel mais avant Jack, avant le groupe, nous n'étions rien.
Hilde se leva et se mit à marcher de long en large de la pièce. Elle n'aimait pas repenser au passé. C'était loin à présent.
- Je suis une fugueuse. Ma famille d'adoption allemande n'était pas très gentille avec moi et je le leur rendais bien. J'ai profité d'un transfert de dossier pour le subtiliser et disparaître. Et je suis arrivée dans le nord de l'état avec des rêves, des espoirs et ma musique.
- J'ai rencontré Hilde qui chantonnait sur un banc, elle tentait de gagner quelques pièces pour se nourrir. Je lui ai proposé de venir avec moi. À l'église qui servait d'orphelinat, on l'a accueillie à bras ouverts.
- Duo était déjà présent. Un vrai petit bagarreur qui apportait beaucoup de soucis à notre Père. Il rêvait de musique mais refusait de chanter dans la chorale.
Solo sourit aux paroles de Hilde. Il se souvenait parfaitement de cette tête brûlée qui piquait des pommes chez le marchand de fruits à côté.
- Quand l'église a dû fermer par manque de dons et de restauration, c'est l'orphelinat qui a clos ses portes par la suite à la mort de notre Père. On a voulu nous intégrer dans d'autres orphelinats mais beaucoup d'enfants de la paroisse n'avaient pas de réelle identité. Ce qui s'était passé deux ans plus tôt s'est renouvelé. Certains ont volé leur dossier et sont partis vivre dans la rue. Nous avons fait pareil, sauf que la musique nous liait tous les trois.
Stela écoutait attentivement. Hilde et Solo parlaient de leur enfance avec tellement de nostalgie. La période qu'ils avaient vécue à l'église était l'une des plus belles de leur vie malgré la rudesse de celle-ci.
- Et nous avons rencontré Jack. Nous jouions à la sauvette dans le métro quand il s'est présenté à nous. Une première fois, puis une seconde et une troisième. Duo refusait à chaque fois sa proposition disant que c'était qu'un escroc. Mais il ne jetait jamais les cartes. Jusqu'au jour où nous avons dû quitter le squat où nous dormions. L'immeuble allait être démoli. J'ai téléphoné à Jack.
- Duo en a voulu à Solo pendant des jours. Il lui a mené la vie dure. Mais il a fini par constater que Jack n'était pas un arnaqueur quand il nous a montré le studio d'enregistrement.
Hilde se laissa retomber dans son fauteuil. Elle riait alors que Solo grimaçait.
- Il a été dur à convaincre. Mais dès qu'il a eu le micro dans les mains, on a su que c'était bon. Duo n'est à l'aise que lorsqu'il chante. Il aime chanter. Il aime composer. La musique c'est son monde. Jack lui offrait ce rêve. Et nous sommes arrivés sur le devant de la scène doucement mais sûrement.
Un silence s'installa à la fin de la phrase. Personne ne parla. Stela avait bien compris qu'ils n'avaient pas eu la vie facile. Et pourtant, ils en étaient là. Une phrase passa ses lèvres.
- Pourquoi avoir choisi un nom Japonais pour le groupe ? Je veux dire…
- Tu as le droit de poser la question tu sais.
- C'est Duo qui a choisi ce nom. Et c'est lui qui te l'expliquera.
oOo
Le paysage défilait rapidement devant ses yeux, le soleil s'était levé il y a quelques heures et la matinée promettait d'être belle. Il aimait sentir l'air sur son visage, ainsi que ses muscles travailler. Le basket était peut-être une de ses passions, mais le sport en général aussi. Il aimait courir. La musique dans les oreilles et ne penser à rien d'autre qu'à l'effort qu'il devait fournir. Malgré tout, il ne pouvait pas pratiquer trop longtemps. Il arriva à son banc habituel et continua quelques minutes à faire du surplace avant de s'arrêter complètement. Il but une grande gorgée d'eau et s'étira doucement.
Après quelques extensions, il regarda l'heure. Il allait être 8h. Il avait le temps de rentrer chez lui, de se faire couler un bon bain chaud avant de se mettre à plancher sur les prochaines stratégies à adopter pour les futurs matchs. C'était tout ce qu'il lui restait réellement. Etre un professeur et un bon coach.
Il se remit en marche, savourant le silence du parc. Le dimanche, à part quelques coureurs, il n'y avait pas grand monde et c'est ce qu'il appréciait. La tranquillité. Il passa devant le terrain de foot désert. Puis un bruit caractéristique lui parvint. Le bruit d'un ballon qui rebondit. Il s'approcha du terrain de basket qui se trouvait juste derrière. C'était un terrain simple avec un seul panier. Il s'arrêta et regarda l'adolescent qui s'exerçait à marquer.
Michael le reconnut tout de suite. Son corps élancé, ses jambes musclées, ses fesses rondes et sa peau dorée. Il appréciait tout dans ce garçon. Surtout son petit air effronté. Il avait eu le coup de foudre tout de suite. Lorsqu'il l'avait vu passer la porte du gymnase le premier jour, il n'avait pas pu s'empêcher de le trouver agréable à regarder. Par la suite, il s'était rendu compte qu'il avait du caractère, et qu'il dégageait quelque chose qui l'attirait. Mais ce gamin était trop jeune pour lui. Beaucoup trop. Et pourtant.
Quelque chose percuta son pied le ramenant à la réalité. Il se baissa pour voir que c'était le ballon. Il le ramassa et croisa le regard de Thomas. Celui-ci lui souriait. Il lui fit signe de le lui renvoyer. Ce qu'il fit de suite. Une fois le panier marqué, l'adolescent vint le retrouver.
- Tu es bien matinal, sourit Michael.
- J'avais envie de me défouler un peu. Bastian croule sous le travail alors j'ai préféré disparaître quelques heures pour qu'il puisse se reposer.
Thomas fit rebondir un peu le ballon avant de retourner faire quelques paniers. Il se retourna pour voir si son professeur était toujours là. Et c'était le cas. Il le regardait et Thomas se sentit rougir.
- Tu pourrais venir jouer au lieu de mater.
Michael hocha la tête et fit quelques pas. Il s'arrêta net lorsque la douleur se fit sentir dans sa jambe. Thomas fut rapidement à ses côtés pour le soutenir. Il le conduisit jusqu'à un banc où il le fit s'asseoir.
- Ce n'est rien, ne t'inquiète pas. J'ai trop forcé c'est tout.
- Tu t'es fait mal ? questionna le plus jeune.
- Oui, mais il y a longtemps.
- Tu ne m'en as jamais vraiment parlé.
Un petit sourire triste apparut sur le visage du professeur de sport.
- C'est vieux et pas intéressant.
Thomas fronça le nez, pas convaincu. Il savait que leur professeur avait failli passer professionnel mais qu'un accident l'en avait empêché. Mais il n'en savait pas beaucoup plus. Lorsqu'ils s'étaient rapprochés, il avait espéré qu'il lui en parlerait, mais entre Bastian et l'autre con qu'ils avaient croisé lors du dernier match, les discussions avaient quelque peu été mobilisées sur autre chose. Le Marseillais s'agenouilla au sol et commença à masser la jambe de son aîné.
- Qu'est-ce que tu fais ?
- Tu es toujours là pour me remonter le moral ou pour m'aider. Laisse-moi t'aider à mon tour, d'accord ?
Les mains du plus jeune remontèrent doucement le long du mollet, massant doucement. Essayant de décontracter les muscles tendus. Michael soupira, les doigts de Thomas lui faisaient du bien. Il n'avait pas pris, dernièrement, le temps d'aller chez le kiné. Il l'avait regretté lorsque la douleur s'était déclenchée, mais à présent, il la bénissait.
Thomas fixait ses mains pour ne pas regarder son professeur. Il sentait les nœuds se dénouer petit à petit mais il n'y avait pas que ça qu'il sentait. Il commençait à avoir chaud et ses doigts remontaient parfois un peu trop. Ils étaient dans un lieu public, n'importe qui pouvait les voir même s'il était tout juste 8h du matin.
Michael sentait les doigts de son élève s'égarer plus haut que la zone douloureuse. Lui-même se retenait de lui sauter dessus. Il était déjà en tort, il s'était retenu pour pas l'être encore plus. Mais tout commençait à s'envoler. Il était en train de rattraper ses pensées lorsque les mains disparurent de son mollet pour se retrouver sur ses cuisses. Il ouvrit les yeux et tomba sur les prunelles embuées de Thomas.
Le Marseillais s'installa sur les genoux de son professeur et l'embrassa. Il ne l'avait pas embrassé depuis un moment et le gout de ses lèvres lui manquait. Le baiser se fit plus intense alors que les mains baladeuses débutaient une escapade sous le tissu trempé. Thomas se redressa lorsqu'il en sentit une sur ses fesses, cependant il ne lâcha pas pour autant la bouche de son aîné.
Lorsque le baiser prit fin, Thomas laissa sa tête se poser dans le creux de l'épaule de Michael. Juste le bruit de leur respiration saccadée ainsi que de la nature autour d'eux se fit entendre. Le professeur releva le visage du plus jeune et lui sourit.
- Tu veux venir chez moi ?
oOo
Lei courait partout. Elle passait de boutique en boutique sans même faire attention à son frère qui la suivait en portant tous les sacs. Il était fatigué. Kaoru était bien moins agitée que sa sœur. Il avait pourtant pensé que comme la veille lors du concert, faire du shopping deviendrait l'horreur pour lui. Mais non. La jeune femme était dans la lune. Elle achetait quelques souvenirs, s'extasiait devant certains vêtements ou CD de musique mais rien d'extravagant. Elle semblait nerveuse.
Il la trouva debout devant un rayon de disques, fixant l'un d'eux avec nostalgie. Il stoppa Lei dans son élan. Elle voulait montrer quelque chose à Kaoru mais ce n'était pas le moment. Elle faillit hurler contre son frère quand elle vit le visage de la mère de famille. Elle s'approcha alors doucement pour voir le CD qu'elle tenait dans la main. C'était un vieux groupe de rock des années 80. Elle fixait sans vraiment le voir.
- Je n'aurais pas dû l'obliger à venir. J'aurais dû laisser Heero à la maison. Je pensais pouvoir forcer un peu les choses mais j'ai tout gâché.
Lei posa une main rassurante sur l'épaule de Kaoru. La japonaise lui sourit avant de reposer le CD.
- C'était sa chanson préférée.
- À qui ?
- À mon mari. Il adorait ce groupe. Au départ je ne l'aimais pas du tout. La musique rock pop, ce n'était pas mon truc. Mais lui, il adorait ça. Il m'a appris à l'apprécier.
- C'est pour ça que vous aimez autant la musique ?
- Oui. Je pensais que Heero serait comme lui. Mais c'est tout le contraire.
Elle sourit avant de reprendre le CD.
- Je l'ai jeté après l'enterrement.
Lei lui montra la pile de CD qu'elle avait en main et elles se rendirent toutes les deux à la caisse. Wufei les suivant et se faisant tout petit pour s'effacer. C'était dans ces moments-là qu'il se rendait vraiment compte à quel point il aimait sa sœur. Elle était belle de cœur. Toute son excentricité pouvait s'effacer pour laisser place à la douceur et l'écoute.
Comme pour Réléna. Elle avait été la seule à chercher à comprendre, à tenter de voir quelque chose. Elle serait plus tard une femme formidable. Ils avaient beau être jumeaux, ils étaient tellement différents. Et même si aujourd'hui il l'avait pour lui. Il savait que ce ne serait pas le cas toute sa vie. Leur relation était vouée à l'échec et ça lui faisait mal au cœur.
oOo
C'était la première fois que Thomas mettait les pieds dans l'appartement de son professeur. Il vivait dans le centre-ville, au troisième étage sans ascenseur. Le bâtiment semblait pourtant moderne et propre. Michael lui avait expliqué que c'était parce qu'il avait été rénové, mais à la base, il était là depuis des décennies. Et puis les locataires préféraient payer moins de frais. Il n'y avait, après tout, que quatre étages.
L'appartement en lui-même était petit, trois pièces : chambre, salon/cuisine et salle de bain. Pourtant, l'aménagement rendait chaque pièce spacieuse. La grande bibliothèque dans l'entrée ne contenait pratiquement que des livres de sport ou de stratégie sportive. Sur la table du salon traînaient quelques notes concernant leur prochain match et dans la cuisine, une pile de vaisselle propre s'amoncelait dans l'attente de rejoindre un jour le placard.
- Tu veux un verre d'eau ?
Thomas sursauta et regarda son professeur attraper deux verres dans un placard en hauteur. Il sortit une bouteille d'eau du frigidaire et lui proposa. Thomas hocha la tête positivement avant de boire ce qu'on venait de lui tendre. Il se sentait mal à l'aise. Il avait accepté la proposition de Michael sur un coup de tête. L'émotion et l'envie accaparant toutes ses pensées. Mais à présent, il était tendu. Et ça, il était persuadé que Michael le savait.
- Tu peux t'asseoir si tu veux. Ou prendre une douche ? Je te prêterai des vêtements.
- Il vaudrait mieux que tu prennes une douche avant pour que tu puisses mettre de la crème ensuite non ?
Michael sourit. Thomas était maladroit. Il entra dans sa chambre pour récupérer des vêtements propres et déposa le tout dans la salle d'eau.
- Fais comme chez toi.
La porte de la salle d'eau se referma et Thomas n'eut pas à patienter trop longtemps avant d'entendre l'eau couler. Il se décontracta et se donna une baffe.
- Arrête de faire l'abruti !
Sur ses mots il commença à arpenter l'appartement. Il voulait en savoir plus sur son petit ami. Oui. Michael était son petit ami et non son professeur à cet instant. Leur relation était peut-être taboue, mais ça ne devait pas l'empêcher d'appeler un chat un chat. Il lut quelques tranches de livre avant de tomber sur un cadre photo. Michael posait avec son équipe de basket. Il était jeune. Autant que lui aujourd'hui. Il était beau.
Thomas sourit avant de trouver une autre photo de son professeur avec une coupe. Il reposa le cadre lorsque l'eau s'arrêta. Il tourna la tête vers la porte de la salle de bain. Michael était juste de l'autre côté. Il s'approcha lorsque l'eau se remit à couler. Sa main se posa contre le bois. Il attendit. Ecoutant l'eau. L'imaginant ruisseler le long du corps du plus vieux. Il se mordit la lèvre. Il savait que Michael l'avait invité mais que ce ne serait jamais lui qui ferait le premier pas. Enfin, qui le forcerait à quoi que ce soit parce que le premier pas avait déjà été fait à la piscine.
Sa main glissa le long du bois pour se poser contre la poignée. Il hésitait. Ouvrir ? Non. Ce serait surprendre son professeur. Non, son petit ami. Il ne fit pas attention au fait que l'eau avait cessé de couler. La poignée bougea dans sa main et la porte s'ouvrit sur Michael, surpris de le trouver là. Thomas devint aussi rouge qu'une tomate, gêné d'avoir été pris en flagrant délit. Michael se pencha doucement et posa ses lèvres sur les siennes.
- La salle de bain est libre.
Il le contourna sans faire un geste de plus. Thomas s'enferma dans la salle de bain, s'appuyant contre la porte. Un soupire passa ses lèvres et il se sentit glisser au sol. Il était stupide. Michael était vraiment un homme bien.
Michael ferma les yeux une fois la porte fermée. Il se dirigea vers la cuisine et avala le verre d'eau d'une traite. Il ne s'attendait pas à ça. Loin de là. Voir Thomas derrière la porte l'avait surpris. La douche froide qu'il venait de prendre et qui l'avait remis à sa place n'avait plus servi à rien. Il hocha la tête et avala un second verre d'eau. Il fallait qu'il s'occupe. Préparer le petit déjeuner serait une tâche parfaite.
oOo
Heero avait écouté la musique jusqu'au bout. Cette chanson lui parlait. Sa mère l'avait enregistré spécialement pour lui. Il le savait. À présent, il comprenait tout. Enfin. Il commençait à comprendre. Sa mère connaissait la signification de cette chanson, elle avait tout de suite compris à qui elle s'adressait. Et lui aussi à présent. Il ne pouvait cependant pas s'empêcher d'en vouloir à Duo. Il lui avait menti.
Il roula sur le dos et sentit les larmes couler le long de ses joues. Il n'avait pas pleuré depuis longtemps. Depuis la mort de son père. Il détestait repenser à ce moment. Il ne supportait pas de se montrer aussi faible. Mais là, là il était tout seul.
Duo avait déboulé dans leur vie comme une tornade. Il avait fichu le chaos les premiers jours avant de s'incruster comme un parasite. Puis petit à petit. Il avait appris à l'aimer.
Sa mère avait eu raison. Vider le bureau de son père lui avait fait mal. Avoir une troisième personne à la maison alors qu'il n'était plus que deux depuis l'accident avait bouleversé son quotidien. Et pourtant. Duo avait su s'intégrer. Avait réussi à le faire changer. Il avait retrouvé le gout de la vie à trois. Il avait effacé la douleur.
Il ne se souvenait plus pourquoi il aimait le natté. Qu'est-ce qui l'avait réellement fait l'apprécier ? Son sourire ? Sa joie de vivre ? Sa tendance à lui taper sur les nerfs ? Son dynamisme ? Sa passion pour la musique ? Leurs différences ?
La seule chose à laquelle il n'avait pas vraiment pensé, c'était à Duo et l'Amérique. Il ne lui avait en fait jamais réellement posé de question sur sa vie de l'autre côté de l'océan. Hilde et Solo en avaient un peu parlé lorsqu'ils étaient venus, mais là encore, personne n'avait vraiment su comment ils vivaient.
Il tapa dans le matelas. Il aurait dû se montrer plus curieux. Il s'en voulait aussi à lui-même. Il avait été stupide. En cherchant un peu mieux, la vérité serait peut-être apparue plus tôt. Comme à sa mère. Il aurait écouté la musique de sa mère, il aurait reconnu la voix de Duo. Oui. Il ne devait pas tout reprocher à Duo.
D'un bond, Heero se redressa, décrocha le téléphone et s'apprêta à faire le numéro. Mais quel numéro ? Il ne connaissait pas le numéro de téléphone de Duo… C'était lui qui l'avait appelé ce matin. En numéro masqué. Il ne pouvait pas le rappeler. Il reposa le combiné avec force. Il était maudit. Et il ne pouvait parler de ça à personne.
Il se releva et attrapa son ordinateur au sol. Il ramassa les pièces qui avaient volé un peu partout et rangea le tout dans sa housse. Il ne pouvait même pas pianoter. Heero soupira et quitta la chambre pour le hall. L'hôtesse lui indiqua les ordinateurs en libre service. Il s'installa sur l'un d'eux et commença à pianoter. Il fallait qu'il se vide la tête.
oOo
Quand Thomas sortit de la salle de bain, ça sentait bon le pain chaud. Il avait pris une bonne douche froide, avait enfilé ensuite les vêtements un peu grand laissés par Michael sur un tabouret et après avoir tourné en rond pendant dix minutes, il avait fini par sortir le bout de son nez.
Il entra dans le salon et fut surpris de trouver la table mise pour le petit déjeuner. Dessus trônaient des toasts, du jus d'orange fraîchement pressé et de la confiture.
- Tu préfères du café ou un chocolat chaud ?
- Un café.
- D'accord. Assis-toi pendant que je termine de le préparer.
Thomas obéit et tira une chaise. Son ventre commençait à s'éveiller à l'odeur. Il avait faim. Il attendit cependant que son aîné pose le café et s'assoit à son tour pour prendre un toast et étaler la confiture de myrtille dessus.
- J'ai pensé que tu aurais peut-être faim.
- C'est le cas, sourit Thomas.
- Heureux de l'apprendre alors.
Ils petit déjeunèrent tranquillement. La conversation tourna sur le prochain match de basket, la stratégie qu'ils allaient devoir adopter. Tout semblait bien naturel. Michael se releva pour faire griller des toasts alors que Thomas buvait son café. L'incident de la salle de bain fut rapidement oublié. Ils discutèrent longuement avant que le téléphone ne sonne. Michael se leva pour répondre et Thomas sourit en le voyant. Il l'observa pendant tout le temps de la discussion. Son dos droit, ses longues jambes… Il secoua la tête pour cesser de penser à ça. Mais son regard ne pouvait se décrocher du corps du plus vieux. Lorsque le téléphone fut raccroché, Thomas détourna rapidement le regard pour le porter avec intérêt sur l'étiquette du pot à confiture.
Michael sourit. Il avait senti son regard sur lui durant toute la discussion. Il s'approcha doucement du plus jeune et posa une main sur son épaule avant de déposer un baiser sur sa tête. Puis il prit le pot de confiture et la panière à toasts pour commencer à ranger. Thomas se sentit bête quelques secondes avant de se lever pour l'aider.
Il commença même à ranger la vaisselle propre pendant que Michael nettoyait la sale. Torchon en main, il essuya ensuite la nouvelle faisant bien attention à ne rien casser.
- Tu n'es pas obligé de m'aider tu sais.
- J'aime bien.
Michael lui sourit avant de lui tendre un verre. Thomas le retourna pour l'essuyer et ce qui restait d'eau dedans se déversa sur son tee-shirt.
- Et merde !
Thomas recula le verre, mais il était déjà mouillé.
- Ne t'inquiète donc pas, ce n'est que de l'eau.
- Oui mais quand même.
Il posa le verre et tenta d'essuyer l'eau avec le torchon. Il fit la moue sachant pertinemment qu'il suffisait d'attendre un peu pour que ça sèche. Lorsqu'il releva le visage, il rencontra les lèvres de Michael. Leurs langues se touchèrent, jouèrent avant que leurs lèvres ne s'écartent.
- Je pense que tu devrais rentrer chez-toi.
- Je…
- Ton frère va s'inquiéter.
Michael n'arrivait pas à s'éloigner de Thomas. Il ne cessait de trouver des excuses pour que le châtain s'éloigne mais il ne le faisait pas. À la place, il le fixait puis sans lui laisser le temps de sortir une nouvelle phrase, il l'embrassa, nouant ses bras dans son cou. Le baiser fut passionné, comme au parc, les laissant tous les deux sans souffle.
- Laisse mon frère où il est.
Thomas l'embrassa de nouveau, l'acculant contre le rebord de l'évier.
- J'en ai marre de me prendre la tête.
Il l'embrassa de nouveau et cette fois-ci Michael se laissa emporter. Ses mains descendirent le long de son dos pour se poser sur ses fesses. Il accentua la pression. Sentir le corps de Thomas contre lui l'excitait et il n'était pas le seul.
Quand le baiser fut terminé à nouveau, ils se regardèrent, les joues rougies et les prunelles brumeuses. Michael repoussa doucement Thomas qui se laissa guider jusqu'au canapé. Il s'allongea alors que son petit ami s'installait au-dessus de lui.
Michael l'embrassa avant de descendre ses lèvres le long de sa gorge. Ses mains remontèrent le tee-shirt mouillé pour laisser paraître un ventre plat et doré. Il l'avait déjà vu à la piscine mais il ne pouvait s'empêcher de le trouver beau. Ses lèvres s'égarèrent au niveau du nombril avant de remonter aux tétons et de redescendre faisant frissonner de plaisir Thomas.
Celui-ci ne savait pas trop quoi faire, ses mains étaient de chaque côté de son corps. Il n'osait faire le moindre mouvement et montrer sa maladresse. Michael se redressa et lui sourit. Il retira son propre haut avant de se pencher à son oreille.
- Ne t'inquiète pas et laisse-toi faire.
Il réattaqua au niveau de la gorge, laissant une petite marque rosée, puis descendit jusqu'au nombril. Ses doigts se glissant dans l'élastique du short qu'il lui avait prêté. Il le fit descendre doucement. Laissant la protection du boxer. Il revint ensuite à la bouche de Thomas. L'embrassant pour le griser un peu plus.
Les mains de Thomas commencèrent à bouger. Elles vinrent se placer dans son dos, dessiner sa musculature, puis sa colonne vertébrale pour s'arrêter à l'élastique. Il n'osa pas passer le rempart et remonta. Essayant de toucher chaque partie. Il voulait palper chaque endroit que lui seul pouvait toucher.
Le baiser prit fin et Thomas se rendit compte que son boxer avait disparu. Il n'eut pas le temps de rougir de sa nudité qu'une main se posait sur son sexe durci par le plaisir. Il tressaillit et gémit au contact. La main de Michael était froide comparée à cette partie de son corps.
- Tu peux me dire d'arrêter quand tu veux.
Thomas entendit à peine la phrase, totalement grisé. Il se redressa pour embrasser Michael et accentuer le contact. Il avait tellement chaud. Tout son corps s'électrisait à ce simple toucher. Il se sentait gonflé. Michael commença à bouger sa main et Thomas s'agrippa un peu plus à lui, haletant. Les doigts du plus vieux firent leur office et très vite le souffle saccadé se calma et Thomas retomba en arrière sur le canapé.
Michael sourit avant de se coucher sur le côté. Thomas reprenait sa respiration, l'esprit encore dans le vague. Quand un semblant d'ordre se fit dans son cerveau, il tourna la tête vers Michael.
- Tu…
- Plus tard, quand tu seras prêt.
Thomas sourit à son tour et déposa un baiser sur les lèvres de son petit ami avant de se caler dans ses bras. Michael attendit que son souffle s'apaise pour soupirer et fixer le plafond.
Il ne voulait pas le brusquer. Mais ça faisait mal.
oOo
Duo quitta enfin sa chambre. Il croisa Catherine dans le hall qui lui sourit. Encore une personne qui œuvrait pour lui et qu'il découvrait tout juste. La jeune femme lui offrit un verre au bar. Le chanteur soupira en sirotant son cocktail. Un peu d'alcool ne lui ferait pas de mal. Et puis il était chaperonné.
- Depuis quand vous travaillez avec Jack pour notre groupe ?
- Quasiment depuis le début.
- Comment ça se fait que je ne vous avais jamais vue ?
- Je suis discrète.
Duo sirota un peu plus sa boisson avant de froncer le nez. Catherine commanda un second café avant de continuer.
- Ce n'est pas mon rôle. C'est à Jack d'être auprès de vous. Moi, je suis là pour faire le ménage, préparer le terrain, organiser les choses.
- Vous n'êtes pas douée pour faire du baby-sitting.
- On peut dire ça, oui.
La jeune femme versa deux sucres dans son café avant de touiller doucement.
- Chacun son métier. J'apprécie beaucoup votre groupe. C'est pourquoi je suis contente d'avoir eu le droit de vous rencontrer réellement pour ce concert.
- Je suis heureux moi aussi. Cette année est pleine de rebondissements et de changements. C'est parfois déphasant mais en même temps grisant.
- La vie serait trop simple autrement.
- C'est vrai.
Le cocktail baissa un peu plus dans le verre.
- Je vais rentrer directement.
- C'est ce que nous pensions avec Jack.
- Vous ne m'en voulez pas ?
- De quoi ?
Duo fit tourner son verre entre ses doigts mal à l'aise.
- De retourner là-bas.
- Pourquoi t'en voudrait-on ? J'aurais même été surprise si ça n'avait pas été le cas.
- Merci.
Catherine sourit. Ce groupe était peut-être populaire. Duo avait peut-être l'âme d'un chanteur, d'un leader mais c'était aussi un adolescent qui découvrait la vie. Elle serait toujours là pour l'épauler. Comme Jack. Oui. Elle serait là.
À suivre…
Hop hop, un chapitre de plus. Dans le prochain chapitre, retrouvailles entre Heero et Duo. Ça va saigner. Bon, d'autres petites choses se préparent pour la suite. Donc n'utilisez pas encore toutes vos tomates sur l'auteur.
Tchu
