Merci à tout le monde pour les reviews, ça me touche, vraiment !

Ce chapitre est un peu court (et bâclé, je l'avoue) mais j'avais vraiment envie de poster ce soir. J'espère qu'il vous plaira et que vous n'aurez pas trop envie de me lapider.

Un grand merci à tous/tes les lecteurs/trices.

Ziva découvrait, les yeux grands ouverts, les merveilles qu'Abby avait décidé de lui montrer. Elles s'étaient arrêtées, à la demande de l'israélienne, devant une étagère vitrifiée où reposaient de nombreux trophées. Il y avait de tout, aussi bien des coupes que des médailles, le tout accompagné des photos des vainqueurs et des équipes. Ziva, impressionnée, laissa échapper un petit sifflement admiratif.

-Ca fait beaucoup de récompenses.

-Oh oui ! Mais on a les meilleures équipes dans presque tous les sports. C'est pas pour rien que le tiers de élèves est en sport-études.

Ziva acquiesça : cela paraissait logique. Elle observait les différentes coupes de basket quand elle remarqua un détail.

-Il vous manque la coupe de l'an dernier. Vous avez toutes les autres sur les six dernières années. Vous aviez perdu ?

-En fait, le capitaine de l'équipe n'a pas pu jouer…

Devant la mine sombre d'Abby, Ziva cessa les questions. Il était évident que le capitaine devait être l'italien de la cantine. Pour ce qu'elle en avait vu, il ne payait pas de mine. Mais tout le monde avait l'air de l'apprécier. Elle avait même entendu des filles glousser en parlant de lui dans les couloirs. Bizarrement, elle ne comprenait pas. Enfin, temps qu'elle ne l'avait pas rencontré, elle ne pouvait pas le juger. Et puis, c'était peut-être un garçon charmant. Abby, en tout cas, en semblait convaincue.

-Dis-moi Ziva, tu dors où ?

-A l'école. Mikaël et moi sommes internés.

-Euh… tu voulais dire internes, n'est-ce pas ?

-Il y a une différence ?

-Une graaaaaaaaaaande différence !

Abby se mit à rire et entreprit de lui expliquer le sens des deux mots.

OoOooOoooOooOoO

De son côté, Timothy s'occupait de Mikaël. Et ce n'était pas chose facile. Le jeune homme lui donnait la chair de poule, avec son air de sociopathe évadé d'Arkham. D'ailleurs, ce n'était pas le seul problème. L'israélien ne cessait de dévisager tous les élèves, et deux jeunes filles avaient déjà changé de couloir pour ne plus croiser le regard du grand brun. Timothy les auraient bien imitées, mais il était trop poli pour ça. Si seulement Gibbs avait été là… Il devait se ressaisir : Mikaël n'était pas dans son pays, il devait ce sentir mal à l'aise. Au fond, c'était sûrement un jeune homme tout à fait sympathique. Mais ce regard de tueur… Bon, il fallait faire un tout petit effort…

-Euh… Qu'est-ce que tu aimes Mikaël ?

-Les armes.

McGee ouvrit la bouche pour répondre, mais la referma aussitôt. Quand Gibbs disait qu'il aimait les bateaux, il comprenait. Quand Tony disait qu'il aimait le cinéma, il comprenait. Quand Abby lui disait qu'elle avait peur des bisounours, ça lui semblait logique. Mais là… Peut-être avait-il vraiment besoin d'aide ? Le cas Mikaël ne se résoudrait pas tout seul.

-Alors les garçons, je vous ai manqué ?

C'est avec un grand soulagement que McGee se retourna : Shannon venait de les rejoindre, un livre à la main. Elle était allée faire quelques emprunts à la bibliothèque, lieu qu'elle aimait tout particulièrement. Comme elle avait un feeling tout particulier avec les gens, McGee se sentit rassuré : au moins, avec Shannon, il ne risquait plus de perdre la vie au détour d'un couloir. La jeune fille lui adressa un clin d'œil et posa une main sur l'épaule de Mikaël.

-J'ai repéré une synagogue en ville, trois pâtés de maison derrière l'école. J'ai pensé que ça t'intéresserait.

Elle lui tendit un bout de papier sur lequel elle avait dessiné un plan et noté quelques indications. Mikaël accepta le papier et la remercia avec un sourire. McGee se flagella mentalement pour ne pas y avoir pensé, et pria pour que le Ciel donne d'autres bonnes idées de ce genre à la jeune femme. Elle semblait toujours bien inspirée, s'en était parfois déroutant.

-Je crois qu'on a histoire tous les trois. Un cours magistral avec Ziva et les autres.

Elle avait bien pris soin de mentionner la jeune israélienne, pour Mikaël.

-On y va ou vous voulez faire un tour avant ? On a encore un quart d'heure devant nous.

Silence de l'israélien. McGee objecta qu'il n'avait rien à faire lui non plus. Shannon lui fit un sourire encourageant et tous trois se dirigèrent vers la salle de classe. La journée était loin d'être finie.

OoOooOoooOooOoO

De son côté, Jethro finissait de se changer dans les vestiaires. Il était passé en dernier, et se retrouvait seul pour s'habiller, ce qui n'était pas désagréable. Il enfila sur chemise propre et sorti. Il allait quitter la salle quand il entendit le bruit sourd d'un poing frappant un punching-ball. Lui qui se pensait seul… Il se retourna et vit Anthony. Le jeune homme frappait de toutes ses forces dans le grand sac de toile, grimaçant quand sa main gauche heurtait l'objectif. Il multipliait les assauts et ne semblait rien remarquer de ce qui se passait autour de lui. Gibbs s'approcha de quelques pas, sans bruit. Il pouvait distinguer la respiration irrégulière du jeune homme, malmenée par les frappes répétitives. Tony savait pourtant boxer. Mais il cassait volontairement son rythme. Il devait être vraiment en rogne pour taper n'importe comment. Il allait finir par se blesser s'il continuait, songea Gibbs. Mais pouvait-il lui demander d'arrêter ? Non.

Balayant la salle du regard, Gibbs remarqua les cannes de son ami, abandonnées quelques mètres plus loin à côté d'un banc sur lequel reposait une veste et les lunettes de Tony. Le martèlement des poings de l'italien sur le punching-ball retentissait dans toute la pièce, et le sac, à chaque coup, émettait un petit sifflement, tandis qu'il se balançait sur sa chaîne. Tony frappait tellement fort qu'il était bien capable de percer le sac de toile. Gibbs secoua la tête et attrapa deux bandes de tissus sur le bureau du coach et se les noua autour des mains avant de rejoindre son ami.

-C'est quand tu veux DiNozzo.

Un bref sourire se dessina sur le visage de l'italien.

-Tu crois pouvoir me battre Gibbs ?

Pour toute réponse, un poing passa à quelques centimètres de sa tête. Tony éclata de rire et un combat silencieux commença. Etant tous deux de grands sportifs, le match fut assez éprouvant et surtout, il dura une bonne demi-heure, à l'issue de laquelle Gibbs fut complètement trempé de sueur, et Tony HS. Jethro lui tendit la main pour l'aider à se relever : il venait de mettre le jeune homme à terre par un coup un peu trop brusque.

-Beau match DiNozzo.

-Tu parles. Tu dis ça parce que tu as gagné.

Ils étaient tous les deux essoufflés mais de bonne humeur, et Gibbs se demanda si, finalement, ce n'était pas plus simple de parler maintenant. Il s'assit sur le banc à côté de son ami.

-Tu étais allé la voir, ce matin, c'est ça ?

Tony, qui buvait une bouteille d'eau, suspendit son geste pour lui lancer un regard interrogateur.

-Cassandra. Tu es allé sur sa tombe ce matin, c'est ça ?

Immédiatement, il sut qu'il avait visé juste. La surprise laissa place à la tristesse dans les yeux verts et Gibbs s'en voulu. Pourquoi ne s'était-il pas contenté de lui mettre une grande tape dans le dos en lui lançant une serviette ?

-Tony… Je sais que c'est dur mais…

-Non Jethro. Tu ne sais pas.

Le ton cassant de Tony lui glaça le sang. Il n'avait pas le souvenir de l'avoir vu comme ça auparavant. L'italien lui lança un regard mauvais avant de mettre son atèle. Il voulait fuir, c'était évident.

-Tony, s'il te plait.

-Non.

-Tony…

-J'ai pas envie.

-DiNozzo !

Tony se leva, un sourire mauvais aux lèvres. Dans ces moments-là, il ressemblait terriblement à son père.

-T'as quelque chose à me dire Gibbs ? Non. Tu peux changer le passé ? Non. Alors laisse-moi.

Il allait prendre ses cannes quand la main de Jethro s'arrêta sur ces dernières.

-Tu ne pourras pas toujours fuir Tony. Tu n'arriveras jamais à fuir.

Il planta ses yeux glaciers dans ceux de l'italien, et sentit que le jeune homme allait céder. Il y eut un silence, puis la voix du jeune homme lui parvint, comme un murmure.

-J'ai jamais voulu ça… J'ai jamais voulu qu'elle meure…

Gibbs soupira, et prit Tony dans ses bras.

-Je le sais DiNozzo, je le sais. Et je suis désolé de ne pas pouvoir changer les choses.

Il lui tapota maladroitement le dos, ne sachant pas trop quoi faire d'autre.

-Tu sais, on s'est inquiété pour toi cet été. Pas un seul message, pas de coup de fil, pas une lettre, rien. On a eu peur que tu ne fasses une connerie.

Comme Tony semblait fatigué (aussi bien physiquement que moralement), Gibbs l'aida à s'asseoir sur le lino.

-Je… On est parti en Italie pour les vacances. Père ne voulait pas que… qu'on reste ici.

Il y eut un autre silence. Gibbs n'approuvait pas les méthodes d'Anthony DiNozzo senior. Personne ne les approuvait. Pas même Cassandra. La montre de Tony émit un « biiip » sonore et les deux garçons échangèrent un regard.

-T'as envie d'aller en histoire toi ?

Ils se levèrent finalement et enfilèrent des vêtements secs appartenant à l'Italien avant de rejoindre la salle de cours.