Tout d'abord, merci pour vous reviews ! (je vous aime !) et désolée pour le retard (c'est impardonnable, je le sais... mais bon, j'ai jouée les gardes malades et... et pas d'excuses, je sais, donc je vous poste un deuxième chapitre aujourd'hui, si vous êtes sage !)
Ensuite, je reconnais que ce chapitre est vraiment pas terrible (mais, c'est dur d'écrire une discussion entre nos deux adeptes de la non communication...) et que j'aurais pu (dû !) faire mieux. Si vous avez une idée de ce que je dois faire pour que vous me pardonniez...
La voiture avançait doucement Gibbs prenait soin de conduire plus calmement que d'ordinaire. Son passager, paupières closes, semblait presque dormir. Mais c'était loin d'être le cas. Il se doutait bien que Tony ne faisait que profiter d'un petit moment de tranquillité. Ce n'était pas comme s'il comptait harceler le jeune homme. Loin de là ! Pourtant, il était plus qu'évident que la conversation qu'ils n'avaient pas encore eue approchait. Et que Tony en était conscient.
-On est bientôt arrivé DiNozzo.
Un léger coup d'œil à sa droite lui permit de constater que Tony n'avait pas réagit. Enfoncé dans le siège, il avait l'air épuisé, et ses poings crispés sur sa veste, posée sur ses genoux, n'étaient qu'un des nombreux signes qui trahissaient son anxiété. Gibbs voulait peut-être en savoir plus, mais voir son ami ainsi le décourageait. Il ne fit pas de commentaires et gara sa voiture sur une des places de parking et coupa le contact. Le silence dans l'habitacle lui paru soudain lourd. C'était si rare que Tony se taise ! Jethro patienta quelques minutes, puis décida de se laisser aller dans son siège, lui aussi. Ce n'était pas la première fois qu'ils restaient ainsi, silencieux, dans une de leurs voitures. En fait, ça leur arrivait assez souvent. Soit parce que l'un d'entre eux avait le moral à zéro, soit parce que l'italien était aphone. Ils n'avaient pas vraiment besoin de mots pour se comprendre, mais se confier pouvait faire du bien.
Il fallut que la portière claque pour que Gibbs se rende compte que Tony était sorti. Il sortit à son tour et rejoignit son ami. Ils passèrent la grille de métal vert et prirent la deuxième allée à droite. Comme d'habitude.
-Je peux savoir pourquoi tu as choisi le parc ?
Il vit un sourire nostalgique se former sur le visage de DiNozzo.
-Tu te rappelles, la première fois ?
-La toute première fois ?
Tony ne prit pas la peine de répondre et se dirigea vers la Promenade. Il avançait vite, même sans ses cannes. Gibbs lui emboîta le pas sans réfléchir. Bien sûr qu'il se souvenait.
OoOooOoooOooOoO
Jethro n'avait pas encore quatre ans, mais il était déjà un inconditionnel des bateaux. Il avait reçu un superbe voilier en plastique que ses yeux d'enfant considéraient comme la plus belle chose du monde, et il avait eu le droit de faire mouiller son navire au parc, tel un vrai capitaine. Son père était en permission, et c'était sa mère qui l'avait accompagné. Ravi, le jeune matelot avait mis son embarcation dans la fontaine et faisait vivre de folles aventures à son équipage, criant des ordres qui n'avaient de sens que pour lui sous le regard amusé de sa mère. Une demi-heure passa, puis une autre, et encore une autre… Le tour du monde, ou plutôt de la fontaine, était tellement captivant qu'il n'avait pas remarqué l'arrivé d'un autre petit garçon vêtu d'un drôle de costume marin… qui s'appliquait à couler un bateau télécommandé hors de prix à grand renfort de cailloux.
-Hey mais qu'est-ce tu fais ?
-Z'le coule.
A l'époque, Tony avait du mal avec certaines syllabes anglaises.
-Mais t'es nuuul ! Il est beau ton bateau.
-Tu le veux ?
Les yeux du petit italien brillaient d'espoir.
-Oh oui !
-Alors attend.
Et Tony avait escaladé le rebord de la fontaine pour monter dedans et aller chercher l'énorme navire, qu'il avait donné à celui qui deviendrait plus tard son meilleur ami.
OoOooOoooOooOoO
Tony ne fut pas surpris quand il vit Gibbs sourire, perdu dans ses souvenirs.
-J'étais déjà tellement cool, à l'époque.
Gibbs leva les yeux au ciel, feignant la consternation. Il tourna la tête vers son ami et, quand leurs regards se croisèrent, ils partirent tous deux dans un fou rire.
-Donc, c'est pour ça que tu as voulu venir ici ?
Tony secoua la tête.
-Nan. Je suis pas sentimental à ce point. Mais, j'y suis pas retourné depuis… enfin, voilà quoi. Et ça m'a manqué.
Sentant le regard de Gibbs le transpercer, il ajouta.
-Un peu. Ca m'a manqué un peu. Te fais pas de fausses idées hein !
Gibbs s'approcha un peu plus, jusqu'à être à côté de l'italien. Ils étaient maintenant debout devant la fontaine et la fixait avec le même regard vague. Ils s'étaient laissés happer par un flot de souvenirs que les années ne pourraient jamais effacer. Au bout d'un moment, Anthony entendit la voix de Jethro. Ce dernier avait décidé qu'il était temps de rompre ce silence qui n'allait pas manquer, pour une fois, de les mettre mal à l'aise.
-Elle me manque aussi, tu sais.
Un tremblement parcourut Tony, mais Gibbs n'esquissa pas le moindre geste. « On ne marche pas dans l'espace vital de quelqu'un d'autre. » Règle numéro… il faudrait qu'il demande à Shannon. Elle connaissait toutes les règles de Gibbs, elle.
-Je sais que c'est pas la même chose pour toi mais, je l'aimais bien. Tout le monde l'aimait Tony.
Un soupir.
-Je le sais aussi. C'est juste que… que…
Les sanglots qui commençaient à percer dans sa voix le firent taire. Il n'avait pas envie de craquer. Pas maintenant. Pas deux fois la même journée. Pas alors qu'il s'était promis de rester calme. Mais contrôler ses émotions devenait plus difficile qu'avant.
Il sentit une main sur son épaule et respira un grand coup avant de s'asseoir sur le rebord de la fontaine : il avait mal aux jambes. Pas que aux jambes, à vrai dire, mais pour le moment, il voulait juste s'asseoir. Il essaya de faire un peu le point dans tout ce qu'il voulait dire à Gibbs et, finalement, prit la parole.
-C'est pas contre toi. Ni contre les autres.
Un bref coup d'œil à son ami lui fit comprendre que Jethro le savait déjà. Avec un sourire faussement amusé, Tony continua.
-J'avais oublié que tu me connaissais si bien… Ce que je veux dire, c'est que si j'avais pas merdé, on en serait pas là.
-Tu ne pouvais rien faire Tony !
-Bien sûr que si ! On peut toujours faire quelque chose…
-Tu n'es pas Dieu. Tu ne peux pas décider de qui doit vivre ou mourir. Tu ne peux pas ressusciter les morts. Même si tu aimerais, et moi aussi.
L'italien se prit la tête dans les mains et poussa un soupir.
-Tony…
La respiration saccadée, il refoulait ses larmes.
-Tony…
-Je… Je vais me reprendre.
Anthony sécha ses larmes d'un revers de manche et ferma les yeux, prenant quelques bouffées d'oxygène pour se calmer.
-Je t'assure que tout va rentrer dans l'ordre. D'ici demain, l'ancien Tony sera de retour, et tout ira bien.
Un DiNozzo ne pleurait pas. Un DiNozzo ne craquait pas. Il était connu pour être le dragueur de service, le blagueur sportif sans cervelle… et il n'était pas contre cette réputation. Gibbs, lui, ne l'entendait pas de cette oreille, mais il voyait bien que l'italien faisait de son mieux pour ne pas devenir fou. Comme l'un et l'autre étaient tout aussi maladroits quand il s'agissait de communiquer, ils restèrent assis un moment. Tony voyait bien la contrariété de Gibbs qui, les poings serrés, le visage fermé, fixait l'horizon. Mais il ne posa pas de questions. Il leur arrivait d'être en désaccord. Mais si l'un d'entre eux prenait une décision, l'autre la respectait. C'était ça, l'amitié. Se serrer les coudes en toutes circonstances. Même quand c'était dur. Et là, ça l'était. Anthony avait bien comprit que Jethro ne savait pas quoi lui dire, ni comment le lui dire, mais il était là. C'était déjà ça.
Ils restèrent ainsi, pendant plus de trois quarts d'heure, côte à côte, à ne rien faire. De toute façon, il n'y avait plus rien à faire. Le parc était presque vide, et l'image fantomatique qu'il renvoyait correspondait assez bien à l'état d'âme des deux jeunes. Finalement, quand l'air commença à se refroidir, ils échangèrent un regard et se levèrent. Gibbs fouilla dans sa veste et en sorti un portefeuille pendant que Tony extirpait une pièce de monnaie d'une des poche de son jean.
-Allez allez, mesdames et messieurs, faites vos vœux !
Gibbs esquissa un sourire à la réplique de son ami. Il regarda sa propre pièce, fit un vœu et la lança dans la fontaine. Tony, lui, fixait son dollar. Il ferma les yeux, referma sa main sur la pièce puis, une fois son choix arrêté, embrassa la pièce et la jeta par-dessus son épaule. Elle émit un « plouf » caractéristique quand elle rencontra l'eau et coula rapidement, rejoignant celle qui venait d'être lancée. Les deux garçons se retournèrent et observèrent les pièces qui étaient dans le bassin. Elles brillaient, leur image déformée par la réfraction, mais firent sourire leurs propriétaires.
-Bon, c'est pas comme si il faisait froid Gibbs, mais j'aimerais bien tester le chauffage de ta caisse.
L'italien était déjà en route.
