Alors-là, on est d'accord, c'est bien plus court qu'un chapitre, mais bon, je sors de partiel ^^ j'espère que ça vous plaira quand même ^^

Le cours s'avéra très vite être l'un des plus ennuyeux que Tony n'ait jamais vu. Et comme il était loin d'avoir une grande patience, il arracha une page de son cahier, la plia, et fit un avion en papier. Kate le regardait faire en fronçant les sourcils, mais il s'en moquait. Une fois l'avion opérationnel, il le déplia et entreprit l'écriture d'une longue lettre à l'intention de Julia, quatre tables en avant, deuxième rangée de droite. Cette fille n'avait pas intérêt à lui empoisonner la vie cette année ! Il s'appliqua et, d'une belle écriture, bien ronde (loin d'être celle que les professeurs lui connaissaient), rédigea la lettre la plus injurieuse, la plus venimeuse, la plus menaçante dont il était capable. Dès qu'il eut terminé, il replia son avion de sorte à ce que plus rien ne soit visible et fit semblant de prendre le cours. Julia ne pourrait jamais rien faire contre lui. Il savait tellement de choses qu'elle voulait garder secrètes qu'il ne serait pas bien difficile de l'empêcher de faire quoique ce soit. Enfin, peut-être était-il parano ? Peut-être que les pom-pom-girls n'avaient rien après Kate ? Et peut-être que ce n'était pas le moment de s'intéresser à ça…

-Qu'est-ce qui a Abby ?

-Je m'ennuie…

Les voisins partagèrent un grand sourire machiavélique. D'un même geste, ils sortirent de leurs trousses respectives deux effaceurs sarbacanes et les chargèrent avec les munitions que la gothique avait prévu à cet effet : d'anciennes billes de cartouche d'encre. Shannon eut à peine le temps de les voir porter les armes à leur bouche que, déjà, le coup était parti. Elle leva les yeux au ciel tandis que le professeur d'espagnol se retournait, furieux. Les élèves s'esclaffèrent tandis qu'il parcourait les rangs à la recherche du (ou des) coupable, en vain.

Le cours reprit et les deux comparses échangèrent un « high-five » en riant.

-Abby, si tu n'existais pas, il faudrait t'inventer !

-Sans toi, ce serait beaucoup moins drôle. Tu as vu comment tu l'as touché juste dans la nuque ?

-C'était pas trop mal, je le reconnais. C'est combien de points déjà la nuque ?

-50. Tu as vingt point d'avance, c'est injuste. Tu vises trop bien.

-Je t'en prie, je vois rien !

-Tu as des lunettes !

-J'ai la grosse tête de Gary dans mon champ de vision !

Il fit une petite moue boudeuse et se mit à rire dans sa barbe en constatant la paranoïa du professeur qui n'arrêtait pas de se retourner tout en écrivant au tableau. Le cours était illisible, mais c'était nettement plus drôle.

OoOooOoooOooOoO

Quand la cloche sonna, Tony s'étira, un grand sourire aux lèvres. Quelques filles passèrent en pouffant devant sa table, et il leur adressa un de ses célèbres sourires charmeurs. Kate, consternée, fourra ses affaires dans son sac un peu trop précipitamment, faisant tomber sa pochette. Tony la ramassa et lui fit un grand sourire. Il ne s'attendait pas à ce qui allait suivre.

-Franchement Tony, même pas en rêve !

-Quoi ?

-Oh arrête ça ! Allison m'a parlé de ta réputation.

Amusé, Tony était tout ouïe.

-Et que t'a-t-elle dit ?

-Que tu étais un dragueur invétéré.

-Ah…

-Quoi ? Tu n'es pas d'accord ?

-Eh bah… pas tout à fait.

Kate arqua un sourcil.

-En fait, je suis bien pire que ça.

Le ton mutin de Tony fit rire la jeune fille.

-Je suis plutôt le genre de mec que tu appellerais un salopard de coureur. Et tu serais dans ton droit.

Il s'était levé et enfilait sa veste. Il se sentait plutôt bien, même s'il regrettait un peu d'avoir « oublié » ses cannes.

-Donc, tu reconnais toi-même avoir flirté avec la moitié des filles de la classe ?

-La moitié ? Nan. J'ai « flirté » avec le trois-quart des filles de l'école. Et je suis sorti avec huit filles de la classe. Mais bon, Allison ne peut pas tout savoir, hein ?

Kate était un peu étonnée de la franchise de Tony. Etait-il conscient d'aggraver son cas ? Visiblement, non. Un peu perplexe, elle le suivit quand il quitta la salle pour le parc, où le reste du groupe les attendait.

-En fait, tu es qui exactement ?

-Pour les autres ? Je suis le sportif écervelé au physique de rêve. Le Dom Juan de ces dames. Pas vraiment le gendre idéal, mais plutôt le petit copain qu'elles veulent toutes. Il paraît que ça le fait de sortir avec un mec populaire, même si c'est un débile.

La jeune fille fronça une nouvelle fois les sourcils. Allison lui avait dit de se méfier de l'étudiant. Elle lui avait dit qu'il était sympathique, mais que sa réputation le précédait partout. Et le pire, c'était que cette même réputation ne le perturbait pas. Etait-il normal ?

-Tony ?

Le jeune homme se retourna et, comprenant que Kate allait poser des questions gênantes, il l'a pris par la main.

-Pas ici, viens.