Bon, changement de programme, si tout ce passe bien, vous aurez deux chapitres aujourd'hui ! (oui, je sais, cela ne suffira jamais à rattraper mon retard ni à me faire pardonner, mais ça m'aiderait à déculpabiliser). Ce chapitre n'est pas bien grand (que voulez-vous, le dialogue, ça allège drôlement le fichier^^) mais j'espère qu'il vous plaira quand même. Et si vous êtes frustré, prenez vous en à... à moi. Bonne lecture à vous.

Kate sentit la main de l'italien se refermer sur son bras. Tony l'attira vers la porte d'une salle de classe où il la fit entrer, puis referma la porte derrière eux après avoir vérifié que personne ne les avaient vu. Surprise, elle resta debout sans bouger pendant qu'il s'asseyait sur une table. Comment pouvait-il savoir ? Et pourquoi voulait-il s'enfermer dans cette salle ?

-Alors Kate, qu'est-ce que tu veux savoir ?

OoOooOoooOooOoO

Dans le parc, tout le monde s'était installé sous un des plus gros arbres de la cour, sur une nappe de piquenique que Shannon avait sortie de son sac comme par magie. Abby avait pris place entre Gibbs et Timothy, qui jouait avec une de ses couettes. Mikaël s'était assis le plus loin possible du reste du groupe, comme s'il craignait d'attraper une maladie contagieuse à leur contact. Ziva, elle, guettait l'arrivée de Tony et Kate : elle n'avait pas vraiment eu l'occasion de leur parler et souhaitait en apprendre un peu plus sur eux. Après tout, l'italien était le meilleur ami de Gibbs, et Kate semblait loin d'être l'une de ces américaines décérébrées fan de magazines people. Au bout d'un quart d'heure, n'y tenant plus, elle se tourna vers Gibbs.

-Kate et Tony ne devaient pas nous rejoindre ?

Le jeune homme arqua un sourcil.

-Kate et Tony ? Hmm…

L'idée que sa théorie se vérifie le deuxième jour de l'année le rendait perplexe. Mais bon, s'était DiNozzo, il ne fallait pas se faire d'illusion, l'affaire serait réglée avant la fin de la semaine. Le cycle de l'italien tenait sur sept jours : Célibat, Couple, Rupture. Il attrapa le verre de café qu'Abby lui tenait et but une gorgée du liquide brûlant tandis que Shannon répondait à l'israélienne.

-Ils sont sortis en dernier de la salle et je pense qu'ils ont dû aller aux casiers. C'est le deuxième couloir à droite.

Ziva s'était déjà levée, bien décidée à rapatrier les brebis égarées. Elle piqua un sprint vers le bâtiment sous le regard courroucé de Mikaël.

OoOooOoooOooOoO

Tony attendait que Kate reprenne ses esprits. Elle semblait un peu déboussolée par la tournure que venaient de prendre les événements. Apparemment, elle ne s'était jamais retrouvée enfermée dans une salle seule avec un garçon. Et elle avait l'air de s'inquiéter sérieusement de ses intentions. Décidément, sa réputation faisait bien plus que le précéder.

-Hé, je ne vais pas te manger toute crue Kate !

Elle releva lentement les yeux vers lui et constata la lueur amusée dans les yeux verts.

-Je… Qui es-tu ?

Tony se mit à rire.

-Alors cette question-là, j'avoue que je n'y avais pas pensé. Mais, bon, il faut bien te répondre, sinon, tu vas être toute perdue et tu vas paniquer. Alors voilà : je suis l'Elu !

-L'Elu ? Rien que ça ?

-T'as jamais vu Matrix ? Aaah ! Tu me déçois Kate. Je sais que les deux derniers ne sont pas terribles, mais tout de même, tu devrais connaître Neo ! Toute une éducation à refaire…

-Tony !

-Quoi ?

-On t'a déjà dit que tu étais…

-Enervant ? Instable ? Désespérément sexy ?

Il fit mine de réfléchir un bref instant.

-Oui. Plusieurs fois même.

-Tony !

-Pose de vraies questions si tu veux de vraies réponses. Quoique, techniquement, je t'ai donné de vraies réponses…

-A quoi est-ce que tu joues ?

Au ton de Kate, Tony comprit qu'elle venait de poser la question qu'il redoutait. Pourquoi cette fille qu'il connaissait à peine fait-elle mouche là où tous les autres ne voyaient que ce qu'il voulait bien leur montrer ? Restait une pirouette à tenter…

-A Anthony DiNozzo.

Kate s'assit sur le bureau, juste en face de lui.

-Et quels avantages est-ce que tu trouves à ça ?

Tony haussa les épaules.

-Tu tiens vraiment à me faire une psychanalyse ?

-Répond.

-Non. C'est pas équitable. Si tu veux une réponse, tu dois m'en donner une.

Elle soupira, mais accepta.

-Je n'y tiens pas particulièrement, mais je voudrais bien comprendre ce qui se passe dans ta tête.

-Le deuxième jour de l'année ? Tu ne t'y prends pas un peu tôt ?

-J'ai l'impression qu'une année ne sera pas de trop. Je me trompe ?

-Pas vraiment.

Admettre sa défaite n'était pas aussi difficile que ça, finalement.

Et le résultat était moins terrible que ce à quoi il s'attendait : la jeune fille sembla se satisfaire de sa réponse et changea de sujet.

-Gibbs… C'est ton meilleur ami ?

-Je doute que l'expression « meilleur ami » suffise à le qualifier. C'est… c'est Gibbs. Mais bon, disons que c'est ce qui se rapproche le plus de la définition, oui.

-Alors pourquoi tu n'étais pas avec lui hier ? Si c'est pas…

-Si c'est pas trop personnel ? T'en fais pas. J'avais juste… juste un truc à faire.

Il lui fit un petit sourire auquel elle répondit volontiers.

-Bon, à mon tour. D'où viens-tu ?

-De l'Ohio.

-Et pourquoi est-ce que tu as déménagé ? Si c'est pas trop personnel ?

-Ma mère a été mutée…

-Ca te manque ?

-L'Ohio ? Oui, un peu.

Tony lui fit adressa une moue : il n'était pas dupe.

-Beaucoup. Mais j'y ai passé toute mon enfance alors c'est normal. Tu as toujours vécu ici toi ?

-Oui. Enfin, non. Les premiers mois de ma vie, j'étais en Italie. Pour être honnête, je ne m'en souviens pas alors, ça ne me manque pas.

-Tu as de la famille là-bas ?

-Toute ma famille en fait.

-Tu ne les vois jamais ?

-Hey c'est mon tour là ! Si, je les vois parfois pendant les vacances. Parle-moi d'Allison.

-Allison ? Elle est gentille.

-C'est tout ?

-Tu voulais que je dise quoi ? Qu'elle m'attire beaucoup et qu'on va se tripoter dans les vestiaires ?

Tony partit dans un fou rire qu'il eut énormément de mal à calmer.

-T'es dégoutant DiNozzo !

-Excuse-moi, mais c'était pas le genre de réponse que j'attendais. Je te voyais plutôt comme le type de filles bien élevées qu'on choque pour un rien.

-Déçu ?

-Tout le contraire.

Kate apprécia le compliment mais n'en dit rien.

-Une petite question toute bête mais, qu'est-ce qui t'es arrivé ?

Elle désignait les cicatrices qui lui marquaient encore le visage. L'espace d'un instant, elle le vit se crisper, puis tout revint à la normale. Le sourire sonnait juste désespérément faux.

-Tu connais l'expression : se prendre un platane ? Et bah, ça marche aussi avec les pins de Virginie.

Devant l'expression ahurie de Kate, il s'expliqua.

-J'ai bousillé ma voiture dans un arbre sur une petite route de campagne en juin.

-Et tes parents t'ont acheté une Ferrari pour te récompenser de ton exploit ?

En voyant la mine sombre de l'italien, elle s'en voulu de s'être moquée.

-La Ferrari est à mon père. Je peux emprunter ses voitures tant que je suis sans carrosse.

-En tout cas, tu as eu de la chance. Tu aurais pu mourir.

Kate le vit baisser les yeux et sentit une boule se former dans son ventre : elle aurait sans doute mieux fait de se taire.

-J'appelle pas ça de la chance…

L'adolescent frimeur venait de se volatiliser, et Kate ne savait pas comment. Que c'était-il passé en juin ? Elle vint s'asseoir à côté de lui et posa une main sur son épaule avant de demander, tout doucement :

-Et tu n'étais pas seul dans la voiture, c'est ça ?

Tony tourna la tête vers elle et acquiesça silencieusement, contenant les larmes qui menaçaient de lui brouiller la vue. Kate se tut et fit ce qui lui semblait le plus naturel : elle le prit dans ses bras.

OoOooOoooOooOoO

De l'autre côté de la porte, Ziva, sur la pointe des pieds, observait par la vitre, stupéfaite le spectacle qui se déroulait devant ses yeux. Tony et Kate ? Ensemble ? Elle serra les poings et fit demi-tour, sentant une vague d'amertume la submerger. Pourquoi ? Et qu'est-ce que cela pouvait bien signifier ? Elle traversa le couloir en sens inverse et rejoignit le petit groupe dans le parc. Elle s'installa tout contre Mikaël et signifia à Shannon qu'elle ne les avait pas trouvés. Gibbs ne répondit pas mais elle le vit se redresser, un peu inquiet. Que se passait-il donc dans cette école ?