Un grand merci à toutes et tous pour les reviews. Ce chapitre ne vous apportera rien du point de vue de l'histoire, mais je sens que certain(e)s vont grincer des dents en le lisant (Tony4ever, Allison26, pour ne citer que vous... ) mais je sais qu'il devrait plaire à Ayallaa. Bon, pour les autres, ne soyez pas trop déçus, l'intrigue va progresser. Au menu du prochain chapitre : que des bonnes choses ! Bonne lecture à vous et gros bisous.

L'Ouragan Sciuto était réputé pour son énergie débordante, son sourire adorable et son enthousiasme sans limite. Et s'il lui arrivait de faire des dégâts, ce n'était que pour mieux reconstruire ce qui avait été détruit. En somme, Abigail Sciuto était le cataclysme le plus bénéfique que la Terre n'est jamais porté. Il n'y avait presque personne dans le laboratoire, et les trois élèves qui venaient d'y entrer eurent le loisir de choisir leur place. Tony, tel un automate, alla poser son sac sur l'une des paillasses du troisième rang, laissant les deux filles entre elles. Kate se tourna vers Abby, inquiète. Depuis qu'elle connaissait la raison des sautes d'humeur du jeune homme, elle était doublement anxieuse pour lui. Abby le connaissait depuis longtemps, elle devait sans doute savoir quoi faire.

-Va le voir.

-Moi ? Mais Abby… !

-En cours, je suis la binôme de Timmy. Et Tony n'a jamais voulu nous parler de tout ça. Aller !

Et la jeune gothique poussa Kate vers son destin, sans ménagement. Cette dernière se mordit la lèvre inférieure elle aurait apprécié un briefing, aussi léger fut-il. Mais Abby avait des méthodes bien à elle. Prenant son courage à deux mains, elle alla s'asseoir à côté de l'italien pendant que le reste du groupe entrait dans la salle.

-Je peux m'installer ici ?

-Ouais.

La réponse monosyllabique n'avait jamais été le meilleur moyen de lancer une conversation.

-Je suis désolée pour tout à l'heure. On n'aurait pas dû… Si j'avais pas…

Tony se retourna brusquement.

-Tu es désolée ? Et je peux savoir pourquoi tu es désolée Kate ? Parce que Ziva est une sale petite peste peut-être ?

-Tony…

-Quoi « Tony… » ?

-En fait, Ziva avait cru que…

Il haussa un sourcil.

-Que… ?

-Que tu m'avais plus ou moins attaquée dans la salle de classe…

-Quoi ?

Kate fut soulagée de voir la colère céder la place à l'incompréhension dans les yeux verts. Mentir n'était pas si terrible que ça, finalement.

-Tu sais après avoir discuté on… enfin on a…

-Je vois oui.

-Ziva a cru, à cause de ta réputation, que tu profitais qu'on soit loin du groupe pour me faire des tortures…

-Ah ! Donc, en plus d'être une peste, c'est une tordue ? Bon à savoir…

Le coup de poing qu'il se prit dans l'épaule lui tira un vague « aïe » amusé.

-Elle ne savait pas pour…

-Pour ma mère ? Toi non plus. Et pourtant, tu t'abstiens de faire des commentaires.

-Tony…

-Pas maintenant.

-Je ne retournerai pas m'enfermer dans une salle de classe avec toi DiNozzo !

Le rire de Tony fit se retourner la plupart des personnes présentes.

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Ziva, elle, avait de la peine. Tony l'avait complètement ignorée. C'était parfaitement mérité, mais elle aurait aimé pouvoir se justifier. Tony pouvait comprendre, non ? Le grognement de Mikaël la tira de ses pensées et elle s'installa à côté de lui sur une paillasse du fond de la classe. Shannon et Gibbs étaient juste devant, et McGee n'était séparé de son mentor que par la colonne d'alimentation de gaz. En somme, le groupe le plus éloigné était, bien évidemment, celui de Tony. Pas vraiment l'idéal pour présenter des excuses. Elle regretta un instant de ne pas être comme Kate. Elle avait l'air toute pardonnée. Elle réalisa alors le fond du problème : Kate n'avait rien à se faire pardonner. Pour l'italien, elle n'avait rien fait, rien dit de mal. Et il n'était pas si loin que ça de la vérité. Elle était la seule responsable dans toute cette histoire. Et Tony ne le lui pardonnerait jamais. Instinctivement, elle porta la main à l'étoile qui pendait à son cou et murmura quelques mots en hébreu.

OoOooOoooOooOoO

Le cours de biologie s'avéra ne pas en être un, au grand plaisir de toute la classe. Le professeur s'était contenté de faire connaissance avec ses élèves et de leur proposer un projet surprise pour le trimestre. Ils devaient juste, pour la fin de l'heure, avoir décidé qui serait leur binôme pour l'expérience. Et naturellement, les équipes se formèrent : Shannon et Gibbs levèrent la main en même temps qu'Abby (qui, elle, levait aussi le bras pour Tim), Mikaël qui fit signe qu'il travaillerait avec Ziva et Tony, enfin, brisa le cœur de toutes les filles célibataires de la salle quand il annonça (avec son indétrônable sourire) qu'il serait le partenaire de Kate. Quelques regards mauvais se tournèrent vers la jeune fille et l'italien les retourna à l'envoyeur sans autre forme de procès avant de passer un bras autour des épaules de sa voisine. Celle-ci poussa quelques cris de protestations avant de le frapper dans le sternum. Le souffle coupé, il trouva tout de même la force d'en rire.

OoOooOoooOooOoO

Après cette (hmmhmm) passionnante leçon, les jeunes gens prirent joyeusement le chemin du self, et Kate en profita pour rejoindre Abby et Shannon qui marchaient en tête, laissant à Ziva la possibilité de parler tranquille à Tony. Gibbs et Mikaël comprirent la manœuvre et s'éloignèrent avec une finesse toute masculine, embarquant McGee qui, lui, trouvait la désertion massive trop flagrante pour que l'italien ne se rende compte de rien. Néanmoins, il ne protesta pas et rejoignit le petit groupe en trottinant. Une fois seuls, Ziva inspira une profonde bouffée d'oxygène et ouvrit la bouche, avant de se faire couper par Tony.

-C'est pas ce que tu crois.

-Euh…

-Entre Kate et moi. J'ai pas essayé de profiter d'elle. Je sais que je suis connu pour tout un tas de trucs plus ou moins glorieux, mais je préfère les filles consentantes. Tu vois ?

-Pas vraiment.

Tony s'arrêta de marcher et se tourna vers elle. Les autres venaient de passer la porte à double battants de la cantine. Il observa Ziva quelques secondes puis eut un sourire à demi-amusé. Il se passa une main dans les cheveux et secoua la tête.

-Kate doit avoir un diplôme en manipulation… J'imagine que le fin mot de l'histoire est bien moins drôle, pas vrai ?

L'israélienne fixait le carrelage, ce qui acheva de convaincre le jeune homme.

-Raconte. Je te jure que je ne vais pas te frapper. Je ne frappe pas les filles.

Il arborait un sourire rassurant, presque complice. Le genre qui incite aux confidences. Et ça, même la fille du Directeur du Mossad n'y avait pas été préparée.

-J'ai cru que… que tu sortais avec elle.

Tony fit un pas vers Ziva.

-Tu as cru que je sortais avec « elle » ? En italique ? Tu la détestes à ce point-là ?

Elle releva le visage, surprise. Non, elle ne détestait pas Kate. Tony dût le comprendre car il se rapprocha encore.

-Tu étais… jalouse ?

Sa voix était à mi-chemin entre le murmure et le souffle. Ziva avait l'impression qu'elle se faisait ensorcelée, mais, étrangement, cela ne lui semblait pas désagréable. Tony était si près qu'elle sentait les cheveux du jeune homme lui effleurer la tempe. Elle ne bougea pas. Elle était comme statufiée. Jamais personne ne s'était aventuré aussi loin dans son espace vital. Elle leva le regard pour accrocher celui de Tony. Il se pencha à peine et elle ne put s'empêcher de fermer les yeux. Elle avait compris. Et bientôt, elle sentit les lèvres de l'italien sur les siennes. C'était étrange. Doux. Agréable. Mais, bien plus vite qu'elle ne l'aurait cru, le délicieux contact cessa, et elle se retrouva face à un Anthony DiNozzo qu'elle regardait sans vraiment le voir. Ou du moins, elle ne le voyait plus comme avant. Le murmure parvint à son oreille, tandis qu'il poussait la lourde porte :

-Franchement, je ne vois pas ce que tu rates.

En frissonnant, Ziva sortit de sa torpeur et rejoignit l'italien qui lui tenait la porte, son sourire habituel rivé sur les lèvres. Il n'avait pas l'air plus perturbé que ça pas sa confession. Ni par leur baiser. Elle lui rendit son sourire et, quand elle passa la porte, elle comprit que, parfois, les gestes en disait bien plus que les mots.