Et voilà le début de la fête ! Rien de bien fantastique, mais j'espère que ça vous plaira. Bonne lecture à vous.
Etrangement, la semaine passa bien plus vite qu'aucun d'entre eux ne l'aurait imaginé. Entre les cours, les devoirs, et les préparatifs pour la fête, le temps leur fila entre les doigts sans qu'ils ne s'en aperçoivent. A la grande satisfaction de Tony, qui en profita pour régler les détails de sa soirée sans avoir de curieux dans les jambes. Gibbs ignorait tout de l'organisation, même s'il se doutait que la fête aurait lieu dans la marina, sur un voilier hors de prix. Il était censé, selon la coutume, arriver en premier, quand Tony serait encore seul sur le futur lieu de « débauche ». Quoique les fêtes de Tony n'étaient pas si débauchées que ça, en fin de compte. Il se gara sur le parking et longea le quai jusqu'au point d'ancrage habituel du « Paradiso ». Le bateau se trouvait là, comme toujours, fidèle au poste. Un sourire aux lèvres, Gibbs observa le navire. Il laissa son regard caresser religieusement les courbes du bateau et failli sursauter quand un sifflement retentit. Il bascula la tête en arrière pour pouvoir observer les cordages d'où Tony lui faisait de grands signes.
-Alors, tu montes ou pas ?
L'italien venait de lui lancer une échelle qu'il s'empressa d'escalader. Une fois sur le pont, il entendit le bruit mat d'une chute : Tony s'était laissé tomber de son perchoir.
-J'ai jamais compris pourquoi tu ressentais toujours le besoin de monter en haut du mat.
-Parce qu'on voit plus de choses de là-haut.
Tony lui mit une tape amicale sur l'épaule. Il détailla Gibbs du regard puis, satisfait, lui fourra un tricorne dans les mains.
-J'ai besoin d'un navigateur ce soir. Ca t'embête pas trop ?
Gibbs secoua la tête. Non, ça ne l'embêtait pas. Il adorait naviguer. Et ce bateau était une pure merveille. Tony l'avait juste conditionné pour la soirée : de grandes tentures blanches soutenues par des piliers en bois masquaient la cabine et protégeaient le buffet d'éventuels moustiques. Des enceintes étaient dissimulées un peu partout. Mais Gibbs connaissait assez le bateau pour remarquer les petits détails.
-En tout cas Gibbs, le look pirate te va très bien !
Il désignait l'attirail de son ami qui avait tout de Long John Silver, à part peut-être la coupe de cheveux. Et la jambe de bois.
-Et c'est Jack Sparrow qui me dit ça ?
Ils échangèrent un regard complice dans lequel se mêlaient l'amusement et les souvenirs communs. La soirée s'annonçait formidable.
-Hey ! Giiiiibbs !
Abby venait de monter, vêtue comme n'importe quel homme d'équipage, un faux perroquet dans les bras.
-J'ai pensé que ça te plairait Cap'tain !
Tony l'embrassa sur la joue et plaça le perroquet sur la première barre du mât.
-Il parle vraiment. Et c'est super cool ! Du coup je me suis dit, un perroquet qui parle avec un air cool, il faut absolument que Tony en ait un ! Et j'ai pensé que tu pourrais l'avoir avec toi, et que comme ça…
-Et queee comme çaaaaaaa ! Et queee comme çaaaaaaa !
Le trio éclata de rire.
-En tout cas, vous avez fait de gros efforts les garçons. Vous êtes carrément trop adorables comme ça !
-Abby, on est supposé être des tueurs sanguinaires, sans états d'âmes.
-Oh je t'en prie Tony, c'est pas Jack Sparrow qui va effrayer quelqu'un ! (quelqu'uuuun ! effrayer quelqu'uuuuun !)
-Tu dis ça parce que j'ai pas dessiné les faux yeux sur les paupières. Mais tout seul, c'est dur.
-Assieds-toi sur le tonneau, je m'en occupe. (le tonneaaaau ! le tonneaaau !)
Gibbs regarda Tony s'installer docilement et fermer les yeux. Il avait totalement confiance en la jeune fille. Il ne perdit pas une miette du spectacle, mémorisant chaque geste, chaque mouvement qu'elle faisait. Il lui fallut un peu moins de dix minutes pour rendre DiNozzo complètement différent.
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Quand le reste de la bande arriva, il n'y avait encore personne. C'était une tradition à laquelle Shannon avait veillé : arriver juste avant les autres, comme de véritables VIP. La musique s'écoulait déjà sur la marina, des airs de pirates délicieusement entêtants. Le volume était encore bas pour une fête de Tony, mais s'était agréable.
-On voudrait partir à l'aventure !
La silhouette de Tony apparut sur le pont.
-Et pourquoi ça ?
-Il paraît que le second du Capitaine supporte mal la solitude en mer…
L'italien rajusta son tricorne et disparut de leur champ de vision. Une échelle de cordage déboula de nulle part quelques instants après.
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Pour entrer, il fallait, bien entendu, connaître le lieu de la fête, et avoir une invitation. Mais pas seulement. Il fallait avoir un costume de pirate (ou en rapport avec les Caraïbes) et savoir attirer l'attention de Tony (dans le bon sens du terme). Soit une tenue très courte, soit une réplique cinématographique. En bref, il fallait le prendre par les sentiments. Et Brett Cooper n'avait pas l'air de l'avoir compris.
-DiNozzo ! Bouge ton cul et fais-moi monter ! DINOZZO !
Inutile de préciser que Tony se faisait un plaisir de l'ignorer. Brett et lui se haïssaient plus ou moins cordialement depuis que l'italien s'était retrouvé la tête dans la cuvette des toilettes en cinquième. Ce qui, en fait, faisait de Brett l'un des types les plus détestés du lycée. Par derrière, bien sûr. Car Tony n'avait jamais annoncé publiquement son ressentiment à l'égard du jeune homme. Il s'était contenté de l'ignorer. Ce que le reste de l'école faisait, avec plus ou moins de succès.
-DiNozzo fais-moi monter bordel ! Ma petite amie est en haut !
La fête avait déjà commencé, mais les derniers invités arrivaient encore. Et Kate faisait partie du lot. Elle passa à côté de Cooper sans le voir et, portant les mains en cornet à sa bouche, elle appela.
-DiNozzo ! Comment je monte ?
A peine s'était-elle tut que Tony apparaissait dans son champ de vision. Il descendit du bateau et les rejoignit sur le quai. La jeune fille ne put empêcher un sourire de s'imprimer sur son visage lorsqu'elle détailla la tenue de l'Italien. Il portait un corsaire brun avec une paire de bottes de cuir noir, neuves, sans aucun doute, mais patinées pour l'occasion et une chemise blanche à manches bouffantes, qu'il avait eu le bon goût de laisser ouverte jusqu'à la ceinture de tissu dans laquelle était exposées des armes. Il devait jouer le jeu de la séduction suggérée, car la chemise entrouverte laissait un bel aperçu de la musculature du sportif. Il remarqua qu'elle s'attardait sur sa tenue et cela le fit sourire.
-Je te proposerai bien l'échelle, mais la galanterie voudrait que je passe devant…
Elle lui plaça un coude de coude dans les côtes. Cooper s'énerva.
-Parce qu'elle elle peut monter bien sûr ? Elle n'a même pas d'invitation !
Tony leva un sourcil et sortit une invitation de nulle part.
-Maintenant, elle en a une.
Cooper lui lança un regard mauvais.
-Et moi ?
-Toi, tu risques fort de recevoir une tâche noire si tu pollues mon air encore longtemps !
Kate arqua les sourcils mais préféra se taire. Shannon leur envoyait l'échelle : ils seraient les derniers.
-Et Alycia ?
-Elle a trouvé de quoi s'occuper parmi l'équipage…
Kate en était à la moitié de l'échelle, Tony était sur le premier barreau.
-Un conseil Cooper, tire-toi. Pendant que tu le peux encore.
Le ton de Tony était lourd de menace. Pourtant, Brett ne bougea pas. L'italien l'ignora et remonta dans son navire avant d'en remonter l'échelle. Il monta sur un tonneau et s'agrippa au mât.
-Bienvenue à toutes et tous à notre première réunion de pirates ! Merci d'être venu de si loin, chers amis de Washington, pour écumer les mers des Caraïbes. Je suis le Capitaine DiNozzo, et à la barre, voici le Second Gibbs. Il aurait dû être capitaine, mais bon, on a tiré à pile ou face et… ça ne vous intéresse pas. Bref, mon équipage vous a fouillé car l'alcool est interdit à bord. Tout comme le fait de jeter des hommes à la mer. Le mot d'ordre de la soirée est de s'amuser. Et maintenant, Monsieur Gibbs, Cap sur l'Ile !
Kate comprit alors que la petite île au large faisait partie de la fête, et quand les rythmes endiablés lui explosèrent les tympans, elle vit Tony sauter sur perchoir pour aller aider Gibbs, un sourire triste aux lèvres.
