Suite et fin de la soirée. J'espère que vous aimerez. Bonne lecture à vous !

La fête battait son plein. Tout le monde s'amusait, et même McGee avait fait un effort. Finalement, jouer les entremetteurs pouvait avoir du bon… Allongé dans le sable derrière la propriété, Anthony profitait du soleil couchant. Les vibrations des haut-parleurs lui faisaient parvenir chaque note de musique et les cris joyeux des étudiants laissaient entendre que la soirée était réussie. Pourtant, il n'avait pas le moral au beau fixe. Il se sentait mal, comme si tout cela n'avait aucun sens. Comme s'il n'appartenait pas à ce groupe. Et il commençait à avoir la migraine. Il avait passé la semaine à faire comme si tout allait bien, il avait même retirer son atèle et la douleur se mêlait à la fatigue. Un cocktail dont il se serait bien passé. Il regrettait un peu d'avoir organisé tout ça, d'être responsable d'une telle soirée. Si les jeunes s'amusaient, leurs parents devaient être en état de stress chez eux, à attendre le retour de leur progéniture, retour qui n'aurait lieu que le lendemain. Parce que les sales gosses faisaient tous des after ou finissaient la nuit en boîte. Sales gosses inconscients. Combien de mères s'arrachaient les cheveux à l'heure qu'il était ? Combien de père tournaient en rond dans leur salon ? Et la soirée n'était pas encore finie…

-Tony ?

Il bascula la tête en arrière pour voir la silhouette de Kate se découper à contre jour.

-Salut.

-Salut. Je peux ?

-Le sable est à tout le monde.

-Pas celui-là.

Le jeune homme haussa un sourcil. Kate vint s'allonger à côté de lui.

-Alors, tu t'es fait de nouvelles amies ?

-Pas vraiment. Et puis, j'aime déjà bien votre petit groupe.

-Aïe…

-Qu'est-ce que j'ai dit !

-Tu as dis « votre » petit groupe. C'est terriblement blessant. Nous, on t'a déjà adopté et toi, tu nous rejettes comme… comme une paire de vieilles chauffettes !

Ils échangèrent un regard et se mirent à rire.

-J'ai rien contre vous. Je vous aime bien ! Mais c'est dur de s'intégrer en une semaine.

-Mais tu nous aimes quand même un peu, hein ? Un petit peu. Un tout petit peu. Rien qu'un tout petit peu.

-Tony…

-Bah quoi ?

-Arrête de jouer l'innocent. Tu passes ton temps à faire le gamin ! C'est puéril !

-Franchement Kate. Qu'est-ce que tu attendais de plus d'un mec de dix-sept ans déguisé en pirate ?

Son regard était lourd de sens. Il ne se portait aucun crédit.

-Justement, parlons-en des costumes.

- Oui ?

-Où as-tu été pêcher une idée pareille ?

-Au cinéma.

-Nan mais sérieusement Tony.

-Au cinéma. Enfin non, en dvd. Mais ici, ça revient au même.

Ils se turent, affalés dans le sable. Il faisait encore drôlement bon pour le mois de septembre. Cette soirée avait des airs de vacances. C'était assez agréable.

-Qu'est-ce que tu as fait du perroquet ?

-Il est dans la maison.

Kate fronça les sourcils : elle ne se souvenait pas d'avoir vu Tony installer l'animal à l'intérieur. Il dût remarquer son air dubitatif car il ajouta quelques détails.

-Pas cette maison-là. Il y en a une autre, plus loin. Je te la montrerai si tu veux, mais pas ce soir.

La jeune fille acquiesça. Tony fixait toujours le ciel, une main ratissant le sable. Il n'avait pas l'air de s'en rendre compte. D'après ce qu'elle avait réussi à comprendre en une semaine, Tony était le plus compliqué du groupe. Il dépassait largement Abby et Gibbs dans ce domaine. Il n'arrêtait pas de faire l'idiot, de sourire à droite à gauche, comme si cela pouvait régler tous ses problèmes. A cause de cela, tout le monde le prenait pour un bel imbécile, alors qu'en réalité, les gens étaient loin du compte. Kate voyait bien que tout cela n'était qu'un jeu et, quelque part, ça l'attristait. DiNozzo préférait se cacher derrière un sourire de façade que de faire face à la réalité. Comme la plupart des enfants malheureux. Au fond, Tony était encore un petit garçon. Et la poignée de sable qui vint se répandre dans ses cheveux n'allait pas la démentir !

-Raaaaaaaaaah ! Tony ! Tu…Tu vas me le payer DiNozzo !

Et une bataille de sable commença. Ce n'était pas vraiment l'arme idéale, mais après le lancer de brins d'herbe, il fallait innover.

-Tu triches ! T'as pas le droit de m'en faire avaler !

-Pourquoi, le goût laisse à désirer ? Tu n'aimes pas ça, môssieur DiNozzo ?

-Mais-euh ! C'est pas juuuste ! En plus, tu me fais mal.

Kate relâcha sa prise et laissa le jeune homme se rasseoir. Elle l'avait plaqué au sol en lui faisant une clé au bras : elle avait oublié qu'il n'était pas totalement remis.

-Ca va ?

-Ouais, mais j'ai du sable sur la langue. C'est dégueu.

Soulagée par l'air bougon de Tony, elle se remit à le taquiner.

-Ca t'apprendra à attaquer une fille.

-Même mes ex ne me font pas des coups pareils…

-Peut-être que si tu sortais avec une fille et pas avec une quiche…

-Je préfère les tartes personnellement mais… Attends, ce serait pas une proposition ça ?

-Quoi ? Nan-nan-nan-nan-nan ! Tu te fais des idées Tony !

-Moi je suis sûr que si ! Aller, relâche-toi Katie ! Toi et moi sur la plage, devant un merveilleux coucher de soleil… Je ne te dirai pas non.

-Mais moi si ! T'es pas mon genre DiNozzo.

-Ah bon ?

-Tu es trop… trop…

-Trop égal à moi-même ?

Elle se mit à rire.

-Ouais. Y a de ça Tony.

L'italien ramena ses jambes contre lui et posa sa tête sur ses genoux.

-J'aime bien t'énerver.

-Pardon ?

-J'aime bien t'énerver. Tu réagis toujours au quart de tour.

-C'est pas forcément réciproque.

Tony ignora sa remarque, comme s'il savait qu'il s'agissait d'une demi-vérité. Parce que Kate aimait bien se chamailler avec lui. Il avait ce petit côté exaspérant mais sympathique qui faisait qu'en une semaine de taquineries, elle ne savait toujours pas si elle arriverait à lui en vouloir. C'était un jeu auquel ils jouaient très bien : ils ne dépassaient jamais les limites. Ils savaient quand le terrain était glissant, et quand il fallait s'arrêter. Finalement, leurs joutes leur avait permis de se connaître bien mieux qu'une conversation ne l'aurait fait.

-Alors, Washington, ou l'Ohio ?

-Sans hésiter une seule seconde : Washington !

-C'est vrai ?

-L'Ohio est génial mais, ici, c'est pas pareil. Vous êtes… différents.

-Mieux ou moins bien ?

-Différents. Vous êtes plutôt accueillants. Et puis, Shannon et Abby sont vraiment adorables. Et Ziva aussi.

-Gibbs et McGee ? Rivkin ?

-Gibbs me fait un peu penser à un soldat. Ou à un père de famille débordé.

-Son père est un marine.

-Ca explique des choses. Timothy… je le trouve très gentil. Trop peut-être. Il est timide aussi. Mais il a l'air super sympa. Et pour Rivkin… je ne sais pas. Il ne parle pas beaucoup.

Tony se tut, songeur. La jeune fille l'imita et ils observèrent l'horizon encore un moment, blottis dans un silence confortable. Le temps s'écoulait calmement, et leurs respirations s'égrainaient lentement. Au bout d'un certain temps, Kate finit par poser sa tête sur l'épaule de son voisin. Ses cheveux chatouillaient la joue de l'italien qui se sentait un peu mieux. Son coup de cafard était passé, et sans doute la demoiselle à côté de lui n'était pas étrangère à ce changement d'humeur…

OoOooOoooOooOoO

Il fallut attendre un bon moment avant que les étudiants ne fatiguent et, la nuit étant tombée depuis longtemps, tous les petits groupes se rejoignirent pour n'en former plus qu'un seul. Bien entendu, Tony avait trouvé un moyen de s'éclipser. Il s'était assuré que personne ne manquait à l'appel et s'était placé derrière la maison, pendant que tout le monde étaient sur la plage. Il ignorait juste que Gibbs était derrière lui…

-Je peux savoir ce que tu comptes faire avec cette télécommande ? Tu ne vas quand même pas faire…

-Faire ?

-Faire exploser le bateau ! Tony !

Pour toute réponse, il appuya sur le bouton, déclenchant un feu d'artifice. A peine rassuré, Gibbs soupira.

-J'y avais pensé figure-toi. Mais c'était son bateau… Et je pourrais jamais le couler. Mais je peux pas le garder non plus... Alors je préfère le confier à quelqu'un qui saura en prendre soin.

Gibbs accepta les clefs sans rien dire. Il posa une main sur l'épaule de Tony et tous deux admirèrent le spectacle.