Déjà, je remercie les nouveaux lecteurs qui nous ont rejoint en cours de route : ça fait plaisir de découvrir de nouvelles têtes. J'espère que ce chapitre vous plaira (Firesey, Ayallaa... je compte sur votre franchise en matière de critique, et sur vos bons conseils quand à la fin du chapitre : sadique, ou pas sadique ?). Bonne lecture à toutes et à tous. Bisous et merci.
Tony, lui ignorait tout du public qui l'observait.
-Bon sang… voilà que je parle à un jouet… Je dois pas m'arranger avec l'âge…
Il se parlait plus à lui-même qu'au poupon, mais, comme tout enfant en bas âge, Liam était extrêmement réceptif (foutu capteurs à reconnaissance vocale !), et il ne manqua pas de se mettre à pleurer. Immédiatement, le jeune homme se crispa, comme statufié par les pleurs électroniques du nourrisson.
-Oh non pitié pleure-pas ! Je pensais pas ce que je disais. Tu es un vrai bébé. Un gentil petit vrai bébé. Alors arrête de pleurer maintenant. S'il te plait…
L'angoisse perçait dans sa voix, mêlée à un ton suppliant qui ne lui ressemblait pas. Mais Tony était bien trop occupé pour se rendre compte du spectacle qu'il offrait.
-Tu veux quoi ? Un biberon ? Une tutute ? Kate ?
Le bébé continuait de pousser des hurlements que l'italien trouvait assez effrayants.
-Si seulement Gibbs était là… Il te ferait taire avec un de ses regards hyper autoritaire. Mais bon, t'es un peu petit pour que je le laisse te traumatiser hein ? Allez sois cool, arrête de pleurer. Sinon… sinon ta mère va me faire un procès et me retirer ta garde. Plus le droit de visite. S'il te plait Liam…
Mais le poupon faisait toujours un bruit digne d'une alarme anti-vol et Tony commençait à devenir fou : il détestait les pleurs. Ca le rendait complètement hystérique. Mais il pouvait difficilement piquer une crise sur un poupon en plastique. Il inspira profondément et s'assit dans l'herbe. Cette fois, le ton était plus ferme, la voix plus assurée.
-Tu es fâché, soit, je comprends. Mais, vu que je suis ton père, faut que tu saches un truc : me hurler dessus ne sert à rien. Et c'est encore plus stupide de te faire mal à la gorge alors que tu ne sais pas parler. Comment veux-tu que je comprenne ?
Tony faisait simplement un constat. Mais assez rapidement, Liam diminua le volume sonore, et fit par se taire. Il remuait toujours, mais c'était beaucoup plus agréable.
-Bah voilà ! Tu vois, quand tu veux ! Enfin, au moins, je suis fixé : j'avais raison, tu as le physique de ton père, mais l'intelligence de ta mère. C'est positif.
-Tu t'en sors pas trop mal DiNozzo.
Tony se retourna pour se trouver face à Kate. Elle s'assit en tailleur dans l'herbe, à côté de lui.
-Tu m'espionnais ?
-Non. Mais tu as fui avec le bébé, alors je t'ai suivi.
-Tu avais peur que je l'échappe ?
Elle leva les yeux au ciel. Tony lui répondit par son sourire le plus charmeur.
-Alors tu tiens à lui ? C'est parce qu'il a mes yeux ? Mon sex appeal ? Ou simplement parce que tu me trouves sexy ?
Kate l'aurait bien frappé, mais s'était délicat vu qu'il tenait Liam. Elle lui mit une tape à l'arrière du crâne, en compromis.
-Aïe ! Mais ça va pas Kate !
-Pardon ?
-T'as pas le droit de faire ça !
-Gibbs le fait bien.
-Mais c'est Gibbs ! Et puis, lui, il tape pas comme ça…
-Pardonne-moi de ne pas connaître les subtilités de ta relation masochiste avec Gibbs.
Tony se tourna vers elle, choqué.
-Relation masochiste ?
-Tu préfères Sadomasochiste ? Il te frappe, il t'embête, il se moque de toi en public… T'appellerai ça comment toi ?
-Bah… Gibbs ?
Kate poussa un soupir. Il n'avait pas l'air de comprendre, ou alors il n'était tout bêtement pas d'humeur à jouer. Dommage. Elle l'observa alors qu'il jouait un peu avec le bébé. Il avait l'air épuisé, les traits tirés et le visage cerné. Il n'avait pas ses cannes ni ses lunettes. Et il paraissait presque fragile à l'ombre des arbres, loin du reste du groupe. Peut-être que c'était ça la force de Tony : toujours faire croire qu'il était assez fort pour s'en sortir. Mais sans Gibbs pour assurer ses arrières, que deviendrait-il ?
-T'es pas fatigué toi ?
Il fronça les sourcils sans répondre, perplexe.
-Parce que moi, la vie de jeune maman m'épuise.
Elle s'allongea dans l'herbe et fit signe à Tony de l'imiter. Il posa le poupon sur sa veste, entre eux, et se laissa tomber en arrière.
-Qu'est-ce qui te plait tellement dans ce TP Kate ?
Il fixait le ciel, bras croisés derrière la tête.
-Tu vas te moquer de moi.
-Pourquoi ça ?
-Ca… ça me rappelle quand j'étais petite et que je jouais à la poupée. J'imitais ma mère quand elle s'occupait de mes frères et sœur, et c'était assez sympa. Enfin, à l'époque.
Anthony esquissa un sourire.
-J'ai jamais vu de bébé.
-Sérieux ?
-Sérieux.
-Aucun frère et sœur ?
-J'suis tout seul.
-C'est dur, non ?
Tony haussa les épaules. Il ne savait pas vraiment quoi dire. Oui, c'était dur. Mais pas que pour ça. Et puis, si jamais il avait besoin de compagnie, il pouvait débouler chez Abby à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit, personne ne l'entendait venir.
-Avec l'âge, on s'y fait.
-Je me suis toujours demandé ce que ça faisait d'être fille unique.
-C'est le pied quand tu es bébé parce que tu ne partages pas les parents, et à l'adolescence, parce que personne ne déboule dans ta chambre sans y être inviter. Mais entre les deux, c'est l'enfer.
Il tourna la tête vers elle pour la regarder, la joue droite dans la terre.
-T'as pas connu ça toi.
C'était un constat.
-Non. Je ne suis ni la première, ni la dernière. Ca donne de la marge. Mais je n'ai jamais pu être seule. C'est assez agaçant.
Tony eut une moue amusée.
-On échange ?
-Tu te sens prêt à supporter trois frères et une sœur ?
-Vous êtes cinq ?
-Hé oui… C'est ce que je te disais, difficile d'avoir un peu d'intimité…
-Woaw… T'entends ça Liam ? Quatre oncles et tante. Ca va en faire des cadeaux ça !
Kate se mit à rire.
-Faudra que je te les présente. Je suis sûr que tu t'entendras bien avec ma sœur.
-Ah ouais ?
-C'est une vraie fille. Tu ne peux qu'adorer, non ?
Tony lui tira la langue et l'ignora, se concentrant à nouveau sur les nuages.
-Oh regarde ! Un nuage en forme d'éléphant !
-Hein ?
-Là ! Regarde ! Juste à côté de la locomotive !
-Tu vois un nuage en forme de locomotive ?
-Oui, entre l'éléphant et l'Angleterre !
Tony était tout excité. Et comme toujours, sa bonne humeur était contagieuse.
-Où ça ?
-Juste là !
Il avait pris sa main pour qu'elle puisse voir la bonne direction. Elle se mit à rire en voyant ce que Tony appelait un éléphant. Quelque seconde plus tard, un raclement de gorge se fit entendre.
-Ca va, je vous dérange pas trop ?
Le rire de l'italien mourut tout à coup et il bascula la tête en arrière pour se trouver face à une tête bien connue.
