Maudissez Dwayne et ma tendinite, c'est leur faute !
Le souffle court d'avoir trop courut, Tony dévala les derniers escaliers qui menaient à la cave des Veil en se tenant les côtes, la tête lui tournait légèrement. Il avait, semblait-il, présumé de ses forces. Mais ça sentait le coup fourré. Comme tout ce que faisait Dwayne, ça sentait l'entourloupe à des kilomètres à la ronde. Pire : c'était une entourloupe, et Kate en était la victime, il en mettrait sa main à couper.
Lorsqu'il poussa enfin la porte de la cave, Tony la trouva déserte. Le sol était jonché de paquets de chips éventrés, de débris l'aluminium et de bouchons de liège. Des coussins maltraités exposaient leurs plumes et l'odeur nauséabonde de vomi et d'urine emplissait la pièce. Le jeune homme ne se posa même pas la question du « que c'est-il passé ici ? » : il le savait déjà. D'un pas nonchalant, l'italien s'enfonça un peu plus dans ce lieu de débauche pour trouver, placardée sur un mur, une plaquette de photomaton sur laquelle Kate arborait un sourire ravi aux côtés de Dwayne. Tony arracha la ribambelle de photo et leva le regard pour découvrir, tagguée sur le mur, une véritable déclaration de guerre. De rage, Tony serra les poings, froissant les portraits du petit couple qui lui souriaient. D'un clic, le portable d'Anthony DiNozzo immortalisa l'inscription : il ne serait pas dit que le jeune homme ignorait son adversaire.
Quand il quitta la cave, sans un regard en arrière, la devise italienne lui martelait encore l'esprit : « Veni, Vidi, Vici »
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-Après toi Kate.
La jeune fille esquissa un sourire timide à Dwayne, qui lui tenait la porte de la salle de classe. Madame Mallard venait de les autoriser à entrer, décrétant que l'instruction était pour tous. Sentant que quelque chose n'allait pas, Ziva s'empressa de faire signe à Kate pour qu'elle la rejoigne, empêchant ainsi Dwayne de l'approcher. Sans doute était-ce malpoli dans ce pays aussi, mais elle savait pertinemment que la bande le lui pardonnerait.
Kate, elle, ne semblait pas comprendre le problème. Elle vint s'installer près de Ziva, ravie.
-Salut Ziva ! Comment tu vas ?
-Bien et toi ?
-Génial !
-Dwayne est si sympa que ça ?
Kate fronça les sourcils, sans comprendre.
-Pourquoi cette question ?
-Parce que Dwayne est un sale chip !
-Un sale chip ? Un sale TYPE non ?
-C'est pareil.
-Dwayne est très gentil.
-Tony dit qu'il va te briser le cœur.
-Roh ! Mais en quoi est-ce que ça le regarde !
-Peut-être qu'il se fait du souci pour toi ?
-Il a pas à me materner !
-ZUT !
Les deux filles se tournèrent vers Shannon qui les fusillaient du regard.
-Vous voulez VRAIMENT recommencer ce débat ?
Honteuses, elles baissèrent toutes les deux la tête. Mais Shannon n'avait pas fini.
-Kate, tu sors avec qui tu veux, on s'en fiche, tant que tu ne touches pas à un de nos hommes. Si tu veux sortir avec Dwayne, fais-le. Si tu veux sortir avec Tony, ou Bert, l'hypo d'Abby, vas-y ! Mais ça ne t'autorises pas à abandonner ton binôme de sciences dans un mot. C'est clair ?
-Oui…
-Alors, prenez le cours, et taisez-vous !
Ainsi fut fait.
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De son côté de la table, Gibbs ne voyait pas la situation d'un très bon œil. Ca sentait le roussi.
Encore une fois, Tony avait choisi la première venue, et elle lui brisait le cœur. Bon, quelque part, ça changeait de la situation habituelle, où Tony choisissait la première venue et lui brisait le cœur. Kate allait trop loin. Il faudrait qu'il surveille Tony. DiNozzo avait un véritable don pour s'attirer les ennuis. Shannon ne devait pas être mise au courant. Ni Abby. Il agirait seul…
