Un chapitre... où l'on retrouve l'inégalable WJ, qui ne maîtrise TOUJOURS pas les personnages... mais qui y croit quand même un peu (surtout depuis qu'elle a été interviewé par PinkBlueGreen). J'espère que ça vous plaira. Gros bisous à vous et bonne lecture !
Madame Mallard eut une grimace d'indignation suffoquée quand elle vit Leroy Jethro Gibbs se lever de sa chaise et quitter la salle, juste après avoir embrassé Shannon Fielding sur la tempe. Il ne manquait pas de toupet, celui-là ! Elle se jura de se souvenir de son attitude, mais bien vite, la petite Kelly et le petit Liam partirent en pleurs, synchronisés, poussant des hurlements à réveiller le président Lincoln et la Reine Victoria. Elle soupira et s'installa à son bureau, observant mesdemoiselles Fielding et Todd tenter, en vain, de calmer leurs progénitures en pleurs.
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-Alors DiNozzo, on sèche les cours ?
L'italien était assis dans l'herbe, le dos appuyé contre la tombe de sa mère. L'image créa un parallèle dans l'esprit de Jethro : Cassandra et Tony avaient pour habitude de s'asseoir dos à dos, l'un contre l'autre, et de discuter de tout et de rien. Petit, il avait trouvé ça étrange puis, en grandissant, il avait ancré cette image de la mère et de son fils dans son esprit, si bien qu'elle lui était indissociable du souvenir de Cassandra. Alors, voir DiNozzo ainsi, adossé à une tombe, c'était un peu comme une deuxième mort pour madame DiNozzo.
Jethro traversa l'allée en quelques enjambées et rejoignit son ami qui n'avait toujours pas bougé. Il s'accroupit face à lui, ne sachant pas exactement ce qui se passait dans la tête de l'italien, ni ce que ce dernier attendait de lui.
-Hey, Tony, parle-moi.
Il resta un moment ainsi, sans bouger, à compter les respirations de Tony, comme pour s'assurer qu'il n'était pas mort. Le jeune homme restait terriblement silencieux. Et cela l'inquiétait. Au bout de ce qui lui sembla être un quart d'heure (il n'avait jamais été très patient), DiNozzo ouvrit les yeux et Jethro eut l'impression qu'il était scanné par deux lasers vert émeraude.
-Dis Gibbs, si j'avais un cadavre dans mon coffre, tu viendrais m'aider à l'enterrer dans les bois, à trois heures du matin ?
Gibbs arqua un sourcil : de la pure logique DiNozzo.
-Pourquoi est-ce que tu me poses la question ?
-Pourquoi est-ce que tu éludes la question ?
Jethro esquissa un sourire énigmatique. Tony se releva.
-Tu sais que la politesse voudrait que tu me répondes ?
-Si tu te poses encore la question…
-Je me pose la question. Moi, je viendrai à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit si tu devais te débarrasser d'un cadavre ! Et j'apporterai de la Chaux vive !
Gibbs passa un bras autour des épaules de Tony.
-Si jamais tu veux faire un sort à Dwayne, je t'aiderai.
-C'est vrai ?
-Parole de Marine.
-T'es pas encore dans la marine Gibbs.
-Et alors ? Tu as déjà tué quelqu'un ?
Tony ne répondit pas, mais jeta un rapide coup d'œil à la tombe de sa mère, en arrière plan.
-Oublie ça DiNozzo. Tu ne pouvais rien faire.
-SI ! J'y étais, pas toi !
Le plus âgé attrapa son ami par les épaules pour lui faire entendre raison.
-Je n'ai pas besoin d'être présent pour savoir que tu ne pouvais rien y faire Tony ! Et puis, de toute façon, elle n'aurait pas aimé finir dans un lit d'hôpital, entourée de docteurs comme toutes les vieilles du service gériatrique !
Tony serra les dents, mais Gibbs voyait bien qu'il avait envie de pleurer. Mais, à ce qu'il parait, un DiNozzo ne pleure pas. Et Tony aurait préféré mourir que de faire mentir ce vieux dicton poussiéreux. Encore une fois, Jethro trouvait ces vieux principes archaïques mais il n'était pas en position de donner son avis à Anthony DiNozzo Senior.
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-Tu sais, j'aimerai bien tuer Dwayne.
-Sans rire ?
-Oh, moque-toi si tu veux Gibbs. N'empêche, j'aime pas ça.
Ils étaient allongés dans leur vieille cabane, dans le jardin des Gibbs. Plus recroquevillés qu'allongés, faute de place : ils n'avaient jamais vidé le minuscule abri, et continuaient d'y entasser leurs trouvailles. Ils fixaient le plafond d'un air vague tout en préparant un plan de guerre : comme d'habitude !
Tony alluma son téléphone et le passa à Jethro.
-Tu vois la photo ? C'est un motif valable pour le tuer non ?
-Tu ne devrais pas demander à Kate d'abord ?
-Pourquoi faire ?
-Si elle l'aime.
-Ah.
-Quoi « ah. » ?
-Bah… elle a l'air plus naïve qu'amoureuse.
-Tu la trouvais différente avant ?
-Non. Mais je ne veux pas que ça se passe mal. Dwayne est… Roooooh ! Je l'aime pas lui !
-J'avais cru comprendre.
-Ouais, c'est ça, moque-toi. Tu te rappelles comment tu étais l'an dernier ?
-Quand ça ?
-Quand Dwayne ou un autre passait dans le même couloir que Shannon.
-Je ne vois pas de quoi tu parles DiNozzo.
-C'est ça… cause toujours…
L'italien leva les yeux vers le plafond en feignant le désespoir.
Gibbs esquissa un de ses sourires énigmatiques avant de tapoter sur l'épaule de Tony dans un geste amical.
-Si tu dois te débarrasser de Dwayne, on trouvera mes empreintes sur le cadavre DiNozzo.
Un sourire étira les lèvres de l'italien alors qu'il tapait dans la main de Gibbs. Lorsque Jethro referma sa main sur celle de Tony, les deux jeunes hommes sentirent une bouffée d'espoir : le monde pouvait s'écrouler demain, ils seraient toujours ensemble, soudés : une équipe.
Au prochain Chapitre : Tony et Gibbs... continuent de sécher les cours !
