Enfin, voilà le chapitre trois. Je sais, il s'est un peu fait désirer, celui-là.

Mais c'est arrangé, à présent, et comme promis, on arrive à la Citadelle.

C'est un passage assez calme, mais rassurez-vous, ça bougera quand même plus par la suite.

Mass effect est à Bioware et c'est bien dommage, parce que je leur aurai bien piqué ^^


Chapitre 3

Arrivée à la Citadelle

- Docteur ! Docteur Chakwas ! Je crois qu'il se réveille !

La voix d'Ashley résonnait tandis qu'il ouvrait péniblement les yeux. Sa vision, d'abord trouble, finit par s'éclaircir, et il put voir qu'il était dans l'infirmerie du Normandy.

Une fois qu'il s'en sentit capable, Shepard s'assit sur le lit et se massa les tempes. La femme médecin arriva alors et entreprit de l'ausculter.

- Vous nous avez inquiété, Shepard, dit-elle. Comment vous sentez-vous ?

- J'en serai quitte pour quelques bosses, répondit le commandant d'un ton qu'il voulut léger. Combien de temps je suis resté dans le coltard ?

- Une quinzaine d'heures, répondit Chakwas. Cette balise vous a fait quelque chose, j'ai l'impression.

Elle s'écarta et alla consulter son datapad.

- C'est ma faute, s'excusa Ashley. J'ai surement déclenché une sorte de champ de sécurité quand je me suis approché. Vous avez du me pousser de là.

- Vous ne pouviez pas savoir ce qu'il se passerait, la rassura Shepard.

Son attitude sembla toucher l'artilleur, qui afficha un petit sourire désolé.

- En fait, intervint le médecin, on ne sait pas si c'est ce qui l'a détruite, et malheureusement, nous ne le saurons jamais.

Le commandant fronça les sourcils à la mention de la destruction de l'artefact. Il s'apprêtait à demander ce qu'il s'était passé, mais il fut devancé.

- Elle a explosé, expliqua Ash. Surcharge des systèmes, peut-être. L'explosion vous a mis KO, du coup, le lieutenant et moi, on vous a transporté jusqu'ici.

Restée jusque là légèrement en retrait, elle s'avança et se mit face à Shepard. Celui-ci se rendit soudain compte que le vaisseau était en mouvement. Nul doute qu'ils avaient quitté Eden Prime. Il décida de remettre à plus tard sa quête d'explications et se reconcentra sur la conversation en cours.

- Merci, c'est gentil, dit-il à l'adresse de la jeune femme, qui, encore une fois, sembla apprécier la réponse qui lui avait été faite.

- Physiquement, vous allez bien, poursuivit Chakwas. Mais j'ai détecté une activité cérébrale étrange : des ondes bêtas anormales. J'ai aussi remarqué des pics d'activité durant le sommeil paradoxal. Ce sont des signes typiquement associés à des rêves intenses.

A ces mots, la vision que Shepard avait eu lui revint en mémoire. Des flashs aux couleurs rouge-orangés, floues, incohérentes... Le commandant chercha ses mots.

- J'ai vu... En fait, je ne suis pas certain de ce que j'ai vu. La mort, la destruction... Rien n'est vraiment clair...,

Chakwas le regarda d'un air inquisiteur, cherchant visiblement à évaluer l'état mental de son patient.

- Hum-hum... fit-elle en guise d'acquiescement. Je vais ajouter ça à mon rapport. Ça pourrait... Oh, capitaine Anderson.

Lequel venait en effet de rentrer dans l'infirmerie.

- Comment va notre commandant en second, docteur ? Demanda-t-il.

- Tous les examens ont l'air normaux. Je pense que le commandant va s'en remettre.

- Ravi de l'entendre, déclara Anderson. Shepard, il faut que je vous parle. En privé, ajouta-t-il.

- A vos ordres, capitaine, dit alors Ashley en saluant. Je serai au mess si vous avez besoin de moi.

Puis elle sortie, suivie par Chakwas qui referma la porte derrière elle. Anderson, qui les avait suivie du regard, se retourna face à Shepard.

- On dirait que cette balise vous a bien secoué, commandant. Vous êtes sûr que ça va ?

Shepard repensa alors à Jenkins. Il s'en voulu de l'avoir presque oublié.

- Je n'aime pas que des soldats meurent sous mon commandement.

Il savait bien que c'était là un des principaux risques du métier de militaire, mais il avait toujours du mal avec cette notion.

- Ne vous reprochez pas la mort de Jenkins, Shepard, dit le capitaine. Vous avez fait du bon travail.

- L'artilleur Williams ne fait pas partie de l'équipage du Normandy, commença alors le commandant, qui repensa au fait que la soldate avait quitté Eden Prime à leur bord. Comment se fait-il qu'elle soit avec nous ?

- Je me suis dit que nous aurions besoin d'un soldat comme elle, expliqua Anderson. Elle a été réaffectée sur le Normandy.

- Williams est un bon soldat, approuva Shepard. Elle le mérite.

- Le lieutenant Alenko est d'accord avec vous. C'est pour cette raison que j'ai décidé son transfert.

- Vous aviez dit que vous vouliez me voir en privé, capitaine. J'imagine que c'est surtout pour un débriefing ?

- Je ne vais pas vous mentir, Shepard. Ça se présente mal. Nihlus est mort, la balise a été détruite, et les geths nous envahissent. Le Conseil va vouloir des réponses.

- J'ai juste fait mon boulot, chef, affirma le commandant. J'espère que le Conseil comprendra ça.

Anderson se détourna de son second et fit les cents pas. Il semblait perdu à moitié dans ses pensées.

- Je vous soutiendrai, vous et votre rapport, finit-il par dire. En ce qui me concerne, vous avez l'étoffe des héros. Mais ce n'est pas pour ça que je suis là. Il s'agit de Saren, cet autre turien.

Il fit à nouveau face au soldat, et l'expression chagrine qu'il arborait laissa présager du pire à Shepard.

- Saren est un Spectre, avoua-t-il. L'un des meilleurs, une légende vivante. Mais s'il collabore avec les geths, ça signifie qu'il a changé de camp. Et un Spectre renégat, c'est le début des ennuis. Saren est dangereux, d'autant plus qu'il déteste les humains.

- Pourquoi ?

Anderson se remit à tourner en rond.

- Il pense que nous nous étendons trop vite, que nous envahissons la galaxie. Beaucoup d'extraterrestres pensent comme lui, mais la plupart en restent là. Pas Saren. Il s'est allié avec les geths. Je ne sais ni comment, ni pourquoi, mais c'est lié à cette balise.

Puis le capitaine s'approcha de Shepard et lui fit à nouveau face.

- Vous étiez sur place juste avant que la balise ne s'auto-détruise. Vous avez vu quelque chose ? Un indice, qui pourrait nous indiquer ce que cherche Saren ?

A nouveau, Shepard tenta de se remémorer avec le plus d'exactitude possible l'étrange série d'images qui l'avait assailli. Mais il n'arrivait toujours pas à en comprendre la véritable teneur.

- Juste avant de perdre connaissance, j'ai eu une sorte de vision, expliqua-t-il.

- Une vision ? Qu'est-ce que vous avez vu ?

- J'ai vu des créatures artificielles, répondit avec certitude le soldat. Les geths, peut-être. Ils massacraient des gens. Un vrai carnage.

Anderson resta silencieux quelques secondes, méditant là-dessus, puis :

- Il faut signaler ça au Conseil, Shepard.

- Pour leur dire quoi exactement ? Demanda ce dernier, ironique. Que j'ai fait un mauvais rêve ? Ils n'y croiront jamais.

- Nous ignorons quelles informations étaient stockées dans cette balise. Une technologie prothéenne disparue ? Les plans d'une ancienne arme de destruction massive ? Quoiqu'il en soit, Saren s'en est emparé. Mais je connais Saren. Je connais sa réputation, sa manière de faire.

Vu le regard et le ton dur de son supérieur, Shepard supposa que le Spectre renégat et le capitaine du Normandy avait un passé commun... et que leurs relations étaient tout, sauf au beau fixe.

- Ils pensent que les humains sont une plaie pour la galaxie, poursuivit le noir. Cette attaque, c'était un acte de guerre. Il possède les secrets de la balise, ainsi qu'une armée de geths à ses ordres. Et il ne s'arrêtera pas avant d'avoir éradiqué l'humanité de toute la galaxie.

- Je trouverai un moyen de le vaincre, affirma Shepard.

- Ce n'est pas si facile, lui rappela Anderson. C'est un Spectre. Il peut aller partout et faire à peu près tout ce qu'il veut. C'est pour ça que nous avons besoin du Conseil.

Le commandant doutait fortement que le Conseil leur soit d'une quelconque aide. Mais ça ne coûtait rien d'essayer.

- Si on arrive à prouver que Saren est un traitre, le Conseil le destituera.

- Je vais prendre contact avec l'ambassadeur, voir s'il peut nous obtenir une audience avec le Conseil, approuva Anderson. Il voudra vous rencontrer dés que nous serons à la Citadelle.

Il consulta sa montre et réfléchit quelques instants.

- On ne doit plus être très loin, à présent. Montez sur le pont et dites à Joker de nous mener à quai.

- A vos ordres, chef.

Anderson quitta l'infirmerie et se rendit dans ses appartements. Shepard sortit également et trouva Ashley, vêtue de son uniforme de bord, et le docteur Chakwas en pleine discussion.

- Dites-moi, docteur, comment en êtes vous venue à servir sur un vaisseau de l'Alliance ?

- Je me suis engagée dés ma sortie de l'école de médecine. La Terre m'a toujours semblé ennuyeuse. Trop sûre, trop rassurante... J'imaginais que les colonies grouillaient d'aventures exotiques.

Le regard du médecin se perdit dans le vague tandis que les souvenirs remontaient à la surface.

- Je voulais voyager parmi les étoiles, soigner les blessures de rudes soldats aux yeux vifs et à l'âme sensible... Bien sûr, j'ai déchanté en découvrant la vie dans l'armée. Mais l'humanité a besoin de l'Alliance pour s'étendre dans la Travée, et l'Alliance a toujours besoin de bons médecins. Résultat : j'ai conservé le rôle.

- Vous vous êtes déjà dit que vous aviez fait le mauvais choix ?

- Parfois, j'envisage de retourner sur Terre, ouvrir un cabinet, ou de prendre un poste dans l'un des nouveaux centres médicaux des colonies. Mais soigner les soldats a quelque chose de particulier. Si je quittais l'Alliance maintenant, j'aurai l'impression de les abandonner. Et puis le capitaine sait comment convaincre les gens de rester dans les rangs.

- Vous connaissez bien le capitaine Anderson ? Demanda l'artilleur.

- J'ai servie avec lui sur bon nombre de missions, répondit le médecin. Il sait quand il faut laisser couler et quand serrer la vis. L'équipage sait qu'il est passé par tout ce qui pourrait leur arriver. Et il est attentif envers ceux qui sont sous ses ordres.

Les deux femmes virent Kaidan monter vers le pont supérieur. Le jeune homme se massait les tempes, visiblement en proie à une migraine.

- On dirait que ça le reprend, nota Chakwas.

- Quoi donc ?

- Ses maux de tête. Un effet de son implant.

- Son implant biotique ?

- Oui. La plupart des biotiques sont équipés de la version L3, mais le lieutenant Alenko possède un L2. Et cette configuration peut provoquer de sérieuses complications.

- Du genre ?

- Lourds handicaps mentaux, folie, douleurs physiques invalidantes... La liste des effets secondaires indésirables est longue, mais par chance, le lieutenant s'en sort juste avec des migraines. Dommage, d'ailleurs. C'est un brave garçon.

- Vous le connaissez bien ?

- Pas vraiment, en vérité. Je n'avais jamais travaillé avec lui avant cette mission, mais ses états de service sont impressionnants. Plus d'une douzaine de recommandations spéciales. Il est assez réservé, cependant. Peut-être justement à cause de ses maux de tête.

- Tiens, commandant, fit Ashley en remarquant le militaire qui les écoutait sans rien dire.

- Sur ce, je vais retourner à mes dossiers, dit le docteur en retournant dans l'infirmerie. Commandant, salua-t-elle.

Shepard lui rendit son salut et s'approcha d'Ashley, laquelle sirotait un verre d'eau fraiche. Elle le vida et tous deux prirent la direction du pont supérieur.

- Je suis contente que vous alliez bien, commandant, dit la jeune femme alors qu'ils avançaient. L'équipage a besoin de bonnes nouvelles après ce qui est arrivé au caporal Jenkins.

Shepard réalisa qu'il ne lui en avait pas parlé. Mais nul doute qu'elle l'avait appris assez vite après avoir embarqué à bord du Normandy.

- Jenkins était une recrue de valeur, dit-il.

- Je me sens un peu coupable de ce qui est arrivé. Si Jenkins était encore en vie, je ne serai peut-être pas là.

- Vous êtes un bon soldat, Williams, la rassura Shepard. Vous méritez votre place à bord.

La soldate ne put réprimer un franc sourire.

- Merci, commandant. Très flattée.

- Ça a été plutôt rude, là-bas. Vous allez bien ?

- J'ai déjà vu des amis mourir, répondit l'artilleur, nostalgique. C'est inévitable quand on est un marine. Mais toute mon unité... Et on ne s'habitue jamais aux morts civiles. Enfin, sans vous ça aurait été bien pire.

- Nous n'aurions pas réussi sans vous, Williams.

- Merci, commandant.

Ils débouchèrent sur la passerelle de commandement où Pressly s'affairait, fidèle à son poste. Il adressa un bref signe de tête à Shepard, lequel vit à sa mine soulagé que le navigateur était heureux de voir l'officier en second en pleine forme. Shepard lui rendit son salut et poursuivit sa route, l'artilleur à ses côtés.

- Très franchement, reprit Ashley, j'étais un peu inquiète d'être nommée sur le Normandy. C'est agréable de sentir qu'on est la bienvenue.

- Je pense que vous allez parfaitement vous intégrer ici, Williams, assura Shepard.

- Merci, commandant.

Ils arrivèrent enfin au poste de pilotage, où Kaidan avait pris place aux côtés de Joker. Lequel remarqua les nouveaux venus.

- Vous tombez bien, commandant. Je m'apprêtais à nous emmener à la Citadelle.

Shepard vit en effet qu'ils étaient en vue du relais cosmodésique. Joker aligna le vaisseau sur l'immense structure et le vaisseau fut projeté vers sa destination.

Tout d'abord, on ne voyait qu'un immense nuage de particules. Mais peu à peu, alors que le Normandy s'enfonçait dans ce nuage, une forme se fit de plus en plus distincte au loin. Jusqu'à apparaître dans toute sa splendeur.

La Citadelle était sans conteste l'une des plus grande station spatiale de la galaxie. On pourrait même dire que c'est la plus grande. Elle se composait d'un gigantesque anneau, avec une tour qui s'élevait jusqu'à son centre, et cinq énormes bras disposés en étoiles, et sur lesquels de vastes villes, les secteurs, étaient bâties.

Partout autour de la Citadelle patrouillaient des vaisseaux de combats, des frégates turiennes, pour la plupart, et parmi eux, tel un majestueux mastodonte, un énorme cuirassé dont les formes arrondies contrastaient avec celles plus rectilignes des oiseaux de proies turiens. Le géant était également pourvue d'une sorte d'immense gueule dégageant une intense lumière bleue.

- Regardez la taille de ce vaisseau ! S'extasia Ashley.

- L'Ascension, expliqua Kaidan. Le vaisseau amiral de la Citadelle. L'un des plus gros vaisseau de l'espace concilien.

- C'est pas la taille qui compte, répliqua un peu vite le pilote.

- Ça sent le vécu, Joker, le taquina l'artilleur.

- Sans puissance de feu, la taille, c'est que dalle.

- Sauf qu'il n'y a pas un seul bouclier de l'Alliance qui pourrait résister au canon principal de ce monstre.

- Une chance qu'il soit de notre côté, alors, nota Kaidan.

Laissant de côté la conversation, Joker reporta son attention sur la manœuvre d'atterrissage.

- PC Citadelle, appela-t-il par radio, ici le SSV Normandy. Demande autorisation d'atterrir.

- En attente d'autorisation, Normandy, lui répondit-on.

La frégate furtive slalomait entre les navires qui patrouillaient autour de la colossale structure. Très vite, le comlink crachota à nouveau.

- Autorisation accordée. Commencez votre approche. Nous vous transférons vers un opérateur de l'Alliance.

- Bien reçu, tour de contrôle. Normandy, terminé !

- Il ne nous reste plus qu'à nous arrimer, commenta Shepard.

- Normandy, ici tour de l'Alliance. Arrimage quai 422.

Conformément aux instructions, la frégate vint s'arrimer au dock qui lui avait été attribué. Un peu moins d'une demi-heure plus tard, Anderson, Shepard, Ashley et Kaidan étaient dans le bureau de l'ambassadeur Udina, lequel tentait tant bien que mal de faire entendre raison au Conseil via holoprojecteur.

- C'est un scandale ! Le Conseil interviendrait si les geths attaquaient une colonie turienne !

- Les turiens ne fondent pas de colonies à la frontière des systèmes Terminus, ambassadeur, répliqua le conseiller galarien.

- L'humanité était tout à fait consciente des risques lorsqu'elle s'est aventurée dans la Travée, ajouta la conseillère asari.

- Et Saren ? Fit alors l'humain. Vous ne pouvez pas ignorer la trahison d'un Spectre ? Le Conseil doit agir !

Ce fut au tour du conseiller turien d'intervenir, et c'est d'un ton dur et sec qu'il prit la parole.

- Vous ne pouvez rien exiger du Conseil, ambassadeur.

- Notre service de sécurité mène une enquête sur vos accusations contre Saren, reprit l'asari. Nous discuterons des conclusions du SSC à l'audience. Pas avant.

Les trois projections holographiques s'éteignirent, et Udina se retourna vers ses visiteurs.

Donnel Udina était un homme sec, pas très grand, mais pas petit non plus, âgé de presque soixante ans. Il avait les traits assez anguleux, les cheveux ras et bruns, légèrement grisonnants, les yeux marrons, et un air arrogant qui avait déplu à Ashley dés qu'elle l'avait vu en entrant dans son bureau.

- Capitaine Anderson, dit-il, je vois que vous avez amené la moitié de vos troupes.

- Seulement le commando d'intervention d'Eden Prime, au cas où vous auriez des questions, répondit l'officier.

- J'ai les rapports de mission. Je présume qu'ils sont fiables ?

- Bien sûr, répondit Anderson. Ça veut dire que vous avez obtenu une audience ?

- Ça ne les a pas franchement enchanté, expliqua le politicien en lissant son costume blanc. Saren est leur meilleur agent. Ils n'apprécient pas qu'on l'accuse de trahison.

- Saren est surtout une menace pour toutes les colonies humaines ! S'exclama Shepard. Il faut l'arrêter, et il faut faire entendre raison au Conseil.

- Calmez-vous, commandant, le tempéra Udina. Vous êtes déjà loin d'avoir la côte auprès du Conseil. Votre mission sur Eden Prime était l'occasion de faire vos preuves. Mission qui s'est soldée par la mort d'un Spectre et par la destruction d'un artefact prothéen..

- C'est Saren, le responsable, intervint Anderson. Pas lui.

- Alors espérons que l'enquête du SSC trouve quelque chose qui étayera nos accusations. Autrement, le Conseil va vous tailler un costard, et vous pourrez abandonner tout espoir de devenir Spectre.

Il se tourna vers Anderson.

- Suivez-moi, capitaine. Je souhaiterai avoir quelques précisions avant l'audience. Shepard, vous et les autres, restez dans le coin en attendant que je vous fasse appeler. Je ferai en sorte que vous ayez les autorisations d'accès.

Puis les deux hommes sortirent, suivis du regard par un maitre-artilleur qui ne cachait pas ses sentiments à l'égard de leur « hôte ».

- Voilà pourquoi je peux pas sentir les politicards, maugréa-t-elle.

- Courage, parce que je sens qu'on a pas fini d'en souper, lui dit Kaidan.

- C'est ça le pire.

Shepard ne put réprimer un petit ricanement. Lui aussi n'appréciait pas beaucoup les politiciens.

Le trio quitta à son tour le bureau, mais à peine sortis, ils durent se pousser pour laisser passer deux créatures massives à la peau grise, quadrupèdes, à la démarche lente et mesuré et à l'air placide. Pourtant, leur conversation avait l'air... agité.

- J'entends bien, dit l'un d'un ton monocorde. Mais vos allégations sont très grave. Je ne peux...

- Mais c'est sérieux, le coupa l'autre sur le même ton. Ma réputation est en jeu. Je me suis confié à...

Les trois humains ne purent entendre le reste de la discussion car les deux mastodontes venaient de rentrer dans un bureau voisin et avaient fermé la porte derrière eux.

- C'est ça, des elcors ? Interrogea Ashley. C'est la première fois que j'en vois en vrai.

- On en trouve beaucoup sur la Citadelle, expliqua le lieutenant. Avec les hanaris et les volus, ils sont l'une des races non-conciliennes les plus présentes et les plus actives. Et bien sûr, je ne parle pas des humains.

- Dites-moi, Ashley, demanda Shepard alors qu'ils poursuivaient leur route, vous n'êtes jamais sortie de l'espace de l'Alliance, pas vrai ?

- Oui, répondit la soldate. En fait, j'ai surtout été cantonnée à la Travée. J'ai bien rencontré quelques aliens tels que les turiens et les asaris, mais les autres, je n'ai jamais eu à faire avec eux directement, donc... à part en holo, je ne les ai jamais vu.

- Le problème va être résolu, affirma Kaidan alors qu'ils arrivaient dans le hall d'accueil des ambassades.

Lequel était en effet occupé par plusieurs représentants des différentes races. Et contrairement à l'allée, où les humains avaient fait vite pour rejoindre le bureau de l'ambassadeur, ils purent prendre le temps de détailler chaque créature qui les entourait.

Les elcors étaient, comme dit plus tôt, des êtres massifs et lents, calmes et réfléchis. Cela venait de leur planète, Dekuuna, qui était soumise à une gravité plus dense que sur Terre, ce qui en faisait un monde plat, où il valait mieux éviter de tomber.

Leur faciès était assez simple, neutre. Leurs yeux étaient petits, leur front était proéminent, et leur bouche était, contrairement à la plupart des autres espèces, constituée de deux orifices situés de part et d'autre de leur « gueule ».

Les volus étaient de petits êtres humanoïdes ventripotents, du moins, c'est l'impression que donnaient les scaphandres dans lesquels ils étaient condamnés à rester pour pouvoir survivre dans un environnement si différent d'Irune, leur planète natale, soumise à de fortes pressions et dotée d'une atmosphère à base d'ammoniac.

Les hanaris, quant à eux, étaient les aliens les plus simples, physiquement parlant. Originaires de Kahjé, une planète majoritairement couverte d'océans, ils avaient l'air de sorte de méduses, de poulpes gélatineux, avec leurs tentacules, leur corps mou, rose, et légèrement lumineux, et l'absence de bouche, de nez et d'yeux. Cela ne les empêchait néanmoins pas d'être intelligent et de s'exprimer clairement et avec style auprès des autres races.

- On dirait des animaux, lâcha discrètement l'artilleur.

- Je suis prêt à parier que c'est ce que certains pensent de nous, affirma Shepard.

Le commandant se tourna vers l'hôtesse d'accueil, une asari en robe rouge et bleue, mais celle-ci semblait ne plus trop savoir où donner de la tête. Jugeant inutile de la distraire de ses devoirs, l'humain se dirigea vers une autre asari. Enfin, plus exactement une Intelligence Virtuelle, plus couramment appelé IV, qui avait l'aspect d'une asari.

- Vu qu'on a un peu de temps à tuer... marmonna-t-il.

- Bienvenue au Présidium, déclara l'IV. Je suis AVINA, votre guide virtuel.

- J'en ai entendu parler, dit Kaidan aux deux autres. C'est un programme interactif auquel on peut accéder à n'importe quel terminal d'information présent dans la Citadelle.

- Ça a l'air pratique, remarqua Ashley.

Shepard réfléchit quelques instants, puis prit la parole.

- Dis-moi où se trouve le QG du SSC.

- Le Quartier Général du Service de Sécurité de la Citadelle se trouve dans l'aile du complexe des ambassades qui se trouve actuellement à votre droite. Le bureau de l'exécuteur Pallin est situé à l'étage, à proximité du bar des ambassades.

- Pratique pour aller picoler à loisir, fit Ashley.

- Merci pour l'info, dit Shepard. Ce sera tout.

- Vous avez quoi en tête, commandant ? Demanda Kaidan tandis que le trio se dirigeait vers ledit bureau.

- J'aimerai savoir où en est l'enquête sur Saren.

- Vous croyez qu'ils vont nous renseigner sur une enquête en cours ? Interrogea l'artilleur.

- Ça coûte rien d'essayer...

Ils trouvèrent facilement le bureau de l'exécuteur Pallin. Ce dernier, un turien à la peau grise et au visage arborant des peintures bleues, était en plein travail. Néanmoins, il s'interrompit en voyant qui venait d'entrer dans son bureau.

- Commandant Shepard, dit-il d'un ton vaguement pincé, je ne m'attendais pas à vous voir ici. C'est l'ambassadeur Udina qui vous envoie ?

- Vous êtes bien l'exécuteur Pallin ? Demanda le commandant sans répondre à la question de l'officier.

- C'est bien moi. Exécuteur Pallin, chef du SSC. Vous désirez quelque chose, commandant ?

- J'aimerai en savoir où en est l'enquête sur Saren.

- Désolé, commandant, mais je n'ai pas pour habitude de divulguer des informations sur une enquête en cours.

- J'en étais sûre, chuchota Ashley à l'attention de Kaidan.

- C'est une affaire d'autant plus délicate car le suspect est un Spectre, fit le turien d'un ton acide. Ils se font appelé le « bras droit » du Conseil, mais, à mon sens, ils sont plutôt leur âme damnée.

- Vous reprochez quoi aux Spectres ? Demanda Shepard, surpris par le ton employé par l'alien.

- Je ne peux pas tolérer une organisation qui se considère au dessus des lois, cracha l'exécuteur. Surtout quand chaque Spectre décide seul où et quand les contourner.

- Il faut parfois faire une entorse à la loi pour assurer la sécurité, argumenta l'humain.

- Je suis au SSC depuis trente ans, et je n'ai jamais eu besoin d'enfreindre la loi pour faire mon travail, répliqua Pallin. Pas une seule fois.

- Ouais, c'est ça, fit Ashley, visiblement pas convaincue. Et vous voulez nous faire avaler qu'il n'y a pas de ripoux au SSC ?

- Il y a plus de deux-cent milles agents au SSC. Bien sûr, il y a des fruits pourris dans le lot. Mais nous ne fermons pas les yeux sur la corruption, à l'inverse des Spectres. Nous mettons tout en œuvre pour trouver et punir tout élément qui enfreint la loi. Les Spectres, eux, ne risquent pas la commission de discipline.

- La galaxie a besoin de ce genre d'agents, capable de faire le sale boulot, contre-attaqua Shepard.

- Sans doute, concéda à contre-cœur le turien, mais il faut qu'ils assument les conséquences de leurs actes.

Un bip résonna dans la pièce, et un voyant se mit à clignoter sur le terminal privé de Pallin. Néanmoins, le turien ne s'en préoccupa pas de suite. Il poursuivit le débat.

- Saren est incontrôlable, lâcha-t-il. Nous le savons tous les deux. Mais le Conseil ne veut rien faire contre lui parce que c'est un Spectre.

Il ancra ses petits yeux de rapaces dans ceux du commandant.

- C'est ça, le genre d'agents dont la galaxie a besoin ? Demanda-t-il sur un ton sarcastique.

- Mais tous les Spectres ne sont pas comme Saren, se défendit Shepard.

- C'est vrai, reconnut le turien. Mais tous les Spectres sont des Saren en puissance.

Depuis le début de la conversation, Shepard avait remarqué une lueur de mépris dans les yeux de Pallin. Et ça commençait à le déranger sérieusement. Aussi, il décida de changer de sujet.

- On dirait que vous n'aimez pas beaucoup les humains.

- Je ne vous fait pas confiance, c'est tout.

Puisqu'ils étaient arrivés sur ce terrain, Pallin décida de jouer franc-jeu et fit tomber le masque, ne cachant plus son hostilité à l'égard de ses visiteurs.

- Les humains ne pensent qu'à accumuler autant de pouvoir que possible. Et ils y parviennent plutôt bien. Si le Conseil veut faire de l'humanité son... animal de compagnie, c'est son problème. Mais je ne suis pas obligé d'adhérer à leur opinion.

- Le Conseil nous traite comme des citoyens de seconde zone, répliqua Shepard, auquel le ton de l'exécuteur ne plaisait pas. Tout ce que nous gagnons, nous l'obtenons parce que nous nous battons.

- Très bien, alors battez-vous. Mais ne vous attendez pas à ce qu'on vous laisse faire.

Pallin se décida à consulter le message qu'il avait reçu sur son ordinateur quelques instants plus tôt. Il prit à peine quelques secondes pour le lire et reporta son attention sur les humains.

- Je suis extrêmement occupé, commandant. Ce sera tout ?

- On s'en va, répondit froidement Shepard.

Il fit volte-face et remarqua que Kaidan avait déjà commencé à entrainer Ashley vers la sortie. L'artilleur ne cachait pas son envie de transformer le turien en chair à pâté.

Alors que Shepard quittait à son tour la pièce, il entendit Pallin lui adresser un « Au revoir, commandant » d'un ton satisfait.

Sacré contraste avec Nihlus, pensa l'humain.

Un dernier regard derrière eux alors qu'ils marchaient en direction du bar voisin leur apprit que le turien quittait lui aussi son bureau et se dirigeait vers la sortie. Lorsqu'il fut hors de vue, Ashley ne put se retenir plus longtemps.

- Le sale petit... Une chance que je sais prendre sur moi, parce que sinon, je vous jure que je l'aurais...

- Du calme, artilleur, la tempéra Kaidan. Dites-vous que ça aurait pût être pire.

Ash eut du mal à ne pas ricaner.

- Pire ? Vraiment ?

- Croyez-moi. Je sais de quoi je parle.

Il devança les deux autres, qui échangèrent un regard surpris. Mais comme ni l'un ni l'autre ne savait à quoi il faisait allusion, ils se contentèrent de le suivre en silence dans le bar des ambassades.

Quitte à attendre que Udina se décide à les faire appeler auprès du Conseil, autant se mettre à l'aise...


Voilà pour ce chapitre.

J'espère que ça vous aura plu.

La suite prochainement. Il s'agira bien entendu de la rencontre avec Sha'ira la Favorite, et aussi avec le Conseil.

Et le reste du groupe, ou du moins les deux "monsieur j'ai-trop-la-classe", plus connus sous le nom de Garrus Vakarian et Urdnot Wrex ^^ (mes préférés).

Allez, à tchao.