Titre Anglais: Trials of a Champion
Titre Français : Les peines d'un Champion
Auteur : ksomm814
Genre : Neutre
Chapitre traduit par : Thamril
Rating : k+
Disclamer : Cette histoire est basée sur l'Ordre du Phoenix qui ne nous appartient pas. Le monde de Harry Potter appartient à J.K.R.
Suite à la disparition des histoires « Midnight Guardian » et « Trials of a Champion » sur le compte de Thamril, nous nous permettons (sans son autorisation, donc si elle (il) nous le demande, nous effacerons ces traductions) de les mettre en ligne sous notre compte pour une meilleur compréhension de la suite de la saga.
Eni et Onarluca
Chapitre XV : Résignation
Ce fut tôt le dimanche matin que Harry quitta silencieusement son dortoir avec son petit miroir en main. Il se rappelait que Sirius avait parlé d'une pièce dans le château qui était dissimulé, fournissant à chacun tout ce qu'il avait besoin tant que c'était demandé de la bonne manière. Harry souhaita avoir prêté plus d'attention aux histoires où cette salle intervenait durant les blagues des Maraudeurs. Cela semblait impossible à croire mais c'était pourtant ce qu'il se faisait de mieux. Sirius n'avait jamais menti. S'il ne pouvait pas parler à Harry de quelque chose, il l'avouait.
Assis en face du feu de la Salle Commune, Harry regarda le miroir et appela Sirius. Il attendit quelques moments mais ne reçut pas de réponse. Il était encore tôt donc Harry s'imagina que Sirius devait encore dormir. Il se souvenait de la dernière fois qu'il avait réveillé son parrain aussi tôt et envisageait d'attendre 9 h pour recommencer. Sirius aimait toujours dormir même s'il en avait rarement la possibilité, ce dont il accusait Remus qui était un lève-tôt.
"Harry ?"
Tiré de ses pensées, Harry baissa les yeux sur le miroir pour voir non Sirius mais Remus. Ce n'était pas qu'il était déçu de voir Remus mais il fut surpris. Sirius avait dit qu'il aurait toujours le miroir en main au cas où Harry aurait besoin de quelque chose.
"Lunard, Sirius va bien ?"Demanda-t-il immédiatement.
Remus sourit.
"Il va bien," dit-il. "Tu sais comment est Patmol le matin, une vraie souche. Puisque je me lève à l'aube, j'ai le miroir le matin et Sirius l'a attaché à sa hanche le reste de la journée. Tu veux que je le réveille ?"
Harry secoua la tête. Il savait que Sirius paniquerait au moment où Remus le réveillerait.
"Je voulais juste lui demander un détail sur les histoires qu'il m'a raconté sur les Maraudeurs," dit Harry. "Sirius m'a parlé d'une pièce où on trouvait tout ce qu'on avait besoin. Je ne me souvient plus comment le nom ni l'endroit où cela se trouve."
"La salle sur Demande," répondit Remus avec un sourire. "Si ma mémoire est bonne je crois qu'elle est au septième étage devant la tapisserie de Barnabas le Follet, tu dois passer trois fois devant en pensant à ce que tu veux.. Une porte va apparaître. Ouvre-la et entre." Il laissa à Harry le temps d'assimiler avant de continuer. "Alors en quoi as-tu besoin de la salle sur Demande ?"
"Euh – eh bien – j'ai en quelque sorte besoin d'apprendre à nager avant la seconde tâche," dit Harry mal à l'aise.
Remus laissa échapper un soupir alors qu'il se tapait le front.
"Bien sûr," dit-il doucement. "Je suis désolé, Harry. Cela ne m'est jamais venu que tu ne savais pas nager même si je n'en suis pas surpris. Je suppose que les Dursley ne se sont jamais souciés de te donner des cours."
Harry éclata de rire. La pensée que les Dursley dépenseraient volontairement de l'argent pour lui était ridicule.
"Remus, est-ce que tu te souviens des vêtements que je portais ?"Demanda-t-il. "C'étaient ceux de Dudley. Je n'étais pas la priorité de leur budget." Voyant la figure de Remus se durcirent au commentaire Harry regretta aussitôt ses paroles. Même si Vernon Dursley était en prison, Sirius et Remus envisageait toujours de l'ensorceler pour tout ce qu'il avait fait à Harry.
"Est-ce que je fais la bonne chose ?"Demanda Harry, changeant de sujet.
"Qu'est-ce que tu veux dire ?" Demanda Remus, dérouté.
"Est-ce que je devrais quand même essayer de gagner ?" Clarifia Harry. Cette pensée planait dans son esprit depuis qu'il avait été choisi comme champion, et rappelée à la surface par l'article de Hagrid. D'une manière ou d'une autre, Harry recevait l'attention que d'autres méritaient plus. "Je n'étais pas supposé participer au Tournoi et je suis premier. Je me sens comme si j'usurpais la place de quelqu'un. C'est Cédric qui devrait gagner pas moi."
Remus fixa Harry avec sympathie.
"Je comprends, bonhomme, vraiment," dit-il. "Dis-moi …avant, pendant et après la première tâche, la pensée gagner le Tournoi a-t-elle effleurée ton esprit ?"
Harry secoua la tête.
"Je pensais plus à survivre," admit-il. "Qu'est-ce que ça a à voir ?"
"Beaucoup de choses," dit Remus. "Ce n'est pas de ta faute si tu es premier, Harry. Tu as juste pensé à la meilleure solution pour la tâche. Il y a encore deux autres tâches à passer. Il y a plein de chance pour qu'un champion te double, surtout si tu ne sais pas nager."
"Je sais les bases," se défendit Harry. "On bouge les bras et on bat des pieds. C'est juste que je ne sais pas comment on le fait efficacement."
Remus essaya de retenir un rire mais échoua.
"C'est un peu plus compliqué," dit-il candidement. "Ne t'inquiète pas. Je suis sûr que tu trouveras quelqu'un pour t'aider. Fais juste attention à qui tu montres la salle sur Demande. Je ne pense pas que les professeurs ont besoin d'une autre paire de farceurs aussi terrible que Patmol et ton père, surtout avec les deux écoles invitées."
Harry dut admettre que Remus avait raison. Si la Salle sur Demande pouvait fournir tout ce qu'on voulait, Fred et Georges Weasley pourraient avoir indéfiniment du matériel pour leurs blagues. Même s'ils étaient relativement discrets ces temps-ci, Harry savait que le professeur Dumbledore n'apprécierait pas trop une guerre des blagues.
"Ne t'inquiète pas, Lunard," promit sincèrement Harry. "Je ne leur en parlerai pas. Promis."
"Et je t'engage à tenir cette promesse peu importe ce que Patmol te dira," dit Remus avec un sourire puis il devint sérieux. "Alors comment vas-tu, bonhomme ? Ne le prends pas mal, mais tu as l'air épuisé. As-tu au moins dormi ?"
« J'ai essayé de résoudre l'énigme," fit Harry en haussant les épaules. "Une fois que j'ai trouvé comment comprendre les voix, j'ai voulu chercher partout comment respirer sous l'eau : Métamorphose, Sortilèges, Potion….J'aurais du savoir que la réponse était dans ce que j'avais écarté. Je n'ai jamais pensé à regarder en Botanique."
"Ah," dit Remus pensivement. "Tu as trouvé la Branchiflore. Félicitations Harry. Comment l'as-tu trouvé ?"
Harry expliqua ce qui était arrivé dans la boutique de potions à Remus. Il se souvint brutalement de sa rencontre avec Rita Skeeter et cessa de parler. Il se rappela ce qui avait été dit dans l'article dans la 'Gazette du Sorcier' et se reprocha de ne pas avoir contacté Sirius ou Remus plus tôt. L'article avait été plus dérangeant pour eux que pour lui. Comment avait-il pu être si égoïste ?
"Harry ?"demanda gentiment Remus."Ca va?"
Tiré de ses pensées, Harry leva les yeux pour voir la figure inquiète de Remus.
"Quelque chose est arrivée hier, dit-il en baissant le regard. "Rita Skeeter m'a épinglé Hermione et moi. Elle m'a demandé ce que cela faisait de vivre avec un loup-garou. Je ne lui ai pas répondu mais elle m'a énervé. Comment est-ce que les gens peuvent être aussi étroit ? Est-ce qu'ils pensent vraiment que Sirius et le professeur Dumbledore t'autoriserai à être près de moi si tu étais dangereux ? Tu me ferais jamais de mal…je sais que tu ne le feras pas."
"Harry, écoute-moi," dit calmement Remus. "Tu ne peux pas prendre à cœur tout ce que Rita Skeeter écrit sur toi. Elle se fiche qu'on est pris des précautions pour que je sois inoffensif les soirs de pleines lunes. Elle essaye juste de faire un scandale. J'ai aussi le pressentiment qu'elle essaye de te mettre en colère et que tu lui répondes pour retourner tes mots contre toi dans son prochain article. Tu as fait ce qu'il fallait faire hier. Ne lui donne pas la satisfaction de savoir qu'elle te touche. Il y aura toujours des gens pour me craindre, bonhomme. Je le sais. Je l'ai accepté. Rita Skeeter joue juste sur cette peur. Ne t'inquiète pas. Personne ne vas t'emmener loin de nous."
Harry laissa échapper un soupir fatigué. Remus avait raison. Malgré les paroles de Rita Skeeter, Harry était légalement le pupille de Sirius donnant droit à Sirius sur ses fréquentations.
"Je sais," dit doucement Harry. "C'est juste que…toute ma vie j'ai voulu une famille et maintenant j'en ai une. Je ne peux pas expliquer pourquoi – "
" – tu sens que c'est seulement une question de temps avant qu'on ne te l'arrache encore," conclut Remus. "Je souhaiterais savoir que dire pour te convaincre que Patmol et moi ne partons pas, bonhomme. Si pour cela on doit à nouveau élire résidence dans les Quartiers des Maraudeurs pour te le prouver on le fera. Tu es avec nous, là où tu appartiens…où tu as toujours appartenu."
Harry ne put s'empêcher de sourire à l'observation. Il devait admettre qu'avoir Remus et Sirius comme tuteurs sonnait juste. Il ne savait pas pourquoi mais il sentait qu'eux seuls connaissaient et comprenaient une partie de lui très peu visible. Il n'y avait pas de manière simple de le dire.
"Merci Lunard," dit avec reconnaissance Harry. "Pour tout. Tu peux dire bonjour à Sirius quand il se réveillera ?"
"Ça marche," dit Remus avec un signe de tête. "C'est comme si tu avais tout en main pour la seconde tâche. Tu as encore quelques semaines pour apprendre à nager. Essaye de te reposer. Essaye de t'amuser."
"J'essayerai," dit Harry même s'il doutait d'y arriver avec tout le travail que les enseignants donnaient. Il ne connaissait aucun quatrième année qui n'en était pas devenu tendu. Après avoir salué Remus, Harry se détendit en face du feu, appréciant la paix et le silence. C'était chose rare ces derniers jours. C'était étrange que ce qui avait été agaçant cet été était devenu si bénéfique.
Etendu dans une chaise, Harry fixa le feu sans le voir. Est-ce que c'était si visible qu'il ne dormait pas ? C'était si visible qu'il en avait tellement plein la tête qu'il allait exploser ? Remus avait toujours été très observateur mais il était rarement aussi franc qu'il l'avait été. C'était plutôt réservé à Sirius.
Plongé dans ses pensées, Harry ne réalisa qu'il n'était pas seul que quand une main se posa sur son épaule le faisant sursauter. Il se retourna et leva les yeux sur Ron qui avait un regard inquiet sur son visage. Harry laissa immédiatement échappé un soupir et se détendit. Il ne savait pas pourquoi il avait eu si peur. Personne à Gryffondor ne lui ferait de mal.
"Tu vas bien, Harry ?" Demanda Ron. "J'ai essayé d'attirer ton attention depuis cinq minutes."
Harry se frotta les yeux sous ses lunettes.
"Quoi ?" Demanda-t-il, confus. Pourquoi Ron voudrait-il son attention ? Ron n'était-il pas en colère contre lui ? "J-je vais bien," dit-il faiblement. "Désolé de t'avoir réveillé."
Ron laissa échapper un soupir et s'assit à coté de Harry sur le sol.
"Je sais que j'ai été un vrai salaud," admit-il. "Je n'avais aucun droit d'être jaloux. Je sais qu'il n'y a rien que je puisse faire pour arranger les choses mais je veux essayer."
Harry posa les yeux sur Ron pour un long moment avant de retourner son regard sur le feu.
"As-tu une idée de ce que c'est de croire que tu n'as rien, qu'il n'y a personne qui ne se soucie même légèrement de toi ?" Demanda-t-il. "Avant Poudlard, je croyais que j'étais un bon à rien. Je croyais que les Dursley – qui avaient rendu très claire leur haine pour moi – était ma seule famille. Je croyais que je ne méritais pas l'amour de quelqu'un."
"Mais c'est – "
"Laisse-moi finir," interrompit Harry. "Quand Hagrid est venu me chercher et m'a dit la vérité je n'arrivais pas à y croire. Il y avait un endroit dont je faisais partie, un endroit où je pourrais être moi-même avec des gens qui seraient pareils que moi." Harry fit une pause et ramena ses jambes près de sa poitrine. "Mais cela s'est vite transformé en mensonge. Même ici j'étais différent. Même ici j'étais anormal mais je m'en fichais parce qu'au moins j'avais des amis qui ne me voyais pas différemment. Mes amis se fichaient de la cicatrice sur mon front ou de ce qu'elle apporte et ils ont sympathisé avec ce qui fait de moi qui je suis."
Fermant ses yeux, Harry se força à rester calme. Cela ne servirait à rien de hurler.
"Je n'ai pas besoin de te rappeler ce qui c'est passé l'été dernier," continua Harry. "Tu n'as pas idée de ce que c'est d'avoir tout le temps peur, ne pas savoir quand est-ce que l'homme qui est supposé prendre soin de toi va déverser sa colère. Je peux encore l'entendre hurler, me dire que j'aurais du mourir avec mes bons à rien de parents. "
Du coin de l'œil Harry put voir Ron le regarder avec de grands yeux. Apparemment Ron ne s'était pas ennuyé à penser à ce que Vernon Dursley avait fait en plus de ce que Harry lui avait déjà dit.
"J'ai ensuite rencontré Remus qui me voulais me donner tout ce que j'avais jamais voulu…mais ce ne pouvais pas devenir vrai à cause de la discrimination des loups-garous dans le monde sorcier," dit platement Harry. "J'ai fait tout ce que j'ai pu pour faire de nous une famille. Je voulais désespérément ce que tu as eu le jour de ta naissance : une famille qui prend soin de toi et qui t'aime quoiqu'il arrive. Quand Remus et Sirius sont devenus mes tuteurs, je pouvais à peine y croire. Parfois j'ai encore besoin de me rappeler que la maison n'est pas un lieu dont tout le monde a peur. J'ai pensé que tous mes problèmes étaient finis mais non. Je ne peux aller nul part sans qu'on veuille tout savoir de ma vie, savoir ce que cela fait de vivre avec un ex-prisonnier et un loup-garou."
"Pourquoi n'as-tu rien dit ?" Demanda à voix basse Ron.
"Qu'aurais-tu fais ?" Répliqua Harry. "C'est le prix de cette célébrité que je n'ai jamais voulu. Je n'ai pas de vie privée. Je suis toujours observé. Je dois être parfait parce que tout le monde s'y attend de la part du Survivant. Que l'école sache tous nos précédents exploits n'aide pas. Ils attendent que je me sorte de l'impossible quand j'essaye juste de faire ce que je peux pour survivre. C'est ce que tu veux réellement ?"
Les épaules de Ron s'affaissèrent alors qu'il baissait la tête, honteux.
"Pourquoi veux-tu me dire ça ?" Demanda-t-il. "Je suis un idiot. J'aurais du faire mieux que croire que tu te laissais entraîner par le Tournoi. J'avais peur. Je pensais qu'une fois que tu serais ami avec Krum et Diggory tu ne passerais plus jamais de temps avec moi."
Harry fixa Ron, incrédule. Hermione l'avait avertit mais c'était choquant d'entendre Ron l'admettre.
"C'est ce que tu penses ?" Demanda Harry. "Ron, ce n'est pas une compétition. Je suis ami avec Victor parce que je le comprends. Cédric m'a aidé à me débarrasser de Rita Skeeter lors de la cérémonie d'examen des baguettes. Ils ne me connaissent pas comme toi et ne le feront probablement jamais. Tu es le premier ami de mon âge que j'ai eu. Tu t'es sacrifié pour moi sur un échiquier géant, Ron. Je ne tourne pas le dos aux gens parce que d'autre rentrent dans ma vie."
Ron laissa apparaître un sourire de soulagement sur sa figure.
"Je suis désolé, Harry," dit-il. "Qu'est-ce que je peux faire pour te le prouver ?"
Harry pensa pendant cinq minutes et sourit. Honnêtement, Ron lui manquait tellement qu'il était prêt à accepter le fait que Ron était jaloux de son statut de Survivant comme la majorité des élèves de Poudlard. Il n'était pas d'accord mais savait qu'il ne pouvait rien y changer.
"Sais-tu nager ?" Demanda curieusement Harry à son ami.
Les jours suivants, Harry informa Ron de ce qu'il avait trouvé. Hermione était extasié que Ron et Harry se soit enfin réconciliés et elle avait sauté sur l'occasion d'apprendre à Harry à nager avec Ron. Ces trois-là se mirent d'accord pour aller en douce une fois sur deux dans la Salle Sur Demande après les devoirs jusqu'à ce que Harry sache assez bien nager pour la seconde tâche.
Suivant les instructions de Remus, ils trouvèrent la Salle sur Demande et purent à peine en croire leurs yeux quand ils entrèrent. La salle était grande avec une piscine au milieu, plus grande que celle de la salle de bains des préfets. Les serviettes étaient empilées soigneusement, prêtes à l'emploi. Les murs étaient décorés avec des objets moldus et magiques gonflables. Dans le fond de la pièce il y avait trois portes intitulées 'Harry', 'Ron' et 'Hermione'. Ces portes s'ouvrirent pour révéler une cabine contenant un maillot de bain.
Ce fut quand ils furent à l'eau que Ron et Hermione remarquèrent le petit collier noir que portait Harry depuis Halloween. Ayant été autour de son cou pendant si longtemps, Harry l'avait presque oublié. Ne voulant pas leur parler de son incapacité à contrôler sa magie, Harry dut forcer de mentir et de dire que c'était un cadeau de Sirius et de Remus. Il haïssait mentir mais il venait juste de faire face à Ron. Il n'était certainement pas prêt à faire n'importe quoi qui pourrait leur faire peur.
La plupart du temps dans la Salle sur Demande était passé à aider Harry mais pas en totalité. Les disputes de Ron et Hermione s'étaient transformées en bataille d'eau auxquelles Harry s'était promis de ne pas participer. À chaque fois, ils se retrouvaient à la fin en train de s'arroser et Harry à quelques mètres derrière eux. Harry avait découvert que quand Ron et Hermione se prenaient le bec, il était toujours pris à parti…ce qu'il détestait. Il restait toujours une personne en colère après lui.
Alors que la seconde tâche approchait, l'école brûlait à nouveau d'excitation. Des théories inimaginables étaient faites sur la tâche. D'innombrables élèves approchaient Harry pour avoir des détails, sur ce qu'il devrait faire, si cela ressemblerait à la première tâche. Harry refusa de répondre, déclarant que si les élèves étaient sensé savoir alors on leur en aurait parlé. Ron et Hermione avaient fait de leur devoir d'éviter de parler du Tournoi en présence de Harry pour dissiper la pression que les élèves lui mettaient.
La nuit avant la seconde tâche semblait défiler au ralenti. Même si Harry était préparé il se sentait nerveux. Il répétait encore et encore tout ce qu'il savait pour s'assurer qu'il était prêt. Il pouvait nager aussi bien que Ron et Hermione et sa Branchiflore était prête. Le seul problème était qu'il ne savait pas où étaient les sirènes dans le lac. Cela rendait Harry encore plus nerveux. Comment devait-il les trouver ?
Désespéré de devoir attendre, Harry commença à lire à nouveau son livre de Sortilèges. Il fut forcé de faire une pose une heure plus tard à cause de Ron qui le tira vers un échiquier. Après un long jeu qu'il perdit bien évidemment, Harry allait retourner à son livre de Sortilèges quand il remarqua que le professeur McGonagall les regardait depuis l'entrée de la Salle Commune.
"Miss Granger et Mr Weasley, veuillez me suivre, s'il-vous plaît," dit strictement le professeur McGonagall.
Harry, Ron et Hermione devinrent immédiatement nerveux. Qu'avaient-ils fait ? Ron et Hermione quittaient rarement Harry ces dernières semaines. La seule chose répréhensible qu'ils avaient faite était les leçons de natation dans la Salle sur Demande et Harry avait été là alors pourquoi Harry n'avait-il pas lui aussi des ennuis ?
Voyant leurs airs, le professeur McGonagall tenta une approche différente.
"Vous n'avez pas d'ennuis," leur assura McGonagall. "Je promets que Mr Potter ira bien même si vous n'êtes pas là pendant un moment."
Hermione toucha le bras de Harry et attendit que son ami lève les yeux.
"Essaye de dormir, Harry," dit-elle gentiment. "Tu travailles sur la Seconde Tâche depuis des mois. Je ne pense pas que tu puisses être plus préparé qu'à présent."
"Elle a raison, Harry," ajouta Ron. "Tu ne peux pas tomber endormi au milieu de la tâche."
"J'essayerai," dit Harry même s'il avait le pressentiment qu'il ne fermerait pas l'œil cette nuit. Il était trop nerveux pour même l'envisager. Une fois que Ron et Hermione étaient partis avec le professeur McGonagall, Harry s'assit en face du feu et retourna à ses Sortilèges. Il s'imagina que ses mais seraient bientôt de retour et qu'ils lui expliqueraient tout.
Le problème était qu'ils ne revinrent pas.
Au moment où l'aube se leva, Harry était extrêmement nerveux mais pour une raison maintenant totalement différente. Ron et Hermione auraient du revenir il y a des heures. Le professeur McGonagall avait dit qu'ils n'avaient pas d'ennuis alors qu'est-ce qui avait bien pu les retenir si longtemps ? Il avait passé une nuit blanche et savait donc qu'ils n'étaient pas revenus à sa barbe.
Craignant qu'il ne le soit arrivé malheur, Harry se précipita dans son dortoir et tira la carte du Maraudeur de sa malle. Après l'avoir activé, Harry scanna la carte pour voir que Ron, Hermione Cho Chang et une certaine Gabrielle Delacour étaient dans le bureau du directeur avec les professeur McGonagall et Flitwick ainsi que Ludo Verpey et Percy Weasley. Harry ne désirait rien de plus que de débarquer dans le bureau du professeur Dumbledore pour découvrir ce qui se tramait. Pourquoi il y avait-il tant de gens ? Que se passait-il ?
Après avoir rangé la carte, Harry s'assit sur son lit, et frotta ses yeux. Il savait qu'il paierait sa nuit blanche. Son estomac était noué de nervosité, lui rappelant ce qui allait se passait dans quelques heures. Ne voulant pas s'asseoir et s'éterniser dessus, Harry changea d'habit, prit sa baguette et partit vers la Salle sur Demande. Il n'arrivera pas à manger ce matin donc aller dans la Grande Salle était inutile.
Il passa une heure dans la Salle sur Demande essayant de jeter un 'Lumos' silencieusement puisqu'il ne pourrait pas parler sous l'eau. Il réussit à faire une petite lueur de la taille d'une balle de tennis, c'était tout de même un départ. Il pratiqua aussi le Charme de Réchauffement qu'il avait utilisé l'année dernière et révisa les leçons sur la métamorphose des habits qu'il avait reçues du professeur McGonagall de l'été avant sa troisième année. Il ne pensait pas que se baigner en pantalon et pull serait une bonne idée.
Même si Harry ne voulait voir personne, une heure et demie enfermer perdait vite son charme. La dernière chose qu'il avait besoin était de s'appesantir sur les nombreuses manières dont il pourrait foirer. Déambulant dans les couloirs, Harry essaya de se concentrer sur un sujet tout à fait étranger à la Seconde Tâche, mais il trouva cela impossible. Où étaient Ron et Hermione quand vous aviez besoin d'eux ?
Cette pensée fit stopper net Harry. Où étaient Ron et Hermione ? Pourquoi étaient-ils partis toute la nuit? Est-ce qu'ils le cherchaient ? Le professeur Dumbledore n'allait pas leur faire manquer la seconde tâche, n'est-ce pas ?
Harry se souvint brutalement des mots de l'œuf : 'Ce qui t'es le plus cher, nous te l'avons ravi'. Et si cela ne se référait pas à un objet mais à une personne ? Il y avait trois élèves dans le bureau de Dumbledore et une personne qu'il ne connaissait pas, ce qui en faisait quatre…une pour chaque champion. La peur s'empara de Harry. Est-ce le professeur Dumbledore avait perdu l'esprit ? Probablement.
Voulant désespérément contredire son raisonnement, Harry se précipita vers le bureau du Professeur Dumbledore. Il dépassa des élèves qui se rendaient à la Grande Salle, ignorant les appels de ceux qui voulaient lui souhaiter bonne chance. Il avait accepté de devoir faire parti du Tournoi, mais cela ne voulait pas dire que Ron et Hermione devaient être eux aussi entraînés. La pensée qu'ils soient mis en danger à cause de lui était quelque chose que ne pouvait pas supporter Harry.
Tournant au coin, Harry dérapa, bousculant presque le professeur McGonagall.
"Har – Mr Potter !" s'exclama-t-elle, se rattrapant avant que quelqu'un ne l'entende appeler Harry par son prénom. "Qu'est-ce que cela signifie ?"
"Où sont Ron et Hermione ?" demanda immédiatement Harry. "Ils ne sont pas revenus la nuit dernière."
Le regard sévère du professeur McGonagall fondit alors qu'elle poussait un soupir.
"Suivez-moi," dit-il doucement avant de se tourner et d'entrer dans une salle voisine. Une fois que Harry fut entré, elle ferma la porte et lui fit face. "Harry, je ne devrais pas te le dire mais je sais que si je ne le fais pas tu ne pourras pas te concentrer sur la tâche. Tes amis participeront à la tâche aujourd'hui. Harry fit mine de protester. "Ils vont très bien," lui assura le professeur McGonagall. "Le professeur Dumbledore n'autoriserai jamais une telle chose si c'était dangereux pour ceux qui y prendraient part. Il s'est assuré que toutes les mesures de sécurité soient prises."
Harry ne put s'empêcher de fixer le professeur McGonagall avec un sourcil froncé. Par le ton de sa voix, il semblait qu'elle essayait de lui dire quelque chose sans vraiment le formuler. Sachant que rien, de ce qu'il dirait, n'inciterait l'enseignante à parler au directeur, Harry prit congé et se précipita à la Tour de Gryffondor. Il ne s'arrêta pas avant d'avoir atteint sa malle dans le dortoir, il l'ouvrit et sortit le couteau suisse qu'il avait reçu à Noël de la part de Sirius. Il avait le sentiment qu'il allait être utile. Harry sortit aussi la Branchiflore de sa fiole et la mit dans sa poche. Il n'avait pas intérêt à l'oublier.
Alors que la seconde tâche approchait, Harry s'inquiétait à tour de rôle entre la tâche et Ron et Hermione. Il descendit vers le lac assez tôt, assis en tailleur avec sa tête en avant et ses yeux fermés. L'énigme disait ce qui t'est, non ceux qui te sont. Cela voudrait-il dire qu'il devrait choisir entre Ron et Hermione ? Non, Dumbledore ne ferait pas cela.
Il y avait quatre personnes dans le bureau du professeur Dumbledore. Il était clair que Cédric devait secourir Cho Chang ; si Harry se souvenait bien Gabrielle Delacour avait le même nom de famille que Fleur. Il supposa que Gabrielle était la sœur de Fleur. Victor Krum, d'une autre part, avait rarement été vu en compagnie des autres sauf durant le Bal de Noël et les fois où il s'asseyait avec le trio de Gryffondor dans la bibliothèque. La partenaire du Bulgare avait été Hermione. Elle devait être celle que Victor devait secourir ce qui voulait dire que Harry devait sauver Ron.
Le vent froid sortit Harry de ses pensées. Ouvrant les yeux, Harry vit que Cédric Diggory se tenait ne face de lui et fit un bond en arrière d'effroi. Il n'avait rien entendu.
"Euh – Salut Cédric," dit Harry, incertain de ses paroles alors qu'il se levait. "Tu es prêt ?"
Cédric portait une cape mais frissonnait quand même. Harry supposa que Cédric était en maillot de bain ce qui n'était pas tout à fait adapté pour le temps de février.
"Aussi prêt que je peux l'être," répondit honnêtement Cédric. "Mais qu'est-ce qu'ils avaient dans la tête au moment où ils ont programmé la tâche pour Février ?"
Harry haussa les épaules vu qu'il avait les mêmes questions en tête. Le professeur Dumbledore voulait certainement frapper fort, songea-t-il. Après avoir vérifié que personne ne les écoutait, Harry s'approcha pour que personne n'entende.
"Merci pour ton aide," dit-il avec reconnaissance. "Je ne peux pas croire que j'ai été si stupide en ne pensant pas à le mettre sous l'eau pour comprendre les paroles."
Cédric agita sa main.
"Je te le devais de toute façon," dit-il. "Alors qu'as-tu prévu pour la tâche ?"
Harry sortit de sa poche la branchiflore et la montra à Cédric.
"Je pense que c'est plus sûre qu'un charme de Tête en bulle ou de se transformer," dit-il. "Mais cela m'a prit des siècles pour trouver."
" Qu'est-ce que c'est ?" demanda Cédric avec hésitation, n'essayant même pas de retenir son dégoût pour le petit objet dans la main de Harry.
Ce fut extrêmement difficile pour Harry de garder un visage sérieux avec la grimace de Cédric. Pour un spectateur, il aurait semblé que Cédric avait peur de ce qui était dans la main de Harry.
"C'est de la Branchiflore," dit Harry alors qu'il la rangeait. "Tu la manges et tu peut respirer sous l'eau. Je l'ai eu durant une sortie à Pré au Lard."
Cédric laissa échapper un grognement frustré alors qu'il se frappait le front de la main.
"Je l'ai complètement oublié," dit-il. "Nous avons traité les Branchiflores l'année dernière en Botanique. Et dire que je pensais que tu aurais du mal avec le Tournoi." Cédric se pencha et ébouriffa les cheveux de Harry, héritant d'un froncement de sourcils agacé de l'adolescent. "Bonne chance Harry, même si je doute que tu en aies besoin."
Harry essaya de réarranger ses cheveux mais il savait que c'était une bataille qu'il ne gagnerait pas. Pourquoi est-ce que tout le monde éprouvait le besoin de décoiffer ses cheveux déjà assez désordonnés comme ça ?
"Bonne chance à toi aussi," dit sincèrement Harry. "Tu utilises un sortilège de Tête en bulle ?"
Cédric acquiesça mais le son de pas approchant l'empêcha de parler. Regardant par-dessus son épaule, Harry vit Krum arriver et le salua, recevant un signe de tête en retour. Les juges arrivèrent et prirent leurs sièges à leur table. Harry ne put s'empêcher de remarquer la présence de Percy et l'absence de Mr Croupton. C'était la seconde fois qu'il manquait, avec le Bal de Noël.
Fleur arriva peu après que les juges suivis des étudiants aient pris leurs sièges dans les tribunes qui avaient déjà été utilisés pour la seconde tâche. Harry fit de son mieux pour ignorer les échos qui lui parvenaient. Sa tension était revenue de toute sa force, ayant décru pendant sa discussion avec Cédric. Il n'était pas trop regardant sur comment il allait faire, plutôt sur trouver Ron dans le temps imparti. " Le professeur Dumbledore n'autoriserai jamais une telle chose si c'était dangereux pour ceux qui y prendraient part. Il s'est assuré que toutes les mesures de sécurité soient prises."
Les paroles du professeur McGonagall résonnaient dans sa tête, chassant le bruit de la foule. La compréhension heurta alors Harry comme un coup de vent. McGonagall avait essayé de lui assurer que ceux qui devaient être secouru iraient bien, quoiqu'il se passe. S'il ne réussissait pas la tâche, Ron s'en tirait. Si un autre champion ne réussissait pas, leur otage serait quand même en sécurité. Hermione irait bien.
Remarquant que Cédric retirait sa cape, Harry enleva ses chaussures et chaussettes avant de transformer ses vêtements en une combinaison nautique. Il lança aussi un sort de Chaleur avant de remettre sa baguette dans son étui. La chaleur l'entoura aussitôt, chassant le froid qu'apportait l'air.
La voix de Verpey interrompit ses pensées.
"Bienvenue à la Seconde Tâche," annonça-t-il. "Lorsque le départ sera lancé, les champions auront une heure pour retrouver ce qui a été pris. Prêt les Champions ? Trois…deux…un…"
Le coup de sifflet retentit. Harry sortit rapidement la branchiflore de sa poche et la mit dans sa bouche alors qu'il entrait dans le lac. L'eau était froide, alertant Harry qu'elle devait être glaciale sans sort de Chaleur. Il continua à s'enfoncer dans le lac alors qu'il mâchait la Branchiflore. Pour le dire sans sentiments, c'était absolument dégoûtant et c'était encore pire quand elle descendit dans sa gorge.
Avec un sursaut de confiance, Harry plongea dans le lac en espérant que la Branchiflore marcherait. Alors qu'il commençait à nager, Harry sentit une brusque douleur de chaque coté de la nuque suivi par le soulagement. Il pouvait respirer. Il avait des branchies sous ses oreilles. Sachant qu'il avait peu de temps, Harry continua à nager, étonné de trouver cela plus facile que dans la Salle Sur Demande. Il devina que la Branchiflore devait avoir quelque chose à y voir et continua à nager.
Les ténèbres l'entourèrent. Instinctivement, Harry fléchit son poignet et continua à nager et eut sa baguette ne main. Se concentrant aussi fort qu'il pouvait, Harry pensa au sort Lumos et sourit quand la petite lumière apparut à la pointe de sa baguette, lui permettant de voir. Il vit de l'herbe noire, de la boue et des cailloux. Les poissons remarquèrent la lumière et s'enfuirent.
Il entra dans la partie où l'herbe verte tapissait tout le sol. Il commença à bouger quand quelque chose hurla dans sa tête. Rapidement, Harry se retourna et tendit sa main gauche pour repousser une possible attaque. Un flash de lumière apparut de sa main tendue, heurtant le Strangulot, un démon de l'eau avec des petites cornes qu'il avait découvert quand Remus avait été son professeur de Défense contre les forces du Mal. Les yeux de Harry s'élargir d'alarme. Comment avait-il fait ça ?
Concentre-toi sur la tâche !
Ne voulant pas rencontrer d'autres créatures, Harry jeta un coup d'œil alentour et continua son chemin. Il remarqua que la lumière était partie et se concentra sur le sort. Une autre lumière apparut à la fin de sa baguette. Regardant autour, Harry remarqua une faible lueur sur sa droite et décida de la suivre. Il nagea aussi vite que possible au cas où il aurait tort. Ses muscles protestèrent mais Harry les ignora. Il n'avait aucune idée du temps restant mais savait qu'il ne restait au moins plus que la moitié.
L'herbe verte fut remplacée par de la boue noirâtre. La lumière se fit plus forte alors que des voix sinistres s'élevaient. Harry connaissait ces voix. C'était les mêmes que celles de l'œuf. Il continua à nager alors qu'il rengainait sa baguette. Soudain une grosse pierre apparut dans l'eau sombre en face de lui. Il y avait des peintures de sirènes dessus.
La dépassant en nageant, Harry suivit les voix et la lumière pour se retrouver entouré par des sculptures de pierre couvertes de tâches vertes. Ce fut là que Harry remarqua les sirènes qui ne ressemblaient pas du tout à ce qu'on racontait dans les légendes. Leur peau était grise, leurs cheveux longs et verts, leurs yeux et leurs dents jaunes et des queues grises. Il continua à nager, ignorant les doigts pointés. En tournant, Harry vit un large groupe de sirènes qui sortaient de leurs maisons de ce qui pourrait être appelé leur village. Un petit groupe de sirènes chantait au centre, indiquant où aller aux champions…droit derrière eux, vers une grande statue d'un être de l'eau où quatre personnes étaient attachées à sa queue.
Si cela avait été possible, la respiration de Harry serait resté coincée dans sa gorge à cette vue. Hermione, Ron, Cho et une petite fille de près de huit ans qui ressemblait à Fleur semblaient endormi. Des bulles s'échappaient de leurs bouches, assurant à Harry qu'ils étaient encore vivants. Il n'avait aucune idée de comment ils y arrivaient mais décida de ne pas perdre de temps.
Poussant son corps endolori, Harry se précipita sur les otages. Fouillant sa poche, Harry sortit le couteau que lui avait donné Sirius et en sortit la lame. Aussi vite et prudemment que possible Harry libéra Ron, et attrapa son ami endormi avec son bras libre avant de refermer son couteau et de la ranger. Il jeta un coup d'œil à Hermione, laissa échapper un soupir de regret avant de s'élever en nageant, tenant Ron sous les mains et agitant les jambes, les forçant à travailler plus vite et plus fort. Il bougeait si lentement et Ron était si lourd.
Une chaleur soudaine s'empara de son corps suivit par une vague d'énergie, repoussant la fatigue ou la douleur qu'il avait ressenti. Il ne fallait pas être un génie pour savoir ce qui était arrivé. Harry savait qu'il avait une autre crise. Il pouvait sentir quelque chose d'incontrôlable monter en lui mais s'évanouir vivement, absorbé par son collier. Pas maintenant ! Pas maintenant s'il vous plait !
Les eaux sombres au-dessus de Harry commencèrent à s'éclaircir. Il continua à pousser tandis qu'il tenait Ron comme si sa vie ne dépendait. Il y était presque. Il le savait. Il pouvait le sentir. Il pouvait l'entendre. Attendez…L'entendre ?
Des voix s'élevèrent en parlant dans une langue (si ça pouvait être appelé comme ça) que Harry n'avait jamais entendu. Néanmoins, Harry savait ce qu'il voulait. Ils ne voulaient pas qu'il atteigne la surface. Il pouvait le sentir. Ils le suivaient, attendant le bon moment pour attaquer.
Ce fut toute l'incitation dont eu besoin Harry pour nager plus vite qu'il ne le croyait possible. En peu de temps Harry avait atteint la surface, Ron apparaissant quelque moment plus tard. Des applaudissements retentirent mais c'était la dernière chose qu'il avait en tête. Respirer était devenu difficile jusqu'à ce que Harry se remémore qu'il avait toujours des branchies grâce à la Branchiflore. Se reposant sur son dos pour que les ouïes restent sous l'eau, Harry nagea jusqu'à la rive tenant Ron avec un bras. Il n'alla pas loin avant qu'il n'entende Ron grogner.
"Harry ?" demanda Ron alors qu'il regardait autour et remarquait où ils étaient. Après un moment, Ron se tira des bras de Harry, signalant qu'il pouvait nager le reste du chemin par lui-même. "Qu'attendons-nous ?" demanda-t-il avec une grimace. "Allons-y !"
Harry aurait ri si quelque chose n'avait pas tiré sa cheville droite. La peur s'empara de lui alors qu'on attrapait sa cheville gauche.
"Ron !" s'écria-t-il alors qu'il était tiré sous l'eau à une vitesse incroyable. On attacha ses poignets, le tirant encore plus bas. Harry fléchit son poignet et saisit sa baguette. Il devait se libérer. Il devait se concentrer.
Fermant ses yeux, Harry essaya de se concentrer mais ce fut difficile avec la douleur perçante qui s'élevait de ses chevilles. L'ignorant autant qu'il pouvait, Harry se concentra sur tout autre chose. Une fois encore Harry sentit une vague de pouvoir envahir son corps et commença à paniquer. Il ne pouvait pas perdre le contrôle maintenant, pas avec trois autres champions et leurs otages dans l'eau. Il ne pouvait pas risquer de blesser quelqu'un mais il ne pouvait pas se laisser faire non plus.
Pointant sa baguette sur sa cheville droite, Harry se concentra sur le sort de pétrification. Ses yeux étaient fermés alors qu'il forçait le pouvoir qu'il sentait dans sa baguette. Un moment plus tard, la prise sur sa cheville s'évanouit et Harry ne perdit pas de temps à faire le même avec sa cheville gauche et son poignet gauche. Une fois que ces membres furent libres, Harry changea de main et fit de même sur l'étrange créature qui l'entraînait encore par le poignet droit. Maintenant complètement libre, Harry rengaina sa baguette et nagea rapidement vers la surface. Sa respiration commençait à devenir difficile alors que la douleur familière prenait place dans son cou. Harry savait que les effets de la Branchiflore se dissipaient. Il se soudain très fatigué, rendant sa nage encore plus difficile mais il continua à se pousser pour atteindre la surface. Il avait besoin d'air. Il avait besoin que ses muscles cessent de hurler. Il avait besoin de perdre conscience.
Atteignant la surface, Harry prit une grande inspiration se sentant soulagé comme jamais. Ses bras et ses jambes semblaient sur le point de tomber mais Harry voulait désespérément atteindre la rive et se sortir de l'eau aussi vite que possible. Il sembla lui prendre des siècles pour atteindre la rive mais là il fut immédiatement sortit de l'eau par le professeur Dumbledore et le professeur Karkaroff. Harry gémit de douleur alors que son pied droit heurtait un caillou. Il baissa les yeux et vit que ses deux chevilles saignaient.
Le professeur Dumbledore le remarqua aussi, et souleva le petit garçon de quatorze ans et le porta dans la tente où Madame Pomfresh s'était installée. Trop fatigué pour faire quoique ce soit, Harry sentit sa tête retombée contre la poitrine de Dumbledore alors que ses yeux se fermaient. Une voix douce lui dit que tout irait bien alors qu'il se sentait déposer sur quelque chose de doux. La douleur de ses chevilles s'évanouit et une couverture chaude le recouvrit. Il sentit qu'on forçait sa bouche à s'ouvrir et qu'on lui déversait quelque chose de froid et d'amer dans sa gorge.
Lentement, Harry ouvrit les yeux pour voir Ron, enveloppé dans une couverture, le regardait nerveusement.
"Tu vas bien, Harry ?" demanda-t-il. "J'ai essayé de te chercher mais je ne pouvais pas te trouver et Dumbledore m'a sorti de l'eau avant que je ne puisse aller plus profond. Qu'est-ce qui s'est passé ?"
"Je ne sais pas," répondit honnêtement Harry alors qu'il essayait de s'asseoir mais ses bras ne voulaient pas coopérer. Ron le remarqua et l'aida. "Merci," dit Harry alors qu'il oscilla un peu. "Je n'ai pas vu ce que c'était mais je crois que c'était des Strangulots. Il y en a un qui a essayé de m'attaquer avant que je ne te trouve…" Le souvenir de la manière dont il s'était occupé de ce Strangulot fit arrêter son explication à Harry. Regardant le lac, Harry se demanda ce qui était arrivé dessous. Le collier avait marché pour la première crise mais pas pour la seconde. Harry se demanda s'il avait eu tort en reposant toute sa confiance sur de la quincaillerie. Ce n'était pas comme si Harry était furieux que le collier n'ait pas fonctionné. Il avait combattu ce qu'il l'avait entraîné en-dessous de l'eau grâce à ça. C'était juste qu'il n'aimait pas le fait de ne pas savoir que cela pouvait arriver.
Harry fut tiré de ces pensées par le retour de Cédric et de Cho qui furent immédiatement enveloppés dans des couvertures. Au moment où ils entrèrent dans la tente ils virent tout les deux Harry assis dans un lit avec ses chevilles bandées de façon importantes. Madame Pomfresh les suivait et elle remarqua elle aussi Harry.
"Mr Potter," réprimanda-t-elle. "Rallongez-vous à l'instant. Votre réaction à la Pimentine a été suffisante pour savoir que vous avez besoin de vous reposer."
"Quand est-ce que vous m'avez donné de la Pimentine ?" demanda Harry, dérouté.
"Justement," dit Madame Pomfresh alors qu'elle s'approchait du lit de Harry et le repoussait. "Vous avez perdu beaucoup de sang et vous êtes donc vulnérable. Maintenant restez tranquille ou vous passerez une semaine à l'infirmerie."
Ce fut tout ce dont eu besoin Harry pour faire tout ce que lui dirait Madame Pomfresh. La dernière chose qu'il voulait était faire un séjour à l'infirmerie. Sa couverture fut une fois encore remontée jusqu'au menton. Il sentit une autre couverture être posé au-dessus de ses pieds et il vit Madame Pomfresh s'approcher de Cédric et Cho. Ron tira un chaise et s'assit au chevet de Harry, incapable de cacher son inquiétude.
"Madame Pomfresh, Harry va bien ?" demanda à voix basse Cédric mais Harry l'entendit quand même.
"Une fois que ses chevilles seront guéries et qu'il se sera reposé, Mr Potter ira bien, Mr Diggory," promit Pomfresh au Poufsouffle. "Je pense que c'est la vue qui nous a effrayé. Le professeur Dumbledore voulait être certain qu'il n'y avait pas d'autres blessures."
"La vue ?" demanda Cho, déconcerté.
"Nous avons commencé à nager vers la rive quand quelque chose à tirer Harry sous l'eau," répondit Ron, agacé. Il était clair qu'il n'aimait pas que Cédric et Cho parlent à Madame Pomfresh quand Harry était juste là. "Il a disparu pendant dix minutes. Les juges allaient arrêter la tâche quand Harry est revenu à la surface en cherchant sa respiration avec des coupures profondes sur ses chevilles et des bleus sur ses poignets."
Cédric s'approcha du chevet de Harry et s'assit au pied du lit.
"Comment te sens-tu, Harry ?" demanda-t-il.
Harry haussa les épaules. Ses muscles semblaient toujours en feu mais il n'allait pas s'en plaindre.
"Je ne peux pas bouger mes bras et les jambes mais c'est probablement une bonne chose puisque Madame Pomfresh ne veut pas que je bouge," dit-il candidement.
Madame Pomfresh se ruant hors de la tente avec deux couvertures attira l'attention de tout le monde. Un moment plus tard ils entendirent Madame Pomfresh pousser Victor et Hermione dans la tente. Hermione vit la scène et se précipita aux cotés de Ron. Ron expliqua rapidement Hermione pourquoi Harry était dans le lit. Malgré les protestations de Harry sur le fait qu'il allait bien et que tout le monde réagissait trop, elle trouva nécessaire de prendre Harry dans ses bras. Ron et Cédric durent faire un saut de coté pour ne pas y prendre part.
Victor décida d'entrer et de garder Hermione loin du lit de Harry tandis que Ron et Cédric recouvraient Harry. Ils furent tous sauvés de la conversation quand ils entendirent Fleur divaguer fortement. Cédric et Cho sortirent de la tente pour découvrir ce qu'il se passait pour revenir et dire à tout le monde que Fleur n'avait pas trouvé son otage dans le temps imparti et voulait aller chercher sa sœur. Quelques minutes plus tard, Fleur entra dans la tente, tenant ferment sa sœur. Tout le monde laissa les sœurs de coté et resta près de Harry. Il semblait si étrange que trois des champions soient devenus amis et l'une non. Harry ne put s'empêcher de se sentir légèrement coupable puisqu'il avait été celui qui avait fourni l'effort pour Cédric et Victor. Peut-être aurais-je du le faire aussi avec Fleur.
La voix amplifiée de Ludo Verpey tira Harry de ses pensées.
"Mesdames et Messieurs, nos champions sont revenus et ont le droit à des notes sur cinquante," annonça-t-il. "Miss Fleur Delacour a utilisé le charme de Tête en bulle mais elle a été attaqué par des Strangulots ce qui l'a empêché de retrouver son otage. Elle reçoit 25 points." Des applaudissements retentirent. Quand ils décrurent, Verpey continua. "Mr Harry Potter a utilisé la Branchiflore et fut le premier à revenir avec son otage. En dépit d'avoir été lui aussi victime des Strangulots, il est retourné dans la limite du temps. Mr Potter obtient 47 points." De longs applaudissements et acclamations retentirent dans la foule. Une fois encore quand le bruit décrut Verpey continua. "Mr Cédric Diggory s'est servi du Charme de Tête en bulle. Il a été le second à revenir avec son otage mais a dépassé de cinq minutes la limite de temps. Mr Diggory reçoit 45 points." De grandes acclamations se firent à nouveau entendre. "Mr Victor Krum a tenté une métamorphose qui était incomplète mais néanmoins efficace. Il est aussi revenu avec son otage mais était lui aussi hors de la limite de temps. Il obtient 40 points."
Il y eut une autre série d'applaudissements pour Victor mais l'excitation avait disparu peu à peu. Harry ferma les yeux et laissa sa fatigue le submerger. Une fois encore, il atteignait le mieux quand tout ce qu'il voulait était survivre. Il était toujours en première place, la dernière place où il voulait être.
