et un nouveau chapitre. avec un titre encore beaucoup trop long. mais qu'est-ce qui m'a pris d'inventer des titres aussi longs et nuls, je vous le demande?
Ne me répondez pas, je pourrais me vexer, ce qui entraînerait un arrêt définitif de cette communication.
Hem... sans commentaires sur ma débilité légendaire (vive l'anonymat! ... zut. je viens de me souvenir que des gens qui me connaissent lisent cette histoire. c'est embêtant ça.)
Chapitre 9:
Ce qu'on apprend sur les joyeuses coutumes des pirates…
Le quart de la veille l'avait épuisée et Ambre avait encore des courbatures partout. Les jumeaux et Wesley attendaient sur le pont le temps qu'elle finisse son petit déjeuner. La jeune fille était dans un état semi-comateux en train de touiller sa bouillie d'avoine. Bob, le cuistot du bord, en préparait une nouvelle tournée pour les hommes du quart suivant qui n'allaient pas tarder à se lever. Il fredonnait tout en dosant la quantité de flocons d'avoine à verser dans son chaudron bouillonnant.
"- … like a lion…
- Dis, Bob, l'interrompit Ambre alors qu'il commençait un nouveau couplet. C'est quoi ce que tu chantes?
- Tu ne peux pas connaître vu que c'est moi qui l'invente.
- Tu composes tes chansons? s'écria-t-elle, admirative.
- On peut dire ça comme ça. Je jouait de la guitare quand j'étais jeune.
- C'est vrai?
- Je t'apprendrais si tu veux.
- Ça serait super, mais… d'ici qu'on trouve une guitare ou quelque chose d'approchant…"
Bob eut un petit rire.
"- C'est vrai. Il se tut un instant, le temps de goûter la bouillie. Tu devrais aller retrouver les autres. Ils t'attendent depuis un moment.
- C'est pas trop dur d'apprendre à se servir d'une épée?
- Non. Mais il faut une certaine force et du temps. Ne te désespère pas tout de suite si tu ne vois pas de progrès.
- Bien, fit la jeune fille, la mine sombre tout à coup.
- Courage.
- A tout à l'heure.
- Hun hun," répondit Bob alors qu'il se brûlait la langue après une nouvelle bouchée.
Ambre sortit de la cambuse, ses cheveux blancs veinés de mèches argentées cascadant sur ses épaules. Elle retrouva rapidement ses nouveaux professeurs qui avaient dégagé une partie du pont, sur le gaillard d'avant. Il y avait là les jumeaux, Wesley et Vincent l'ardéchois. Il y avait une demi-douzaine d'épées posées sur une caisse.
"- Ah! te voilà enfin, la morigéna George. Qu'est-ce que tu faisais?
- Je me suis endormie dans mon bol, riposta la jeune fille.
- D'ailleurs, tu en a encore un peu là, la taquina Fred en lui montrant sa joue.
- Très drôle.
- Nous sommes des incompris, se plaignit Fred avec des airs mélo-dramatiques.
- Bon, on commence, les interrompit Vincent, pressé d'en finir.
- On est parti," répondit joyeusement Wesley.
Vincent et Wesley choisirent leurs épées pendant que les jumeaux s'installaient sur le bastingage. Vincent et Wesley se mirent en garde.
"- Ma petite Ambre, l'appela George, pour le moment, tu t'assieds, tu regardes et tu écoutes nos commentaires. Après, tu essaies. Allez-y les gars!" s'écria-t-il.
Les deux combattants commencèrent à exécuter quelques passes, le plus lentement possible pour qu'Ambre puisse bien analyser leurs mouvements, tandis que les jumeaux le lui expliquaient. Parade, feinte, attaque, coup d'estoc, coup de taille…
Mais qui a déjà vu les jumeaux rester sérieux plus de cinq minutes? Les escrimeurs commençaient à s'essouffler et, n'étant pas des mecs pour rien, aucun ne voulait laisser l'avantage à l'autre. Les coups se faisaient plus rapides et précis. Ils ne se quittaient pas des yeux et se tournaient autour comme deux fauves. Fred et George ne firent ni une ni deux (mais directement trois) et se lancèrent dans une description du combat avec une exaltation sans borne.
"- Eh oui mesdames et messieurs, c'est Vincent qui prend l'avantage après cette magnifique feinte du bossue : déstabilisation, une tape sur le bras, désarmement et au fro… ah non. Wesley, le champion olympique de cette discipline a réussi à esquiver avec un coup de pied sur le derrière de son adversaire. Devons-nous sanctionner pour cette entorse au combat à l'épée?
- Je ne crois pas mon cher, assura George. Nous avons affaire à des pirates sans foi ni loi. On devrait même lui donner un bonus pour cette fourberie.
- C'est une bonne idée, mais, pendant que nous philosophons, la bataille se poursuit avec hargne! Regardez-moi ces monstres! Je ne saurais prédire l'issue de ce combat de titans!
- Moi si cher confrère: Vincent, le petit nouveau dans cet art qui nous vient d'un coin paumé d'Ardèche, prend de nouveau l'avantage! Avec une parade aussi efficace, Wesley ne pourra jamais percer ses défenses!
- Regardez! D'une passe prodigieuse, Vincent a désarmé son adversaire. L'épée voltige encore dans l'air qu'il a déjà placé sa lame sur la gorge de Wesley! Quel homme!"
Les jumeaux abandonnèrent aussitôt le bastingage pour se jeter sur les combattants. George leva haut le bras de Vincent, qui riait à n'en plus pouvoir respirer devant la bêtise infinie des jumeaux, tandis que Fred faisant semblant de consoler Wesley, qui pleurait de rire, ce qui convenait presque bien au rôle que lui donnait Fred.
Quand leur hilarité fut tombée, Vincent demanda à Ambre.
"- Tu as suivi le principal?
- Je crois, oui, répondit-elle timidement.
- Alors tu vas pouvoir t'y mettre, conclut Fred. Tiens, voici ton arme, ajouta-t-il en lui tendant une épée. En piste ma petite!
- Et ça rime (enfin presque), ajouta George. Mon frère deviendrait-il poète à ses heures perdues?"
Pendant que les deux frères se disputaient pour une affaire d'insultes et de tu-pourrais-trouver-mieux-quand-même, Ambre se plaça au centre de leur terrain d'entraînement improvisé.
"- Pendant qu'ils se battent, nous on va t'apprendre deux trois petites choses, lui dit Wesley.
- Met-toi comme ça, ordonna Vincent, en lui montrant comment positionner ses jambes. Maintenant, met ton épée en garde."
Ambre obtempéra.
"- Plus haut la pointe, continua Vincent.
Bin tiens. Il a pas vu comme elle est lourde!
La jeune fille essaya de lever l'épée un peu plus haut et y parvint au prix de l'agonie de ses muscles du bras droit, qui hurleraient certainement encore pendant une petite semaine.
"- Très bien, la complimenta Vincent.
Encore heureux! Je me voyais mal lever encore plus cette satanée chose!
- Mais je crois que tu devrais te muscler un peu plus, intervint Wesley.
- Je ne crois pas que l'inventeur de l'épée ait pensé qu'on en apprendrait le maniement à une gamine de treize ans, répliqua Ambre qui laissa son bras retomber.
- Certes.
- On continue?" demanda calmement Vincent.
Ambre acquiesça et Vincent se plaça à côté d'elle.
"- Regardes bien comment je fais et essaye de faire pareil.
- Ok."
L'ardéchois mit le pied droit en avant, le buste légèrement tourné sur la gauche. Ambre le regarda et se mit dans la même position. Vincent se mit en garde, l'épée levée juste devant son nez.
Ah ça va faire mal.
Avec un effort, Ambre leva son épée.
Quand je pense que j'ai réussi à ma battre avec ça! ça devait pas être le même type, l'autre était beaucoup moins lourde.
Vincent esquissa un pas tout en agitant l'épée comme s'il embrochait quelqu'un.
"- Je crois que ça va pas être possible, déclara Ambre. Mon épée est beaucoup trop lourde. Je pourrais jamais faire ça. Y'en a pas une plus légère?
- Je crois pas, répondit Wesley, profondément embêté. On a bien regardé et ce sont les épées les plus légères qu'on puisse trouver… Tu dois vraiment pas avoir de muscles.
- Passe-toi de commentaire, ragea-t-elle, vexée et déçue de ne pouvoir apprendre à se battre.
Pourquoi ne suis-je pas une sorte de catcheuse bodybuildée allaitée aux anabolisants?
- Fais voir ta lame, demanda Vincent après avoir jeté un coup d'œil aux jumeaux. Ces deux là ont l'air trop calmes pour ne pas avoir fait de bêtise…
- Je ne te permet pas de m'accuser à tort et à travers dès qu'il y a quelque chose qui ne tourne pas rond! répliqua George en se mettant à bouder.
- Hé! hé!"
Ambre donna son arme à Vincent qui poussa un "gnourf" lorsqu'il saisit la poignée. Il dut faire un effort pour la lever et jeter un regard inquisiteur aux jumeaux.
"- Je crois que nous sommes démasqués, murmura Fred à son frère.
- Je le crois aussi. Mais est-ce qu'on prend la peine de nier tout en bloc?
- Ça peut être marrant, chuchota Fred en réponse. Puis, se tournant vers les trois autres qui les observaient curieusement, il déclara: C'est pas nous! celui qui a fait ça est parti par là. Si tu cours très vite, tu dois pouvoir le rattraper.
- C'est déprimant de voir des gens qui mettent du plomb dans la garde des épées. Mais où va le monde, je vous le demande? ajouta George.
- Ils sont désespérants, vous ne trouvez pas?" fit Wesley en interrogeant les deux autres qui s'empressèrent de secouer la tête par l'affirmative.
Les jumeaux éclatèrent de rire, ce qui acheva d'énerver les autres qui se jetèrent sans pitié sur eux. On ne vit bientôt plus d'eux que des pieds et des bouts de bras qui s'agitaient en tous sens, pendant que Ambre, Wesley et Vincent les maltraitaient.
"- AAAAIIIIEEUHHH ! Mais ça fait mal ! se plaignit Fred. Vous avez pas honte de nous tabasser comme ça, sans aucune raison?
- Absolument pas, répliqua Vincent en lissant le devant de sa chemise. Où en étais-je?
- A enlever le plomb de ma garde, répondit Ambre en se recoiffant.
- Merci très chère.
- Mais de rien, mon chou.
- Arrêtez ça, c'est horrible, geignit George en essuyant le sang qui perlait au coin de ses lèvres.
- Ça vous apprendra à faire n'importe quoi.
- C'était pas une raison pour nous arranger si joliment le portrait.
- Mais si.
- En plus, ça nous a fait plaisir," assura Wesley.
Fred réussit à se relever sur les coudes pendant que George tentait de remettre de l'ordre dans ses vêtements.
"- AAAAH! hurla-t-il. J'ai du sang sur ma chemise toute propre!
- Tu n'as plus qu'à la relaver!" répliqua Vincent en ricanant.
Fred jeta un regard à Ambre avec son unique œil (le gauche était gonflé et commençait à virer au violet sombre).
"- Traîtresse," lâcha-t-il abruptement.
La jeune fille se retourna et papillonna des paupières.
"- M'enfin mon cher! s'exclama-t-elle. Tu n'as toujours pas compris que je me mettais uniquement du côté du plus fort? Je ne tiens pas à avoir ta tronche pour avoir agacer des bourrins de base…
- Où as-tu vu des bourrins de base? demanda Vincent, avec un sourire mauvais.
- Par là-bas, répondit-elle sans se démonter en agitant la main dans une vague tentative pour indiquer une direction encore plus vague.
- Elle est aussi terrible que vous, annonça Wesley aux jumeaux.
- Il est bien là le problème, répondit Fred.
- Attention! voilà Korp!" les prévint George.
En effet, l'imposant second arrivait sur le gaillard d'avant, l'air furax. Les cinq compères prirent aussitôt des mines d'innocents qui auraient tué quelqu'un et regardèrent tous dans des directions opposées.
"- Votre manège ne fait marcher personne, les avertit Korp.
- Quel manège, demanda innocemment Wesley, pendant que les jumeaux tentaient de cacher leurs visages tuméfiés.
- Ne vous foutez pas de moi sinon je…
- Mais jamais on oserait," le coupa Vincent.
Le second lui jeta un regard noir qui fit regretter à l'ardéchois de ne pas savoir tenir sa langue.
"- Que s'est-il passé?
- Absolument rien, répondit Wesley.
- C'est ça. Et moi je suis la reine mère en tutu. Pourquoi ces deux-là, dit Korp en indiquant les jumeaux, sont-ils défigurés?
- C'est vrai? s'écria George.
- Mon visage! Mon magnifique visage! se lamenta Fred. Je suis devenu un vieux lama qui pue! Ouin!
- Ne faîtes pas attention, conseilla Ambre. C'est le choc, sans doute…
- Vous vous êtes battus? demanda le second, suspicieux.
- Juste un tout petit peu…
- Vous savez bien que les querelles sont interdites sur ce pont! A quai, vous pouvez faire ce que bon vous semble, mais ici…
- Nous le savons, ô estimé second, le coupa Wesley, mais nous avions une raison tout à fait valable. Nous avons fait ça pour le bien commun…"
Korp leva un sourcil ô combien septique devant cette déclaration. Wesley, pas démonté pour si peu, continua.
"- Nous avons cru bon de leur mettre un peu de plomb dans la cervelle.
- Il n'avait pas l'air de savoir où le mettre… ajouta Ambre avec un sourire sadique.
- Mouais, ça va pour cette fois, déclara l'armoire à glace qui tenait lieu de second, avec un air plus amusé qu'exaspéré. Mais que je ne vous y reprenne plus.
- Comptez sur nous, répondit Wesley.
- J'aimerai mieux pas. C'est le genre de chose que, si on peut s'en passer, mieux on se porte… riposta le second avant de mettre les voiles.
- Du plomb dans la cervelle, hein? cracha Fred avec mépris.
- Avoue que c'était bien trouvé," répliqua Ambre.
Les jumeaux lui tirèrent la langue, vexés. Ambre, qui ne voulaient pas les laisser bouder dans leur coin leur sauta dessus, ce qui leur arracha un cri de douleur.
"- Vous êtes chiants mais on vous aime quand même!
- On? S'écria Vincent. Mais y'a pas de "on" qui tienne ma fille!
- Ce "on" ne te concerne pas. Ca n'inclue que moi et mon double schizophrène…"
Cette réplique pourrie sous copyright fit rigoler les jumeaux et de là, tout fut oublié. L'entraînement d'Ambre put réellement commencer, mais il ne dura pas longtemps vu que cette bande de crétins sans cervelle avait passé trop de temps à faire les imbéciles, se battre, se défendre contre les accusations absolument infondées du second et à se réconcilier. Il n'empêche que la pauvre petite Ambre se retrouva avec plein de courbatures et à faire des cauchemars où il était question de parade, "marchez pendez", "passe arrière", "en garde", "pendez", "un deux trois quatre ciiiinq, six sept huit, neuuuuf, diiix.", "plus haut ta lame"…
Le lendemain matin, quand il fut temps de quitter son agréable hamac pour aller faire mumuse dans la mâture, Ambre avait du mal à faire deux pas. Alors, pour ce qui était de ferler les voiles…
"- On était si mal en point après nos premiers essais à l'épée," demanda sournoisement Fred à son frère.
La jeune fille lui lança un regard noir et se concentra sur sa tâche avec une grimace de souffrance.
"- Quand je pense qu'on remet ça tout à l'heure, s'exclama George avec un regard plein de fausse compassion.
- C'est pas gentil de vous moquer du malheur d'autrui, les réprimanda Ambre.
- Sauf que tu oublies que nous sommes des pirates. On crée le malheur d'autrui avec force amusement, faut-il l'admettre, rétorqua Fred, tout content.
- Ouais, mais là, en l'occurrence, autrui c'est moi.
- Quel dommage! Fit George.
- Vous êtes infernaux.
- Je sais, merci pour le compliment.
- Raaah! Mais qu'est-ce que je vais faire de vous? s'écria Ambre, profondément exaspérée.
- Recoudre nos chaussettes? Fit Fred.
- Nous trouver une promotion?
- Eh! j'ai pas dit qu'est-ce que je vais faire pour vous, mais de vous. Y'a une nuance, et de taille.
- Broaf. Je ne trouve pas que deux pauvres lettres fassent une grosse différence.
- Y m'énervent! mais y m'énervent! ragea Ambre pour elle-même. Pour la peine, je boude. Na!"
Ambre leur tourna le dos et descendit de la vergue qui soutenait le grand hunier pour aller faire chier Wesley et Vincent, qui retressaient des cordages.
"- Que viens-tu faire parmi nous, demanda Wesley.
- Je les snobe. Ça ne vous ennuie pas si je m'incruste.
- Si. Enormément.
- Bon bah ça va alors."
Elle s'assit près d'eux et entreprit d'exécuter cette basse besogne.
Puis vint le moment de son entraînement qu'elle accueillit avec un soupir de résignation.
"- Quand je pense que tu rêvais de manier l'épée! fit remarquer George.
- C'est vrai, mais… je pensais pas que c'était aussi dur et… que ça fatiguait comme ça. J'aime pas le sport.
- Il faut que tu te mettes dans la tête que, dans ce monde, rien ne tombe tout seul. Y'a que dans la pub pour les trucs à gratter astro que ça marche… va falloir que tu te mettes à travailler d'arrache-pied!
- Cool, je m'en réjouie d'avance.
- Je n'en doute pas une seconde. Maintenant, au boulot, les coupa Vincent.
- Et ne t'inquiète pas, la prévint Wesley, ta lame n'est pas plombée. J'y ai personnellement veillé.
- Ça me rassure vachement. T'es presque aussi pire qu'eux, répliqua Ambre.
- Oh quand même! protesta Fred.
- Il vous arrive quand même à la cheville, ce qui est déjà pas mal.
- J'suis pas sûr quand même, persévéra Fred.
- Un petit peu en-dessous alors. Mais pas beaucoup en dessous quand même, répondit la jeune fille.
- Vous avez vraiment envie de bosser? demanda Fred en baillant.
- Ça suffit ! vous essayez de gagner du temps! râla Vincent.
- Heu… non," répondirent Ambre et les jumeaux, en cœur.
Finalement, Wesley et Vincent convainquirent les jumeaux qu'ils devaient travailler, s'ils voulaient que leur petite protégée fasse des progrès, et Ambre se mit à faire des exercices d'assouplissement avec des grimaces toutes plus laides les unes que les autres. Puis, comme la veille, mais en plus sérieux, Wesley et Vincent montraient ce qu'elle devait faire pendant que les jumeaux lui donnaient des conseils.
La nuit tomba enfin, pour le plus grand soulagement d'Ambre, qui alla se coucher immédiatement après avoir englouti ses haricots au lard.
Les jours se succédèrent ainsi, calmement. Les courbatures de la fillette aux cheveux blancs avaient disparu, ne laissant place qu'à des raideurs dans tous ses muscles, ce qui était mieux mais pas top. Elle tentait toujours d'exécuter les mouvements simples que lui montraient ses quatre compagnons et elle désespérait de progresser un jour.
L'Ecumeur n'avait pas croisé un seul bateau depuis son départ de Tortuga, même pas un cadavre à moitié dévoré par les requins, qui auraient montré que d'autres avaient fait place nette avant eux. Du coup, les pirates déprimaient ou trépignaient d'impatience, ce qui jetait une sale ambiance sur le navire. Pour passer le temps, le soir, les hommes du quart d'Ambre se rejoignaient dans la cambuse pour se raconter des histoires horribles. La jeune fille prit donc l'habitude de s'installer près du fourneau, là où elle seule pouvait se caler, pour les écouter. De temps en temps, Korp descendait se joindre à eux pour raconter ses propres histoires. On aurait pas cru comme ça, venant d'une telle armoire à glace, mais le second racontait merveilleusement bien. Ça mettait un peu d'animation, en attendant que les hommes puissent s'amuser à aborder un navire qui aurait eu la mauvaise idée de passer par là.
Le Grand Fourbe, de son côté, n'avait pas ce problème. C'était le deuxième navire qui croisaient leur route en deux semaines. Les pirates à son bord exultaient. Ils allaient pouvoir trancher quelques têtes et torturer les marins pour le plaisir. Que voulez-vous. On se refait pas.
Les grappins venaient donc d'être lancés sur le trois-mâts sur lequel les marins terrifiés tentaient désespérément de repousser les forbans avides de sang.
Wulfran tirait une tête de six pieds de long, plongé dans ses pensées.
Mais comment mon père va-t-il décider du moment où je serais prêt à le rejoindre sur l'Ecumeur?
Les deux coques se cognèrent violemment, les canons crachèrent une dernière fois avant qu'une centaine de pirates ne se déversent sur leurs proies. Jack gueulait ses ordres et, quand il jugea que ses hommes se débrouilleraient suffisamment bien sans ses conseils, il se jeta également dans la bataille, un sourire carnassier sur les lèvres.
Wulfran empoigna une corde et s'élança sur le pont du Morning Star. Il dégaina son épée avant que ses pieds ne touchent le plancher et trancha une tête d'un revers de sa lame.
Et comment je pourrais me débarrasser de la gamine, une fois à bord?
Un marin barbu avec une chemise rayée bleu et blanc se jeta sur lui, il l'évita souplement et lui planta son épée dans le dos, sans autre cérémonie. L'homme émit un gargouillis et un flot de sang s'échappa de sa bouche. Wulfran retira sa lame d'un coup. Il en avait déjà tué un autre avant que le barbu ne s'écroule sur le sol.
Le plus important, c'est de monter sur l'Ecumeur. Pour cela, il faut que Jack ai une bonne opinion de moi.
Imperturbable, le visage fermé, Wulfran faisait un carnage. Il esquivait tous les coups, paraît avec grâce, empalait, tranchait des membres, des têtes volaient sur son passage. On pouvait suivre sa trace grâce aux cadavres qui jonchaient sa route. Il entrait dans le flot de marins et y traçait une ligne sanglante.
Pour ça, il faut que je sois un pirate exemplaire.
Une demi-douzaine de cadavres rejoignit rapidement les précédents. Les marins fuyaient quand le jeune homme avançait dans leur direction. Sans que la moindre expression vienne s'imprimer sur son visage, Wulfran continua à trancher dans les rangs des matelots, maintenant totalement terrifiés. Imperturbable, le ténébreux jeune homme poursuivit sa route, toujours pris par ses pensées.
La première règle de la piraterie, c'est d'être capable de tuer, et de tuer beaucoup.
Les marins du Morning Star se ruaient sur les autres pirates et se rendaient. Mieux valait se rendre plutôt que croiser le fer avec ce démon aux yeux d'acier.
Mais où sont-ils donc? J'ai tué personne, encore!
Wulfran se tourna vers ses camarades qui le regardaient avec des yeux ronds.
Mais qu'est-ce qu'ils ont ces demeurés à me regarder comme ça? C'est vrai que j'ai jamais tué si peu. J'en ai eu combien? Deux ou trois, tout au plus? A quoi je pensais encore pour oublier de faire mon boulot?
Soudain, les pirates l'acclamèrent à tout rompre. Le capitaine Jack donna quelques ordres sur le pillage du bâtiment et s'avança vers Wulfran.
Eh bin. Je crois que je suis mal parti pour être bien vu…
"- Eh bin fiston! Ce que tu leur as mis!
- Ne vous moquez pas capitaine.
- Me moquer? Pourquoi ferais-je une chose pareille?
- J'ai jamais fait…
- Autant de morts? ça tu peux le dire! Regarde derrière toi."
Wulfran obtempéra. Il sursauta devant l'étendue du carnage.
C'est moi qui ai fait tout ça? nooon. Pas possible.
"- Tu as l'air surpris, lui dit Jack.
- Heu ouais… je pensais vraiment pas avoir fait ça…
- Ces morts ne te sont pas tous du… juste la très grande majorité. On t'a vu partir tout seul, attaquer par l'avant alors que j'avais ordonné qu'on commence par la poupe.
- Désolé… j'écoutais pas. J'étais complètement plongé dans mes pensées et…
Tellement même que je ne me suis rendu compte de rien. Complètement à l'ouest. Ça craint quand même…
- Tu rêvais de cette fille aux cheveux blancs? C'est vrai qu'elle est mignonne…
- Hein? répondit Wulfran, outré.
- Vous avez l'air de très bien vous entendre…
- Capitaine, pitié, je…
- Hé! hé! j'rigole. J'ai bien vu comment vous vous "adorez". Continue comme ça gamin. Tu iras loin.
- Merci capitaine."
Il a vraiment un humour pourri.
Le capitaine du Grand Fourbe retourna vaquer à ses affaires tandis que les pirates venaient féliciter Wulfran pour son exploit.
Je crois que je peux remercier cette gamine. Sans elle qui cause toutes ses histoires, j'aurais fait attention à ce que je faisais et j'aurais peut-être pas fait ce magnifique carnage… cette sale gamine a un bon côté. Un tout petit et il a fallut le chercher longtemps mais… je vais remettre ça au prochain assaut: on verra bien si ça remarche.
Pour fêter l'exploit de Wulfran, Jack distribua du rhum à tout l'équipage qui chanta haut et fort, et surtout très faux, les louanges de ce petit jeune qui leur permettait de se bourrer joyeusement la gueule en mer, ce qui, en temps normal, ne serait jamais arrivé.
Les affaires ne vont peut-être pas si mal. Encore quelques pillages comme celui-là et j'ai ma place garantie sur l'Ecumeur. Peut-être même que mon père acceptera de virer cette sale gamine pour ne pas contrarier le superbe escrimeur qu'il aura accueilli à son bord… on peut toujours rêver.
Les semaines s'écoulaient paisiblement sur l'Ecumeur. Son équipage avait fait quelques belles prises. Pendant les assauts, Ambre restait au poste de pilotage à observer avec Roberts qui lui expliquait toutes les manœuvres d'abordage et ce qui va avec.
La jeune fille faisait des progrès à l'épée, lentement certes, mais en faisait quand même. Les jumeaux étaient toujours aussi fous et écopaient de plus en plus souvent des sales corvées d'épluchage de patates pour avoir malencontreusement renversé un seau d'eau de mer sur Trévor ou Korp, ou pour une autre ânerie du même genre.
Février était passé depuis belle lurette et mars tirait à sa fin. Le temps se réchauffait agréablement sous ces latitudes et Ambre trouvait de plus en plus d'excuses pour rester à traînasser sur le pont. Elle était justement en train de raccommoder une des chemises d'un des jumeaux (moyennant finances, cela va de soi) sur le bastingage, quand vint l'heure de la pitance. Elle abandonna la chemise à son triste sort, c'est-à-dire à être à moitié rafistolée, avec une aiguille qui se balançait tristement au bout de son fil, et se rendit prestement dans la cambuse. Elle se retrouva alors attablée devant un bol de patates au lard.
Encore? entre les patates et les haricots au lard, je trouve que ça manque cruellement de variété.
Mais ce n'est pas pour ça qu'elle allait rechigner à avaler le tout en deux trois mouvements.
La prochaine fois, espèce de crétinasse sans cervelle, attend que ça refroidisse un peu au lieu de te cramer la langue comme l'abruti que tu es!
Cet espèce de trou noir faisait les yeux doux à Bob pour en avoir encore lorsque Korp entra à son tour dans la cambuse pour casser la croûte. Il s'assit lourdement en face d'Ambre et attendit qu'on le serve.
Pratique d'être second. On se fait servir et si y'en a un qui râle, on le passe à la planche… je crois que je vais monter en hiérarchie rien que pour ça…
"- Alors petite. Tout va comme tu veux?
- hu hum, répondit-elle la bouche pleine.
- Tu as perdu les jumeaux?
- Ils écossent les haricots, à défaut de patates.
- Ce qui me fait dire que demain, les interrompit Bob, c'est…
- Haricots au lard. On avait deviné, rétorqua Korp.
- T'as pas une 'tite histoire à raconter, demanda un pirate nommé Gaétan.
- C'est pour t'éviter t'avoir à faire la conversation?
- En partie.
- D'accord. Vous connaissez l'histoire de Rackam le rouge?
- Déjà racontée d'innombrable fois celle-là, répondit Ambre.
- Celle de Barbe noire alors?
- Celle-là je la connais pas, dit Ambre.
- C'est vrai? espèce d'inculte.
- Je me repend. Tu la raconte maintenant?"
Le second lança un regard amusé à la jeune fille, lui fit un de ses rares sourires ou tout l'art de faire une telle grimace qui ferait faire des cauchemars à une sorcière particulièrement méchante et entama son récit.
"- Barbe noire était un des pirates les plus cruels qui aient jamais navigué dans le coin. Il était si terrible que même ses hommes le craignaient. Faut dire qu'il leur tirait dessus dans le noir pour voir s'ils étaient capables d'esquiver ou pour observer l'impact des balles sur leur peau…Il se justifiait de cette phrase : " Si je n'en tuais pas un de temps en temps, ils finiraient par ne plus savoir qui ils sont. "… mais pour ce qui était du brigandage, il ne valait pas notre très cher Roberts."
Voilà pour le cirage de pompes…
Ignorant les pensées d'Ambre, Korp poursuivit.
"- Sa réputation avait quand même fini par le précéder: quand il abordait, les hommes se rendaient rapidement, si ce n'est instantanément, tellement ils étaient terrifiés. Il faut préciser que Barbe noire soignait son apparence. Il avait une grande barbe noire, comme vous pouvez vous en douter, qui lui arrivait au nombril, tressée et entremêlée de rubans rouges. Et pour parachever le tout, il se mettait de la poudre à canon sous son chapeau, ce qui fait qu'il était perpétuellement entouré d'un nuage noir. Pour les pauvres petits superstitieux comme y'en a beaucoup, ça faisait son petit effet.
Il s'est fait ainsi une petite fortune sans trop se fouler. Mais ce qui fait de lui un pirate qui a marqué les mémoires, c'est sa cruauté. Lui et son équipage était d'une méchanceté et d'un sadisme sans borne. Ils avaient inventé des tortures dignes des plus grands… tortureurs. Enfin… je sais pas si ce sont eux qui les ont inventées, mais je sais qu'ils les pratiquaient.
- T'as des exemples? demanda Ambre.
- Pourquoi? Tu veux t'entraîner?
- Simple curiosité.
- Hé! hé! Alors… qu'est-ce qu'ils faisaient ces bougres? Je dis ces bougres, mais Barbe noire torturait aussi son équipage. Ce que je te raconte convient aussi bien à ses pirates qu'aux marins qu'ils abordaient… Par exemple, ils allongeaient la victime dans la grande cale, attachée à chaque extrémité de ses membres par des cordes tendues pour que le supplicié soit décollé du sol. Ensuite, quatre pirates, planche de bois à la main, ne frappaient pas la victime, mais pire encore, frappaient violemment les cordes tendues. Les vibrations parcouraient tout le corps du torturé. Ça faisait des petites tâches violacées sur tout le corps. Comme si toutes ses veines avaient éclaté. Ce qui était peut-être le cas. Une mort lente et horrible, cela va sans dire.
- Appétissant.
- Il y a aussi l'abandon sur une île déserte, avec un pistolet et une unique charge. Rassure-toi, ce n'est pas pour chasser ou pour se défendre, mais plutôt pour abréger les souffrances, vu qu'on avait préalablement mutilé le nez et les oreilles du malheureux.
Je vais vomir.
- Qu'est-ce que y'a d'autre, déjà? Ah! je m'souviens! Ils attachaient le prisonnier à un mât et le lapidaient à coups de tessons de bouteille. Ils mettaient après des insectes sur les plaies… Je tiens à préciser que c'est arrivé plusieurs fois qu'un des pirates couse les lèvres du bonhomme avec une aiguille à voile parce qu'il empêchait tout le monde de dormir avec ses hurlements d'agonie.
- Heurk.
- Ça va pas? t'es toute pâle. Pourtant, j'ai pas raconté le pire… fit Korp en ricanant devant le visage livide d'Ambre.
- Nan, gémit-elle. Ca va très bien.
- Ça a l'air… je continue? demanda Korp avec un sourire malsain.
- Je t'en prie.
- Tout ce que je viens de décrire, c'était pour faire parler.
- Ça, j'aurais pu le deviner toute seule, rétorqua Ambre froidement. C'est le but de la torture en général…
- Certes, mais je te rappelle que ces pirates étaient sadiques à souhait. Ils torturaient pour le business mais aussi pour s'amuser.
- Sympa comme distraction.
- On s'amuse comme on peut…
- Je t'en prie, continue, lui demanda Ambre.
- Hé! hé! … il arrivait que y'en ai qui n'avouait rien sous la torture, alors le capitaine leur coupait la langue…
- C'est pas Barbe noire qui faisait ça, coupa Gaétan. C'était Francis L'Olonnois.
- Ah oui c'est vrai, répondit Korp, reconnaissant son erreur.
- Y'en a d'autres de pirates connus? demanda Ambre, toute émoustillée par la curiosité.
- Bien sûr malheureuse!
- Qui ça?
- Attend que je me souvienne… Y'avait Edward Low qui faisait courir ses prisonniers sur le pont pour que son équipage ait le plaisir de les larder de coups de couteau. Y'en a même qui ont prétendu qu'il avait un jour découpé les lèvres d'un prisonnier pour les faire cuire devant lui, et coupé les oreilles d'un autre pour les lui faire manger à la croque au sel.
- C'est… très ragoûtant.
- Je trouve aussi. Je continue?"
Ambre acquiesça: sa curiosité l'emportait sur sa répulsion.
"- Je continue sur Francis l'Olonnois: il a arraché le cœur d'un de ses prisonniers pour le faire manger à un autre. Il y avait aussi Rock Braziliano, un bestial ivrogne, qui avait poussé l'horreur jusqu'à faire griller à la broche deux fermiers qui avaient refusé de lui céder leur bétail.
- Sympa.
- C'est une question de point de vue. Tu veux d'autres petites histoires comme celles-ci?
- Je crois que ça va aller pour le moment.
- Je m'en doutais un peu…
- C'est pas ça! y'a… mon quart qui va commencer.
Ouais! Une excuse valable en plus.
- Mouais. Des excuses tout ça.
- Nan, c'est vrai en plus."
La jeune fille se leva prestement et partit retrouver les jumeaux pour prendre son quart, avec une légère envie de vomir…
Le trio était de nouveau réuni dans le gréement et parlait de tout et de rien. Enfin… surtout de rien. Il le plaignait le pauvre, il n'avait pas grand-chose pour lui, pour ne pas dire rien. Ça aurait fait trop avec son nom…
Le narrateur s'emballe…
Ambre et les jumeaux traînassaient dans les cordages: la mer était calme, il n'y avait rien à l'horizon donc pas de quoi s'affoler. L'Ecumeur n'avait pas besoin d'aide, il s'en sortait très bien tout seul. Si Trévor ou Korp passaient à proximité, ils feraient peut-être semblant de bosser, mais là…
"- On est bientôt en avril, fit remarquer Fred. Plus que trois jours…
- Et… ? demanda Ambre, perplexe.
- Primo, le premier avril, dit George, on a le droit de faire des bêtises.
- Vous en faites sans autorisation.
- C'est vrai, mais là, on épluche pas de patates, répondit Fred.
- Et deusio, continua George, c'est ton anniversaire.
- Comment… comment vous savez ça? s'écria Ambre, estomaquée. Je vous l'ai jamais dit.
- Si, tu nous l'as dit. Pas consciemment, certes, mais tu l'as dit.
- Quand ça?
- Tu parles en dormant, très chère.
- Hein?
- Je me souviens, fit Fred. Tu disais un truc du genre : et puis moi d'abord, mon anniversaire, c'est le premier avril. Na!
- Je le nie formellement. Je ne peux avoir dit ça.
- C'était quoi ton rêve cette nuit là?
- Je ne dirais rien.
Et moi qui tentait désespérément de l'oublier. Eh bah non. Raté. Mais le pire, c'est qu'ils en ont entendu une partie…
- Qu'est-ce que j'ai dit d'autre, demanda timidement Ambre.
- Tu as mis la réputation de ton oncle en doute…
Ca c'est bien.
… et après tu t'es mis à marmonner. On comprenait plus rien. Ce qui est dommage, ton rêve avait l'air très drôle…
Comment vais-je changer de sujet de conversation discrètement moi?
- Au fait, la questionna Fred. Ça va te faire quel âge?
Il est gentil ce petit. Il fait exactement ce que je voulais qu'ils fassent.
- Quatorze.
- Elle se fait vieille.
- Je trouve aussi."
Fred se pencha vers elle et la détailla attentivement pendant quelques minutes.
"- Naaan! s'écria-t-il enfin.
- Quoi? fit la jeune fille, en fonçant tête baissée dans le panneau de trois mètres sur quatre.
- T'as une ride.
- Raah! j'te déteste!"
Le premier avril ne fut pas très différent des jours précédents, mis à part peut-être le fait qu'Ambre se balada avec un poisson crevé pendant dix minutes avant de réaliser que c'était dans son dos que ça fouettait méchamment. Les jumeaux prirent un fou rire en voyant sa tête quand elle réussit à attraper la sardine, mais Fred déchanta rapidement quand il se la prit en pleine face. Finalement, ils se liguèrent pour embêter les autres, si bien qu'ils se retrouvèrent quand même de corvée d'épluchage de patates.
De plus, ce n'était pas un an de plus qui allait changer la jeune fille. Elle était toujours petite et frêle, quoique maintenant, elle était bien bronzée.
Cette journée fila rapidement et la routine revint. L'entraînement à l'épée, les quarts, les écossages-épluchages et toutes les corvées imaginables.
Une nouvelle journée pointait son nez quand la vigie s'écria:
"- Frégate anglaise droit devant!"
rewiews svp !
