Je sais, j'ai dit que celui-là, je le pondais vite, mais faut croire que j'ai fait beaucoup trop d'autres choses à côté. Et je tiendrais pour ma défense que j'ai eu besoin du film pour bien ancrer ce passage dans Pirates des Caraïbes. Et pour cela, il fallait que j'emprunte le dvd à quelqu'un pour que je puisse le regarder sur mon ordi.

Jusqu'à ce que je me rappelle que J'avais le film aussi. En VHS, certes, mais comme j'étais en vacances, j'avais le magnétoscope qui allait avec. Presqu'une semaine pour m'en rendre compte. Vraiment, des fois, je me fais peur. --

Enfin. Toujours est-il que je me suis bien amusée sur celui-là. Y'a plus d'action que dans le chapitre précédent et ça devrait être (je dis bien devrait) pareil dans les prochains (mais ça, c'est sans compter sur mes éternelles broderies qui me rajoutent 5 chapitres à chaque fois… sur mes notes, j'en suis qu'au chapitre 31. C'est pour dire).

Aller, j'vais vous laisser lire.

J'remercie Aerin35 d'être ma beta lectrice ! enfin moins de fautes d'orthographe et de boulettes !

O-----O-----O

Chapitre 35 :

Port-Royal et ses flammes

Brumeuse et fraîche, l'aube se levait sur la mer des Caraïbes. Ambre grimpait dans la mâture sans trop de difficultés et gagna la vergue du mât de misaine qui soutenait le cacatois. Sa chemise, humide du brouillard, lui collait à la peau et la rafraîchissait. Malgré la température clémente de l'aube, elle était en nage. La mer n'avait pas été calme cette nuit-là et les avait tenus en éveil jusqu'aux premiers rayons du soleil. Heureusement, son quart n'allait pas tarder à se terminer. Cela faisait sept jours qu'elle avait tenu cette conversation avec Barbossa et qu'elle travaillait comme un de ses hommes, sans traitement de faveur ou presque. Elle avait appris à ne pas en trop faire pour ne pas réveiller sa blessure et elle pouvait ainsi accomplir presque toutes ses tâches.

La jeune fille regarda du haut de son perchoir les nuages gris acier se teinter de rose et de pourpre. Huitième jour de voyage. Le dernier. Ce soir, elle serait à Port-Royal. Un frisson lui parcourut l'échine. Ambre secoua sa crinière de cheveux blancs qui envoya une multitude de gouttelettes autour d'elle puis reporta son attention sur la voile. Barbossa avait ordonné de donner de la toile. Il craignait que cette tempête ne lui ait fait prendre quelques retard et ne voulait en aucun cas rater la fête.

Le quartier-maître déboula soudain sur le pont.

Enfin ! la relève !

Ambre et ses camarades finirent de déferler les voiles puis se hâtèrent de redescendre. Epuisée, Ambre se dirigea vers la cambuse. Elle préférait manger maintenant : elle savait que le soir venu, elle serait trop stressée pour pouvoir ingurgiter la moindre miette. Lorsqu'elle arriva, la pièce était vide, à l'exception du maître coq. Comme d'habitude.

« - Salut Ambre, la salua le cuistot.

- 'lut, répondit-elle en se laissant tomber lourdement sur un banc.

- Que veux-tu manger ? demanda-t-il.

- Ce que tu as envie de me préparer, » répondit-elle en baillant à s'en décrocher la mâchoire.

L'homme lui apporta immédiatement une assiette. Cette fois-ci, c'était un ragoût de chèvre. L'odeur lui fit monter l'eau à la bouche et Ambre s'attaqua à sa pitance avec joie. Le cuistot se mit à rire doucement, une lueur envieuse dans le regard et s'assit en face d'elle.

C'était devenu un rituel. Dès qu'elle rentrait de son quart, il lui demandait ce qu'elle voulait manger. Ambre répondait toujours la même chose, sachant pertinemment qu'il lui avait déjà préparé quelque chose. S'il n'éprouvait plus aucun plaisir à manger, tout comme ses camarades, il en éprouvait toujours à cuisiner. La présence d'Ambre était une aubaine pour lui. La jeune fille, pour le remercier de son attention, lui tenait compagnie quand elle le pouvait et racontait des tas d'histoires, ragots et autres anecdotes amusantes.

Son assiette finie, Ambre s'accola contre le mur et émit un rot bruyant.

« - Oups, pardon.

- Pas de mal. Alors ? reprit-il après quelques secondes de silence, que racontes-tu de beau aujourd'hui ?

- Pas grand chose. Navrée. »

Elle se redressa sur son siège et s'étira de tout son long.

« - J'crois pas que je vais rester te tenir compagnie aujourd'hui. Je suis épuisée et on arrive à Port-Royal ce soir…

- Je comprends, dit-il, quelque peu désappointé tout de même. Va dormir pour être en forme. Et mets nous en plein la vue !

- Je n'y manquerais pas, » répondit Ambre en baillant.

Elle se leva en gémissant à l'idée de l'épuisant trajet entre la cambuse et sa cabine et partit d'un pas traînant. Arrivée dans la petite pièce toute en longueur, Ambre retira sa chemise et son pantalon humides, les jeta sur le dossier de la seule chaise présente et enfila ce qu'elle avait de plus sec pour enfin s'affaler sur sa couchette où elle s'endormit aussitôt.

Ce fut une agitation peu ordinaire qui la tira de son sommeil pour le moins réparateur. Guère réveillée, elle s'étira de tout son long comme un chat avant de s'asseoir sur le bord de la couchette. Elle se frotta les yeux d'un geste endormi puis se leva à regret. Elle ouvrit la porte et jugea la situation d'un coup d'œil.

Bientôt l'heure.

La jeune fille referma la porte. Son estomac se contractait douloureusement. Après deux inspirations profondes, elle décida de l'ignorer et sortit les vêtements qu'elle s'était choisis : un pantalon de toile gris sombre, s'arrêtant à mi-mollet. Il était ample et confortable et ne la gênerait pas dans ses mouvements. Avec, elle prit une chemise rouge assez près du corps par-dessus laquelle elle passa un corset de cuir noir. Les bandages de sa blessure serait bien retenus. Ainsi, elle risquait moins de se rouvrir. Et puis… ça lui allait pas mal. Ambre sourit malgré elle. Pour les grandes occasions, elle ne pouvait s'empêcher de faire un effort de mise.

Elle s'habilla rapidement, rangea sa cabine et sortit sur le pont. Elle se dirigea directement vers la barre, là où elle savait trouver Barbossa. Son chapeau à plume résistait tant bien que mal aux assauts du vent, bien plus violent que quand elle était partie se coucher. Dans l'ombre, ses yeux étincelaient d'une lueur qu'elle ne lui avait jamais vu.

Mais bon. C'est vrai aussi que ça fait même pas deux semaines que je le côtoie.

« - Capitaine ? appela-t-elle lorsqu'elle arriva à ses côtés.

- Je crains que votre mission ne soit plus notre priorité, mademoiselle… dit-il avec joie.

- …

- Mais comme je suis un homme de parole, on fera comme si.

- … »

Barbossa tourna vers elle un sourire vainqueur.

« - Le jour approche où nous serons de nouveau des êtres vivants !

- … comment cela ? risqua Ambre, qui ne comprenait rien.

- Vous verrez bien. En attendant, préparez-vous. Nous arrivons bientôt.

- Justement, c'était pour ça que je venais. »

Le capitaine du Black Pearl lui adressa un regard curieux qui l'incita à poursuivre.

« - Comment est-ce que j'atteins la prison ? à la nage ? »

Barbossa se mit à rire à gorge déployée.

« - C'est vrai, j'avais oublié.

Je me passe de commentaire.

- Tu iras avec Philémon.

- Qui ça ? demanda Ambre, qui n'avait vraiment pas la moindre idée de l'identité de cet individu au nom si ridicule.

- Philémon. Le grand noir avec des dreadlocks.

- Aah ! fit Ambre en réponse à cette description limpide.

- Ce sera tout ?

- Ce sera tout, capitaine. »

Ambre descendit sur le pont et le balaya du regard.

Pas de Phil en vue. Voyons voir en bas.

Elle n'était jamais descendue jusqu'aux quartiers de l'équipage. D'une parce qu'elle n'avait aucune raison d'y aller vu qu'elle avait sa propre cabine, et d'autre part, elle ne tenait pas particulièrement à les énerver en pénétrant dans leur espace vital. Mais maintenant qu'elle avait une véritable bonne raison… elle n'allait pas se gêner.

Faut bien voir quel est mon peut-être futur habitat…

Quoique Barbossa me laissera peut-être la cabine du second…

Faudra que je soumette cette idée à Roberts… ma cabine individuelle à bord de l'Ecumeur. Le rêve !

Et Wulfran en mourra de jalousie ! c'est merveilleux !

Toutefois, avant de pénétrer dans l'antre des hommes, elle carra les épaules et redressa la tête, comme si elle était sûre de son fait. C'était un vieux truc de sa mère : « donne l'impression d'être une reine et d'être dans ton droit et les autres te respecteront ». Elle espérait que ça marcherait aussi avec les pirates. Sa mère ne fréquentait que du beau monde. Et quelques rares paysans lorsqu'elle avait des ordres à passer ou des critiques à faire sur la qualité des légumes qu'on lui fournissait.

Que penserait-elle de moi maintenant ? habillée en garçon et sympathisant avec une bande de pirates ?

Hé ! hé ! elle en ferait une attaque.

Du fait de ses pensées, son port de reine fut amélioré d'un sourire victorieux lorsqu'elle commença à descendre les marches.

Le dortoir était plongé dans l'obscurité. Seule une petite lampe à huile, accrochée à la sortie de l'escalier, jetait une lueur blafarde entre les hamacs suspendus aux poutres basses. Hormis les craquements familiers d'un navire, il n'y avait pas un bruit. Ambre resta au pied de l'escalier sans esquisser le moindre mouvement. Puis, se sentant un peu bête, elle fit un premier pas.

Que pourrait-il m'arriver ?

Un deuxième le suivit.

Ce n'est pas comme si ce navire était maudit…

Elle s'arrêta, tous muscles tendus, prête à encaisser un coup venant d'une attaque surprise. Puis la réalité la frappa durement de plein fouet, ce qui fut certainement douloureux pour son amour-propre. Cet équipage n'allait pas la pendre ou dieu sait quoi d'autre parce qu'elle était descendue à la recherche de quelqu'un. Barbossa ne l'avait écartée du dortoir que pour éviter certains désagréments. Pas de mutinerie possible lorsqu'il s'agit de pirates maudits qui ne peuvent profiter de la compagnie d'une femme.

Je suis trop bête.

Elle sourit pour elle-même et repartit d'un pas assuré. Elle arriva ainsi au centre du dortoir. Habituée à l'obscurité, elle promena son regard autour d'elle.

Désespérément vide.

Elle soupira et se retourna. Pour tomber nez à nez avec…

« - Phil ! tu m'as fait une de ces peurs ! »

Il lui adressa un sourire torve et moqueur qui lui donna envie de lui en retourner une à faire voler ses chicots. Cette idée la fit rire, ce qui lui valut un regard interrogateur et méprisant du-dit pirate.

« - Barbossa m'a dit que tu me cherchais sans doute.

- En effet, répondit Ambre en prenant un ton froid et impérieux.

- Et pour quelles raisons ? demanda-t-il dans un grognement insolent.

- Parce qu'il paraît que je descend à terre en ta compagnie, répliqua Ambre. Et que je voulais mettre les choses au point.

- Mettre les choses au point ?

- Il y a quelque chose que tu ne comprends pas dans cette question ? »

Philémon s'abstint de répondre.

« - Que comptais-tu faire ? l'interrogea Ambre.

- Débarquer à Port-Royal, cracha-t-il.

- Voilà qui m'avance. Comme tu m'as l'air d'avoir tout planifié à la perfection…

- Il n'y a pas besoin de plan, la coupa-t-il en agitant une main crasseuse comme pour chasser une mouche particulièrement agaçante.

- Moi si. Je ne viens pas juste ici pour trancher quelques têtes et piller deux maisons de bouseux. On ira donc directement vers la prison. Légèrement après que les autres soient partis et qu'ils aient foutu le bordel. On débarque tranquillement et on rentre par la porte qui donne sur la mer. Une fois qu'on est dedans, vous vous démerdez, ce n'est plus mon problème. Tu as compris ? j'espère que oui : je me suis efforcée d'utiliser des mots simples et vulgaires, qui doivent bien trouver un quelconque écho dans ton crâne. »

Les deux pirates se regardèrent froidement dans les yeux. Ambre le jaugeait calmement des ses yeux de miel, en affichant un air de parfaite froideur méprisante. Philémon, devant cette incarnation de démon, préféra se taire et acquiescer. De toute façon, il n'y a avait pas de témoin de cette scène humiliante.

La jeune fille, le menton dressé, passa devant lui et regagna l'escalier. Elle aurait pu enfoncer le clou un peu plus mais n'était pas sûre de l'utilité de l'acte. Et se mettre un pirate maudit à dos n'était pas la meilleure chose qu'elle pouvait faire à ce moment précis. Arrivée sur le pont, elle respira profondément. L'air, en plus des embruns, charriait des parfums de terre humide mêlées d'odeurs liées à des activités humaines.

On arrive.

O-----O-----O

La nuit était tombée alors qu'ils n'étaient plus qu'à quelques encablures de la baie de Port-Royal. Le Black Pearl glissait silencieusement sur les flots et filait droit sur le port. Tout le monde était à son poste. Les sabords étaient relevés, prêts à laisser les canons cracher leur feu destructeur. Ambre se tenait à l'arrière, en compagnie de Barbossa qui tenait la barre.

« - Prête ? » demanda-t-il.

Ambre acquiesça avec raideur. Elle était tout ce qu'il y avait de plus prête, si on passe sous silence le fait qu'elle avait oublié ses tripes où logeait son courage, quelque part entre la Havane et le Venezuela. Ce manque cruel d'informations plus précises rendait la tâche de le retrouver assez ardue.

« - Tu veux un p'tit verre de rhum avant d'y aller ? lui demanda Barbossa avec un sourire.

- Non merci, » répondit Ambre d'une voix absente.

Le capitaine du Black Pearl n'insista pas, sachant qu'il ne pourrait rien tirer de la jeune fille à ce moment précis. Ni d'ailleurs jusqu'à son retour sur le Black Pearl après la mise à sac de la cité.

Lorsque le navire pénétra dans le port, Barbossa donna l'ordre de carguer les voiles contre les vergues pour stopper le navire. Les pirates désignés se mirent aussitôt à la tâche. Dans le même temps, Barbossa donna l'ordre aux canonniers de faire feu. Les coups partirent et, quelques secondes plus tard, des cris de surprise et de peur retentirent dans les ruelles de Port-Royal.

« - Maintenez un tir nourri sur la ville ! que les trois canons de poupe de tribord restent concentrés sur la prison ! »

La voix de Barbossa retentissait, vibrante et autoritaire, par-dessus le fracas des bâtiments qui s'effondraient. Ambre resta quelques minutes à observer avant que son cerveau ne se remette en marche et ne lui dicte sa conduite. Un bref coup d'œil lui indiqua où se trouvait Philémon. Il commençait, avec l'aide de quelques autres, à mettre les barques à la mer. Elle se dirigea droit sur lui et mit la main à la pâte. En deux temps trois mouvements, les embarcations furent mises à l'eau. Les pirates sautèrent dedans avec force cris et rires. Ils prirent les rames et se mirent à pagayer férocement vers le rivage.

Ambre rappela à Philémon leur destination d'un signe sec du menton et leur chaloupe fila droit vers la prison. Alors que le capitaine Jack Sparrow reconnaissait le grincement caractéristique des canons du Black Pearl dans le fracas assourdissant des murs qui s'écroulent et du tonnerre des canons, Ambre et les deux pirates venus avec elle mettaient pied à terre. L'ombre épaisse de la falaise les cachait à la vue d'éventuels guetteurs et ce fut en silence qu'ils s'approchèrent de la porte cochère. Philémon prit les devants et sortit un petit baril de poudre. Il n'eut même pas le temps de s'agenouiller devant la porte qu'Ambre le rattrapait sans ménagement par le col pour l'éloigner de la porte.

« - Laisse-moi faire si tu ne veux pas qu'on ait tous les gardes de cette foutue prison à nos trousses, siffla-t-elle entre ses dents.

- Et comment comptes-tu faire, madame je-suis-parfaite ? » rétorqua-t-il méchamment.

Ambre ne releva pas et mit un genou à terre à l'endroit où il se trouvait quelques secondes avant. Elle retira de son corset deux fils de fer et une pince. Elle glissa un fil puis l'autre dans la large serrure. Il ne lui fallut pas plus d'une minute pour crocheter la serrure et la porte s'ouvrit sans résistance avec un joyeux grincement.

« - Comme ça, » fit-elle en réponse en se poussant de devant l'ouverture pour laisser aimablement passer Philémon et son camarade.

Ils se regardèrent dans les yeux un bref instant puis Phil lui fit un sourire qui n'avait plus rien de sardonique.

« - J'crois qu'on va bien s'entendre tous les deux, finalement, » dit-il avant de s'engouffrer dans la prison.

Cool. Pendant un bref instant, j'ai cru que j'aurais un Wulfran bis sur le Black Pearl.

La jeune fille suivit les deux pirates avec le sourire, son sens de l'aventure piqué au vif, Norrington oublié pour quelques temps.

Le hall dans lequel ils étaient entrés était sombre et mal éclairé. Un escalier partait dans les étages sur leur droite. Ambre réfléchit quelques instants. Il y avait une muraille qui partait du fortin pour s'évanouir aux premiers abords de la ville et qui renaissait quelques centaines de mètres avant le fortin où elle venait se rattacher. Si elle voulait échapper aux gardes, ou du moins en rencontrer le moins possible, il était peut-être plus prudent de passer par les étages et de rejoindre cette muraille par une quelconque fenêtre ou même une porte si l'occasion se présentait. Elle éviterait ainsi la cour où grouillaient certainement les soldats chargés de la surveillance du bâtiment.

« - On monte, » ordonna-t-elle aux deux hommes indécis.

Sans attendre de réponse ou d'objections, elle prit fermement les devants. Dehors, les coups de canons continuaient de pleuvoir et faisaient trembler la prison. De la poussière tombait par paquet du plafond fissuré. Mais ce fut sans ralentir qu'Ambre enjamba les marches quatre à quatre. L'oreille tendue, elle écoutait le moindre bruit qui pourrait la prévenir de l'arrivée inopinée de gardes. Parvenue au quatrième étage, elle déboucha sur un palier où deux soldats la regardèrent arriver, ébahis. Ce fut avec cette même expression sur le visage qu'ils s'effondrèrent sur le sol. Ambre prit le soin d'essuyer sa lame sur un pan de leur chemise avant de continuer sa route. Elle poursuivit dans un long couloir, vaillamment éclairé par quelques torches qui ne parvenaient pas à trouer le brouillard de poussière qui avait envahi l'atmosphère.

« - Attend ! lui cria Philémon.

- Qu'est-ce qu'il y a ? demanda Ambre en se retournant.

- On doit aller trouver les armes et la poudre. Le capitaine nous a dit que tu savais où c'était.

- Tout en haut, normalement. Vous avez besoin d'aide pour la serrure ?

- Non, continue. Sauf si tu veux qu'on t'accompagne.

- Ça devrait aller.

- Bonne chance alors ! »

Ambre le remercia d'un signe de tête et poursuivit sa route tandis que les deux autres montaient d'un étage. Elle croisa de multiples portes dont nul son ne s'échappait, mais ne prit pas le risque de crocheter les serrures pour découvrir ce qu'il y avait derrière. Sans oublier qu'elle était pressée par le temps. Elle devait faire vite : il ne fallait pas laisser à Norrington le temps de s'organiser si elle voulait avoir une chance d'accomplir sa mission. La jeune fille accéléra le pas.

Soudain, au-dessus de sa tête, des bruits de course résonnèrent. Au vu du vacarme, elle pouvait en déduire sans risque que ce n'étaient pas Philémon et son camarade et se mit à courir. Au bout du couloir se trouvait un autre escalier dans lequel elle s'engouffra sans reprendre haleine pour redescendre à l'étage inférieur. A peine disparaissait-elle dans l'ombre que les soldats débouchaient de l'autre escalier, à l'autre bout du couloir. Au bruit de pas, elle devina qu'ils suivaient le même chemin qu'elle et remontait le couloir.

Faites qu'ils remontent ! faites qu'ils remontent !

L'étroit escalier se finissait sur un petit hall. Sur sa gauche s'échappait un couloir après une volée de marches. En face d'elle s'ouvraient quelques cellules qui s'étendaient sur sa gauche jusqu'à l'extrémité du bâtiment. Celle du fond présentait des signes flagrants d'évasion avec son trou béant dans le mur donnant sur la mer et les jeux de cartes abandonnés dans la paille éparpillée. Dans la cellule juste en face de l'escalier se tenait un homme avec un air de chien battu, assis par terre en tailleur. Il la regarda arriver avec une expression de franche incrédulité sur le visage. Tous deux échangèrent un bref regard avant que l'attention d'Ambre ne soit reportée sur le couloir de droite. Quatre soldats arrivaient à grande allure. Ils ralentirent lorsqu'ils la découvrirent. L'homme de tête monta les quelques marches avec lenteur, sans la quitter des yeux.

« - Qui êtes-vous ?

- Je… heu… bégaya Ambre, dont les ressources en mensonges crédibles étaient momentanément épuisées.

- Vous êtes une pirate ? poursuivit l'homme en fronçant les sourcils.

- Heu… on… on peut dire ça comme ça, » répondit la jeune fille en reculant d'un pas.

L'homme s'avança.

« - Je… je ne suis chargée que de libérer les prisonniers, dit Ambre d'une voix tremblante. Je ne sais que crocheter les serrures… s'il vous plait, ne me tuez pas. »

Elle lui adressa un regard d'une telle intensité dramatique que le soldat en fut momentanément désarmé.

« - Je… commença l'homme. Ce n'est pas à moi d'en juger.

- Je ne suis ici qu'à cause d'un malheureux concours de circonstances ! Je n'ai jamais voulu ça… s'écria Ambre, les larmes aux yeux. Ne me tuez pas, ajouta-t-elle d'une toute petite voix. S'il vous plait… »

Le soldat se retourna vers ses confrères. Eux aussi semblaient indécis. Le troisième homme plongea son regard dans celui désespéré de la jeune fille.

« - Rendez-vous sans résistance, expliquez au juge et je suis sûr qu'il sera clément.

- On ne peut pas vous laisser partir, expliqua celui de tête d'un air désolé.

- Ne vous en faites pas, on dira au juge que vous vous êtes rendue sans résistance, ajouta le second. »

Ambre posa un regard affolé sur chacun des hommes puis se résigna. Elle baissa la tête, soumise. Le premier soldat s'avança vers elle gentiment et lui indiqua la cellule où se tenait l'homme qui regardait la scène avec intérêt. Le soldat se retourna vers ses camarades.

« - Où est ce foutu chien ? » demanda-t-il en posant une main sur l'épaule d'une Ambre docile pour l'amener jusque devant la cellule.

L'homme n'eut que le temps de voir le regard effrayé de ses confrères avant que sa tête ne vole.

« - Navrée, mais je n'ai pas confiance dans la clémence du juge, » dit Ambre en se jetant sur le deuxième, son katana dans une main, une dague dans l'autre. Le couloir étroit obligeait les hommes à se tenir à la queue leu leu et les gênait pour dégainer. La jeune fille tua le premier avant qu'il n'ait pu sortir son épée et continua sur sa lancée en plongeant son arme dans le ventre du deuxième. Le dernier homme eut le temps de parer un premier coup mais manquait cruellement d'entraînement et d'espace. D'un coup précis de sa dague, Ambre lui trancha la gorge. Derrière elle résonnèrent soudain des applaudissements. Elle se retourna, surprise, pour découvrir un regard noir pétillant de malice.

« - Excellent. J'ai a-do-ré la petite séance de théâtre.

- Heu…

- Vraiment très bien. Même si je n'en ai pas compris l'utilité. Vous pouviez très bien les tuer tout de suite, non ? Ça vous amuse de tuer ?

- Heu…

- C'était vrai cette histoire de crochetage de serrure ? parce que ça m'intéresse. Le chien porte-clé s'est barré en courant.

- Heu…

- Oui ?

- Vous êtes qui ? demanda finalement Ambre, déroutée.

- Capitaine Jack Sparrow, pour vous servir, répondit-il en insistant sur le titre. Quoique là, je ne suis pas sûr de pouvoir vous servir en quoique ce soit de derrière ces barreaux.

- Jack Sparrow ? » fit Ambre en papillonnant des paupières comme pour tenter de faire redescendre des souvenirs devant ses yeux.

Jack Sparrow fit la moue et prit un air buté en marmonnant quelque chose dans sa barbe tressée et emperlée. Alors qu'il ouvrait la bouche pour ajouter quelque chose, des pas se firent entendre dans l'escalier. Ambre se retourna d'un mouvement vif pour voir arriver le premier soldat. Celui-ci pila net lorsqu'il découvrit la jeune fille au milieu des quatre cadavres de gardes.

« - Merde, murmura Ambre.

- Et là, je crains que ton numéro de scène ne convaincra personne… » ajouta Sparrow d'un air de grand déçu.

Le soldat regarda Ambre, indécis puis se retourna.

« - Chef ! y'a un pirate qui nous barre la route.

- Et bien tuez-le ! rugit une voix derrière lui.

- Mais… c'est une fille ! »

Ambre poussa un soupir intérieur à fendre l'âme.

Le chef de l'escadron passa devant ses hommes avec quelques difficultés vu l'étroitesse de l'escalier. Arrivé en tête, lui aussi regarda Ambre.

« - C'est vous qui avez fait ça ?

- Non, ils se sont fait ça tous seuls. Tu crois que j'ai ça pour quoi ? fit-elle en désignant ses armes. Pour écorcher les lapins ? » gronda Ambre en relevant sa garde.

Sans plus attendre, elle fonça dans le tas. Elle avait encore l'avantage de la place et d'avoir l'épée au poing avant de charger. Les six gardes ne mirent pas longtemps à rejoindre le sol et à y rester. Ambre, le souffle court et une légère douleur au ventre, essuya sa lame sur la veste bleu et blanche du chef et la remit dans son fourreau.

« - Vraiment impressionné, dit Jack Sparrow derrière elle.

- Je fais cet effet là sur beaucoup de monde. Pourtant, c'est vraiment pas la peine.

- Tu pourrais me sortir de là ? »

Avant qu'Ambre n'ait pu répondre, des bruits de course se firent entendre dans les étages supérieurs. Elle se tourna vers l'ancien capitaine du Black Pearl, l'air vraiment navrée.

« - Désolée mais ça va pas être possible. Je suis vraiment pressée. Et je ne peux pas affronter toute la garde de la prison, même pour vos charmants yeux noirs. Mais j'essayerais de repasser par là en revenant. Si je reviens. »

Avant que Jack n'ait pu ajouter la moindre parole, Ambre fila dans le couloir débarrassé de ses gardes. Elle buta dans un chien miteux en train de ronger un trousseau de clés et manqua s'étaler de tout son long sur les dalles poussiéreuses. Elle grogna un chapelet de jurons à en faire pâlir des marins des plus endurcis et poursuivit sa course. Sa blessure la lançait mais la douleur était supportable. Elle aurait été bien pire si elle avait dû se jeter sur les quatre premiers gardes en même temps. Cela aurait nécessité trop de mouvements d'esquive qui auraient tiraillé sa blessure, au risque de la rouvrir ou de la faire souffrir le martyr. Elle n'était pas très fière du tour qu'elle leur avait joué mais elle tenait tout de même plus à sa vie qu'à la leur.

Elle arriva au bout du couloir. Sur sa droite descendait un escalier. En face d'elle, une porte. La jeune fille appliqua son oreille contre le bois, attentive. Mis à part les coups de canons qui continuaient à faire trembler la ville, elle n'entendit rien d'alarmant. Elle posa sa main sur la poigna et la tourna. La chance fut avec elle : elle n'était pas verrouillée. Elle entrebâilla la porte et jeta un coup d'œil au dehors. Elle était arrivée sur le rempart et celui-ci était désert. Sans attendre une seconde de plus, elle franchit le seuil, referma soigneusement la porte derrière elle et bondit à toute allure. Elle jeta un coup d'œil à la cour dans laquelle les soldats courraient en tous sens sous les ordres de leurs supérieurs, sans lui prêter la moindre attention. En face d'elle, la ville était en feu. Des cris de femmes et d'enfants résonnaient partout, à moitié couverts par le fracas de l'acier contre l'acier. Son cœur se serra subitement lorsqu'elle se rendit compte de ce qui se déroulait sous ses yeux. Il lui fit mal quand elle prit conscience qu'elle était mêlée à ce massacre. L'estomac noué, elle reprit sa course.

Elle arriva bientôt à la fin du rempart. Son extrémité était gardée par trois gardes. Ceux-ci, qui ne s'attendaient pas à ce que le danger provienne de la prison, furent pris au dépourvu et n'opposèrent qu'une résistance symbolique à la jeune fille.

Ambre descendit les marches quatre à quatre. Elle rencontra deux pirates qui manquèrent de l'embrocher.

« - Nan mais ça va pas ?! regardez un peu avant de taper !

- Désolé, répondit gauchement un des pirates.

- Ils sont morts là-haut, les informa-t-elle avant de poursuivre sa route. Et la porte donnant sur la prison est normalement ouverte. »

Sans un mot de plus, Ambre se jeta à perdre haleine dans les ruelles éclairées par la lueur dansante des flammes. Elle fut alarmée de voir à quel point les gens n'étaient pas préparés à une attaque. A croire qu'avec deux vaisseaux de la flotte du roi dans le port, un gouverneur et un soldat du roi, les gens se sentent en sécurité.

Effrayant.

L'idée de s'arrêter pour les aider à éteindre les débuts d'incendies lui traversa l'esprit mais sa mission lui revint. Et savoir que, quoi qu'elle fasse pour eux, elle était et resterait une pirate et ne méritait qu'une chose : la corde refroidit ses élans humanitaires. A un carrefour, elle s'arrêta pour reprendre son souffle et choisir son chemin. Elle préféra partir en direction des quartiers du port. Les pirates en auraient certainement déjà pris possession et elle serait moins gênée pour atteindre l'autre série de remparts menant au fortin.

Toujours en courant, elle passa dans une rue qui lui était familière.

Will !

Pour avoir côtoyé le garçon pendant une demi journée, elle doutait qu'il reste sagement dans sa forge en attendant que ça passe. Le cœur lourd, elle poursuivit sa course. Elle descendit une ruelle et, quelle ne fut sa surprise, découvrit Will aux prises avec un pirate. Elle le vit en difficultés et courut l'aider.

« - Dis au revoir, » entendit-elle dire le pirate au forgeron d'une voix d'outre-tombe.

Vive comme l'éclair, elle dégaina une de ses dagues courbes et sectionna une corde qui maintenait immobile une enseigne de taverne. La lourde plaque de bois cogna le pirate de plein fouet et l'envoya voler dans une vitrine enflammée. Will se releva et se retourna vers le brasier où avait disparu le pirate et répondit, un peu déboussolé :

« - Au revoir. »

Ambre manqua s'étouffer de rire mais reprit très vite son sérieux lorsqu'elle vit déboucher de nouveaux pirates. Elle en saisit rapidement par le col lorsqu'il passa à sa portée. L'homme, petit, barbu avec un bonnet miteux et un grossier pantalon beige vraiment crasseux, la regarda avec des yeux ronds.

« - Arrangez-vous pour ne pas le tuer ! ordonna-t-elle d'une voix autoritaire.

- Qui ça ?

- Le gars avec la hache.

- Lui ? mais il m'a déjà tué tout à l'heure !

- Je m'en fous. Arrange-toi pour qu'il ne meure pas. J'en ai besoin.

- Et comment je fais ?

- Comme tu veux. Assomme-le, ligote-le. Qu'importe ! et préviens les autres de ne pas le tuer. C'est important. »

L'homme acquiesça. L'air grave d'Ambre l'avait convaincu de l'importance de sa mission. La jeune fille relâcha la pression qu'elle exerçait sur son col et le laissa partir. Elle ne s'attarda pas pour voir si ses ordres étaient suivis ou non. S'ils l'étaient, tant mieux. Sinon… elle ne tenait pas à voir Will mourir.

A partir du port, il ne lui fallut guère de temps pour parvenir à l'autre rempart. Elle croisa de nombreux cadavres sur sa route et comprit enfin pourquoi Barbossa l'avait fait passer par la prison. Mettre pied à terre dans le port n'avait pas été une partie de plaisir et, si eux ne craignaient pas les balles, ce n'était pas son cas.

Elle atteignit rapidement le deuxième rempart. La volée de marches qui y menait était couverte de sang. Le passage avait déjà été dégagé. Si le danger en était relativement écarté, son effet de surprise par contre tombait à l'eau. Quoique surprendre quelqu'un lorsque la ville est à feu et à sang n'est pas des plus aisé. Toutefois, elle devrait redoubler de vigilance et de discrétion lorsqu'elle atteindrait le fortin.

Ses bottes ne faisaient qu'un faible bruit alors qu'elle remontait la muraille au pas de course. Devant elle, le vacarme se faisait de plus en plus présent. Les flammes jetaient sur les murs des ombres dansantes et inquiétantes. Lorsqu'elle fut en vue de la fin du rempart, elle ralentit l'allure, tous ses sens aux aguets. Elle se baissa et franchit la vingtaine de mètres restants courbée, cachée par les épais parapets de pierre. Quand enfin elle atteignit l'extrémité du rempart, elle se redressa avec prudence et promena un regard rapide autour d'elle. La cour qui s'étendait devant elle était jonchée de cadavres revêtus de l'uniforme des gardes de Port-Royal. Elle se baissa juste à temps pour ne pas être vue de deux soldats qui traversèrent la place en courant, l'épée à la main.

Soit ils fuient, soit ils vont donner un coup de main là où la menace est la plus importante. Là où devrait se trouver Norrington.

Ambre se redressa et attendit qu'ils franchissent la porte de la cour pour se jeter à leur poursuite. Elle laissa une distance respectable entre eux, marchant le plus précautionneusement possible pour éviter tout bruit suspect. Cette précaution devint inutile au fur et à mesure qu'elle s'enfonçait dans la bâtisse : les rumeurs des combats emplissaient l'air et tous étaient obligés de hurler pour se faire entendre. Les deux soldats ralentirent brusquement l'allure et s'arrêtèrent à l'extrémité d'un couloir. Ambre, toujours à leur suite, bifurqua dans le même couloir et manqua se faire surprendre. Elle pila net et fit marche arrière le plus rapidement possible pour se caler, dos au mur et tenta de maîtriser sa respiration sifflante, une douleur sourde au niveau de l'abdomen. Son cœur battait la chamade de la peur qu'elle avait eu d'être surprise. Sa blessure la lançait à intervalles irréguliers et elle ne tenait vraiment pas à se battre dans ces moments-là. Autrement dit, en cet instant précis.

Elle bloqua sa respiration et tendit l'oreille. Juste à temps pour entendre le lourd battant grincer légèrement. Doucement, elle relâcha son air et passa la tête au coin du mur. Le couloir était vide. Les deux soldats avaient franchi le seuil. Furtivement, elle remonta le couloir, longeant les murs tel un voleur. La porte était mal fermée et elle put glisser un regard au travers de la mince ligne de lumière. Dans l'éclairage vif des flammes et les volutes de fumée, elle distingua clairement la foule de soldats qui grouillait là.

Ambre recula de quelques pas pour se cacher dans l'ombre protectrice du couloir et partit d'un fou rire.

Genre. Allez Ambre ! va tuer Norrington ! rien de plus facile !

Toujours secouée de rires, Ambre essuya le torrent de larmes qui dévalait ses joues.

Ça y est, je craque.

Il fallut quelques longues minutes à la jeune fille pour parvenir à se calmer. Lorsque sa respiration fut redevenue normale et qu'elle arrêta de pleurer en riant, elle refit le chemin jusqu'à la porte de bois. Elle écarta doucement les deux battants pour avoir un plus grand angle de vue. Elle repéra rapidement Norrington, entouré de ses hommes, et qui donnait ses ordres avec rapidité et fermeté. Son visage était fermé et il tâchait de ne montrer aucune peur. Ambre apprécia sa façon de redonner courage à ses hommes. Elle put ainsi observer le changement de tour que prenait la situation : le commodore avait repris la situation en main et mettait les pirates à mal : si ceux-ci étaient bien organisés en mer lors des abordages, ils ne l'étaient plus guère sur terre. D'autant plus que leur malédiction leur faisait prendre des risques inutiles.

Petit à petit, les soldats reprenaient possession du fortin et repoussait les pirates inférieurs en nombre.

Je ferais mieux de me tirer d'ici avant de m'y retrouver coincée et à leur merci…

Au moment où Ambre refermait doucement la porte d'où elle avait établi son poste d'espionnage, un soldat affolé attira son attention. Il se fraya un passage jusqu'à Norrington et hurla, la voix hachée d'avoir trop couru :

« - Ils ont atteint la maison du gouverneur !! »

Là, Ambre vit le commodore devenir pâle comme un linge et elle lut sur ses lèvres plus qu'elle n'entendit le nom qu'il prononça.

« - Elizabeth. »

Un sourire mauvais naquit sur le visage de la jeune femme tandis qu'elle refermait la porte. Un sauveur comme Norrington n'allait pas rester là les bras ballants quand des pirates menaçaient sa dulcinée. Si elle voulait avoir une chance de l'embrocher de son katana, elle allait devoir l'attaquer sur le chemin menant à la demeure du gouverneur de la Jamaïque. En silence, elle fit demi-tour et remonta le couloir. Arrivée dans la cour qu'elle avait traversée précédemment, elle chercha du regard un raccourci pour atteindre le plus vite possible la grande maison au sommet de la colline.

Elle repéra rapidement une aile du bâtiment qui allait dans cette direction. Le toit restant à la même hauteur sur une grande longueur et le sol étant en pente, elle trouverait certainement une fenêtre en bout de bâtiment d'où elle pourrait aisément sauter sans se faire mal. Avec cette idée en tête, elle dégaina sa lame, prête à s'en servir si l'occasion devait se présenter.

L'entrée dans cette partie du fortin fut facile : la porte n'était pas verrouillée. Le couloir était exempt de fumée et Ambre en déduit que les pirates du Black Pearl n'avaient pas pillé jusqu'ici. Elle raffermit sa prise sur la garde de son katana et poursuivit son exploration. Tout était silencieux, mis à part le léger bruit de ses bottes sur le plancher de pierre polie par les innombrables passages des soldats. Le couloir arriva à son terme sur une lourde porte de chêne. Fermée à clé.

Ambre étouffa un juron et sortit son attirail de voleur. La serrure rendit les armes en quelques minutes. Elle ouvrit la porte juste assez pour se faufiler et la referma doucement derrière elle. Lorsqu'elle se retourna, son regard rencontra celui d'un soldat plus que surpris de voir une fille pénétrer en ces lieux.

damn !

A court d'idée lumineuse pour se tirer des situations périlleuses dans lesquelles elle avait la fâcheuse habitude de se fourrer, Ambre lui fit son plus beau sourire. Elle s'approcha de l'homme qui la regarda venir, comme hypnotisé.

« - Excusez-moi, je… »

Trouve quelque chose à dire ! vite !

« - Arrêtez ! » ordonna le soldat, les yeux grands ouverts et les pupilles dilatées, comme un animal traqué.

La jeune femme obéit. Elle ne se trouvait plus qu'à quelques pas et put ainsi l'observer plus attentivement. Elle se rendit alors compte de la jeunesse de son interlocuteur. Il ne devait pas avoir plus de seize ans. Le gamin était visiblement terrifié. Ambre comprit pourquoi lorsqu'elle devina le regard du jeune garçon posé sur son katana qui dépassait de son dos, ainsi que les gouttes de sang qui couvraient ses vêtements.

« - Vous… vous êtes avec eux ? » demanda-t-il d'une voix tremblante.

Ambre prit une inspiration en regardant sur le côté, faisant semblant de réfléchir à une réponse. Ce qu'elle faisait vraiment avant d'envoyer tout au diable. Vive comme un serpent, elle bondit sur le jeune homme et lui mit une de ses dagues sous la gorge.

« - Un mot, un cri, et tu es un homme mort. »

Le garçon hocha frénétiquement la tête en la fixant avec de grands yeux terrifiés.

« - Y a-t-il d'autres hommes dans cette partie du bâtiment ? »

Il secoua immédiatement la tête. Il était trop terrifié pour mentir et avait répondu trop rapidement pour se laisser une seconde de réflexion. Ambre retira doucement sa dague et lui fit un sourire.

« - Bien. Dans ce cas… »

Elle leva son arme et le frappa durement à l'arrière du crâne avec la garde de son poignard. Il tomba évanoui dans ses bras.

« - Gnourf ! »

Avec un effort visible, Ambre le tira jusque dans la pièce voisine, vide de toute présence, si l'on excepte les araignées assoupies dans les coins. Elle dénicha un rouleau de corde et ficela le garçon. Lorsqu'elle eut fini de bâillonner le gamin, elle traversa la salle au pas de course. Sur la gauche s'ouvrait une porte donnant sur un long couloir. Celui-ci longeait le mur externe de l'aile et amenait à diverses pièces, dont les portes s'alignaient sur la droite de la jeune femme. Tout était silencieux et elle se mit à courir jusqu'à atteindre une fenêtre. Elle s'arrêta et évaluer la hauteur qui la séparait du sol. Elle avait vu juste : le terrain montant transformait l'étage en rez-de-chaussée plus elle s'avançait profondément dans le bâtiment.

Ambre s'arrêta à la dernière fenêtre et scruta l'extérieur. Le jardin qui entourait cette partie du fortin était désert. Elle ouvrit la fenêtre, à moins de deux mètres du sol, et enjamba le rebord. Elle atterrit en douceur et reprit sa course. En quelques minutes, elle avait laissé le fortin loin derrière elle. Elle grimpa la pente en direction de la maison du gouverneur, en écartant les buissons devant elle. Elle se retourna à un moment donné pour observer autour d'elle. Elle repéra les torches d'un groupe d'hommes à la sortie du fortin, qui se frayait un passage tant bien que mal parmi les pirates qui tentaient de les empêcher de sortir.

Norrington doit être avec eux. 'faut que je me dépêche.

La jeune fille se mit à courir. Elle devait aller cherche de l'aide auprès des pirates pillant la demeure du gouverneur : elle ne pouvait venir à bout de cet escadron toute seule. Lorsqu'elle fut certaine qu'elle ne tomberait sur personne à l'improviste, elle quitta les broussailles pour rejoindre la route. Sa course en fut grandement facilitée et il ne lui fallut que quelques minutes pour atteindre son but. Là, les pirates mettaient à sac la somptueuse demeure. Des cadavres de domestiques montaient la garde devant l'entrée principale, tandis que les pirates se faisaient passer les coffres remplis d'argenterie.

Lorsqu'ils la virent arriver, quelques pirates se détachèrent du lot pour venir à sa rencontre.

« - Qu'y a-t-il ?

- Y'a des soldats qui arrivent. Le commodore devrait être avec eux. »

Le pirate qui lui avait adressé la parole se tourna vers ses camarades qui l'avaient accompagné à la rencontre de la jeune fille.

« - On va leur pourrir la gueule pendant que les autres rangent ? »

Ils grognèrent tous leur assentiment, des sourires torves se dessinant sur leurs visages émaciés.

« - Tu viens avec nous. On retourne sur le navire après. »

Ce n'était pas une question mais un ordre qu'Ambre n'eut pas le cœur de contredire. Cette virée en ville commençait à la fatiguer sérieusement.

Le pirate prévint ses camarades puis fit signe aux autres de le suivre. Ambre s'avança à leur suite.

Ils marchaient vite, sans torche. La lune était cachée sous une épaisse couche de nuage et Ambre se prit parfois les pieds dans de profondes ornières, invisibles jusqu'à ce qu'elle se prenne les pieds dedans. Le groupe de pirates ne tarda pas à rencontrer les soldats montant à la rescousse de la fille du gouverneur. Même s'ils s'attendaient à affronter une certaine résistance de la part des pirates, ils ne s'attendaient pas à ce qu'elle soit organisée. Et dans le but des les détruire.

Dès que les pirates repérèrent les soldats à la lueur des torches, ils se jetèrent sur eux, dans un désordre sanglant. Ambre les suivit avec toutefois plus de prudence. Une balle perdue pouvait lui être fatale, contrairement à ses camarades du moment.

L'affrontement fut de courte durée.

Et très sale.

La jeune femme essuya sa lame sur la veste d'un officier et promena son regard sur les visages des cadavres. Elle ne découvrit pas celui de Norrington. Elle s'en doutait. A partir du moment où ils avaient attaqué, nul ordre émanant de sa voix n'avait brisé leurs cris de guerre.

Il a dû rester avec ses hommes au fortin. Pour défendre la ville.

Il ne peut pas voler au secours de son… amour. Ça va contre ses obligations.

J'aurais dû le deviner.

Et désormais, tout était perdu. Ils rentraient au Black Pearl et elle n'aurait pas d'autre chance d'accomplir sa mission. Dans un glissement métallique, Ambre rangea son katana dans son fourreau puis, dans un même mouvement, les pirates se mirent en marche vers leur navire. Ils pénétrèrent dans la ville même peu de temps après. Ils ne rencontrèrent pas de soldats, trop occupés qu'ils l'étaient dans le fortin. Seulement des civils effrayés. Mais l'appel qui retentit depuis le Black Pearl empêcha les pirates de se livrer à un plus ample pillage. Ils se hâtèrent de gagner le port. Là, ils rencontrèrent une résistance : les hommes de Port-Royal avaient poursuivi les pirates jusqu'aux quais où ceux-ci maintenaient un front uni pour permettre aux autres de reprendre la mer.

Ambre et ses camarades montèrent dans une des chaloupes et ramèrent en direction du Black Pearl, laissant derrière eux une ville en flamme où résonnaient encore les cris des sinistrés.

Il ne leur fallut qu'un court moment pour rejoindre le navire aux voiles noires. Ambre agrippa le rebord de l'échelle et escalada lestement le long de la coque. Barbossa les attendait sur le pont, un sourire énigmatique sur les lèvres. Lorsque leurs regards se croisèrent, Ambre baissa le regard et secoua la tête en signe de dénégation. Le capitaine s'approcha d'elle et lui posa une main paternelle sur l'épaule.

« - Ne t'en fais pas. Roberts ne t'en voudra pas.

- Mais ça ne l'empêchera pas d'être déçu, s'entendit-elle répondre.

- Il est peut-être mort, tenta-t-il de la consoler.

- J'en doute, » soupira-t-elle en s'éloignant.

Barbossa ne trouva rien à répondre et la laissa seule. Il donna ses ordres pour que les voiles soient déployées et l'ancre prête à être relevée, pour qu'ils puissent prendre la fuite avant que la marine royale n'ait le temps de s'organiser. Ambre grimpa dans la mâture. Effectuer une manœuvre cent fois répétée lui viderait l'esprit et l'empêcherait de songer à son échec.

La première fois que j'en essuie un…

mais dis-toi que Roberts ne t'a pas confié de centaines de missions. Et qu'il avait prévu cette issue.

Ambre poussa un soupir en songeant à cette maigre consolation et défit un nœud particulièrement récalcitrant d'un air absent.

Elle était assise sur la vergue soutenant le hunier du mât d'artimon lorsque le pont en dessous d'elle frémit d'une agitation inhabituelle. Elle haussa un sourcil intrigué quand une jeune fille vêtue d'une riche chemise de nuit et de sa robe de chambre assortie monta sur le pont, encadrée par Ragetti et Pintel. L'équipage forma immédiatement un demi cercle autour d'elle pour espérer en apprendre plus sur cette arrivée inopinée. Le noir scarifié arriva immédiatement et déclara d'un ton froid et quelque peu méprisant.

« - J'savais pas qu'on embarquerait des captifs.

- Elle a invoqué le droit de pourparlers avec le capitaine Barbossa, » expliqua Pintel.

La jeune dame prit la parole et s'avança d'un pas pour exposer sa cause.

« - Je suis venue négocier… »

Une baffe magistrale la fit taire. Elle leva un regard meurtrier sur le second. Ambre devina à la lueur de colère qui brûlait dans ses yeux bruns qu'elle n'avait pas l'habitude de se faire rabrouer ainsi.

« - Tu prendras la parole quand on te la donnera, » lui dit le second, pas du tout ému par le regard que lui lançait la jeune fille.

Une main arrêta soudain le bras encore en l'air du second, qui s'apprêtait à lui administrer une nouvelle correction si elle osait ouvrir de nouveau la bouche.

« - Et toi, tu ne lèveras pas la main sur ceux qui sont sous la protection des pourparlers, déclara Barbossa en resserrant sa prise sur le bras de son second.

- A vos ordres, » répondit le second d'une voix chargée de douleur.

Barbossa se tourna vers leur jeune prisonnière.

« - Toutes mes excuses, mademoiselle. »

La demoiselle reprit contenance et inspira profondément avant de commencer calmement.

« - Capitaine Barbossa. Je suis venue négocier la cessation des hostilités contre Port-Royal. »

Ambre étouffa difficilement un éclat de rire, heureusement étouffé par les tirs de canons qui continuaient à pilonner Port-Royal.

Ah bah, ça part mal.

La réplique dut également plaire au capitaine du Black Pearl.

« - Oooh. Il y a là des tas de mots très savants. Nous ne sommes que d'humbles pirates, répondit-il avec un petit rire condescendant. Que voulez-vous réellement ? reprit-il plus sérieusement.

- Que vous partiez et ne reveniez jamais, déclara la jeune femme très dignement.

Faudrait lui donner des cours de négociation à celle-là. Elle a rien comme monnaie d'échange…

Ambre ne fut pas la seule à trouver cette demande extravagante : tous les pirates réunis échangèrent des regards moqueurs et des petits rires. Barbossa reprit un semblant de sérieux avant de répondre.

« - Il ne me sied guère d'accéder à votre requête. »

Les pirates se mirent à rire tandis que la prisonnière regardait froidement Barbossa, attendant quelque chose de plus, sans qu'Ambre ne devine où elle voulait en venir.

Y'a quelque chose qui cloche avec elle. Elle est persuadée d'avoir raison…

« - Ça veut dire non, poursuivit Barbossa pour enfoncer le clou.

- A votre aise, » cracha-t-elle en s'avançant furieusement jusqu'au bastingage.

Elle arracha son collier et le suspendit au-dessus des flots sombres.

« - Je le laisse tomber. »

C'était donc ça son argument ? un collier ??

Sous le regard surpris d'Ambre, toujours perchée sur sa vergue au-dessus du groupe, les pirates eurent un sursaut lorsque la jeune femme menaça son pendentif de la noyade. Elle vit même Barbossa déglutir difficilement.

Mais ça a l'air de marcher, remarque.

Le capitaine du Black Pearl se recomposa un masque impénétrable se tourna vers ses hommes pour les prendre à témoin.

« - Mes cales sont bourrées de brocaille et il nous faudrait ce bibelot clinquant ? pourquoi ?

Ambre ne fut pas dupe de la manœuvre du capitaine, mais ne comprenait pas du tout quel en était le but. Par contre, la jeune fille eut l'air de douter.

- C'est ce que vous cherchez tous ! s'exclama-t-elle. Je le reconnais ce bateau : je l'ai vu il y a huit ans en revenant d'Angleterre ! »

Barbossa, voyant qu'elle fonçait dans le panneau, poursuivit.

« - Vous m'en direz tant. »

La prisonnière, tenant toujours le médaillon au-dessus de l'eau, changea soudain d'expression. Ceci ne contribua pas du tout à rassurer Ambre. Il y avait une petite lueur maligne, sûre d'avoir raison dans les yeux sombres de la fille.

« - Parfait. Et bien je suppose que s'il ne vaut rien, ce n'est pas la peine de m'en encombrer, » dit-elle en laissant glisser la chaîne d'or dans sa paume. Elle resserra sa prise juste à temps pour ne pas envoyer le médaillon par le fond. Mais son petit jeu eut l'effet escompté : tous les pirates avaient fait un pas en avant et Ambre put même entendre le « nan » terrifié de Barbossa.

« - Aaah… » fit la jeune fille avec un sourire vainqueur.

De son côté, les lèvres d'Ambre s'étiraient également en un sourire appréciateur.

Pas mal. Belle prestation.

Barbossa, sachant qu'ils s'étaient trahis, s'avança vers elle avec un petit rire.

« - Vous avez un nom, ma jolie ? demanda-t-il lorsqu'il ne fut qu'à quelques centimètres d'elle.

- Elizabeth… Turner, ajouta-t-elle après une courte hésitation. Je suis domestique dans la maison du gouverneur. »

Ambre sut immédiatement qu'elle mentait. Elle vit Barbossa se tourner vers ses hommes, tandis qu'un sourire rayonnant naissait sur son visage buriné par le soleil.

« - Mademoiselle Turner. »

L'équipage se mit aussitôt à murmurer. Ambre surprit quelques mots, comme Bill le bottier, et qui semblait avoir une grande importance pour ces hommes. Si le mensonge de la demoiselle lui avait paru évident, elle fut étonnée de voir qu'il prenait corps si aisément parmi l'équipage du Black Pearl et même sur son capitaine.

Alors qu'elle se demandait pourquoi l'équipage tenait tant à croire ce mensonge, Barbossa revint vers leur prisonnière.

« - Et comment une servante acquiert-t-elle semblable médaille ? souvenir familial par exemple ?

- Sachez seulement que je ne l'ai pas volée, répondit Elizabeth.

- Parfait. Remettez-la moi et je ferais voile loin de votre ville. »

Elizabeth fit glisser le médaillon dans la paume ouverte du capitaine après un instant d'hésitation. A partir de ce moment-là, Ambre sut qu'elle avait une nouvelle camarade de voyage. Sous le regard intrigué de la fille du gouverneur, Barbossa remit l'objet à son singe qui se tenait sur son épaule. La bestiole le prit avec avidité et escalada un cordage avec son trésor.

Le regard de la jeune fille prit soudain une teinte d'horreur alors qu'elle réalisait ce qui se passait.

« - Et notre marché ? » s'écria-elle.

Sourd à sa requête, Barbossa fit demi-tour et s'éloigna en direction du gaillard d'arrière. Il jeta un coup d'œil à son second qui traduisit immédiatement ses ordres muets.

« - Faites taire les canons et arraisonnez. Appelez les hommes, hissez les drapeaux, parés à quitter le port ! »

Elizabeth se jeta à la poursuite du capitaine, affolée, tandis qu'Ambre suivait avec intérêt le spectacle qui se déroulait en-dessous d'elle.

« - Attendez ! vous devez me ramener à terre ! conformément au code de la confrérie…

- Premièrement, la coupa Barbossa en se retournant vers elle, votre débarquement ne faisait ni partie de notre négociation ni de nos arrangements, je n'ai donc pas d'obligation. Deuxièmement, si vous étiez une pirate, j'appliquerais le code des pirates. Ce n'est pas le cas. Et troisièmement… conclut-il avec un amusement certain, le code est plus une sorte de guide général qu'un véritable règlement. Bienvenue à bord du Black Pearl, mademoiselle Turner ! »

Elizabeth, atterrée, fut soudain saisie par Pintel, suivi de son ami le borgne, tandis que Barbossa gagnait le gouvernail. Ambre, toujours sur sa vergue, se mit à rire toute seule. Cette petite scène l'avait bien distraite. Et lui avait rappelé quelques leçons de marchandage, dans toute la fourberie de cet art. Avec un sourire amusé, elle se mit à la tâche pour permettre au Black Pearl de laisser loin derrière lui cette forte odeur de cendre.

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Voilà donc un chapitre de plus ! j'espère qu'il vous aura plu.

En tout cas, n'hésitez pas (jamais) à laisser vos commentaires, vos impressions, vos critiques dans la merveilleuse petite fenêtre review en bas à gauche… ça m'aide, d'une, à me motiver à écrire la suite vite (enfin… plus vite) et de deux, à faire des efforts de scénarios et pas à passer des chapitres que j'aime qu'à moitié et de trois, bah… à améliorer quand on me fait des critiques (j'essaie en tout cas).