OYEZ, OYEZ braves gens, j'ai ici quelque chose de (pour une fois) intéressant. J'ai remis mon profil à jour, je sais pas si vous avez vu et j'y ai rajouté une rubrique qui peut vous être utile, concernant l'avancement du chapitre suivant. Y'a au moins Zod'a qui a remarqué… ^^
Donc voilà, comme ça vous saurez à peu près où j'en suis. Parce que comme je l'ai dit dans la nouvelle bio, j'ai toute l'histoire MAIS, parce qu'il y a toujours un mais, elle est juste dans ma tête. Pas écrite. Sinon je ne mettrais pas 6 mois entre 2 chapitres. Je suis sadique mais quand même !
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Chapitre 42
Actes et conséquences d'une bouillotte
Ambre appréhendait affreusement la manœuvre. Il venait d'arriver dans un petit village, le plus proche de la propriété de la nièce de la tante du roi. Une boulangerie, une forge, une taverne qui faisait aussi office d'auberge et trois maisons. Elle poussa un profond soupir et Wulfran lui lança un regard agacé.
« - Aller, un peu de courage ! et vu comme y'a personne ici, personne ne découvrira la supercherie. »
La jeune fille lui fit signe de la précéder et ils traversèrent la place du village, un vaste cercle de terre battue avec une fontaine à sec en son centre, l'auberge exposant son enseigne grinçante de l'autre côté. Wulfran ralentit sur les deux derniers pas, en proie au doute mais ne fléchit pas, au grand désespoir d'Ambre. Elle le suivit, le ventre noué.
Ils pénétrèrent dans une longue pièce rectangulaire, dans laquelle trônait une immense cheminée aux parois noircies, l'âtre froid. Deux grandes tables occupaient tout un bord de la pièce, tandis que de petites tables carrées s'alignaient sur le mur d'en face. Wulfran se dirigea vers le comptoir en chêne massif, juste en face de la porte et Ambre se plaça en retrait, la tête basse comme fascinée par ses chaussures.
Une grande femme, mince comme un roseau, arborant une joyeuse quarantaine ne tarda pas à franchir la porte située derrière le meuble en bois et les accueillit avec un grand sourire.
« - Que puis-je pour vous ?
- Heuu… mon frère et moi sommes à la recherche d'une chambre, lui répondit Wulfran avec un sourire charmeur.
- Pour combien de temps ?
- Je ne sais pas encore exactement… un mois au moins.
- Que venez-vous faire ici ? … si ce n'est pas trop indiscret ?
C'est indiscret, grognasse !
- On cherche du travail. Nos parents sont morts et on a dû vendre la maison… et maintenant, il nous faut trouver du travail. On sait se débrouiller sur un bateau : on ira voir au port le plus proche dès que possible. On trouvera toujours de quoi faire sur les quais. En attendant de trouver mieux.
Mais quel abruti ! 'pouvait pas trouver plus crédible non ?
- Pourquoi ne pas vous installez là-bas ? ça serait plus pratique non ? enfin… je me mêle de ce qui ne me regarde pas. »
Wulfran prit un air gêné, fit semblant d'hésiter puis avoua dans un chuchotement.
- Les prix dans les auberges là-bas sont plus élevés. On espère que dans l'intérieur des terres, ça sera moins… enfin… vous comprenez. »
La femme hocha la tête, sans décrocher de son regard gris, plus qu'envoûtant à cet instant précis. Le jeune homme poussa le vice plus loin en s'accoudant au comptoir avec désinvolture. Ambre crispa les mâchoires, à deux doigts de le frapper sur l'arrière du crâne, exaspérée par son manège.
« - Croyez-vous qu'il vous serait possible de nous faire un prix ? on pourra vous rendre quelques menus services… »
Au comble de la surprise, Ambre vit la femme à deux doigts de céder : cette dernière prit un profonde inspiration, la bloqua avant de relâcher lentement son souffle.
« - Je suis désolée mais mon mari ne voudra pas.
- Même s'il n'en sait rien ? demanda Wulfran en désespoir de cause.
- C'est lui qui fait les comptes…
- Tant pis. Combien pour deux chambres ? »
Ambre manqua mourir d'apoplexie à peine la tenancière eut-elle laisser échapper le prix. Même Wulfran eut un sursaut. Ce que leur avait donné Roberts suffirait tout juste à leur payer le gite pendant leur séjour. Et pourtant, Ambre pensait qu'ils auraient de la marge.
« - … vous n'auriez pas plutôt une chambre double ? » dit Wulfran en soupirant.
Tout le corps d'Ambre se tendit à cette demande. Si elle n'avait pas eu un soupçon de raison, elle lui aurait sauté dessus et s'en aurait été fini de Wulfran, dans une effroyable et violente effusion de sang. Le prix de la chambre acheva de la maintenir immobile et silencieuse. Au moins pourraient-ils manger pendant leur séjour.
Les menus détails réglés, la tenancière leur indiqua l'escalier qui menait à l'étage, où se trouvaient les chambres. Wulfran prit la tête et Ambre le suivit en grinçant des dents. Les marches craquèrent sous leurs pas et ce fut encore pire une fois dans le couloir.
« - Cette bâtisse va tomber en miettes ! marmonna Ambre, ronchon.
- Arrête de te plaindre. Ah ! on y est. »
Il sortit la clef de sa poche et la glissa dans la serrure. La porte portait le numéro 6, gravé dans le bois. Une réflexion stupide traversa le cerveau du jeune homme et il ne put s'empêcher d'en faire part à sa compagne.
« - Au moins, avec des chiffres gravés, on ne risque de pas de voir le gars de la chambre 9 débarquer dans la nôtre.
- Qu'est-ce que tu racontes encore ? répliqua Ambre, rageuse.
- Que si ça avait été des chiffres en fer juste fixé sur la porte et que le 6 avait basculé, bah… 'tain t'es chiante, tu pourrais comprendre mes blagues ! j'ai horreur de les expliquer.
- Fais-en des compréhensibles. Et drôles. Ça peut être utile.
- C'est toi qu'est pas drôle !
- Boucle-la et entre. »
Wulfran se tut et tourna la poignée. Il ouvrit la porte avec une brusque poussée de l'épaule et entra en ronchonnant. Ambré pénétra dans la pièce, se retourna et referma la porte. Elle fit ensuite un demi-tour en une fraction de seconde et se rua sur Wulfran. Surpris et encombré de ses sacs, il n'eut pas le réflexe de se protéger. La jeune pirate lui martela le torse de coups de poings avant de se dresser sur la pointe des pieds pour tenter de le regarder droit dans les yeux.
« - Nan mais ça va pas ? siffla-t-elle, furieuse.
- Attends ! t'as vu le prix ?
- J'ai vu oui ! mais on avait de quoi se payer deux chambres. Ça aurait été limite mais ça le faisait !
- Après ce que je venais de raconter ? c'était pas crédible ! et puis, on n'aura pas le temps de vraiment travailler pour gagner de quoi nous nourrir.
- Mais… raaaah !
- Ça ne me fait pas plus plaisir qu'à toi, si ça peut te rassurer.
- J'espère bien ! en tout cas, cette situation ne va pas durer, je peux te l'assurer.
- Ah ? et que comptes-tu faire ?
- Quand j'aurais trouvé, je t'en ferais part. Pour l'heure, je prends le lit, toi le canapé. »
Wulfran n'eut même pas besoin de jeter un coup d'œil au dit canapé, complètement défoncé et mangé aux mites pour commencer à s'énerver à son tour.
« - Il n'en est pas question. Je prends le lit.
- Compte dessus mon bonhomme. »
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L'après-midi était à peine entamée et l'atmosphère dans la chambre commençant déjà à sentir le roussi, ils décidèrent de sortir faire un tour de reconnaissance.
« - Où allons-nous ? sur le port ? ou on tente direct d'aller chez eux ? demanda Ambre.
- Comme tu veux. Je sais pas toi, mais je suis curieux de voir à quoi on doit ressembler. Et puis, on pourra toujours passer par le port en rentrant.
- Faisons comme ça alors. »
Aussitôt dit, aussitôt fait.
Le chemin ne fut guère long. Après un dernier tournant entre deux rangées d'arbres en fleurs, une grande maison leur apparut, au sommet d'une petite colline. Elle était peinte en blanc, de grandes fenêtres s'ouvraient à l'étage et une terrasse faisait tout le tour de la bâtisse, dans un défilé de piliers sculptés.
Devant elle s'étendait un immense jardin, tout en massifs de fleurs multicolores. Deux esclaves noirs l'entretenaient avec lenteur, sous le chaud soleil de ce début d'après-midi.
« - Ça va, ils s'emmerdent pas ! siffla Wulfran.
- Non, en effet.
- J'suis pas sûr qu'on nous laisse approcher, » fit remarquer Wulfran après avoir jeté un coup d'œil à la propriété.
Tout à coup, des bruits de sabots résonnèrent derrière eux, de plus en plus proches.
« - Attention ! » fit Wulfran en attrapant Ambre par le bras pour la tirer sur le côté.
Les cavaliers passèrent devant eux au galop, sans même ralentir. L'homme qui menait le petit groupe leur jeta un regard méprisant et cravacha son bai déjà écumant. Derrière lui venait une jeune femme montée en amazone sur un grand cheval alezan, élégante dans sa robe bleu pastel et son chapeau à large bord. Enfin venaient toute une troupe de valet en livrée, portant nombre de paquets attachés à leurs selles.
« - Je crois qu'on les a trouvés, » murmura Ambre alors que le groupe passait le portail de la propriété dans un nuage de poussière.
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Le soir vint trop rapidement. Les deux pirates avaient cherché un bon moment un observatoire autour de la maison pour pouvoir les espionner à loisir sans se faire repérer. Ils avaient déniché un arbre aux branches tortueuses assez feuillues dans lesquelles ils pourraient se cacher mais cela ne pourrait n'être que temporaire. Ils ne voyaient que l'intérieur du salon et la terrasse qui s'ouvrait devant, et encore, d'assez loin.
Ambre et Wulfran remontaient le quai du village avant de repartir à leur auberge en discutant de la conduite à tenir.
« - Il faut qu'on se fasse embaucher là-bas, dit Wulfran.
- Tu plaisantes j'espère ?
- Pas du tout. Ça nous permettra de nous rapprocher d'eux et de mieux les observer.
- Ça va nous bouffer tout notre temps ! protesta Ambre.
- On travaille déjà comme des arrachés sur l'Ecumeur : on pourra bien bosser encore un peu le soir en rentrant.
- Mais bien sûr ! je vais t'apprendre à danser à 3h du mat', après la leçon sur la façon de se tenir à table !
- On aura bien du temps dans la journée pour ça. Au pire, on arrête et on recommence comme aujourd'hui, à avoir mal au cul assis sur une branche à se faire bouffer les pieds par des fourmis.
- Ksss ! siffla Ambre, à court de contre-arguments.
- Ta répartie m'éblouira toujours.
- Bon ok, va pour se faire embaucher là-bas.
- A la bonne heure ! te voilà devenue raisonnable ! »
Exaspérée, Ambre lui assena une claque sonore sur l'arrière du crâne, qu'il lui rendit joyeusement.
« - J'aime faire partager les bonnes choses, » ricana-t-il alors qu'elle se massait là où il l'avait frappée.
Arrivés à l'auberge, ils commandèrent un repas léger. La tenancière en personne leur apporta leurs assiettes, en décochant à Wulfran un sourire éclatant. Le jeune homme en profita et l'attrapa doucement par le bras. Il la relâcha aussitôt et lui offrit son plus beau sourire. Ambre se renfrogna et se mit à touiller sa soupe avec des gestes secs.
« - Excusez mon impertinence, mais savez-vous si nous pourrions trouver un travail chez les Smith ?
- Les Smith ? je pense que ça devrait être possible : mon frère y travaille en temps que palefrenier. Je pourrais lui demander si vous voulez.
- Ça serait vraiment adorable de votre part, lui répondit Wulfran avec un sourire charmeur.
- Je lui en parlerais demain.
- Je vous en serais éternellement reconnaissant.
- Oh, ce n'est rien, absolument rien, » minauda-t-elle.
Ambre laissa sa cuillère retomber dans son bol d'un air dégouté.
Je vais vomir.
Le repas expédié, très rapidement pour Ambre, pressée de fuir l'aubergiste en chaleurs, les deux pirates gagnèrent leur chambre en silence. Wulfran mit la clef dans la serrure, la tourna puis ouvrit la porte en faisant la révérence à Ambre pour qu'elle passe la première, parodie cynique de ce qu'elle essayait de lui inculquer. La jeune fille lui jeta un regard agacé puis un sourire malicieux germa sur son visage. Wulfran comprit trop tard.
« - NAN ! »
Mais Ambre avait déjà traversé la pièce et s'était jetée sur le lit en ricanant sadiquement.
« - Je te laisse gracieusement le canapé…
- Il n'en est pas question ! gronda-t-il en la rejoignant.
- Oh que si ! »
Ils échangèrent un regard. Ambre ouvrit de grands yeux lorsqu'elle lut dans les yeux d'acier du jeune homme et ouvrit la bouche pour protester mais aucun son n'en sortit : Wulfran lui avait sauté dessus. Une bataille épique commença, au grand dam des vieux ressorts du matelas.
Au bout de dix minutes, complètement essoufflés, Ambre et Wulfran signèrent l'armistice. Emmêlés dans les draps, sous Wulfran dans une position peu glorieuse, une jambe enroulée autour de son torse et une main agrippant sa chemise, Ambre chercha son regard.
« - Je crois que nous sommes partis sur de mauvaises bases.
- Tu peux le dire. Tu me laisses le lit ?
- Non.
- S'il te plait ?
- … lâche-moi. »
Wulfran regarda alternativement ses mains qui encerclaient les poignets fins de la jeune fille puis replongea son regard dans le sien.
« - Seulement si tu me laisses le lit.
- … on partage ? » risqua Ambre.
Wulfran sourit et la relâcha. Il se redressa et s'assit sur le lit.
« - J'osais pas le proposer, » dit-il en la regardant droit dans les yeux.
La réaction de la jeune fille le surprit : Ambre haussa les sourcils une fraction de seconde, laissant apparaître une expression de malaise doublée d'incertitude avant de disparaitre derrière un sourire cynique.
« - Avoue que tu en mourrais d'envie.
- Si je réponds oui, tu dis quoi ? la taquina Wulfran.
- J'irais me pendre.
- Chouette ! dommage que mon père m'en voudrait si je te laissais faire…
- Et puis… tu n'as pas répondu oui. Donc la question ne se pose pas. »
J'ai malheureusement envie de dire oui. Bordel, je perds la tête…
« - Droite ou gauche ?
- De quoi ? fit Wulfran, sorti de ses pensées.
- Droite ou gauche ? pour le lit…
- M'en fous.
- Ok, donc moi à gauche.
- Finalement, j'ai changé d'avis, je veux…
- Que dalle.
- J'allais dire droite.
- Tu es stupide.
- Je sais.
- Je suis naze, dit Ambre en passant du coq à l'âne, je me couche. Si tu veux sortir, fais, mais me réveille pas en rentrant.
- J'ai pas envie de visiter les tavernes, navré mais tu vas devoir me supporter dès maintenant et ce, jusqu'à demain.
- T'as pas envie d'aller retrouver notre charmante aubergiste.
- Ouh que non. Je vais éviter de me coltiner une sangsue mariée pendant notre séjour ici.
- C'est pourtant pas ce qui te retient d'habitude.
- On a autre chose à faire. Et j'en ai pas envie.
- Pas envie de quoi ? apprendre à devenir monsieur Smith ?
- Oui. Non ! enfin aussi…
- T'as un sérieux problème, mon pauvre.
- J'ai pas envie de faire ce qu'on fait NI de draguer l'aubergiste. C'est clair ?
- Maintenant oui, » répondit Ambre.
Le silence s'installa entre eux. La jeune fille en profita pour déballer ses affaires et en sortir des affaires de nuit. Elle jeta un coup d'œil autour d'elle mais la pièce était nue à part le lit, le canapé défoncé, un bureau et deux chaises. Elle poussa un profond soupir.
« - Promis, je regarde pas, lui parvint la voix de Wulfran derrière elle.
- Et je dois croire ça ?
- De toute façon, ça changera rien, je me rincerais l'œil. »
Ambre lui jeta un regard assassin et marcha à pas furieux vers l'endroit le plus sombre et loin des fenêtres.
« - Toute la grâce de l'éléphant… murmura Wulfran suffisamment distinctement pour que la jeune fille comprenne.
- C'est mieux que l'intelligence d'un bousier ! » répliqua-t-elle vertement.
Wulfran ricana et Ambre dut se résoudre à l'ignorer. Elle ôta sa chemise, la laissa là où elle était tombée avant de s'attaquer à défaire son bandage compressif. Cela fait, elle se hâta d'en enfiler une autre.
Elle a vraiment une chute de rein à tomber. J'ai envie de… nan. Nan, je n'ai pas envie. Je n'ai envie de rien. Surtout pas la concernant. Ça doit être Thérèse qui me manque, ça me perturbe l'esprit.
Wulfran se laissa tomber sur le lit, la tête profondément enfouie dans les oreillers. Il posa son bras sur ses yeux et soupira en se traitant d'idiot fini. Quelques instants plus tard, le matelas pencha sur sa gauche. Il souleva son bras au minimum pour pouvoir ouvrir un œil et le pointer sur Ambre.
« - Quoi ? lui demanda-t-elle.
- Rien, » répondit Wulfran après un instant d'hésitation.
La mission d'abord. Je me permettrais d'être con plus tard.
Ambre le poussa un peu pour pouvoir se glisser sous la couverture. Wulfran soupira puis se redressa. Il bazarda ses bottes et sa chemise sur le canapé puis rejoignit Ambre.
« - Bonne nuit « petit frère », ricana-t-il.
- C'est ça. Espérons que demain ait lieu un miracle parce que là, on est assez mal partis…
- Le pessimisme, c'est pour demain.
- Bien, « frérot ».
- Brave petit, il a compris où devait aller son obéissance. … Tu ne répliques pas ? demanda Wulfran, surpris de l'absence de réaction de la jeune fille.
- Je suis vraiment fatiguée.
- Des excuses tout ça ! c'est ma présence qui te perturbe !
- Que nenni.
Mais un peu quand même.
- Aller, bonne nuit Ambre.
- Bonne nuit. »
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Le soleil les découvrit encore endormis, chacun tourné vers l'autre, sans se toucher. Wulfran se réveilla le premier et fut surpris de tomber nez à nez avec Ambre. Elle avait les traits détendus, cachés par quelques mèches de cheveux blancs qui brillaient sous la lumière matinale. Il en écarta délicatement une et se surprit à sourire. Il relâcha les quelques cheveux de neige et se retourna brutalement. Son brusque mouvement arracha un grognement à la jeune fille qui papillonna des paupières.
« - Tapabiofiii ? marmonna Ambre en enfouissant son visage dans l'oreiller pour se soustraire à la vive lumière.
- Hein ? fit Wulfran.
- T'as pas bientôt fini ? répéta Ambre plus intelligiblement.
- De quoi ?
- De me secouer comme ça.
- Tu préfèrerais quand même pas la méthode « prince charmant » pour te réveiller ?
- Nan, sans façon.
- Alors te plains pas. »
Avec un profond soupir, il se redressa, tirant avec lui la couverture lorsqu'il passa en position assise. A moitié découverte, Ambre protesta et chercha à tâtons le bord de la couverture pour la tirer sur elle. Wulfran n'eut même pas à réfléchir. Il se leva d'un bond et vola d'un coup sec la lourde couverture de laine.
« - Eh !! »
Le jeune homme ricana sadiquement en pliant soigneusement son butin. Ambre le regarda furieusement, effet beaucoup moins menaçant avec des yeux rouges et encore gonflés de sommeil.
« - Aller habille-toi, on a du boulot, lui ordonna Wulfran. »
Sur un dernier regard meurtrier, la jeune fille se leva et se dirigea vers la chaise où elle avait laissé ses affaires la veille. Wulfran se retourna lorsqu'il entendit son profond soupir.
« - Qu'est-ce qu'il y a ? demanda-t-il, légèrement inquiet.
- … je vais encore avoir besoin de ton aide, » répondit-elle d'une voix piteuse.
Wulfran fronça les sourcils puis son visage s'éclaira d'un coup lorsque ses yeux se posèrent sur la pièce de tissu qui lui servait à faire disparaître sa poitrine au profit d'un poitrail d'adolescent à peine sorti de l'enfance. Il se mit à rire doucement en s'avançant vers elle.
« - Arrête de rire.
- C'est drôle donc je ris, c'est normal, répliqua Wulfran.
- Tu pourrais me prendre en pitié et éviter de me rendre encore plus mal à l'aise.
- C'est me connaître bien mal. Donne-moi ça. »
Une demi-heure plus tard, ils étaient tous les deux dans la grande salle de l'auberge à prendre leur petit déjeuner. Au moment de partir, l'aubergiste arriva et se pencha vers Wulfran.
« - Vous vous êtes levés tard, j'en ai profité pour aller voir mon frère. Il vous attend à midi chez les Smith voir ce qu'il peut vous trouver.
- Madame, vous êtes un amour, s'extasia faussement Wulfran en lui faisant un baisemain.
- Mais nan, ce n'est rien, » répondit la femme en rosissant.
Une fois qu'elle fut partie, Wulfran fit un clin d'œil à sa compagne qui tâchait avec peine de masquer sa mauvaise humeur. Elle n'aimait pas que Wulfran fasse du gringue à cette femme et encore moins lorsqu'il obtenait ce qu'il voulait parce que ça lui ôtait toute bonne raison de râler sur ce sujet.
« - Fais pas cette tête. Ça va marcher. »
Ambre hocha négligemment la tête, déjà toute à ses pensées pour organiser les jours à venir si jamais ils en venaient à travailler là-bas.
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« - Alors comme ça vous cherchez du travail ? »
Ambre leva les yeux vers le frère de l'aubergiste. Elle se tenait un peu en retrait et laissait Wulfran s'occuper de la conversation. Elle pouvait comme ça observer tout à loisir l'homme qui pouvait leur permettre de se rapprocher des Smith.
Il n'était pas très grand, avec une bedaine que soutenait difficilement la ceinture de son pantalon et son crâne chauve luisait au soleil, comme du verre poli. Il avait un air sympathique et des yeux rieurs.
En rien ressemblant à la tenancière de l'auberge.
« - Oui, monsieur, répondit Wulfran.
- Et qu'est-ce que vous savez faire ?
- Beaucoup de choses, monsieur.
- Ah ! les chevaux. Vous savez vous en occuper ? on a un palefrenier qui a chopé une mauvaise grippe. »
Ambre vit Wulfran déglutir. Lui qui avait vécu toute sa vie sur un navire, il devait à peine faire la différence entre une vache et un cheval. Il était temps de voler à son secours, en espérant que sa voix féminine ne la trahisse pas. Elle essayait de parler d'une voix grave, mais ce n'était pas encore une franche réussite.
« - Moi, je sais. Je m'occupais des chevaux du voisin. Avant.
- Mais pas ton frère ? demanda le rondouillard bonhomme.
- Non, désolé… répondit Wulfran.
- Que sais-tu faire toi ?
- J'aidais mon père. C'était un marin et je venais souvent avec lui. Je sais me débrouiller dans beaucoup de situations.
- Tu as déjà eu à te battre ?
- Pardon ? fit Wulfran, surpris.
- Te battre, attaqué par des pirates ou n'importe quoi. Manier une épée quoi !
- Je… je me débrouille.
- Parfait. Monsieur Smith aime s'exercer à l'épée mais il manque d'adversaires. Ça, entre autre chose, on devrait pouvoir vous occuper.
- Cela me semble très bien, répondit Wulfran. Qu'en penses-tu Brendon ? » fit-il en se retournant vers Ambre.
Cette dernière manqua s'étouffer en entendant son nouveau nom. Elle parvint à acquiescer, non sans difficulté.
Wulfran et l'homme se serrèrent la main et ils convinrent de commencer le lendemain matin. Quant au salaire, ils seraient payés une misère mais nourris sur place la plupart du temps. Ambre s'apprêtait à protester, trop habituée à marchander, mais un regard de Wulfran la fit taire. Les bouseux miséreux et orphelins se contentaient de ce qu'ils trouvaient et ce n'était pas le moment de tout faire capoter.
« - Eh bien à demain, dit Wulfran en guise d'adieux.
- A demain les p'tits ! »
Ambre lui adressa un signe de tête et suivit Wulfran qui faisait déjà demi-tour. Ils attendirent d'être hors de portée de voix pour se mettre à parler.
« - Bah on a de la chance, non ? fit Wulfran.
- Je pense ouais…
- Tu penses ?
- 'faudra voir comment ça va se passer. Faut aussi qu'on trouve du temps, que je t'apprenne deux trois trucs qui te manquent. Mais déjà, si tu peux croiser ton homme régulièrement, ça aidera.
- Et toi, comment vas-tu faire pour la copier si tu ne la vois pas ?
- C'était la question que je me posais. On verra bien demain. Là, j'ai plus préoccupant : où va-t-on ?
- Dans un coin sombre, loin des gens, où je pourrais te démembrer sans soucis.
- Ça me va. Je te suis, » répondit Ambre avec entrain.
Wulfran ralentit le pas en regardant la jeune fille, soupçonneux. Ambre fit encore deux pas avant de s'arrêter et se retourner, intriguée par le retard que prenait son compagnon.
« - Bah quoi ? »
Ses yeux rieurs et le sourire qu'elle retenait difficilement firent rire Wulfran.
« - T'es bête, » fut tout ce qu'il trouva à répondre.
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Après être passés à l'auberge prendre quelques affaires, les deux pirates suivirent un chemin qui les emmena dans une zone agricole. Ils choisirent un champ d'herbe haute, avec un troupeau de vaches pour voisines.
Ils avaient emmené une bouteille de rhum et de quoi écrire, pour la leçon du jour : Wulfran avait une écriture catastrophique et dans le doute, ça pourrait toujours lui être utile. Dans le même temps, Ambre le reprenait sur son maintien et son langage.
Pendant que Wulfran recommençait un exercice d'écriture, Ambre s'affala dans l'herbe, les bras derrière la tête, ferma les yeux et profita de la caresse du soleil. L'on n'entendait que le vent qui faisait ployer les hautes herbes, les criquets qui chantaient et de temps en temps, les cloches tintant au cou des vaches.
Mais ! il manque quelque chose ! sa plume n'écorche pas le papier !
Ambre ouvrit les yeux et les porta sur Wulfran. Celui-ci la regardait d'un air distrait, absolument pas concentré sur ses exercices. Il tenait toujours sa feuille de papier posée sur ses genoux mais sa plume ne grattait pas avec énergie en déposant de petits pâtés d'encre à la fin de chaque mot.
Elle sourit.
« - Je vois que tu es ébahi par ma beauté.
- Pas plus que ça, répondit Wulfran, l'air de rien. Pourquoi ?
- Tu viens de poser ta plume dans ton verre de rhum.
- Pertinent… »
Ambre se mit à rire doucement.
« - C'est plus intéressant de te regarder que de faire ces exos, se défendit Wulfran.
- Et me regarder est hautement divertissant, j'en conviens, se moqua Ambre.
- Tu peux donc imaginer à quel point j'en ai marre.
- Je sais mais faut qu'on bosse. Surtout toi.
- Je sais. Mais tu veux pas qu'on passe à autre chose ? l'écriture n'est pas ce qui me semble le plus important.
- Tu veux faire quoi ? demanda la jeune fille.
- Ce que j'appréhende le plus.
- Et c'est ? fit Ambre, curieuse.
- … la danse. Et à un bal, je crains qu'on ne puisse y échapper.
- Ah merde, j'avais presque oublié ça. »
Wulfran se leva en souplesse et tendit une main à la pirate pour l'aider à se relever. Avec un soupir théâtral, Ambre accepta son aide. Le jeune homme l'attrapa habilement par la taille et la plaqua contre lui avec un sourire qui signalait à dix lieues à la ronde qu'il avait trouvé quelque chose de stupide à faire.
Ambre lui mit une petite baffe qui n'effaça aucunement sa mimique moqueuse.
« - Déjà, ça part mal.
- Ah ? j'aurais juré que nan pourtant…
- T'es bête. Tu penses vraiment qu'on peut danser en restant aussi proche ? écarte-toi. Là, fit-elle lorsqu'il fut enfin à une distance raisonnable. Plus haut ta main, reprocha-t-elle.
- Oups pardon. »
Ambre lui lança un regard lourd de menaces qui fit ricaner le pirate.
« - Ouuuh que t'es pénible ! râla-t-elle.
- Merci du compliment. Bon. Et maintenant ? comment te fais-je virevolter ?
- Tu ne me fais pas virevolter. On va d'abord voir les pas classiques. Et veille à ne pas me marcher sur les pieds.
- Ça ne me serait jamais venu à l'esprit… » répondit Wulfran avec un sourire innocent.
Sur une dernière moue agacée de la jeune fille, la leçon de danse commença. Ambre scandait doucement le rythme et bougeait ses pieds avec grâce. Wulfran peina à suivre au début mais réussit finalement à acquérir un peu de fluidité dans ses mouvements.
Lassée de cet exercice répétitif, Ambre rompit leur étreinte avec un « assez pour aujourd'hui ». Wulfran laissa sa main sur ses hanches plus longtemps que nécessaire mais la jeune fille ne sembla pas y prêter attention.
Putain mon gars. Arrête tes bêtises. C'est pas le moment
Ça sera jamais le moment…
« - On rentre ? demanda Ambre. Je suis naze…
- Ouais. Ouais, on rentre.
- Ça va pas ? s'inquiéta la jeune fille.
- Hein ? si si très bien.
- Sûre ? fit Ambre en penchant la tête sur le côté, comme un corbeau qui aurait trouvé une charogne douteuse. Va pas me claquer entre les doigts, hein…
- Ça va ! »
Nan ça va pas ! j'me pose trop de questions. J'ai qu'une envie et elle ne correspond pas du tout avec ce que j'ai toujours fait et cru envers toi. O bordel ! J'suis pas censé tomber amoureux de toi.
J'suis sûr que mon père l'a fait exprès.
Wulfran se baissa pour ramasser leurs affaires et les rangea en vrac dans leur sac.
« - Heyyy ! protesta énergiquement Ambre, tu vas déchirer le papier ! tu sais le prix que ça coûte ?
- 'Scuse-moi.
- Sûr que ça va ? redemanda-t-elle, presque véritablement inquiète.
- Ouais. Juste des idées noires qui m'ont agressé d'un coup.
- On picole ce soir ? ça ira mieux après.
- Ça marche. »
Le soir venu, les deux pirates étaient ivres mort. Ils récupérèrent une bouteille de rhum avant la fermeture de la taverne du port où ils avaient élu domicile pour la soirée et se dirigèrent vers la plage. Les deux pirates s'effondrèrent sans grâce sur la petite langue de sable de la crique la plus proche et plantèrent la bouteille entre eux deux.
« - J'viens d'y penser, dit Ambre. Ça le fait pas trop d'arriver puant l'alcool pour notre premier jour de boulot…
- C'est pas faux. Mais je nous vois mal prendre un bain là maintenant.
- Je suis sûre que l'aubergiste serait absolument ra-vie de se réveiller pour te préparer un bain, marmonna Ambre, soudain de mauvaise humeur.
- Son mari sans doute pas, répondit Wulfran.
- Hé hé, ricana la jeune fille, imaginant la scène.
- Repasse-moi la bouteille au lieu de rire bêtement.
- Elle est à ta portée. Et j'ai la flemme de lever le bras. Trop fatigant.
- Décidément, tu sers vraiment à rien. »
Ambre leva son bras qui jusque-là était trop lourd et assena un violent coup de poing dans l'épaule de son voisin.
« - HEYY ! tu m'as fait mal, se plaignit Wulfran.
- Bien fait. »
Wulfran avala une longue gorgée et reposa la bouteille. Une idée lumineuse lui vint alors.
« - Ça te dit un bain de minuit ?
- On est en retard, vu l'heure, c'est bientôt l'aube là…
- Pas grave ! le dernier à l'eau est une chochotte !
- Hein ?? » fit Ambre, suspendant son geste, le goulot à mi-parcours entre le sol et sa bouche.
Mais trop tard, Wulfran s'était déjà levé et courait comme un dératé en zigzagant vers la mer.
« - Quel abruti… » murmura-t-elle pour elle-même lorsqu'elle le vit plonger la tête la première dans les flots écumants.
Elle but une gorgée puis reposa la bouteille et regarda la mer, attendant de le voir réapparaître. Mais rien ne vint troubler la surface de l'eau.
« - Wulfran ? » appela-t-elle une première fois.
Seul le bruit des vagues s'échouant sur le sable lui répondit.
Elle l'appela de nouveau, plus fort. Mais toujours aucune réponse. Prise de panique, elle se releva d'un bond et se précipita vers l'océan. Les pieds dans l'eau, elle appela une troisième fois. Rien.
« - Mais quel abruti de vouloir se baigner bourré ! » gémit-elle.
La jeune fille prit une profonde inspiration, balaya les environs d'un dernier regard puis se jeta à l'eau. La froideur de l'eau lui fit l'effet escompté : cela la réveilla d'un coup, de manière fort peu appréciable. Ses vêtement s'imbibèrent immédiatement et le poids supplémentaire qu'elle dut porter lui rappela désagréablement à quel point elle était fatiguée. Avec un effort, elle se mit à nager. Péniblement, les muscles engourdis et ralentis par l'alcool, elle fila vers l'endroit où Wulfran avait disparu.
Elle plongea.
Mais l'eau noire ne lui laissa rien entr'apercevoir. Au bout d'une minute, elle refit surface et appela. Seul le silence lui répondit. Elle repartit sous la surface. Une fois. Deux fois. Trois fois. Et toujours rien. Des larmes plein les yeux, elle allait céder au désespoir avant un dernier plongeon lorsque la voix de Wulfran lui parvint par-dessus les vagues.
« - Bon sang, Ambre, qu'est-ce que tu fous ?! »
Ambre se tourna vers le pirate, en battant vigoureusement des bras et des jambes pour se maintenir hors de l'eau. Wulfran la regardait nager, debout au bord de l'eau, les vêtements trempés. N'en croyant d'abord pas ses yeux, elle se mit à nager vers la plage d'abord doucement, puis de plus en plus violemment au fur et à mesure que sa colère croissait.
Wulfran vint à sa rencontre jusqu'à avoir les pieds dans l'eau. Lorsqu'elle n'eut d'eau que jusqu'à la taille, Ambre accéléra l'allure avant d'arriver à se mettre à courir. Elle se jeta sur le jeune homme avec violence et le renversa. Ils tombèrent tous les deux dans l'eau. Ambre l'aurait roué de coups si Wulfran ne lui avait pas attrapé les poignets.
Déjà épuisée, il n'eut aucun mal à la mettre sur le dos et à l'immobiliser.
« - Nan mais ça va pas ?! pourquoi est-ce que tu… mais tu pleures ?? »
Une vague vint remonter le long de la grève, mouillant le bas de son pantalon. Quant à Ambre, couchée sur le dos, la mer fut moins charitable et la mouilla sur tout le long du corps, entraînant ses cheveux en une folle farandole avec une bordure d'écume. Une larme glissa le long de sa joue et fut emportée lors du retour des eaux.
Wulfran essuya la trace d'une main mouillée, ce qui n'eut guère d'effet, si ce n'est de laisser une nouvelle traînée humide sur la joue de la pirate.
« - Qu'est-ce que t'as ? demanda-t-il d'une voix douce.
- Tu m'as fait trop peur, souffla-t-elle dans un sanglot.
- Pourquoi ça ?
- J'ai… j'ai cru que… t'avais disparu, je te voyais plus remonter…
- J'ai nagé en suivant la grève et je suis revenu à pattes, en suivant la plage… je pensais pas que tu t'inquièterais…
- T'aurais pu me prévenir, j'ai…
- Je suis désolé. Vraiment désolé…
- C'est pas grave.
- Alors pourquoi tu continues de pleurer ? » demanda-t-il en lui caressant doucement la joue.
Ambre eut un pauvre sourire et hoqueta de rire.
« - L'alcool sans doute.
- Seule excuse que t'as trouvé ?
- Broaf… c'est crédible. »
Wulfran la regarda droit dans les yeux. Il eut du mal à capter son attention : elle avait le regard fuyant, mal à l'aise.
« - Que ça ? » demanda-t-il, un petit espoir germant dans son ventre, avec pour conséquence une douloureuse contraction de son estomac.
Ambre se décida à croiser son regard, indécise. Les yeux de Wulfran exprimait une envie beaucoup trop intense pour passer inaperçue, même pour elle. Le visage du pirate descendit d'un cran vers le sien avant de s'arrêter. Le cœur d'Ambre se mit à battre la chamade, en battements complètement désordonnés. Tout allait trop vite et elle n'arrivait pas à penser. Puis soudain, son teint vira au verdâtre.
« - Ça va ? lui demanda Wulfran, subitement inquiet.
- Pousse-toi ! » l'exhorta Ambre en le poussant d'une main sur la poitrine.
Wulfran eut tout juste le temps de se relever qu'Ambre se jetait sur le côté pour vomir les litres de rhum et de bière qu'elle avait ingurgités dans la soirée.
« - Baaaah ! » se moqua-t-il en s'éloignant de quelques pas.
Ambre lui répondit par un geste obscène qui le fit rire aux éclats.
OoooOoooO
Le lendemain, le réveil à l'aube fut très douloureux. Ambre grinça des dents lorsque Wulfran la secoua pour qu'elle daigne ouvrir les yeux.
« - Aller, debout ! ou on va être en retard pour notre premier jour au boulot !
- J'arrive, j'arrive.
- Mal aux cheveux ? se moqua gentiment Wulfran en lui lançant son pantalon.
- Hein ? non, juste encore nauséeuse. J'ai pas mal au crâne. Qu'est-ce que t'as fait à mon fut' ? demanda-t-elle en désignant son pantalon d'un air soupçonneux.
- Moi rien. C'est toi qui t'es jeté à l'eau avec.
- Ah oui. Ça me rappelle vaguement quelque chose, convint Ambre.
- Tu te rappelles pas ?
- Plus trop. J'me souviens que j'ai voulu te chercher parce que je te voyais plus. Après… c'est très flou.
- Tu te souviens pas t'être jeté sur moi pour m'attaquer sauvagement ?
Ni du fait que j'ai failli craquer et t'embrasser sur la plage ?
- Vaguement… répondit-elle. Que s'est-il passé après ?
- Tu as joyeusement vomi. Et après ça, je t'ai ramenée, déshabillée et couchée. Et réveillée. Partie fort amusante d'ailleurs.
- Déshabillée ?
- T'aurais préféré que je te laisse dans tes habits trempés ? »
Ambre soupira. Que pouvait-elle répondre à cela ?
« - Aller, motive-toi, on va être en retard, dit-il en lui lançant le reste de ses affaires.
- J'arrive. »
Wulfran se mit à rire doucement en lui tournant le dos.
« - Qu'est-ce qui te fait rire ? fit Ambre, surprise.
- Que tu râlais qu'on allait sentir l'alcool. Mais je suis pas sûr que l'odeur des algues soit mieux…
- Crétin… »
Ils durent se presser un peu sur la route pour ne pas arriver trop en retard et c'est hors d'haleine qu'ils arrivèrent au domaine des Smith. Le frère de l'aubergiste les attendait devant les écuries. Il les accueillit avec un regard faussement mécontent.
« - Ah bah c'est pas trop tôt !
- Excusez-nous, fit Ambre.
- Mon frère est une marmotte quand il veut. Et en mode hibernation ce matin. Impossible de le réveiller.
- Mouais, grogna le bonhomme. Toi, Brendon c'est ça ?
- Nan c'est une blague de mon frère, répliqua Ambre. C'est William.
- Ok. William. Je te montre vite fait les écuries et après j'embarque ton frère pour du sérieux. »
Sans attendre de réponse, il fit demi-tour, longea la maison, bifurqua sur la droite dans une allée bordée de grands arbres en fleur qui menait à un bâtiment tout en longueur. Une grande porte en arche s'imposait au milieu du mur. Ils la franchirent à grands pas puis leur guide prit à gauche. Tout le long du mur du fond s'alignaient de spacieux box, la plupart occupés. Il les mena au fond du bâtiment, où était entreposé tout l'attirail pour curer les box.
« - Voilà. Tu vas pouvoir commencer. Tu cures tous les box. Ceux où y'a des chevaux, tu les sors et tu les attaches là, y'a un anneau en face de chaque box, sur le mur, là tu vois ? dit-il en soulignant ses explications par de grands gestes. Le tas de fumier se trouve derrière le bâtiment, dans un champ. Normalement, il se voit bien. Après ça, si t'as fini, tu peux brosser les chevaux. Madame Smith aime qu'ils soient nickels. Y'en a à aller chercher dans les paddocks, mais je repasserais sans doute avant pour te montrer où vous allez manger. Tout est clair ? »
Ambre hocha la tête.
« - Nettoyage des box puis des chevaux. Ok.
- Bien. T'inquiètes pas, ils sont tous gentils. A nous maintenant, » fit-il à l'attention de Wulfran.
Wulfran fit un signe de tête à son « frère » et suivit leur nouveau patron, se demandant bien quels travaux il allait bien pouvoir accomplir.
OoooOoooO
Au bout du sixième box, Ambre avait déjà les bras en compote. Et il y en avait en tout un petite vingtaine. Heureusement pour elle, les chevaux étaient habitués à être manipulés et ne bronchaient pas au passage de sa brouette et de ses maniements de fourche.
Les épaules endolories, elle décida de faire une pause. Elle alla chercha une brosse et entreprit de lisser la robe du dernier cheval qu'elle avait ennuyé à sortir de son box pour pouvoir le nettoyer. L'animal était un magnifique étalon bai, avec des crins bien fournis, un dos court, une large encolure et une belle tête. Il était un peu vif et prompte à mettre un coup de dents mais un rappel à l'ordre l'avait dissuadé de continuer et il s'était plutôt attaqué à sa longe et la mordillait et tirait dessus avec bonne humeur.
Je crois que j'ai trouvé mon chouchou…
L'étalon supporta les soins que lui prodiguait Ambre en jouant avec sa longe, avec de temps en temps un coup de sabot agacé pour éloigner les mouches qui le piquaient sous le ventre.
« - Hem ! »
La jeune fille sursauta brusquement, réveillant par la même occasion le cheval dont elle s'occupait, à moitié endormi par le massage répétitif de la brosse. Ambre se retourna d'un bond pour découvrir qui s'était raclé la gorge de telle façon. Quelle ne fut sa surprise de tomber nez à nez avec une petite femme, vêtue d'une robe d'équitation.
« - Oh ! fit-elle, ne trouvant quoi dire. Bon… bonjour madame, bégaya Ambre, se sentant parfaitement idiote, sûre d'être démasquée dans la seconde si elle devait mener une conversation.
- Qui êtes-vous ? demanda la femme d'un ton tranchant.
- Le nouveau palefrenier. Je suis arrivé ce matin.
- Ah. Eh bien allez me seller Pumpkin.
- Heuuu… excusez-moi mais je ne sais pas lequel…
- La jument alezan, là-bas, » pointa-t-elle sèchement avec sa cravache.
Le sifflement du vent créé par le brusque mouvement de la cravache réveilla complètement l'étalon qui se cabra. Sa longe se tendit et paniqué, il se mit à tirer au renard. Ambre et la dame essayèrent de le calmer mais l'animal ne voulait rien écouter. Soudain, l'anneau auquel il était attaché se détacha du mur et vint cogner contre son poitrail. Le cheval roula des yeux effrayés, se cabra une nouvelle fois avant de s'apprêter à partir au galop. Paniqué comme il l'était, il ne faisait plus attention à ce qui l'entourait et ne pensait qu'à sortir de l'écurie. Malheureusement, madame Smith se trouvait juste devant lui.
Pour éviter l'accident, stupidement, Ambre se jeta sur la longe et poussa l'animal de tout son poids contre le mur alors qu'il bondissait. Déséquilibré, il perdit une seconde avant de reprendre ses esprits et repartir, emmenant Ambre avec lui. Mais la nièce royale avait eu le temps de sauter sur le côté et évita le cheval. Elle fut tout de même percutée par un pied d'Ambre lorsque celle-ci fut enlevée par le puissant animal.
L'étalon parvint à sortir, toujours tenu par Ambre, accrochée au bout de la longe. Une fois dehors, elle réussit à le reprendre en main, en le faisant tourner autour d'elle jusqu'à ce qu'il repasse au pas. Elle le flatta pour le calmer et examina son poitrail à la recherche d'une éventuelle blessure. Lorsqu'elle se redressa, la femme s'avançait vers elle. Elle avait un air beaucoup moins pincé.
« - Il n'a rien ? visiblement inquiète.
- Non, je ne crois pas…
- C'est le cheval préféré de mon mari. S'il lui arrive quelque chose…
Traaaah la poisse !
- Il n'a rien. Il est juste encore un peu paniqué, » la rassura Ambre en caressant la large encolure de l'animal encore frémissant. Il avait toujours les naseaux dilatés et ronflait bruyamment.
« - En tout cas merci beaucoup. Il est beau mais… un peu bête. Il n'aurait pas hésité à me passer dessus si vous n'aviez été là.
- Je… de rien, fit Ambre qui ne savait pas quoi répondre, surtout à une dame de sa qualité.
- Les autres palefreniers n'aiment pas s'en occuper, poursuivit-elle en caressant le chanfrein de l'animal. Il est trop… vicieux paraît-il.
- Ah ? répondit Ambre, surprise. Il ne m'a pas semblé…
- J'avais précisé qu'on ne dise rien aux nouveaux palefreniers, pour qu'ils n'aient pas d'appréhension. Je ne veux pas qu'on le rende encore plus méfiant. Mais à chaque fois…
- Je n'ai eu le temps de croiser personne. Et puis, il n'a rien fait qui puisse me faire peur.
- Tant mieux ! Il était temps que cela cesse. Laissez-le finir de se calmer puis remettez le dans son box. Après, vous me préparerez Pumpkin.
- Bien madame, » répondit Ambre avec un petit acquiescement obéissant.
Après une dernière caresse, elle ramena le cheval dans l'écurie. Ce dernier montra quelques réticences à rentrer mais obtempéra finalement. Ambre le remit dans son box puis fila chercher les affaires pour préparer la jument.
Elle se battit quelques instants avec ses souvenirs pour se rappeler exactement comment on mettait le filet et finalement croisa les doigts en espérant que ça soit correct. Elle sortit la jument et la présenta à sa nouvelle patronne. Celle-ci la regarda d'un œil critique, resserra la sous-gorge, replaça la selle puis lui demanda de l'aide pour se mettre en selle.
Une fois correctement installée, elle rassembla ses rênes et talonna sa monture. Quelques pas plus loin, elle se retourna avec un sourire.
« - Continuez comme ça… ?
- William Madame.
- William. Quand vous aurez fini, vous irez longer l'étalon. Il faut bien qu'il y est quelqu'un qui accepte de s'en occuper de bon gré et je crois que cette tâche va vous revenir.
- Bien madame. »
Elle poussa sa monture au trot et prit l'allée qui menait à sa demeure avant de bifurquer sur la grande route et de disparaître à la vue d'Ambre.
« - Bah finalement, j'm'en suis pas trop mal sortie… » murmura Ambre pour elle-même, abasourdie.
OoooOoooO
Wulfran, quant à lui, ne perdait pas son temps non plus. Le frère de l'aubergiste l'avait mené directement au mari, l'homme qu'il était censé copier, pour une leçon d'escrime. Il s'était d'abord demandé s'il devait le laisser gagner à chaque fois mais au bout de la troisième touche, il n'y tint plus et ressortit ses bottes de pirates.
Au bout du cinquième assaut, il avait gagné le respect de son adversaire.
Suants à grosses gouttes, ils avaient cessé leur combat et avait parlé technique. Le jeune homme ne parvint pas non plus à rester dans son rôle de serviteur, ce qui agaça prodigieusement son interlocuteur, du moins au début. Vite pris dans la conversation, l'aristocrate laissa tomber sa carapace de noble pour en apprendre plus du pirate.
Puis l'homme dut retourner à la gestion de son domaine et Wulfran se vit confier de menus travaux de force.
Lorsque Ambre et Wulfran se retrouvèrent sur les coups de midi pour le repas, le pirate retroussa le nez.
« - Pouah ! tu pues le bourrin !
- Etrange, vraiment, répliqua Ambre en mimant l'étonnement.
- Alors ? comment ça s'est passé ?
- Je suis bénie.
- Comment ça ? demanda Wulfran.
- J'ai réussi à me faire remarquer, en bien précisons, par ma cible.
- Vas-y raconte ! »
Ambre lui résuma sa matinée. Sa joie fut amoindrie lorsqu'elle vit que Wulfran avait réussi encore mieux qu'elle.
« - Espérons que notre chance ne nous lâche pas… conclut Wulfran, tout content.
- Ouais, espérons. »
OoooOoooO
Les jours se succédèrent sur la même monotonie. Ambre s'occupait des chevaux, en particulier de Volcan, l'étalon du maître des lieux. Si elle avait perdu ce qu'elle avait appris dans sa jeunesse, elle retrouva bien vite ses automatismes.
Elle croisait régulièrement madame Smith et discutait courtoisement avec elle, toujours sur un ton déférent. Elle put ainsi voir quelle intonation caractéristique elle pouvait avoir, ses mimiques les plus classiques et ses expressions les plus courantes.
Plus le temps passait, plus la dame lui faisait confiance et alla même jusqu'à lui confier certains chevaux à monter. Dont toujours le fameux étalon sur lequel elle se fit de belles frayeurs. Parce que même s'il n'était pas foncièrement méchant, il avait un bon caractère de mâle dominant.
Les autres palefreniers devenaient presque jaloux des attentions qu'elle lui portait mais Ambre n'y prenait pas garde. Elle n'avait cure de ce qu'ils pouvaient penser vu qu'elle n'allait pas s'éterniser au service des Smith. Mais, elle devait bien se l'avouer, elle trouvait cette aristocrate beaucoup trop proche du palefrenier qu'elle était.
De son côté, Wulfran s'en sortait très bien et évoluait de la même manière.
A chaque fin de journée, les deux pirates gagnaient leur champ fétiche, au milieu des vaches, et revoyaient ce qu'ils avaient appris dans la journée et ce qui leur faisait le plus défaut dans leur « éducation ».
A la fin d'une journée particulièrement éprouvante où Ambre avait eu la vague impression que madame Smith lui faisait des avances, ils se retrouvèrent dans leur chambre. Ambre se laissa tomber sur leur lit, reconnu unanimement commun depuis le début de leur expédition, ni l'un ni l'autre n'ayant finalement réussi à convaincre l'autre de dormir sur le canapé défoncé.
« - Boudiou ! cette journée ne voulait pas finir !
- Courage, lui répondit Wulfran. Encore deux jours et on décolle.
- Ah ce propos, on ne sait toujours pas comment on se débarrasse des deux-là…
- En effet. Mais il faudra au moins que ça leur arrive après leur départ pour Port-Royal. Sinon, il y aura une cérémonie, un enterrement dans les règles voire une enquête pour retrouver les meurtriers, nous en l'occurrence, tout ça quoi.
- Tu as raison, acquiesça Ambre.
- Toujours. »
Ambre ne releva pas, trop fatiguée pour le reprendre sur une blague trop souvent répétée.
Wulfran s'étira en baillant. Il retira sa chemise puis son pantalon et les jeta dans un coin de la pièce avant de se glisser sous les couvertures, poussant Ambre au passage pour qu'elle lui laisse de la place.
« - On leur donne notre démission demain ? comme ça, ça nous laissera du temps pour fignoler notre départ ?
- Ouais, on peut faire ça, approuva Ambre. Je trouve la bonne femme un peu trop collante avec moi.
- Genre ! »
Ambre sourit et se tourna vers Wulfran, prêt à exploser de rire.
« - Ouais, t'as raison, même moi je ne le crois pas. Mais ça m'aurait fait rire. Quoique…
- Tu m'étonnes ! »
Ambre eut un petit rire joyeux puis se redressa. Elle attrapa la chemise avec laquelle elle dormait, posée sur le dossier d'une chaise près du lit et la posa à côté d'elle. Toujours assise sur le lit, elle se tortilla pour retirer son pantalon, puis sa chemise. Elle devait ensuite se battre avec ses bandes compressives.
« - Plus que demain et je pourrais enfin me débarrasser de ses trucs ! s'exclama-t-elle en se battant avec le nœud que Wulfran lui avait fait ce matin.
Ah aah ! j'ai fait exprès de bien le serrer !
« - Dis, tu peux m'aider ? demanda la jeune fille, les doigts coincés entre les bandes de tissus.
- Pas douée va !
- C'est toi qui a serré comme un malade ! se défendit-elle.
- Ah, ah ouais, » en convint-il aisément après avoir pris les choses en main.
Le pirate se redressa pour y voir plus clair et s'attaquer sérieusement au problème. Vu la faible lumière, il se pencha très près du nœud. L'odeur légère d'Ambre lui monta immédiatement à la tête et ses doigts tremblèrent un bref instant.
« - T'as du mal ? s'enquit-elle.
- Hein ? ouais, un peu. »
Plus que tu ne le crois, mais pas pour les mêmes raisons…
Mais j'ai p'tre un peu abusé là.
« - Si t'y arrives pas, prends un poignard. On va pas y passer la nuit.
- Mouais. »
Il se retourna et farfouilla sur le sol à tâtons, sans quitter le lit. Il parvint finalement à attraper le bas de son pantalon, où son couteau de marin était toujours attaché à sa ceinture. Il le sortit de sa gaine en cuir puis revint à Ambre.
« - Si tu me coupes, gare à toi ! le menaça-t-elle.
- Je ne m'y risquerais pas. Ça serait dommage d'abîmer une peau aussi douce…
- Plait-il ? fit-elle, pas sûre d'avoir bien entendu.
- Je plaisante. Voilà, c'est fait.
- Merci… » lui dit-elle distraitement, perplexe et un peu perdue.
Elle enfila sa chemise et entreprit de défaire son bandage par-dessous. Un peu de pudeur ne lui faisait pas de mal de temps en temps, surtout avec un Wulfran qui avait bien changé ces derniers temps. Habillée pour la nuit, elle se glissa dos à lui sous les couvertures.
Elle frissonna et se roula en boule.
« - T'as froid ?
- Un peu, mais ça va aller mieux d'ici cinq minutes, t'inquiètes. »
Wulfran ne prêta pas attention à ses paroles et se retourna vers elle. Il passa un bras par-dessus sa taille et se cala contre elle.
« - Mieux ? demanda-t-il d'une voix endormie.
- Ou… ouais.
- Cool. Bonne nuit, souffla-t-il avant de s'enfoncer dans son oreiller, la tête dans ses cheveux blancs.
- 'nuit… » répondit-elle d'une voix faible, un brin en panique.
Ambre resta tendue quelques instants. Tout contre elle, plaqué contre son dos, Wulfran sombrait dans le sommeil. Sa respiration se faisait lourde et il n'avait pas l'air de vouloir lui faire une blague. Avait-il juste eu une pulsion de gentillesse, comme le faisaient les jumeaux avec elle ? ou bien était-il… attiré ? relativement invraisemblable.
Elle soupira et haussa mentalement les épaules. Elle était trop fatiguée pour se poser des questions, et surtout, elle ne voulait pas se les poser. C'était déjà trop compliqué avec leur mission, elle n'allait pas en rajouter. Il serait toujours temps de remettre les pendules à l'heure plus tard, quand tout serait fini.
Elle se détendit, réarrangea son oreiller et chercha le sommeil.
De son côté, Wulfran jubilait tout en faisant semblant de sombrer dans les bras de Morphée.
Elle m'a pas frappé ! miracle !
OoooOoooO
Ouais, je sais, je suis allée un peu vite avec cette partie. Mais ce que j'avais imaginé il y a longtemps n'était en fait pas faisable avec ce que j'ai écrit avant donc il a fallu trouver autre chose (ce qui peut expliquer certaines choses quant au temps de publication…). Comme ce qui vient après va être beaucoup plus drôle, j'avoue, j'ai un peu fait pour que tout aille pour le mieux dans le meilleur des mondes et que ça aille vite. Mais au moins me suis-je rattraper sur l'histoire Ambre/Wulfran ^^.
Dites-moi quand même ce que vous en avez pensé, ça me fait toujours plaisir, vous le savez.
Sur ce, il faut que j'aille réviser (c'est les vacances, mais pas pour tout le monde… °sic°)
Bazouilles
Archange
