Lorsque Fumi se réveilla, elle espéra qu'elle serait chez elle, dans son lit, et que ce serait les cloches de Hells Bells qui la ferait quitter son sommeil. Bien sur, ces espérances étaient veines. Elle se réveilla dans la forêt, par terre, et ce fut Hidan qui la fit quitter son sommeil en la secouant par l'épaule. Elle se redressa lourdement sans prononcer un mot, se contentant de grogner légèrement.
Le matin n'avait jamais été son moment préféré de la journée, et pour qu'elle se réveille d'humeur à aborder une journée difficile, il fallait qu'elle prenne une douche. Hors, elle douta qu'une salle de bain apparaisse miraculeusement au milieu de ses bois sombres et surement mal fréquentés. En dernier recours, quand elle se réveillait trop tard pour éclaircir son esprit avec de l'eau, elle se bourrait de caféine tous le long de la journée. En ces lieux hostiles, si elle voyait une machine a café, alors elle serait tout bonnement devenu folle.
Elle se passa lentement la main sur le visage, vain espoir d'y voir plus clair, puis, poussant un soupire résigné, se donna une claque monumental sur la joue, y laissant une grosse marque rouge vif et une douleur cuisante. Hidan et Kakuzu la regardèrent avec des yeux ronds et le premier s'exclama :

Mais t'es taré ? Pourquoi t'a fait ça ?!

_ Pour me réveiller, grogna Fumi.

_ Elle est tarée ! s'exclama Hidan, visiblement outré.

_ Et fière de l'être ...

_ Si vous avez finis on pourrait peut-être y aller ! On est presque arrivé, et si on marche vite on y sera ce soir ! déclara Kakuzu.


_ Laisse lui au moins le temps de bouffer
, s'exaspéra son coéquipier

_ Non merci, l'interrompis la concerné, je ne mange pas le matin.

Cela mis fin a la discussion, et quelques minutes plus tard ils reprirent la route une allure plutôt rapide. Cette fois si, le silence était de mise. Ils firent une légère pause a midi et repartirent après avoir rapidement grignoté un bout.
Fumi profita de ce silence pour réfléchir au matin dernier.

Je suis certaine de l'avoir vue... Sur le moment ça m'a paru impossible mais je commence a avoir des doutes... Non, il ne faut pas que j'y pense. Sinon, si je me fais tuer, je vais avoir des regrets, et ce serait stupide. Ne rêve pas ma vieille. Elle a disparu depuis six ans, et si elle n'est pas morte, elle n'a pas eu le moindre remords à me laisser sans nouvelles. Décidément il faut que je face une croix sur elle et tous ce qui la concerne.

Alors, elle se concentra sur le paysage. Mais comme on ne peut pas dire que des arbres se ressemblant tous comme deux gouttes d'eaux soit très intéressant à contempler, elle finit par se concentrer sur ce qui se trouvait devant elle. C'est à dire sur le dos du type aux cheveux argentés. Son regard failli glisser ailleurs mais elle se gifla mentalement et se re-concentra sur les motifs de sa cape.
Et alors, elle se rendit compte que c'été exactement la même que celle de son hallucination. Alors, elle ne pus s'empêcher de demander :

Est-ce que, par le plus grand des hasards, vous n'auriez pas une blonde aux yeux bleus dans vos connaissance ?

_ Si, comment tu le sais ? demanda Kakuzu d'une voix méfiante.

_ ... Je sais pas, c'est juste que je connaissais une fille blonde aux yeux bleus qui a soudainement disparu y'a quelque année. Je me demandais si elle n'aurait pas atterris ici.

_ Tu demanderas a Pein, moi je ne suis pas au courant de ce genre de chose, répliqua-t-il.

_ On arrive bientôt ? C'est chiant de marcher... râla Hidan.

_ Encore une heure ou deux, et si tu redemande je t'arrache la tête !

Fumi les entendit à peine recommencer leur dispute. Elle se remit à penser a elle.

Alors depuis tous ce temps elle serait ici ? Arrête de rêver, tu ne la reverras pas, je te rappel que tu vas certainement crever dans une heure ou deux, peux être avant, alors pas la peine de se faire de faux espoirs.

Soudain, Hidan sembla sentir le regard de Fumi sur son dos et ricana avec un sourire ironique :

Je sais que je suis bien foutu, mais c'est pas la peine de me fixer comme ça !

_ Et je regarde quoi d'autre alors ? Les petits oiseaux sur les arbres, peut être? Je regarde devant moi, et t'es sur la trajectoire de mon regard alors ce n'est pas de ma faute ! s'exclama Fumi, agacé et soulagé a la fois d'avoir été détourné de ses pensées.

_ Mais oui c'est ça, avoues que t'es folle de mon corps !

Fumi le regarda de haut en bas, et lança avec un sourire peut convaincue :

_ Ouai ... j'ai vue mieux.

Hidan sembla abasourdi qu'elle réponde ainsi, puis se retourna ave un grognement inaudible qui ressemblait fort a un : Mieux foutu que moi, c'est ça ouai ....
Fumi eu un sourire satisfait.

Avec ça je suis tranquille pour un moment je pense ...

Elle se mit alors à regarder a travers les feuillages, en direction du ciel, et se pris les pieds dans une racine. C'est ce moment là que Hidan choisi pour ce retourné, et du coup, il se retrouva avec une Fumi rouge comme une tomate dans les bras. Il ne lui fallu pas longtemps pour se ressaisir et dit d'une voix mielleuse :

Bin alors ? Je croyais que j'étais pas assez bien foutu pour toi ?

_ J'ai jamais dit pas assez bien foutu pour moi, j'ai juste dit que j'avais vu mieux, et en plus c'est pas volontaire, j'ai trébuché sur une racine !

_ Mais bien sur, et comment t'a pus trébucher sur une racine inratable ?

_ Par que je regardais vers le ciel pour éviter toutes autres réflexions vaseuse.

_ Si c'est pour trébucher regarde plutôt tes pieds, non pas que ça me dérange moi ...

_ Ouai compris, maintenant si tu veux bien me lâcher ?

_ Bon vous grouillez au lieu de draguer ! s'écria Kakuzu.

_ Tss, souffla Fumi, c'est a lui qui faut dire ça, pas a moi !

Hidan la lâcha et ils reprirent la route. Cette fois si, Fumi fixait le sol. Une heure et quelques minutes plus tard, Kakuzu s'arrêta, suivis de Hidan, et bien sur, Fumi, qui fixait sec pieds, se le prit de plein fouet et tomba par terre.

Vous ne pouvez pas prévenir quand vous vous arrêtez ?! s'écria-t-elle.

_ Et tu regardais ou cette fois ? demanda ironiquement Hidan.

_ Par terre, pour plus trébucher !

_ Fermez la vous deux. On est arrivé !

Hidan attrapa Fumi par le bras pour l'aider a ce redressait tandis que cette dernière pestait contre les idiots, les forets, les racines et de nouveau contre les abrutis, sous l'œil hilare d'un Hidan mort de rire.
Puis, de nouveau rappelé a l'ordre par Kakuzu, il entra dans la grotte sombre et suintante que son coéquipier venait de déverrouiller. Fumi les suivis en se frottant les fesses, endoloris par sa chute.
Ils marchèrent ensuite dans un dédale de couloirs sombres et semblables les uns aux autres. Et soudain, ils se retrouvèrent dans ce qui ressemblait à une grande salle de réunion. Dans cette salle se trouvait un homme roux et un type portant un drôle de masque. Quand ils entrèrent, les deux inconnus se tournèrent vers eux et Fumi put voir que l'homme roux possédait une ribambelle de piercing sur le visage. Et qu'il n'était apparemment pas content de la voir.

Qu'est ce que c'est que ça ?! Gronda-t-il.

Je ne suis pas un objet du con ! Mais si je te le dis clairement tu ne vas pas apprécier.

C'est un caprice d'Hidan, déclara Kakuzu, solidaire. Mais son histoire vous intéressera peut-être.

_ J'en doute mais raconte toujours, répondit le roux.

_ Bah, pas la peine, ça passe de banalité en banalité avec quelque moment pitoyable, répliqua la jeune fille.

_ Ne me parle pas comme ça, dit posément le roux, ça pourrait te couter très cher.

_ Je précise que je suis a casé dans la catégorie des suicidaire, donc si y'a quelqu'un qui veut abréger mes souffrances je suis partante ! claironna Fumi.

A ce moment là, une lueur meurtrière passa dans le regard du piercingué, et il envoya une bardé de couteau sur la jeune insolente. Elle fixa les armes qui fonçaient vers elle ave un air soulagé, et n'esquissa pas un geste pour les éviter. Elle ferma les yeux, et attendit le coup, et par la même occasion, sa libération.

La sérénité ne peut être atteinte que par un esprit désespéré.
Cendrars