Titre du chapitre : L'affaire des baisers / L'affaire de l'école Xavier-Lensherr.

La situation chapitre : Les mutants et Moira viennent juste de rentrer de Cuba.

Commentaire de l'auteur : Ce premier chapitre ne va pas plaire à grand monde car il est très, très hétérosexuel. J'en suis désolée, mais il faut que je développe au fur et à mesure... Point positif : un personnage de sexe féminin s'en va dans ce chapitre. En espérant que vous aimez toujours un peu.


La troupe atterrit dans un écran de fumée pourpre. Charles avait le visage émerveillé par les dernières paroles de son ami. Il le chercha pour l'enlacer, mais en se tournant, il se retrouva nez à nez avec Moira. Celle-ci le prit dans ses bras vigoureusement, le serrant contre sa poitrine. Elle lui sourit en se décalant un peu, accrochant son regard.

« Tu as réussi Charles !

- Non, on a réussi, corrigea le brun en souriant.

- On forme vraiment une belle équipe.

- N'est-ce pas? »

Il se regardèrent encore quelques instants, dans une ambiance dégagée, les deux abordant un sourire éclatant. Ils n'auraient pas pu espérer plus belle fin. Une voix les extirpa de leur moment de quiétude :

« Eh les amoureux, vous attendez quoi? »

Le jardin était en effet désert, les mutants s'engageaient déjà dans le manoir. Erik s'était évaporé. Le binôme s'avança vers la cuisine, où tout le monde les attendait. Déjà Hank et Alex menaçaient de se battre. Charles les en empêcha, affirmant que tout le monde avait sommeil, qu'ils allaient manger avant d'aller se coucher. Il entendit un grognement venant d'Azazel, qui s'était décidé de rester avec Angel et Riptide.

« J'ai faim ! Raven, tu nous prépares à manger? S'exclama Alex en se tournant vers la jeune femme bleue. »

Cette dernière ne répondit pas, plongée dans une réflexion intense. Charles s'aperçut vite qu'il ne fallait pas la déranger.

« Je vais faire des pâtes, allez vous changer entre temps.

- Je vais demander à Erik s'il a faim, finit par dire Raven en s'éclipsant. »

Bien sur, Charles savait très bien qu'ils n'allaient pas parler gastronomie. Cependant, un autre problème persistait. Que faire d'Azazel, Angel et Riptide? Il se tourna vers eux, ils s'étaient réunis et regardaient Charles obstinément.

« Que comptez vous faire? Demanda-t-il au diable rouge.

- On pensait que Magneto viendrait, expliqua la stripteaseuse. »

Évidemment. Xavier était pris entre deux feux. Il fallait leur dire la vérité. Leur proposer de rester jusqu'au moment où Erik saurait qui il voulait trahir. Ça paraissait logique. Rester l'honnête Charles. Cependant, Magneto pourrait vraiment partir. Et, outre le risque pesant sur la population si un mutant aussi puissant et fougueux que lui décidait de faire le guerre aux humains, il se refusait à le voir partir. Par pur égoïsme. Une voix féminine s'immisça dans sa tête.

« Charles, je les arrête et les emmène à la C.I.A.

- C'est hors de question Moira. Déjà, les humains sont loin d'arriver à garder en cage des personnes aussi puissantes. Tu t'imagines vraiment enfermer Azazel? Et puis, tant qu'ils sont sous mon toit, et qu'ils sont mutants, ils restent tous sous pas protection.

- Charles...

- Cette décision est sans appel. »

« Vous pouvez rester ici jusqu'à ce qu'il se décide. Il y a suffisamment de chambre.

- Merci, merci professeur, s'exclama Angel. »

Charles lui fit un signe de tête évasif, trop obnubilé par son inquiétude pour Raven, la perte potentielle d'Erik, et son envie d'enlever cet abominable accoutrement jaune de combat pour répondre.

A peine Azazel les eut-il téléporté loin de Cuba, que Erik s'éloignait déjà du groupe. Il fut rattrapé par Raven, qu'il félicita rapidement en lui ébouriffant les cheveux. Cette enfant était juste adorable. Mais il ne songeait pas à elle à ce moment précis. Il se sentait honteux. Indigne de lui même. Il s'était menti, et avait refoulé ses principes, comme un lâche. Il monta dans sa chambre, où il enleva rapidement sa tenue, pour adopter un survêtement gris. S'allongeant sur son lit, il poursuivit ses réflexions.

Certes, un partie de lui se réjouissait : il allait rester avec Charles, si celui-ci concédait à le laisser rester ici malgré le meurtre de Shaw et s'éloignait quelques instants de son agent de la C.I.A. En contrepartie, il y avait Azazel, Angel et Riptide, qui semblaient compter sur lui pour suivre la lancée de Schmitt, avec qui il était en parfait accord sur la plupart des points. Ses idées tortueuses furent coupées par sa déesse bleue, habillée d'un t-shirt blanc et d'un short. Elle s'avança vers lui, un air de réprimande figé sur le visage.

« Pourquoi Erik? Après ce que tu m'as dit ! Tu m'as soutenue que nous étions l'avenir. Que ces méprisables humains ne nous valaient pas. Alors pourquoi n'as-tu pas montrer notre supériorité à ces inconscients? »

" Pour ton frère " avait-il failli répondre avant de reconsidérer cette phrase, qui comprenait à son goût trop d'ambiguïté.

« Tu as parfaitement raison Raven, tout ce que je fais est en contradiction avec mes dires, soupira-t-il en se relevant légèrement pour contempler la jeune femme. Tu dois être déçue?

- Je te fais confiance. Tu as dû, d'une manière ou d'une autre, faire le choix qui te convenait le plus, supposa-t-elle en s'asseyant à ses côtés. »

Le contrôleur de métal sourit en se soulevant un peu plus. Il observa quelques instants ses lèvres avant de les capturer. Il avait grandement besoin de réconfort et d'un contact avec le réel.

Ils s'éloignèrent un peu dans un sourire complice. Celui-ci se fana cependant simultanément à la joie de la bleue. Elle détourna le regard, le plongeant vers le matelas. Il lui saisit doucement le menton, relevant son visage, pour croiser ses yeux mouillés. Elle se déroba se calant alors contre son torse, et il entreprit de lui caresser les cheveux.

« Eh, qu'est-ce qui t'arrive?

- J'ai cru qu'on allait mourir. J'ai cru que j'allais perdre Charles, Alex, Sean, Hank ! Que Shaw allait te tuer... Vous êtes tellement importants pour moi, s'il vous arrivait quelques chose...

- Ne t'inquiètes pas. Tant qu'il est avec moi, Charles ne craindra rien. Et tant que les autres sont sous sa protection, il les protégera.

- Pourquoi ne pas avoir montrer au monde notre vraie force? Pourquoi ne pas les avoir tuer? Tu le voulais. C'était ton but.

- Parce que ton frère est plus important que moi à mes yeux. »

Raven s'échappa de l'étreinte et observa son ami.

« Alors vous... »

Il rata une inspiration et dut tousser faussement pour cacher sa gêne. Bon Dieu, les jeunes avaient des idées étranges. Parce que lui aimant Charles de cette manière, c'était impossible, n'est-ce pas? Il eut un petit rire gêné et répondit qu'elle avait l'imagination active. La polymorphe revint contre lui, tremblant encore un peu, se repassant les scènes de la plage.

« Ne t'inquiète pas, nous sommes beaucoup plus nombreux qu'ils n'osent le croire. Ici, tu es en sécurité. Tant que tu es avec moi, tu le seras toujours, promit-il en embrassant son front.

- Tu vas rester ici? Demanda Raven après un silence.

- Je ne sais pas. Peut être que je vais rejoindre les autres. Peut être que je vais rester. Peut être que ton frère ne voudra pas que je reste.

- Pourquoi? S'exclama la mutante. Charles et toi vous entendez plutôt bien non? Ou alors peut être que c'est la face visible de l'iceberg, et qu'en fait, depuis le début, vous vous détestez considérablement !

- Pour ma part, je ne le hais pas du tout. Par contre, depuis qu'il a subit en direct le meurtre de Shaw, il est fortement possible que lui me haïsse.

- Mais tu es revenu vers lui après !

- On ne sait jamais quand il est trop tard pour faire marche arrière.

- Quoi que tu fasses, je ne te laisserais pas disparaître sans moi. »

La perspective que Charles ne veuille plus de lui dans sa maison n'enchantait guère le juif. Il avait besoin de lui, de son affection, de sa couronne de bienveillance qui faisait de lui un homme meilleur. Bien que d'une certaine façon, ça lui éviterait d'avoir à choisir entre l'école et la lutte. Savoir que Raven ne l'abandonnera pas, peu importe son choix, lui mit du baume au cœur. Elle avait un peu de Charles en elle.

Elle releva la tête et posa un baiser sur sa bouche. Sans même chercher à aller plus loin. Juste un geste tendre, qui n'avait pour but que de réconforter un être cher.

Seulement ça, le télépathe qui venait d'ouvrir la porte et qui voyait ce tableau ne le savait pas. Quand il l'aperçut, Erik recula se leva directement, laissant Raven, compréhensive, sur son lit. Les deux hommes se fixèrent un moment, sans savoir quoi dire. Finalement, Charles bégaya :

« Je... suis enfin les pâtes... Vous mangez...?

- Oui, annonça Raven.

- Oui...

- Bon bien je vous appelle quand elles sont prêtes, informa Charles en reprenant un peu de constance. Après j'aurais des choses à te dire, en privé, ajouta-t-il à l'attention du manipulateur de métal.

- Ne te dérange pas Charles, je m'en allais, sursauta Raven en les laissant seuls. Je m'occupe des pâtes. »

Erik appréhendait ce moment. Il avait peur de lever les yeux vers son ami, de croiser son regard désapprobateur, sa pitié, son mépris, sa… Haine. Qui savait ce que ressentait le télépathe à ce moment? Surement de l'austérité. Du dégout. La joie de Charles quant-à la décision de rester de son ami se terrait sous la colère. L'image de Raven dans ses bras avait ravivé le souvenir plus que récent de cette pièce s'enfonçant dans son crâne.

« Azazel, Angel et Riptide sont en bas. Ils t'attendent.

- Ah…

- Tu ne vas pas les rejoindre ? Une pointe de sarcasme épiça son ton grave.

- Je…

- Tu devrais pourtant. Te venger des humains, les mutants au dessus de tout, c'est ce qu'il y a de plus important pour toi non ? »

Charles vit une chaise se secouer, léviter un instant avant de se rabattre sur le sol dans un éclat métallique. Il observa Erik, un peu inquiet de savoir si ce dernier pouvait le blesser. Plus il le détaillait, plus il s'avouait qu'il ne voulait pas que son ami parte. Il n'y survivrait pas. Il devait lui faire comprendre qu'il ne voulait absolument pas le quitter. Mais en même temps, après ce qu'il venait de voir, sa sœur enlacée dans ses bras, il se demandait si le garder ici était une bonne idée. Mais il restait un homme honnête envers lui-même, il ne se sentait pas capable de lui interdire de rester. Ou de le voir partir. Son esprit était vraiment confus, et ça ne lui plaisait pas.

En entendant la dernière phrase de Charles, les nerfs d'Erik avaient fait un bond, et il s'obligea à se calmer. Il prit une inspiration puissante, s'élançant dans la conversation :

« Ce qui m'importe le plus, ce n'est surement pas ça.

- Vraiment ? Tu me l'as tellement bien montré qu'une pièce s'est enfoncée dans mon crâne, insinua Charles d'un ton sarcastique.

- C'est toi qui... »

Erik s'approcha de Charles et saisit son avant bras, montant enfin les yeux dans les siens. Se rendant comte qu'il s'apprêtait à lui dire quelque chose de particulièrement gênant, il se tut. Ce n'était cependant pas au goût du télépathe.

« C'est moi qui? C'est de ma faute c'est ça?

- Ce n'est pas ce que j'allais dire.

- Pour l'instant Erik, tu es toujours sur la liste potentiel de mes professeurs. Pour l'instant, j'ai besoin de toi.

- Alors je pourrais rester? »

Charles se mordit la lèvre et s'intéressa soudainement au sol.

« Bien sur. Je n'ai pas spécialement envie que tu partes. »

Le télépathe soupira, retira son bras de celui de son ami, et fit quelques pas.

« Bon sang, c'est tellement flagrant que nos idées vont nous éloigner. Et en plus on y est tout les deux accrochés. Je suis sensé être celui qui contrôle les esprits, alors pourquoi n'ai-je aucun contrôle? »

Il s'assit lourdement sur le lit, soutenant son front de ses paumes. Tout lui retombait dessus. Et il portait encore cette tenue moulante. Tout lui passait entre les doigts, sans qu'il ne puisse l'attraper : la vie de Shaw, celle des humains, celle d'Erik.

« J'en ai assez. J'en ai marre bordel ! Je me sens tellement mal ! Et cette pièce qui vient encore et toujours dans ma tête ! »

Il hurlait ces mots devant Erik qui étudiait son comportement, mortifié. Il s'approcha et s'assit à côté de lui, passant sa main dans le dos de son ami. Celui-ci tremblait de rage et de peur. Le contrôleur de métal savait très bien par quoi il passait.

« Ça fait toujours ça la première fois qu'on voit un homme mourir. Mais ce n'est pas ta faute Charles. La seule chose qui te rend coupable, c'est de m'avoir empêché de tuer les autres.

- Je n'ai jamais fait ça.

- Bien sur que si. Je n'ai pas choisi entre le bien et le mal avant. J'ai choisi entre toi et mon passé.

- Pourquoi m'avoir choisi?

- Parce que tu ne m'as jamais laissé tomber. »

Charles eut un vague sourire, ressemblant étrangement à celui de Raven selon Erik. Ce dernier passa son bras sur ses épaules, lui soufflant à l'oreille :

« Calme toi. Il ne va rien arriver à qui que ce soit. Je vous protègerais tous. Tu devrais te changer. Shaw ne reviendra plus, et si Moira se tait, personne ne trouvera jamais cet endroit, tu n'as rien à faire.

- J'ai lu dans ton esprit et dans celui de Moira toutes les horreurs que vous avez déjà vécu. Je pensais m'y être habitué, mais je suis faible. Et maintenant, j'ai peur de faire face aux adolescents et aux autres, et de ne pas pouvoir les rassurer. Je suis faible et ridicule.

- Ils ne sont plus des enfants, ils comprendront, chacun à ses failles. Entre voir et vivre, il y a un monde. »

Erik réfléchit quelques instants à comment calmer le télépathe, jusqu'à enfin trouver une solution.

« Charles, entre dans mon esprit. Ne pense à rien, ne cherche rien, viens juste. »

Charles hocha la tête, et posa délicatement ses doigts sur sa tempe, symbolisant son intrusion. Le polonais ferma les yeux, laissant apparaître des souvenirs. Leur rencontre dans l'eau. Une partie d'échec ensemble. La première tentative de vol par la fenêtre de Sean. Le sourire de Raven. La scène mythique avec Logan. Une image de Sean, Alex, Raven, Hank, Darwin, Angel, Moira et eux, autour d'une table, pris dans un fou rire. Le duo, front contre front, se promettant de ne jamais se trahir.

Après une dizaine de minutes dans cette boucle paisible, Charles éloigna sa main de son visage, les joues humides et dévisagea Erik. Ce dernier passa sa main sur le visage de son ami, séchant les coulées salées.

« Ce ne sont pas des souvenirs tristes. Souris. »

L'américain obéit, émerveillé par les capacités du manipulateur de métal à calmer les esprits, alors que le sien était d'habitude tellement pollué.

« Tu ferais vraiment un excellent pédagogue. »

Erik soupira et se redressa tendant sa main vers le lit.

« Vas te changer. Les pâtes vont bientôt être cuites. »

Sans un mot Charles saisit la main, posa sa tête sur l'épaule de son ami, y déposant une bise légère avant de s'exécuter.

Quand il redescendit dans la cuisine, tous étaient attablés et mangeaient avec envie. Il les admira de loin, collé contre un mur. Raven vint se glisser dans ses bras, il embrassa ses cheveux délicatement.

« Tu as été incroyable Charles.

- Nous l'avons tous été. Et nous le sommes toujours. Regarde-les, regarde nous. Nous sommes incroyables.

- Que va-t-on faire maintenant?

- Aider les notre. Mais à ma façon. Je vais faire une école de ce bâtiment. Tu.. Tu es libre de faire ce que bon te semble Raven. Je ne t'empêcherais pas de partir si tu le désires. Après tout, tu le suivras n'est-ce pas? »

Il désigna Erik du menton, alors que Mystique caressait sa joue.

« Ce n'est pas contre toi Charles. Tu as toujours été le plus important pour moi. Mais lui, il me comprend mieux que tu ne pourras jamais le faire... Et puis, il va peut être rester. »

Le télépathe se mordit la lèvre en lâchant la jeune femme.

« Allons manger. »

Le repas se déroula sans incident, et peu à peu, la table se vida. Raven montrait aux trois étrangers des chambres, les autres allaient se reposer. Au final, il ne resta plus que Charles et Erik. Ce dernier prit la parole, faisant léviter en même temps un couteau.

« Il n'est pas envisageable de faire une école avec seulement un directeur et un professeur incertain de ses décisions.

- Je pensais faire tout d'abord une pension, le temps de trouver des volontaires pour donner des leçons.

- Je ne suis pas quelqu'un de fiable Charles.

- Tu m'as montré le contraire. J'ai confiance en toi Erik. Même après ce que tu as fait.

- J'aimerais … Ne pas être loin de toi. Et aider nos frères.

- Alors reste. »

Erik lui sourit en acquiesçant, si bien que Charles se retint de sauter de joie. Dans un sourire, il ajouta :

« La pension future école n'aurait pas un directeur et un professeur, mais deux codirecteurs-professeurs. Ce bâtiment... Va devenir l'école Xavier Lensherr. »

Le polonais arqua un sourcil tant le nom lui paraissait bizarre.

« Comment allons nous faire pour ne pas attirer l'attention? Les humains n'aimeraient pas apprendre qu'une école entraine les mutants à devenir plus forts.

- J'y ai pensé. Officiellement, on en fait une école pour surdoués choisis par nos soins.

- Nous avons un autre problème. L'école doit rester un secret, jusqu'à son emplacement pour les humains qui connaisse notre nature.

- Aucun d'entre nous n'ira leur dire.

- Aucun mutant en tout cas. »

Charles dévisagea son ami, comme s'il cherchait des explications sur sa tête. Après un moment de silence, il comprit.

« Elle ne le dira pas. Moira n'est pas ce genre de personne. Elle ne mettrait pas nos vies en péril.

- Elle obéit aux ordres de ses supérieurs Charles. Je sais que tu es attaché à elle, mais le mieux pour nous tous serait qu'elle nous oublie.

- Tu te rends compte de ce que tu me demandes? Elle nous a fait confiance, nous a aidé, elle ne nous a pas jugé sur ce que l'on est !

- Parce qu'il y a matière à nous juger pour ce que l'on est ?

- Ce n'est pas ce que j'ai dit. »

Ils reprenaient le seul sujet dont il ne fallait pas parler. Erik soupira et décida de changer de stratégie.

« Si elle ne leur dit pas où nous nous trouvons, elle aura de sérieux ennuis avec ses supérieurs. Je sais que tu tiens à elle, que vous êtes très... proches, donc tu ne veux pas mettre sa carrière en danger n'est-ce pas? »

Le télépathe dut se rendre à l'évidence. Lui laisser sa mémoire était aussi dangereux pour eux que pour elle. Il n'avait vraiment pas de chance.

« Je vais aller lui expliquer alors.

- Je suis désolé.

- On est codirecteur. Il faut admettre quand l'un a raison. Dans ce cas, je dois admettre que tu as raison. »

Il quitta la salle pour se diriger dans la chambre prêter à Moira. Il y toqua vaguement avant d'entrer quand la permission lui fut donner.

« Charles? »

L'agent de la CIA, assise sur son lit, lisait un ouvrage sur l'antiquité. Son corps se moulait dans une robe de nuit rose pâle, d'une légèreté aérienne. Tandis qu'elle lui souriait, ses yeux admiraient le télépathe. Ce dernier la trouva incroyablement belle à cette instant. D'une beauté féerique, qui n'avait plus rien d'humaine. Il marmonna en allant s'asseoir à côté d'elle.

« Finalement, tu es peut être aussi une mutante.

- Tu disais?

- Que tu es trop jolie pour être normale. Tu dois avoir une mutation cachée qui m'attire incessamment vers toi. Ou alors tu es la réincarnation d'Aphrodite. »

Moira ne savait pas si c'était les belles paroles ou la proximité, mais Charles lui paraissait encore plus attirant qu'à son habitude. Elle passa sa main sur son visage tandis qu'il fermait les yeux pour profiter du contact. Ils semblaient se rapprocher de plus en plus. Quand un des doigts de la femme se perdit sur les lèvres de Charles, ce dernier sentit sa respiration devenir plus profonde et plus chaude. Il ouvrit à nouveau les yeux pour la contempler, saisit délicatement sa main pour l'éloigner, laissant le champ libre à sa bouche, qui vint se poser sur la sienne.

Au fur et à mesure que leur baiser s'enhardissait, leurs gestes et leurs gémissements s'amplifiaient eux aussi, tant et si bien que quand Erik passa devant la chambre, il ouït Moira murmurer le prénom de son amant d'une voix gorgée d'envie. Le contrôleur de métal se figea en refoulant un pincement de cœur.

Il sentit un frisson parcourir son corps. Il espérait qu'un courant d'air avait provoqué le frémissement, mais au fond de lui, il le savait. Son corps avait réagi à une plainte voluptueuse de son ami.

Quand Moira se réveilla dans les locaux de la CIA, son esprit était embrouillé. Elle se souvenait vaguement d'avoir passer un moment formidable la veille. Elle ne saura jamais quoi.

Quand à Charles? Sa perte ne l'affecta pas autant qu'il le croyait. Peut être parce qu'il passait tout son temps à s'occuper de l'école avec Erik?


Un peu frustrant comme chapitre.

Je vous remercie d'avoir prit le temps de lire.

Merci à tous ceux et celles – majoritairement des filles – qui m'ont commenté, avec des mots chaleureux et tellement encourageant ! J'ai peur de vous décevoir maintenant, mais c'est encore plus motivant.

Sinon, merci encore à ceux qui me donne la force de publier, parce que lire vos commentaires après, c'est magique.