Titre du chapitre : L'affaire de la chaise.
Situation : quelques semaines après le chapitre précédant.
Note de l'auteur : Je remercie toujours encore les gens de lire. C'est magique.
« On va devoir te confier la pension demain, si ça ne te dérange pas trop.
- Il suffit de vérifier que tout le monde mange, dorme, aille en cours et n'utilise pas leur pouvoir abusivement.
- Mais où allez vous? D'habitude quand vous chercher un mutant, une seul après midi vous suffit. »
Hank, un air interrogatif gravé sur le visage faisait face aux deux directeurs.
« Un mutant d'une petite dizaine d'année a été rejeté par sa mère, résultat il a détruit son appartement et presque tout l'immeuble en faisant des blessés. Après ça, les gens l'ont traité de monstre, on a peur qu'il tourne mal. Il s'est réfugié dans une mine d'argent à l'autre bout du pays.
- Très bien... Je me chargerais des élèves alors.
- On emmène Raven au fait, ajouta Erik. »
Cela lui valut un froncement de sourcil de son codirecteur. Ce mutant, Lance Averell, semblait être un danger potentiel, pas le genre d'homme qu'on présente à sa sœur.
« C'est un enfant Charles, il sera plus apte à écouter un autre enfant. Ou quelqu'un qui en aurait l'apparence. On la protégera.
- Je n'aime pas la mettre en danger.
- C'est une mine d'argent, je devrais supporter que la moitié me tombe dessus sans égratignure !
- La moitié seulement. Mais je te fais confiance. Je ne veux pas qu'il lui arrive quoi que ce soit. »
Le matin même, le trio démarra sa quête, prenant tout d'abord le jet de Charles. S'ils avaient besoin d'une journée pour le trouver, c'est que la mine dans laquelle il s'était réfugié se trouvait en montagne, inaccessible pour le moyen de transport. Une longue journée de marche les attendait.
Elle se passa plutôt bien : Raven supporta les discours sur de nouvelles installations et chambres, sur le prix des draps ou du popcorn, les codirecteurs l'aidèrent à choisir une forme d'enfant blond, bien bâtit, surnommé Steve pour l'occasion, et finalement les trois parlèrent des nouvelles mutations extraordinaires rencontrées pendant les quelques semaines dernieres.
Ces moments paisibles firent chaud au cœur à la jeune femme. Ces amis les plus chers autour d'elle, la nature qui leur ouvrait ses bras, l'ambiance décontractée qui les liait. La sérénité de la forêt qu'ils traversaient, les caresses affectueuses des branchages, l'odeur délicieuse de sève, les sifflements des oiseaux semblaient les accueillaient princièrement. Ici, aucun humain ne les jugeait. Elle pouvait simplement se balader hors de la pension, dans sa forme originel, et cela lui procurait une intense sensation de liberté.
« J'espère qu'un jour je pourrais faire les boutiques comme ça !
- En bleue? Sourit Charles.
- Le jour où ce sera le cas, on pourra dire que nous serons acceptés. L'humanité aura fait un pas de géant. Je te tiendrais les cintres pendant que tu essayeras.
- Ne t'avance pas trop mon ami, quand Raven fait les boutiques, le mieux que tu puisses faire c'est t'éloigner le plus possible. »
Elle lui lança un regard faussement accusateur en rigolant, avant de s'immiscer entre les deux hommes pour prendre la main de chacun d'eux.
« Vous pensez vraiment que ce sera possible un jour? Qu'on aura plus à rester cloîtrer chez nous en attendant qu'ils ne nous découvrent?
- Ils faut leur laisser le temps de s'habituer à notre existence, de leur montrer qu'on peut être pacifique.
- Nous sommes de plus en plus nombreux, ils devront bien s'y faire de toutes manières. »
Les versions de l'avenir des deux hommes semblaient un peu différentes. Ils se narguèrent du regard. Raven s'en voulu d'avoir ramener ce sujet sur le tapis. Elle soupira bruyamment avant d'embrasser la joue de chacun des deux hommes pour les apaiser.
« Peu importe au fond. Du moment qu'on ne me sépare pas de vous. »
En voyant le sourire de Charles et Erik, elle osa rêver d'éternité. Elle espérait que rien ne vienne bousculer leur vie. Elle n'aurait peut être pas dû.
Ils pénétrèrent dans la mine d'argent, Raven sous la forme de Steve, Erik derrière elle, et Charles un peu en retrait. Des sanglots résonnaient dans l'antre humide et obscure, créant avec les gouttes d'eau qui touchaient le sol une mélodie lugubre. Les vieilles constructions en bois sensées tenir la grotte entière leur grimaçaient, menaçant à chaque instant de s'effondrer.
« Erik... Tu es sûr qu'on ne devrait pas faire marche arrière ? »
Il eut envie de lui prendre la main et de lui promettre qu'il le protégerait peu importe ce qui se passerait. Seulement entre hommes, ça ne se fait pas, n'est-ce pas ?
« Je peux porter une grande partie de cette mine, ne t'en fais pas. »
Il lui fit un sourire rassurant. Comme réponse, il reçu une moue crispée. La grotte paraissait de plus en plus sombre, elle semblait les engloutir.
« Steve, tout va bien ?
- Oui Tonton ! »
Raven avait arrêté de sautiller quand sa visibilité s'était atténuée, elle tenait maintenant la main d'Erik sous les traits du garçon blond. Elle stoppa net au bout d'un moment, sous le regard interrogatif de ses aînés. Elle posa son doigt sur ses lèvres pour leur faire signe de se taire. Les pleurs étaient beaucoup plus forts. Steve lâcha la le manipulateur de métal pour s'aventurer dans le fond de la mine. Elle entrevit une forme, rouler en boule sur le sol. Elle s'assit à côté de lui, murmurant à son oreille.
« Je m'appelle Steve. Je suis comme toi. »
L'autre garçon lui donna un coup de coude pour l'éloigner.
« Laisse moi...
- Moi aussi je peux faire des choses exceptionnelles. Fais moi confiance.
- Laisse moi ! »
Le sol trembla, si bien que Charles tomba sur la sol. Deux mètres le séparait alors d'Erik.
« Je peux t'aider. Il y a une école...
- Dans les école, je suis toujours détesté ! Les autres élèves se moquent de moi ! Tous, toujours ! »
Une fissure entre les deux hommes se créa, et le plafond se mit à trembler. Des morceaux du minerai gris dévalaient les murs. Erik en arrêta quelques-uns avant qu'il ne tombe sur lui ou sur Charles.
« Pas cette fois, avec nous, tu es accepté. Je te promet.
- TU MENS ! Tu mens comme tout le monde m'a menti ! »
Il se levait au fil de ses mots, la rage au ventre, écartant Raven d'un coup de pied. Le sol s'ouvrait autour des trois amis, comme une bouche qui espérait les dévorer. Un grondement sordide s'échappa des sous sol alors que le plafond s'affaissait. Raven s'était blotti contre une paroi où un mur d'argent vint la protéger de toutes parts. Charles quant-à lui voyait le plafond et la sol se rapprocher avec lui au milieu.
« ERIK ! Protège Raven !
- Les élèves, les professeurs, les voisins, et ma mère ! Tous ont menti ! Et je m'en suis débarrassé ! Maintenant, ils ne me mentiront plus ! Je suis le plus puissant ! »
En plus de l'argent, de la pierre commença à tomber. Le bruit s'amplifiait encore, Charles pensait devenir sourd. Le sol finit par se déchirer sous lui et il tomba. Heureusement, il put s'accrocher à une pierre. Ses jambes volaient dans le vide. Il sentit des pierres de plus en plus imposantes frapper son corps.
« Lance, calme toi !
- Je veux que vous souffriez comme eux ! Comme moi ! »
Erik plaça une couche du minerai sous les pieds de Charles pour le soutenir alors que l'autre côté du gouffre s'approchait de lui. Raven sentit l'argent au dessus d'elle faiblir, et une roche la toucha. Elle poussa un gémissement de douleur, qui alerta son frère.
« Occupe toi de Raven !
- Mais Charles !
- Tu me l'as promis ! »
Erik supportait avec difficulté la masse de la mine, et se concentra pour que tout l'argent possible surplombe la jeune femme, qui avait repris sa forme originelle. Charles était en pleine panique. S'il voulait que son ami la protège, il avait atrocement peur de mourir comme ça.
« CHARLES ! Arrête-le ! Va dans son esprit !
- C'est inutile ! La mine s'effondre de partout même sans lui ! »
Quand le moins âgé s'en rendit compte, il fit une brèche dans un mur et put s'enfuir. Erik, dont la quantité de pierres à soulever ne cessait de croître, entoura Raven d'une bulle d'argent pour l'entraîner vers la sortie improvisée. Charles, pendant tout ce temps, sentait son corps lâcher prise. Il avait très peur. Vraiment très peur. Pour sa sœur, pour Erik, pour sa propre survie. Il tenta de se dire qu'il le sauverait. Qu'il ne le laissera pas tomber.
Pour se réconforter, il se décida à utiliser la technique proposée par Erik le jour de Cuba. Il s'insinua dans son cerveau, pour y toucher la partie la plus calme, la plus douce. Il y trouva les mêmes images de paix que la dernière fois. Les sourires, les rires, les promesses. Un seul semblait nouveau. Il vit un homme allongé sur son canapé, et Erik le regarder. Amoureusement. Il observa son ami caresser le visage de l'inconnu.
« Tu ne comprends vraiment pas... A quel point je t'aime. »
La bouche de son ami s'approcha de celle de l'inconnu pour embrasser le coin de ses lèvres. Il pensa à être jaloux un instant, mais il s'aperçut alors que c'était lui.
Il n'eut pas le temps de s'en émerveiller. Une douleur atroce réduisit ses pensées en cendres. Les murs dévorèrent ses jambes. Un rocher fractura son bassin. Il entendit un craquement d'os. Son propre cri. Un hurlement.
« CHARLES ! »
Après cela, tout devint flou. Tout disparu.
La première fois que Charles s'éveilla, il eut le plaisir d'apercevoir qu'il se trouvait chez lui. Il se réjouissait à peine que son expression se figea dans une moue angoissée. Il aurait dû avoir mal aux jambes, au moins un peu. Ou même sentir le drap dessus. Il essaya de bouger les orteils. Rien. Ses genoux ne réagissaient pas non plus. Il n'arrivait même plus à contracter ses muscles. Ses mains se mirent à s'agiter dans des tremblements désorganisés, dans ses oreilles bourdonnaient des sons fous, son esprit s'emplissait d'idées incohérentes.
Il s'effraya quand des mains poilues touchèrent son bras et manqua de tomber du lit. Devant lui, Hank en blouse blanche lui lançait des regards inquiets. Il essaya de parler, de lui demander ce qu'il se passait, de le supplier de le remettre sur pied, mais rien d'autre ne sortait de sa bouche que des cris jonglant entre le rauque et le suraigu. La peur étranglait sa gorge, s'accentuant encore davantage quand le bleu planta une aiguille dans son bras pour lui incorporer un liquide transparent. Ses effets furent immédiat, et Charles plongea dans un sommeil profond.
Quand il ouvrit une seconde fois les yeux, le plafond lui apparut flou. Le monde semblait tourner autour de lui. Dans cet enfer tourbillonnant, il put distinguer deux voix familières.
« Il n'est pas rentré Hank. Je ne sais pas où il est... Pourtant je le cherche. Azazeal et moi le cherchons.
- Azazeal ? Tu lui fais confiance ?
- Sans lui et la télépathe, Charles serait mort ! Et Erik...
- Pourquoi est-il parti ?
- Il doit penser que c'est de sa faute... »
Ses souvenirs lui revinrent peu à peu. Ce sol qui le compressait. La craquement de son corps qui se brisait. Le contrôleur de métal hurlant son prénom.
« Erik... »
Il se débattit dans ses draps, essayant de bouger le bas de son corps. Il aperçut deux créatures bleues, rendues floues par la fatigue.
« Il faut encore que tu te reposes Charles. On veille sur toi.
- Erik... Je dois... Erik... »
Des bras l'enlacèrent. Il sombra dans les bras de Morphée à nouveau.
Le troisième réveil fut le bon. Il sentit une autre personne allongée contre lui. Il ouvrit faiblement les yeux et tomba nez à nez avec le visage de Raven. Elle prit un moment avant de lui sourire.
« Hey.
- Hey. »
Elle rigola doucement avant de se serrer encore plus contre lui.
« Tu vas bien ?
- Ce n'est pas moi qui est dormi trois jours.
- Je ne sens plus mes jambes. »
Le visage de Raven s'assombrit. Il comprit instantanément.
« Je ne guérirais jamais.
- Je suis désolée Charles. Hank a fait tout ce qu'il pouvait.
- Je sais. »
Le télépathe respirait difficilement. Il ne savait même pas comment réagir tant le choc était grand.
« Et Erik ? Il est revenu ?
- Sur le toit. Il a vérifié chaque fois que tout allait bien. Il nous apportait à manger en...
- Je dois le voir.
- Charles...
- Raven.
- Tu as un fauteuil roulant juste là. »
Elle indiqua du doigt une chaise qui l'attendait. Il voulut se relever et se déplacer pour y l'atteindre, mais son handicap l'en empêcha, et il manqua de tomber sur le sol. Raven le souleva et l'installa sur l'instrument de malheur.
« Je vais devoir prendre l'ascenseur on dirait.
- Tu veux que je t'emmène ?
- Je veux le voir seul. Tu dois te reposer, tu as de grandes cernes.»
Il fit rouler les roues de la chaise et se dirigea avec difficulté vers l'ascenseur. Quand il arriva sur le toit plat, Erik, assis sur une cheminée, lui faisait dos. La lumière extérieur lui indiqua qu'il était soit le crépuscule, soit l'aurore.
« Tu nous as sauvé Erik.
- Tu veux rire j'espère. Regarde toi. Ce que je t'ai fait. C'est moi qui t'es dit qu'on devait y aller.
- Sans toi, je ne serais pas ressorti de cette mine. Je ne sais pas comment tu...
- Ce n'est pas moi. Emma a dit qu'elle avait entendu ton cri raisonner dans sa tête. Elle a fouillé nos esprits et a vu ce qui se passait. Elle a envoyé Azazeal et il nous a emmené ici. »
La voix d'Erik se voulait dure, mais elle était remplie d'émotions.
« Tout ce que j'ai fait, c'est vous mettre en danger toi et Raven. J'ai pas su te protéger.
- Tu as fait ce que je t'ai demandé... Tu as sauvé Raven.
- Oui mais Charles ! Tes jambes... »
Il s'était levé et tourné vers lui, la douleur et la fatigue marquait son visage. On aurait cru qu'il avait pris dix ans d'un coup. Il mordait sa lèvre avec désespoir.
« C'est ma faute. Je ne t'apporte que du mal...
- Ne pense même pas à m'abandonner.
- Tu n'aurais pas souffert ainsi sans moi.
- J'ai besoin de toi à tes côtés. Maintenant plus que jamais. Ne m'abandonne pas. »
Sa voix était ferme. Il tendit sa main vers lui en espérant qu'il la saisirait. La manipulateur de métal se dirigea vers lui et frôla ses doigts.
« J'ai vu Erik. Ce que tu ressens. Ce que tu m'as dit le soir où l'on s'est disputé pour Raven.
- Pardon ? »
Il avait à nouveau éloigné sa main.
« Je suis désolé, je n'ai pas fait exprès. Je n'ai plus que des bribes mais...
- Tu m'avais promis de ne pas sonder mon esprit sans ma permission.
- J'avais peur Erik ! Il me fallait des souvenirs calmes pour m'apaiser. Je ne pensais pas tomber sur quelque chose d'aussi personnelle. »
Le contrôleur de métal frissonna. Charles le savait. Il savait ce qu'il ressentait.
« Laisse moi le revoir. Je t'en prie.
- Charles, c'est trop...
- Erik, fais moi confiance. »
Quand un homme en fauteuil roulant vous demande quelque chose, que cet homme est votre ami et que vous penser l'avoir rendu handicapé, vous ne pouvez rien lui refuser. Il s'agenouilla à côté de la chaise. La main de Charles se perdit sur son visage et dans ses cheveux. Ils se contemplaient dans les yeux. Le télépathe visita son esprit. La scène se déroula à nouveau.
« Je te rebute maintenant ?
- Bien sur que non. »
Le teint d'Erik reprit des couleurs. Avec une lenteur inouïe leur bouches se joignirent dans un baiser timide. Charles sentit un rayon de soleil sur sa peau. C'était l'aurore finalement. Ce moment magique se brisa quand le ventre du télépathe émit un puissant gargouillement. Il se regardèrent et rigolèrent.
« Allons manger. »
Après quelques cuillères de céréales, Charles lâcha son ustensile qui tomba lourdement sur la table. Erik le dévisagea, visiblement inquiet.
« Un malaise ou quelque chose comme ça ?
- Non c'est juste que... Je crois que je commence à réaliser... Ce qu'être en fauteuil veut dire... »
Le polonais se mordit la lèvre, ne sachant pas quoi répondre à cela.
« Outre le fait de marcher, courir, être indépendant... »
Il utilisait bien sur l'ironie pour ne pas pleurer rien qu'à cette pensée.
« … Je ne pourrais plus jamais combler quelqu'un.
- Tu veux dire... Sexuellement? Je croyais que ce n'était que tes jambes qui étaient touchées?
- Comment veux-tu que je fasse pour " ça " si je ne peux pas me servir de mes jambes?»
Charles rougit en même temps que son ami à cette question, se demandant s'il était vraiment la bonne personne à qui en parler. Pourtant, il avait besoin d'extérioriser.
« On peut toujours essayer. »
Erik ne savait pas si la fatigue donnait à sa voix ce ton suave, et qui lui passait des scènes érotiques en boucle en tête, ou s'il devenait juste fou. Il n'avait pas l'impression d'ordonner à son corps d'approcher de Charles pour le soulever. Ce n'était pas lui non plus qui l'embrassait fougueusement jusqu'à ce qu'il gémisse. Il se voyait comme un spectateur de son corps déposant celui du télépathe sur son lit.
Leur peau nue se rencontrèrent, et il réalisa alors la situation, s'immobilisant. Trop tard peut-on dire. Charles lui lançait un regard brûlant, coucher sur le dos sous lui. Il ne comprenait pas plus que Erik cette soudaine vague de désir, presque désespérée. Peut-être voulait-il juste se sentir vivant. Ou alors, il voulait se venger de la nature. Se venger d'avoir l'impression de tant donner et de finir en fauteuil. Se venger en faisant quelque chose que la nature n'apprécie pas.
« Je veux que tu sois mien. »
Erik se mordit la lèvre, ne sachant pas vraiment s'il devait obéir ou non, mais finit par s'empaler douloureusement sur le sexe de Charles. Ce dernier poussa un grognement de plaisir. Magneto souffrait de cette intrusion trop brusque, mais ne se permettait pas de la montrer. Ils restèrent ainsi avant que Charles ne bouge désespérément les hanches, espérant une réaction de ses jambes. Réaction qui ne vint pas. Et s'en fut assez pour lui. Il sentit des larmes de frustration monter en lui, et poussa Erik de la main à côté de lui. Le manipulateur de métal, certes triste de l'état de son ami, ne pouvait qu'admettre qu'il se sentait mieux sans rien en lui.
« Merde ! »
Charles avait hurlé ce mots, tournant son torse pour faire dos à Erik, maugréant des injures contre lui même, dilapidant ainsi toute sa haine, pleurant en même temps. Après une dizaine de minutes, il se calma enfin et se retourna vers son ami, collant sa tête à son épaule.
« Je suis pathétique. Désolé pour ce cinéma.
- Ce n'est pas ta faute. Tu as juste besoin de t'adapter.
- Je t'ai fait mal en plus.
- Non, bien sur que non.
- Arrête de mentir, je l'ai vu... Dis moi qu'au moins ce n'était pas la première fois qu'un homme te prenait... »
Erik déglutit difficilement.
« Je n'ai jamais fait quoi que ce soit avec un homme... Autre que ce qui vient de se passer.
- Bon sang... »
Charles avait mal au cœur. L'idée de prendre un homme ne lui était jamais venue à l'esprit avant. Il ne comprenait pas comme il s'était retrouvé à sodomiser son meilleur ami. Il se dégoûtait lui même. Comme s'il avait compris, le manipulateur de métal s'installa sur son torse et ferma les yeux.
« Restons un peu comme ça. Jusqu'à ce que ce soit vraiment le matin. »
Aucun des deux ne dormait. Erik écoutait les battements de cœur de Charles qui se calmaient au fil des minutes de silence. Finalement, le contrôleur de métal se décida à parler.
« Pour ce qui vient de se passer...
- Je crois qu'on s'est laissé emporter par la fatigue, le choc, tout ça. S'il te plaît, n'en parlons plus. J'ai tellement honte de moi, si je pouvais l'oublier... »
Erik se redressa sur son coude pour caresser le visage de Charles en le détaillant.
« Ce que tu as vu... Dans la mine et sur le toit... Où je t'ai dit que... »
Il voulait lui dire qu'il l'aimait, en face, maintenant, comme il en rêvait depuis longtemps, mais les mots ne venaient pas.
« Ce n'est pas normal comme amour Erik, on ne devrait pas être là, ensemble dans ce lit...
- Tu n'apprécies vraiment pas? »
Si. Bien sur que si, Charles appréciait, adorait même l'avoir aussi près de lui. Sa présence le réconfortait plus que tout. Seulement il n'était pas dans un état d'esprit permettant de raconter des poèmes d'amour. Pour répondre, il approcha ses lèvres de celle d'Erik et l'embrassa légèrement avant de lever les yeux vers lui.
« Je ne sais pas ce que c'est d'aimer un homme.
- Aimer un homme, c'est le regarder avec passion chaque fois qu'il passe devant nous. C'est dévoré chacun de ses mots. C'est avoir envie de le protéger autant qu'il te protège. C'est coller son front au tien, en te promettant de jamais ne t'abandonner, priant chaque soir pour que tu penses la même chose. »
Charles rigola pour cacher un peu de sa gêne.
« Tu as l'air de t'y connaître sur le sujet !
- Parce la personne que j'aime est un homme, répondit-il en se mordant la lèvre le regard toujours braqué dans le sien. »
Le télépathe, qui ne savait pas vraiment quoi répondre à ça, vint l'enlacer en posant une bise sur sa joue.
