Titre du chapitre : L'affaire d'une relation ambiguë.

Situation du chapitre : une semaine après le précédant.

Commentaire de l'auteur : Toujours pas de lemon.


« Non, non et non ! Bon Dieu Scott, ne tire pas dans la maison ! Regarde le salon ! Ça va coûter une fortune de réparation ! »

Un étincelle sortit de la télévision, éclairant un instant la fumée noire qui s'extirpait de la cassure au centre de l'écran. Le jeune Summers tripotait ses doigts, nerveux, observant les dégâts de sa dernière maladresse. Il n'osait pas répondre ou même regarder son directeur. Il avait vraiment choisi son moment pour tomber et détruire la moitié de la salle. Depuis son accident, le professeur Xavier semblait beaucoup moins patient, à tel point qu'il aurait même préféré se faire disputer par le professeur Lensherr.

Les élèves avaient évidemment compris qu'il ne s'en remettrait pas facilement, mais ils vivaient un véritable calvaire depuis une semaine. Les adultes non plus n'en menaient pas large : Raven ne sortait plus de sa chambre, ou s'effondrait en larmes en croisant Charles. Hank restait enfermé dans son laboratoire, se sentant coupable de n'avoir pu le sauver. Le comportement qui étonna le plus la maisonnée était celui d'Erik. Il essayait bien sur de soutenir son collègue autant que possible, mais ne pouvait pas le regarder dans les yeux sans agir étrangement. Vraiment étrangement.

« Imagine un peu si tout les élèves faisaient comme toi ! Ce serait l'apocalypse dans l'école ! En plus de ça, tu aurais pu blesser quelqu'un, ou te blesser tout seul ! »

Scott trépigna, priant pour qu'une intervention divine vienne l'aider. Elle arriva à son grand soulagement. Le professeur Lensherr entra dans le salon affolé par les cris de son collègue. Ce dernier ne sembla même pas le remarquer.

« Tu n'as donc aucun respect pour la maison qui t'héberge? Pour les autres personnes avec qui tu habites? Peut être que chez toi, tu pouvais faire exploser tout ce qui te chantait, mais ici, laisse moi te dire que ça ne se passe pas ainsi ! »

Si Erik était au début stupéfait des dégâts provoqués par le garçon, la réaction de Charles l'étonna davantage. Bien sur, il était d'accord sur la forme : on ne détruit pas le salon, mais il soupçonnait que l'énervement de son ami ne découlait pas uniquement que de cela.

« Scott, va dans ta chambre, on parlera de ça après. »

Le télépathe considéra enfin l'autre homme.

« Pas question ! On va régler cette affaire ici et maintenant !

- Pas avant que tu ne te sois calmé !

- Je suis calme, je suis parfaitement calme ! Le seul qui s'énerve ici, c'est toi ! »

Scott, qui n'en menait pas large du tout, alla se cacher dans les jambes d'Erik. Ce dernier continuait de regarder autour de la pièce, évitant avec soin Charles.

« Pourquoi tu prends toujours leur défense ? Tu devrais être de mon côté Erik ! On est codirecteur, tu es sensé me soutenir !

- Tu n'es pas dans ton état normal.

- Tu crois ça ? Répondit-il avec ironie. Effectivement, je ne... »

Charles aurait aimé lui hurler que non, son état normal était sur ses deux jambes, pas dans un fauteuil de malheur, mais Erik ne lui en laissa pas le temps. Il fit léviter un instant une lampe déjà casser pour la fracasser sur le sol, caressant les cheveux de Scott pour le rassurer.

« Il faut qu'on parle Charles.

- Pour cela, il faudrait que tu puisses poser les yeux sur moi ! Pourtant ça devrait aller, tu n'as même pas besoin de les lever ! »

Le contrôleur de métal murmura à Scott de s'en aller, ce qu'il fit à une vitesse impressionnante. Son collègue le laissa faire avec un grognement. Un silence pesait maintenant entre les deux hommes. Ils en profitaient tous deux pour calmer leur esprit. Finalement, Charles dit, de son ton posé habituel.

« Regarde moi Erik. S'il te plaît. »

Le polonais passa sa main dans ses cheveux, gêné. Il se sentait coupable et honteux. Coupable pour son handicap. Honteux de ses sentiments et de son comportement cette nuit là. Il avait l'impression d'avoir sali Charles avec ses envies, son amour. Il s'affirmait à lui même avoir eu un comportement irrespectueux envers lui. Cependant les idées de Charles côtoyaient les siennes.

« Erik, pourquoi est-ce que je te dégoûte à ce point ? Le fauteuil, ou ce que je t'ai fait ?

- Tu ne me dégoûtes pas Charles.

- Alors pourquoi est-ce que je n'ai plus le droit de voir tes yeux ? »

Le contrôleur de métal tourna légèrement le regard vers lui, le posant sur ses jambes, la respiration douloureuse.

« Tu devrais me détester. C'est à cause moi que tu es dans cette chaise.

- C'est grâce à toi que je suis toujours en vie. »

Sa vision se déposa sur son torse qu'il admira même à travers les vêtements.

« L'amour que je te porte n'est pas normal, tu l'as dit toi même. C'est...

- Tu es la personne qui me porte le plus d'affection. Ce que tu as fait pour essayer de me réconforter c'était...

- Écœurant ?

- Tu es sûr qu'on a vécu le même moment ? Celui qui devrait être écœuré, c'est toi ! »

Leur regards se croisèrent enfin. Malgré les paroles de Charles, la seule vue de ses yeux fit sourire son ami.

« Peu importe ce que tu fais, tu ne me dégoûteras jamais. J'avais peur que tu m'en veuilles de ne pas avoir su te protéger. Et à cause de ce que j'ai dit que tu me trouves ... »

Les mots « contre nature » se cachait sous la langue d'Erik. Il ne supporterait pas qu'une fois de plus on le rejette pour ce qu'il était. Surtout pas Charles.

« J'ai vraiment aimé... Quand on s'est embrassé sur le toit. »

Le télépathe rougit en avouant cela, mais se félicita d'arriver à garder le contact visuel qui lui avait tellement manqué.

« Mais comme je te l'ai dit, je ne sais pas ce que c'est d'aimer un homme.

- Après ce que je t'ai dit, je comprendrais que tu veuilles que je parte.

- Je ne te considère pas autrement à cause de ce que tu ressens. Il n'a jamais été question de te voir partir. »

Un soulagement traversa le corps d'Erik qui se détendit aussitôt pour approcher Charles.

« Je te mets dans une position très gênante.

- Non... En fait, une partie de moi n'arrive pas à te voir comme un amant. »

Son cœur se serra douloureusement, mais la suite de la phrase fut bien plus agréable.

« Pourtant j'ai très envie qu'on s'embrasse à nouveau. »

Le contrôleur de métal baissa la tête vers lui pour l'embrasser brièvement avant de se reculer pour observer sa réaction, effrayé comme un enfant qui vient de manger un cookie de trop sous les yeux de ses parents. Charles posa son index sur ses propres lèvres avant de le remettre à portée de vue pour le contempler avec curiosité.

« Quand j'embrasse une fille, je ne sens pas du tout la même chose. »

Le moment de bonheur d'Erik fut de courte durée. Le soupir de plaisir de Moira, qu'il avait entendu après cette journée décisive à Cuba lui revint en tête comme un boomerang, et la jalousie s'empara de lui, durcissant son visage et son regard. Quand Charles releva les yeux vers lui, il le remarqua. Il aurait aimé lui caresser la joue, mais son visage était hors de portée. Il attrapa alors sa main pour y appuyer un baiser.

« Je ne peux pas vraiment arranger ça.

- Il n'y a rien à arranger. »

Le télépathe sourit et tira légèrement sur sa main pour lui insinuer de revenir à son niveau. Erik s'agenouilla à côté de lui pour que leur visage soient aussi proches que possible.

« Tu veux dire que...

- Tes baisers sont parfaits. »

Leur bouche se rencontrèrent à nouveau. Timidement elles s'ouvrirent, et leur langue se rejoignirent. Chacun se trouva électrisé par ce contact. Il leur fallu plusieurs secondes avant qu'elles puissent danser sur un rythme qui s'endiablait au cours du temps. Leur yeux s'étaient fermés naturellement alors que leur mains découvraient le visage et la gorge de l'autre. S'ils craignaient tous deux d'être maladroits, le plaisir d'une telle complicité anéantissait leurs doutes.

La magie de ce moment fut malheureusement rompue par une arrivée embarrassante pour les deux directeurs.

« Charles, Scott m'a raconté ce qui s'est passé, il ... »

Raven arrêta de parler en s'apercevant de la position et des agissements de ses amis. Les lèvres se décollèrent alors que les regards se portaient sur la jeune femme. Celle-ci avait depuis longtemps compris l'affection de son dernier béguin en date, mais ne s'attendait pas à les voir ainsi. Elle voulait depuis toujours leur bonheur, mais la vue de leur amour l'affecta plus qu'elle ne l'imaginait.

Voyant le mal aise de sa sœur adoptive, Charles tenta de rattraper.

« Raven, je t'assure que je peux t'expliquer ! Ce n'est pas du tout ce que tu crois ! »

Erik arqua un sourcil interrogatif. Il comprenait que Charles soit désarmé, mais s'inquiétait de la sincérité de ses propos. Un baiser, c'est un baiser non ? Ou alors voit-il ça comme un test pour savoir s'il était homosexuel ? Un jeu ? Une vengeance ?

« Désolée de vous avoir dérangé.

- Raven, tenta Erik en espérant trouver quoi lui dire.

- J'aurais dû frapper à la porte...

- Ce n'est pas contre toi.

- Je sais. »

Elle s'éclipsa aussitôt malgré une apostrophe désespérée de Charles pour la rattraper. La culpabilité le rongeait.

« Je n'ai même pas pensé une seule seconde à elle...

- Tu veux que j'aille la voir ? »

Cette idée ne plus que moyennement au télépathe. Il fallait sûrement qu'il aille lui parler pour expliquer ses sentiments à Raven, il le ferait mieux que lui après tout. Cependant à ce moment là, il n'avait pas envie de savoir Erik et elle seuls dans une pièce.

« Je devrais peut être y aller avant toi. Tu peux commencer à ranger cette salle en attendant ? Et dit à Scott de t'aider.

- D'accord. »

Ils se dévisagèrent, s'offrirent un dernier baiser avant d'aller chacun de son côté.


Charles s'aventura dans la chambre de Raven où elle essayait de remettre son esprit en ordre, assise au milieu de son lit.

« Je peux entrer ? »

Sa voix était la plus douce possible. La bleue hocha la tête.

« Pour ce que tu as vu...

- Ne t'inquiètes pas, je savais déjà quel genre de sentiment Erik éprouve pour toi. »

Il s'étonna d'avoir réalisé après elle l'émotion que nourrissait son ami à son propre égard.

« Je ne m'attendais pas à ce que ça me tombe dessus comme ça. Ça fait longtemps ?

- Non, comme je te l'ai dis, ce n'est pas ce que tu crois, on est pas... »

Charles laissa sa phrase en suspens. Il ne savait pas ce qu'ils étaient et encore moins ce qu'ils n'étaient pas.

« Tu n'as pas besoin d'avoir honte ou quoi que ce soit. Une personne incroyable m'a dit un jour que l'amour partagé est magnifique sous toutes ces facettes. Que ce soient des adolescents aux débuts d'une relation, des enfants dans l'innocence, des personnes âgées qui se tiennent la main, des gens aux pratiques spéciales, des femmes qui s'aiment passionnément, ou encore deux hommes. »

Ce qui effrayait le plus le télépathe était que Raven disait exactement ce qu'il avait besoin d'entendre sans même qu'il ne le demande.

« Je ne veux pas que tu souffres à cause de moi.

- Ne sois pas tellement arrogant Charles, ma vie ne tourne pas seulement autour de toi.

- Tu es amoureuse de lui n'est-ce pas ?

- Moins que toi. »

Le télépathe ne savait pas quoi répondre à cela. Était-il amoureux ? D'Erik ? D'un homme ?

« Selon toi, je suis homosexuel ?

- Je peux pas répondre à ça. De toutes façons, la seule chose que je peux te dire, c'est que je ne me mettrais pas entre vous.

- Ce serait peut être mieux pour tout le monde s'il t'aimait. »

Raven s'hérissa. Son frère n'avait aucune délicatesse dans ce domaine.

« Tu t'imagines tellement facilement Erik dans mes bras ou entrain de m'embrasser ? Ça ne te dérangerait pas s'il me faisait l'amour chaudement ? S'il me jurait fidélité et dévotion ?

- Je dis juste qu'on aurait des problèmes en moins.

- Heureusement qu'il ne t'entend pas. »

Charles se reprocha ses paroles. Bien sur que ça le dérangeait d'envisager Erik en couple avec la metamorphe. Il se tendait à la seule pensée de leur peau, leur lèvres et leur corps entier se répondant.

« Je ne veux pas qu'il s'intéresse à quelqu'un d'autre. Je tiens vraiment à lui.

- Même si c'est un homme ?

- Tout aurait été tellement plus simple s'il avait été une femme.

- Je ne suis pas la bonne personne pour avoir cette conversation avec toi Charles, je suis désolée. Vous êtes adorables ensemble, et je trouverais quelqu'un d'autre. Ne t'en fais pas d'accord ? »

Charles hocha la tête, comprenant sa propre maladresse.

« Tu devrais aller le rejoindre. Si tu as des questions sans réponse par rapport à vous deux, c'est à lui que tu dois en parler. Pas à moi.

- Tu es exceptionnelle Raven. »

Il ouvrit ses bras où elle vint se blottir, assise sur ses genoux. Il l'entendit sangloter faiblement contre son épaule. Il en souffrait, pourtant l'idée de lui laisser Erik l'incommodait davantage.


« Scott, retourne avec les autres, je dois parler au professeur Lensherr. »

Comme par réflexe, le jeune Summers courut dans les jambes d'Erik en voyant Charles arriver.

« Je suis désolé de m'être emporté avant. »

Le jeune garçon regarda le polonais pour demander la permission de parler, et attendit que celui acquiesce pour marmonner.

« J'aurais dû faire plus attention, désolé de vous avoir causé du tore professeur. »

Charles lui sourit tendrement.

« Allé, va finir tes devoirs. Tu as encore une dictée à réviser non ? »

L'enfant considéra les adultes avant de s'éclipser.

« Vous avez fait du bon travail, presque tout est en état. Enfin sauf la lampe, la télé et le mur, sourit Charles.

- Je m'occupe de ça plus tard. Alors avec Raven ?

- Elle va assez bien.

- Je vois. Pour avant...

- On l'a voulu tout les deux, donc ce n'est pas mal, je pense.

- Tu aurais envie qu'on recommence ?

- On est quoi Erik ? Un couple ? Des amis ? Des collègues ? »

Aucun ne pouvait comprendre le lien qui les resserrait ensemble. Ils savaient juste que maintenant que la passion les avait pris, elle les emportera vers encore plus de passion.

« Je m'en fiche de nommer notre relation.

- Alors comment est-ce que tu la vois ?

- J'aimerais pouvoir t'embrasser quand j'en ai envie, être avec toi, rire avec toi. Et aussi savoir que tu ne fais ça que avec moi.

- Ça ressemble à un couple.

- Seulement si tu veux la même chose que moi.

- Nous voulons la même chose. »

Ils répondaient aussi vite que possible, pour ne pas permettre à l'autre de réfléchir. Il leur fallait des réponses instinctives, des réponses qui viennent du cœur.

« On a qu'à essayé ça. On continue notre vie habituelle, mais quand on en a envie, on s'embrasse. Le reste viendra avec le temps. »

Erik s'avança vers lui pour l'embrasser avec ferveur. Charles s'obligea avec peine de le repousser en tenant ses épaules.

« Et les élèves ? »

Le polonais soupira, pris Charles dans ses bras pour l'emmener dans sa chambre, la chaise roulante les suivant sagement. Il l'assit sur le lit et s'installa à côté.

« Problème résolu. »

Le télépathe rigola avant d'être interrompu par des lèvres. Étrangement, maintenant qu'ils se trouvaient sur un lit, leur échange prenait un tout autre aspect. Un frisson le parcourut quand la main d'Erik longea sensuellement son flanc. Son cerveau était cependant trop plein pour s'enivrer de volupté. Il se demandait s'il appréciait vraiment qu'une main d'homme lui fasse ce que des mains plus fines et douces lui faisaient habituellement. Si son cœur avait déjà battu plus fort que quand Erik déboutonnait son veston et sa chemise en caressant son torse. S'il gémirait autant si un autre homme dorlotait ses tétons. Si une fois de plus il se rendrait ridicule et risquerait encore de le blesser. Ce fut la pensée de trop.

« Erik, stop, stop... »

Un murmure désapprobateur lui répondit. Charles cherchait un argument pour le faire s'arrêter. Il se voyait mal lui dire « j'ai peur qu'avec mon handicap et mon inexpérience, je ne puisse pas te satisfaire dans le domaine sexuel ».

« La façon dont tu me touches... Je ne peux pas... »

Le manipulateur de métal lui lança un regard dubitatif, en tournant un bouton de chaire entre ses doigts pour le faire gémir. Il eut un sourire moqueur devant sa réaction.

« Tu n'aimes pas ?

- S'il te plaît... Je ne veux pas ce genre de relation...

- … Avec moi ?

- Pour l'instant. »

Erik ne contesta pas, malgré l'inquiétude qui s'immisçait en lui. Si Charles ne pouvait pas le considérer comme amant, il irait forcément voir ailleurs. Cependant il devait accepter son choix. Il commença à reboutonner la chemise de Charles avec des gestes lents, profitant de la proximité de ses mains contre son torse. Faire l'amour à un homme ne lui avait jamais traversé l'esprit avant qu'il ne réalise que son corps réagissait à celui du télépathe, pourtant avec ce dernier cela lui semblait naturel.

Charles, qui se sentait assez mal, à la fois à cause du souvenir de cette nuit-là et de l'expression plus ou moins contrariée d'Erik, décida de changer de sujet. Celui qu'il choisit n'était pas plus réjouissant.

« Au fait, maintenant qu'on peut se regarder droit dans les yeux, tu voulais me parler de quoi avant ?

- Tu t'énerves trop depuis l'accident. Les élèves ne savent plus comment se comporter avec toi. »

Il soupira. Il n'avait pas parlé de ça depuis. Une semaine, ce n'est pas assez long pour s'habituer.

« Moi non plus, je ne le sais pas. Avoir mes jambes comme ça c'est abominable. J'ai l'impression d'être une loque. Un pauvre résidu d'être humain. En plus je sais que je ne devrais pas, mais quand je vois les autres courir, sauter, je suis jaloux. J'en viens à avoir envie qu'ils soient comme moi pour qu'ils comprennent ! Qu'ils apprennent ce que ça fait de souffrir vraiment quand eux se plaignent pour un bobo.

- Ce sont des enfants.

- Ce qui me rend encore plus abominable non ? »

Sa voix se cassait sous l'émotion. Il se mordait la lèvre pour combattre ses larmes.

« Si j'ai du mal à m'occuper de moi, comment je peux m'occuper des autres ? Comment vont-ils faire si celui qui est sensé leur apprendre des choses veut les voir souffrir ?

- N'oublie pas que nous sommes deux. Je te soutiendrais du mieux que je peux. »

L'américain ne réagit pas, trop concentré à ne pas paraître trop faible devant Erik.

« Charles, un jour tu m'as dit qu'il y avait du bien en moi. Tu es celui qui le fait ressortir. Tu es quelqu'un de profondément bien. Je veux t'aider à le montrer aux autres. »

Le concerné leva ses yeux humides vers lui pour s'assurer qu'il ne lui mentait pas. Leur doigts s'entrelacèrent.

« Je veux avancer main dans la main avec toi dans la vie. Je veux que tu sois là quand j'ai besoin de toi, comme tu l'as toujours été. Je veux être là quand tu as besoin de moi, comme maintenant. »

Un long baiser découla de ces mots. Le regard qu'ils échangèrent ensuite était rempli de promesses qu'aucun de leur mot ne pourrait exprimer. Des promesses d'un avenir radieux.