-Chapitre 5

Ma liberté

J'entendais les vieilles planches grincer sous le silence de mes pas. À chaque marches que je descendais je voyais le visage d'un enfant que j'avais côtoyé il y a un temps. En quelle année étions-nous? Ici, dans mon monde le temps n'avait plus aucun impacte et je voyais mon corps inchangé, toujours figé dans ce sommeil éternel. Il m'arrivait parfois de pleurer quand le désespoir se faisait trop grand, quand le silence devenait trop oppressant; quand le rire des enfants me manquaient trop et que les souvenirs s'effaçaient de ma mémoire. Quand la solitude devenait tellement pensante, je fermais les yeux et imaginais les traits fins de cet inconnu qui restaient figés dans ma mémoire.

Certainement alors que j'étais couchée sur le lit de ma – mon ancienne? – chambre, j'entendais le grande porte du hall grincer. C'était une vieille femme à l'air mélancolique qui pénétrait dans l'orphelinat sans vie, je le regardais du haut de l'escalier, la regardant curieusement faire le tour des lieux avec un sourire, comme si elle se remémorait d'ancien souvenirs.

C'était toujours la même chose à sa venue, elle regardait la petite cloche – qui ne servait plus – près de la porte recouverte de tellement de poussière qu'elle en avait perdu de son éclat. Elle s'avançait vers la pièce où tout le monde prenait ses repas, passant un doigt sur le comptoir poussiéreux, laissant derrière elle une ligne vague dans les cendres grisâtres. Puis sur les tables, traçants des formes aléatoire sur le vieux bois. Le tour de la pièce terminé elle allait vers le grand salon. Elle ne rentrait jamais dans cette partie de l'orphelinat, elle restait toujours dans l'encadrement, tout était resté tel lorsque les enfants étaient partis, des coussins traînaient encore sur le sol, les couvertures, qui avaient abritées par une journée glaciale le petit corps tremblant d'un enfant, étaient toujours sur les canapés, mal pliées. Les quelques livres aux pages jaunis posé sur la banquette près de la fenêtre restant à jamais clos et sans lecteurs avides de savoir.

Je restais souvent à côté d'elle dans ces moments là, regardant fleurir sur ses lèvres gercer un sourire triste sur son visage parsemé de rides.

Puis elle montait à l'étage, faisant toutes les chambres, rentrait et découvrait les commodes vides. À chaque fois qu'elle montait elle ouvrait les tiroirs regardant dans le vide puis passait à autre chose. Elle finissait toujours dans ma chambre puis une larmes coulait le long de sa joue. Elle regardait les photos en noirs et blancs sur le murs qui n'avaient jamais été enlevées. Elle posait son regard sur tout les visages enjoués figé sur le papier. Et enfin elle s'asseyait sur le lit en face du mien regardant dans la direction où je me trouvais, que ce soit près du lit, de la porte, de la fenêtre et près d'elle, regardait toujours à travers moi... comme si elle me voyait, ce qui rendait les choses troublantes.

Puis dans la journée elle repartait toujours sans un mot, et quand du haut de l'escalier elle disparaissait derrière la grande porte je me retrouvais en proie à un immense vide. Sans m'en rendre compte j'étais devenue dépendante de ses visites quotidiennes. Quand la lune prit la place du soleil dans l'immensité du ciel, je restais debout dans la lumière réconfortante de la nuit. Dans ces moment-là je me sentais bien, pas juste un esprit enfermée dans un orphelinat. Mais souvent je me demandais pourquoi j'étais toujours coincée dans cet endroit lugubre. Au fond de moi je savais, je l'attendais c'était absurde, il devait être mort comme moi je devais l'être.

Une nuit la lune et le paysage s'étaient teintés de rouge, mes cheveux bruns devenaient argentés et mes yeux métalliques, deux crocs tailladant ma lèvre inférieure. Je me sentais faible dans ces moments, vidée de toute mon énergie; je voyais ce qu'il se passait en dehors de ces murs. La première fois j'étais dans une maison, un homme en face de moi, les yeux écarquillés, les membres tremblants. La brume m'entourant se dirigeait vers l'homme tétanisé soudain la brume s'enroula autour du cou de l'homme mais cela ne me touchait pas le moins du monde. Je n'étais qu'une simple spectatrice et cela me sembla normal sur le coup. Les remords venaient après. La brume serrait encore et encore plus fort il manquait d'air, son visage virait au violet, elle lâcha sa prise sur sa gorge, enveloppa ensuite le corps entier étouffant les suppliques de l'homme. Le sang souillait les murs blancs, une marre de sang sur le sol, un corps sans vie dans une position impossible, le visage marqué par l'horreur, un coeur battant et encore chaud sur la table basse enfermé dans une boîte en verre.

Depuis à chaque fois que la lune devenait rouge des adolescents pénétraient dans l'orphelinat mais s'enfuyait à chaque bruit qui s'échappaient de la vieille bâtisse; entraînant ceux qui attendait dehors dans leur course. Et moi je me sentais enfin partir, je ne pouvais plus l'attendre, j'étais trop fatiguée, lasse d'errer sans fin dans les couloirs déserts. Je restais la plupart du temps au sous-sol quand ces jeunes gens essayaient de prouver je ne sais quoi, je les entendais murmurer dans le silence, leur pas grincer sur le plancher. Je regardais avec fascination ce que je devais dans ces nuits rouges, le teint aussi pâle que la lune prenant des reflets rouges à travers les petits espaces que ne couvraient pas les planches de bois. Regarder mes cheveux prendre cette couleur argent était assez fascinant, ça commençait pas les racines et se propageait lentement sur toute la chevelure pour finir aux pointes. Par curiosité, j'avais soulevé une paupière pour voir mes yeux et leur couleur opale avait prit cette couleur froide métallique. Une étoile brillante sous l'œil droit.

Certainement fois je restais assise sur le dernière marche des escaliers, regardant ses visages craintif pénétrer entre les murs de ma prison. Ils regardaient autour d'eux à l'affut de la moindre ombre, de grincements suspects. Je remarquais que dans ces nuits la température de l'orphelinat chutait considérablement, de la buée sortait des bouches entrouvertes.

Mais depuis quelques temps, je sentais que quelque chose était différent, je me prenais en train de regarder de nouveau ce banc, son banc. Et un beau jour, je l'avais vu, assit sur ce banc, regardant vers moi, me voyait-il? Il était comme dans mes souvenirs, il n'avait pas changé, sauf peut-être ses yeux qui avait plus la couleur de l'or que dans mes souvenirs.

Il était ma libération.

PdV Jasper

Deux semaine s'étaient passées depuis notre rentrée et nous étions aujourd'hui le vingt -quatre. Alice et Emmett avaient tous les deux hâtes d'être demain soir, Edward ne voulait pas venir mais Alice avait réussie à le faire plier mais Rosalie ne voyait pas l'intérêt de cette expédition et d'être en plus entouré par des humains; elle n'avait pas fléchit quand Alice lui avait demandé, elle. De mon côté je ne savais pas quelle attitude adoptée. Depuis deux semaines après les cours je m'asseyais sur ce banc et regardais cette fenêtre au second. Depuis cette conversation avec Lizzy diminutif d'Élisabeth, je ne faisais que penser à Bella la fille aux yeux opales. J'étais attiré par cette fille d'une manière indescriptible. Stéphanie nous avait expliqué les règles de ce jeu... avant le début des vacances de la Toussaint.

Quelques jours plus tôt.

La fin de la journée sonnait, nous nous dirigions tous vers nos véhicules quand Blake, Stéphanie accompagnés de Sunny nous interpela:

- Je vous cherchais pour vous expliquer les règles plus en détails.

- C'est notre première fois à toutes les deux. Nous informa Sunny en pointant son amie.

- Le jeu débute au couché du soleil et se termine à minuit. Les règles sont simples, rester dans l'orphelinat jusqu'au douze coups de minuit et prendre une photo de ce dit fantôme. Le hasard s'occupera de désigner ceux qui y passeront la nuit. Récita parfaitement la blonde.

...

- Jasper tu nous accompagnes nous allons chasser?

- Je vous rejoindrais Alice je vais faire un tour avant.

- Tu me raconteras !

Alice me sourit, elle comprenait depuis cette fameuse nuit et me couvrait pour mes escapades. Je la vis disparaître derrière la porte me laissant à mes pensées. J'entendis la famille partir et je pris ma veste avant de m'en aller à mon tour.

J'étais assis sur le banc quand je vis sortir de la maison en face Élisabeth qui se dirigeait vers la grande porte de l'orphelinat. Quand elle me vit elle s'arrêta pour me faire un petit coucou de la main avant de s'engouffrer dans la bâtiment. Je ne remarquais que maintenant que je m'étais mis debout et par respect pour ses souvenirs je décidais de rester là attendant la vieille femme. Mes yeux se posèrent sur cette petite lueur à la fenêtre disparaître lentement.

PdV Inconnue (même si vous le devinerez)

La nuit était tombée, désormais je me situais dans le temps grâce aux «visites» de mon inconnu, quinze jours, deux semaines. J'étais allongée sur mon lit, fixant le plafond sans couleur et chantonnait doucement dans le noir. J'avais depuis longtemps développer une peur ridicule – mais bien présente – du noir, et ce soir la lumière protectrice de la lune ne m'offrirait pas son réconfort, les nuages menaçants la recouvrant. Il allait pleuvoir. J'apportais ma main à mon cou espérant sentir le pendentif en forme d'étoile mais il n'y avait rien; je me relevais, et descendis au rez-de-chaussé, me yeux se posèrent sur une forme insipide dans la poussière, coincée entre deux planches.

Je descendis au sous sol et me couchais près de mon corps, je fermais les yeux hâte que le soleil se lève.

Il était encore là, je le regardais se lever précipitamment lorsque j'entendis la porte d'entrée grincer. Je sortis de la chambre et regardais Lizzy du haut de l'escalier. Elle ne bougeait pas du seuil de la porte, elle regardais – comme toujours – dans ma direction avant de s'avancer vers les escaliers. Elle passait devant moi et entra dans ma chambre mais à la place de s'assoir comme à son habitude sur le lit d'en face elle s'assit sur le mien. J'allais la rejoindre lorsqu'elle se releva et se posta devant la fenêtre; elle regardait l'homme en dessous de nous. Le visage grave mais en même temps maternelle. Je m'approchais lentement, regardant dans le même direction, cette fois-ci l'inconnu ne regardait pas vers la fenêtre comme à son habitude mais vers le ciel, avec un air mélancolique.

- J'espère depuis si longtemps revoir ton visage maman Bella. Dit-elle d'une voix emplit de tristesse. Presque un siècle a passé et tu n'es toujours pas revenue. Tu sais que je ne vivrai pas éternellement. Rigola-t-elle légèrement. Je suis vieille, mais demain j'espère te voir...enfin pour partir sereine vers ce monde inconnu.

Je regardais le sourire presque invisible sur le visage fatigué de Lizzy. A-t-elle été adoptée, vécu dans un foyer unis et entourée d'amour? Trouvée une famille accueillante sans pour autant oublié cette famille qui nous formions à une époque désormais révolue? Éprouvée de la haine, de la joie malgré son enfance volée? Remplacée les pleurs déchirants par des rires incontrôlables? S'était-elle mariée? Je ne m'étais jamais posée la question. A-t-elle eut des enfants, une maison remplit de cris joyeux, de rire et de pleure? Si oui, qu'elle genre de mère était-elle, aimante et attentionnée pour ses proches assurément.

- Bientôt. Dit-elle dans un murmure.

Puis elle s'en alla, sans un bruit. Je regardais le jour décliner et l'inconnu disparaître dans les ombres grandissantes. Je me reculais et m'allongeais sur le lit et fermais les yeux, m'évadant loin de ces murs sans couleurs. Lorsque je les rouvris, je me trouvais dans une magnifique prairie recouverte de fleur sauvage, j'étais adossée à un immense chêne perdu dans l'immensité colorée, les jambes étendues devant moi; je portais une robe vaporeuse blanche, les pieds nus je sentais l'herbe fraîche et joueuse sous mes pieds et la bise tiède happer mon visage. La lune pleine et ronde au dessus de ma tête inondait mon être de sa chaleur, ses timides rayons blanc et froids sur ma peau la faisait scintiller comme l'eau d'un ruisseau. Scintillante et pure.

Je me relevais lentement, une main appuyée contre l'écorce rêche de l'arbre. Je regardais tout autour du moi, la prairie se perdait dans l'horizon, je n'en voyais ni le début ni la fin, perdue parmi les fleurs douces et colorée. Je marchais pendant ce qu'il me semblait des heures et à chaque fois que je me retournais je voyais toujours l'immense chêne et ses feuilles vertes à quelques mètres. Alors que j'étais perdue dans mes pensées je butais sur quelque chose de gros et atterris dans un liquide glacée. Je flottais, j'ouvris les yeux et vis que je me trouvais dans ce qu'il me semblait un lac?

Je regagnais la rive je regardais l'eau et je me vis dans une chambre qui ne ressemblait en aucun point à celle que j'occupais à l'orphelinat, j'étais assise face à la fenêtre contemplant la lune pleine par la fenêtre, une forme dans l'ombre de la pièce vint à mes côtés m'entourant dans une étreinte dure mais protectrice. Je ne voyais pas le visage de la personne qui m'enlaçait si intiment mais je priais silencieuse que ce soit mon inconnu.

Parce qu'il était ma liberté.


Merci à : helimoen, lilinette 2008 et Grazi. Pour les mises en Alert.

Alors? Réflexions?

Chapitre 6 : Le jour ''J''

P'tite Vampire^^