Chapitre 7

Liberté retrouvée

Je regardai mon inconnu mettre mon collier à mon cou, une lumière aveuglante et une force invisible inondèrent la cave. Mon sauveur fut littéralement projeté en arrière percutant brutalement une étagère qui s'effondra sous l'impacte, le recouvrant ainsi pour un voile de poussière et de toiles d'araignées. Je me sentis étrangement faible, fatiguée, je voyais mon corps disparaître sous mes yeux alors que la lumière s'effaçait lentement.

Noir.

J'étais lourde, je sentais un flux me parcourir tout le corps, quelque chose battre dans un rythme régulier dans ma poitrine, je sentais la matière sous la pulpe de mes doigts. Une odeur âcre flottait autour de moi. Je bougeai lentement les doigts, ce simple geste me sembla d'une complexité étrange... Tout mon corps se remettait en marche après plus d'un siècle démuni de conscience... d'âme. J'ouvris les yeux quand j'entendis un bruit et une ombre au dessus de mon corps. Je plongeai dans un tourbillon d'or nuancé.

Nous nous regardâmes dans les yeux pendant une durée inconnue, lorsqu'il voulu me toucher je me reculais, je me mis debout regardant tout autour de moi comme si tout ce qui m'entourait était nouveau. La poussière sur mon corps me faisait une deuxième peau, j'entourais mes bras autour de moi et finis par regarder l'homme en face de moi. Lorsqu'il amorça un geste pour se lever je me collais encore plus au mur derrière moi.

- Je ne te veux aucun mal. Dit-il les mains levées se relevant lentement.

Au fond de moi je savais qu'il ne me ferait aucun mal mais... cette réaction venait seule, un moyen de protéger mon corps que je venais tout juste de retrouver. Après tout, n'était-il pas mon inconnu? Ma liberté? Mes jambes ne supportant plus ce poids à porter après un siècle cédèrent, alors que je pensais m'effondrer sur le sol, je me retrouvais dans les bras de mon inconnu. Son odeur était entêtante, je nichais ma tête dans son cou et se fut le noir complet.

Lorsque j'ouvris les yeux j'étais couché dans un lit, je m'assis regardant tout autour de moi. Je n'étais plus à l'orphelinat c'était une certitude... mais alors... où étais-je? Le lit était fait dans un bois massif, imposant. Les draps étaient d'une couleur écume et l'épaisse couverture d'un bleu reposant. J'enlevais les couvertures et vis que j'étais dans un meilleur état. Ma peau n'avait plus ces reflets gris, plus aucune poussière sur ma peau, je ne portais plus ma robe tâchée de mon sang mais une robe de nuit bleue bien trop courte. Je marchais jusqu'au centre de la pièce et regardais tout autour de moi.

Les murs étaient d'un bleu clair pur, une fine bande marron à leurs centres. Une immense bibliothèque me faisait face, elle était faite dans une bois sombre, des centaines de livres étaient rangés sur les étagères ainsi que quelques bibelots d'une valeur sûrement inestimable. Près de la porte se trouvait une commode fabriquer dans le même bois que le lit et la bibliothèque. Je fis face à la grande vitre donnait sur un balcon. Je pouvais voir mon reflet, un reflet qui ne m'appartenait pas, ce corps que je voyais étendue, inerte, sur le sol de cette cave lugubre n'était pas le mien. Mes cheveux bruns n'étaient plus, ils avaient laissés place à une chevelure argent toujours aussi longue qui ne me donnait pas une apparence humaine. Et ses yeux, ses prunelles aussi froide que le métal, un métal parsemé de paillettes dorées. Je n'étais plus moi. Mais au plus profond de moi j'espérais que le matin revenu la Bella que j'avais été pendant un temps reviendrait avec.

J'étais enfin libre de cet orphelinat... je n'étais plus condamnée à vivre entre ses murs, ma prison. J'ouvris la porte et regardais le couloir plongé dans une obscurité sereine. Aucun bruit, je sortis regardant de tous les côtés. Je descendis les escaliers en silence et constatais que le silence était roi au rez-de-chaussé. Je fis toutes les pièces du bas sans jamais trouver âme qui vive. Je sortis donc de la maison, je me retrouvais sur le perron sans savoir quoi faire où aller. Je ne savais rien de cette époque... Je ne connaissais rien de ce monde que j'avais regardé évoluer depuis la fenêtre de ma chambre. Un vent frai se leva doucement avec le soleil me faisant frissonner. Cela faisait tellement longtemps que je n'avais plus ressentis ni la chaleur du soleil sur ma peau et le vent jouer dans mes cheveux, caressant mes joues rouges. J'étais vivante.

Je descendis lentement les marches qui me menaient vers la rue, je regardais les arbres colorés, le vent fouetter mon visage, savourais l'air pénétrer mes poumons, le froid de la fin de la nuit transpercer mon corps de part en part. Je me sentis observer, je me retournais et tombais sur une paire d'yeux d'un doré soutenu... une couleur que j'aimais depuis ce fameux novembre de l'année 1928. Depuis que je l'avais aperçu sur ce banc, seul, les yeux levés au ciel.

Je me sentais attirer par cet homme qui me faisait face, l'allure droite, fier. Ses yeux encrés dans les miens semblaient sonder mon âme, mon coeur que j'entendais battre à une vitesse folle. Étrangement je n'avais pas peur de ces cicatrices qui parsemaient sa peau d'un blanc des neiges. Ces marques je ne n'avais pas remarquées avant ce soir. Ces marques qui me faisaient l'admirer encore plus. Pourtant, je ne connaissais rien de lui, son prénom m'était inconnu, sa vie... ce qu'il était réellement aussi. Je savais au plus profond de moi que c'était le même que la dernière fois que je l'avais vu... Celui qui me faisait face maintenant et celui du banc de mon époque ne faisait qu'un.

Il se mit à marcher dans ma direction et je n'esquissais aucun geste pour me déplacer. Derrière ce sourire en coin sur son visage sans émotion je devinais une force qui me faisait frissonner d'appréhension. Il me tendit sa main que je pris délicatement, légèrement tremblante et le suivit sans peur jusqu'à la maison que je venais de quitter il y avait peu. Il monta les escaliers et je le suivais toujours dans un silence religieux regardant son dos. La maison était toujours plongé de le noir et dans un silence imperturbable.

Je me retrouvai de nouveau dans la chambre où je m'étais réveillée quelques minutes plus tôt. Nous nous retrouvions au centre de la chambre quand il se retourna brusquement prenant mon visage entre ses mains pâles et froide. Un magnifique sourire vint fleurir sur ses lèvres.

- Je les préfère ainsi. Dit-il tout bas.

- Quoi donc? Demandais-je, perdue.

- Tes yeux, je préfère cette couleur... c'est ceux-là que j'ai vu la première fois. Me répondit-il dans un murmure. Il se releva ses mains s'enlevèrent de mon visage et vinrent se mettre le long de son corps. Je manque à mes devoirs je m'appelle Jasper. Se présenta-t-il en souriant.

- Bella. Répondis-je simplement, ce qui fit briller ses yeux d'une étrange lueur. Je détournais le regard vers la baie vitrée avant de reprendre. Où sont les deux garçons et la jeune fille qui t'accompagnaient? Demandais-je, curieuse.

- Ils ne devraient pas tarder. Dit-il simplement. Comment t'es-tu retrouvée dans ce sous-sol?

- En quelle année sommes-nous? Éludais-je.

- Nous somme le premier novembre 2012.

- Presque un siècle. Dis-je tout bas.

- Viens ma famille est rentrée.

Jasper me prit par la main et nous descendîmes, nous nous arrêtions en bas de l'escalier. Jasper toujours aussi droit et fier alors que moi je me cachais derrière lui, ma main libre froissant sa chemise blanche. J'avais peur pour je ne sais quelle raison mais elle était là embrumant mon esprit, étouffant mon coeur.

- Tu n'as pas à avoir peur. Me rassura-t-il. Je fis donc face à sa famille, alors que j'entendis un homme blond aussi blond que Jasper dire :

- Impossible, je croyais l'espèce éteinte.


Merci à : lola-pink, Adele88, Guest, squichy05, oliveronica cullen massen, Bulles, Asuna93 ainsi que les mises en Alert et en Favoris.

J'espère que vous avez aimé. Donc Bella n'est pas humaine... pas vraiment ^^

Avis? Question?

Dîtes-moi ce que vous en pensez =)

Je préviens que Jasper et Bella ne seront pas immédiatement en couple... Dans deux ou trois chapitres peut-être je suis pas sûr encore. J'espère avoir réussis à faire ressentir l'attirance qu'ils avaient car se sera un point important pour la suite sûrement le prochain chapitre si je garde mon idée en tête. Je ne peux pas donner le titre du chapitre 8 ça casserait le suspens ^^

P'tite Vampire