Chapitre Deux : « Not an addict »

Albus Dumbledore se tenait debout sur le perron d'un grand immeuble en béton, situé dans le sud de la France, dans une banlieue assez mal famée.

Il avait trouvé l'adresse qu'il cherchait avec l'aide d'un ami qui travaillait au Ministère de la Magie français. Mais Albus, face au trou béant qui aurait dû comporter une porte d'entrée donnant sur le hall vide de l'immeuble, se demandait sincèrement si cette adresse était la bonne.

Le sol était fait de dalles dont pas une n'était intacte. Des tags décoraient tous les murs, intérieurs et extérieurs de cet immeuble totalement délabré et vétuste. L'immeuble, qui comptait bien dix étages, se situait en face d'un jardin public qui avait dû jadis être tout à fait charmant. Mais au jour où Albus le contemplait, le parc était un amoncellement de déchets en tous genres : des ordures ménagères, des mauvaises herbes, et des clochards soûls installés dans les recoins les plus accueillants, si tant est que l'on puisse appeler ces recoins ainsi.

Albus se tenait là, dans l'encadrement de la porte inexistante. A l'intérieur du bâtiment, un vacarme impossible. Les habitants de l'immeuble n'étaient pas le genre de voisins que l'on apprécie. Un couple se disputait sauvagement au premier niveau, avec insultes et fracas de meubles ; plusieurs jeunes écoutaient de la musique à un volume plus qu'élevé et hurlaient de rire ou de quelque chose d'indéfinissable ; et ainsi de suite à chaque étage.

Un grand escalier en large colimaçon menait aux étages supérieurs. La rampe était détruite en plusieurs endroits quant aux marches, il était difficile de poser un pied dessus sans risquer de tomber, de blesser un clochard endormi ou de ne pas salir sa chaussure avec des matières non identifiées. Bien entendu, aucun éclairage digne de ce nom ne fonctionnait dans le couloir de l'escalier, si bien que malgré le jour éclatant dehors, on ne pouvait distinguer que les silhouettes inquiétantes et déglinguées des différents habitants, tellement l'immeuble était sombre et mal agencé.

Albus parvint à l'étage qui le concernait mais se mit soudain à prier pour que ce ne soit pas l'endroit … Il traversa la distance qui le séparait de l'escalier à la porte d'entrée avec appréhension. La porte en plastique, défoncée, était entrouverte et l'on entendait à l'intérieur plusieurs jeunes qui semblaient bien s'amuser…

Albus poussa du bout des doigts la porte jaunâtre et entra dans la pièce. C'était un appartement entièrement vide de meubles et de quelconque décoration (mis à part les tags), mais rempli d'énergumènes tous plus débraillés les uns que les autres. Il semblait y avoir une espèce de fête ou de célébration qu'Albus ne pouvait pas connaître, et les jeunes dansaient sur une musique de transe psychédélique. Enfin, ils ne dansaient pas proprement dit, ils s'agitaient comme mus par des convulsions, remuaient la tête frénétiquement, et décrivaient des gestes désordonnés avec leurs bras. C'était assez effrayant. Une femme d'une trentaine d'année vomissait contre un mur. Un homme plus jeune jouait à se tailler avec un couteau pour tester la douleur, et on aurait dit qu'il y prenait un plaisir immense.

Un jeune homme habillé seulement d'un pantalon, motif armée en toile, remarqua alors la présence d'Albus dans la pièce et ouvrit des yeux injectés de sang comme des soucoupes. Il se mit à rire, de telle sorte qu'Albus cru qu'il ne parviendrait pas à reprendre sa respiration.

« - Hé les gars putain l'hallu' que j'suis en train de me taper c'est énooorme ! Je vois Merlin, les gars ! » Lança-t-il à ses amis qui ne l'écoutaient pas, d'une voix éraillée et en se tordant de rire.

Albus compris qu'il ne craignait pas grand-chose de leur part s'il avançait dans la pièce.

Il remarqua avec horreur que ce qu'il cherchait était dans un coin tout au fond de l'appartement.

Un autre groupe de jeunes étaient assis en cercles sur des lits constitués de matelas d'une saleté innommable et dont les ressorts perçaient la toile. Au milieu d'eux, un petit réchaud de gaz était allumé à fond et au dessus, une cuillère contenant de la poudre était tendue dans l'axe de la flamme. Ils avaient tous le regard pointé sur la cuillère, les cernes rouges et le teint blanc. Celui qui tenait la cuillère regardait la poudre fondre et se transformer en un liquide transparent prometteur. Il aspira le contenu avec une seringue qui était posée par terre à côté de son genou, dans la crasse, puis planta l'aiguille dans la veine de son bras, à l'intérieur du coude. Les autres le regardaient en vacillant plus ou moins, le regard avide, attendant leur tour avec impatience. L'homme qui venait de se shooter pencha la tête en arrière et se mit à faire une grimace. Il tomba ensuite brutalement sur le dos, sa tête heurta le sol dans un bruit sourd, et il gémit des « ooohhh putiiiin » et autres expressions de jouissance…

La seringue circula dans le groupe et atterrit dans les mains frêles, blanches et tremblantes d'une jeune femme. Elle était assise sur le rebord d'un des lits, et derrière elle était allongé, enroulé dans un pull en laine multicolore et miteux, un petit enfant d'environ cinq mois. Le bébé était en pleurs et hurlaient à s'en décrocher les cordes vocales. La musique et le manque d'attention étaient insupportables pour un tel bout de chou.

La jeune femme entama le processus pour se faire une injection, mais Albus sortit de sa torpeur pour l'arrêter avant que l'aiguille ne transperce sa peau pâle. Il lui saisit fermement le bras et enleva la seringue de sa main.

A ce moment là, un des hommes qui attendait son tour éprouva un fort désaccord envers l'acte du vieil homme. Il se leva d'un bond, les muscles tendus, un couteau à la main et menaça Albus de le lui planter dans le ventre s'il n'arrêtait pas tout de suite. Albus se saisit discrètement de sa baguette :

« - Protego ! »

Et le jeune homme fut envoyé contre le mur d'en face en volant. Même s'ils étaient complètement défoncés, les autres jeunes se retournèrent d'un mouvement étonnamment rapide vers Albus. Tous le fixaient, attentivement, tels des zombies.

Albus se saisit de la jeune femme qui opposa une trop faible résistance, et du bébé qui s'époumonait, et ils disparurent tous les trois dans un craquement sonore.

Les junkies restèrent tel quel, la bouche ouverte, les yeux plus qu'exorbités, immobiles et incrédules. La musique tournait toujours. L'un d'entre eux dit alors :

« - Passe moi la seringue, bordel elle est vraiment terrible cette dope ! »

Et ils reprirent sagement leurs occupations d'auto destruction.

Albus avait transplané vers la chambre d'hôtel moldu qu'il louait le temps de son voyage. Elle était située dans une petite auberge dans le centre, dans la vieille ville.

« - Nom de dieu qu'est-ce que….

- Ne paniquez pas, mademoiselle, je ne vous ferai pas de mal. Je suis venu pour votre enfant, indiqua Albus d'un ton extrêmement doux, en la regardant dans les yeux et en la tenant par les épaules.

Vue de près elle faisait vraiment peur. Elle avait les yeux injectés de sang, le teint livide, les lèvres gercées et un piercing dans le nez qui s'infectait. Et ces cernes presque noires qui arrivaient jusqu'au milieu de ses joues…

Quant elle entendit le mot «enfant », elle se ranima instantanément et chercha sa progéniture des yeux.

- Rendez-la-moi tout de suite !, dit-elle avec colère et peur. Rendez-la-moi ou j'appelle les flics !

Albus lui remit calmement le bébé dans les bras. Il était légèrement déboussolé et hésitait sur la marche à suivre, la meilleure solution pour lui parler de ce qui l'amenait ici. Il n'avait jamais imaginé une telle scène, et n'avait jamais rencontré de drogué. Il n'était d'ailleurs pas certains de ce dont il s'agissait, et de ce qu'il avait vu dans l'immeuble. Il laissa la jeune femme s'assoir sur le lit et bercer inutilement son bébé. Il attendit qu'elle tourne son regard vers lui pour parler.

- Je m'appelle Albus Dumbledore, je viens d'Angleterre, je souhaite vous aider.

Il parlait français avec un léger accent, utilisant un enchantement de traduction.

- Qu'est-ce que vous croyez faire ?, cracha-t-elle d'un ton mauvais. Vous êtes quoi, l'Armée du Salut peut-être ? Les Témoins de Jehova ? Vous voulez m'enrôler dans votre merde en prétendant me sortir de la mienne ? J'en ai déjà vu des comme vous …

-…Ecoutez mademoiselle, je ne sais pas de quoi vous parlez car je viens d'un endroit où ces choses là n'existent pas… Je souhaite sincèrement vous aider, pour le bien de votre fille.

- Et vous venez d'où ? De Mars ? fit-elle en rigolant, ce qui la fit se balancer d'avant en arrière car elle n'avait pas d'équilibre. Foutez-moi la paix et laissez-moi sortir d'ici !

- Je regrette, je ne vous laisserai sortir que quand vous aurez écouté ce que j'ai à vous dire, dit-il sur un ton plus ferme.

Il pensa : « Si seulement j'avais su, j'aurais put amener une potion de dégrisement… »

La jeune femme sembla prendre peur. Elle se leva et se rua vers la porte qui était fermée. Elle s'acharna dessus, ce qui refit pleurer le bébé de plus belle.

Albus en avait le cœur déchiré. Il ne savait plus quoi faire. Il avait peur que la jeune femme panique et que la situation lui échappe. Il tenta le tout pour le tout, se disant que la dernière chose à faire serait de lui jeter un sort pour l'immobiliser et de l'emmener à Ste Mangouste, ou il ne savait où…

- Ecoutez, je viens pour la petite fille. Vous savez comme moi que ce n'est pas une vie pour un bébé de cet âge, et qu'elle mourra si vous continuez ainsi. Alors soit vous revenez à la raison et vous coopérez, soit je prendrai l'enfant avec moi et je la placerai dans une famille adoptive qui s'en occupera à votre place.

La jeune femme réagit dans la seconde. Elle s'immobilisa, la main sur la poignée de porte, le dos droit, les yeux écarquillés. Elle se tourna lentement vers Albus, et dit :

- Vous… vous pouvez faire ça ?, demanda-t-elle d'une voix morne.

- Pardon … ? Je ne saisis pas…

- Vous pouvez la prendre et la mettre dans une bonne famille ?, demanda-t-elle avec un espoir non dissimulé.

- Je peux, oui… Mais le but de ma venue est d'abord de vous ramener à la raison pour que vous puissiez la garder. C'est votre enfant… Quel est votre nom ?

- Je… si vous pouviez… ce serait génial… vous pourriez me débarrasser de cette poisse…, fit elle franchement.

- Quoi ?!, fit Albus en montrant bien son écœurement face à sa volonté d'abandon.

- Parce que vous croyez que j'ai choisis d'avoir cette putin de gosse à dix-huit ans, hein ? , vociféra-t-elle. Vous la voulez ? Prenez-la ! Ce sera mieux pour tout le monde !

Albus n'en revenait pas…

- C'est hors de question, cette enfant est la votre c'est votre responsabilité, vous aviez le choix quand vous l'avez conçue, vous …

- Oh non de dieu !, cria-t-elle. Tu crois pas que c'est un peu tard pour la morale, papi ?? Tu crois pas que je me le suis déjà dis tout ça ?? Et puis… Merde ! Pourquoi est-ce qu'on a cette conversation !! Je ne vous connais pas et vous me gardez enfermée sans mon consentement ! Je vais appeler les flics !

Albus se passa la main sur le visage en geste de dépit. Il ne savait pas comment s'y prendre. Il se demandait comment il avait put imaginer que cela se passerait sans aucun problème… Et en même temps il comprenait, si c'était possible, ce que ressentait cette fille complètement pomée qui voyait débarquer un vieux mage habillé en robe de sorcier.

- Bon… si vous ne voulez pas d'aide et que vous ne voulez pas coopérer, je ne peux rien pour vous… Je m'en vais, fit-il résolu à revenir avec de l'aide et une potion de dégrisement.

La jeune femme stoppa net ses aller et venues dans la petite pièce. Elle regarda Albus prendre son sac et remballer ses affaires de nuit pendant quelques minutes. Son regard allait d'un objet à l'autre, elle semblait réfléchir à la vitesse de la lumière.

- Attendez !

Albus se tourna vers elle et lui jeta un regard par-dessus ses lunettes en demi-lune.

- Attendez… Je…Je veux que vous aidiez la petite… Je … J'ai pas les idées claires j'ai besoin de dormir je crois, de manger…

Albus eut l'impression que sa voix avait changée d'intonation. Peut-être qu'elle redevenait un peu lucide ?

- Si vous désirez dormir ici, je vous laisse la chambre et je fais monter un repas, dit-il doucement. Mais peut-être faudrait-il s'occuper de cet enfant en priorité.

La jeune femme tenait toujours le bébé dans ses bras et il continuait de pleurer.

- Oui mais je… je ne sais pas ce qu'il faut faire… J'ai rien à lui donner, moi !, fit-elle avec l'air d'être encombrée.

- Donnez la moi, je crois que je sais, faites-moi confiance.

- Quoi vous avez des gosses ?, fit-elle grossièrement.

- Non. Mais j'ai eut une petite sœur, fit il sans prêter attention à ses manières. Il faut sûrement la changer et lui donner du lait.

C'est ce qu'il fit, avec la plus grande douceur et les plus amples précautions. Il fit apparaître un biberon de lait avec sa baguette magique. La jeune femme poussa un cri de stupeur mais ne bougea pas. Après tout, il les avait téléportés depuis le squat jusqu'ici et il avait envoyé voler un des gars dans la pièce.

Mais ce vieil homme lui inspirait confiance, il y avait de la douceur dans ses yeux bleus-gris, et de la compassion dans sa voix. De toute façon, elle n'avait rien à perdre à se faire entretenir par un homme qui voulait l'aider… c'était peut-être une occasion d'arrêter ses conneries.

- Je m'appelle Lise.

Albus donnait le biberon à la petite fille assis sur le rebord du lit, tel un grand-père attentionné.

- Bonjour Lise, fit il en lui souriant gentiment. J'espère que je ne vous ai pas fait trop peur avec mes petits tours de magie.

- Ah… Si !, fit elle franchement, Un peu…Quand même… Comment vous nous avez amenées ici ? Comment… vous avez faits… tout ce que vous avez fait !?

- Je ne vais pas vous mentir Lise, cela risque de vous choquer ou de vous faire peur mais vous ne devez pas. C'est une vérité, et je vous le prouverai volontiers quand cette jeune demoiselle aura finit de boire mais… Je suis un sorcier.

- Ha ! Carrément…

Albus ne dit rien, en général, cette phrase avait besoin d'un peu de temps pour être digérée.

- Vous savez… ça ne fait que six mois que je l'ai mais… elle a fait des trucs bizarres, une ou deux fois … Je croyais que j'hallucinais… mais en voyant ce que vous avez fait, je crois qu'elle faisait… la même chose que vous… fin… ça, dit-elle en désignant du doigt la baguette d'Albus.

- Ah vraiment ? Si jeune, s'intéressa Albus. Et que c'est il passé ?

- Eh ben… une fois, on était dehors dans le parc devant l'immeuble, peut-être que vous l'avez vu…

- Oh oui, je l'ai vu…, fit Albus d'un air catastrophé.

- … Et un papillon est venu se poser sur elle. Elle a voulu jouer avec … elle tendait la main vers le papillon et il y a eut … comme des étincelles… Je ne saurais pas vous dire mieux… comme de la lumière qui sortait du bout de ses doigts, comme ça l'a fait avec votre…truc, dit-elle encore en désignant la baguette.

- Je vois, dit Albus, d'un air rassurant. C'est assez rare à son âge, mais cela arrive.

- Alors elle est comme vous ?, hésita Lise.

- A peu près oui. C'est une petite sorcière, qui est aussi shaman. Enfin, qui deviendra shaman.

- Ah … Je suppose que je vous allez m'expliquer ?, dit-elle en esquissant un sourire.

Albus fut surpris par ce sourire qu'il accueillit avec plaisir. Il s'attarda alors sur le visage de la jeune maman. Elle avait des yeux noisette cerclés de mascara, et des cheveux bruns, à en juger par son teint et ses racines de cheveux, mais qui étaient actuellement colorés en blond platine. Elle avait un petit nez un peu pointu, charmant. Et une bouche aux lèvres pulpeuses, qui auraient été plutôt attrayantes si elles n'avaient pas été gercées et couvertes d'un rouge à lèvre criant et bon marché. En définitive elle devait être une joli jeune fille, sans les cernes et l'air malade, et on imaginait assez facilement qu'elle ait eut un enfant aussi tôt, vu les fréquentations qu'elle avait et sa façon de s'habiller. Elle était vêtue d'un débardeur moulant et décolleté qui laissait voir les bordures en dentelles de son soutient gorge et un jean taille basse et à pattes d'éléphants.

- Où sont vos parents, Lise ?, demanda Albus d'un ton paternel.

- …

- Ils savent où vous habitez ?

- Ils n'en ont rien à foutre, dit-elle brutalement. C'est des gros cons. Quand ils ont vu mon ventre et que je leur ait dit que j'étais enceinte, ils m'ont foutu dehors en disant que j'étais une traînée. De toute façon je me démerde mieux toute seule, à la maison c'était l'horreur…

La petite avait finit son biberon mais continuait de se plaindre, d'une manière différente. Lise prit les choses en main.

- Laissez-la-moi, ça je sais le faire…

Elle prit la petite fille face à elle, le ventre contre son épaule, et tapota doucement dans son dos tout en bougeant légèrement de haut en bas en pliant les genoux. La petite fille fit son rot et cessa net de pleurer. Elle l'installa alors dans le lit, sous les couvertures chaudes. C'était encore l'hiver et il ne faisait pas chaud, même dans le sud de la France.

- Comment s'appelle-t-elle ?, demanda Albus.

- Je ne sais pas vraiment… J'ai pas encore décidé… J'avais pensé à un prénom mais, ça fait vieux !

- Dites toujours, je suis vieux ! Ce n'est pas moi qui me moquerai de votre idée, fit il en souriant.

- J'avais pensé à Luce, c'est doux et mignon… comme elle.

- C'est un excellent choix, Lise.

Ils regardèrent tendrement l'enfant qui dormait paisiblement.

- Bon eh bien, je crois que je vais dormir moi aussi, dit Lise. Je vais me mettre avec elle. Je crois que j'ai des choses à me faire pardonner…

Albus acquiesça et fit mine de sortir de la chambre.

- Non, restez !, suppliqua -telle. Restez… Juste au cas où…

Albus fit demi-tour docilement et s'installa dans le gros fauteuil moelleux qui était entre le lit et la porte. Il veilla sur les deux silhouettes endormies et se dit que le plus dur était passé. Il lui expliquerait ce qu'elle voudrait savoir sur le monde sorcier le lendemain, et lui parlerait de l'arrangement qu'il avait imaginé, concernant la garde de sa fille.

Le lendemain, après le déjeuner, il lui proposa la chose suivante : il lui offrait une cure de désintoxication (après qu'elle lui eut expliqué que ce serait la seule façon réelle de changer de vie), et elle trouverait ensuite un travail et une maison. En attendant il placerait la petite dans un orphelinat sûr, et quand elle serait prête, elle la reprendrait avec elle. Lise accepta la solution qu'il lui proposait. L'orphelinat en question était en Angleterre, un qu'il connaissait et où l'on s'occuperait bien du bébé.

Quelques jours plus tard, il la conduisit dans l'établissement hospitalier qui se chargerait de sa cure de désintoxication. Elle dit au revoir à sa fille, et marcha vers le portail en fer forgé qui donnait sur l'allée principale de l'établissement.

- Merci pour ce que vous faites pour moi, Albus. Je ne suis pas sûre d'avoir tout compris sur le monde d'où vous venez, mais je suis certaine qu'un homme comme vous est digne de confiance.

Elle l'embrassa sur la joue, et passa le portail.

Albus rougit légèrement, surprit par cet acte démonstratif.

Il transplana vers Londres et déposa l'enfant dans l'orphelinat dont il avait parlé à la jeune maman.

Il retourna ensuite à Poudlard, et reprit sa vie normale. Il avait réussit à protéger le futur gardien des premiers dangers qui le guettaient.

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J'espère que ce début de fiction vous plait !

N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez, et à bientôt !

ShinYuMe