Dans ce chapitre, les personnages de Lev et Luce rencontrent ceux de JK Rowling ! ;)
enjoy !
Shin YuMe Nina
Chapitre Dix : 12, Square Grimmaud, Londres.
« A la croisée des mondes ... »
Luce était née sorcière, mais depuis qu'elle avait vécu sa maladie initiatique, elle n'était plus une sorcière comme les autres. Rogue avait assisté_ et provoqué_ cette transformation. Maintenant qu'elle était shamane, il devait ramener Luce Pangier à Londres, où elle serait placée sous la protection de l'Ordre du Phoenix. Il avait envoyé un message codé au professeur Dumbledore via le tableau magique qui reliait la chambre de Luce Pangier au bureau du directeur de Poudlard.
Le directeur reçu la nouvelle quelques secondes plus tard seulement. Il était inquiet mais heureux de pouvoir rencontrer sa protégée sous peu. Luce était à présent dotée de talents tout à fait particuliers : non seulement elle était sorcière, mais elle disposait de pouvoirs plus grands, qu'aucun autre sorcier ne pouvait posséder. Aucune autre forme de magie ne ressemblait à la magie shamane. Voilà pourquoi Dumbledore souhaitait protéger le secret de Luce aussi longtemps que possible. Car si Lord Voldemort venait à apprendre l'étendue des pouvoirs d'un shaman, il essaierait soit de recruter Luce dans son armée de Mangemorts, soit de se débarrasser d'elle pour qu'elle ne puisse pas se mettre en travers de son chemin. Dans le premier cas, l'armée de Lord Voldemort deviendrait invincible, et dans le deuxième cas, le monde perdrait un être qui était capable de maintenir son harmonie... Une perte irréparable, et pire encore aux yeux de Dumbledore. Le professeur était attaché à cette enfant qu'il avait sauvée alors qu'elle n'était qu'un nourrisson, et à sa mère, qu'il avait remise dans le droit chemin.
De retour dans le salon, chez les filles Pangier, Severus s'occupa de la jeune fille qui se remettait lentement de son état de transe. La jeune shamane était encore sous le choc.
Lorsque Luce s'était transformée, pendant la maladie initiatique, qui avait été causée par une forte montée d'adrénaline, elle avait vu pour la première fois ces petites poussières lumineuses dorées qui faisaient partie de tout élément magique. Elle avait découvert qu'à la différence de son tableau magique, le professeur Rogue était aussi constitué de particules luminescentes de couleur bleue. Elle se demandait si c'était la différence entre un élément magique inerte et un autre vivant.
En l'espace de quelques minutes, Luce avait appris des secrets que seuls les shamans et les centaures partageaient. Elle connaissait la véritable nature des choses. « Un élément magique est fait de particules dorées, et un être vivant est fait de particules bleutées. Est-ce que le monde se résume à cela ? » Tant de questions naissaient dans son esprit encore embrumé ! Elle désirait ardemment en savoir plus...
Des années plus tôt, au moment de la venue au monde de Luce, Firenze avait expliqué au professeur Dumbledore qu'un shaman était bien plus qu'un être humain, et même plus qu'un sorcier.
Tout d'abord, la magie communément utilisée par les sorciers était particulièrement concentrée dans le Shaman et autour de lui. S'il apprenait à utiliser correctement ses pouvoirs, le shaman pouvait manipuler cette magie selon sa volonté. En d'autres termes, il n'avait nul besoin de médiateurs tels que les baguettes magiques pour jeter des sorts : cela lui était naturel, alors que même pour un grand sorcier comme Dumbledore, un sortilège informulé nécessiterait toujours un minimum de concentration.
Mais les shamans avaient des aptitudes bien plus originales et importantes. Ils avaient pour mission de maintenir l' Harmonie. Ils utilisaient une forme différente de magie appelée Magie Shamane, qui permettait de veiller sur les deux mondes existants, dont seuls les shamans et les centaures avaient connaissance.
Celui dans lequel tous les êtres vivaient, sorciers, moldus et autres créatures, était le Monde Terrestre, nommé Tsibal.
Le Monde des Âmes, nommé Styxe, était habité par les alter-ego des êtres vivants, des entités appelées Nahualli. Elles étaient dotées d'une conscience propre. Les Nahuallis agissaient selon leurs propres intérêts ainsi que selon ceux de leur alter-ego vivant habitant le Monde Terrestre. Les actes de ces esprits du Monde des Âmes pouvaient influencer la vie de leur alter-ego.
Et c'était en cela que le Shaman pouvait maintenir un certain ordre : en accédant à Styxe, ils contrôlaient les agissements des Nahuallis afin que ce trafic d'influence ne prenne pas trop d'ampleur et que les êtres vivants sur Tsibal puissent conserver la majeure partie de leur libre arbitre. C'était cela que les shamans appelaient Harmonie : un juste et fragile équilibre entre toutes ces volontés.
Luce allait donc apprendre à être un shaman.
Mais pour le moment, elle ne savait que très peu de choses sur ses véritables capacités et harcelait Severus Rogue de questions. Le professeur tentait de répondre :
« - D'après ce que je sais, vous avez atteint un point de transition, expliqua-t-il. Vous êtes dorénavant une sorcière très spéciale, une shamane. Les shamans sont très rares, et aucun autre sorcier ne peut voir ce que vous avez vu. Seuls les shamans possèdent ce genre de pouvoir. Pour l'instant vous ne savez pas vous servir de vos pouvoirs mais lorsque vous serez à Poudlard, vous recevrez un enseignement adapté. Vous apprendrez à utiliser la Magie Shamane. Oh bien sûr vous apprendrez aussi à utiliser la magie que tous les sorciers utilisent. J'imagine que le professeur Dumbledore aura prévu pour vous tout un tas de mises à jours. Vous êtes en retard de plusieurs années sur le cursus scolaire normal d'un sorcier. Enfin il vous expliquera tout cela lui même. Nous allons partir pour Londres dès que vous vous sentirez prête.
Luce avait bien tout noté dans un coin de sa tête. Elle était « spéciale »... comment pouvait-on être encore plus spécial qu'un sorcier?
Mais cela signifiait qu'elle devait partir d'ici, qu'elle devait quitter sa maison et sa mère...Elle en fut surprise, mais ce départ soudain ne lui plaisait pas du tout. Bien qu'elle ait rêvé de l'école Poudlard presque toutes les nuits depuis ses onze ans, partir dans l'heure ce n'était pas du tout ce qu'elle avait prévu. Elle pensait avoir encore un peu de temps, la rentrée n'étant que début Septembre... C'était tout juste le milieu de l'été et elle devait déjà quitter sa mère.
Le professeur Rogue lui assura qu'elle n'avait plus le choix, et qu'elle devait partir, jusqu'aux prochaines vacances scolaires.
Elle empaqueta donc ses affaires : ses vêtements et tout ce qui pourrait lui manquer. Une vague de mélancolie la submergea, en même temps qu'un pic d'excitation. Elle allait enfin voir Poudlard, rencontrer Dumbledore, faire de la magie, suivre des cours intéressants et rencontrer d'autres sorciers de son âge !
Mais avant, elle devait passer la dure épreuve de quitter sa mère gravement malade, et elle ne pouvait s'empêcher de penser, au fond d'elle, qu'elle l'abandonnait. Son coeur allait exploser...
Pendant que les filles Pangier se disaient au revoir, Severus attendait à quelques pas de l'hôpital.
Severus Rogue était un homme patient. Patience qu'il avait acquise par la force des choses. Ainsi, il attendit calmement jusqu'à ce que Luce se sente enfin prête à partir et le rejoigne. Elle le regarda, les yeux rouges, sanglotant encore, et dit simplement :
« -On peut y aller. »
Ils marchèrent un petit moment en silence et Severus retrouva le portoloin qui menait au Ministère de la Magie français. Là-bas, il purent emprunter une voie de transport à longue distance, et atterrirent à Londres. Il faisait nuit, et Severus la conduisit jusqu'au Chaudron Baveur. Il prit deux chambres : il ne pouvait pas la laisser seule à l'auberge.
Pas très loin de là où Rogue et Luce Pangier se trouvaient, un groupe de personnes pour le moins hétéroclite traversait un parc en silence. Seuls les bruissements de leurs capes trahissaient leurs mouvements. Lorsqu'ils atteignirent la bordure du parc, l'un d'eux prit la parole :
« -C'est ici. Reste derrière moi, Harry.
-Tu vas voir, Harry, tes amis sont déjà là, chuchota une jeune femme aux cheveux bleu-nuit.
-Tais-toi donc, Tonks !, jura l'homme qui se tenait devant eux.
-Rooh, Maugrey ce que tu peux être rabat-joie ! »
Lorsqu'il vit la maison du 12 Square Grimmaud, Harry Potter se dit qu'elle était absolument lugubre. La façade du Quartier Général de l'Ordre n'était pas reluisante, et comme il le découvrit une minute plus tard, l'intérieur de la maison ne l'était pas davantage. Il y avait une heure à peine, il était encore chez les Dursleys, mais cette équipe phénoménale était venue le chercher pour lui éviter des ennuis. En effet, Harry avait jeté un sort en présence d'un moldu_ son cousin Dudley_ pour se défendre contre des détraqueurs, et il avait reçu une lettre de renvoi de l'école de Poudlard pour avoir usé de la magie sans en avoir l'autorisation.
En trébuchant sur le tapis du hall d'entrée, Harry provoqua la fureur de la propriétaire des lieux. Une voix de femme provenant d'un tableau recouvert d'une tenture épaisse, accroché au mur, se mit à hurler:
« - SALE VERMINE ! TRAITRES A VOTRE SANG ! Sortez de ma maison ! »
Harry était un peu décontenancé. Mais il poursuivit son chemin jusqu'au fond du couloir, d'où il entendait des voix. Mais l'accueil ne fut guère plus chaleureux quand il atteignit la cuisine, où se tenaient les différents membres de l'Ordre du Phoenix. Il eut à peine le temps d'apercevoir son cher parrain que Mme Weasley le renvoya vite à l'étage rejoindre Ron et Hermione.
Après deux mois sans nouvelles de ses amis, Harry ne savait pas quel sentiment était le plus fort. Etait-ce la joie de les retrouver? ou la colère que cet isolement avait provoqué? Mais une fois qu'il eut poussé la porte grinçante de la chambre où étaient Ron et Hermione, il le sut.
Bien que Hermione lui sautât au cou pour le serrer dans ses bras, et que Ron lui adressât un sourire de bienvenue, le sentiment le plus fort fut la colère. Une fois qu'il eut respecté la bienséance et retourné le bonjour à ses acolytes, Harry cracha son venin :
« -Alors vous étiez ensemble tout ce temps, tandis que moi j'était coincé chez mon oncle et ma tante, sans nouvelles du monde extérieur ?, s'indigna-t-il.
-Harry, on est désolé. On ne pouvait pas..., essaya gentiment Hermione. On nous a demandé de ne rien te dire de précis dans les lettres au cas où elles seraient interceptées. Je...
-Et alors ! Vous auriez pu au moins m'inviter à venir ici, non ? Ou me faire comprendre quelque chose ! J'ai passé tout l'été à m'emmerder chez les Dursley, à attendre le signe d'une catastrophe ou je ne sais quoi ... Et vous, vous étiez là bien tranquillement, à vous amuser sans moi !
-Pas du tout, Harry !, se défendit Ron. On ne t'as pas tenu à l'écart exprès ! On voulait que tu viennes mais...
-Mais quoi ? Y'avait plus aucun hibou de disponible ce jour là ?
-Non..., dit Hermione. C'est juste que ... Dumbledore nous a demandé de ne rien te dire, voilà. Et il a dit aussi que tu devait rester là-bas, que c'était plus sûr.
- Dumbedore est venu ici ?
-Oui et il nous a fait promettre de ne rien te dire par courrier, d'attendre la rentrée. Voyons Harry, on ne voulait pas te laisser seul tout ce temps, mais on n'a pas eut le choix ... »
Mais Harry n'écoutait déjà plus. Il était concentré sur les derniers mots qu'avait prononcé Hermione. Alors Dumbledore lui-même l'avait tenu à l'écart, lui, Harry Potter, celui qui avait assisté en direct au retour de Voldemort, lui qui en savait le plus ... Pourquoi l'avait-il abandonné ainsi pendant tout l'été ? Après tout, n'était-il pas le mieux placé pour aider ? Pour faire partie de l' Ordre du Phoenix par exemple ? Il aurait au moins pu lui permettre d'être au courant de ce qui se passait... Il n'avait plus onze ans, non d'un chien !
« Et qu'ils n'essayent pas de me faire croire qu'il n'existe aucun moyen sûr pour communiquer..., pensait Harry. Non mais ils me prennent vraiment pour un demeuré... »
Ron et Hermione essayèrent encore de s'expliquer pendant de longues minutes, mais Harry ne voulait rien entendre. Il ne se calma que lorsque les jumeaux, Fred et George, firent irruption dans la chambre en transplanant, ce qui leur fit une trouille bleue à tous les trois.
« -Harry si tu as fini de hurler, souhaiterais-tu écouter quelque chose de plus intéressant ?, demanda George.
-Comme quoi? ,demanda Harry.
-Vois-tu Harry, pendant que tu te mortifiait chez ta tante et ton oncle, on a passé l'été à confectionner tout un tas de gadgets pour notre future boutique de farces et attrapes, grâce à toi d'ailleurs, commença Fred non sans manquer de tact.
-Oui, l'argent que tu as gagné l'an dernier au Tournoi des Trois Sorciers, et que tu nous a donné. On l'a pas gaspillé !, assura George.
-Bref , le truc c'est qu'on a fabriqué quelque chose qui permet d'écouter à distance les conversations des autres..., expliqua Fred avec un sourire malicieux.
-Et ?..., fit Ron qui ne voyait toujours pas où ses frères voulaient en venir.
-Et alors ils veulent que l'on espionne la réunion de l'Ordre, conclut Hermione.
-Exactement !, fit Fred en remuant sur lui même pour attraper l'oreille à rallonge qui était dans sa poche.
-En plus, vous savez quoi ?, lança George mystérieusement. Il y a un nouveau ! »
Il y avait trois jours de cela, Remus Lupin avait fait passer plusieurs tests rigoureux à un jeune homme qu'il avait rencontré au Chaudron Baveur. Le jeune homme en question n'était autre que Lev Sviatoslav, un vagabond de dix-sept ans qui avait traversé l'Europe entière pour rejoindre Londres. Remus avait plaidé en sa faveur et finalement, Dumbledore avait accepté que la candidature de Lev soit étudiée. Normalement, ils acceptaient avec joie n'importe quel partisan de la liberté. Mais ce cas était très particulier.
Remus Lupin prit la parole et fit commencer la réunion de l'Ordre du Phoenix.
« - Je vous présente Lev Sviatoslav, fit Remus en se tournant vers le jeune homme à sa droite. Il souhaite faire partie des nôtres.
Des murmures s'élevèrent tout autour de la table.
-Mais enfin Remus, dit Mme Weasley, ce n'est qu'un enfant ! Quel âge a-t-il ?
-Il a dix-sept ans.
-S'il est mineur nous devrions interroger ses parents, Remus, ajouta Kingsley Shackelbot.
-Lev est mineur c'est vrai. Mais ses parents, moldus, ont renoncé à leurs droits parentaux quand ils l'ont abandonné, le jour de ses onze ans. Ils ont pris cette décision en apprenant que leur fils était un sorcier. Donc nous pouvons nous passer de leur avis dans cette histoire.
-Très bien, répondit Mme Weasley, mais sa place n'est-elle pas à l'école avec les autres jeunes de son âge ? Il a le même âge que Fred et George enfin !
-Eh bien, Lev n'a jamais intégré aucun système scolaire de sa vie. Il a passé quelques années dans un pensionnat, là où ses parents l'ont enfermé dès ses onze ans, puis il a parcouru l'Europe à pied. Il souhaite avoir un emploi, pas faire des études. On ne peut pas le forcer à aller à l'école ... je veux dire, techniquement on pourrait, mais s'il est là c'est parce qu'il souhaite joindre notre cause, pas être adopté ni placé dans une école. Alors discutons de cela plutôt, non ?
Molly Weasley voulut répondre à son interlocuteur mais son mari l'en empêcha. Tout le monde approuva d'un signe de tête la phrase de Rémus. Ils comprenaient que Lev n'était pas un adolescent aussi immature que ses congénères, et concevaient beaucoup mieux que Molly que tous les jeunes sorciers ne puissent pas suivre un parcours scolaire classique. Et effectivement, ils n'étaient pas là pour se soucier de son éducation mais pour décider s'il pouvait leur être utile dans l'Ordre.
L'un des sorciers assis autour de la table demanda à Remus qu'il leur parle des capacités de Lev. Alors Lupin reprit la parole et expliqua comment les évènements s'étaient déroulés après leur rencontre au Chaudron Baveur.
« -J'ai commencé par lui demander de me montrer ce qu'il savait faire. Je voulais qu'il me lance un sortilège de combat pour pouvoir le jauger. J'ai été très étonné, à vrai dire, de voir qu'il avait un aussi bon niveau : il m'a envoyé valser avec son sort de désarmement. »
Maugrey Fol' oeil et Kingsley Shackelbott écarquillaient les yeux et haussaient les sourcils. Ils demandèrent comment Lev avait pu jeter un sort s'il n'avait jamais intégré d'école de sorcellerie.
« -Il semblerait que Lev Sviatoslav ait appris des sortilèges du niveau de cinquième année d'étude à Poudlard, en utilisant un manuel scolaire qu'il a trouvé par hasard, au cours de son voyage. Comme il s'agissait d'un manuel de Défense Contre les Forces du Mal, il connaît quelques sorts utiles. Tenez, regardez vous même, c'est exactement le même que ceux que l'on utilise à Poudlard, dit Remus en posant sur la table le manuel que Lev lui avait apporté.
-C'est aussi grâce à ce livre que j'ai appris un peu à parler anglais, ajouta Lev en s'avançant.
Autres haussements de sourcils approbateurs, admiratifs. Jusque là il n'avait pas fait un bruit, s'était tenu bien droit, les mains croisées dans le dos. Lorsqu'il parla, personne ne remarqua d'accent. Bien entendu, Remus avait jeté à Lev un sortilège de traduction depuis leur rencontre, afin de faciliter leurs conversations. Lupin continua :
« -Bien que son apprentissage soit imparfait et inégal, il est certain que Lev est très doué. Je ne pense pas me tromper en disant que sa magie est presque aussi puissante que celle de Harry actuellement, ce qui n'est pas négligeable, comme vous le savez sans-doute. »
A ces mots là, Sirius Black releva la tête. Il était accoudé nonchalamment sur la cheminée et ses mèches de cheveux noirs lui tombaient sur le visage. Son regard sombre croisa celui de son ami :
« -Tu crois sérieusement qu'il a un tel niveau ?, demanda Sirius sans même se préoccuper de la présence de Lev dans la pièce.
-Oui c'est ce que je crois. Et c'est d'autant plus surprenant qu'il n'a jamais eut d'enseignant et qu'il n'est pas issu d'une famille de puissants sorciers...
-Hmm, fit Sirius en s'approchant de la table pour s'y appuyer sur les poings. Et pour quelles raisons souhaites-tu t'engager dans l' Ordre du Phénix, petit ?, demanda-t-il à Lev, provocateur.
Lev se tendit, il était assez gêné. C'était la première fois que autant de monde s'intéressait à lui.
D'après ce que Lupin lui avait expliqué, ils étaient tous de très grands sorciers. Il devait se montrer convainquant et mature, comme le lui avait dit Remus. Il tira un peu sur sa chemise, achetée pour l'occasion, et s'éclaircit nerveusement la gorge. Il se dit qu'il valait mieux être franc.
-D'où je viens, la liberté n'est pas un acquis. En Russie, ou dans ma propre vie, ce n'est pas une valeur qui « coule de source ». Je ne sais pas vraiment comment vous l'expliquer, mais ce que je peux dire, pour avoir vécu trois ans dans un pensionnat contre ma volonté, c'est que j'ai désiré être libre plus que tout. Et à mon avis, c'est ce que tout le monde souhaite. Je me sentirais utile en rejoignant votre cause. Vu que vous êtes un groupe de gens qui souhaitent défendre la liberté, je trouve que ça colle bien avec mes idéaux. Et quand je cherchait un travail, j'avais envisagé m'engager dans l'armée, alors, pourquoi pas parmi vous, puisque je suis sorcier ?
-L' armée ?
-Oui c'est l'équivalent moldu des Aurors, si l'on veut, répondit Remus Lupin.
-C'est bien joli tout ça, fit Sirius, Mais c'est pas un stage qu'on te propose ici. C'est une place dans l' Ordre du Phénix. Tu devras probablement te battre contre des mages noirs très expérimentés. Beaucoup de gens sont morts au sein de ce groupe dans les années passées. Il faut que tu saches que faire partie de l'Ordre, c'est être prêt à risquer sa vie. Même si on t'entraîne et que tu acquiert un niveau suffisant, il y a des beaucoup de risques que tu y laisse des plumes.
-Oui, je sais tout ça. Lupin m'a expliqué. Mais dans l'armée, chez les moldus, il y a tout autant de risque... Je ne prétend pas que je serais un atout pour vous, mais je promets d'être utile. Si vous le souhaitez, vous n'avez qu'à vous réserver le droit de me renvoyer si, après mon entraînement, vous n'êtes toujours pas convaincus.
La proposition de Lev n'était pas une mauvaise idée. Les membres de l'Ordre eurent le sentiment que c'était un jeune homme franc, réaliste et motivé. Ils discutèrent à voix basse et échangèrent leurs avis.
Globalement, ils semblaient tous intéressés par sa recrue : Remus se sentit fier. Il avait apprit à Lev, en quelques jours, tout ce qui était élémentaire pour une telle candidature. Son élève avait bien appris la leçon. Il s'en sortait bien.
-J'ai informé Lev des dangers réels auxquels il serait exposé et je lui ait expliqué tout ce qu'il devait savoir. Je lui ait également demandé de boire du Véritaserum et de répondre à des questions bien précises afin d'être spurs qu'il n'était pas un espion. Il a également passé des tests plus scolaires : de linguistique et de Q.I. . Tout s'est très bien déroulé. Son niveau est tout à fait acceptable même si Lev aura certainement besoin d'un entraînement bien ciblé . Si quelqu'un a besoin de plus de détails, il peut lire les parchemins des tests qui sont sur la table.
Personne ne fit un mouvement. Sirius se dit que Rogue, s'il avait été là, n'aurait pas manqué de montrer qu'il ne faisait pas confiance à Lupin. D'ailleurs où était-il, Servilus ?
Les membres de l' Ordre eurent ensuite un moment pour discuter avec Lev et poser d'autres questions. Remus s'écarta de la table, et rejoint son ami Sirius qui était revenu près de la cheminée.
-Alors, qu'est-ce que tu en penses, Patmol ?
-Je pense qu'il à l'air bien. Volontaire. Doué, puisque tu le dis. Mais qui va s'occuper de l'entraîner ? Je veux dire, personne ici n'a que ça à faire de sa journée, à part moi bien sûr..., fit Sirius d'un air désinvolte.
-Bien sûr..., répondit Remus. J'espérais que tu dirais ça ! J'en ai parlé avec Dumbledore et il pense que tu pourrais faire l'affaire, dit Remus en donnant un coup de coude à son ami.
Ils échangèrent un sourire. Ils étaient sur la même longueur d'onde, comme toujours.
Enfin, les membres de l' Ordre n'eurent plus de question à poser à Lev. Remus demanda une dernière fois si tout le monde pensait avoir assez d'informations pour pouvoir délibérer. Kingsley posa alors la question à mille gallions :
-Qu'en pense Dumbledore?, demanda-t-il. Et Rogue ?
-Je me suis entretenu avec Dumbledore hier. Rogue était momentanément indisponible, mais comme vous le savez, on a le droit de prendre cette décision sans lui. La règle dit : « Un absent se défait de son droit de veto sur les décisions prises durant une réunion ». De toute façon, selon Dumbledore, Rogue est bien placé pour savoir qu'il est difficile de battre Vous-savez-qui et ses fidèles. Donc il ne s'opposerait probablement pas à l'acquisition de forces supplémentaires au sein de l'Ordre. Dumbledore a voté « Pour ».
Lupin proposa ensuite que l'on vote à main levée pour décider si oui ou non Lev devait faire partie de l' Ordre. Il fut accepté à la majorité : seule Molly Weasley vota contre.
Remus lui serra la main avec un grand sourire, et Sirius lui mit une grande claque dans le dos, agrémenté d'un « Bienvenu parmi nous, petit! ».
Ils procédèrent à tout un tas de sortilèges de protection sur Lev. Ils le firent également Gardien du Secret de l'emplacement du Q.G et installèrent d'autres barrières pour qu'il ne puisse pas révéler les secrets que partageaient l'Odre.
A l'étage, les enfants Weasley, Hermione et Harry étaient en effervescence. Ils commentaient avec fièvre la décision de l'Ordre. Fred et George trouvaient ça « cool »:
« -C'est sûrement le plus jeune mec à jamais être entré dans l' Ordre du Phénix ! Il a juste notre âge et il en fait partie, c'est dingue !
Hermione était inquiète et se demandait comment tous ces hommes et femmes si expérimentés et si prudents avaient pu accepter une telle candidature. Elle était de l'avis de Molly Weasley et pensait qu'un jeune homme de dix-sept ans n'avait pas sa place dans une organisation si dangereuse. Mais elle était tout de même très curieuse de voir à quoi il ressemblait...
Ron et Ginny discutaient des capacités de Lev :
« -Tu penses vraiment qu'il puisse être aussi doué que Harry ?, s'enquit Ginny.
-Ce doit être un foutu surdoué !, jura Ron.
Quant à Harry, il était assez intrigué par ce nouveau personnage et espérait pouvoir faire partie de l'Ordre lui aussi. Puis ils regagnèrent chacun leur chambre.
Quand la réunion fut terminée, il était déjà très tard. Les membres de l'Ordre quittèrent tour à tour le Quartier Général, sauf Molly et Arthur Weasley qui restaient dormir là. Lev avait bien sûr été invité à passer la nuit dans la noble et très ancienne maison des Black. Sirius fit visiter la maison à Lev qui était émerveillé de voir autant d'objets magiques concentrés dans un seul lieu. Lupin comprit bien vite que son ami Patmol avait cruellement manqué de compagnie, et qu'il se ferait un plaisir de poursuivre l'éducation magique de Lev.
Très tôt le lendemain, Lev fit la connaissance des jumeaux. Ils firent irruption en transplanant_ puisqu'il s'agissait de leur jeu du moment_ au beau milieu de la cuisine, tandis que Lev et Sirius prenaient leur petit-déjeuner. Les jumeaux demandèrent pourquoi leur mère n'était pas encore levée en voyant Sirius aux fourneaux, ce qui ne présageait rien de bon, avant de se rendre compte qu'il n'était que six heures du matin. Les jumeaux remarquèrent également l'air fatigué des deux hommes mais n'en dirent pas plus.
« -C'est sur que c'est pas parfait, mais ça se mange !, leur assura Sirius dans un grand rire qui ressemblait à un aboiement, tout en leur servant des pancakes à moitié cramés. Alors, Fred, George, bien dormi ? »
Mais les jumeaux étaient plus intéressés par leur homologue russe. Lev fut aussi heureux que surpris de constater qu'il pouvait se faire des amis aussi facilement. Tout le monde était accueillant, chaleureux même. Surtout Remus et Sirius. Il s'était tout de suite trouvé des points communs avec Sirius, en discutant cette nuit. Car, enfin, si Lev et Sirius avaient des cernes prononcés ce matin là, et s'ils s'étaient mis à déjeuner aussi tôt, c'était parce qu'ils n'avaient pas vraiment dormi. Sirius, trop content d'avoir de la compagnie la veille au soir, avait proposé à Lev de prendre un petit verre de whisky pur feu, « Pour fêter ça ! ». Mais de fil en aiguille, ils avaient fêté ça toute la nuit. Et à six heures du matin, bien entendu, ils étaient morts de faim.
C'est ce tableau plein d'amitié masculine que Harry dut affronter au sortir de ses cauchemars, quand il descendit de sa chambre pour prendre son petit déjeuner. A cette heure plus tardive, Molly avait eut le temps de se lever pour préparer de délicieux pancakes, des oeufs et du bacon. Hermione et Ginny étaient là aussi.
Harry sentit qu'il avait raté quelque chose en voyant que déjà, Lev, Fred, George et Sirius rigolaient bruyamment. Hermione et Ginny se tenaient un peu en retrait mais leurs regards étaient tournés vers le nouveau venu. Elles semblaient fascinées... Le tout était assez étrange, mais ce qui dérangea le plus Harry c'était que son parrain ne se soit même pas rendu compte de son arrivée dans la cuisine. Harry se racla la gorge en s'asseyant à côté de Fred, et en posant bruyamment son assiette sur la table.
« -Oh bonjour Harry!, fit Sirius en lui adressant un sourire chaleureux. Ça va ?
-Pas vraiment, non, fit Harry en regardant son assiette.
-Ah bon, quel est le problème ?, demanda Sirius avec un réel intérêt.
Les conversations cessèrent autour de la table et tout le monde regarda Harry en attendant sa réponse. Il ne savait pas vraiment quoi leur répondre. « C'est vrai Harry, quel est le problème ? » se demanda-t-il. Il comprit qu'en fait il était jaloux de ce nouvel arrivant si doué et si jeune. Pas parce que tout le monde s'intéressait à lui_ça au contraire, ça ne pouvait que l'arranger_ mais parce que son parrain s'intéressait plus à cet inconnu qu'à lui-même alors qu'il avait passé ces deux derniers mois à ne rêver que de ces trouvailles. En plus ce total inconnu faisait partie de l'Ordre alors que lui, Harry Potter, en avait été complètement mis à l'écart.
Soudain, ce qu'il avait entendu la veille par les oreilles à rallonge remplaça ce sentiment de jalousie par de la culpabilité. Ce Lev avait traversé à pied la moitié d'un continent, seul, et avait vécu dans un pensionnat la majeure partie de son adolescence. Il n'avait pas dû avoir une vie facile et Harry était bien placé pour le comprendre, pour compatir. Tout comme Sirius d'ailleurs.
Alors Harry se rendit compte que si Sirius semblait si affectueux avec le nouveau, c'était sûrement pour cela. De plus, si Harry n'avait eut aucune nouvelle de ses proches pendant tout ce temps, c'était la faute de Dumbledore puisqu'il avait interdit à quiconque de communiquer avec lui. Harry se sentit donc ridicule d'en vouloir à Lev et à son parrain, qui n'étaient pas les véritables fautifs.
Une autre pensée traversa l'esprit de Harry, comme pour conclure cette délibération intérieure : s'il avait souffert pendant ces vacances d'être loin de ses amis et de son parrain, Lev, lui, n'avait jamais eu ni l'un ni l'autre.
Se ressaisissant, Harry lança avec un sourire :
-Non, je n'ai rien. C'était juste un cauchemar ! Rien d'important, mais cela m'avait mis de mauvaise humeur.
Les autres se détendirent, et Harry se dit qu'il avait bien rattrapé le coup.
-Salut ! Je m'appelle Harry, dit-il à Lev en lui tendant la main par dessus les assiettes.
-Salut ! Lev, se présenta le jeune homme en lui serrant la main. On m'a parlé de toi hier, il paraît que tu es doué.
Harry eut un rire nerveux.
-Ah , eh bien, je ne sais pas quoi te dire. Je crois que je m'en sors pas mal, dit Harry en lui souriant.
Les conversations reprirent. Ils décrivaient leurs coutumes de sorciers, les usages en Angleterre, posaient des question sur les pays que Lev avait traversés. Ginny finit par les interrompre pour se présenter rapidement, les joues un peu rouges. Hermione profita de l'occasion et en fit de même, mais ne parvint qu'à bredouiller son nom et son nom de famille. Fred et George se mirent à rire. Lev ne comprit pas bien d'où venait la blague mais lorsque son regard croisa celui de la jeune fille, celle-ci rougit de plus belle.
Tout le monde autour de la table, ainsi que Lev lui-même, comprit que ses beaux yeux gris faisaient de l'effet à la jeune préfète. Les garçons échangèrent des regards complices et pouffèrent de rire tandis que Hermione quittait la pièce, embarrassée, prétendant avoir quelque chose à faire à l'étage.
Dans le centre de Londres, non loin du square Grimmaud, Severus Rogue et Luce Pangier prenaient eux aussi leur petit déjeuner à l'auberge du Chaudron Baveur. L'ambiance était nettement moins familiale, mais Luce souriait. Elle observait les clients de l'auberge qui lui semblaient tous présenter beaucoup d'intérêt. Elle avait soif de découverte. Et c'était la première fois qu'elle se retrouvait dans un lieu comme celui-ci. Alors qu'elle souriait comme une innocente, une cuiller de céréales devant la bouche, Rogue feuilletait la Gazette du Sorcier.
-Ooooh !, s'écria Luce en montrant du doigt un étrange petit être qui traversait la salle. C'est trop chelou !
Mais Rogue lui plaqua la main sur la table en la menaçant entre les dents :
-Par Merlin vous voulez qu'on s'attire des ennuis ou quoi ?Les gobelins ne sont pas des créatures très aimables. Finissez de manger, nous devons partir le plus vite possible.
Le sourire naïf de Luce disparut et elle finit de déjeuner, boudeuse. Elle se demandait quel genre de professeur était Severus. Il avait l'air acariâtre, même s'il avait été plutôt gentil avec elle. Elle espérait qu'elle n'aurait pas à suivre ses cours, estimant que la situation serait plutôt gênante... « T'imagines, tu le regarderas en te rappelant que t'as pris un p'tit dèj en face de lui ! Berk! ».
Une douche et quarante minutes plus tard, au grand dam de Severus Rogue, ils quittèrent l'auberge pour se rendre au square Grimmaud. Luce découvrit Londres en touriste enthousiaste, et Rogue dut faire demi tour tout les dix mètres pour la tirer par le bras car elle s'arrêtait sans même s'en rendre compte devant tout ce qu'elle trouvait bizarre : les cabines téléphoniques, les taxis, les signaux routiers... Ils finirent tout de même par arriver au Q.G. de l'Ordre. Il était environ dix heures du matin.
Les jeunes étaient à l'étage, Molly Weasley faisait la vaisselle et les hommes discutaient de choses et d'autres, lisant la Gazette et prenant leur café. Sirius Black et Arhtur Weasley attendaient Severus comme convenu. Rogue devait leur confier Luce et leur expliquer la situation. Dumbledore leur avait seulement demandé d'être là à dix heures, mais ils ne savaient pas très bien ce qu'ils attendaient. Quand Sirius vit Rogue s'avancer dans le couloir, il fut désagréablement surpris.
« - Alors c'est toi qu'on attends... C'est pas une matinée de perdue dis-donc ..., dit Sirius ironiquement. Au fait t'a raté quelque chose à la réunion d'hier soir, Servilus...
Mais Sirius s'interrompit quand il vit que Rogue n'était pas seul. La jeune fille qui l'accompagnait sortit de derrière son dos, et regarda Sirius avec attention. Elle avait les yeux les plus incroyables que Sirius ait jamais vus : un regard d'ambre, les iris orangés, miel, dorés... indescriptibles. Il en eut le souffle coupé pendant une seconde. Molly Weasley la trouva également très charmante.
-Bonjour, ma jolie !, fit Molly Weasley en s'approchant d'elle comme pour la serrer dans les bras.
Luce eut un mouvement de recul, pas très habituée à autant de familiarité avec de parfaits inconnus. Sirius rigola face à sa réaction et s'approcha d'elle en lui tendant la main.
- T'en fais pas, Molly a un instinct maternel surdéveloppé ! Elle est comme ça avec tout le monde..., fit il avec le sourire charmeur qu'il ne pouvait s'empêcher de sortir dès qu'il était susceptible d'impressionner quelqu'un dans l'assistance. Je m'appelle Sirius Black, tu es ici chez moi ! Enfin, en quelque sorte..., se corrigea-t-il.
Luce sourit en retour et lui serra la main en se présentant.
Severus Rogue ne prit pas le temps de s'asseoir et informa Molly, Arthur et Sirius que Luce devait rester avec eux, sous leur protection, selon la volonté de Dumbledore. Elle avait besoin de tout le nécessaire pour intégrer l'école de Poudlard à la rentrée et elle ne devait pas rester seule sans surveillance à l'extérieur du Q.G. Luce se rendit compte que son séjour ici ne risquait pas d'être follement distrayant, avec trois adultes sur le dos et rien pour se distraire dans une maison aussi lugubre. Mais c'était avant d'entendre des voix surexcitées et des pas dans l'escalier.
Elle se retourna juste à temps pour esquiver une petite fusée rousse poursuivie par deux gringalets tout aussi roux : Ginny se rua dans les jupons de sa mère en hurlant que Fred et George lui avaient volé quelque chose_les querelles fraternelles habituelles. Puis tous les trois s'arrêtèrent net et les jumeaux adressèrent de larges sourires à Luce qui se sentit soudain, pour ainsi dire, reluquée. Fred mit un coup de coude dans les côtes de son frère et ils échangèrent quelques commentaires à voix basse tandis que Giny s'excusait d'être entrée comme une sauvage. Luce ne répondit rien mais sourit gentiment. Cette Giny avait l'air gentille mais elle était beaucoup plus jeune qu'elle... Une camarade moyennement intéressante.
-Eh bien, les enfants, puisque vous êtes là rendez-vous utile, allez-donc présenter votre nouvelle colocataire au reste de la bande, lança Arthur Weasley. Luce va rester ici avec nous jusqu'à la rentrée.
La manoeuvre de Arthur était bien sûr destinée à éloigner toute attention des enfants de leur conversation. Les jeunes s'en allèrent, invitant Luce à les joindre, tandis que Severus referma la porte de la cuisine pour donner plus de détails aux trois autres membres de l'Ordre.
Tandis que Luce montait les escaliers sombres et poussiéreux qui menaient aux étages, Hermione, Ron et Harry discutaient dans la chambre des garçons. Quelle ne fut pas leur surprise quand ils virent entrer les jumeaux tout-sourire et Ginny suivie de près par une charmante inconnue.
« -Salut, moi c'est Luce. Uhm .. Apparemment je vais rester ici pendant quelques semaines, jusqu'à la rentrée. Voilà...
-Soit la bienvenue !, dit joyeusement Hermione. Une fille de plus n'est pas de refus, ça équilibre un peu les équipes, dit elle en rigolant. Je m'appelle Hermione Granger.
Luce lui adressa un sourire poli.
-Moi c'est Harry, dit-il en se levant du lit et en passant sa main dans ses cheveux d'un geste nerveux hérité de son père. Harry Potter, uhm... cette maison c'est celle de mon parrain Sirius Black.
-Ok, je viens de le rencontrer, je vois, répondit Luce qui lui était reconnaissante de lui expliquer un peu les liens entre les gens présents. Et toi tu es ...?
Mais Ron n'était visiblement plus en possession de ses facultés oratoires. George se racla la gorge et lui jeta une paire de chaussette à la figure pour le réveiller.
-Oui, désolé! Moi c'est Ron Weasley. Salut !
-Vous êtes tous frères et soeurs ?, demanda Luce en désignant tous les rouquins qu'elle voyait.
-C'est ça !, répondit Fred. Harry, Hermione et Ron sont dans la même classe à Poudlard, c'est pour ça qu'ils sont souvent ensemble, et ...
-Oh ! Vous allez à l'école de sorcellerie de Poudlard aussi ?
Luce rougit un peu, elle se sentait bête d'avoir réagi aussi niaisement au mot « Poudlard » : évidemment qu'ils y allaient tous, ils avaient tous l'âge d'être à l'école. Elle essaya de rattraper le coup.
-Moi je viens d'un lycée moldu, en France, il me tarde de voir des cours de magie !
Il y eut un blanc car les jeunes sorciers ne comprenaient pas bien la situation.
-Comment ça, tu vas aller à Poudlard mais tu n'as jamais suivi de cours de magie avant? , demanda Hermione perplexe. Pourtant, il ne me semble pas que tu aies onze ans, je me trompe ...
-Non bien sûr, j'en ai dix-sept, c'est un peu compliqué. Disons que ma mère ne voulait pas trop que j'aille à Poudlard jusqu'à cette année... Je vais faire un peu tâche ! La nouvelle et tout...
Harry essaya de la rassurer :
-T'en fais pas, Poudlard c'est un endroit sympa, y'aura pas de problèmes. J'espère que tu seras à Griffondor, avec nous.
-Ah tiens, ce nom me dis un truc, c'est qui déjà , Gryffondor?, demanda Luce qui avait légèrement oublié les cours d'histoire du chevalier de son tableau magique.
Hermione se fit un plaisir de combler ses lacunes sur Poudlard, et Harry et les Weasley prenaient plaisir à ajouter de petites anecdotes marrantes sur la vie au château. La matinée passa agréablement vite pour Luce qui avait enfin trouvé des jeunes sorciers comme elle, et qui lui parlaient de l'endroit où elle rêvait d'aller depuis si longtemps.
Lev, qui s'était recouché après avoir pris son petit-déjeuner, fut réveillé par les rires et les voix de ses voisins de chambre. Il renonça donc à rattraper sa nuit et rejoignit la troupe. Comme les autres hommes qui avaient rencontrés Luce ce matin là, Lev fut envahit par une agréable sensation en croisant son regard couleur feu.
