Merci à Alice L. Nightray et à Raiu-chan pour leurs commentaires encourageants, ainsi qu'à tout ceux qui me lisent, et aiment me lire !

Bonne Lecture à tous !


Chapitre 3 : Pourquoi le Rouge symbolise-t-il à la fois "Amour" et "Souffrance" ?

Musique d'Ambiance : Vampire Knight - Secret

Lorsqu'Alice vit Oz entrer dans la pièce, c'est presque comme s'il elle ne lui avait pas sauter dans les bras. Du moins, façon de parler. Elle s'était précipitée sur lui, en lui hurlant qu'il était en retard, et qu'il ne devait plus jamais la laisser seule avec ce sale clown qui, évidement, riait dans la barbe qu'il n'avait pas. Le concerné ne put rien dire, la chain le secouant de toutes parts. Gilbert essayait, en vain, de la faire lâcher prise !

- Pas touche à ce qu'il m'appartient, tête d'algues ! Quand à toi, Oz, je sais pas ce qui me retient de te punir pour ton manque de ponctualité, cette qualité est pourtant essentiel pur toi à qui je fais l'honneur d'être mon servant ! Finit-elle d'un air hautain.

- Oh, elle est toute fière d'avoir appris quelques mots compliqués, c'est adorable ! Remarqua Sharon, fière d'avoir appris à sa "petite sœur" quelques mots en plus de la façon de se comporter envers les garçons.

- Peuh, elle va les oublier dans dix minutes, ajouta Emily la mauvaise langue.

- Toi, la ferme !

Outre cette scène des plus ordinaires qui finit lorsque Sharon assomma son Xerxes de son éventail, tandis que Gilbert parvînt enfin à faire en sorte qu'Alice lâche son maître, après avoir lui-même reçu le coup de pied originalement destiné au blond. Rien d'anormal dirons-nous. Du moins jusqu'à ce que Break reprenne sérieusement, ou du moins avec un minimum de sérieux :

- D'ailleurs, Gilbert, que te voulait Pandora ? J'ai pas pu extorquer d'explications à Reim.

- Il devait être persuadé que tu le traiterai encore d'idiot incompétent, répondit le Nightray lassé de l'attitude du Chapelier.

- Mais voyons, j'oserai jamais dire une chose pareille, reprit l'albinos en plantant une fourchette d'argent dans un fondant au chocolat présent sur la table de thé de Sharon. Tout le monde sait que le plus incompétent, c'est bien toi, mon cher Gil !

- La ferme, Break !

Le caractère de Gilbert amusait toujours autant le servant des Rainsworth, mais passé ce moment de pures moqueries auxquelles s'était joint Oz dans le seul but d'enfoncer plus encore son servant, Xerxes revînt sur le sujet initial, et réclama des explications aux bruns. Celui-ci finit par répondre, sachant que l'albinos n'abandonnerai pas.

- Il semblerait qu'une nouvelle chain soit apparue de l'autre côté d'un passage nous liant à l'Abyss. Si on m'en a parlé, c'est parce-que la fragilisation eut lieu juste hier, pendant la soirée organisée par les Nightray, à laquelle nous étions tous présents.

- Une nouvelle chain ? Ça voudrait dire un nouveau contractant, remarqua Oz, toujours aussi perspicace.

- Oui, d'après les analyses de Pandora, sur la faille du passage, cette chain aurait une apparence de poupée de paille noire, s'apparentant aux monstres sans visages des contes d'occultes. Sa puissance au combat n'est cependant pas encore connue.

- Ey, tête d'Algue, tout ce que je savoir, c'est si ça a un rapport avec mes souvenirs, ton histoire ! Hurla Alice s'impatientant.

- La ferme ! On en a aucune idée pour le moment, et de toute façon, nous ne pouvons même pas partir à la recherche d'un quelconque contractant sans la moindre trace ! Rétorqua le Nightray sur le même ton.

La discussion se termina par le fait qu'ils devaient de toutes façons attendre qu'un quelconque contractant illégal se manifeste avant d'entamer des recherches, sans quoi c'aurait été inutile. De son côté, Break promit de dresser une liste des personnes présentes à la fête. Ensuite, chacun savait qu'il ne le ferait pas forcément pour autant !

- Mais voyons, vous savez pourtant que je suis une personne digne de confiance !

Personne ne releva, et Break fit semblant de bouder, en parlementant avec Emily, la fourchette de son fondant au chocolat dans la bouche, tandis qu'Alice réclama alors sa part de viande à Oz, épuisé et rongé par le sommeil plus que par les quelconques menaces de ce contractant illégal, assurant à la chain qu'il la lui donnerait le lendemain, et Sharon observait en souriant.

Gilbert quand à lui observait toujours par la fenêtre. Il préférait de loin l'obscurité de l'extérieur, à la lumière de la pièce, certes, chaleureuse, mais juste trop scintillante pour lui. Il se perdait dans la contemplation de l'astre lunaire, encore une fois, et remarqua alors la luminosité de celle-ci perdre de sa pureté immaculée avec de profond nuages noirs d'orages arriver. Un paysage somme toute bien triste, et pourtant, le noble le préférait de loin à cette pièce brillant de milles éclats.

Ada courait dans les rues de Réveil. Ce qu'elle venait de dire à ce petit garçon, elle l'avait dit pour elle-même aussi. "Je suis vraiment monstrueuse". Oui, elle l'était. Prête à donner la vie de certaines personnes pour retrouver sa joie d'antan, c'était un marché monstrueux. Mais ça encore, ce n'était pas le pire. Le pire, c'est qu'elle allait maintenant devoir choisir qui elle devrait alors laisser mourir sous ses yeux. Et décider ainsi de la vie et de la mort des gens, qui est digne d'exister, qui ferait mieux de mourir ... C'est là le fond de sa monstruosité.

- Ada, tu as choisis un moyen de me donner la chair que je te réclame ?

La voix de sa chain résonnait encore à ses oreilles. Cette fois, elle ne pouvait plus se faire d'illusions, la fatalité était enclenchée. Alors, elle se mit sérieusement à y réfléchir, éloignant le plus possible d'elle l'idée d'abandonner son projet. Elle était aller trop loin pour ça. Et puis, pour son cher grand frère, et pour Gil, elle se disait qu'elle pourrait tout faire. Il lui suffisait de penser à eux pour se donner le courage de faire un choix ... Même si elle fuit entièrement le regard qu'ils lui lanceraient si ils apprenaient son projet.

- Alors, Ada ? Insista la poupée, sous-entendant que le mieux été encore de revenir sur leurs pas, en espérant que les deux enfants soient toujours là.

- Peut-être des prisonniers, ou des criminels, réfléchit la noble à voix haute, la voix perdue. Ainsi, leur mort sera moins horrible pour des personnes qui ne font que nuire à leurs prochains.

Pour Ningyo, ces propos étaient pleins de bon sens pour un être humain, mais la chain s'en fichait. Après tout, personne ne peut mener une vie sans jamais blesser quelqu'un. Mais qu'importe, pour l'heure, elle voulait juste de la chair et du sang, quelle que soit la proposition de la jeune fille.

Mais Ada elle-même n'était pas convaincue de ce qu'elle disait. Elle se sentait encore plus sale, plus monstrueuse. Même pour des criminels, elle ne voulait pas tuer. De toute façon, ce n'était pas son rôle, ni son devoir, que de juger les crimes des gens. Et elle le savait, elle ne se prenait pas pour Dieu. Et la mort est toujours horrible, quelle que soit la victime, elle emporte tout, ne laisse rien, souvenirs y compris. Juste un désagréable sentiment de perte qui ne se comblerait jamais. La mort est toujours la plus horrible des choses, car tant qu'il y a de la vie, même un criminel peut se racheter, ou trouver une source de lumière. Mais la mort ne laisse que le néant. Richesse ou pauvreté, gentillesse ou méchanceté, clémence ou sévérité, vieux ou jeune, finalement, devant la mort, on est tous égaux ... Car l'on est tous impuissant.

- Mais, même des criminels, je trouve ça horrible.

- Tu reviens encore sur ta décision ? Soupira la chain. Tu n'as qu'à choisir des personnes qui ont commis des meurtres atroces, ainsi, ce ne serait que justice, non ?

Décidément, la poupée comprenait assez bien la psychologie humaine, puisqu'elle devinait qu'Ada comprendrait cet argument et le suivrait. Enfin, ça ne la soulagea pas pour autant. Car ce n'était pas son devoir que décider de ce qui est bien et de ce qui est mal.

Pendant qu'elle y réfléchissais, la jeune Vessalius continuait de marcher dans les quartiers vides d'ordinaire rayonnants de vies et de bonne humeur. La nuit froide de l'hiver qui approchait rendait l'atmosphère effrayante. Presque semblable aux romans d'épouvantes qu'elle avait l'habitude de lire. Il avait plu, la veille. Les routes étaient encore humides. Ada tourna au détour d'une rue, se retrouvant dans un cul de sac. Elle soupira de lassitude.

- D'ailleurs, je ne sais pas si c'est le bon moment, tenta Ningyo, changeant instantanément de masque pour celui de la joie, mais ça fait un bout de temps qu'on est suivit de loin.

La jeune fille fut prise de peur et de surprise ! Cette chain, elle n'aurait pas pu le dire plus tôt ? Ou c'était calculé ? Quoiqu'il en soit, elle se retourna vite du mur devant elle, et accéléra le pas pour éviter de se retrouver nez à nez avec cette personne. Malheureusement, elle fut prise de vitesse, et un homme de carrure large, et de grande taille restait dans le passage. Instinctivement, la noble recula.

- Voyons, Mademoiselle, qu'est-ce que vous faîtes là à cette heure ? Demanda-t-il d'une voix presque désintéressée. Vous devriez savoir que les rues ne sont pas fréquentables en pleine nuit !

- Vous avez raison, se força Ada. Je ne vais pas tarder à rentrer, merci de votre conseil.

Ces mots prononcés, la jeune noble tenta de passer et de s'éloigner. Après tout, les lieux n'étaient pas rassurant, et l'expression malsaine sur le visage de cet homme ne la rassura pas vraiment. Malheureusement, son intuition fut exacte, et elle avait eut raison de se méfier. Cet inconnu à l'expression à moitié colérique, à moitié agacé, la prit par les épaules de manière à ce qu'elle ne parte pas.

- Mais rien ne presse pour autant, voyons, dit-il d'une voix pleine de sous-entendus. Je pourrais vous raccompagner tout à l'heure aussi.

- Lâchez-moi s'il vous plaît, demanda poliment Ada cherchant à éviter d'énerver son agresseur. Je suis pressée !

La jeune fille essaya de se débattre, mais il lui avait bloqué toutes les issus possibles, il la tenait toujours fermement par les épaules, la collant au mur d'ardoises derrière elle. Ada fut tentée d'appeler à l'aide, mais personne ne l'entendrait, et elle garda donc ses appels pour elle ! Mais ça ne l'empêcha pas de s'énerver en ordonnant à cet inconnu de la lâcher, mais évidemment, il n'en fit rien. Elle paniquait !

- Arrêtez ça !

- Allons, allons, répondit l'homme d'une voix calme qui prouvait à quel point il ne se sentait pas menacé le moins du monde par les menaces de la noble. J'ai eut une dure journée, j'ai bien le droit à une petite récompense, non ?

- Tout ça ne me concerne pas ! Rétorqua la jeune fille en haussant le ton. Je vous ordonne de me lâcher sur le champ !

- Chut, dit-il en posant un doigt sur les lèvres de la Vessalius. Ce n'est pas parce-que mademoiselle est une noble, qu'elle ignore tout des dangers de se balader seule à Réveil la nuit, je me trompe ?

- Pardon ?

- J'ai pris votre présence et votre manque de prudence pour une invitation, moi !

En prononçant cette dernière phrase, il passa un index sous le menton de la jeune fille, la forçant à lever le visage pour le regarder dans les yeux. Ada détournait le regard du mieux qu'elle pouvait, refusant de donner raison à cet homme à qui cela semblerait faire plaisir ! Mais elle n'avait pas la force de résister, elle le savait, mais se débattait toujours ! Elle avait peur de ce qui allait suivre, tout en devinant de quelle nature seraient les événements qui suivraient ! Elle appréhendait tout ça, et ce n'est que compréhensible ! Ada tremblait de tout son corps, se débattait comme elle pouvait, paniquait, et s'apprêtait même à hurler pour appeler à l'aide tout en sachant que personne ne viendrait à son secours !

- Ne vous en fait pas, Mademoiselle ! Je ne suis pas un monstre après tout !

- Non, mais vous en restez pour le moins monstrueux ! Rétorqua la Vessalius pour le moins remuée par ce qu'il se passait.

Il ne sembla pas apprécier la comparaison, car à l'instant même où elle eut finit sa phrase insultante, Ada ressentit la douleur d'une gifle sur sa joue. Il venait de la frapper, et avait perdu le sourire provocateur, et faussement charmeur pour une expression bien plus menaçante qui ne reflétait que trop bien son était d'esprit ! Elle ne pourrait pas s'en sortir, cette fois ! Mais depuis le début, elle n'avait aucune chance !

- Je vais t'apprendre l'insolence, moi ! Lui cracha-t-il au visage, sa voix perdant toute trace d'une quelconque fausse politesse.

Et comme pour confirmer ses dires, cet homme monstrueux, comme l'avait si bien qualifié Ada, posa de force ses lèvres sur celles de la jeune fille, lui tenant toujours le menton droit, et l'empêchant de se débattre de son autre main. Pour lui, c'était le début d'un jeu ! Pour Ada, la fin ! Elle pleurait ! Elle ne tremblait plus, elle éclatait juste en sanglots ! Non pas silencieux, mais personne ne les entendais ! Mais elle n'avait plus la force d'appeler à l'aide, malgré toute la crainte qu'elle ressentait, et cet homme le remarqua ! Aussi, quand il eut cessé ce "baiser forcé", il reprit la parole :

- Alors, tu viens de comprendre qu'aucun héros ne viendrait à ton secours ?

L'image de Gilbert vînt dans l'esprit de la jeune fille. Elle se sentait tellement honteuse, mais elle souhaitait également très fort qu'il vienne la sauver ! Quand ils étaient enfants, et qu'elle s'était perdue dans une petite forêt proche d'un château où ils résidaient, c'est lui qui l'avait retrouvé, même avant Oz ! Ada souhaitait du plus profond de son âme que Gil ne sorte de détour d'une rue, avec son air distant habituel qui lui sert de masque, et que sous le choc, il ne vienne l'aider, fasse partir cet inconnu, et ne lui tende la main en disant comme autrefois "c'est bon, c'est terminé, tout va bien maintenant, allons rejoindre Oz". Elle le souhaitait si fort !

Mais au fond, elle savait que c'était impossible ! Il était au manoir Pandora, ou peut-être au manoir Rainsworth, l'un ou l'autre. Finalement cet homme n'avait pas tout à fait tord : les héros n'existent pas ! Elle faillit abandonner, envahit par le chagrin, la honte et le désespoir. Mais revoir l'espace d'un instant ses yeux dorés avait suffit à redonner courage à l'héritière Vessalius ! Et c'est dans un excès de rage qu'elle gifla son assaillant de toute la force dont elle était capable !

- Que ..

- Vous êtes vraiment quelqu'un d'écœurant ! Hurla-t-elle en reprenant son souffle.

- Tu vas me le payer, sale chienne ! Reprit l'agresseur, s'énervant à son tour, la prenant par l'écharpe et la bloquant contre le mur une seconde fois, mais plus dans l'intention de la frapper, cette fois.

Et alors que son point se leva, près à détruire le visage de la poupée de porcelaine devant lui, de le réduire en morceau, dans la jeune héritière rassembla son courage, et hurla dans un ultime désespoir !

- Franchement, les personnes comme vous peuvent toutes mourir ! Cria-t-elle en fermant les yeux de peur du coup à venir !

- ...

Ada avait toujours les yeux fermés, mais ne sentait pas venir la douleur. Après hésitations, elle ouvrit les paupières, d'abord lentement, de peur de devoir les refermer de suite, mais quand elle aperçu ce qu'il se passait, elle les écarquilla brutalement !

- Ningyo ?

La poupée de paille avait reprit la taille du sans-visages qu'elle était, et avait opté pour le masque de la joie ! Car oui, la chain était folle de joie de revoir le liquide rougeâtre du sang ! Ce liquide chaud, dégoulinant entre ses doigts informes, au goût si savoureux ! Elle ne se sentait plus se contrôler, Elle en voulait plus ! Le bras qu'elle venait d'arracher à cet homme ne lui suffisait pas !

- Qu'est-ce que .. gémit celui-ci !

- Cette fois, tu n'as rien à redire, tu ne trouveras pas meilleur sacrifice, Ada, murmura la chain avec déjà la chair de l'agresseur entre ses mâchoires, et bloquant tout échappatoire à celui-ci.

C'est lui, qui était bloqué contre le mur. Ada l'observa un instant. Il tremblait à son tour, en tenant fermement l'épaule à laquelle son bras droit venait d'être arraché ! Le sang coulait à flot, et donnait la nausée à la jeune fille présente. Elle voulait vomir !

- Je .. Hésita la contractante.

- C'est pourtant une réponse évidente, Ada ! Tu veux retrouver ton cher grand frère et ce gamin aux cheveux noirs, non ?

Elle avait mis en plein dans son point faible. Et la chain avait raison. Mieux valait cet homme que les deux enfants de tout à l'heure. Et elle devait tuer quelqu'un de toute façon. Et comme il connaissait maintenant son identité de contractante, il était une victime toute désignée. Pour autant, le laisser se faire tuer ... Ada tourna les yeux.

- Fais vite, Ningyo. Je ne supporte pas ça, s'il te plaît.

- Enfin ! S'exclama la poupée sans visages d'une voix qui en disait long sur son impatience.

Et, alors que la chain s'apprêtait à approcher les mâchoires du visage de l'agresseur, histoire d'éviter qu'il ne cri et que la contractante revienne sur sa décision, celui-ci parvînt à éviter le coup, sacrifiant son bras gauche pour gagner du temps ! Il hurla en direction d'Ada :

- Par pitié, pardonnez-moi, Mademoiselle ! Hurlait-il. Vous pouvez faire quelque chose ? Arrêtez ça, je vous en prie !

Il hurlait son désespoir, sa rage, son impuissance ... Et sa peur de mourir. Il ne voulait pas ! Non, il ne voulait pas, il ne voulait pas ! Ada non plus ne voulait pas qu'il meurt, mais elle n'y pouvait rien, et était incapable de regarder cette personne, cette victime maintenant, en face.

- Je vous jure que plus jamais je ne referai ce que j'ai failli faire à l'instant, à vous ou à d'autres, donc je vous en supplie, pardonnez-moi, et faîtes quelque chose ! Mademoiselle !

- Tu es vraiment bruyant, toi, commença Ningyo avec enthousiasme de son futur repas. Tu crois qu'il suffit de s'excuser de son crime juste avant d'être punis ? C'est stupide et naïf ! Si c'était si simple, d'autres auraient employés cette stratégie avant toi, non ?

- Par pitié, Mademoiselle Ada !

Si Ada avait bien un défaut, c'était bien d'avoir trop de compassion pour les gens. En une autre circonstance, elle l'aurait aidé malgré tout, et l'aurait pardonné ! Elle l'avait pardonné ! Elle s'apprêtait à lui tendre la main. Et quand elle prit la parole, la chain s'énerva :

- Ningyo ...

- Oh non, c'est pas vrai ! Hurla la concernée changeant aussitôt de masque pour celui de la colère, de la contrariété. Ne sois pas trop gentille avec un type qui t'agressais i peine quelques minutes !

- Je t'ai dit de vite en finir, dépêche-toi s'il te plaît.

Surprise, la chain reprit instantanément une autre expression sur son masque. Pas celui de la joie ! Celui du bonheur parfait ! Elle ne se ferait pas prier, alors que la victime hurlait toujours vers la jeune fille, l'appelant à l'aide, et quand il comprit qu'elle ne tournerait pas les yeux en sa direction, il commença à l'insulter ! Alors que Ningyo l'acheva, il lui adressa ses derniers mots :

- J'te déteste ! Je te maudis ! Et même mort ! Je te maudirais encore ! Pour toute l'éternité, je te maudis !

Il s'éteint la seconde qui suit, lorsque la chain lui arracha la veine jugulaire. Son sang jaillit en fontaine, et Ada fit un effort surhumain pour se retenir de vomir. Quand à Ningyo, elle se délectait de se spectacle vraiment magnifique ! Elle se jeta sur le cadavre encore chaud, et dévora toute la chair qu'elle pouvait.

- Dis, intervînt Ada. Si tu pouvais au moins lui laisser son visage.

Alors que la chain s'apprêtait à lui demander pourquoi, Ada s'expliqua avant qu'elle n'eut à le faire.

- Pour que ses proches puissent l'identifier, et ainsi lui offrir une belle cérémonie mortuaire. Il est toujours un être humain, même mort, il le mérite. Et sa famille, ses amis, ne voudrait pas le voir avec le visage déchiré par la chair et le sang.

- Décidément, tu es trop gentille, ça te perdra ! Tu sais que cette personne voulait te vi ...

- S'il te plaît, la coupa Ada en suppliant sa poupée.

Ningyo ne comprit pas pourquoi, mais elle accéda à la requête de la jeune fille. Après tout, le visage n'avait pas si bon goût que le reste du corps. La sans-visages dévora en revanche une bonne partie de la chair restante sur le corps, ne laissant qu'une faible part aux corbeaux qui guettaient avec intention leur départ. Ce n'était pas beau à voir. À sentir non plus, d'ailleurs. Cette odeur nauséabonde.

- La Lune est étrange, cette nuit, prononça faiblement la contractante en levant les yeux vers l'astre lunaire.

Ningyo n'y portait aucune attention. Et la jeune fille s'enferma dans ses pensées. Elle venait de tuer quelqu'un. De le laisser mourir sous ses yeux. De le laisser se faire dévorer. Elle avait assister à ses derniers instants sans rien tenter pour l'aider. Et peu importait que ce soit un criminel, c'était un être humain ! Elle avait tué un être humain, elle se sentait comme si elle avait réellement son sang sur les mains ! Après tout, c'était le cas. Elle était responsable ! Elle avait choisit qu'il devait mourir. C'est bien elle qui lui a ordonné de "crever" ! Criminel ou pas, elle avait choisit la mort de quelqu'un ! Alors qu'elle affirme dans un idéal pacifique de justice que la vie de chacun a la même valeur, elle avait sauvé deux enfants, pour ensuite condamné cet homme ! Elle avait donné plus de valeur à une vie qu'à une autre ! Elle les avait comparé !

- Finalement, reprit Ada, je me suis trompée tout à l'heure.

Oh Dieu, qu'elle se haïssait elle-même d'avoir choisit de tuer. Oh Dieu, qu'elle en souffrait. Oh Dieu, comme il lui était impossible de revenir en arrière ... Car elle voulait revoir le visage souriant d'antan ! L'amour donne une force insoupçonné ...

- C'est bien moi, la plus monstrueuse.

Ou parfois, créer un démon à partir d'un ange. Oh Dieu, que tu es cruel d'associer une telle malédiction à ce sentiment tranchant.