Chapitre 10
Hahahahahahaaaaaaaa
Xxxxxxxxxxx
Cela faisait seulement 21 jours que le mariage avait été annulé mais pour Callie c'était comme si tout cela n'avait été qu'un cauchemar.
Aux côtés de la blonde, elle réapprenait progressivement à vivre, à profiter des moments de bonheur qu'offre l'existence.
Ce qu'elle ne pouvait surtout s'empêcher de constater c'était son attirance croissante pour Arizona.
Les deux jeunes femmes avaient passé cette semaine ensembles, blotties l'une contre l'autre sur le canapé ou encore main dans la main dans les rues de la capitale. Plus rien ne semblait les arrêter et la brunette se sentait enfin heureuse. Pourtant elle ne pouvait s'empêcher de penser à la suite...Car elle « savait déjà... ». Ce bonheur avait un goût d'éphémère...
Xxxxxxxxxxx
Aujourd'hui était un grand jour. C'était le lundi où elle allait recommencer à exercer...Maitre Torres était de retour et elle ne savait absolument pas à quoi s'attendre de la part de son entourage professionnel.
Se préparant avec hâte, elle se dirigea vers la porte avant de se résigner et de faire demi-tour, se trouvant maintenant devant une autre porte : celle de la chambre de la blonde. En effet, les deux femmes avaient décidé de ne pas mélanger attirance et précipitation en préférant dormir séparément … pour le moment.
Seulement en ce moment précis, la brunette sentait qu'elle avait plus que jamais besoin d'Arizona pour l'encourager. Elle frappa alors doucement à la porte sans succès. Hésitant une nouvelle fois, elle fini par ouvrir la porte persuadée que son intrusion serait la bienvenue.
La blonde était étendue de tout son long, sur le ventre, la tête profondément enfouie dans son matelas. Les oreillers et les ¾ de la couette jonchaient le sol, laissant supposer que sa nuit avait été agitée...
Callie se promis de revenir sur le sujet plus tard. Elle n'était pas en sucre et espérait pouvoir épauler la blonde si elle en avait besoin.
S'avançant avec précaution de la jeune femme, elle en oubliait ses intentions premières. Elle s'assit doucement sur le bord du lit, observant le rythme de la respiration d'Arizona.
La brunette sursauta lorsque la blonde tourna violemment sa tête vers elle avec un grognement. Ce qui termina de la réveiller.
Profondément confuse, la blonde tenta de reprendre conscience progressivement.
« Hey .. »
La voix suave de Callie la fit inconsciemment sourire et elle se retourna pour avoir une meilleure vision de celle qui avait hantée sa/ses nuits, pour le meilleurs mais aussi le pire.
Avoir cette jeune femme à la fois si proche et si loin la rendait progressivement folle.
En se redressant, elle pu admirer le tailleur de la latina... Son cauchemar ne faisait en fait que commencer. Passant délicatement sa langue sur ses lèvres en signe d'appréciation, elle n'entendit absolument rien de ce qui lui était dit.
Le rire de Callie la fit sortir de sa rêverie comateuse.
« Tu es superbe... »
Sa voix cassée ajoutée à son visage paisible encore endormi suffirent à rassurer la brune. Dans les yeux d'Arizona, elle reprenait confiance en elle...
Elle se pencha doucement pour l'embrasser, mais la blonde avait d'autres idées en tête...
Elle s'agrippant fermement à elle avec ses bras et jambes ce qui lui fit perdre complètement l'équilibre.
Callie se laissa faire sans broncher, satisfaite d'avoir la jeune femme aussi proche d'elle. Au bout de quelques secondes de cette proximité, la brunette se sentait perdre le contrôle de son corps. Malheureusement cette sensation n'était pas que positive.
Elle était à la fois totalement hypnotisée par la sensation du corps peu couvert d'Arizona contre elle, mais elle sentait également une autre sensation au niveau de son ventre...de son estomac...Aussi agréable que désagréable...Puis uniquement désagréable.
S'arrachant aux bras d'une blonde choquée, elle couru vers la salle de bain à temps...Pour y déverser le contenu de son petit-déjeuner...
Entendant ce bruit « caractéristique », Arizona se leva pour aller s'assurer que tout allait bien. La brunette était assise, le visage contre l'émail du lavabo.
« Hey est-ce que ça va ? »
Essayant de masquer l'idée qui revenait dans son esprit, elle se contenta d'une réponse anodine « Oui, c'est le stress c'est tout... »
Elle se leva alors rapidement avant de prendre son manteau et de quitter l'appartement sous le regard concerné de la blonde.
Xxxxxxxxxx
Arrivée dans son bureau, la brunette fut rassurée de voir que ses collègues étaient visiblement absents. Seule sa secrétaire était présente, chose pour la quelle elle remerciait le ciel car cette femme avait toujours eu une bienveillance envers elle.
Cependant, plus la matinée avançait plus elle sentait un état comateux l'envahir. Elle n'arrivait pas à focaliser son attention sur des taches pourtant simples ce qui ne lui ressemblait pas.
La même idée qu'elle avait eu le matin même refaisait alors son apparition dans son esprit. En réalité, cette idée n'était pas nouvelle. Elle était apparue il y avait 10 jours environ pour des raisons « biologiques » avant de se confirmer officiellement.
Comme si elle pouvait lire le tourment dans la tête de la latina, Claire sa secrétaire frappa délicatement avant de lui apporter un café.
« Tout va bien ? » Sa voix était calme et posée mais on pouvait y sentir toute son affection pour sa supérieure.
« Oui je vous remercie, j'ai juste un peu de mal à me remettre dans le bain ! » Elle força un sourire, décidant de s'attaquer à la tasse de café pour ponctuer la conversation.
Seulement l'odeur lui paraissait insupportable... Devant le regard suspicieux de la secrétaire, elle pris une gorgée franche priant pour être capable de la garder quelques secondes.
Hochant la tête, Claire quitta alors le bureau de Maitre Torres.
A peine la porte refermée, Callie attrapa sa corbeille à papier et inaugura l'objet... Cloturant l'incident par une gorgée hésitante d'eau, elle ferma les yeux essayant de réfléchir à ce qui se passait.
Pourtant les choses étaient simples... Elle avait un retard de 10 jours, et des nausées depuis autant de temps même si elle avait été épargnée depuis son retour en France.
Oui, Callie Torres savait qu'elle était enceinte... Elle savait qu'elle attendait l'enfant de Chris...
Cela faisait un peu plus d'une semaine qu'elle avait confirmé ses doutes. Voulant à tout pris empêcher que ses parents ne s'en mêlent, elle avait décidé de rentrer sur Paris, ayant appris que Chris s'était exilé pour l'Angleterre.
Elle était également revenue pour Arizona...Persuadée que la jeune femme l'abandonnerait si elle le découvrait, elle avait volontairement caché ce « détail », préférant profiter de l'attention qu'elle lui offrait. Ce matin pourtant, elle savait que tout aurait pu être découvert ce qui ne fit qu'augmenter son état de stress. Elle ne pouvait pas continuer ce petit jeu.
Rien que l'idée d'avoir à choisir entre Arizona et son bébé la rendait malade. Elle avait pourtant opté pour la blonde quelques jours auparavant, ingurgitant une dose d'alcool massive avant d'aller la retrouver. Elle avait secrètement espéré qu'elle se réveillerait le lendemain...sans vie dans son ventre... quelques tests plus tard elle appris que l'embryon était en parfaite santé. Plus les jours passaient, plus elle se sentait maintenant responsable de ce petit-être. Ce choix devenait alors impossible : Il était hors de question qu'elle abandonne ce bébé, il était tout ce qui lui restait...Car même si elle haïssait le père de cet enfant du plus profond de son être, cette vie qui grandissait en elle était une partie du rêve. De son rêve. Cet enfant était déjà devenu la chose la plus importante pour elle... Après la blonde.
S'effondrant en larme sur son bureau, elle ne vit qu'une solution : mettre fin à la situation en quittant cet appartement...l'appartement d'Arizona Robbins.
Elle rentra alors précipitamment. Comme elle s'y attendait, le lieu était vide. Sans réfléchir une seconde de plus, elle s'empara de ses affaires de façon brouillonne, avant de s'asseoir quelques secondes pour prendre conscience de ce qu'elle faisait.
Elle attrapa nerveusement un crayon et une feuille de papier pour tenter d'expliquer son geste...
« Je suis désolée, je ne peux pas continuer.
Tu mérites quelqu'un de mieux que moi...
Je suis enceinte Arizona. Je ne voulais pas te le dire de peur que tu me laisses, alors pour t'éviter de choisir c'est moi qui part... »
Elle relu ces mots une dizaine de fois avant de se décider à écrire la phrase qui restait dans le fond de sa gorge
« Je t'aime
C »
Même si elle savait qu'il était bien trop tôt pour employer cette phrase, elle ne pouvait s'empêcher de la penser. Arizona était la personne qui était là, qui avait été là pour elle et elle ne l'oublierait pas.
Sans penser aux conséquences de ses actes, elle déposa le papier sur la table avant de partir avec ses affaires...
Xxxxxxxxxxx
Quand Arizona rentra ce soir là, il était déjà 23H. Elle avait passé sa journée au restaurant et cela était la première fois qu'elle était retournée travailler depuis ses retrouvailles avec la brunette.
Elle avait même réalisé qu'elle n'avait pas son numéro de portable, les obligeant à une coupure de contact brusque toute la journée, plutôt malvenue après ce qui c'était passé le matin.
En ouvrant la porte, la blonde s'attendait à tout sauf à...ça.
Un appartement plongé dans l'obscurité.
« Callie ? Callie ? Calliope ? »
Pas de réponse.
Posant précipitamment ses affaires, elle fit un rapide tour de l'appartement confirmant l'absence de la brunette...
Essayant de réfléchir de façon rationnelle, la panique s'empara de la blonde lorsqu'elle se rendit compte que toutes les affaires appartenant à la latina avaient disparu.
C'est en faisant le tour de la pièce principale à la recherche d'un indice quelconque qu'elle aperçu ce qu'elle recherchait : un mot
Elle s'empara alors de la feuille d'une main tremblante d'énervement avant de prendre connaissance du contenu. La réalisation de la grossesse de Callie la frappa violemment. Comment avait-elle pu être assez naïve pour ne pas faire le rapprochement... ?
Après quelques secondes, elle roula le papier en boule avant de le jeter à travers la pièce. S'appuyant sur une chaise pour reprendre ses esprits, elle fini par reprendre son sac et ses clés avant de claquer la porte derrière elle.
Non, Arizona n'aimait pas du tout que l'on se paie sa tête, et elle comptait bien le prouver.
