Chapitre 11
La blonde déambula dans les rues de la capitale jusqu'à tard dans la nuit. Différentes émotions s'étaient alors succédées dans son esprit. Tout d'abord la colère. La rage de savoir que Callie lui avait menti depuis le début, l'avait utilisée même ?
Mais plus elle y réfléchissait, plus elle comprenait le geste de la brune. Car une chose était sure, Arizona Robbins n'avait jamais imaginé cohabiter un jour avec un enfant...son enfant.
Le problème ici était différent, car Callie n'était pas officiellement sa compagne. Elle n'aurait donc aucun lien avec ce petit être et cette pensée naïve la rassurait.
Rien n'était simple. Il y avait déjà le fait qu'elle soit là, dehors en pleine nuit à cogiter sur ce qu'elle venait d'apprendre. La place qu'occupait la chose dans son esprit était trop importante pour être ignorée. Callie était trop importante pour être ignorée.
Arizona décida donc de prendre une décision. Elle comptait jouer sur un détail, LE détail qui changeait tout.
Car elle voulait faire partie de la vie de Callie, mais elle ne voulait pas avoir d'enfant à elle...
Sa solution était simple, elle allait retrouver la brunette et l'obliger à revenir chez elle sous forme d'un pacte amical. Elles pourraient ainsi continuer à cohabiter le temps que la latina refasse sa vie, mais la blonde serait ainsi déchargée de toute responsabilité qu'elle ne voulait pas prendre.
Il restait pourtant un dernier obstacle. Elle voulait entendre des explications de la bouche de la brunette...
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Les 24H suivant son départ parurent interminables pour Callie. Tout son être subissait de plein fouet les retombées de cette décision. Brûlures d'estomacs, maux de tête...de ventre...
C'était d'ailleurs pour cette dernière raison qu'elle se trouvait assise depuis bientôt une heure, observant les aiguilles de l'horloge de la salle d'attente du Dr. Lenoir.
Réveillée par d'importantes douleurs, elle avait préféré consulter pour être sure que cela ne venait pas du bébé.
« Madame...Torres ? »
« Mademoiselle »
Un homme d'une quarantaine d'années lui sourit avant de l'inviter à entrer. Après s'être assit derrière son bureau, il scruta la brunette quelques secondes avant de plonger son nez dans un dossier.
« Bien, alors... Je vois qu'on a quelques douleurs ? Moui, examen réalisé le 18, RAS, suspicion de
décollement du trophoblaste, RAS... »
Callie était de plus en plus nerveuse. Cette lecture lui rappelait tout ce qu'elle avait déjà fait subir à l'être qui vivait en elle. Rien qu'à l'idée qu'il puisse se passer quelques chose, elle senti les larmes lui monter aux yeux. Ferment lourdement ses paupières, elle ravala son émotion, prête à tout éventualité.
« Mademoiselle ? Callie ? Vous allez bien ? Je vais vous demander de vous allonger sur la table d'examen »
Après quelques secondes, un stéthoscope froid fut mit en contact avec la peau de la latina.
15 minute d'examen silencieux plus tard, le médecin lui fit signe de se rhabiller avant de prendre son dictaphone.
« Mademoiselle Calliope Torres, 35ans, Consultant pour des douleurs... »
La seule chose qu'elle entendit ensuite fut la conclusion :
« Aucune trace de stress embryonnaire, état très sans doute lié à un stress intense »
Il avait tout dit, il avait mis le doigt dessus : Callie avait le mal d'Arizona. Son corps refusait de fonctionner, de survivre sans elle...C'était donc vrai, la blonde était vraiment son oxygène, sa ligne de vie ?
Pourtant elle devait se rendre à l'évidence et essayer de reprendre le dessus, car Arizona, elle ne la reverrai jamais...
« Bien, je vous conseille vivement de vous mettre au vert ! Tout va bien pour le moment mais un tel état de stress ne peu qu'être néfaste pour l'enfant... N'hésitez pas à reconsulter si les symptômes persistent...
Un hochement de tête plus tard, Callie se leva tête basse, à la fois rassurée et angoissée de ne pouvoir améliorer la situation.
« Hah mademoiselle! Juste un conseil, quoiqu'il se passe dans votre vie en ce moment, n'oubliez pas que rien n'est insoluble. Surtout pendant une grossesse, c'est souvent l'occasion de se réconcilier avec la famille, les amis... »
Le regard du praticien était insistant, comme si il avait percé le mal-être de la brunette au jour.
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Pour Arizona la journée fut sans surprise. Elle avait décidé d'attendre quelques jours avant de faire quoique ce soit, considérant qu'elle n'avait aucune obligation d'aider Callie. Pourtant au fond d'elle même, elle arrivait de moins en moins à supporter la séparation.
23H pile, cela faisait maintenant 48H qu'elle avait trouvé le mot de la brunette... Les souvenirs de l'instant refaisaient surface alors qu'elle montait lentement les 2 étages menant à son appartement.
Perdue dans ses pensées, elle ne remarqua pas au premier abord la forme située à gauche de la porte.
Les mouvements de la blonde déclenchèrent l'allumage automatique et tout en mettant sa clé dans la serrure elle la remarqua...
La jeune femme se leva, l'air incertain et le regard vers le sol. Pourtant la blonde pouvait voir qu'elle avait pleuré...Elle sentait sa compassion et sa tendresse pour cette femme prendre le dessus sur sa colère.
Sans plus de cérémonie, elle déverrouilla la porte avant de l'ouvrir avec le pied. Après quelques secondes d'inaction, elle fit signe à la latina d'entrer avant de claquer le bois derrière elle.
Son plan était simple, elle était fatiguée d'aller toujours chercher des explications. Cette fois elle allait les attendre bien sagement. Callie était certainement revenue pour une raison, il était sure qu'en l'ignorant suffisamment longtemps, elle finisse par parler.
C'est donc avec une apparence décontraction qu'Arizona commença sa routine habituelle, relevant sa messagerie téléphonique, allumant la télé ou se préparant une infusion.
La brunette compris vite de quel jeu il était question et il confirmait que la blonde était vraiment énervée. Mais pourquoi ne le serait-elle pas ? Elle avait une nouvelle fois fui sans chercher la confrontation.
Décidée à avoir une conversation avec Arizona, elle s'assit à côté d'elle sur le canapé avant de poser sa main sur son bras.
Le geste de recul qu'elle obtint lui fit réaliser à quel point elle avait réussi à briser leur relation, leur complicité, leur amitié...
Elle hocha donc la tête en signe de résignation, les yeux pourtant toujours posés sur le visage de la belle blonde. Celle ci refusait toujours de la regarder.
Au bout de quelques secondes de ce traitement, Arizona ne pu s'empêcher d'exploser.
« Vazy Callie parles ! Je técoutes ! Fais quelques chose ! »
Elle s'était maintenant complètement tournée vers la latina, rabattant une jambe sous elle.
Le venin qui teintait ces mot atteignit de plein fouet la jeune femme qui ne pu réprimer un rire, ou plutôt une toux. Elle sentait sa gorge la brûler, et bien vite son estomac contracté par le mouvement. Obligée de se tordre pour éviter de crier, elle respira doucement pour essayer de calmer cette douleur et cette panique qui venait de l'envahir. La panique qu'elle n'arriverait jamais à réparer le mal qu'elle avait fait.
« Callie ! »
En quelques secondes, Arizona était à ses côtés, essayant de comprendre l'origine du mal.
Se redressant avec peine, elle essaya de calmer la blonde visiblement en état d'alerte.
« C'est bon, c'est...bon, juste...juste quelques maux d'estomac...le stress... »
Elle laissa la phrase en suspend, chacune des deux femmes comprenant l'implication de la phrase.
« Attends, je vais te faire quelques chose... »
Se levant, le chef Robbins parti en cuisine et en revint quelques minutes plus tard avec une potion dont elle avait le secret
« Bois... »
« Tu n'es pas obligée...je comprends très bien que tu m'en veuille... »
C'était maintenant au tout d'Arizona de hocher la tête, le regard dans le vague. Car elle prenait conscience qu'elle ne lui en voulait plus, qu'elle ne lui en voulait pas. Sa seule préoccupation en cet instant c'était le bien être de Callie.
Devant le teint blafard de la future mère, elle ne pu que constater que ces derniers jours lui avaient porté un coup aussi bien physique que moral. Elle semblait totalement épuisée.
Arizona n'avait plus envie de parler. Elle voulait la soulager, faire quelques chose pour elle, n'importe quoi...Après tout elle était revenue...
Sans un mot, elle la saisit doucement par le bras, l'invitant à se lever. La jeune femme se laissa alors docilement conduire dans la chambre de la blonde.
Elle la regarda brièvement, mais devant son visage fermé elle su qu'aucune parole n'était utile.
« Allonges-toi sur le ventre »
La regardant une nouvelle fois, la brunette s'exécuta devant le ton employé. Elle ne pu réprimer un grognement d'appréciation lorsque son corps entra en contact avec le matelas. Elle avait définitivement besoin de sommeil.
La dernière chose qu'elle retint fut les mains d'Arizona qui s'attelaient à dénouer chacune des tensions de son dos. A en juger par la sensation de plénitude qui l'envahissait peu à peu, c'était définitivement ce dont elle avait besoin.
Callie se demandait comment elle avait pu passer de l'enfer au paradis en si peu de temps.
Le mystère Robbins sans doute ?
Arizona se sentait également apaisée. Même si rien n'avait été dit, elle savait que ça allait aller...Cette femme devait rester dans sa vie... comme amie ?
