Ce chapitre m'a donné beaucoup de mal ! Vraiment... 5H pour l'écrire au lieu des 30 mins habituelles !
Je pense que c'est parce que j'arrive aux limites entre créativité et crédibilité.
Tous les sujets développés dans cette histoire me sont totalement étrangers , C'est vraiment de la « déduction »...J'essaie d'être le plus juste possible mais bon...

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« Mais je t'ai vu, je l'ai vu dans tes yeux... »

Et elle avait raison, il y a quelques minutes, c'était son futur qu'elle avait entendu...

Aucun autre mot ne fut échangé.
Callie avait compris que la distance qu'Arizona voulait mettre entre elles n'était pas dû à son enfant, mais plutôt à l'idée qu'elle se faisait « d'avoir un enfant ».
Cette réalisation lui redonnait de l'espoir, car aucune crainte n'est insurmontable. Il faut l'apprivoiser, la surpasser...Et la brunette comptait bien être présente à chaque étape.
Pour la blonde ce n'était pas aussi clair. Elle n'avait jamais voulu d'enfant, jamais...Mais là elle se trouvait avec ELLE, celle qui comptait plus pour elle qu'aucune autre. Et il y avait ce petit être en elle...

Les deux jeunes femmes étaient toujours aux alentours de l'hôpital, marchant sans but en silence. Ne supportant plus cette tension, Callie lui pris la main et ne pu que pousser un soupir de soulagement lorsqu'elle accepta le geste sans hésitation.

Elles étaient donc là, incapable de se quitter, mais également incapable d'avancer. Seule la blonde pouvait prendre une décision...Un mot, un geste ...

La brunette les amena finalement vers un parc bien connu des amoureux, pourtant il était quasi désert. La faute sans doute à la météo plutôt mitigée de ce début d'hiver.

« Je ne veux pas te faire de mal... »

Callie sursauta en entendant cette voix pourtant très faible. Elle décida d'attendre patiemment que la blonde vocalise ses pensées avant d'intervenir.

« Parce que je fuis... Quand les choses deviennent difficiles, je fuis... Et je ne veux pas que cela arrive avec toi... »

La brunette profita de l'ouverture d'Arizona pour lui indiquer un banc. Les deux femmes s'assirent, en silence une nouvelle fois. Leurs mains toujours en étroit contact.

« Tu comprends ? Je...Je ne peux pas te dire aujourd'hui que je veux être avec toi si demain quand l'émotion de cette journée sera retombée... Je réalise que je ne veux pas faire partie de la vie d'un enfant...et »

Callie en avait assez entendu. Une seule question lui occupait l'esprit.

« J'ai besoin de savoir Arizona... Est-ce que sans cet enfant... nous... »

« Mais la question ne se pose pas ! Imagine que l'on décide de se donner une chance et que dans 6 mois je décide de... »

« De quoi tu as peur... ? Tu parles de quelques chose qui n'existe même pas ! Comment peux tu anticiper notre rupture alors que nous ne sommes même pas ensemble ? »

A ce point la latina commençait à perdre patience. Cette discussion ne menait à rien. Rien de concret si ce n'est la peur incontrôlable du « si »...

« Si c'est la peur qu'on se sépare qui te motive alors tu as raison, mieux vaut arrêter tout de suite...Moi je pensais qu'il se passait quelques chose de particulier entre toi et moi, quelques chose qui faisait la différence, mais visiblement je me suis trompée »

Visiblement heurtée, Callie se leva

« Tu ne comprends pas... »

« ? Biensur que non je ne comprends pas Arizona ! Je suis quoi pour toi ? Une œuvre de charité ? »

« Arrêtes ! Arrêtes tout de suite, STOP ! » « Tu ne comprends pas... Tu crois que je ne ressens rien pour toi ? Tu n'as pas quitté mon esprit une seule seconde depuis que l'on s'est rencontrées! C'est justement ça le problème, toi et moi... Je...Tu es la meilleurs chose qui me soit arrivée depuis, depuis... »

« Alors pourquoi ? Pourquoi ? »

« parce que j'ai peur Callie ! Je suis terrifiée à l'idée de ne pas être assez, de ne pas être assez bien pour toi. Si...si... Et ton enfant sera ?... »

« Ton enfant aussi... » « Si tu le souhaite. Mais je ne peux pas t'y obliger Arizona. Saches que pour moi t'avoir à mes côté serait la concrétisation de ce que je ressens tout au fond de moi. Je suis persuadée, je SAIS que j'ai besoin de toi ! Pas pour m'aider pendant la grossesse ou pour élever l'enfant. Je n'ai pas besoin d'une nounou... ! J'ai besoin d'une personne qui me fasse rire, qui me parle de ses joies, de ses peines, qui partage ma vie tout simplement...Pour une semaine, un an, une vie...Toi »

La brunette était à court d'argument, elle avait tout dit, tout dévoilé...

Arizona n'arrivait plus à réfléchir, ce qu'elle venait d'entendre l'avait profondément touchée.

« Callie...Je ne peux pas prendre le risque de te dire oui. Je... Tu compte énormément pour moi, plus que tu ne le sauras jamais, mais je ne veux pas te faire de mal, ni LUI faire de mal... » Elle regardait maintenant ce ventre habité.

« Je ne veux pas commencer quelques chose que je ne pourrai peut-être jamais finir...Je suis désolée... »

Les deux femmes étaient en larmes.

« Personne ne m'a autant fait souffrir que toi en ce moment Ari... Tu m'as donné de l'espoir quand j'étais au plus bas, tu m'as tiré vers le haut, tu m'as redonné goût à la vie, et maintenant tu décides que ce n'est plus possible... ? TU décides que tu ne peux pas continuer...Et bien alors vas-y, PARS, DEGAGES ! »

« Callie calmes toi, s'il te plait ! »

« NON ! NE ME DIS PAS DE ME CALMER ! »

La brune était rouge de rage, tout son corps était tendu et la première chose qui vint à l'esprit de la blonde fut...

« le bébé... ».

Réflexe ou instinct maternel ?

La latina se calma immédiatement devant le visage préoccupé d'Arizona, encore une fois surprise par sa réaction. Même la blonde semblait surprise de sa sortie. Callie lui pris alors la main et la déposa sur son ventre à même la peau. Les deux jeunes femmes sursautèrent à ce contact intime. Pourtant aucun geste ne leur semblait plus naturel.

«Le bébé va bien... parce que tu es là pour veiller sur sa maman...»

Et c'était vrai, la blonde sentait ce besoin de la protéger, de LES protéger... Même si elle était terrifiée, elle se sentait de plus en plus investie dans leur existence. Arizona ne pu résister à l'envie de poser un baiser appuyé sur la joue de Callie. Cette femme était tout simplement magnifique.

Surprise par ce geste, la latina leva un sourcil avant de lui sourire « En quel honneur ? »

« Parce que tu sera la plus magnifique des mamans... » Le regard intense d'Arizona lui prouva qu'elle pensait ces mots et même plus.

Un autre silence s'installa, plus confortable que le précédent. La luminosité commençait à diminuer mais aucune des deux femmes ne voulait rompre le contact. La mains d'Arizona qui était posée sur le ventre de Callie était maintenant devenue un bras entier entourant protectivement cette zone sacrée, tandis que l'autre était fermement accroché à sa taille formant un cercle protecteur.

La tête de la blonde reposait sur l'épaule de la brunette qui ne pouvait que savourer ce moment de tendresse éphémère.

« Je n'aime pas les enfants... »

« Je n'aime pas les enfants des autres non plus » Les deux femmes rirent à la véracité de cette confession.

« Je ne sais pas comment m'y prendre avec eux...et... »

« Je serai là, je t'apprendrais, tu m'apprendras ! Je suis sure que tu seras meilleure que moi ! »

La blonde releva sa tête confuse

« Après tout ce que je viens de dire, j'ai du mal à comprendre... »

Pourtant Callie était sure d'elle

« parce que tu es généreuse, attentionnée, tu as su dissiper mes doutes, mes peurs...Je suis sure que tu serais, que tu seras la personne vers qui le petit se tournera si jamais il fait un cauchemar ou si jamais il a peur...»

« Callie, je... »

« Chhhhhuttt, s'il te plait ne dit rien...»

« Mais... »

La brune la contraignit au silence par un doigt posé sur ses lèvres.

« Tu as le droit d'avoir peur Arizona, tu as le droit d'avoir des doutes, mais... est-ce que tu me fais confiance ? »

Prise par surprise, la blonde se contenta de hocher la tête

« Alors laisses moi voir pour toi, laisse moi décider de ce qui est bien ou pas pour moi, pour le bébé... »

Le téléphone de la blonde sonna, brisant définitivement leur embrasse

« Oui ? »

« Chef ? On vous attend ? Le service commence et le maire vient d'arriver... »

« Et merde...j'arrive ! »

Callie compris aussitôt de quoi il était question et ne retint pas la blonde

« Vas-y...je comprends... »

Elle lui griffonna sa nouvelle adresse avant de lui tendre le papier

« Si jamais... »

Ses yeux étaient de nouveaux humides. Elle savait que c'était peut-être la dernière fois qu'elle voyait la blonde. Pourtant au fond d'elle, elle savait que c'était impossible.
Il lui fallait du temps, et elle allait le lui laisser. Elle espérait juste qu'à un moment elle réaliserait qu'elle ne pouvait pas vivre sans elle, tout comme elle l'avait compris dès le premier jour...

La blonde pris le papier et se leva rapidement incapable de supporter l'implication de ce moment. Elle voyait les premières larmes couler sur les joues de la brune et cela lui brisait le cœur.

« Vas-y Arizona, fais ce que tu as à faire, ne t'en fais pas pour moi...les hormones... » Elle essayait de faire de l'humour mais pourtant son cœur pleurait.

Hochant la tête le jeune femme se retourna et commença à marcher vers la sortie.
Callie ne regardait pas. Elle fermait les yeux, espérant que quand elle les rouvrirait elle serait chez elle, avec un certaine blonde blottie à ses côtés.
Son rêve éveillé fut troublé lorsqu'une force incroyable l'attrapa par sa veste avant de déposer un baiser affamé sur ses lèvres.
Juste le temps d'ouvrir les yeux qu'elle vit le dos d'Arizona s'éloigner...

Que venait-il donc de se passer ?

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Le chef Robbins arriva au restaurant à temps pour éviter un carnage total. Ses apprentis avaient vraisemblablement eut des difficultés de dosage et tous les plats devaient être rectifiés avant d'être servis. En d'autres terme, cela signifiait beaucoup de travail et de stress pour le chef étoilé qu'elle était. Pourtant, elle restait impassible en ce samedi soir chargé. La raison ? La sensation qui l'avait envahie lorsqu'elle avait embrassé Callie.
Rien ne pourrait jamais rivaliser avec ça...
Elle continua donc son service avec une maîtrise totale et ne souhaitait qu'une chose : revoir la brunette. Malheureusement, cela ne faisait pas tout...

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On était maintenant lundi, jour de fermeture du restaurant et jour de repos pour la blonde.

Même si Callie n'avait pas quitté son esprit, elle ne s'était toujours pas décidée...Du moins c'est ce dont elle essayait de se convaincre. Car sa vision du monde avait changé...
Elle ne pouvait s'empêcher de poser une autre regard sur les enfants et familles qu'elle croisait...Cette vie rangée qui l'avait toujours rebutée lui semblait subitement être une réponse, une solution à sa vie dissolue.
Et si c'était tout ce dont elle avait besoin ?
Chaque poussette, chaque femme enceinte, chaque mère souriante lui rappelait Callie...Quoiqu'elle fasse elle ne pouvait s'empêcher de penser qu'en mettant un terme à leur relation, elle ouvrait la porte à d'innombrables inconnus. Et cette idée l'agaçait particulièrement. Un sentiment de propriété la gagnait peu à peu et elle refusait qu'une autre personne prenne soin de la latina, et même de l'enfant...

Depuis qu'elle avait entendu ce battement de cœur si proche du sien, elle se sentait lié à ce petit-être et rien ne semblait pouvoir rompre ce lien invisible. Comment cela était-il possible, elle n'en savait rien, même si ça devait avoir un rapport avec une certaine brunette dont elle ne semblait pouvoir se passer.

C'était donc ça ? Elle était piégée, le cœur entièrement soumis à cette femme et l'enfant qui grandissait en elle ?
La crainte laissait peu à peu place au bonheur, celui de savoir qu'une personne aussi extraordinaire que Callie l'attendait elle, et pas une autre...

D'un pas décidé, Arizona se dirigea vers une rue bien connue avant de pousser la porte d'un magasin de vêtements et accessoires pour bébé.
Pourtant toute sa confiance nouvellement acquise s'envola lorsqu'elle découvrit cet univers qui lui était totalement étranger...Landaus, Poussettes, peluches, biberons, tétines, vêtements et tout un tas d'autres objets dont elle ignorait la fonction.

« Bonjour Madame, puis-je vous aider ? »

« Heu ...Je voudrais quelques chose pour mon bébé »

La vendeuse ne pu s'empêcher de rire

« Vous êtes au bon endroit ! »

Arizona elle était choquée de s'entendre dire « mon » et non « un » bébé. Même son inconscient semblait la pousser à s'investir dans la vie de cet enfant...

« C'est pour quand ? »

La blonde dévisagea la vendeuse qui œillait suspicieusement son ventre avant de comprendre...Elle choisi d'ignorer le sous-entendu mais son esprit l'avait pourtant bien enregistré. Deux femmes et un enfant ? Définitivement pas « normal »...

« Ce n'est pas moi qui suis enceinte...C'est pour dans un peu plus de 6 mois... »

« Daccord, mais que voulez vous exactement ? » La jeune femme lui souri ouvertement et Arizona senti une partie de ses craintes s'envoler. Finalement cela n'avait pas l'air plus choquant que ça...

La vendeuse lui commenta les différents secteurs du magasin avant de la laisser librement parcourir les allées.

Après quelques maladresses, la blonde se pris rapidement au jeu et sélectionna une quantité importante d'articles. Pourtant arrivée à la caisse elle fit demi-tour. Tous les vêtements quelle avait pris étaient destinés à une petite fille...Or elle ne savait pour le moment pas le genre de l'enfant ! Une intuition persistante diront nous...

Elle repris donc la direction des rayons, complétant ses achats avec des vêtements de garçon (pourtant sure qu'ils ne serviraient jamais).
Son regard s'arrêta également sur quelques peluches, puis bavoirs aux imprimés « adorables », et une panoplies d'objets en tous genre.

Elle ressorti quelques minutes plus tard avec 4 énormes sacs remplis. Elle savait maintenant précisément ce qu'il lui restait à faire...
Elle pris le volant de sa mini rouge pour se diriger vers l'adresse griffonnée à la hâte sur un morceau d'enveloppe déchirée. Elle profita de la sortie d'une vieille dame pour se frayer un passage dans l'immeuble et monta les 5 étages au pas de course avant d'arriver à destination.
Ses craintes reprirent pourtant le dessus au moment de sonner. Plusieurs minutes s'écoulèrent avant qu'elle ne se décide à faire le dernier geste.

Le destin décida pour elle puisque la porte s'ouvrit brusquement, révélant une Callie visiblement en route pour le bureau. N'arrivant pas à retirer ses clés de la serrure , la jeune femme ne la remarqua tout d'abord pas. Mais quand elle leva les yeux prête à fermer la porte derrière elle, elle fit tomber ses clés et son sac simultanément.

Devant elle se trouvait Arizona Robbins, un sourire à faire couler un navire aux lèvres...
La bouche ouverte, la brunette n'arrivait pas à former de mots, elle n' s'attendait pas à la revoir, du moins pas de cette façon.

Son regard suivi le contour du corps de la jeune femme avant de s'arrêter aux imposants sacs qu'elle tenait dans ses mains. Elle ne mis que quelques secondes à reconnaître l'enseigne et à la réalisation elle attrapa fermement la blonde par sa veste avant de l'embrasser avec force. Le geste mimait la façon dont Arizona l'avait quitté dans le parc, sauf que cette fois ce n'était pas un aurevoir...

Ne pouvant résister à la brunette, la blonde laissa elle aussi tomber ses sacs et s'accrocha à la nuque de Callie comme si sa vie en dépendait.

La jeune avocate la pris par la taille la rapprochant d'elle le plus possible. En ce moment précis elle décida qu'elle ne laisserait plus jamais partir Arizona. jamais.

Elle laissa sa langue lentement caresser la lèvre supérieure de la jeune femme, avant que celle ci ne l'aspire toute entière en même temps que ses grognements d'appréciation.

Après quelques minutes d'une bataille féroce entre langues, dents et lèvres, les deux amantes se séparèrent sans pour autant rompre le contact.
Callie regarda alors les sacs jonchant le sol et ne pu s'empêcher de sourire, la blonde lui répondit timidement, toujours peu sure de ses choix en matière d'accessoires pour bébé

« J'ai fais un peu de shopping... »

La brunette se mit à rire aux éclats avant de l'aider à ramasser les sacs et à l'attirer vers l'intérieur de son appartement.
La porte fut claquée lourdement, laissant passer les rires et l'amour qui s'échappaient des deux femmes.