Breathe
Orgueil et Préjugés ainsi que ses personnages appartiennent à Jane Austen
Breathe est une création de knitchick
Merci à ma Bêta Lagasy pour sa correction
Marie: Merci pour ton com, tu vas découvrir dans ce chapitre la réaction des Bingley, bonne lecture.
Il regardait par la fenêtre sombre pendant qu'il attendait Charles, son reflet légèrement souligné par la lumière du feu. Il avait finalement été approché par son ami alors qu'ils sortaient de la bibliothèque après le dîner, tranquillement il lui avait demandé si il pouvait venir dans sa chambre pour parler après que tout le monde ait pris sa retraite.
Il savait ce dont Charles voulait discuter, et tandis qu'il avait tenu sa promesse et n'avait pas interféré, il se révélait que son ami se tournait finalement vers lui. Il doutait que le pauvre homme ait même eu un moment pour examiner ses options avec Caroline et Louisa rabâchant après lui à chaque seconde de la journée. Ces deux là pourrait faire passer Mme Bennet pour une parleuse douce ... Ce qui voulait dire quelque chose.
Charles s'était enfin rendu dans sa chambre prétendant un mal de tête, ce qu'il pouvait bien comprendre vu qu'elles lui en donnaient un aussi et il resta le reste de l'après-midi indisposé. Il avait même décliné l'invitation d'aller à Longbourn avec eux ... Ce qui n'était pas bien passé avec Mme Bennet ou, il le soupçonnait, Jane.
Même si elle n'avait pas montrée la moindre émotion pour confirmer ses suppositions, elle semblait encore plus silencieuse que d'habitude.
Sinon, la visite c'était étonnamment bien passée, tout bien considéré. Mme Bennet était plutôt calme ... au premier abord. Mais à chaque pause dans la conversation, elle demandait après M. Bingley, et quand on lui avait dit, encore une fois, qu'il avait un empêchement temporaire, elle avait fait trois ou quatre demandes de renseignements plutôt pointues concernant sa santé.
Heureusement, Mme Gardiner lui avait subtilement coupée la parole et avait changée de sujet quand même l'implacable Jane montrait des signes d'agitation à la persistance obstinée de sa mère.
Sa tante et son oncle avaient été gracieux, mais un peu hésitant envers Elizabeth et après quelques questions générales s'étaient contentés de discuter avec les Gardiners en l'observant discrètement interagir avec Georgiana. Si Elisabeth était au courant de son examen approfondi, son comportement ne le montrait pas. Elle avait gardée son sang-froid tout le long tout en permettant à son humour naturel de briller.
Était-il étonnant qu'il soit tellement amoureux d'elle?
Pour son grand plaisir, Georgiana et elle avaient passées presque toute la visite à bavarder ensemble amicalement. La chaleur naturelle d'Elisabeth et sa façon de rire d'elle et de la folie des autres, avait servit à sortir sa sœur timide de sa coquille et les deux avaient eu une discussion animée qui avait même provoquée un fou rire ou deux à sa sœur généralement timide et taciturne.
Le bruit avait surpris son oncle et sa tante à tel point qu'ils s'étaient arrêtés au milieu d'une phrase durant leurs discussion avec Mme Gardiner sur les théâtres de Londres pour observer le spectacle attrayant.
Georgiana ne rigolait jamais, ne riait jamais et souriait rarement depuis son incident avec George Wickham. Ce misérable avait détruit sa confiance et son estime de soi et Darcy avait parfois l'impression que George s'en était sortit trop facilement. Que son Elisabeth puisse tirer un tel son merveilleux de sa douce sœur provoqua à sa gorge de se serrer avec émotion et il vit que les yeux de sa tante étaient étrangement brillant aussi.
Georgina et Elisabeth étaient inconscientes de l'effet que leurs camaraderies avaient sur le reste de la pièce, mais il était évident pour tout le monde que sa future épouse et sa sœur étaient rapidement devenues amis. Ce qui fit apprécier Elisabeth par sa tante et son oncle plus que toute autre chose ne pourrait jamais le faire.
Georgiana n'avait jamais eu de bons rapports avec l'une des femmes qui le harcelaient ... euh ... Qui désiraient se familiariser avec lui, et sa famille le savait. Ils en plaisantaient en disant que la première dame avec qui Georgiana s'entendrait bien il devrait l'épouser. Il n'avait pas apprécié la plaisanterie à l'époque, mais maintenant, il était absolument heureux de constater que ça s'était avéré être une observation pertinente.
Il avait l'intention d'épouser la belle Mlle Elisabeth Bennet dans deux jours et passer le reste de ses jours à la faire se sentir aimée ... et à lui faire l'amour ... certainement lui faire l'amour!
Le fait qu'elle plaisait à sa famille était juste un bonus supplémentaire.
Il avait permis à son esprit de vagabonder vers des choses très agréables jusqu'à ce qu'il remarque le silence soudain et se rendit compte que M. Gardiner lui avait parlé et qu'il attendait une réponse. Il rougit et présenta ses excuses pour avoir permis à son attention de s'évader, mais il n'avait pas manqué le sourire connaisseur de l'oncle d'Elisabeth qui ne faisait aucun effort pour le dissimuler.
Oui, l'après-midi pouvait être considérée comme un succès dans la mesure où sa tante, son oncle et sa sœur étaient concernés. Ils avaient donnés leur approbation pour Elisabeth et parlaient très bien des Gardiners. Georgiana ne pouvait pas en dire assez sur la façon merveilleuse dont sa future sœur était, malheureusement on ne pouvait pas en dire autant de leur impression de Mme Bennet.
Mme Bennet, après avoir enfin laissé tomber le sujet Bingley, était restée silencieuse pendant un temps, comme si elle était craintive de son entreprise, mais avait ensuite perdue l'impression qu'elle pouvait avoir donnée d'être une dame bien élevée en demandant précisément à la femme du comte, «si elle avait entendue la merveilleuse nouvelle que sa plus jeune fille allait se marier à un homme de bien, avec d'excellentes perspectives. »
Le silence qui avait suivit sa question était lourd de tensions et d'incrédulité. Elisabeth s'était transformée en une nuance éclatante de rouge et semblait avoir du mal à trouver quelque chose à dire qui rendrait la situation moins embarrassante, mais tout ce qu'elle pouvait gérer était des excuses étranglée pour « l'oublie de sa mère à qui elle devait la bonne fortune de sa sœur. »
Heureusement, Mme Gardiner sentant que le retrait était la meilleure solution, prétexta un mal de tête soudain et demanda l'aide de Mme Bennet pour aller dans sa chambre. La femme tenta de se faire remplacer par Jane, mais Mme Gardiner resta assez ferme sur le fait qu'elle avait besoin de l'assistance « spécifique » de Mme Bennet, elle se leva enfin avec colère et quitta la salle avec sa belle-sœur «malade».
Un soupir de soulagement sembla remplir la salle au moment du départ de Mme Bennet et lentement la conversation recommença, bien que le groupe de Netherfield fit leurs excuses peu de temps après, peut-être dans la crainte que Mme Bennet puisse décider de revenir ou simplement parce qu'ils étaient déjà là depuis près d'une heure. Dans tous les cas, il fut forcé de faire ses adieux à Elisabeth.
Quelque chose qu'il devenait extrêmement fatigué de faire.
Samedi ne pouvait pas arriver assez tôt pour lui.
Son attention fut contrainte de revenir au présent quand il entendit un petit coup sur la porte et il l'ouvrit prudemment, juste assez pour la refermer au cas où Caroline déciderait de tenter autre chose envers lui. Il fut soulagé de voir que ce n'était que Charles.
Il sourit en laissant entrer Charles et l'invita à prendre un siège près du feu. Il leurs versa un verre de brandy avant de prendre le siège en face de son ami qui restait silencieux et pensif. Il se passa quelques instants avant qu'il ne commence à parler.
« Darce, j'ai besoin de conseils » commença-il timidement, «je sais que tu as dit que tu n'allais plus t'impliquer dans mes affaires personnelles, mais je ne sais pas quoi faire. »
Il passa sa main dans ses cheveux et se leva pour marcher incapable de rester assis alors qu'il était si manifestement en détresse.
« La chose est ...» il hésita, puis reprit: «... la chose est que je suis confus. J'aime Jane, je le fais vraiment, et je veux l'épouser de tout mon cœur ... mais mes sœurs ... et puis ces choses avec Miss Lydia ... C'est juste que ... je veux dire ... et puis ils ... » il s'arrêta quand il se rendit compte que ce qu'il disait n'avait aucun sens, il se rassit et prit une gorgée de son verre avant de prendre une profonde respiration et d'essayer à nouveau.
« Je sais que mes sœurs ne veulent pas que je me marie à Jane; elles l'ont prouvées par leurs actions trompeuses après le bal, mais j'étais déterminé à l'épouser indépendamment de leurs opinions une fois que tu m'avais dit qu'elle m'aimait encore. »
Charles était calme pendant quelques minutes et il hésita à interrompre ce qui était évidemment une profonde réflexion, alors il attendit simplement pour donner à son ami de l'espace pour organiser ses pensées.
«Le facteur déterminant pour que je quitte Netherfield en premier lieu était que tu m'avais dit qu'elle ne m'aimait pas ... et je sais maintenant que j'ai eu tort de vous écouter toi et mes sœurs, au lieu de faire confiance à mon propre cœur ... mais j'ai toujours fait confiance à ton jugement au-dessus du mien et ça m'avait toujours bien servit avant, donc je ne t'avais pas posé de questions. »
Il finit son verre et le posa, le reprenant quand il fut remplit.
« J'ai toujours été le bébé de la famille, comme tu le sais » il semblait perdu dans sa mémoire du passé, «Mes sœurs me gâtaient ... Je l'admets volontiers ... mais tout a changé quand mon père est mort et que je suis soudainement devenu leurs fournisseurs et leurs protecteurs »Charles le regarda presque avec colère et il se demanda ce qu'il avait fait pour mériter la colère de son ami.
« Tout le monde ne peut pas être aussi parfait que toi Darce, tu as tout géré à la perfection après la mort de ton père et sans avoir eut l'air de cligner des yeux ... et non seulement tu as élevé une sœur très jeune toi-même, mais tu as presque doublé la fortune de ta famille et développé une excellente réputation dans les premiers cercles en même temps ... Tu as presque rendu impossible pour le reste d'entre nous d'être à la hauteur de tes normes élevées. »
Darcy était stupéfait par les mots de son ami. Charles n'avait jamais laissé penser qu'il se sentait inférieur de quelque manière que ce soit mis à part avec des plaisanteries occasionnelles, mais il n'avait jamais pris cela au sérieux. Finalement découvrir que l'ami avec qui vous aviez toujours pensé que vous pouviez vous détendre et être vous-même avait l'impression qu'il ne pouvait pas être à la hauteur de vos attentes ... quand vous n'en aviez pas du tout envers lui ... Etait un coup.
Mais une fois commencé, Charles ne semblait pas vouloir s'arrêter.
«Donc voilà, je suis une fois de plus confronté au dilemme de savoir si oui ou non je dois rester ou partir. Mon cœur me dit de rester et de faire avancer les choses et au diable tous ceux qui croit que je fais une mésalliance...»
Est-ce que Charles venait juste de jurer?
« ... Mais après cette chose avec Miss Lydia, Caroline a recommencée et je sens que j'ai besoin de penser à elle et de comment mon mariage aura une incidence sur ses chances de faire un bon mariage ... et honnêtement, avec ses vingt mille livres, la seule raison pour laquelle elle n'est pas encore mariée, c'est parce qu'elle attendait pour le grand prix ... toi! Même si j'ai essayé de lui dire à maintes et maintes reprises que tu n'étais tout simplement pas intéressé par elle de cette façon ... mais est-ce que Caroline a entendu raison ... NON! Elle ne l'a jamais fait et je doute qu'elle le fasse un jour ... Alors je me pose cette question, si elle ne m'écoute pas, pourquoi est-ce que je prends la peine de l'écouter? »
Charles était haletant comme si il venait de courir une course et il était presque certain de n'avoir jamais entendu un discours aussi long venant de Charles depuis qu'il le connaissait. Ca devait vraiment le tracasser.
« L'autre chose est, que va-t-il se passer si nous nous marierions? Qu'adviendrait-t-il de ma sœur alors? Viendrait-t-elle vivre avec nous? Et comment cela fonctionnerait si ma femme et ma sœur ne s'entendent pas? Et que se passerait-t-il la prochaine fois que Caroline sera en désaccord avec quelque chose que Jane ou moi déciderions de faire? Tu vois ce que je veux dire Darce? Comment as-tu pu naviguer dans ces eaux si brillamment est un mystère pour moi, et franchement c'est vraiment dur d'être ton ombre. »
Son ombre? Etait-ce vraiment la façon dont Charles se sentait?
« Ce n'est pas que je n'apprécie pas tout ce que tu as fait pour moi, parce que je le fais. Tu m'as aidé à naviguer dans les eaux infestées de requins de la société londonienne et sans ton aide, je suis sûr que je me serais noyé ou aurait été mangé par moment, mais je pense qu'il est temps je me tienne par moi-même et que je vois où j'en suis. »
Noyé ou être mangé? Où avait-t-il été cherché ça? Il savait que la société londonienne pouvait être impitoyable, mais s'était-il toujours senti de cette façon, et si oui pourquoi n'avait-il jamais rien dit?
Caroline.
Charles était entré dans la société parce que Caroline avait insistée. Charles était aussi heureux dans les assemblées de campagne qu'ailleurs. La différence était qu'à la campagne, il était un gros poisson dans un petit lac. A Londres, il était un poisson très, très petit dans un lac très, très grand.
Oui, il pouvait voir la corrélation maintenant.
«Je pense que j'ai besoin de m'en aller pendant un moment et reprendre ma vie avant de pouvoir même envisager le mariage. Si Jane veut encore de moi après que tout soit dit et fait, alors je serais heureux, mais comme il en est en ce moment, je ne peux pas lui offrir un demi-homme et m'attendre à être en mesure de prendre soin d'elle et des enfants que nous pourrons avoir dans l'avenir. Par ailleurs, pas que je n'apprécie pas tout ce que tu as fait pour moi, mais je dois me prouver que je peux le faire seul pour une fois. »
Charles avait l'air essoufflé tout d'un coup et il se laissa tomber contre la chaise, comme s'il attendait qu'on lui dise qu'il prenait la bonne décision, mais craignait qu'on ne lui dise le contraire.
Ne voulant pas décevoir son ami au milieu de son sens nouvellement trouvé de quasi-indépendance, il estima qu'il avait besoin d'injecter une certaine réalité dans la situation.
« Et si elle décide de ne pas attendre pour toi? Et si quelqu'un lui fait une offre et qu'elle décide de l'accepter? » demanda-t-il calmement à Charles.
Il y avait un problème plus important qui devait être traitée, mais il décida de commencer avec des questions faciles en premier pour tenter de déterminer les vrais sentiments de Charles, avant de s'occuper de celles inévitables.
« Eh bien, je devrais y faire face quand le moment viendra. Si nous ne pouvons pas résister à cela, quelles sont les chances pour que nous soyons en mesure de surmonter le mariage. »
« Alors, que vas-tu lui dire? Quand vas-tu lui dire? Quand exactement envisages-tu de le faire? » demanda-t-il patiemment, convaincu que son ami n'avait pas correctement pensé à tout et qu'il agissait simplement sur ses frustrations.
« Je vais lui parler demain, et puis faire des plans pour fermer Netherfield et partir après ton mariage. J'ai besoin de parler à mon avocat et de voir pour libérer Caroline. Tant que je serai responsable d'elle, elle pensera qu'elle peut diriger ma vie » continua-t-il sans reprendre son souffle.
« Je vais lui donner sa dot et lui offrir une petite allocation trimestrielle avec la stipulation que si elle provoque des troubles ou propages des ragots, sur l'un des Bennet, elle la perdra aussi. » Charles fit une pause et regarda sa réaction, mais ne voyant que son calme, il poursuivit.
« Elle aura plus que suffisamment pour une petite maison en ville et pour vivre assez confortablement jusqu'à ce qu'elle trouve un mari ... ou si ça ne se fait pas ... elle aura plus que suffisamment pour subvenir à ses besoins si elle est prudente, elle aura tout simplement besoin d'embaucher une dame de compagnie pour vivre avec elle. »
Ils laissèrent tous deux en suspens le non-dit évident ... que Caroline n'était plus si jeune et était devenue trop amère et que le seul mari qu'elle était susceptible de trouver à ce point était quelqu'un dans le besoin désespéré de ses vingt mille livres. Mais l'embauche d'une dame de compagnie avait une odeur de vieille fille, et il savait qu'elle se battrait assez violemment contre Charles à ce sujet.
Il lui restait à voir comment Charles gérerait une fois que la démone intérieure de Caroline se révélerait et dégainerait ses griffes.
Il frémit à cette pensée alors qu' une petite voix au fond de son esprit lui rappelait qu'il avait mis en garde Charles à de nombreuses reprises qu'il avait besoin de freiner Caroline avant qu'elle ne le gêne ou qu'elle ne devienne hors de son contrôle, mais Charles n'avait pas tenu compte de ses avertissements, et maintenant il en paierait le prix.
Cela ne l'empêchait pas de s'apitoyer sur son ami et l'écouter alors que Charles continuait à parler.
« Après cela, je pense que je vais chercher un petit domaine quelque part loin de toi » Charles jeta un coup d'œil vers Darcy, « et d'essayer de réussir à le faire fonctionner. Quelque chose de beaucoup plus petit que Netherfield ...» et loin loin des Bennet, resta suspendu dans l'air. Après une courte hésitation, Charles reprit, sa voix de plus en plus animée.
« C'est ce que mon père a toujours voulu et je sens que je le lui dois et à moi-même, essayer de le faire honnêtement, pas seulement jouer au gentleman campagnard pendant que mon superviseur dirige tout. Si au bout de six mois ou un an les choses se passent bien, alors je reviendrais sur la question du mariage. »
Il pouvait voir que Charles avait en effet donné au moins une quantité superficielle de temps à cette idée, mais c'était encore juste une idée et il détestait être le porteur de mauvaises nouvelles, d'autant plus que l'idée avait du mérite, mais il devait reprendre son ami pour faire face à la réalité de la situation.
« Je pense que c'est une bonne idée Charles, en particulier la façon dont tu envisages de faire face à Caroline, mais si tu romps les fiançailles aujourd'hui, ta réputation, celles de tes sœurs et celle de Jane seront ruinées. »
Charles avait l'air d'avoir été frappé. Evidemment cette pensée ne lui était jamais venu à l'esprit et dans sa frustration, il se remit à arpenter jusqu'à ce qu'il ne s'arrête et regarde distraitement le feu avant de répondre.
« Si elle choisit de rester fiancée après que je lui ai tout expliqué alors j'honorerais ma parole. Je retarderais simplement le mariage et nous serons séparés pendant que je remettrais ma vie en place. Si elle choisit d'y mettre fin en ne voulant pas rester fiancée jusqu'à ce que je revienne, je le respecterais et ferais passer le mot que j'ai rompu les fiançailles pour des raisons de santé ou quelque chose pour qu'elle ne souffre pas. »
Darcy voulait mentionner qu'un an passé en compagnie de Mme Bennet après que le mariage soit reportée serait une torture suffisante pour n'importe qui et il doutait que même la calme et complaisante Jane pourrait y survivre, mais à bon escient il tint sa langue.
« Si c'est vraiment ce que tu veux faire, tu sais que tu as tout mon soutien. S'il y a une façon dont je peux t'aider s'il te plaît fais-le-moi savoir, mais je soupçonne que ton plus gros obstacle sera Caroline. »
« Oui, je vais lui parler demain et l'envoyer avec Louisa à Londres. Je ne veux pas qu'elle ruine ton mariage parce qu'elle est en colère. Je vais aussi écrire à Hurst, il en a de plus en plus marre de l'influence de Caroline sur sa femme et il sera plus qu'heureux de m'aider à trouver un endroit pour que vive Caroline. »
Il fut soulagé d'entendre que Caroline allait partir avant le mariage, c'était un souci de moins dans ce flux de soucis de ces jours-ci. Il regarda son ami pensif qui regardait la cheminée et haïssait devoir en rajouter à sa mélancolie, mais connaissant M. et Mme Bennet comme il le faisait, il savait qu'il avait besoin de parler.
«Charles, je déteste en parler » hésita-t-il pour faire en sorte d'avoir l'attention de son ami «de plein droits, M. Bennet peut exiger que tu honores la date convenue pour le mariage. Que feras-tu si c'est le cas ? »
Charles semblait se dégonfler une fois de plus, il détestait être le seul à avoir à injecter une dose de réalité sur lui, mais c'était une possibilité très réelle que Mme Bennet pousserait en effet la question ... Et bien entendu, M. Bennet serait d'accord simplement pour la faire taire.
« Eh bien, je suppose qu'il n'y aurait alors pas d'autre choix que de se marier comme prévu. » dit Charles d'une voix résignée: «Je partirais pour tenter de m'installer dans une succession et reviendrais juste avant le mariage. Cinq mois devraient me permettre au moins de commencer les choses. »
« Mais tu l'aimes, n'est-ce pas Charles? » il détestait le faire mais il estimait qu'il fallait lui demander.
Charles sembla perdu pendant un moment, puis secoua la tête comme si il se rappelait soudainement où il était, « Oh oui ... je le fais ... je veux dire» répondit-il avec plus de force « ... oui, je l'aime. »
« Eh bien mon bon ami, portons un toast à l'amitié et aux nouveaux commencements » il remplit deux verres et en tendit un à Charles, qui hésita, puis le prit avec un sourire.
« Mais d'abord laisses-moi te dire un secret » il se pencha plus près de Charles et lui indiqua qu'il devait se rapprocher aussi.
« Je ne suis pas le parangon que tu penses que je suis Charles, je cache mes peurs et mes faiblesses derrière un masque froid et indifférent qui maintient tout le monde à distance. J'ai fait plus d'erreurs que je peux compter ... sinon comment penses-tu que je sois en mesure d'offrir de tels conseils concis? ... parce que je veux que tu apprennes de mes nombreuses erreurs et j'espère que tu n'aurais pas à passer par le chagrin que j'ai eu »
Quand Charles ne dit toujours rien, il prit une chance et parla avec son cœur, «Parce que je te le promets, c'était loin d'être facile et je me sentais tellement perdue après la mort de mon père et pas du tout préparé pour ce que je venais d'hériter. Je pense encore de cette façon parfois ... tout le monde le fait, et ils mentent si ils disent quelque chose de différent. »
Il termina son verre de brandy d'un trait et se retourna vers son ami choqué. « Alors, vas-y et fais tes propres erreurs et sois fier d'elles, parce que chacune te rapprocheront d'être ton propre homme. »
Charles secoua la tête et se mit à rire, il le suivit de près, pas sûr de ce à quoi ils riaient, mais il était reconnaissant pour le soulagement qu'il apportait.
« Tu es un homme bon Will Darcy » dit calmement Charles en se préparant à quitter la chambre «et je suis fier de t'appeler mon ami. »
Charles lui donna un dernier petit salut avant de fermer la porte, il s'arrêta un instant en ravalant l'émotion que les paroles de Charles lui avaient provoquée.
Son ami avait un long chemin à parcourir et il soupçonnait qu'il épousait la mauvaise femme, mais il ressentait une étincelle d'espoir que Charles finirait par le faire fonctionner ... car il voulait vraiment qu'il soit heureux.
Il verrouilla la porte ... vu qu'il n'avait toujours pas confiance en Caroline ... et termina de se déshabiller, il souffla les bougies et s'ensevelit sous les couvertures. Il fallut seulement quelques minutes pour que ses paupières s'alourdissent et alors qu'il s'apprêtait à sombrer dans le sommeil, ses dernières pensées étaient pour Elisabeth.
Sa belle, désirable, merveilleuse Elisabeth.
Coucou j'espère que vous avez passés une bonne semaine? Alors qu'avez-vous pensés de ce chapitre? Vous vous attendiez à cette réaction de la part de Bingley?
J'attend vos commentaires avec impatience, bon ou mauvais je suis toujours preneuse, on se retrouve samedi prochain pour la suite.
